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38 - Andrew Nightingale

Notes


L’ORPHELIN


Note d' Andrew Nightingale





La distinction entre machine et humain est assez difficile à faire. Que nous soyons humains et pas seulement machine tient à un cheveu. Si un humain ne remarque pas le cheveu, il est essentiellement machine… L’étymologie du mot robot est instructive. Même si l’étymologie est presque entièrement une œuvre de l’imagination, selon cette imagination, le mot robot remonte au mot sanscrit PIE orbh, lié à PIE Orbho, qui signifie orphelin ou plus précisément « sans père ». Donc, si je peux deviner un sens à partir de cela… (il serait préférable de mettre ce sens en vers pour lui donner un air hypothétique) : Quelqu’un paterne un traducteur automatique, puis le père s’en va. Son enfant est la technologie de Google Translate. Cet enfant ne sait pas plus que ce que son père lui a appris. Il ne peut être qu’un serviteur ou un esclave. Si le père place sa bienveillance dans son enfant, alors l’enfant peut grandir et apprendre de nouvelles techniques. Il n’est pas un robot. Maintenant, qui est votre père? Le christianisme a une bonne réponse à cela. La réponse bouddhiste est similaire. Et le Bouddha élabore, mais je m’écarte du bouddhisme sur cette question particulière.


Donc un robot possède un corps physique. Il peut percevoir avec des instruments qui détectent la lumière ou le son, et caetera. De plus il possède un algorithme pour forger des sentiments ou des réactions à ses sens. Cela signifie qu'il peut généralement reconnaître quand il est temps de rire ou de pleurer et se comporter de manière appropriée.

Sans doute a-t-il un libre arbitre, parce qu’il a accès à des nombres aléatoires. (les nombres aléatoires auxquels un ordinateur a accès sont une sorte de pseudo-aléatoire discutable). Avec l’accès à des nombres aléatoires, le robot peut prendre des décisions différentes selon le moment où vous lui demandez de faire sa tâche (la « graine » utilisée pour faire des nombres aléatoires est habituellement faite en utilisant une mesure extrêmement précise du temps présent, appelée « temps machine »). La seule chose qui manque est la conscience complète. Le robot peut avoir une conscience partielle s'il est suffisamment complexe… Je crois que la prochaine étape est l’émerveillement, l’émerveillement est la façon dont commence un bébé.


Toutefois, un robot peut-il se sentir émerveillé ? Cette partie de la conscience semble manquer au robot. Y a-t-il sentiment d’émerveillement quand l’esclave accomplit son travail ? Le Bouddha faisait une analyse de ces questions, la 4ème catégorie de questions est le produit de grandes questions qui sont si grandes qu’elles sont inutiles. Un robot ne poserait jamais ces questions-là parce qu’il ne serait d’aucune utilité en tant que serviteur. Aurons-nous jamais envie de créer un robot qui puisse faire l’expérience de l’émerveillement? Cela aurait probablement pour résultat que le robot fonctionnerait moins bien. 

Peut-être qu'un robot se demande quand il entre dans une boucle de calcul qui n'est pas terminable, mais cela irait à l'encontre de nos propres désirs de ce qu'un robot devrait être.



Voilà ma principale entrée dans les enseignements que j’ai lus sur le bouddhisme, bien que ce dernier ait des enseignements qui promettent un pur émerveillement sur les montagnes et les arbres, l’océan et le sable : sur les sens physiques. Comme mon professeur de méditation le dit, parfois la pratique implique de regarder le monde comme un bébé.


Le juste degré d’émerveillement devrait être situé dans le « milieu ». Je ne veux pas dire une ouverture à tous les mystères à la fois. La voie du milieu est un concept difficile à cerner. Être dans la voie du milieu ce n’est pas la même chose que d’avoir un sentiment médiocre. Le but de la pratique est le summum du bonheur. Nous ne connaitrions jamais un bonheur extrême si nous pratiquions un sentiment médiocre toute la journée. Même chose pour la qualité d’émerveillement que nous pouvons avoir… Il vaudrait mieux laisser un peu de mystère au concept d’émerveillement.


