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Les notes du CAMP VD

Notes sur La Page Blanche




Les cahiers du buisson Lpb / Naissance le La Page Blanche / Correspondance entre un participant et un rédacteur / Portrait superficiel de Constantin Pricop en rédacteur de LPB / Le rôle des rédacteurs de LPB / Entrefilet - L'idée d'une communauté qui s'invente elle même / La revue Lpb citée dans Wikipédia / Entretien entre Denis Heudré et Pierre Lamarque pour la revue « Recours au poème »/ Dialogue entre Constantin Pricop et Pierre Lamarque



LES CAHIERS DU BUISSON LPB


Les Cahiers du Buisson marquent le début d’une évolution de Lpb qui publiera à l’avenir des collections de cahiers sur papier .


- au même format que la revue Lpb, avec toujours le même principe, une image dessinée par jcb, Jean-Claude Bouchard, et au dos une image par Françis Oudin . Toujours la même image, en première page de couverture et en dernière page de couverture, dans la collection ‘créations’, une image dans la collection ‘critiques’ une autre dans la collection ’traductions’ et une dernière dans la collection ‘poètes du monde’ … Le titre apparaitra après la première page de couverture, cela casse esthétiquement les codes. Car il est sain de jouer avec les codes comme de jouer tout court toujours. Car le jeu est au bout des doigts et au coeur de la fiction. Car la fiction est l’imagination menant combat. Car les doigts jouent avec les mots. Car les travailleurs comme les autobus passent à la même heure, mais pas les automobilistes en promenade ni les caravanes de chameaux.


Les intéressés placeront leurs travaux dans des cahiers de 32 pages maximum, comme la revue Lpb, comme mes deux premiers cahiers édités ainsi,…


Le but est de permettre à des auteurs de publier leurs textes aux éditions Lpb, d’abord de façon à garder le souvenir de ce qu’ils écrivent… c’est le plus important. 


Les auteurs se chargent de mettre en page eux mêmes leurs cahiers, et le faisant imprimer chez notre imprimeur parisien, il le feront aux normes de la Collection des Cahiers du Buisson, éditions de La Page Blanche, sobre, et peu chère : ils marchanderont les 90 € dus à l’imprimeur pour 30 numéros frais de timbre inclus. Ils pourront ainsi distribuer leurs cahiers Lpb aux proches et amis et dans les librairies de leur choix… Ce sera aussi un tremplin qui leur permettra de faire remonter leur travail à des éditeurs au plus grand tirage. Ils garderont leurs droits, Lpb servant de pont et n’ayant pas de droits sur ces cahiers, autre que celui d’accepter ou pas les textes présentés dans ses collections, comme pour la revue Lpb..



Les Cahiers du Buisson.


Pierre Lamarque



NAISSANCE DE LPB


C’est ensemble, toi moi elle lui, que nous sommes les plus forts, et je ne regrette pas d’avoir trouvé, sur mon chemin semé de cailloux blancs (de 26 à 32 pages), Matthieu pour partager mon travail dans la préparation de la revue Lpb… oui, trouvé, mais c’est lui qui m’a trouvé en fait……. comme j'ai trouvé Constantin et Mickaël…….


Les futurs créateurs de la revue Lpb, c’est à dire le rédacteur-en chef, le directeur, le réalisateur, se trouveront comme se sont trouvés Constantin Mickaël Pierre et Matthieu… il suffit d’y croire pour que cela se réalise, mais bien plus tard, nous prendrons beaucoup de temps pour en arriver là… 


J’ai trouvé Constantin - je m’excuse d’employer le verbe trouver, mais vous allez comprendre dans un instant pourquoi j’emploie le verbe trouver, l’instant est arrivé de dire pourquoi le verbe trouver. Parce que c’est le mot le plus simple pour dire inventer…, sur la page de poésie de l’ambassade du Canada et Mickaël sur la page 3615 Mec du Minitel… Je n’aime pas le mot mec ou le mot nana que j'estime vulgaires, pourquoi pas plutôt 36 15 Hommes ? Je soupçonne de vulgarité les français, quelque soit leur orientation sexuelle… La note d’Anas sur la Gay Pride, que j’ai recopiée dans le dépôt à la rubrique CAMP Anas al Herk, cette note m’a fait plaisir en la lisant… une note au sujet du mot fierté …


En parlant de fierté gay, bien sûr le mot fierté est à comprendre dans son contexte d’humiliation et d’homophobie mais ce que dit Anas est vrai : il n’y a pas de fierté à avoir d’être comme on est et de se faire accepter tel qu’on est, juste il faut avoir de la lucidité de la sincérité et parfois du courage … je me souviens de ce que m’avait raconté mon père quand j’étais adolescent à propos d’un homme qui discutait avec lui au comptoir d’un bar, après sa dure journée de travail d’agent d’assurance au porte à porte, avant qu’il ne retrouve sa maison… cet homme prétendait que les homosexuels étaient des gens "supérieurs"… j’ai été marqué par ce que répondit mon père et avec quelle simplicité il me parlait de cette question…


Je me souviens bien des circonstances de notre première rencontre, Mickaël et moi… on s’était donné rendez-vous à la gare d’Angoulême où il habitait, j’étais venu avec ma voiture AX Citroën depuis Bordeaux, il m’était apparu avec une enveloppe plastifiée à la main contenant des poèmes...

