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CABINETS

Bruno Giffard

Bord et Débord


Bruno Giffard 

Conçu à Porrentruy (côté paternel), né à Chicoutimi (côté maternel), Bruno Giffard habite le centre-ville de Québec depuis très longtemps, avec un diplôme d’études secondaires et le petit boulot en conséquence. Beaucoup d’heures passées sinon à prendre des photos, lire, écrire, méditer, vider des canettes…

 





QUESTIONNAIRE DE LPB



1/ - Pouvez-vous indiquer un livre que vous aimez particulièrement ?


Je ne saurais, n'oserais nommer un titre particulier. Plutôt une constellation de lectures, qui en quelque sorte se fondent les unes dans les autres, rattachées à certaines époques. Un nombre d'influences qui remontent jusqu'à l'enfance.

Parmi les plus récentes je citerais Nicolas Bouvier, ses Œuvres. Trilogie sale de la HavaneLes Clochards célestes de Kerouac. Hell Is a Very Small Place., collectif. Missing 411 par David Paulides.


2/ - Pouvez-vous donner un vers, un mot, que vous aimez ?


Aucune phrase ne me vient en mémoire. Je dirais que chaque semaine amène sa manne.


3/ - Quelles sont vos lectures habituelles aujourd’hui et comment s’expliquent ces habitudes ?


Je divise mes lectures en thèmes: Dictionnaires/Histoire/Littérature/Philo/Psycho/Sciences (au sens large). S'y greffent la poésie, lue à raison de seulement 2-4 pages par jour pour un auteur (Gustave Roud, René Daumal, Gérald Gaudet, des haïkus, Pizarnik, François Cheng, etc... se succèdent au gré des saisons) en me levant. S'ajoutent les true crime (rendez-vous fidèle), un peu de zen (pratique si possible), le paranormal, des ouvrages sur le développement de l'enfant. Facilement une vingtaine de volumes qui m'absorbent en parallèle, certaines auxquels je ne reviens qu'une fois par mois. Plus un auteur que je réserve lorsque je garde mon petit, à même de piquer mon intérêt sans demander trop de concentration (en ce moment Le chant du bourreau de Mailer). Cette répartition m'aide à mieux me centrer et respecter le fil de différents intérêts.



`4/ - Pouvez-vous citer un support de diffusion de la poésie que vous affectionnez (autre que le livre)?


Je ne consulte pas (encore) de poésie autre que sur papier. Une bonne charge affective joue ici, un confort également, cet aspect tactile que n'offre pas l'écran. Je consulte un lot de blogs photos sur Tumblr par contre, et quand je croise une citation qui éveille mon intérêt je note.



5/ - Le monde lit-il toujours et quoi?


Je crois que quantité d'auteurs méritoires restent dans l'ombre. À ce niveau il manque à mon goût un certain éclairage ou attention dirigée. Sinon je reste très peu au fait des habitudes des gens. Beaucoup de romans populaires, de manuels de bien-être pas tous à dédaigner, sur les rayons (physiques ou virtuels): or le choix manque pour un horizon plus soutenu, éclectique à mon sens.



6/ - Quel est votre plat préféré ?


Végétarien friand des frites. Par les temps qui courent le jus (fruits & légumes) que je passe à la machine m'offre une heureuse dose de lumière.



7/ - Quelle sont votre musique, votre film, préférés ?

Puce Mary. John Maus. Last Cities Broadcast. Locrian. Danny Wolfers. Akitsa. Cremation Lily. Philip Glass. Les Joyaux de la Princesse. Złota Jesień. Swans. Borhen & Der Cluf of Gore. Je découvre de nouveaux groupes pas mal chaque jour, parcourant avec assiduité méthodique les rangées de vidéos d'au-delà cent channels sur YouTube (VG, Janitor of Lunacy, fok as, 0antN, giovanni pour en nommer quelques-uns).


