La
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blanche

Le dépôt

Cercle des poètes de LPB

Pierre Lamarque, rédacteur de LPB

Traces


 

Secouer tue

 

Marteau-

Piqueur 

À 

Air 

Comprimé

Qui 

Agite 

De 

Secousses

Ininterrompues 

Dans 

Le temps

L’homme 

Qui 

Y

Est

Accroché.

 

 

Écrire tue

 

Le risque est un besoin essentiel de l’âme.

L’absence de risque suscite une espèce 

D’ennui qui paralyse autrement que la peur,

Mais presque autant.

 

 

Fumer tue

 

D’ailleurs il y a des situations qui, impliquant

Une angoisse diffuse sans risques précis,

Communiquent les deux maladies à la fois,

L’ennui et la peur. 

 

 

 

Élégance du rappeur

 

Nous les arabes et les noirs

On n’est pas là par hasard

Comment aimer

Un pays qui refuse de nous respecter

 

On n’a plus le choix

On doit vivre ou mourir ensemble

 

Elégance du rappeur.

 

 

 

Murmure

 

 

Le murmure de la colombe n'atteint pas le vilain ?

 

Pourquoi chut. Il n'est pas encore né.

 

Trois images étranges surgissent dans le rêve

cela suffit pour un joli poème

d’une seule coulée 

candide (1), innocente (2), simple (3), ingénue (4), spontanée (5)

 

mosaïque de saphirs, paume d’azur.

 

 

Je redeviens tortue marine, le monde s'écroule 

un mot trop lourd, tout s'écroule

 

vers à supprimer, joli dessin à côté

qui dit bien ce qu’il veut dire, no comment

 

à lire et relier. Super ! Merci super poète

pour la fraîcheur de ce poème d'amour

 

attends, je n'ai pas fini, le poème est long...

 

 

"La vieille femme tient les enfants dans ses draps"

j'aurais dit vieille créature, vielle grande et maigre.

 

Ça ne vous est jamais arrivé d'être suivie par un vers ?

 

revenons à nos moutons de Panurge

cessons nos digressions incessantes

 

j'aurais dit dans l'antique trop de dorures

 

jolie vous êtes au fond de vous, chacun de vous

 

on c'est moi seul. Je me comprends...

 

 

Un des meilleurs poèmes au monde, dans ce recueil, en ce moment !

 

Simples ne résume pas bien la situation, soyons complexes.

 

Le rossignol est probablement décédé

je parle du quotidien animal donc humain

 

seule je continue ma promenade.

 

Tout le monde connaît les fondateurs, tous les enfants savent

tout le monde sait que les prismes sont des parts de gâteau

 

on n'insistera jamais suffisamment sur l'existence des lettres

sur l'importance de la cage qui retient les fauves 

chère au lecteur, espérons, espérons

 

espérons qu'avec des plus et des moins se crée un lien

tissé des rêves de bord à bord.

 

 

Langage est l’enfant d’un gendarme et d’une grand-mère 

lui-même papa de la poésie chocolat 

maman fait de la musique en bas

 

j'aurais laissé un espace à la musaraigne

 

et aussi, à la qualité humaine livrée au sens 

maussade des cours de récréation

 

comprenne qui sauve qui peut

 

(il faut si peu de temps pour tourner la crêpe).

 

 

J'arrête mon poème à midi pile 

le temps restant - après, comme suspendu

 

(la caresse du vent dans le labyrinthe répare la perte du sens) 

(partout la couleur homme est la même, partout)

(cependant changeante)

 

la présentation sur la page est bonne l'histoire est incroyable 

si délicate, si chose !

 

C'est l'histoire d'un chef d'orchestre tigré qui danse

quand ? maintenant ? Si le pari est réussi ?

 

Un aperçu sur la brièveté de l'intimité

une reproduction de la courbe

un dessin qui semble faire partie du poème

un tout petit poème au cœur d'enfant

 

un murmure qui me rappelle un poème écrit dans ma jeunesse.

 

 

 

 

Joconde

 

 

 

Tu n'es que l'ombre de ces choses futiles

Je dirais de ces choses qui n’existent pas 

Ou n’existent plus mais aident à vivre

 

Tes larmes s'allument comme des bougies

Ta fine bouche sourit et pleure gracieuse Joconde

Qui écris avec les heures trouvées dans la tombe

 

Il ne reste que toi à entrevoir sans rêve

 

Tu fus déployée soudain - en éventail 

Celui couché la nuit près des amants 

Pour transmettre au monde entier les mots par des rimes

 

Le jour meurt, t'apparaît ta retraite mais

Pour l'âme un séjour avant  

Car tu es le seigneur et l'enfant qui tient le fruit

 

Tu t'es éveillée, te sais mourante 

Ta vie faite à ta mesure 

Poursuivant le fugitif qui a déjà disparu.

 

 

 

 

 

 

Mensonges et complots

 

 

Quelle profondeur simple

Quelle profonde simplicité

S'asseoir parmi les arbres

Respirer avec eux brise et bourdonnements. 

 

 

Faites confiance au vaccin de la paranoïa 

C’est le vaccin contre le complot

 

(La paranoïa c'est la pourriture de l’imagination) 

 

Mais comment puis-je leur faire confiance

Eux qui polluent air et ciel avec leur paradis

Sol et sous-sol avec leur enfer

 

Eh bien, l’humanité, aucun de nous ne croira

en tes tristes mensonges grossiers.

 

 

 

JE VOUS AIME

 

 

Je ne dirai jamais assez 

bijouxchouxcaillouxgenouxhibouxpoux 

cuicui je vous aime, 

surtout ne rien dire d'autre 

(ceci n'existe pas, ceci ne se fait pas). 

 

 

 

 

GARDE ESPOIR

À Victor Ozbolt

 

 

Sur mon hamac de nuages maison de mon cœur. La nuit.  La nuit, ma tête lente et timide au matin. Au matin rien : le chat, un génie, le ciel.

 

Comment voyager ? Le cou, la grammaire, les fourmis, les époques, le labrador, l’envol, la rencontre, tout. 

 

Rossignol loin des forêts, toutes les deux ou seule.

 

Tous les mots géants, toutes les planètes, tous les livres, tous les fauves bleus en promenade, que font-ils ? La belle ? Le rivage ? L’orthographe ? La statue ?

 

Temps mort. Détective après la tempête. Ce matin le labyrinthe a la couleur femme. L’écriture, autour et sous la tente, la plus belle chose !

 

Le chef d’orchestre tigré, quand ? Si oui, pari réussi ! Les maths et la poésie : intimité. L’arc-en-ciel et les grands arbres : un tout petit poème !

 

Les murmures…. Garde espoir...

 

 

LES TALENTS DE NOS TERRITOIRES, L’UNION DE NOS ÉNERGIES

 

Soutenir, accompagner, faciliter, mettre en place, retrouver, protéger, anticiper, développer, 

mener, proposer, majorer, renforcer, améliorer, favoriser, valoriser, créer, poursuivre, 

encourager, supprimer, expérimenter, atteindre, construire, garantir, porter, reconquérir, préserver, 

labelliser, lutter, lancer, réaliser, adapter, couvrir, proposer, cofinancer, faire, confier, doter, associer, 

permettre, devenir, désengorger, répondre, trouver, engager, fabriquer, rechercher, accéder, éduquer.

