La
page
blanche

Le dépôt

CABANON

11 bis - Arnaud Rivière Kéraval

ISTANBUL ARTAUD


 


Point de départ le harem et le palais voraces du temps de l'autre empire; arches et coupoles se livrent à coup de bacchanales mosaïques. Et la foule, la foule des visages du grand bazar d'humeur à m'étourdir ; épices et tentures agrippent les signes. M'extirper, descendre tout droit jusqu'à la Corne d'Or, l'enjamber ; les poissons du Bosphore répondent à l'appel des vagues comme les mouettes au muezzin dans les hauteurs des minarets. Remonter vers Taksim foisonnant, toujours la même foule pusillanime, je l'englobe pour mieux la contourner, passer la porte d'une boutique, refuge de verre entre étoffes italiennes. La main noire dans les oreilles. Contre toute attente on me parle d'Antonin Artaud ; se prénomme Altuğ, rhapsode byzantin sur le chemin des mots. Ses mains, son sourire, sa voix croquent mes atermoiements. Je l'écouterais des heures Altuğ le magnifique.