Pour le ciné je nommerai David Lynch, Quentin Dupieux, les frères Cohen, Charlie Kaufman. Beaucoup de films plus obscurs sortis de ma mémoire, dans différents styles. De petites perles d'horreur du style Basket Case, aussi. Avec les années je me tourne davantage vers les documentaires, reportages. Peu importe le genre, même si c'est de la fantaisie, j'éprouve un besoin assez farouche de réel, pas de quelqu'un qui tord le plateau du quotidien avec ses désirs, vues parcellisantes. Donc de la vraisemblance ou une aberration justifiée, une fidélité crue ou sobre.



7 bis/ - Question subsidiaire : pourriez-vous recommander un site de poésie et expliquer votre choix ?


Je n'ai aucune référence encore. Mais compte effectuer des recherches, et approfondir ma connaissance de ce site...




Bord & débord (empreintes inspirées par mon expérience de lpb, nourries des voies semées par d'autres... même si ça ne tombe pas sous le sens)


mercredi 26 avril 2022


Burrruit d'étoile stationnée au fond d'une voûte à l'encaustique

presque juste devant ta pensée. Péroraison du réverbère.

Souffle en mailles de jute ajoutée

alors que le printemps aménage sa vitrine.

 

Et cet émois, baratin de copeaux qu'on croit bon de partager par des œufs aux couleurs beurrées, main en drapeau écrasé sur l'épaule – cloaques sur une table qu'il reste à fendre.

Piaillements, paille sur la langue. Nom à arrondir ses vapes, ceinture d'échantillonage. Épée prise dans l'étang pneumonique mais montrant la caresse des valves.





vendredi 22 avril 2022


Et le soleil de hisser jusqu'à une incertitude frontalière nos muscles scandés vers la tension de sa jante - point de ronde.

Bras épris du bleu qui en vire, tire les forces. Halo bille contre l'élan vers un beau fixe.

Toute pierre consummée pour que notre joie se rende au phare - vaillance d'éclat.





mardi 5 avril 2022


Cœur de glas. Volée d’astres qui gèlent.

Nos muscles jouent avec la corde des notes en équilibre contre un gouffre de nuit.

La mesure du cri depuis longtemps jetée.

Des trajets affichent leur scintillance tranchante, douleur du silence sans poids.





lundi 4 avril 2022


La rame des jours continue de passer : pas encore à destination...

Les nuits grattent la terre

de ma poitrine

                                                     dégringole

tranquillement, sur place je reste ce quai d'embarquement et son néon.

Ma paume

au soleil d'une faim.





mardi 29 mars 2022


M'enfermer dans une valise. Dernier rêve. Sur toute mémoire tombe un déclic de noirceur. Mais d'abord plier les membres. Chaque pièce comporte l'intime signature du verbiage véhiculé, ferrures entre défaut et aplomb, circuits en calque d'abîme, orchestre dans sa fosse à munitions – chaque acte courtise des murs s'arrogeant par tapisserie, étendue cousue aux veines plaque les volitions d'océan, remous à la cuillère, aiguilles au vent, baleine née sans précession de regard : il s'agit de rentrer dans son crâne l'haleine du sens, donc le projet de chaque oiseau. Ne plus rien dire, ramener sur la boîte à serrure une fin d'étouffement plutôt que sa production.





lundi 21 mars 2022


Ne plus tomber en amour. Ne plus casser l'aurore. Ne plus prendre nos vertèbres pour les œufs d'une mythologie express. Soleil rétamé, à grands coups de marteau ces fenêtres d'aveuglement explicite. Le trajet vers nos épaules pour éteindre le tremblement fou du lustre se complique au dialogue des sabots.

Fuite en bateau de plaisance, avant que disparaisse le fleuve. Ventre creux arpenté du compte en banque.





samedi 19 mars 2022


Je cours après le temps qui me rattrape. Point mort dépassé. La pluie m'entrouvre, scènes grises propres à écouler la ville fidèle à ses trottoirs. Elle m'encourage à tourner la manivelle de la fenêtre pour écouter autre chose que le bruit. Tomber dans ma cage mentale sur des notes souples, une amplitude répétée.