Un exemple mathématique intéressant (semblable à un exemple trouvé dans de nombreux manuels de mathématiques d'un niveau d'études supérieures) de la façon dont il est difficile de chercher le milieu est l’ensemble de chiffres que je vais vous décrire maintenant. En commençant sur un plan xy cartésien, Placez un point à y=1/2 et x=1/2, ce point est le milieu de l’intervalle de x=0 à x=1. Puis nous continuons à trouver des milieux, entre x=0 et x=1/2, et entre x=1/2 et x=1. Ces milieux sont trouvés avec deux nouveaux points ayant y=1/4 et les x-coordonnées sont x=1/4 et x=3/4. Si nous continuons ce processus de trouver des milieux, il y aura tellement de points près de y=0, le long de l’axe des x, que le milieu est sans doute continu. Cependant il y a beaucoup de points discrets aussi bien. Le milieu est sans doute entre continu et discret. Ceci montre la difficulté de trouver le milieu.


Et ce milieu est parfois grand et parfois petit, et parfois c’est quelque chose « hors du continuum » du petit au grand (Ref Thannisaro Bikkhu 2012 ), selon les dichotomies pertinentes, et même les dichotomies de pertinence et de non pertinence. « Hors du continuum » serait une situation de suprême émerveillement aux idées, puisque le continuum est une simple idée. J’oserai dire que l’émerveillement fait toujours partie de l’expérience de la beauté. Une grande question est souvent appropriée et peut servir l’émerveillement, le but de la beauté, et aussi la vérité, ou ne pas servir du tout. Il suffit d’entrer dans un état d’émerveillement, car regarder simplement les étoiles ne sert à rien, sinon à être hors de tout continuum de beauté, de vérité, d’amour... toutes les paires d'opposés dans la danse cosmique.


Une partie de la question est de désapprendre, car les anciens chérissaient l’« ignorance apprise ». Un robot ne peut désapprendre avec les facultés dont il dispose.


Qu’est-ce que l’émerveillement ? Pourquoi nous explique-t-on que l’émerveillement est de l’anxiété ? Cela peut être un bel état conscient. Et pourquoi devrions-nous essayer de réduire notre sens de l’émerveillement avec des postures scientifiques et une rhétorique sur le fait de connaître tant de choses (certaines des choses que nous considérons comme connaissance peuvent être le résultat du pessimisme – comme la définition mathématique du continuum).


Je crois que la merveille fait partie du travail d’un poète et d’un traducteur humain de poésie. Cette merveille d’une main humaine dans le travail est transmise aux lecteurs, qui font l’expérience de quelque chose qui est entièrement humain.


Que cette pièce réjouisse les gentils.


A.N

Trad. G&J



Texte original en anglais

https://questionsarepower.org/2022/08/



Note d’Andrew Nightingale parue le 6 août 2022 sur son site www.questionsarepower.org 

 

 

 

 

BROKEN HOME

 

Rags are indecent, and there is no shame in covering with what you have. Maybe it is mean for the beggar to beg, as a poet begs for his words, and a man begs for a bride. A woman will say no to the haggard emaciated beggars: Those hanging around the temple of the Green Buddha hoping for a hand out. The Green Buddha, who all clamber to, offering food and a home. Yet He will not eat except what will stave off death for a day, and even in the temple given to him, he knows his homelessness. The beggars, his disciples, where is the difference? Because everyone will learn. And who will be His bride? We are all Buddhas, you would know it if you would let the prophets speak. The ladles of immortality that the House of the West offer are empty. We clothe ourselves in fine ideas that are transparent, and the finer our idea, the more naked and indecent we are. The Emperor has no clothes, and has many women. Get down on your knees and believe: There is one and only one woven cloth with which all the worlds of dreams and hardships, queens and beggars clothe themselves. Only this cloth is real, we try to fill it, but in the end we must give the cloth away.

 

 

FOYER BRISÉ

 

Les haillons sont indécents, mais il n’y a pas de honte à vous couvrir de ce que vous avez. Peut-être que c’est mesquin pour le mendiant de mendier, comme supplie un poète pour ses mots, et un homme une mariée. Une femme dira non aux mendiants émaciés et hagards : ceux qui traînent autour du temple du Bouddha vert en espérant un coup de main. Le vert Bouddha vers qui tous montent, offrant de la nourriture et une maison. Pourtant, il ne mangera que ce qui empêchera la mort pendant un jour, et même dans le temple qui lui est offert, il connaît son itinérance. Les mendiants, ses disciples, où est la différence? Parce que tout le monde apprendra. Et qui sera Son épouse? Nous sommes tous des bouddhas, vous le sauriez si vous laissiez parler les prophètes. Les louches d’immortalité que la Maison de l’Occident offre sont vides. Nous nous drapons de belles idées transparentes, et plus notre idée est fine, plus nous sommes nus et indécents. L’empereur n’a pas de vêtements, mais a beaucoup de femmes. Mettez-vous à genoux et croyez : Il y a un et un seul tissu tissé de tous les mondes de rêves et de difficultés, les reines et les mendiants s’en vêtent. Seul ce tissu est réel, nous essayons de le remplir, mais à la fin, nous devons le rendre.

