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Les notes du CAMP VD

Notes critiques du CAMP

CONTRE LE VERS, POUR LA PHRASE - MANIFESTE POUR UNE PAGE BLANCHE NOIRE DE PHRASES -

 

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Bien le bonjour à vous, et bonjour à tous poètes de l’humanité passée présente future et improbable-probable quatrième dimension du temps*, 


Chers poètes je vous écris pour vous proposer un nouveau modèle de présentation de votre poème, poème qui se présente maintenant en phrases. En effet la parole, contrairement à ce que dit Monsieur Jourdin, la parole n’est pas de la prose prosa prosam, la parole parlée et écrite c’est c’est c’est de la phrase ( Selon le savant et poète Bertrand Naivin, une courte phrase syllabique suffit à changer le monde, c’est à dire à le reconstruire à l'envers… invention : Bertrand Naivin…)


Elle est beaucoup mieux, la nouvelle présentation sur la page, grâce au retour à la phrase simple … c’est comme si j’avais inventé le fil à couper le beurre : j’ai, nous avons, réinventé le poème en phrase(s)…. Tout cela me confirme : qu’est-ce qu’il y a, en poésie, parmi les plus jolies des formes ? Les phrases…la transcription humble et fidèle de la parole parlée, 


                                                     ou scandée,


 comme celle de Bertrand, 


                   parole simplement parlée, à voix nue, une parole trop longtemps confondue avec le chant (confusion chant-poésie)


                       confusion 


Une voix, une voie de la parole aussi, non déformée par les effets visuels des vers étagés sur la page. 


Les vers, depuis qu’ils ne riment plus, plus à rien, ne sont devenus aujourd’hui la plupart du temps que des échafaudages 

utiles au bâtisseurs de poèmes pour élever leur poème mot à mot vers le ciel,

mais les vers sont des échafaudages à ne pas oublier d’enlever à la fin du chantier des phrases, 


             phrases aux accents naturellement plus ou moins chantants, comme chante l’eau d'une source, 

qui s’écoute coule coule doucement, 

                          comme si de la bouche de la source sortait de la prose noire bleue ou rose ou blanche


                 .... (à propos, je dirai, au bout du bout, prose mène à rose)….


 

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P.S. les adresses email disparaîtront du fichier au moment où se fera la mise en page finale par l'artiste réalisateur Mickaël et nous vous montrerons les épreuves avant l’impression et la mise en ligne.

Vous recevrez chacun et chacune un exemplaire car nous ne pouvons et nous ne voulons pas plus… Vous pouvez demander à notre imprimeur Script Laser une réédition du n° 58 à quelques exemplaires à vos frais. 

 

 

 

 quelquefois une seule goutte



 

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L’art des amateurs


La poésie, me semble ne pouvoir se passer d’amateurisme. D’une part, parce qu’il faut bien un public qui aime, d’autre part, parce qu’il faut bien un public qui s’approprie les armes même des combats les plus âpres.

Dans tous domaines, il faut des amateurs pour perpétuer des savoir-faire. Des qui se croient nés de la dernière pluie, pour réinventer ce qu’ils découvrent ailleurs. Des qui voyagent, pour porter les couleurs de ceux qui restent. Des qui restent, pour rappeler la couleur à ceux qui bougent. Des heureux, pour rappeler les couleurs. Des qui broient du noir, pour rappeler à tous que nul n’est immortel. Il faut des amateurs dans la vie. Aussi bien que nul n’est professionnel de la vie. Chacun a les mots pour exprimer ce qu’il sent dans l’ordre qui lui convient. La véritable poésie n’est donc ni dans un ordre ni dans une technique (bien qu’elle use de tours et de virevolte), mais dans une vue,  une collision comme une rencontre plaisante si bien qu’on peut aimer des mots maladroits s’ils sont fait d’amour,  ils peuvent être bas, lourds, mais ne cesseront jamais d’être de la poésie.



Maheva Hellwig

6 XI 21




NAISSANCE DE LPB


C’est ensemble, toi moi elle lui, que nous sommes plus forts, et je ne regrette pas d’avoir trouvé, sur mon chemin semé de petits cailloux blancs (de 26 à 32 pages), Matthieu pour partager mon travail dans la préparation de la revue Lpb… oui, trouvé, mais c’est lui qui m’a trouvé en fait……. et c’est moi qui ai trouvé Constantin et Mickaël…….


Les futurs créateurs de la revue Lpb, c’est à dire le rédacteur-en chef, le directeur, le réalisateur, se trouveront comme se sont trouvés Constantin Mickaël et Pierre… il suffit d’y croire pour que cela se réalise, mais bien plus tard, nous prendrons beaucoup de temps pour en arriver là… 


J’ai trouvé Constantin - je m’excuse d’employer le verbe trouver, mais vous allez comprendre dans un instant pourquoi j’emploie le verbe trouver, l’instant est arrivé de dire pourquoi le verbe trouver. Parce que c’est le mot le plus simple pour dire inventer…, sur la page de poésie de l’ambassade du Canada et Mickaël sur la page 3615 Mec du Minitel… Je n’aime pas le mot mec ou le mot nana que j'estime vulgaires, pourquoi pas plutôt 36 15 Hommes ? Je soupçonne de vulgarité les français, quelque soit leur orientation sexuelle… La note d’Anas sur la Gay Pride, que j’ai recopiée dans le dépôt à la rubrique Anas al Herk, cette note m’a fait plaisir en la lisant… une note au sujet du mot fierté …


