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Commentaires du CAMP

Notes sur La Page Blanche

Correspondance entre un participant et un rédacteur / Portrait superficiel de Constantin Pricop en rédacteur de LPB / Le rôle des rédacteurs de LPB / Entrefilet - L'idée d'une communauté qui s'invente elle même / La revue Lpb citée dans Wikipédia / Entretien entre Denis Heudré et Pierre Lamarque pour la revue « Recours au poème »




Correspondance entre un participant et un rédacteur



Bonjour, 


Nous avons bien reçu votre poème et avons pris le temps, Pierre et moi-même, de le lire et d'échanger ensemble.


Nous apprécions votre écriture pour de multiples raisons.

De mon côté, je trouve que votre choix d'écrire en prose - et non en vers - est judicieux. Vous formez ainsi un ensemble cohérent. L'absence de ponctuation n'est pas (trop) gênante en soi car vos propositions syntaxiques sont généralement courtes. Personnellement, j'apprécie la ponctuation en poésie mais il d'agit d'un choix somme toute personnel. Comme j'aime beaucoup le jeu des comparaisons, votre écriture me rappelle Romain Gary à l'époque Ajar, surtout à la fin de cette période où il ira jusqu'au bout de ce qu'il veut faire, dans des récits comme L'angoisse du roi Salomon, ou Gros Câlin. A mes yeux, il s'agit d'un compliment marqué. Écriture faite d'associations d'idées, écriture carnivore qui retranscrit les pensées du personnage, goût pour les êtres décalés, ou en instance de décalage... Votre texte est un mélange de burlesque et de poésie et c'est cette association que j'apprécie. 


Voici maintenant ce qu'en dit le directeur de la revue, Pierre Lamarque :

"je crois que l’auteur propose une poésie accessible et, bien que notre revue essaie de présenter des poésies très variées, pourvu qu’elles retiennent notre attention - au moins d’un de nous - je pense que Lpb a intérêt à présenter des poésies faciles à lire autant que des poésies difficiles à lire (ex J-M Maubert) … Les poésies faciles à lire - mais qui témoignent quand-même d’une écriture savante, d’une pensée riche et originale - ces poésies-là peuvent réconcilier les simples lecteurs avec la poésie, aujourd’hui plus que jamais, déconsidérée.… d'autres lecteurs de poésie, plus aguerris, plus exigeants se régaleront plutôt de poésies difficiles à lire…

Je simplifie tout avec mon ‘facile à lire - difficile à lire’ mais c’est pour faire passer clairement un sentiment que j’ai sur notre mission : ne pas passer à côté de la poésie telle qu’elle est aujourd'hui, une fois qu’on a éliminé les textes sans beaucoup de valeur, et présenter dans chaque numéro un équilibre entre différents styles et niveaux de lecture."


Ne vous y trompez pas : lorsque Pierre parle de poésie "facile", il s'agit d'un gage de qualité. Nous distinguons bien votre poésie de cette "poésie de la facilité" que nous recevons régulièrement.


C'est pourquoi nous aimerions:

1)d’autres textes pour faire de vous un ‘poète de service’ , sachant que la taille de vos textes ne doit pas dépasser deux pages de notre revue… 

2) un petit bandeau biographique de présentation, de quelques lignes seulement.

Comme vous semblez connaitre la revue, vous pouvez vous appuyer sur les numéros se trouvant sur le site pour calibrer votre envoi. Si possible, envoyez l'ensemble (ainsi que le poème que vous nous avez déjà envoyé) sur un seul fichier Word, ce qui facilite le travail de notre réalisateur, Mickäel Lapouge)


Ainsi, vos poèmes pourraient être intégrés au numéro 57, dont la date est prévue pour l'automne à peu près. Il est déjà plein, ou presque, mais préférons ne pas publier plus d'un numéro par trimestre, de façon à nous laisser un peu de répit.


Matthieu Lorin



Bonjour

vos mots me touchent, un grand merci pour avoir lu mon texte et avoir échangé entre vous à son sujet. la comparaison avec Romain Gary/ Emile Ajar me va droit au coeur ( minuscule fourmi que je suis devant l'oeuvre de cet auteur ).
C'est, honnêtement, l'un des avis les plus touchants et sincères que je reçois sur ma poésie et ça compte énormément pour moi, sachez le. c'est un grand plaisir que de figurer dans le prochain numéro de La Page Blanche. mille mercis.
je vais m'atteler à vous envoyer un fichier word contenant les poèmes ainsi que la courte biographie.


Tom Saja



Portrait superficiel de Constantin Pricop en rédacteur de LPB


J’ai remarqué et j’ai pu observer chez Constantin Pricop, son emploi dans son écriture, lorsque l’inspiration lui vient, d'images, de comparaisons, qui font le sel de ses mots… j’ai remarqué cela dans ses proses, son roman, ses courriers électroniques. Cette voie imagée qu'emprunte sa parole naturellement chez lui, économe et récurrente, est une manière lyrique qui transmet au lecteur sa joie de vivre en agrémentant son discours. 