 

 

LA MACHINE À ÉCRIRE EST LANCÉE

 

 

les mots c'est rien ça marche devant 

ce que fait abcdefghijklmnopqrstuvwxyz

 

dans ma chambre où je pleurai pendant des heures 

rien ne demeure que l'étourdissement passager

 

oeuf crac clac clac clac omelette

 

les mots c'est rien ça marche devant ce que fait abcdefghijklmnopqr stuvwxyz dans ma chambre où je pleurai pendant des heures et rien ne demeure que l'étourdissement passager oeuf crac clac clac clac omelette.

 

  

LA PHRASE


Arrêtons-nous un instant sur la phrase. La phrase comme molécule constituée elle-même de mots atomiques d’une certaine façon agencés… la phrase exténuante sur laquelle on peine, on rature. La phrase ronflante du charabia, la moindre phrase murmurée, la fameuse phrase, la phrase sifflée comme une chanson lente et monotone, la phrase toute faite, la phrase choc, la sentence à l’anglaise, la jùzī à la chinoise… toutes ces phrases qui font le langage, c’est-à-dire la matière impondérable de la parole. D’accord, mais où en venir, jusqu’où aller ? À la prose éternelle, indépassable. On est trop bien dans l’espace déshabillé et nu, on s’entend merveilleusement bien dans une langue en prose qui chante d’elle-même. 

 

 

 

LA PENSÉE PLATE

 

Pour moi pensée plate n’est pas pensée fade, une pensée plate pour moi n’est pas une pensée remuante, agitée, ardente, délurée, frétillante, déchainée, excitée, intenable…tout le contraire c’est une pensée paisible, nonchalante, calme, simple, impassible, pondérée, gentille. Pensée plate c’est à dire pas abrupte, pas complexe ni épaisse, pas arrogante, pas bombée ni bossue, pas cambrée ni creuse, pas piquante ni tranchante, pas hautaine, et surtout ni onduleuse ni perverse.

 

 

POÉSIE SACCADÉE DU MOUVEMENT DU PAON AU SOL

 

Voici autant un texte incontournable pour les monstres de la poésie émergente, qu’un texte de mise en garde pour les colporteurs d'huile de serpent créative, qu’un scanner psychologique à la technologie obsolète instantanément, 

que les mémoires d'un vieil érudit abandonnant à contrecœur ses fantasmes sexuels, 

que le portrait réussi d'une jeunesse trompée sur le point de découvrir quelque chose d'horrible, 

qu’un traité affectueux sur la poésie comme remède à l'orgueil, 

et qu’un gémissement profond de chair se transformant en roue de paon.

 

 

PHOTOGRAPHIE 

 

plaque émaillée, affichette, publicité

 

kiffer mater piger

 

baraque de bord de route, devanture de magasin, affiche, pancarte, enseigne

 

se barrer se casser se tirer

 

visages et corps de gens modestes, simples passants anonymes

 

des fringues un costard des emmerdes

 

détritus, débris, carcasses 

 

fouetter schlinguer gerber

 

cinglé timbré givré

 

sculpture, chaise en fer forgé, simple outil de bricolage.

 

 

 

 

DEVANT LE TEMPS

 

Interstitielle

intermittente

nomade

improbablement située

 

lueur malgré tout.

 

 

 

BLAST

Marcher forcer             vie en attente fébrile        Trembler debout               La vue fouille    

Mourir croît, ce qui vient crie                Profondément             nous restons muets.

 

 

 

PREMIÈREMENT CECI N'EST PAS UN POÈME

 

À propos du livre " Pourquoi rêver les rêves des autres ?" , un choix de quelques lettres (18) de Fernando Pessoa... 

 

 

J’ai fini de lire ces lettres choisies de Fernando Pessoa et suis tout encore sous le coup de l’émotion. Je connais Pessoa depuis longtemps, je l’ai lu tout au long de ma vie et je n’ai pas fini de le lire…

 

Ces lettres sont émouvantes car elles vous font plonger au coeur de la personnalité de l’écrivain. Personnalité littéraire, personnalité tout court. À partir de ces précieuses lettres je peux maintenant tenter une synthèse de ce que j’avais cru comprendre de Fernando Pessoa. Pessoa aimait se regarder dans le miroir clinique de la psychiatrie. Comme tous les « autistes »* de son espèce. Ses lettres à sa dulcinée sont empreintes d’ambivalence selon quel païen Pessoaque les écrit, Fernando Pessoa lui-même ou Álvaro de Campos*. Ofélia Queirós, sa dulcinée, a probablement dû beaucoup souffrir du dédoublement de personnalité de F.P. Mais ses lecteurs, pas autant !

 

* parmi nous il y a des gens qui entendent des voix

* Alvaro de Campos est immodeste et très agressif envers Ofélia Queirós

 

 

DEUXIÈMEMENT CECI N'EST PAS UN POÈME

 

Je regardais l’autre nuit à la télé un documentaire sur la vie et l’oeuvre de Sixto Rodriguez, un chanteur guitariste américain de la génération de Bob Dylan…

Ce chanteur anglophone a connu et connaît toujours la gloire en Afrique du Sud et en Australie depuis la fin des années 70, mais reste encore inconnu aux USA…

Non seulement ce chanteur auteur compositeur est très connu et aimé en Afrique du Sud mais en plus il a fallu attendre je ne sais combien d’année, presque 30 ans pour que les Africains du Sud qui le croyaient mort découvrent qu'il est toujours en vie . Cet homme, âgé maintenant de 78 ans, a travaillé toute sa vie à des métiers que les autres ne voulaient pas faire, il continue à faire quelques concerts tous les ans en Afrique du Sud et reverse ses gains à une association caritative. Il vit de très peu et ce peu lui suffit. Histoire incroyable qui en dit long sur la relativité générale et restreinte… De quoi en faire un poème, quand-même.

 

 

 

ESPACE NON FUMEUSE

 

 

On n’a rien fait tant qu’on n’a pas atteint       à    ce qui se confond 

avec                  le génie de quelqu’un

         son extrême modestie, le point où Il ou Elle est humble

Tracer, constituer           une figure minoritaire        comme

                                                              potentialité de chacun

Comment nommer pauvres    ,    des gens    ,   qui préfèreraient    ,    mourir de faim que travailler ?

Devenir-minoritaire      ,      c’est un but    .     Minorité désigne ici la puissance d’un devenir.    Ils’agit bien d’une prise de conscience.           (Rien à voir avec une prise de conscience psychanalytique, 

ni non plus marxiste, ou bien brechtienne)

 

Il ne reste qu’une lumière crue. Lumière. Une masse d’atomes, une simple potentialité       amoureuse ,

un élément       pour      un    nouveau       devenir        

à partir d'une    lecture       de « Un manifeste de moins »       

de Gilles Deleuze 

dans 

le 

livre 

de 

Carmelo Bene et Gilles 

Deleuze Superpositions - Richard III suivi de Un manifeste de moins.