C’est ainsi que Lpb est née, Mickaël a appris seul à se débrouiller en informatique, après les connaissances qu’il avait acquises de la musique électroacoustique, il a étudié les algorithmes et c’est formé à son métier de oueb dévelopeur en faisant le site des Amants des mots puis celui de La Page Blanche, les premiers sites je crois , qu’il a réalisés, d’abord pour les Amants des mots, un groupe d’une vingtaines d’amateurs de poésie puis en 2000 pour Lpb, pour Constantin et moi et quelques autres.


Pierre Lamarque



Correspondance entre un participant et un rédacteur



Bonjour, 


Nous avons bien reçu votre poème et avons pris le temps, Pierre et moi-même, de le lire et d'échanger ensemble.


Nous apprécions votre écriture pour de multiples raisons.

De mon côté, je trouve que votre choix d'écrire en prose - et non en vers - est judicieux. Vous formez ainsi un ensemble cohérent. L'absence de ponctuation n'est pas (trop) gênante en soi car vos propositions syntaxiques sont généralement courtes. Personnellement, j'apprécie la ponctuation en poésie mais il d'agit d'un choix somme toute personnel. Comme j'aime beaucoup le jeu des comparaisons, votre écriture me rappelle Romain Gary à l'époque Ajar, surtout à la fin de cette période où il ira jusqu'au bout de ce qu'il veut faire, dans des récits comme L'angoisse du roi Salomon, ou Gros Câlin. A mes yeux, il s'agit d'un compliment marqué. Écriture faite d'associations d'idées, écriture carnivore qui retranscrit les pensées du personnage, goût pour les êtres décalés, ou en instance de décalage... Votre texte est un mélange de burlesque et de poésie et c'est cette association que j'apprécie. 


Voici maintenant ce qu'en dit le directeur de la revue, Pierre Lamarque :

"je crois que l’auteur propose une poésie accessible et, bien que notre revue essaie de présenter des poésies très variées, pourvu qu’elles retiennent notre attention - au moins d’un de nous - je pense que Lpb a intérêt à présenter des poésies faciles à lire autant que des poésies nouvelles (ex JMaubert) … Les poésies faciles à lire - mais qui témoignent quand-même d’une écriture savante, d’une pensée riche et originale - ces poésies-là peuvent réconcilier les simples lecteurs avec la poésie, aujourd’hui plus que jamais, déconsidérée.… d'autres lecteurs de poésie, plus aguerris, plus exigeants se régaleront plutôt de poésies nouvelles…

Je simplifie tout avec mon ‘facile à lire vs poésie nouvelle' - mais c’est pour faire passer clairement un sentiment que j’ai sur notre mission : ne pas passer à côté de la poésie telle qu’elle est aujourd'hui, une fois qu’on a éliminé les textes sans beaucoup de valeur, et présenter dans chaque numéro un équilibre entre différents styles et niveaux de nouveauté."


Ne vous y trompez pas : lorsque Pierre parle de poésie "facile à lire", il s'agit d'un gage de qualité. Nous distinguons bien votre poésie de cette "poésie de la facilité" que nous recevons régulièrement.


C'est pourquoi nous aimerions:

1)d’autres textes pour faire de vous un ‘poète de service’ , sachant que la taille de vos textes ne doit pas dépasser deux pages de notre revue… nous aimons le bref.

2) un bandeau biographique de présentation, de quelques lignes seulement.

Comme vous semblez connaitre la revue, vous pouvez vous appuyer sur les numéros se trouvant sur le site pour calibrer votre envoi. Si possible, envoyez l'ensemble (ainsi que le poème que vous nous avez déjà envoyé) sur un seul fichier Word, ce qui facilite le travail de notre réalisateur, Mickäel Lapouge)


Ainsi, vos poèmes pourraient être intégrés au numéro 57, dont la date est prévue pour l'automne à peu près. Il est déjà plein, ou presque, mais nous préférons ne pas publier plus d'un numéro par trimestre, de façon à nous laisser un peu de répit.


Matthieu Lorin



Bonjour


vos mots me touchent, un grand merci pour avoir lu mon texte et avoir échangé entre vous à son sujet. la comparaison avec Romain Gary/ Emile Ajar me va droit au coeur ( minuscule fourmi que je suis devant l'oeuvre de cet auteur ).