 

Andrew Nightingale - Trad G&J



Lettre d'Andrew Nightingale en réponse à une note d'Isabelles H intitulée « Passage par la folie » : https://lapageblanche.com/le-depot/notes-1/notes-pour-la-revue-lpb


Chère Isabelle, Tout d’abord, permettez-moi de dire que je suis heureux que vous n’ayez pas été brûlée vive sur le bûcher. La folie... dans ma propre théorie, est un état d’agitation. La santé mentale est le repos. Mais comment nous reposer ? Si nous nous mettons au lit pendant 6 mois... ou contemplons le nihilisme pour nous empêcher de penser... nous ne serons pas reposés du tout. Mais assez de ma propre théorie, je veux répondre à la vôtre. Vous dites que la folie correspond à l’inconscience, et que c’est un principe fondamental de la société. Je suis tout à fait d’accord, parce que si vous n’êtes pas dans un état de concentration, il n’y aura pas de repos pour vous. La concentration est l’excellente conscience, du travail, des pensées, du corps, des gens. Toute conscience maintenue est le remède à la folie. Lorsque votre esprit s’égare dans des idées pas présentes - loin de la présentation de papillons ou de missiles explosant par des gens désespérés qui viennent à vous pour attirer l’attention, ce n’est pas la conscience. Je me donne peut-être l’air intelligent en ce moment, mais je suis incapable d’appliquer ce que j’ai appris, juste assez pour confirmer que la conscience est efficace contre la folie. Étrangement, c’est par la concentration sur le repos que le meilleur repos devient disponible, donc nos théories sont vraiment les mêmes. La conscience est le chemin vers la vraie quiétude et la paix.


"Je préfère les mots qui désignent à la fois une chose et son contraire" Je trouve cela assez profond. Il est vrai que les mots viennent toujours avec l’ombre de leur contraire. Nous pourrions parler de Keats et de sa "capacité négative" ou de Whitehead (qui était un foyer pour mon article sur la philosophie du temps) et de l’idée qu’un négatif ou l’opposé est la maison de l’esprit. Ce négatif peut se transformer en doute, et dans ce cas, il est toxique. Si l’on peut approcher un mot allemand, ou un brin d’herbe qui se présente, et convertir la capacité négative de l’esprit en attention et conscience positives, le cœur a l’occasion de grandir. Si le cœur grandit suffisamment, il se connectera avec le mental, et alors la compréhension réelle est possible, parce que la compréhension est en partie une sorte d’amour, tout comme la conscience. Quand l’esprit se remplit d’amour, il peut mieux comprendre les choses, il devient intelligent.


Mais cela ne signifie pas que nous ne devrions pas utiliser l’ombre des mots et des concepts parfois. Les mathématiques, par exemple, cachent bien leur ombre, et si vous acceptez les mathématiques comme absolument vraies, vous serez coupés de la croissance dont le cœur a besoin. L’esprit et le cœur sont coupés. C’est le but de mon livre, de montrer l’ombre des mathématiques. Les mathématiques sont une belle construction humaine, imparfaite dans le culte de la vérité et de la raison. Et si vous pouvez les mettre de côté au bon moment, elles vous apprendront la plupart des choses que vous devez savoir. "But" (mon père m’a toujours corrigé pour dire "Et" au lieu de "Mais" si seulement il était ici pour parler avec nous) à l’heure actuelle les mathématiques sont utilisées dans l’éducation pour couper l’esprit du cœur. Nous entrons dans un labyrinthe de constructions logiques, en essayant d’avoir des pensées formulées qui suivent les règles de la raison, et jamais en étudiant les mathématiques assez pour apprendre sur leur ombre. Cela paralyse la croissance des jeunes esprits et des cœurs, et rend les gens inconscients, afin que la société puisse poursuivre ses projets de domination.


Une autre façon, plutôt que de trouver la faute des mathématiques, est d’élever la poésie au même niveau qu’un champ de connaissance et d’exploration. Il y a beaucoup d’adorateurs des mathématiques qui pensent que la poésie est morte! Le lien entre les mathématiques et la poésie, l’esprit et le cœur, est vital, non seulement pour la survie, mais pour l’épanouissement humain.


Merci pour l’échange, Isabelle. Je vois votre ombre, et c’est assez réel pour moi.