 

 

HÉSITATION

 

Mais alors que soudain ainsi parce que néanmoins tout de même cependant avec cela presque généralement.

Pareillement ici et là devant par côté ailleurs quelques fois pas toujours quand-même tout près à force enfin presque ni plus ni moins.

Pourtant.

 

 

 

 

 

LABORATOIRE

 

Laboratoire des Opérations d'écriture armée pour les constructions composites-monolithiques du Département de la Technologie des opérations du Poème Assemblé de l'Institut de recherche scientifique de l'Organisation pour la matérialisation du Poème et l'aide technique de l'Académie du Poème et de son architecture.

 

 

 

 

 

 




 

CHANGEMENT


Lumière, chaleur, pureté, gaz, forme, mélange, liquidité, informe, lucidité, immobilité, ténèbres, froid, changement, lumière, chaleur.

 

 

 

YES WE CAN

exchange expensive words for free.

 

 

LA COURBE DE SES YEUX

à Françoise

courbe, tour, rond, danse, auréole, berceau, ailes, bateaux, couvée, berceau, rosée, source, éclats, couvée, aurore, feuilles, mousse, roseaux, vent, ailes, ciel, mer, paille, astres.

 

 

 

LES JOURS S'EN VONT COMME DES CHEVAUX SAUVAGES DANS LES COLLINES


De la glace pour les aigles p 29; Supplique à une jeune passante p 30 - « semble-t-il » - « les crânes qui nagent à nos pieds » - « ne chasse jamais tes actes d’amours à travers les allées résidentielles » - « en acceptant la télévision et un mari gnangnan » - « ne nous renvoie pas à Balzac, ou à l’introspection, ou à Paris, ou au vin » ; Corbeille à papier p 31 - « traces, anémie et diablerie et que pouvons-nous faire de ça ? » - « pourquoi tes poèmes sont-ils tous personnels ? » ; Les vieux films p 32 « Eh ! vous croyez qu’on peut la baiser avant qu’elle meure ? » ; Paix p 33-34 «et j’étais là aussi ».  

 

 

PREMIER TEXTE DU CHAPITRE DEUX


Lettres en processions, chenilles des chemins. Lettres mignonnes, oiseaux des fils. Lettres de petit calibre, assez timides. On remarque sous les lettres la présence d’une page et des espaces entre les lettres, célibataires, en couple, en familles nombreuses et petites familles. Avec cela de légers incidents, accents, contorsions diacritiques suscrites ou souscrites partout comme des traces anciennes de lettres, des ruines, enfin les signaux isolés en forme de virgule, de point, deux points, trois points, trois points laissés en avant comme des cônes.

 

 

ROUGE SANG 


Je rêverais que je me taille un doigt, dans mon idée jaillirait de l’entaille la couleur mêlée de terre étalée sur une fresque dans une caverne, devant l’entrée de la caverne une estrade, pour le concert on a disposé des cônes de chantier tout autour, histoire de respecter la distance communément admise.

 

ÇA PENSE POUR MOI


Quand j’écris, déchiffreur des notes de ma partition, ne me sens pas écrivain, à la rigueur écriveur ou seulement écrirêveur. Aussi, quand j’écris, ne me sens pas exister. Quand j’écris, sais que n’existe pas. Car je est un pronom personnel, le pronom de personne, point barre. Est la construction grammaticale du sujet. Mon esprit existe mais je n’existe pas. Ou n’existe que comme un produit de mon esprit. Comme une image, comme une abstraction. Est un hologramme grammatical. N’existe pas en soi, mais pour soi, comme toute image. Comme tout ce qui, image, traverse le cerveau. Et le monde lui-même n’existe qu’en pointillés, qu’en signes traversant mon corps. Je y compris. Ma réalité, mon réel, existe sous forme de signes et de signaux, vecteurs de sens, transmis par des neurones faiseurs de sens. Je est tout autre : un élément de langage neuronal. Vous m’avez téléphoné hier soir et j’ai eu votre message, désolé mon téléphone ne fonctionnait pas, un problème de carte sim tout d’un coup non reconnue; C’est dommage. Donc, je pense que n’existe pas. D’ailleurs, ne pense pas, ça pense pour moi. 



  

VOS BEAUX YEUX



Vos beaux yeux madame me font mourir madame. Vos mollets me piétinent d’amour (tout a commencé avec la formule bien connue du Bourgeois                    , de Molière. Cela fait quatre             que     Jourdain, amoureux de la Marquise Dorimène, s’extasie sur la découverte de la prose.         avec laquelle j’ai joué à mon       dans le premier      de ce bref     sans titre en deux   , puis                 l’évocation d’une personne aujourd’hui disparue rencontrée à Bordeaux,                            une suggestive beauté aux yeux bleus élancés, dont les ficelles des sandales s’   roulaient autour des mollets à l’antique                                    cette belle femme était                    . Pour     uer à quel po    je suis obsédé par les mollets de cette belle              , je précise que mon patronyme                    , datant                la guillotine, le         nom, pas                   grand père maire              , Lamarque                , pas le nom de mon père Charles pas le nom de Pierre,                          je m’appelle Pierre Lamarque       mon vrai                               Lamarque, je ne suis pas un Lamarque c’est Les Marquises. Pierre                 de la noblesse libre en gilet jaune. 

 

 

COMPAS

 

Tout cercle écarte son compas. Tout compas droit et debout dans son trou fait son virage, son demi-tour, son tour. Tout compas perdu, esseulé, déboussolé, indique une direction à l’envers. Tout compas se désarticule sur toute page en général, il suffit de peu. Tout compas pointu traverse toute page. Tout compas cherche à faire son trou. Tout compas pose la question de savoir qui est en dehors et qui en est.

 

 

 

DIFFÉRENTES MANIÈRES D’ABORDER L’AUTRE 


Il y a celui qui durçit le ton d’emblée, celle qui se présente simplement, poliment, celle qui présente son corps tailladé, celui qui parle, de temps en temps, assez humainement, celle qui montre qu’elle sait mais n’en sait pas assez, celui qui en sait assez et pourtant prouve qu’il ne sait rien, celle qui écoute et sourit, celui dont le coeur gros éclate, celle qui n’entend que ce qu’elle voit, celui sculpteur de reflets de salle à manger, celui qui ne sait pas où il en est, celui qui est mort, celle qui navigue en mer, celui qui aime, celui qui piaffe, celui qui semble endormi, celle qui est sa femme, ceux qui sont leurs enfants, celle qui danse, celui qui joue, celui en perpétuelle escalade avec sa chienne, celle qui suit, ceux qui sont leurs enfants, ceux que j’aime, ceux que l’on oublie, celui qui est tango tango, celui qui dit moi je, celle qui dit moi je, ceux qui disent moi je, celui et celle qui m’invitent, celle qui coud de la plasticine, celui qui lit ce qui est écrit sur un cahier brun, ou bleu, ou les deux, celui qui fume et qui boit, celle qui est hystérique, celui que j’aime qui en souffre et fait des poèmes pleins de souffrance, mais si beaux, celui qui se fout désormais de tout, qui renverse la table et fait tomber le vase plein de merde de la vie, celui qui n’en peut plus, ceux aux gilets jaunes qui n’en peuvent plus, la femme qui m’aime, la femme sarcopte, la femme que j’oublie…

 

 

GO 


Bas la campagne à la recherche du temps passé, fais subir le supplice de la planche à un pirate, vole l’âme d’un agent de police faisant sa ronde, promène-toi dans le jardin avec lui jusqu’à ce qu’il se calme (l’infirmière le fait marcher pour qu’il exerce ses jambes, elle le promène dans Paris, elle l’a pris par le bras, elle le raccompagne jusqu’à sa voiture), pousse la commode petit à petit, va et viens, promène-toi, circule.

