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Esplanade du cabanon

Les langues rares

Personne n’a apprécié, hélas, ni même relevé, ma proposition d’accueil de poésies dans des langues en voie de disparition !!! 


Patrice 



Je n’ai pas entendu cette proposition quand tu l’as faite et peut-être t’es-tu réveillé un jour en croyant que tu l’avais faite, peu importe cette proposition me semble excellente, celle de faire de l’archéologie in vivo…mais comment repérer les langues en voie de disparition et surtout comment repérer les textes émis dans ces langues ? A qui s’adresser ? 


Pierre 


Ah mais ça tombe bien, excellents collègues, vous ai-je dit que mon hobby c'était d'être linguiste de la neuvième heure? 

Nous connaissons tous des langues en danger. Peut-être pourrions nous faire, comme Leibniz en son temps, des spécimen? 

Paris étant une ville cosmopolite, ce ne sera pas très compliqué, pour Bordeaux non plus. Les gens à l'étranger connaissent des langues en danger. En France nous avons un bon paquet de dialectes. La définition de "langue en danger" n'est pas très bien fixée. 


Maheva



Quelle belle idée que d’aborder ces poèmes en langues « en danger ». Cela me fait penser, sans tout ramener forcément au Périgord, à la Félibrée, tradition locale fort vivace, inspirée par Frédéric Mistral: cette fête qui change chaque année de Ville ou de village périgourdin célèbre la tradition de notre terroir, et où on y élit le « félibre », le poète occitan de l’année. Cela concern l’occitan et ses déclinaisons. Et même si l’occitan et le patois périgourdin ne sont pas forcément menacés, mais l’idée est à creuser! 


J’ai bien en tête quelques langues, dont le fameux cajun... L’idée me plaît d’autant plus que se pose la question de la traduction, de la traduction de la Poésie, et surtout du traducteur de la langue d’origine au français ! 



Patrick



Je pense à la langue québécoise dont on dit qu'elle serait menacée. Et aussi au joual parlé un peu par Kerouac (enfin, mélange de)... Ça reste un énorme travail! Une anthologie par pays (villes, ou régions)?


Mathieu




ANNÉE 2020-2021 - Académie de Clermont Ferrand

https://mediascol.ac-clermont.fr/lycee-simone-weil-le-puy-en-velay/2021/03/19/les-langues-rares-des-langues-en-voie-dextinction/


Les langues rares, des langues en voie d’extinction

par marieredares|Publié 19 mars 2021


Depuis 5 000 ans, les linguistes estiment qu’il y a au moins 30 000 langues qui sont nées et ont disparu sans laisser de traces. Aujourd’hui, sur 7 000 langues parlées dans le monde, 3 000 langues seraient en voie d’extinction. Or, une langue rare ne signifie pas toujours qu’elle est en voie d’extinction. Certaines sont appelées des “langues rares” car elles sont considérées comme des “petites langues”. Mais alors, qu’est ce qu’une langue rare ? Sommes nous concernés ? Quelles sont les langues les plus rares du monde ? Celles en voie d’extinction ? Et comment les sauvegarder ?



Dans le langage courant, une “langue rare” est un langage en voie de disparition. Il devient alors “rare”, car le nombre de locuteurs décroît au point de le faire disparaître, comme le Brabançon en Belgique, le Francique en Allemagne ou encore le Basque en Espagne. 


Mais cela ne suggère pas que ces langues seraient difficiles à trouver : il y en a partout ! Cela signifie que si l’on en cherche une en particulier, le plus souvent personne ne l’a entendue parler. Ainsi, le Russe et le Mandarin peuvent nous sembler des langues rares. Et pourtant, elles font partie des langues les plus parlées au monde: pourquoi ? 


Tout simplement parce qu’elles sont parlées dans un seul pays en tant que langue nationale (comme le néerlandais, le tchèque, le polonais, etc.) contrairement à l’anglais, au français et à l’espagnol qui sont parlées dans plusieurs pays.


Jadis, l’extinction des langues dans le monde était liée à la disparition de leurs peuples (guerre, épidémie, natalité insuffisante). Depuis la mondialisation, la diffusion des langues communes (anglais, français…) est devenue plus importante pour des raisons économiques, politiques et sociales.


Tous les pays sont concernés car aujourd’hui, on constate que les populations tendent à adopter la langue dominante aux dépens de la leur, ce qui entraîne leur disparition et une partie de leurs traditions (comme les indiens d’Amérique ou les tribus d’Afrique) ce qui est très grave. Car c’est une partie du patrimoine culturel mondial qui s’éteint et la disparition des langues engendre aussi la perte irrémédiable d’une partie de la culture des zones géographiques concernées. 


D’après l’UNESCO, une langue disparaît toutes les deux semaines et si rien n’est fait, 90 % des langues vont probablement disparaître au cours de ce siècle, en sachant que 50 % sont en danger de disparition. Ainsi, l’organisation les considère comme du patrimoine culturel immatériel de l’humanité et œuvre pour sauvegarder cette diversité linguistique, comme le programme Sorosoro, soutenu par la Fondation Chirac de 2008 à 2012, pour la préservation et la revitalisation des langues en danger. L’UNESCO a notamment publié un atlas mondial des langues en danger, elle recense en janvier 2020, 2 464 langues.