En parlant de fierté gay, bien sûr le mot fierté est à comprendre dans son contexte d’humiliation et d’homophobie mais ce que dit Anas est vrai : il n’y a pas de fierté à avoir d’être comme on est et de se faire accepter tel qu’on est, juste il faut avoir de la lucidité de la sincérité et du courage … je me souviens de ce que m’avait raconté mon père quand j’étais adolescent à propos d’un homme qui discutait avec lui au comptoir d’un bar, après sa dure journée de travail d’agent d’assurance au porte à porte, avant qu’il ne retrouve sa maison… cet homme prétendait que les homosexuels étaient des gens supérieurs… j’ai été marqué par ce que me disait mon père et avec quelle simplicité il me parlait de cette question…


Je me souviens bien des circonstances de notre première rencontre , Mickaël et moi… on s’était donné rendez-vous à la gare d’Angoulême où il habitait, j’étais venu avec ma voiture AX Citroën depuis Bordeaux, il m’était apparu avec une enveloppe plastifiée à la main contenant des poèmes...

C’est ainsi que Lpb est née, Mickaël a appris tout seul à se débrouiller en informatique, après les connaissances qu’il avait acquises de la musique électroacoustique, il a étudié les algorithmes et c’est formé à son métier en faisant le site des Amants des mots puis celui de La Page Blanche, les premiers sites je crois , qu’il a réalisés, d’abord pour les Amants des mots, un groupe d’une vingtaines d’amateurs de poésie puis en 2000 pour Lpb, pour Constantin et moi et quelques autres.


Pierre Lamarque

5 XI 21



GAY PRIDE


Personnellement, je trouve que l’utilisation de notion de « fierté » n’est pas en bon contexte. Plutôt, il faut trouver un slogan qui signifie l’acceptation de soi-même que ce soit d’orientation sexuelle ou d’identité de genre, car le problème réel n’est pas que les personnes ne sont pas fières d’elles. Le problème c’est que ces gens ne s’acceptent pas comme ils sont en réalité. L’objectif quand on est humilié à cause de notre unicité, c’est de nous terroriser afin qu’on se déteste, et il n’y a pas d’autres moyens pour faire face que s’accepter et se réconcilier. 


Anas al Herk

2 XI 21



LA GÉOPHYSIQUE DES TERRAINS PLATS


S'il y a une matrice que l'être humain, du haut de son arrogance, aime ignorer, c'est bien le sol. C'est pourtant de ce sol que provient le navet que vous n'êtes pas en train de manger. C'est une roche meuble, parfois un peu collante, dégoûtante pour certains car s'y meut librement le ver de terre, le plus sous-estimé de nos travailleurs ; le lombric qui, par son incessante digestion minérale, rend possible ce bavardage désagréable. Il n'y aurait, sans son effort acharné et gratuit, aucune forêt vierge dans laquelle se perdre, la nuit, à la suite d'une torride aventure érotique en Australie. Le monde ressemblerait au désert inhabitable qu'on nous annonce, jour après jour, sur Radio Apocalypse. 


Si on le compare au ciel, d'aspect tantôt riant, tantôt triste, source d'inspiration de moultes lettres d'amour ou d’adieu (selon la météo), un podzol paraîtra certainement sans grand intérêt. Le tchernoziom, terre opaque et fertile des prairies russes et canadiennes, riche de la décomposition de milliards et milliards de kilomètres de radicelles et autres immondices, n'a encore inspiré que très peu de poètes non soviétiques. Très peu d'entre-nous y voit l'intérêt d'y planter une sonde à neutrons pour en mesurer la conductivité hydraulique. Pourtant certains le font, comme moi ; on les voit errer, ces fous, au milieu des champs de patate, creusant des trous par-ci, installant des lysimètres par-là, le visage sérieux et concentré, comme si c'était important. Ça restera toujours relatif, la signification de ce qu'on fait. Nous ne tenterons pas de résoudre cette aporie.


En plus de nous nourrir, les cochons que nous sommes, la matrice sol est en outre un fort décent réservoir de pets et autres émissions de CO2. S'y séquestrent les exhalations de nos mobylettes et les rots de nos vaches laitières. Mais, encore une fois, on n'en parle peu, l'Amazonie étant nettement plus photogénique ; et avec raison, majestueuse et de proportion biblique, il est facile d'oublier l’ocre substrat sur lequel elle s'ancre afin de pouvoir, de ses feuilles gloutonnes, manger la lumière. Ici réside la véritable transsubstantiation. Nous sommes tous des parasites de lumière.


Le sol, élément humide, plutôt froid et sans éclat, est proche de nous par nature. C'est de celui-ci que le sculpteur extrait l'argile avec laquelle il façonne le mieux nos postures les plus gênantes. C'est de celui-ci que provient le graphite avec lequel les artistes ont immortalisé les têtes embarrassées de nos ancêtres, d'ailleurs aujourd'hui joyeusement reminéralisés par les vers. Peut-être que cette ressemblance intime n'est pas étrangère à notre aversion. Rien ne nous horripile plus, semble-t-il, que la vue d'un sol nu. C'est comme se retrouver, de manière involontaire et abrupte, au milieu d'une plage nudiste.


C'est peut-être pour cela que son importance est si souverainement ignorée et bétonnée. Ou enfin…


Jérôme Fortin

9 XI 21