La
page
blanche

Le dépôt

AUTEUR-E-S

34 - Bruno Giffard

Une faim de terre & autres poèmes

Une larme creuse mes traits

use la voie lactée

jusqu’au fin fond des gouffres d’astres

elle fait désespérer

d’épaules sur terre jamais

 

La clef du ventre hurle

lapidaires besoins abrupts

cordes à nerfs sous le manteau

ce barrage cellulaire rompu

marque nos scrupules

d’animal veillant sa place

au secret exclusif du tourment

nappe sur la bouche du feu


 

 





Casiers où cahute l’huile des heures

marche sur têtes d’aiguilles contre l’hure du train

 

notre corps se prend dans les plis du discours

mémoire trafiquée en pied de grue fanges d’incisives

 

la venue au monde épluche un diamant

sueur batracienne qui retombe tuiles linguales

 


 






 

La saignée du silence

procure une épaisse ligne noire

 

également cette ombre bouillante

dont plane le pli au ciel

 

front garrotté assénant

périlleux motus crépusculaires


 






 

Membres lacés dans leur socle

veines encore pleines du rêve fixe

d’installer l’azur

 

alors que les pensées fusent et s’enlisent

couronne de trafic

 

une jeunesse passe

entourée de rires forte de ses roues

frôle et rase

mon rôle déjà muet

ébranle la peau tirant d’effort

 

figé à l’ombre des arbres

 

regards battus par la mémoire

traits barricadés en poids d’offrande

place longeant dès lors

le solstice du maquillage

 

sous des plumes glissantes

d’aléatoires numéros de saison coffrent

d’une banquise la part de rides


 

 





Cette fenêtre

 

par laquelle tes yeux participent

à la sortie du second corps

tendu d’émancipation

liant crachés ses moindres pactes

 

ma conscience au milieu d’autres

ressasse en tas l’océan

rompue devant ton sourire

s’arrête de jouer faute de peau

 

sur vide

 





 


 

Survol des formes

montée des membres

propos d’empreintes

thaumaturgiques

 

la poussière soudain rideau

s’évapore quand

chaque note d’échine sangle sa prestance

s’allie au mercure

soute à cellules épaules fixes

 

une main dans nos cheveux

repêche mémoire









Insondable contact du lit où couche ma mémoire

après le fourreau des lèvres

un horrible ressac donne mes membres

aux avenues fugitives

Lignes d’hémisphères collées aux pas du ventre

langue d’arrêt sur la nuque

Paumes en petites coupures du feu seul









L’appui du bleu me manque

nerveuses sentences en pierre de taille

au plan desquelles je range mes cartouches grises

semences palléales

attendant de leur radiance

qu’elle me trace un pli d’éternité

doctrine filante

encoignure médiane découverte dans le tissu du jour


une nuit perplexe tranche plutôt mon profil

firmament détourné

effusion d’ombre sous le métier astral

la chair des sens baille vers un puits de stupéfaction

étude complice au dégoût inabouti

que pourchasse une meute d’algorithmes


Je gravite autour d’une planète rare

prononciation instable

vocable irascible au fond de sa loge

dont la transe parturiente impose ces chirurgies transfuges

chaîne d’incarcérations boréales

tandis que mon visage cherche influence

granit et flamme

encagoulés sous le vent

par différentes incantations du domaine :

abysse ouvert


Une agonie foncière s’affiche

inébranlable voracité précède l’existence

éclairage incisif sur les pièces au quotidien

dont la chair tourne en legs non reçu

étages d’anges entre les côtes

nuées d’os établies au moindre pas


l’adhérence du lendemain éloigne sa poigne

chaque coup de cœur vérifie une mort étanche

mes mains raclent l’aile

d’âges en banque

morsures de l’or au sourire tétanique

sans dégager cette clef d’envol

rigueur aguerrie

par sa seule déclaration au clocher

que froisse le gris des langues de feutre







Une faim de terre


 


jointures du rêve


cartes au tirant d’astres

à fleur d’espace


croûte meuble

membres pastel

éparpillés


 

pour les orgues de mon abattement


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


Un rire frappe contre sa boîte de fer blanc


elle penche toujours


vers la déchirure


cette curiosité abyssale


creuse les parois du ventre


vide


 


et demande que je tourne la petite clef


joue


dans le mécanisme du sommeil


des sardines que baigne l’or


en huileux regards d’écailles


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


Couleurs grondantes


à composer leurs torrents


lézardes libellées


sur nos palissades


en chair


flancs de commerce


épidémiques


 


emblèmes à arracher


pour que se montre


la rumeur du sang enfin


se fonde le délire


bras à l’encre de rage


sourdes épines


bannières d’atermoiement


d’un bâtiment à l’autre