 

 

 

L’OS COCHLÉAIRE 



Dès lors je cherchais un mot, pas un mot pour un autre, non, un mot pour moi, pour faire en sorte que mon enquête (et souvent piétine qui enquête, remarque Patrice), marquant le pas au début, dirai-je, je, je, je - je ne sais pas quel était ce mot que je cherchais, pour faire en sorte que mon enquête devienne un mieux disant; je ne sais pas non plus où chercher, j’ai gratté partout au fond de mes branches et finalement j’ai trouvé le machin dans un courant d’air collé sur un de ces lobes qui flottent à toute vitesse, à cause du ventilateur sous la poutre vacillante qui soutient tout l’édifice, hélas le machin perd toujours la boule parce que l’hélice tourne à l’intérieur de ses propres échos comme un atome enfourné par le trou noir de l’oreille et parce que c’est par là que se joue et se gagne l’osselet du maître outil. Voilà pourquoi l’os cochléaire. Parce que la cochlée tient fermement au sec les terminaisons synaptiques du point d. chez l’homme de même que les terminaisons dendritiques des points d. chez la femme se trouvent liquéfiées et disséminées dans les canaux semi-circulaires. L’équilibre parfaitement atteint n’existe pas plus que le nom divin de papa ne lui est donné à la naissance par de premiers cris de protestation, comme dit Patrice, mais l’équilibre nous l’obtenons nous les humains en puissance, virtuels, en faisant sans préparatifs baigner nos canaux semi-circulaires dès la conception avec la mousse de nos chères tendres sauvages sans fil et juteuses têtes d’asperges d. féminines à peine éveillées déjà décapuchonnées. (Le point d, les points d, asperges du désir).

 

 

 

PYRAMIDES 


Songez que du haut de ces pyramides, quarante siècles d’histoire vous contemplent. Et telles sont les pyramides, une enveloppe extérieure dans laquelle repose un intérieur caché. L’intériorité comme telle en face de l’immédiate existence. L’autorité pyramidale de la mort. Manque la hauteur de laquelle on pourrait tomber.

 

 

 

AMOURS ET DESESPOIRS  

 

Écoutez mon découragement, mon abandon, ma divagation, écoutez mon ivresse, mon sucré, ma gaîté, écoutez mon journalier, mon renouvellement, ma recherche, ressentez mon penser, mon impression, ma métamorphose, mes trouvailles, continuez par ma détresse, ma torture, ma colère, ma fatigue, mon suicide, mon atrocité. Discourez sur mon humeur, mon futur, mon imprévu, mon absolu, mon sobre, ma grandeur, ma communication, mon mépris, mon amour, mon indifférence, mon horreur, ma mort, mon vide de la raison, ma force, ma passion, mon envie, mon utilité, mon savoir, mon amertume, ma solitude, mon incertitude, mon égarement, mon inaptitude, ma liberté, ma soumission, ma sottise, mon désespoir, mon bonheur, mon malheur, mon équilibre, ma sûreté, ma confiance, ma trahison. Rêvez de mon impossible, de ma nullité, de ma folie, de ma raison, de mon pardon, de mes habitudes, de ma quête, de mon évasion, mon intérêt, ma fuite, mon sourire, mon idéal, ma faiblesse, de ma lâcheté, de mon envie de mort, de mon espoir, de mon pouvoir, de ma haine, de ma joie, de ma fragilité, de ma peine, de ma volonté, et mon ignorance, et ma fatalité, et mon regard, et mon amitié, et mes représailles, et mon mensonge, et mon art, et ma fausseté, et ma platitude, et ma souffrance, et ma présence, et mes souvenirs, et ma distance, et ma cruauté, et mes rires, et mon sommeil, et ma boisson, et mon tabac, et mon abus, et mes regrets. Adorez mon simple instant, ma société de discorde et de réveil, de pleurs et de peurs, de concret et de sérénité, apprivoisez règles, décision, ridicule, illogique, difficulté, extrême, soupçonnez mon malhonnête martyr, mon crime, ma croyance mutique, mes soupçons d’orgueil, ma sincérité, prenez plaisir à ma frustration, à mon attente et surtout à ma connaissance et à ma générosité… Enchantez-vous de mes paroles, et surtout adorez mes comptes, mon oubli, mes ordres, ma tentation, mon impulsion, mes leurres, mon invisible, mon sordide, mon désir.

 

 

GLYPHES  

 

Simplice, ligne, empattement et mécane purement rectangulaire , emparecte à congés, deltapode, deltapode à congés, filextre au clou à congés, clavienne, humanes, garaldes et réales (tout cela n'est que claviennes (du latin clavis, « clou »), gestuelle calligraphique ou brossée, romaine onciale germane alienne machinale hybride ludique transfuge, écriture régulière, écriture des clercs classique basée sur le Kai ti, l’extrémité des traits est carrée ou bien les extrémités et les coins sont arrondis ou bien les traits courbes sont remplacés par des traits inclinés avec des angles pointus ou ronds. Serif sans serif cursive monospace fantasy, comprenez-vous ? Je propose que les poèmes en prose et beaucoup de poèmes en vers puissent s’écrire en langue stoïchédone, i.e. que les caractères soient alignés, marchent en rang, à la fois horizontalement et verticalement, à la manière de l'alignement en rang d'une armée de personnages. Les lettres occupent alors un espace identique quelle que soit leur taille (par exemple i et w prennent le même espace) et chaque ligne comprend un nombre constant de symboles, ce qui a pour conséquence qu'un mot peut se retrouver à cheval sur deux lignes. Je cherche juste à donner un guide d’affichage de la poésie contemporaine. Cette disposition connaîtra un succès extraordinaire car les polices TrueType peuvent être complétées par des instructions extrêmement puissantes. Les polices numériques ayant un design particulier deviennent souvent protégeables par copyright. Enfin certains des algorithmes de hinting  pour TrueType obligent les alternatives open-source. 


 

 

NOUS 


Les étoiles tremblent de froid dans les citernes une rivière accourt et chante et danse et boit son petit doigt un canard à Sainte-Hélène avec un Napoléon à l'orange les rumeurs du jardin disent qu'il va pleuvoir un jour après un jour une nuit après nous.

