La
page
blanche

Le dépôt

CABANES

Jean-Michel Maubert

CAILLASSE [poèmes]


Caillasse [poèmes]



soleil caillé feu cru


dernier sol glaise d'air froid


chemins stagnants


en mer d'éboulements assourdis


lacérés au vide bleu des pentes


noir arête grave la lame que rongea un silex


ces plis en membrures de plomb


haute mer du roc sourd


minérale arène cet enlisement hivernal


plaine cuite torchis d'os blâme le gel






angle à l'œil fossile d'une salamandre jaune d'œuf noir olive

rivée seule humide à l'ouvrier pendu dans la forêt


drain ton séjour au sein des feux livides

canal lourd l'hiver gravats solitude inchangée


nuages cobalt en désincarcération

martèlement sans voix la mine dépeuplée






neige cette charpente des feux

où rêve le cercueil

vrille d'un chemin de montagne

bouc cèdre un pneu d'or






ablation granuleuse sternum cassé brut ce soleil

bitume épais lac crâne d'ardoise poussière chue

momie mer silice dé-façonnant les blocs

brassant à froid la veuve mégastructure







sel matériau solaire pièce vide

forclos d'air découpe le temps

ciel brutaliste engrammant un râle calcaire

gravide béton apatride mon frère






un navire cloué à sa vague


dur gravier découdre le mur


écailles échardes


je suis l'arbre poumon


dans la glaise


l'ovale du lac basalte


mère tête nue dans la terre


embaumée de fièvre


sous une dernière pluie







miroir acéphale attendant

sur ton visage

la fixation du désert

soleil drainant sale l'extase migraineuse

ceux qui peinent

dans le roulement des machines

étoile hors murs

lentement disloquée

germe nain poussière grains

comme noir tourment souffle acide

sœur des labyrinthes






l'otage en glaise son séjour

au sein des lumières effondrées

pin plomb haute vague du roc

bloc de nervures cargo

bois blanchi charnières

d'un chagrin fané

dur cyclope sans ce soleil

creuser noire sa trachée

vide concassé tibia

l'oreille close