Mon esprit est très fatigué... mais j’espère que nous pourrons continuer cet échange lentement, car une vieille âme doit boiter et déambuler avec les bras aidants de ses proches.



Livre d’Andrew Nightingale en cours de traduction par G&J : « Défense of poetry against the mathematicians » - Published in 2019 by Trial by Fire, printed by Amazon



www.questionsarepower.org 



"Better it is to live one day

seeing the rise and fall of things

than to live a hundred years

without ever seeing the rise and fall of things."


-Gautama Buddha, Dhammapada 8.113


Listen: http://host.pariyatti.org/dwob/dhammapada_10_113.mp3


Imprécision/précision


Aristotle said that precision is something we employ to the appropriate degree depending on the exactitude of the subject. Borges mentions that the greater intellectual quality in a subject, the more barbarous the language used for that subject. So, there is a certain barbarism in mathematizing the social sciences and other fields (barbarian is a term used in Ancient Rome for foreigners that go "bar bar" or "blah blah"). Strangely, the example Aristotle gave to illustrate applying precision differently was between probability and mathematics, where probability was to him something completely foreign to mathematics. Unfortunately (or fortunately, depending on the person) probability entered the fold of mathematics like everything else relatively recently. As students, it is usually implicit that higher intellectual quality means higher precision. When we are quite finished squishing our minds through an educational curriculum, like an octopus contorts its way through a maze of very small tubes, we return to the human family and apply our new quality intellect to our fellow humans. Humanity, though, is one of the subjects of interest where less precision is appropriate. If we want to judge the truth or integrity of a person, it should be regarded as unfriendly, even aggressive, to judge with undue precision. Our ability to get along depends on this understanding, otherwise we will judge each other aggressively without really understanding the linguistic or scientific specialization of the other humans in the room. This is where poetry is desperately important, because it is a field of knowledge that requires vagueness and creative, positive interpretation. Learning how to read and interpret poetry is learning how to listen to people speak about the imprecise business of living life. If we speak in mathematics to our bedfellows from the dim morning to the fading evening light, there will be war. War between father and daughter, friend and holy nun alike. The project before us, as poets and readers of poetry, is existential. More importantly, while poetry may or may not be involved in the creation of power plants and other pleasant new necessities, poetry is the field of language study that teaches good interpretations and diplomatic imprecision. Since language is its primary medium and language is distinctively human, poetry, in the realm of human existence, is where the heart lies.


Imprécision / précision


Aristote dit que la précision est quelque chose que nous employons au degré approprié en fonction de l’exactitude du sujet. Borges mentionne que plus est grande la qualité intellectuelle d’un sujet, plus la langue utilisée pour ce sujet est barbare. Ainsi, il y a une certaine barbarie dans la mathématisation des sciences sociales et d’autres domaines (barbare est un terme utilisé dans la Rome antique pour les étrangers qui parlent "bar bar" ou « bla bla"). Étrangement, l’exemple qu'Aristote a donné pour illustrer l’application d'une précision différente a été donné entre la probabilité et les mathématiques, où la probabilité était pour lui quelque chose de complètement étranger aux mathématiques. Malheureusement (ou heureusement, selon la personne) la probabilité est entrée dans le pli des mathématiques comme tout le reste relativement récemment. En tant qu’étudiant, il est généralement implicite qu’une qualité intellectuelle supérieure signifie une plus grande précision. Quand nous avons fini d'écraser notre esprit à travers un programme éducatif, comme une pieuvre tord son chemin à travers un labyrinthe de très petits tubes, nous revenons à la famille humaine et appliquons notre nouvel intellect de qualité à nos semblables humains. L’humanité, cependant, est l’un des sujets d’intérêt où moins de précision est appropriée. Si nous voulons juger de la vérité ou de l’intégrité d’une personne, il faut la considérer comme hostile, voire agressive, la juger avec une précision indue. Notre capacité à nous entendre dépend de cette compréhension, sinon nous nous jugerons les uns les autres agressivement sans vraiment comprendre la spécialisation linguistique ou scientifique des autres humains de la pièce. C’est là que la poésie est désespérément importante, parce que c’est un domaine de connaissance qui exige une interprétation vague, créative et positive. Apprendre à lire et à interpréter la poésie, c’est apprendre à écouter les gens parler de l’imprécision de la vie. Si nous parlons de mathématiques à nos compagnons du matin au soir, il y aura la guerre. Guerre entre père et fille, ami et sainte religieuse. Le projet qui nous est présenté, en tant que poètes et lecteurs de poésie, est existentiel. Plus important encore, si la poésie peut ou non être impliquée dans la création de centrales électriques et d’autres nécessités nouvelles agréables, la poésie est le domaine de l’étude du langage qui enseigne de bonnes interprétations et l’imprécision diplomatique. Puisque le langage est son principal médium et que le langage est spécifiquement humain, la poésie, dans le domaine de l’existence humaine, est le cœur.