 

SUJET


Moins une personne qu’une singularité désirante, une greffe en expansion selon un constant effet de supplément, un certain détachement appliqué à la manie poisseuse de souffrir, un penseur inventeur de pensées, un simple écumeur de livres, sa culture : le discours des autres, regards et paroles du dehors en soi, une poétique générale englobant philosophie, roman, poésie, critique, théâtre, musique, peinture, sculpture, installations, photographie et cinématographe, fragments de textes-limites, une écriture suffisamment ferme pour glorifier l’objet.

  

 

COMME

 

Comme un arracheur de dents sans cachet d’aspirine, comme dans du beurre avec le bonjour de la crémière, comme un cheveu sur la soupe en forme de cœur, comme un coq en pâte sans cul ni chemise, un beau diable dans un rond de flan, une fleur dans un gant avec deux gouttes d’eau, comme d’habitude, comme un seul homme courant après le loup blanc, comme une Madeleine et son mouchoir de poche, le nez au milieu de la figure, comme un oiseau sur la branche, un perroquet, la peste, un phoque, sa poche, si de rien n’était, comme un pot, comme le vent.

  

 

JE DIRAI QUE JE SUIS TOMBÉ 


Je dirai que je suis tombé, c’est trop d’eau, trop d’eau désormais. Quand bifurque la voie s’impose le choix, et cela commence par un picotement. Je veux regagner mon caillou, ce n’est pas votre peau.

 

 

CONSTANTIN ÉCRIT


L’allemand comme le bruit fait par des véhicules à chenilles; le russe comme une confusion continuelle mais tenue avec force ; l’italien comme une chanson sentimentale; le français comme le bruit des oiseaux; le roumain comme une longue lamentation entrecoupée par des bruits de scandale; le hongrois comme l’aboiement des petits carnivores; le polonais comme le galop d’un détachement de cavalerie... ainsi de suite, comme ça...

 

 

LA CONTRAINTE


La contrainte pousse hihihi à chercher des solutions ohohoh pour pouvoir s’y conformer héhéhé et face à l’impossibilité de trouver des solutions littéraires conventionnelles ahahah, on doit souvent avoir recours à d’autres qui ne le sont pas hohoho. C’est donc précisément en cela que la contrainte pousse à la créativité héhéhé, à l’innovation littéraire eheheh, à trouver des formes réellement poétiques tictictic.  

 

 

LE FENDILLE-BRINDILLE 


Le fendille-brindille depuis toujours sert de gratte-oreille, autrefois on s’en servait aussi pour fendre la pointe des plumes d’oie. Grâce au fendille-brindille la plume d’oie laissait un léger trait sur la page ou un trait tranchant, évaporé ou épais, selon l’humeur, l’humeur se devinait à l’épaisseur du trait. Le fendille-brindille est à la mode. 

 

 

DISCIPLINA 


Lisez les œuvres de Maître François RABELAIS contenant cinq livres de la Vie, Faits et Dits héroïques de Gargantua et de son fils Pantagruel, mis en français moderne par Messire Jehan Garros et congrument illustrés de cent vingt-cinq dessins à la plume d’oye par Messire Van Rompaey. Se vend à Paris, à la librairie Gründ, 60, rue Mazarine.

 

 

LA SARDANE


En dansant la sardane on se trouve dans une ronde, on se prend par le bras, on se libère on sautille on tourne, libération, fraternisation, égalisation de la sardane.

 

 

LA STATION


La station, la caserne, l’église, le château, les halles, le stade, la station, le bar, la librairie, le supermarché, le théâtre, la banque, la discothèque, la station, le parc, la station, la mairie, l’hôtel, la station, la prison, l’hôpital, le cimetière, la station. 

 

 

ÇA FRÉTILLE ENCORE


La rue en bas de l'escalier rend possibles de tels évènements rares et exceptionnels. Comment nier le mystère qui surgit, chez nous, à nos cotés, dans la rue, partout, quand on y songe ?

 

 

QUELQUES LETTRES


Au rayon doré à la toile cirée à la patate, dans l'ornière une futilité, une série d’explosions pour avancer, j'ai l'idée d'un je n'sais quoi soulevé, coupé, quelquefois une seule goutte, moins la manche usée et rance, moins les regrets essuyés dessus, moins le vagabond sous le pont, moins le pont.

 

 

UN MOT

 

Un mot qui ne nomme rien, qui ne représente rien, qui ne se survit en rien, qui n’est même pas un mot, qui n'est même pas de moi, un mot qui disparaît merveilleusement.

 

 

 

 

SOUVENIR 


Autrefois, fin d’année scolaire, fin mai, vers mes cinq bougies, du livre d’images, de sa taille, de son épaisseur, de sa couleur, du moment de la journée, du départ en promenade, d’une première phrase.

 

 

LA MARQUE MINIMALISTE

  

Trois petits sauts, un deux trois, soleil. 

 



 

Ô SOLITUDE


Seul avec la promesse de bonne espérance de rester seul encore longtemps, son front en lignes déployées par-dessus son visage d'ancien combattant sans compagnie, c’est étonnant chez lui vieillissant qu’élans et emballements reprennent le dessus grâce à la solitude, étonnamment libre solitude.

 

 

DERRIÈRE LE CONTE 


Derrière le conte la fabulation, derrière la fabulation l'imagination, derrière l'imagination l'invention, derrière l'invention le langage, derrière le langage la poésie, derrière la poésie rien.

 

 

 

MARCHER 


Encore un pas une marche, une marche un escalier, une pensée dans l’escalier, pensée d’escalier, qui monte jusqu’au pas suivant.

 

 

BALADE À BRUXELLES 


Faire un tour en ville dans les magasins, errer, aller sans but, flâner, se promener au hasard des rues, être distrait, ne pas arriver à fixer son attention, s’écarter de la page, son regard errant dans la pièce, repenser par hasard au jour où, divaguer, dérailler, radoter, ne pas faire attention à ce qui se dit, sans se presser, d’un pas nonchalant descendre tranquillement au café.

 

 

PARCIMONIE D’ÉRIC SATIE


Quiétude réverbérée en un postillon de notes, célébration des secondes de couleur verte, épinglées aux cordes de la lyre frappée et étonnée, secondes refrain en quelque sorte, accord final plaqué avec parcimonie lenteur modération, pianissimo, une heure d'harmonie de verbe quiet et de rythme berceur.

 

 

VISAGE AVEC SOURIRE


Visage avec large sourire, visage avec large sourire la bouche ouverte, visage souriant avec les yeux plissés, visage avec large sourire et yeux rieurs, visage souriant avec les yeux fermés, visage avec large sourire les yeux plissés et une goutte de sueur, visage pleurant de joie, visage qui roule par terre en rigolant, visage avec un léger sourire.