7 août 2021 - Pierre Lamarque


Le rôle des rédacteurs de LPB


Je vais essayer de donner mon point de vue sur une question qui me semble principale, à savoir le rôle à jouer des rédacteurs dans LPB :


- le mail de Maheva est en effet touchant. Il souligne la difficulté à s'immiscer comme cela dans la revue. Je crois que, pour se sentir à l'aise, le mieux est que chacun ait un rôle défini et un rôle qui lui plaît. Avec Pierre, nous réceptionnons les propositions de poèmes et faisons une première sélection. Ce rôle me plaît car je le vis comme une ouverture sur un monde que je fréquente depuis seulement quelques mois. Jean-Michel Maubert animera certainement sa rubrique "la note de ..." car ce rôle lui plaît. Il ne m'aurait pas convenu, personnellement.


- Je suis persuadé que chacun des rédacteurs peut présenter un poète dans la catégorie "poète du monde" : je présenterai dans le 57 un poème de Rachida Madani qui ne convaincra pas tout le monde, Pierre un poème de Gaston Miron... C'est justement pour élargir le faisceau qu'il est bon que chacun propose un poème, sans se soucier de savoir s'il plaira aux autres rédacteurs ou non. Je connais certains poèmes évoqués plus bas, pas tous, et trouve par exemple qu'intégrer un texte de Jacques Brel peut être une bonne idée.


4 août 2021 - Matthieu Lorin



Entrefilet - L'idée d'une communauté qui s'invente elle même



Je suis satisfait de l’évolution des évènements depuis que le Dépôt de Lpb a été créé, depuis que de nouveaux collaborateurs ont été engagés…Arrivée dans sa lancée à vingt et un an d’existence la revue Lpb entreprend une nouvelle mutation : d’abord aux origines un travail à plusieurs collaborateurs suivie pendant longtemps d’un travail entre Constantin Pricop et moi et quelques collaborateurs occasionnels mais très importants, comme Ademar Ribeiro, elle redevient un travail collectif, elle entraine dans son nouvel élan de nouvelles personnes motivées, elle remarche ainsi sur ses premiers pas cycliquement… Elle a fait un tour sur elle-même, et me rajeunit.


4 août 2021 - Pierre Lamarque




La revue Lpb citée dans Wikipédia


— Je me suis aperçu de cette bonne nouvelle hier - La revue Lpb est citée dans un article de Wikipédia - en lisant l’article de Wikipédia sur l’édition de poésie en France, tout simplement… Oui c’est une bonne nouvelle car pour moi Wikipédia est un outil, qui se veut rigoureux, professionnel, de qualité, et le montre par sa relecture permanente de chaque texte… un outil épatamment moderne auquel je participe financièrement, peu mais régulièrement, étant donné que c’est pour moi une oeuvre colossale qui s'autofinance, avec de très nombreux auteurs, vivante et ouverte sur le monde avec de vraies informations. Malgré toutes ces qualités-preuves du génie humain, on trouvera toujours des qui feront la fine bouche… des experts en clôtures nostalgiques… des jaloux, des insatisfaits de la connaissance, proches de l'intolérance qu’excite l’ignorance, pourtant si terrestre, si vraie, si commune, si continue, si compréhensible, si pitoyable…

Bien sûr Wikipédia ce n’est qu’une encyclopédie, pas plus…mais elle est faite dans l’esprit des lumières.


P.

L




Entretien entre Denis Heudré et Pierre Lamarque pour la revue « Recours au poème »


- Comment La Page Blanche est-elle née ?


La revue La Page Blanche est née en 2000 par le hasard d'une rencontre entre mon ami roumain Constantin Pricop et moi sur le site de l’ambassade de France au Canada. L’ambassade offrait en 1998, au commencement de l’internet, un espace dédiée à la poésie sur son site, un lieu de rencontre entre poètes francophones qui y publiaient des textes, lieu tenu par un jeune poète français qui faisait là son service militaire, un soldat de la vie. Constantin Pricop et moi avons le même âge, nous sommes nés en 1949, j’exerçais le métier de médecin généraliste dans un quartier nommé La page blanche à Mérignac-Arlac près de Bordeaux. Pricop était un écrivain, dont le livre « La marge et le centre » était exposé en devanture de librairies roumaines, un critique et revuiste professionnel, devenu professeur de lettres à la faculté de Iasi. Un professeur de français pour moi.


 

- Quelle est sa ligne éditoriale, ou plutôt sa personnalité, les traits de son caractère ?


- La ligne éditoriale part du constat que désormais tout le monde peut publier ses écrits grâce à internet. Notre revue fonctionne comme un filtre.

LPB est fondée sur la gratuité et le don, elle est articulée entre création, critique, traduction et poètes ‘du monde’…c’est sa personnalité, son caractère.