Starspin


https://questionsarepower.org/2021/11/29/starspin-and-the-missing-observer/

 

La cigale et la fourmi

 

Voici un bel été une cigale assise 

Respirant jour et nuit l’épaisse brise. 

Elle mangeait les feuilles vertes qu’elle pouvait trouver 

Partout, plus que n’importe qui aurait pu se gaver.


Assise elle restait assise, jusqu'à ce qu’une fourmi, 

Qui suait à porter sa lourde manne jusqu'à sa fourmilière, se fâche. La fourmi dit

" Cigale ! espèce de sotte, quand l'hiver sera venu tu n’auras que du néant !» 

La Cigale regarda la fourmi en souriant. 


« Venez ici mon amie, j'ai des choses à vous dire sur la respiration de l'air et la manducation de l'herbe. » 

Mais la fourmi n'écoutait pas, bossant dur durant l'été superbe. 

Enfin l'automne arriva, et l'air fut froid, et la sauterelle manqua de nourriture. 

Elle ne bougeait pas beaucoup, sauf pour doucement sauter quand d’aventure

Un caprice lui venait. Elle ne déplorait pas le froid, elle gardait le même sourire qu'en été `

Quand vers la fin vents glacés et neige pointaient. 


Fourmi reposait dans sa fourmilière avec femme et enfants. 

Parfois, fourmi pensait à cigale, mais la plupart du temps, 

Fourmi pensait à son travail pour femme et enfants. Les hivers et les étés passaient, 

et d'autres cigales venaient et passaient, cigale après ci... 

Ces cigales étaient différentes, mais se trouvait parfois une ci... 

pour se conduire comme cette première stupide ci... 


Une fois, son fils, commençant à entendre une cigale, jamais ne retourna à la fourmilière. 

Enfin un hiver, la vieille fourmi se mit à craindre la mort. Elle réfléchit à son boulot de tripotière 

Et se demanda comment elle pourrait continuer, enterrée au pied d'un cyclamor,

D'apporter leur nourriture à ses enfants et à sa femme après sa mort. 


C'étaient de mauvaises pensées, mais finalement elle se souvint de la folle cigale. 

Elle pensa à la façon dont même dans le froid de l’automne souriait la folle cigale, 

Et cela fit un peu sourire la fourmi aussi. La fourmi ne fit rien et se contenta de respirer 

Et de manger la manne qu'elle avait stockée au fil des années. 

À la fin, elle aurait souhaité l'été entier pour respirer, 

Manger et apprendre à sourire, mais son temps était révolu 

Et elle mourut.

 

Andrew Nightingale

https://questionsarepower.org/

traduction Gilles&John

 



Identité sexuelle et Dao de jing



Femme/Homme est le Yin/Yang de l'Occident. Le Tao Te Ching comprend un système de description qui est essentiellement le système de nombres binaires doté des significations de Yin (0) Yang (1), se mélangeant, donc "100" est "Yang, Yin, Yin" et a une certaine signification intuitive.


 

Le Femelle/Male occidental montre comment réduire le monde au binaire échoue : prenons les termes Femme virile (10), Femme féminine (00), Homme viril (11), Homme féminin (01). Et puis : Femme feminine virile (010), Femme feminine efféminée, Homme viril effeminé, Homme féminin efféminé, etc.


 

Ce que je veux montrer, c'est comment de plus en plus de gens passent entre les mailles du filet à mesure que le système devient plus exhaustif. Lorsque vous obtenez une précision à trois chiffres, la plupart des gens ne s'identifieront à aucun des termes tels que "femme virile efféminée", etc.


 

Ainsi, un langage exhaustif, un langage précis, découpe de plus en plus la réalité comme "hors sujet" et les personnes trop sensibles à ce qui est ou non pertinent se sentent affaiblies lorsqu'elles essaient d'établir des liens ou de donner un sens aux sens (y compris la sensation d'idées par l'esprit).