 

 

POUR BÂTIR MON POÈME 


J’ai besoin du hasard pour bâtir mon poème, j’ai besoin d’un yaourt aux fruits sans sucre et de deux, l’un à la fraise l’autre au pruneau, pauvre malheureux pruneau tout flétri noir découpé en parcelles dans le bloc de lait teinté de brun, j’ai besoin de ce que ne peut ramasser au fond du pot de fraise avec morceaux ma légère petite cuillère que j’aime. J’ai besoin d’un cahier niais à carreaux roses et d’un stylo bleu qui dérape hors de contrôle. J’ai besoin de ce qui manque en général aux débutants, l’inspiration, j’ai besoin d’une photographie de ton corps mais je n’ose te la demander, j’ai besoin d’un poète à côté de moi qui me guide et me rassure, j’ai besoin de mettre un point de temps en temps à la fin d’une phrase, des fois je mets une virgule sans savoir pourquoi, j’ai besoin d’espace et d’oxygène j’étouffe, je sens le briquet de l’âme qui clignote pour m’avertir d’un danger, j’ai besoin de me sentir grand comme quand j’étais petit pour pouvoir regarder debout sur des mains croisés par-dessus les lignes. Et c’est compliqué car je glisse et j’aurais besoin d’urgence d’un train et d’une gare à ma disposition et je n’ai pas ça sous la main, et je tombe, tant pis recommençons.

 

 

RADIS


De fraîche et soyeuse rosée, et de bénins rayons, la lune tisse un crêpe silencieux dans l’enclos calme où un jeune homme cueille des radis. Une vapeur lunaire étoile ses cheveux pendants, un clair de lune bécote son jeune front, et lui, tout en cueillant, fredonne un air : Tu es blonde comme la vague blonde ! Je demande qu’on me donne une oreille en cire pour me protéger de son refrain puéril, je demande un cœur blindé contre celui qui cueille ainsi des radis sous la lune.

 

ENFANTS 


Enfants, nous décousons nos genoux à l’aide de cailloux, nous entreprenons de grandes manœuvres pour ficeler l’air, chaque fenêtre découpe notre ciel en morceaux à colorier et nous ne connaissons ni centre ni marge dans ces puzzles, sous nos souliers véloces le vélo trébuche entraînant dans sa chute le soleil, nous échangeons des buvards de collection et chaque tâche de buvard est comptée comme une île où emporter avec soi un livre au bout de dix images. Enfants, nous allumons des bulbes de lumière en plein midi pour lâcher nos soldats de plombs contre des poupées. Nous coupons le pain avec un couteau et le couteau avec un doigt sanglant et nous remplissons à ras bord nos verres de grenadine. L’espace voit un espace plus loin devant lui et les choses ont plus souvent qu’aujourd’hui un goût de neuf, une fesse double une autre fesse dans une autre vie qui passe devant la maison, les naissances parmi nous aiguisent notre curiosité insatisfaite, nous sommes propriétaires d’un pays natal de sauterelles.

 

 

LE REGARD DU VIEIL HOMME 


Le regard du vieil homme enveloppe une dernière fois ses yeux des lunettes noires du désir, abandonnant une dernière fois Longchamp aux zinzins du dada, le regard prend un autobus qui l’emmène à Paris. Le bon vieux regard y mourra, il n’y coulera plus la majesté de son oui volontaire face à la négation d’autrui et à la violence des évènements. On ne dira plus jamais assez qu’il coule sempiternellement de la colère de ce look. Un seul instant a suffi à dépayser le regard du vieil homme et à l’expédier au-delà de toute frontière, le bon vieux regard est mort, il ne jouera plus à faire imperceptiblement glisser sur une banane à moitié pelée les mémés à terre. Le ciel contrariant tourne la page du sournois bon vieux regard méchant. On cherchera en vain les articulations entre les os de son squelette de regard disparu. On fera le tour de sa maison, on inspectera, rien, le buffet et l’intérieur des cadres, rien. On ouvrira l’horloge et le frigo par derrière, rien. Le bon vieux regard mort a disparu, il ne règnera plus en terre de Paris.  La lumière a découpé la couleur de ses yeux fanés dans une photographie qui surveille son deuil et dépose son sourire sur ses os.

  

 

POÈME SIMPLE


Quand quelqu’un est malade et que l’on ne sait pas s’il va survivre, quand des personnes se rencontrent et qu’il y a des conflits au sein d’une famille d’une cité ou d’un peuple, à ce moment-là il va être fait appel à des poèmes. Toutes les situations du quotidien sont organisées et régulées par eux. Les poèmes ont un grand intérêt pour les vivants car la vraie mort d’une vie humaine n’est pas son cœur qui ne bat plus ni ses chairs qui se décomposent, car mort comme vie, oubli.

 

 

RÉSOUDRE L’ÉNIGME 


Légère peu vêtue souple désarmée je renonce à tout je ne possède rien je n’ai envie de rien je n’aime rien je n’ai rien à perdre. L’âme est une énigme tant que la langue n’est pas déliée et l’énigme ainsi résolue. 

 

BEAU GOSSE 


Contexte, message, contact, code, l'airconduisantladivinationd'icilà.

 

 

JE


Jeu dans le mouvement.

 

 

MON POÈME


Mon acrostiche, adage, air, affaire, amativité, amalgame, antienne, ariette, arlequinade, aubade, argutie, avis mon babil, bafouille, bagatelle, balivernes, ballade, barcarolle, berceuse, beuglante, billevesée, blague, blason, boniment, bouquet, broutille bucolique mon calcul, calembredaine, cantate, cantilène, cantique, canzone, caprice, cavatine, centon, chanson, chimère, cirque, comédie, complainte, composition, comptine, communication, concept, connerie, construit, conte, coquecigrue, couplet, croyance mon délassement, ma détente, démangeaison, dépêche, désordre, déroute, dialogue, dissertation, distique, dit, dithyrambe, dizain mon ébauche échappatoire, mon églogue, élégie, mon éloge, élaboration, élucubration, mon emphase, envie, épisode, épître, épigramme, épithalame, épopée, escapade, espoir, esquisse, essai, évasion, exercice, exode, mon expression ma fable, fabliau, facétie, faim, fantasme, farce, faribole, fête, feu, foi, folie, force, forme, ma fresque, ma fugue, mon genre, mon geste, mes haïkaï, mon histoire, mon huitain, mon goût, mon hymne, mon ïambe, mon idylle, mon impromptu,  mon invention mon jeu, mon k mon lai, leitmotiv, lied, lanterne, lettre, libido, lol, macaronée,  madrigual, mélodie, mine, mirage, mot,  mystère, nature, négoce, mon nome, ma nouveauté, mon ode, œuvre, opéra, mon ouvrage, mon pantoum, ma parole, pastourelle, pâte, patte, penchant, mes pensées, mon pépiement, ma péripétie, pièce, plaisanterie, ma poésie, mon point de vue,  ma priapée, mon prodrome, mon propos, ma prophétie,  psaume, quatrain, mon raisonnement, ma réalité, ma recherche, mon récit, mon rêve, mon reportage, ma rhapsodie, ma ritournelle, ma romance, mon rondeau, mes rotrouenges satire, science, sensualité, sentence, sentiment, mon septain, ma sérénade, mon sille, mon sirvente,  mon sizain, soif, songe, sonnet, sortie, sottie, souffle, ma spéculation, ma stance, ma stichomythie, ma strophe tenson, tercet, thrène, tournure, tragédie, triolet, turlurette, turlutaine ma vanité, véridicité, mon vers, ma villanelle, ma voix, mon vœu, ma volonté, mon biquet, mon chaton, mon enrouement, mon félin, mon grappin, mon greffier, mon grippeminaud, mon haret, mon margay, mon matou, mon miaou, mon minet, mon minou, mon mistigri, ma moumoute, mon ocelot, mon once, mon patte-pelu, ma petite personne, mon raminagrobis. Mon mistigri, ma moumoute, mon ocelot, mon once, mon patte-pelu, ma petite personne, mon raminagrobis, mon chat.

