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Jean-Michel Maubert

Présentation de Jean-Michel Maubert


JEAN-MICHEL MAUBERT


Auteur de romans, nouvelles, novellas, poèmes, son roman Idiome a été publié par Maurice Nadeau en 2012 puis, chez le même éditeur, Limbes (suivi de) Ronces, en 2016. Des nouvelles et poèmes ont paru en revues (Triages, Souffles, Hopala, Empreintes, L’ampoule). Le recueil de poèmes Les cérémonies fanées a obtenu le Grand Prix de Poésie Joseph Delteil 2017 (attribué par la revue Souffles/Les écrivains Méditerranéens).


Mon temps de vie est dévoré par (au moins) trois domaines qui absorbent beaucoup d'énergie cérébrale et vitale, et sont très chronophages : l'enseignement de la philosophie ; mes activités militantes ; et, bien sûr, je me consacre à divers travaux d'écriture. J'ai dû arrêter certaines activités comme un atelier de philo pour adultes que j'animais dans une maison de quartier de Quimper. Il me fallait trouver du temps pour dormir.



QUESTIONNAIRE DE LPB - JEAN-MICHEL MAUBERT


1/ Pouvez-vous indiquer un livre que vous aimez particulièrement ?


"Le parti pris des animaux" de Jean-Christophe Bailly. Densité de la langue et de la pensée. Extraordinaire alliance, rare et juste. Très marqué aussi par "Les anneaux de saturne" de W.G Sebald - par sa mélancolie et sa façon de tisser errance, mémoire, érudition.


2/ Pouvez-vous donner un vers, un mot, que vous aimez ?


"Oeil d'or de l'origine, patience obscure de la fin" (in "Chant du séparé").

Georg Trakl. J'ai utilisé ce vers comme titre d'une des parties de mon roman-récit "Ronces", qui tourne autour de la figure et de l'oeuvre de Trakl. Chaque partie a comme titre un vers ou un fragment de ses poèmes.


3/ Quelles sont vos lectures habituelles aujourd’hui et comment s’expliquent ces habitudes ?


Je reviens toujours vers les nouvellistes visionnaires comme Kafka, Cortazar, Krzyzanoski, Danilo Kis - nourriture essentielle, ils m'accompagnent depuis des décennies. Claude Simon : pour la texture et la puissance sensitive de sa langue (mon idéal, avec Hermann Broch). Giono, "Un roi sans divertissement", "Le grand troupeau" : des lectures rituelles, chaque année. Thomas Bernhard - toujours l'impression en le lisant d'atteindre un point de non-retour. Beaucoup de poésie contemporaine - mais toujours je reviens vers Georg Trakl, Gottfried Benn, Artaud, Pascal Commère, Zbigniew Herbert.

Philosophie, anthropologie, histoire : des lectures habituelles, fréquentes, inépuisables. Chez les contemporains, j'ai beaucoup pratiqué les oeuvres de Gilles Deleuze, Bernard Stiegler, Georges Didi-Huberman. Je lis Adorno et les philosophes de l'école de Francfort. Depuis une certain nombre d'années, travail de fond sur la philosophie analytique et l'éthique animale.


4/ Pouvez-vous citer un support de diffusion de la poésie que vous affectionnez (autre que le livre) ?


Les blogs de poésie comme Diérèse. Sur youtube, des capsules où des poètes lisent des fragments de leurs oeuvres.


5/ Le monde lit-il toujours et quoi ?


Difficile question. Le livre de Nicholas Carr, "Internet rend t-il bête ?" (le titre de l'éditeur français est épouvantable) est une exploration intéressante du rapport entre support d'écriture et pensée. Le travail de Bernard Stiegler ("Philosopher par accident", "De la misère symbolique") constitue une approche pharmacologique intéressante de cette question.


6/ Quel est votre plat préféré ?


Pommes de terre au four et seitan grillé, revenu dans l'huile d'olive, avec des champignons.