La
page
blanche

Le dépôt

AUTEURS

39 - Nessrine Naccach

Présentation


Nessrine NACCACH est doctorante chercheuse en littérature comparée à la Sorbonne Nouvelle. Elle termine une thèse sur Les palingénésies de Shéhérazade en littérature et dans les arts (France-Monde arabe). Dans le cadre de ses expérimentations (écrites et mises en images), elle s’intéresse aux poétiques croisées, à la traduction, et à la rencontre des langues. Elle écrit (des poèmes et des pr(o)èses), traduit, voyage, dessine et réalise des collages.


Questionnaire de LPB

 

1/ - Pouvez-vous indiquer un livre que vous aimez particulièrement ?

 

Les Mille et une nuits (il y a des passages sublimes sur la poésie florale, les rawḍiyyāt !)

 

2/ - Pouvez-vous donner un vers, un mot, que vous aimez ?

 

 

Un mot : Soleil/Šams (en arabe, qui véhicule aussi curieusement l’idée du « toucher » lams). Je triche et j’ajoute aussi Lumière 😊.

 

« Demain dès l’aube, à l’heure où blanchit la compagne// Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m’attends. », aussi anecdotique que cela puisse paraître c’est le premier vers qu’on m’a appris petite sur le chemin du cimetière, pour me recueillir sur la tombe de mère. Donc, oui. Je n’arrive plus à m’en défaire. Et parce qu’il se refuse à me quitter, je l’aime.

 

 

3/ - Quelles sont vos lectures habituelles aujourd’hui et comment s’expliquent ces habitudes ?

 

Je lis de façon quotidienne. Il en va de même pour l’écriture. Ces derniers mois, je me consacre entièrement à l’écriture de ma thèse. Mais un roman ou un recueil (en français ou en arabe) n’est jamais trop loin. Cela fait partie de mon travail et de mon quotidien. Je lis beaucoup de textes de femmes (c’est mon sujet de recherche). J’inclus dans l’acte de « lire », le « traduire » (mon corpus de travail est bilingue voire trilingue) mais aussi le « voir » (dans le cadre de ma recherche, je sollicite un bon nombre de créations visuelles : films, documentaires, peintures, collages).

 

4/ - Pouvez-vous citer un support de diffusion de la poésie que vous affectionnez (autre que le livre)?

 

Je lis la poésie en plusieurs langues (le français, l’arabe, l’anglais et « en traduction » -la traduction est-elle une langue ? Je ne saurais trop y répondre, mais dans une certaine mesure, oui. C’est la langue « de l’entre-plusieurs-langues ».) Outre le support papier que j’affectionne tout particulièrement (très à l’ancienne oui), il y a les veillées d’al-ši'r al-malḥun (l’équivalent du Slam) par opposition au (al š'ir al-mawzūn) la poésie écrite classique. En Afrique du Nord, c’est une pratique très courante et toujours d’actualité. L’oralité est très ancrée dans l’imaginaire et les mémoires.

Vivant depuis plusieurs années en France, je sollicite aussi les supports numériques (Internet et autre banque de données : site Web, revue en ligne, etc.)

 

5/ - Le monde lit-il toujours et quoi?

 

Le monde ? Le monde ?  Soit. Je dirai que le « chaosmos » (le terme est de James Joyce) qu’est le nôtre lit toujours, fort heureusement. Quoi ? Là, je convoque Bourdieu pour « situer » un tant soit peu mon propos. À partir de quelques exemples de mon entourage (proche et académique), j’infère que le monde lit des poèmes, des romans, des pièces de théâtre, des BD et des biographies (l’Histoire est importante). Le monde lit ainsi le Monde.

 

6/ - Quel est votre plat préféré ?

 

J’adore manger. Mais je suis nulle en cuisine à mon grand dam. Mon plat préféré est tunisien : le couscous djerbien (trop cliché je sais, mais je l’aime je n’y peux absolument rien!)

 

7/ - Quelle sont votre musique, votre film, préférés ?

 

Musique : à dire vrai j’écoute vraiment de tout. Mais, je me sens en extase quand j’écoute le ṭarab (musique arabe classique), et le Mālūf (musique savante arabo-andalouse).

 

Film : L’étrange histoire de Benjamin Button (David Fincher, 2008). Une histoire de vie à l’envers, rien de plus particulièrement passionnant à mon avis. Un film à voir et à revoir…

J’ajouterai volontiers Black (Sanjay Leela Bhansali, 2005), inspiré de la vie de Helen Keller. L’actrice indienne Rani Mukherjee y a joué le rôle de sa vie à coup sûr. Émotion assurée. J’ai regardé ce film quand j’étais ado, le moins qu’on puisse dire c’est qu’il m’a marquée.

 

7/ - Question subsidiaire : pourriez-vous recommander un site de poésie et expliquer votre choix ?

Là maintenant, je consulte beaucoup The Poetry Society (https://poetrysociety.org.uk/), on y trouve beaucoup d’études critiques sur la poésie. Je le trouve assez riche et je le recommande. Je l’ai découvert récemment, pour des raisons très techniques : je rédige une sous-partie de ma thèse sur la traduction anglaise des Mille et une nuits (The Annotaded Arabian Nights, 2021) par la poète-performeuse-traductrice Yasmine Seale qui y a signé pas mal de papiers.