La
page
blanche

Le dépôt

LE CAMP VD

Allan Graubard

Poèmes américains


The garden, an apparition


 


Where is that garden of sweet pea


That once embraced us?


 


That iridescent mist


That rose from the flesh 


 


Those first frail stars


And vanished time


 


Intimate clarities


At summer’s end


 


Ariadne’s thread


And slow swirling gyres


 


Redolent lust


Without hope, without end


 


*


In each brief breath


It is born and dies and lives again


 

Allan Graubard




Le jardin, une apparition

 

 

Où est ce jardin de pois de senteur qui nous a embrassés une fois

 

Cette brume irisée qui est sortie de la chair

 

Ces premières étoiles frêles et le temps disparu

 

Clartés intimes à la fin de l'été

 

Le fil d'Ariane et ses tourbillons lents

 

Luxure odorante sans espoir, sans fin

 

*

Dans chaque bref souffle elle naît et meurt et revit

 

 

Alain Graubard

Trad. Gilles&John

 



THE TANGO

 

 

Because the tango wants to tear your heart out and leave you breathless

 

At the edge of the river

 

Where cypresses bend low in the summer heat

 

White drifts coiling languidly in the burning blue

 

Dragon flies with tiny jade shovels sprouting from their eyes

 

Lifting mossy baubles in homage to the light

 

Muddy totems from an ambient death 1873 tornado weaving quick biers of splinter and ash

 

Because the music wants to cast its spell over these febrile words

 

While dancers trade geometries of shadow for encrypted kisses, sheer nylon bands that lift us from the armpits to glissando transits

 

Because the music wants to combust cradles from deveined wintry wampum scattered across the table at dawn

 

Because in their empty pockets sidereal monuments brush fleeting faces in dusty windows that, once ingrained, fondle distraught mementos, meeting you

 

that last magnetic station

 

those flags of mucous and blood

 

eruptive ballerinas caged in dice armadas

 

Because the music sifts islands through its clichéd pirouettes

 

And it just doesn’t matter how many times it does it

 

Because the music wants you here, not there or then but where you are and ever are

 

Fabulous ancestor viscous windy bust

 

Nightingales charmed by Thyrsus dips and turns

 

 

 

Because the tango dresses us

 

In moist slivers and leaf-lush falsetto

 

 

 

Stripped thighs

 

Ankle hands

 

Pendulum legs

 

 

 

The tango

 

 

 

-- Allan Graubard

 

 

LE TANGO

 

Parce que le tango veut t'arracher le cœur et te couper le souffle

 

Au bord de la rivière

 

Où les cyprès se courbent dans la chaleur estivale

 

Du blanc dérivant langoureusement dans du bleu brûlant

 

Un  dragon volant avec de minuscules pelles de jade qui lui sortent des yeux

 

Soulevant des babioles moussues en hommage à la lumière

 

Totems boueux d'une tornade de mort ambiante en 1873 tissant en vitesse des linceuls   d'éclats et de cendres

 

Parce que la musique veut ensorceler ces mots fébriles

 

Tandis que les danseurs échangent des géométries d'ombre contre des baisers cryptés, des bandes de nylon transparent nous soulevant les aisselles en transits glissando

 

Parce que la musique veut brûler des berceaux de wampums d'hiver déveinés éparpillés sur une table à l'aube

 

Parce que dans leurs poches vides, les monuments sidéraux effleurent des visages fugaces dans des vitres poussiéreuses qui, une fois enracinées, caressent des souvenirs désemparés, à ta rencontre

 

cette dernière station magnétique

 

ces drapeaux de mucus et de sang

 

ballerines éruptives encagées dans des armadas de dés

 

Parce que la musique tamise les îles à travers ses pirouettes de clichés

 

Et peu importe combien de fois elle le fait

 

Parce que la musique te veut ici, pas là ou là mais où tu es et où toujours tu es

 

Fabuleux buste venteux visqueux d'ancêtre

 

Rossignols charmés par les plongeons et virages du thyrse

 

 

 

Parce que le tango nous habille

 

En lamelles humides et falsetto aux feuilles luxuriantes

 

 

 

Cuisses dénudées

 

Mains chevilles

 

Jambes de pendule

 

 

 

Le tango

 

 

 

--Allan Graubard

traduction de Gilles&John




FOG


Fog, sun

Wisps of cloud

 

From the sea she comes, chimeric

 

Long low whitecaps, her bangs

Bass horns, her lips

 

In fog I call you

In sun you return, singing

 

Red coral eyes

And thick black lashes

 

Tell me your name again –

 

Thrush, Robin, Mockingbird

 

 

-- Allan Graubard




BROUILLARD


Brouillard, soleil, mèches de nuages 

Depuis la mer elle arrive, chimère


De longs et bas chapeaux blancs, 

Sa frange en cors de basse, ses lèvres

 

Dans le brouillard, je t'appelle

Au soleil tu reviens en chantant

 

Yeux de corail rouge

Et cils noirs épais

 

Dis-moi encore ton nom -

 

Grive, Robin, Oiseau Moqueur

 

 

--Allan Graubard

Traduction de Gilles&John