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Le dépôt

Jora Gaya

Jora Gaya - Textes poétiques

RÉVOLUTION


Par ce temps si triste, j’erre dans les rues.

Quel effet ça fait de se sentir comme Jésus ?

Le brouillard citadin me hante, j’erre sous la pluie,

Quel effet ça fait de vivre une vie que l’on s’invente ?

Le visage masqué, la nuit, j’erre dans les gares de Paris.

Le coup de feu avait retenti, puis j’étais recherchée, toutes les nuits.

Je disparaissais sans laisser de traces,

L’injustice m’a poussé à chercher ma place

Ils m’ont posé des questions mais ils n’ont pas eu de réponses

Alors je continuais d’errer dans la ville et Ils ont retenu mon nom

Puis ils m’ont laissé tranquille même s’ils avaient encore des soupçons

Je devais me sentir coupable, mais ils n’avaient pas d’indices.

Je leur montrerai ce dont je suis capable j’attendrai le moment propice.

Puis ils ont enquêté et ils ont trouvé des traces de sang

Puis ils ont compris les blessures, je prenais mes précautions pourtant.

Je portais des gants, leurs preuves n’étaient pas sûres

Puis ils m’ont condamné. Voilà, quel effet ça fait.

Je me croyais tellement pur, me voilà prisonnière de mon comportement

Alors que je n’ai rien fait. Cela faisait un drôle d’effet

D’être plantée là, seule, dans l’humidité et le froid

Mais ils se foutent de moi, si tu étais là tu ne leur permettrais pas.



POUR DÉCRIRE UNE ABSENCE


Ce fut un long et endurant périple.

Mon royaume devenant une anarchie,

Commençait alors un défilé de cavaleries aux couleurs et noms multiples, 

Provenant de contrées qu’ils avaient sillonnées,

Récoltant le blé qu’ils avaient semé.


Vêtus de leurs plus belles artilleries, se fut le début d’une guerre sans merci

Mon royaume face aux trompes 

Je brandissais mon épée

Je ne voulais plus me retourner

Face contre terre, en regardant mon armée sillonner dans la poussière des contrées,

Je devais me relever.


Ma révolution saisissait sa première clef.

Mes batailles dessinaient la douleur,

Je m’étais blessée au cœur

Mes entrailles avaient pris le froid et la peur,

Je devais saisir mon malheur


Insatisfaite,

Et vêtue de mes plus belles étoffes 

Je regardais les fous faire la fête


Vêtus de leurs plus beaux costumes

Ils m’invitèrent entre le marteau et l’enclume.


Voyant les ivrognes affamés comme des bêtes,

Je pris le chemin munie d’un flambeau, courant et fuyant le château

Aucune constitution ne m’avait été confiée

Aucune conspiration ne pouvait m’intimider


Grace à l’armure que j’avais endossée et le flambeau que j’avais allumé


J’étais prête pour te retrouver.


Hey toi ! Où te caches-tu ?

Où te trouves-tu ?

Pourquoi tu ne réponds plus ?

Hey toi ! Où t’en vas-tu ?

Où t’enfuis-tu ?

Pourquoi te ne reviens plus ?


Hey toi ! Ne m’abandonne pas, dans ce jardin un peu froid,

Mets tes souliers et rejoins-moi.

Je regarde à gauche, à droite,

J’essaie de me repérer, pour ne pas me rater.


Je sursaute au moindre bruit 

Je crie et non, tu n’es pas dans le puits.

Je fais quelques pas … te croyant derrière…là... !


Je ris, 

Mais tu ne m’entends pas, 

Je t’appelle, 

Mais tu ne me réponds pas 

Je t’attends à côté de la statue, je pensais que tu étais là 

Je souris, j’y ai cru !

Je ris, je regarde devant, derrière...

Je joue, je reprends le chemin, je saute les barrières

J’ouvre les cloisons, j’effleure les buissons 

Je regarde près de la fontaine, mais je t’entends… à peine.


Hey toi ! Mais où es-tu ?

Où te caches-tu ?

Pourquoi tu ne m’as pas vu ?


Hey toi ! Mais que fais-tu ?

Où t’en vas-tu ?

Pourquoi m’abandonnes-tu ?

Hey toi ! Ne m’oublie pas, tu ne me laisses plus le choix,

Je regarde en haut en bas, dans ce château un peu froid… 

Je monte furtivement les escaliers, 

Je regarde dans la pièce à côté,

Puis au-dessus de la balustrade, qu’est-ce donc cette mascarade ?


Hey toi !


Reviendras-tu… ?


Répondras-tu… ?


Pourquoi, t’absentes-tu ?