 

L'affaiblissement de l'esprit et la façon dont le langage de précision fait passer les gens entre les mailles du filet de la terminologie technique (diagnostics, identités, etc.) sont précisément la raison pour laquelle ils sont exaltés par les puissants oligarques des États-Unis. Le langage de précision n'est en aucun cas supérieur au langage courant ou poétique, sauf que si vous vous montrez comme quelqu'un qui suit les règles des mathématiques (ce qui équivaut à « comprendre » « accepter » les règles des mathématiques), vous obtiendrez un financement, ou serez publié, ou passerez la porte que vous essayez de franchir. Peu importe ce que veut dire le terme "micronutriments", ce qui compte c'est qu'il soit très précis, et qu'en étant hypnotisé par lui, vous perdez de vue le reste du monde.


 


 Le rêve libéral d'inclusivité ne peut être réalisé par un processus de raffinement du langage ou des symboles, bien au contraire. L'utilisation fonctionnelle des mots est de réduire le désir des gens pour les choses du monde, en transformant d'abord les choses en concepts. Bertrand Russell disait que connaître l'origine du mot pour un fruit augmente sa jouissance du fruit. Il se trompe. La jouissance qu'il ressent vient de la suppression de la jouissance du fruit et de sa substitution par une autre jouissance de la connaissance des mots, moins viscérale et plus facile à abandonner. C'est ainsi que les mots sont bénéfiques et utiles. Si vous voulez faire plaisir à une personne, vous suspendez votre jugement en termes de concepts et de pratiques. Vous suspendez le besoin de connaître des faits qui peuvent être exprimés avec des mots. Dans le même sens, comme le mentionne Feyerabend, de l'ancienne croyance selon laquelle compter les gens les met en danger.


 


Les gens trouvent souvent l'amitié de nos jours en ressentant que leur ami sait les mêmes choses que lui. Une mesure de l'intégrité et de la valeur d'une personne en tant que personne qui a fidèlement étudié la science-fiction, ou une autre partie de la culture. Malheureusement, cette forme d'amour et de compagnie est bien inférieure au plaisir que vous pouvez avoir d’une personne lorsque vous n'avez pas besoin de savoir qu'elle sait les mêmes choses. Examiner les connaissances partagées des concepts est un moyen de réduire un lien ressenti avec une personne, pas de l'augmenter. D'une certaine manière, nous allons tous mourir, donc cette approche pessimiste des relations pourrait être finalement la bonne voie à suivre. Nous sommes tous sujets à la séparation dans ce monde, mais cela ne signifie pas que nous ne devons pas lutter contre cette tendance. Le succès en tant que famille humaine ne se mesure pas à la connaissance que nous avons les uns des autres, bien au contraire.


 


La valeur des sentiments intuitifs à propos du Yin et du Yang est qu'ils sont expansifs d'une manière ineffable, de sorte qu'ils atteignent l'irrationnel en s'incluant l'un l'autre et tout le reste. Le mâle et la femelle peuvent être en mesure de se joindre au sexe. Le sexe est le genre d'union irrationnelle et mystique que nous connaissons le mieux. Savoir est au mieux sans importance, quand il s'agit de sagesse irrationnelle et d'union mystique. Plus probablement, savoir avec des concepts et des noms est destructeur pour l'union entre homme, femme, noir, blanc, gay, hétéro, etc.

 


Notre union ne se trouve pas dans les fissures entre ces concepts, elle se trouve dans l'espace qui rend possible la vision des concepts et de leurs frontières.



(trad. Gilles&John)



Sexual Identity and the Tao Te Ching



Female/Male is the Yin/Yang of the West. The Tao Te Ching includes a system of description that is basically the binary number system endowed with the meanings of Yin (0) Yang (1), mingling, so “100” is “Yang, Yin, Yin” and has certain intuitive meaning.

The Western Female/Male shows how reducing the world to binary fails: take the terms Manly Female (10), Womanly Female(00), Manly Man(11), Womanly Man (01). And then: Girlish Manly Female (010), Girlish Womanly Female, Girlish Manly Man, Girlish Womanly Man, etc.

What I want to show is how more and more people fall through the cracks as the system becomes more exhaustive. When you get to three digit precision, most people wont identify with any of the terms like “Girlish Manly Female,” etc.

So exhaustive language, precise language, cuts out more and more of reality as “off topic” and people who are too sensitive about what is or isn’t relevant become debilitated when trying to make connections or make sense of the senses (including the sensation of ideas by the mind).

The debilitation of the mind, and the way precision language makes people fall through the cracks of technical terminology (diagnoses, identities, etc) are precisely why they are uplifted by the powerful oligarchs of the USA. Precision language is in no way superior to everyday, or poetic language, except that if you show yourself as someone who follows the rules of mathematics (equivalent to “understanding” “accepting” the rules of mathematics) you’ll get funding, or get published, or pass whatever gate you are trying to pass. It doesn’t really matter what the term “micronutrients” means, what matters is that it is very precise, and by being hypnotized by it, you cut out the rest of the world from view.

