La
page
blanche

Le dépôt

AUTEUR-E-S - Index 2

32 - Philippe Minot

Page personnelle


 Présentation de la page personnelle



Quelques textes, classés par année, pour présenter une permanence de mon écriture, peut-être une histoire.


Pour en découvrir davantage :

En librairie en octobre 2023, et dans la boutique en ligne de Christophe Chomant éditeur, le recueil Censément, pièces charnelles.

Et un recueil de haïshas en ligne, publié chez L’Altérité éditeur en avril 2023, L'Oeil à plumes :

https://www.lalterite.fr/images/Loeil_%C3%A0_plumes.pdf



 Année 2024.


Que les choses soient claires

Le frigo bourdonne

Le chauffe-eau toussote

L’aspirateur vrombit

La pendule carillonne

Le robinet crachouille

La bouilloire gazouille

La radio fredonne

La porte grince

Le voilage froufroute

L’allumette crépite

Le silence susurre

Le quotidien ronronne

La voisine sanglote

La voisine sanglote

Le quotidien ronronne

Le silence susurre

L’allumette crépite

Le voilage froufroute

La porte grince

La radio fredonne

La bouilloire gazouille

Le robinet crachouille

La pendule carillonne

L’aspirateur vrombit

Le chauffe-eau toussote

Le frigo bourdonne

Que les choses soient claires


***


branchages hirsutes

dont l'ombrage aux orées orne

une nue tonsure


***


coques et akènes

accumulent en secret

un creux à éclore



  Année 2023.



phoques accablés

gisant au jusant usé

le ressac s'est tu 


 ***


silence à garder

berger des blancs suspens vagues

aux duits flous des berges


 ***


huis clos au loquet

nulle fente où glisser des

mots sous les verrous



   Année 2022.



verrière rouillée

la glycine bleue s’élance

aux aqueux azurs 


*** 


claquants oriflammes

avivant le ciel flammé

l’éveil me réclame


 ***


 la pluie qui inonde

vents débarbouillant les cieux

le monde émondé


 ***


 Au calme des lignes électriques


 La grave et noire pipistrelle

Tête renversée

Et ailes déployées

A sa portée

Donne le lait

Tête en bas

Ailes emberlificotées

A sa portée

Donne le la




 Année 2021.



Au filtre du presse-citron

entremêlés toujours pulpes et fibres

comme dents ongles et os

au crible de mort


 Jus bien acide ?


 ***


Tristesse hardie de ce torrent

qui ballotte et malmène

tout fétu brisé.



Année 2020.

 

Enserré, autre,

dans tes discours

signes

caresses

simagrées

 

Enfermé comme virgule

entre tes mots

 

Comme comma

entre tes chants

 

Pas même signe

entre tes baisers

 

 

 

Année 2019.

 

Rien mais rien d’éthéré

aux insistants fumets des airs confinés des aires circonscrites

aux persistantes perversités des conflits et ruptures

 

Enivrement des quotidiennetés itérées

toujours revomies

 

mauvais movie

 

 

Année 2018.

 

Nadir

qui se cache

et rougit

à peine

à se cacher

 

resplendir à l’obscur

 

Rompre !



Année 2017.

 

Broquilles

petites scories petites souris du réel

quand le chemin se va faisant pieds nus et blessés

 


Année 2016.

 

Au droit du regard

en pointillé

- detritus -

- filigrane du nu -

je ne gambade plus

en nulles rues

 

ni ne regimbe mais

 

Mais

ai-je jamais cru ?



Année 2015.

 

frange de lin à la poubelle

robe déchirée

drapeau de ta rage ?

 

***

 

Aux os

les tremblements et cliquètements

 

Et les battements de peaux

 

Et les

– chers –

percements

de chairs ?

 

***

 

Se claquemurer

 

                           Ligaments

 

Se vêtir en coque

                           téguments sensibles

 

larve

                           vibrisses

 

S’enkyster

s’ankyloser

 

                           pas lisses les mémoriels sentiments

 

 à l’absence inerte

 

le courant à remonter

 

 

***

 

Quand nos doigts

seront aura

illuminant

l’alentour

de la forme

Quel songe flatteront-ils ?

 

***


If

Au pied du mur très seul

qui écarte les morts

dans l’ombre des poudreux ifs sombres

sont-ce les fraîchement ensevelis qui tentent de peupler le soir éteint

ou toi, haletante, qui ahanes que tu as goûté les mûres avant le temps

et n’en finis pas de repentir ?

 

Année 2014.

 

dater

                              craquelures

tâter le dur

                              réfléchir une face

de ce qu’on laisse

                              au miroir sans tain

 

***

 

Aveline au vent

dodeline puis s’incline.

Dure noix... Quelle âme ?

 

***

 

Ancrer ses griffes dans le fouillis du monde

 

Et s’y débattre

 

***

 

Déciller

tes visages de paille et de limaille

d’interdit, d’orage, de promesse muette et d’hésitation bruissante

de flottement et de noyade

d’oriflammes et de sanglots mordus

Osciller tes visages

de souffle et de trébuchet

de rupestres agapes et d’angles morts

de morsures et extensions

Frontispices

de ta condensation étoilée

 

***

 

Je ne sais plus où te chercher

te découvrir

te fouiller

 

de quelle encre

griffonner

entre tes parenthèses

 

 

  

Année 2013.

  

Dans le sommeil et l’endormissement

Ma sœur dit

« dors bien dans l’infini »

 

 

***

 

feulements

 

Je t’écouterai

Et nous nous tairons


***

 

Ligne de partage

Les ombres s’étagent, s’étalonnent, s’allongent

La tienne, plus longue qu’aucune

Plus sombre que toutes

Et toi vivante dans les couleurs profonde

qui remues

 

 

 Année 2012.

 

Le long du canal automnal

Un héron

La faim ?

 

 

 Année 1989.

 

Le sourire sur ce visage

ne s’évanouit pas plus soudainement

ni plus délicatement

Que ne se perdent et ne se fondent

au ciel sombre

les couleurs de l’arc-en-ciel.


Année 1986.

 

Convulsions

 

Combattants de la braise

Soldats de l’amok

Bataillons rédempteurs des guerres saintes

Croisés salutaires de l’ascèse

Lèchent les chairs les flammes purificatrices.

Pétillent d’une vie déliquescente

Et grésillent les graisses humaines.

Les âmes se réverbèreront toujours au miroir de la mort.

 

S’esquissent des regards dans la vie-pénombre

Par lesquels s’annonce la pauvre luminescence d’une bien pâle clarté à venir.



  Année 1985.


Que l’astre se porte au nadir

et s’y poste.

Quelle absence qui resplendit !




 Année 1984. 



La masse noire


 La lumière enchâssée dans l’eau

Ah la surface moirée

Ah la pente du fleuve


Le sombre recueillement d’un reflet tremblé

Ah le frémissement de l’eau profonde

Ah le vague bruissement du soir ennuagé


 La latence du vent incolore

Ah la ride sur la surface

La fraîcheur sur la peau


 *** `


C’est la vie qu’il faut construire.


Et germer ses racines dans les profondeurs du sol,

un sol plein mais facile à pénétrer de son humidité.




  Année 1983.



Connaissez-vous les voix fausses ?


Ni pleurs ni pluie

Sur un trottoir. Un trottoir qui pleure ou qui

reçoit la pluie.

éparpillée


Si faible

Ni cri ni son

Des yeux se ferment

Des mains cherchent à les atteindre


Je parle

Dans un Paradis inattendu


Je suis ce qui crie

Je profère des sanglots obstrués dans la gorge

Je professe ce qui crie.