 

 

ON TREMBLE 


On ouvre un livre au hasard, on s'oublie dans la lecture, on dresse un grain de poussière, on attend une goutte d'inspiration (on : corps gisant), on plafond, on monument d'oubli, on donne on prend on dit merci, d'abord on remercie la framboise sans laquelle rien n'existe, on, comme les montagnes russes d'une planète carnivore, on macédoine de légumes à la mayonnaise, on blanc, noir, brun, jaune, on cause, je ne fais rien de mal, on cause, la poésie est un on qui se déshabille, non, la poésie c'est du on et de la umière, une odeur de on accomplit le pet, trop rapide pour qu'on ait eu le temps de penser, on donne on prend on redit merci, on paresse et musardise, on n'est pas poisson volant mais on voit des poissons partout, on composé, croisé, en plis, indirect, ondulant, élastique, j'(on entre), une fleur dans un on avec deux gouttes d'eau, une fleur dans un pot avec trois gouttes d'on, toutes les fleurs ont jolies, tu donnes on prend merci, fil à la bouche, on fil, autour d'on des amitiés perdues, des souffles retournés au vent, on s'efface, le monde, l'instant, le vide, en premier lieu on second lieu, on essarte trop plus de futaie, on manque de merrain pour envaisseler, frais sur frais, on, doux sur doux, sans autre existence on rêve, on du silence mourant, on pas de course on trace fraîche, on poète poète, on étend la matière indifférenciée, on recourt au poème, méditati-on éphémère et brumeuse, on: haute pyramide d'épluchures, on: pièce architectonique, de haut en bas ma parole est celle d' on, on entendu, vu, touché, goûté, mouillées, un pas en avant, on regarde derrière, un pas en avant, ni vi ni ve ni on, à rayon doré à toile cirée à patate à on, l'oreille donne, on prend, les ténébrions se cachent dans le on pour mourir, on objet métallique on vole, sans ici sinon sans attente sinon sans on, on zappe on ghoste, en avant un deux trois demi-tour un deux trois demi-tour un deux on, tu donnes on, je prends, merci. 

 

 

THÉORIE DU RÉEL 


Que le réel est une évidence, une forme qui passe et repasse dans une autre forme. Que la réalité n'existe que si quelqu'un est là pour la rapporter, je crois en nous.

 

 

ENCORE

C’est pas un peu fini ! Quand même ! Vous voulez que je vous dise ? C’est pas pour dire, mais… Maintenant que j’y pense… Vous m’en direz des nouvelles.

 

 

 

ON SE COMPREND


Je ne sais pas de quoi je parle mais je n’en dirai pas plus, je ne sais pas ce que je veux dire même si tu ne me comprends pas, c’est moi qui le dis, je ne te le fais pas dire. Que veux-tu y faire ? Tu prends quelque chose ?

 

 

 

COMME

 

                            Un              

                                                       duvet 

  de

 

 

                           chardon

 

               tombant

                                            dans

 

le  

 

 

                       silence. 

 

  

 

 

 

 

CRACK MON CHIEN


Paranoïa du début de privation

Tout paraît noir

La chair morte, pâteuse, atone

Cauchemar du manque

(Son corps gisant).

 

 

 

 

DES TÊTES RONDES SOMBRES PLANENT DANS LE CIEL


des têtes rondes sombres planent dans le ciel, béatitude des pins aux cimes, laideur, comme beauté se perd, l'été d'autrefois brûle dans la bouteille qui luit, on lit devant un grand feu dans la cuisine, la dernière aube touche à la vitre, redresse l'orbite de ton grain de poussière satellite, où flambe un mot qui témoigne pour nous deux, s'arrête l'heure, tu parles, tu es debout, j'aurai été un nom suinté en bas d'un mur sur lequel une plaie, lu - de l'autre côté, toi avec la fronde, toi avec la pierre, descends-moi, verset sur le mur revient, et les étoiles, empilées, croissance, croissance, croissance - en rien, dans l'ombre d'une trace de blessure, montant vers la terre, passent les épaves du ciel, ici il ne pleut pas vraiment, seulement des gouttes, une membrane alaire, labiée, tu la perfores, cela à présent, le moment d'une juste naissance, pour l'amour de cette lueur de cuivre de la sébile, le temps équilibre la brusque balance rebelle, à chacun le mot qui chanta quand la meute se jeta sur lui, au nord de l'avenir je jette le filet que tu charges pierre à pierre, sur la feuille une goutte, au profond de la pierre une rumeur, respectueux envers les poètes au nom de l'or des dahlias, le sobre narré rêve, tu le touches, l'année entamée avec un quignon de pain moisi, bois à ma bouche, notre verre s'emplit de soie nous sommes, le silence rendu par derrière la foulée, le perdu trouve frugalité, clarté, par-delà les chants à chanter, pas plus grand que le point cœur, je vais dehors, chez moi dans la multitude, aide un flocon à sortir de soi-même, lardée de lignes main offrant, signe rassemblé au peigne en réponse à l'art pariétal, lorsque je parle je n'existe qu'entre guillemets, fantôme tel que je l'ai repéré dans mon éducation sentimentale, pour attaquer autre chose et oublier ce que j'écris.

 

 

 

 


  

 

 

QUESTIONS

 

 

À QUI ? 


Au fantôme du souvenir, au témoin de la solitude, à la statue du devoir, au messager du destin. Quand je m'éveille ma bouche est ouverte.

 

 

QUOI ?


Curiosité personnelle, collectionnisme électif, invention de la connaissance ou vocation de l'activité. N'ayez pas peur, Monsieur est si bon.


 

POURQUOI ?


Pour suspendre en un affairement jubilatoire mon attitude plus ou moins penchée et ramener pour le fixer un aspect instantané de l'image. Quelques secondes après j'étais dehors.

 

À QUOI BON ?


Tu es cela le chiffre mais à quoi bon t'emmener à ce moment où commence le véritable voyage, attends.

 

 

COMMENT ? 


Par la folie par la capture du sujet dans la situation (formule générale de la folie), celle qui gît au fond des asiles comme celle qui assourdit la terre de son bruit et de sa fureur. Sous le porche il y a un tapis humide.

 

   

OÙ ? 


Castration, éviration, mutilation, démembrement, dislocation, éventrement, dévoration, éclatement, arracher la tête, crever le ventre, démantibuler. Je sais que les consommations sont très coûteuses dans ces endroits. Néanmoins je commande une bouteille de vin.