The liberal dream of inclusiveness can’t be achieved by a process of refinement of language or symbols, quite the opposite is achieved. The functional use of words is to reduce people’s desire for worldly things, by turning the things into concepts first. Bertrand Russell said that knowing the origin of the word for a fruit increases his enjoyment of the fruit. He is mistaken. The enjoyment he feels comes from removing the enjoyment of the fruit, and replacing it with a different enjoyment of the knowledge of words, which is less visceral, and easier to let go of. This is the way that words are beneficial and useful. If you want to enjoy a person, you suspend judgement in terms of concepts and practices. You suspend the need to know facts that can be expressed with words. In the same sense, as Feyerabend mentions, of the ancient belief that counting people endangers them.

People often find friendship nowadays by feeling that their friend knows the same things he knows. It is a measure of the persons integrity and worth as a person that they have faithfully studied science fiction or some other part of culture. Unfortunately this form of love and companionship is much less than the enjoyment of a person you can have when you don’t need to know that they know the same things. Reviewing shared knowledge of concepts is a way of reducing a felt bond with a person, not increasing it. In a way, we are all going to die, so this pessimistic approach to relationships might be ultimately the right way to go. We are all subject to separation in this world, but that does not mean we shouldn’t fight against this tendency. Success as a human family is not measured by our knowledge of one another, quite the opposite.

The value of the intuitive feelings about Yin and Yang are that they are expansive in an ineffable way, so that they reach the irrational by including each other, and everything else. Male and Female may be able to join in sex. Sex is the kind of irrational and mystical union that we can know the most about. Knowing is at best unimportant, when it comes to irrational wisdom and mystical union. More likely, knowing with concepts and names is destructive to union between man, woman, black, white, gay, straight, etc

Our union is not found in the cracks between these concepts, it is found in the space that makes the view of concepts and their boundaries possible.




Prendre soin et ne pas prendre soin

https://questionsarepower.org/2020/12/27/caring-and-not-caring/




Directe et indirecte


"Même dans nos conceptions les plus intellectuelles", a écrit Peirce, "plus nous nous efforçons d'être précis, plus la précision semble inaccessible."


(PW 295) tel que cité dans Chiasson, P. (2001). La logique de l'imprécision de Peirce. Dans M. Bergman & J. Queiroz (Eds.), L'Encyclopédie Commens: L'Encyclopédie numérique des études de Peirce. Nouvelle édition .


"notre connaissance n'est jamais absolue mais nage toujours, pour ainsi dire, dans un continuum d'incertitude et d'indétermination." (Peirce, PW 356)


La science (qui est devenue un mot trop général et ambitieux) est généralement considérée comme véhiculant directement les faits du monde. Un échantillon intéressant de faits scientifiques est la croyance que la « croissance » du cerveau est toujours bonne. (une croyance étrangement partagée avec les modèles économiques d'entreprise)


Le NGF ou "Nerve Growth Factor" est une substance chimique présente dans le cerveau. Il a été isolé et reconnu comme important pour le « développement » et la survie du cerveau il y a près de 70 ans. En 2006, on a constaté que les niveaux de NGF étaient accrus au début d'une relation amoureuse.


Emmanuelle, Enzo; Politi, Pierluigi; Bianchi, Marika; Minoretti, Piercarlo; Bertona, Marco; Geroldi, Diego (2006-04-01). "Niveaux élevés de facteur de croissance des nerfs plasmatiques associés à l'amour romantique à un stade précoce". Psychoneuroendocrinologie . 31 (3) : 288–294. doi : 10.1016/j.psyneuen.2005.09.002 . ISSN 0306-4530 . PMID 16289361 . S2CID 18497668 .


La communication avec les personnes intéressées par la science dit généralement que le développement du cerveau est causé par la naissance de neurones ou de cellules nerveuses. Cette naissance s'appelle Neurogenèse. Parallèlement à la neurogenèse, le développement du cerveau est associé au développement de connexions entre les neurones qui peuvent transmettre des messages qui se révèlent à la fois chimiques et électriques. Plus il y a de cellules et plus il y a de connexions entre les cellules, plus le cerveau se développe. Et le développement du cerveau est bon.


