La
page
blanche

Le dépôt

CABANON

12 - Sylvère Cordin


Depuis toujours, Silvère Cordin couche des mots pour attraper l'horizon et y déposer son cœur. Mal armé, il part en quête de miettes, de révélations d’étoiles intérieures, contrant la solitude, contrecarrant la perte, pour se faire cueilleur de poussières guérisseuses et échographier son âme les yeux fermés.


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Ici ou ailleurs, les minutes semblent toujours aussi inaltérables, et toujours aussi interminables.



Ici ou ailleurs, je m’emmerde. J'égrène le temps, scrutant le sablier de longs instants, le retournant à plusieurs reprises, et je m'emmerde jusqu'à ne plus supporter l'état léthargique de mon esprit en perdition. En errance.



Je suis une obsédée du temps qui s’effrite. L'idée même de l'évanouissement à jamais de toute chose me fascine. Le temps est le seul élément naturel qui avance continuellement, implacablement, sans se soucier de quiconque, sans obstacle, sans même pouvoir se faire obstacle à lui-même, et sans nemesis aucun. Le quantième rugissant poursuit sa course, inexorablement, abattant le vide devant lui, mû par une force immuable, éternelle, invincible. L'illumination de son hermétisme révélera le secret de la Création.




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