La
page
blanche

Le dépôt

CABINES

Clément Gustin

Deux poèmes

TEMPLE


 


Dans la blancheur scientifique des marbres et lumières nous circulions


à l’intérieur du temple nouveau


Parmi les bruits fracassants / le grouillement corporel


(tiède atmosphère)


Nous circulions où s’éparpille et s’entassait


la matière —


 


Rêve libéral, combien confortable et décadent…


Ici tes reliques et tes frontons,


là tes portes de corne et d’ivoire !


Nous avons célébré ta création profane —


nous nous sommes reconnus dans ton jardin docile et froid.



PLATEAUX


 


Quand ils auront trouvé enfin le remède


et comment faire l’expertise des émotions


       d’un sismographe —


J’irai vers les villages éteints


patrouiller entre chien et loup


Sous la tonnelle


       près des genévriers


 


Et les lueurs des plateaux morts


leur soliloque, leur déshérence


Me rappelleront aux miens


 


(dans mes poches


       une fable d’antan


Au cœur le souvenir des mes ancêtres)