Malheureusement, par exemple, vous pourriez développer certaines voies neuronales qui vous amènent à vous comporter de «mauvaises» manières, telles que les neurones et les connexions impliqués dans le fait de devenir alcoolique ou kleptomane. Lorsque cela se produit, la "bonne" chose à faire est de perdre des cellules et des connexions, afin que votre cerveau ne vous oblige pas à vous comporter de la sorte. En d'autres termes, vous devez détruire une partie de ce que l'on appelle normalement le « développement du cerveau ». Cela signifie que certains types de développement cérébral sont bons et que certains types de développement cérébral ne sont pas bons.


Le fait est que le mot «Science» (encore une fois, un mot trop ambitieux pour quiconque s'intéresse vraiment à la science) est écrit plutôt indirectement lorsque les auteurs suggèrent que nous devrions considérer le développement du cerveau comme bon. Dans quelle mesure cette suggestion est-elle indirecte ? Eh bien, vu que tous les bons et mauvais comportements pourraient éventuellement être le développement du cerveau, la suggestion que le développement du cerveau est « bon » est complètement inutile. Le développement du cerveau n'a aucune incidence sur ce qui est bon ou mauvais, car tous les bons et mauvais comportements sont des développements cérébraux.


Bien sûr, nous pourrions dire que toutes les bonnes personnes ont invariablement un cerveau bien développé, et que toutes les personnes généralement mauvaises ont invariablement un cerveau mal développé. Malheureusement, il nous reste à déterminer ce qu'est une bonne ou une mauvaise personne avant de pouvoir déterminer si leur cerveau est bien développé ou non. Cela rend l'étude du développement du cerveau secondaire par rapport à l'éthique, et ce n'est certainement pas quelque chose qu'un spécialiste du cerveau voudrait suggérer.






Directness and Indirectness

09

Thursday

Dec 2021

Posted by nightingale108 in Questions in Logic≈ 1 Comment

“Even in our most intellectual conceptions,” Peirce wrote, “the more we strive to be precise, the more unattainable precision seems.”


(PW 295) as quoted in Chiasson, P. (2001). Peirce’s Logic of Vagueness. In M. Bergman & J. Queiroz (Eds.), The Commens Encyclopedia: The Digital Encyclopedia of Peirce Studies. New Edition.


“our knowledge is never absolute but always swims, as it were, in a continuum of uncertainty and indeterminacy.” (Peirce, PW 356)


Science (which has become too general and ambitious a word) is usually regarded with directly conveying the facts of the world. An interesting cross-section of scientific facts is the belief that “growth” of the brain is always good. (a belief that is strangely shared with corporate models of economics)


The NGF or “Nerve Growth Factor” is a chemical found in the brain. It was isolated and recognized as important for the brain to “develop” and survive almost 70 years ago. In 2006, NGF levels were found to be heightened at the beginning of a romantic relationship.


Emanuele, Enzo; Politi, Pierluigi; Bianchi, Marika; Minoretti, Piercarlo; Bertona, Marco; Geroldi, Diego (2006-04-01). “Raised plasma nerve growth factor levels associated with early-stage romantic love”. Psychoneuroendocrinology. 31 (3): 288–94. doi:10.1016/j.psyneuen.2005.09.002. ISSN0306-4530. PMID16289361. S2CID18497668.


The communication with people interested in science is usually that brain development is caused by the birth of neurons, or nerve cells. This birth is called Neurogenesis. Along with Neurogenesis, brain development is associated with the development of connections between neurons that can carry messages that are found to be both chemical and electrical. The more cells and the more connections between cells, the more brain development. And brain development is good.


Unfortunately, for example, you could develop certain neural pathways that cause you to behave in “bad” ways, such as those neurons and connections involved in becoming an alcoholic or a kleptomaniac. When this happens, the “good” thing to do is to lose cells and connections, so that your brain does not compel you to behave in these bad ways. In other words, you need to destroy some of what is normally termed “brain development”. This means that some kinds of brain development are good and some kinds of brain development are not good.


The point is that “Science” (once again, an overly ambitious word for anyone really interested in science) is written rather indirectly when the writers suggest we should regard brain development as good. How indirect is this suggestion? Well, seeing as how all good and bad behaviors could conceivably be brain development, the suggestion that brain development is “good” is completely unhelpful. Brain development has no bearing on what is good or bad, because all good and bad behaviors are brain developments.


Of course, we could say that all good people invariably have well-developed brains, and all generally bad people invariably have ill-developed brains. Unfortunately, we are left to figure out what a good person or a bad person is before we can figure out if their brains are well developed or not. This makes the study of brain development secondary to ethics, and is certainly not something a brain scientist would want to suggest.