De plus, il y a plusieurs avantages de parler ces langues :


• Dans un contexte professionnel, il est primordial de savoir parler anglais. Mais si vous vous contentez de maîtriser votre langue maternelle et la langue véhiculaire internationale, quel est le petit plus qui donnera envie à un recruteur de vous engager vous et pas un autre ? Le trilinguisme est largement valorisé et très recherché.

• Apprendre une langue rare, c’est aussi réduire le nombre de concurrents. Tout le monde ne choisit pas d’apprendre la même langue secondaire. Donc si un recruteur cherche un locuteur de langue rare, il y aura moins de concurrence.

• Les langues rares sont très recherchées dans des domaines assez spécifiques. Par exemple, saviez-vous que des sociétés informatiques recherchent des locuteurs néerlandais ? Et ce n’est pas tout, en parlant le polonais, vous pourrez facilement vous positionner dans le domaine de la logistique, tout comme dans le domaine de la restauration pour le japonais. 

• Apprendre une langue rare, c’est aussi découvrir d’autres horizons, des cultures et des coutumes dont on entend peu parler. On peut notamment découvrir les pratiques tribales des populations indigènes qui vivent en marge des sociétés industrialisées ou par amour pour la diversité et l’histoire du monde par exemple.

• Cela peut permettre l’accès à des domaines hautement spécialisés et notamment dans le cadre des relations internationales. Si vous parlez le pashto, dialecte principalement utilisé en Afghanistan, vous pourriez très bien vous rendre utile à l’ONU par exemple. Ce type de langue rare sera toujours utile à quelqu’un. 

Ces avantages sont aussi des moyens pour les sauvegarder. Il y a plusieurs moyens de les sauvegarder : – On peut faire entrer la langue dans les médias locaux, à la radio, dans la presse, ou de promouvoir sa présence dans l’espace public… La revitaliser.


– On peut aussi développer des ressources pédagogiques, dans l’espoir d’introduire la langue à l’école. C’est le cas pour l’hawaïen, mais aussi, en Europe, pour le breton ou le basque. Mais, quand une langue n’a pas été transmise pendant trois générations, il est difficile de la faire revivre.


Pour finir, voici un top 10 des langues les plus rares au monde qui sont en voie d’extinction :


1 Le Silbo

Cette langue originaire de l’île de La Gomera aux Canaries, est la seule au monde entièrement composée de sifflements. Elle est composée de 4 consonnes et de 4 voyelles et elle est capable de produire plus de 4000 mots. Pour sauvegarder cette langue inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO, elle est même enseignée dans les écoles de l’île.



2 Le Sarsi

Même dans les plus grands pays, les langues locales ne sont pas à l’abri d’une disparition. Cette langue est née au sud des Etats-Unis, elle provient d’une ancienne tribu amérindienne dont la population a quasiment disparu, et actuellement parlée au Canada près de la ville de Calgary. Elle est aujourd’hui quasiment éteinte. On estime qu’il resterait environ 50 locuteurs de cette langue dans la région mais que leur niveau serait assez faible.


3 Le Ket

Présente en Sibérie, c’est le seul idiome survivant de la famille des langues ienisseïennes depuis l’extinction du Yug. On estime à 200 le nombre actuel de locuteurs du Ket.


4 Le Yoron

Vous pensez que le japonais est la seule langue parlée au Japon? Faux! En effet, sur l’île de Yoronjima, une île semblable aux Fidji et très prisée des vacanciers japonais, un petit millier de personnes parlent encore la langue maternelle de l’île, le yoron.


5 Le Wagiman

Présente en Australie et historiquement sur des centaines de kilomètres carrés du territoire aborigène, cette langue est remarquable pour sa complexité qui fait qu’elle n’est quasiment plus parlée. Mais une partie de la tribu wagiman la comprend toujours (moins de 10 personnes la parlent encore). C’est une langue quasi-éteinte également .

6 Le Nǁng (communément appelé Nluu)

Le Nǁng aussi appelé Nluu est une des langues en danger. Autrefois parlée en Afrique du Sud, il n’existait plus que 5 locuteurs de la langue en 2013. La particularité de la langue est qu’elle est, en partie, composée de sons en « clic ».



7 Le Tosu (ou Duoxu)

De nombreuses langues en Chine disparaissent à cause de la normalisation de la langue chinoise dans la culture du pays. Ainsi, le tosu (originaire du Tibet et de Birmanie mais surtout parlée dans la province du Sichuan) est actuellement parlée par moins de 10 locuteurs.



Source : Wikipédia


En rouge, la région du Sichuan, là où est parlé le Tosu


8 Le Chamicuro

Cette langue est certainement l’une des premières de cette liste qui sera amenée à s’éteindre. Elle n’est malheureusement plus parlée que par 2 locuteurs assez âgés dans la région amazonienne du Pérou près de la rivière Huallaga. 


9 et 10 Le Taushiro et le Resigaro


Source : eazylang

Certainement les deux langues les plus proches de l’extinction puisqu’elles ne comptent chacune plus que… un seul locuteur. Ces deux langages sont originaires du Pérou où la problématique d’extinction des langues indigènes est devenue très sérieuse.