La
page
blanche

Le dépôt

AUTEURS

6 - Jean-Michel Maubert

AU FOND DE L'ÉTRANGE JARDIN [poème]


à peine visible


du désastre

les fragments consumés


veuve matière ce ciel

un songe froid,

cocon où l'orage immobile

distille pour le cœur

de ténébreux alcools



porcelaine des os

viendra l'arène sans feu

la poussière nue des cercles

l'amère forêt, un dernier souffle



de nouveau tu es là

et mon cœur fantôme

marche à tes côtés

sous ce soleil brisé


pourtant

tout semble

si familier




«considère l'agonie des roses»

et l'impossible étreinte

la fuite effacée

dans ce jardin

où grandit comme le froid

la mort sauvage





juments, tatou, ligne de chemin de fer

pour une reine triste -

le frère d'âme et de sang

seul peut te conduire

au delà de tout paysage

dans les silences

de ton propre cœur





ligne d'erre

dans ce jardin

oui

tu parles au chat

la langue d'alcool

peux-tu sourire de ta danse ?


dedans -

venus

des lointains

des murs

comme de l'enfer

il y a

ces fêlures

d'où surgissent

tes implacables insectes enfants





ce chemin sans joie

où tu mange ton pain noir

entre les rocailles

un jeune serpent

rêve de ton sang

lumière fatiguée du taureau

roue des ombres poussière

sur ta main ce lézard énervé

vaines fleurs pour le vieux chien

raisin bleu masque blanc

pulpe d'or

libérant la nuit

l'arbre des morts

dessine dans ton crâne peint

une vaste forme immobile




ainsi, dis-tu

nous dormons dans la détresse

seuls,

le cœur défait