 

QUI ?


Un tramway vide arrive, il est lavé de la nuit, les lumières qui l'éclairent ont la tristesse de celles qu'on oublie d'éteindre avant de s'endormir. Je m'assois dans un coin.

 

QUAND ?


Quand l'esclave s'identifie au despote, l'acteur au spectateur, séducteur à séduit, oui, au-revoir, à un de ces jours.


 

LOCUTEUSE ?


Nous empruntons le terme locuteuse au cher Patrice Parthenay qui tant dans les indications qu'il donne pour la venue au jour de notre poème en prose que pour celles qui le guident dans les ténèbres, montre une divination que nous ne pouvons rapporter qu'à son exercice de la sémantique.

 

 

FIN ?


La vérité conjecture, la parole pleine, le peu de liberté, le temps pour comprendre, le moment de conclure. Chair composée de soleils.





  

 

QU’EST-CE QUE PO


Po est un grand soleil dans une vibration debout sur son banc blanc & noir. Po est un usage naïf du principe de discontinuité qui pousse à accomplir les choses par une suite d’intermittences. Selon le penseur Dai Sidjie une des lois est l’intermittence. Po fait sursauter ceux qui passent, n’y touche plus, n’y touche plus. Po est un peu d’argile, ou de silex.

 

 

MON FRAGME


Mon Po, simple remous (beau temps vendredi) qui s’arrache, se mérite. Mon Po trop ou pas assez. Mon Po, ma vibration qui ne dure pas suffisamment pour dire son peu. Mon Po me fait toucher du doigt l’inutilité du bord. Mon Po obsessionnelle question où je viens, d’où je vais, où l’on vient, d’où l’on va. Mon Po pipeau. Mon Po, mon inutile po, vide, sans qualité, transparent comme de l’eau piégée dans les doigts, mon fragme.

 

 

 

 

PO


Po simple vibration simple remous simple poème. Po s’arrache se mérite dur. Po vise le point de va et vient et de non-retour. Po singe faute d’inventeur. Po n’ose pas imaginer la suite. Po est un pas deux pas trois pas. Po était une fois. Un Po est un élément sonore de langage parlé considéré comme unité.



Injures sur le oueb, communiqué

À Matthieu Lorin


C’est quoi un gros mot ? Les gros mots sont les mots de sexe, les mots pipi caca merde, les mots qui enchantent les enfants et offensent les croyances (Foutre Dieu !)

On peut aussi dire un gros mot pour autrui, par exemple pute ! couille ! FDP (fils de pute)! cul ! nique! conne! connerie! salope! connard! pédé ! merde !


Les insultes, invectives qui ne renferment l’imputation d’aucun fait, libèrent le sujet davantage que n’importe quel mot. Développez votre vocabulaire 

car vulgarité devient vite habitude lorsqu’on se laisse prendre par la routine des mauvaises rencontres comme par exemple sur Face d'bique, Instant grave, Tik Tokyomontanaexepresse et autres saloperies.


Parole offensante, raciste, sexiste, ou homophobe, l’injure est punie par la loi (qui défaille).




ANCHOIS

À Matthieu Lorin, Victor Ozbolt, Constantin Pricop, Mickaël Lapouge, Patrice Parthenay, Jean-Claude Bouchard, Anas Al Herk, Coralie Meïsse, Nathalie Jaulin, L. Rose, Mykola Istyn, Xe Sanchez, Françoise Morlaës, Annelaure Lamarque, Clément Nourry, Philippe et Nad Lamarque, Calique et Alain Dartiguelongue, Nathan Dartiguelongue, Alexandre Lamarque, Guillaume lamarque, Michèle Violet, Michel Valton, Johannes Finckh, Valery Laurand, Maheva Hellwig



Nous anchois de vingt ans à la figure proportionnée et au soliloque désintéressé, nous arabes et noirs 

On est pas là par hasard.

Comment aimer un pays qui refuse de respecter, on n’a plus le choix

On doit vivre et mourir ensemble. Élégance du rappeur, j’suis Noir Juif Pédé Asperger Allemand Suédois 

Je vous emmerde 

De tous les besoins de mon âme 

Humaine.


De tous les besoins de l’âme humaine il n’y en a pas de plus vital que le futur...


(C’est qu’il lui faut un crayon et un papier à portée de main pour pouvoir noter !)


Le temps ! Comptez-le ! Divisez-le ! Et marquez-le ! Pour sauver Gaïa la planète terre !


À moitié livre c’est quand-même décousu... Opacité de perle, degré de plaisir proche de la profonde nostalgie…

Car à mon âge on peut penser à n’importe qui, n’importe quoi, à une source de plaisir interloque…

… Qui illuminerait l’espace, l’angle où tu te tiens, à travers le passé et les océans.

Où passe mon fil.


Des phrases, mais pas au sens grammatical, de vraies phrases traquenards, tendues à l’esprit, là où je m’arrête. 

Là où je prends 

Facilement racine.


Comme une Alice au Pays des Merveilles….


 - Sortez-la de là Béchamel !


Molloy, l’Innommable, Murphy, Malone, je cris pour nous aussi !


Je nous offre la possibilité d’être une femme.

Une punaise avec une trace de rouge à lèvre.





BEAUTIFUL SERGE DUCHAMP

 

and in fog pots boil et dans des marmites de brouillard bouent

pieces of light des morceaux de lumière

 

 

et nous mangeons le fruit and we eat the fruit que nous volons dans les arbres we steal from the trees

 

et nous sculptons and we sculpt en exil tous les visages du vide

in exile all the faces of the void

 

 

et nous sommes le vide qui s’échappe du plein and we are the void that escapes from fullness en devenant visible by becoming visible

 

 

et nous nous reconnaissons and we recognize ourselves dans la foule in the crowd en nous faisant des signes by waving to us

 

et nous avons des baisers immobiles and we have still kisses 

et des paroles and lyrics qui font reculer les mots that roll back the words.




BLAST


Marcher forcer             vie en attente fébrile        Trembler debout               La vue fouille    

Mourir croît, ce qui vient crie                Profondément             nous restons 

muets.

 


À JEAN-CLAUDE BOUCHARD

(à Jean-Claude Bouchard)


C’est l’histoire vraie

D’un jeune homme

Qui se tape cinq kilomètres à pied

De montée.


On use, on use les souliers

À essayer de retrouver les fiancés

Qui attendent à la porte

Du Garage en haut de la Cité.






POÈME

À Matthieu Lorin et Victor Ozbolt


Inutile de se prendre la tête 

Entre les mains et les avant-bras

Pour un texte gouttant

Comme une évidence

En silence

Telle l’aubergine fracassée d’huile.


Mais le train sifflera trois fois

Dans la pampa.




Simultanément


Éclair

Ziguouilla-zaguouilli - Créations de la poésie simultanée

Des mères. 


Quoi s’agit-il de - Ou deux, ou 2, ou plusieurs, ou ailleurs

Ou plusieurs positions 


De Rêve  De Labour 

De Rêve  De Labour  Des Mots ?