La revue est structurée en rubriques, dans l’ordre on trouve les rubriques suivantes :

« Simple poème » en général un texte sélectionné, « éditorial », un billet, ou point de vue du rédacteur en chef – dans les derniers numéros cette rubrique n’est plus présente car le rédacteur en chef, Constantin Pricop a entrepris à la place de publier dans la revue la traduction en feuilleton de son roman La nouvelle éducation sentimentale, « Poète de service », un ou plusieurs poètes de service par numéro avec pour chacun la publication de quelques textes, « Moment critique », un ou plusieurs articles de critique littéraire ou culturelle, « Bureau de traduction », où sont présentées des traductions de divers auteurs, dont celle que je signe sour le pseudonyme Gilles&John, « Séquences », où sont présentés des suites organisées de textes d’un ou plusieurs auteurs, « Poètes du monde », où sont présentés des textes d’auteurs publiés, connus et reconnus, et pour finir « E-poésies », où sont présentés des textes isolés de différents auteurs participant à la revue. 

La Page Blanche, LPB, la personnalité de LPB : J’aime bien le côté classique du L, le côté moderne du P, le côté libre du B.



- A quel tirage et comment est-elle diffusée ? 


 - Notre revue sur papier n’est pas diffusée en librairie. Chaque numéro est imprimé à 30 exemplaires, ces exemplaires sont offerts par la revue LPB aux poètes invités dans le numéro. Cette économie permet à la revue de survivre sur le papier depuis vingt ans. C’est l’internet qui nous permet de vivre depuis vingt ans. Pour moi, les valeurs d'internet ont ceci de supérieur aux valeurs de l’imprimerie qu’elles sont la mise en pratique de la gratuité rendue possible et l’exercice concret de l'oblativité intellectuelle. L’ère et l’aire de l’internet, l’aire et l'ère de la communication et de l'altruisme.


 

- En vingt ans, comment a évolué La Page Blanche ?


- Des hauts et des bas, des calmes et des tempêtes, des gains et des pertes, la vie… assez vite nous avons trouvé notre rythme naturel,...


 

- Parlez-moi de votre rubrique Le Dépôt

  

- Le Dépôt est un endroit qui rassemble les quatre articles essentiels de la revue LPB, création, critique, traductions, poètes du monde, et où se retrouvent des poètes qui font vivre la revue, rédacteurs et collaborateurs. Notre maître de toile, Mickaël Lapouge a réalisé un ajout au site LPB qui permet d’administrer le Dépôt.



- Votre travail d’éditeur de cette revue doit vous prendre du temps sur vos travaux d’écriture, le regrettez-vous ?


 - Je protège mon temps : le temps le plus important - peu importe sa durée, c’est le temps de la lecture. Mon travail d'éditeur fait partie de mon travail d’écriture, j'y trouve inspiration, j’y fais mon marché..


 

- Quel(s) auteur(s) rêveriez-vous de publier dans votre revue ?


- Michel Butor, mais on l’a déjà publié de son vivant dans le numéro 20. 


 

- Quels ont été les impacts de la crise covid sur votre revue et ses lecteurs ?

 

- Je ne regarde les statistiques de visiteurs lecteurs qu’une fois quand j’y pense tous les vingt ans. Récemment j’ai vu qu’il y avait eu 25000 visites en un an. Pour notre part nous n’avons pour le moment personne de touché par cette maladie à ma connaissance. Comme tout le monde nous espérons passer entre les gouttelettes…




- Quels sont vos projets pour les prochains mois ?


- Continuer le mouvement, aller aux avant-postes comme des braves.


 


- Quel regard portez-vous sur l’évolution depuis vingt ans de la poésie française ?


- On lit un livre, on en lit un autre, on découvre. On ne sait pas quoi retenir du temps qui passe, du style qui dépasse, mais heureusement, en poésie le temps ne passe pas vraiment.

Dans le n° 55 qui paraît bientôt - on ne sait jamais exactement quand, car cela dépend de l’emploi du temps du maître de toile, on trouvera un peu tous les styles, aujourd'hui il n’ y a pas grand mouvement dans les astres, c’est ça le post-moderne, il n’ y a que des directions dans tous les sens… mon français personnel, minimaliste, a bien changé en vingt ans..



 

- Et de la poésie du monde ?


- Nous recevons des poètes de différentes points du globe et notre télescope nous montre une vie fourmillante et tourbillonnante, difficile de ne pas tomber amoureux de notre télescope  !




- Selon vous la e-poésie est-elle l’avenir de la poésie ?


- Oui.


 

- Que peut-on vous souhaiter pour les vingt ans à venir ?


- De rester en vie! Je songe à plus tard dès maintenant. Je cherche depuis quelque temps à savoir comment s’y prendre pour que LPB continue de vivre après ses trois fondateurs, Mickaël Lapouge, Constantin Pricop et moi.