C'est, honnêtement, l'un des avis les plus touchants et sincères que je reçois sur ma poésie et ça compte énormément pour moi, sachez le. c'est un grand plaisir que de figurer dans le prochain numéro de La Page Blanche. mille mercis.

je vais m'atteler à vous envoyer un fichier word contenant les poèmes ainsi que la courte biographie.


Tom Saja



Portrait superficiel de Constantin Pricop en rédacteur de LPB


J’ai remarqué et j’ai pu observer chez Constantin Pricop, son emploi dans son écriture, lorsque l’inspiration vient, d'images, de comparaisons, qui font le sel de ses mots… j’ai remarqué cela dans ses proses, son roman, ses courriers électroniques. Cette voie imagée qu'emprunte sa parole naturellement chez lui, économe et récurrente, est une manière lyrique qui transmet au lecteur de la joie. 


7 août 2021 - Pierre Lamarque


Le rôle des rédacteurs de LPB


Je vais essayer de donner mon point de vue sur une question qui me semble principale, à savoir le rôle à jouer des rédacteurs dans LPB :


- le mail de Maheva est en effet touchant. Il souligne la difficulté à s'immiscer comme cela dans la revue. Je crois que, pour se sentir à l'aise, le mieux est que chacun ait un rôle défini et un rôle qui lui plaît. Avec Pierre et Jérôme, nous réceptionnons les propositions de poèmes et faisons une première sélection. Ce rôle me plaît car je le vis comme une ouverture sur un monde que je fréquente depuis seulement quelques mois. Jean-Michel Maubert animera certainement sa rubrique "la note de ..." car ce rôle lui plaît.


- Je suis persuadé que chacun des rédacteurs peut présenter un poète dans la catégorie "poète du monde" : je présenterai dans le 57 un poème de Rachida Madani qui ne convaincra pas tout le monde, Pierre un poème de Gaston Miron... C'est justement pour élargir le faisceau qu'il est bon que chacun propose un poème, sans se soucier de savoir s'il plaira aux autres rédacteurs ou non.


4 août 2021 - Matthieu Lorin



Entrefilet - L'idée d'une communauté qui s'invente elle même



Je suis satisfait de l’évolution des évènements depuis que le Dépôt de Lpb a été créé, depuis que de nouveaux collaborateurs ont été engagés…Arrivée dans sa lancée à vingt et un an d’existence la revue Lpb entreprend une nouvelle mutation : d’abord aux origines un travail à plusieurs collaborateurs suivie pendant longtemps d’un travail entre Constantin Pricop et moi et quelques collaborateurs occasionnels mais très importants, comme le regretté Ademar Ribeiro, Xe Sanchez, elle redevient un travail collectif, elle entraine dans son nouvel élan de nouvelles personnes motivées, elle marche sur ses premiers pas… Elle a fait un tour sur elle-même, et me rajeunit.


4 août 2021 - Pierre Lamarque




La revue Lpb citée dans Wikipédia


— Je me suis aperçu de cette bonne nouvelle hier - La revue Lpb est citée dans un article de Wikipédia - en lisant l’article de Wikipédia sur l’édition de poésie en France, tout simplement… Oui c’est une bonne nouvelle car pour moi Wikipédia est un outil, qui se veut rigoureux, professionnel, de qualité, et le montre par sa relecture permanente de chaque texte… un outil épatamment moderne auquel je participe financièrement régulièrement, étant donné que c’est pour moi une oeuvre colossale qui s'autofinance, avec de très nombreux auteurs, vivante et ouverte sur le monde avec de vraies informations. Malgré toutes ces qualités-preuves du génie humain, on trouvera toujours des qui feront la fine bouche… des experts en clôtures nostalgiques… des jaloux, des insatisfaits de la connaissance, proches de l'intolérance qu’excite l’ignorance, pourtant si terrestre, si vraie, si commune, si continue, si compréhensible…

Bien sûr Wikipédia ce n’est qu’une encyclopédie, pas plus…mais elle est faite dans l’esprit des lumières.


P.

L




Entretien entre Denis Heudré et Pierre Lamarque pour la revue « Recours au poème »


- Comment La Page Blanche est-elle née ?


- La revue La Page Blanche est née en 2000 par le hasard bienheureux d'une rencontre entre mon ami roumain Constantin Pricop et moi sur le site de l’ambassade de France au Canada. L’ambassade offrait en 1998, au commencement de l’internet, un espace dédiée à la poésie sur son site, un lieu de rencontre entre poètes francophones qui y publiaient des textes, lieu tenu par un jeune poète français qui faisait là son service militaire, un soldat de la vie. Constantin Pricop et moi avons le même âge, nous sommes nés en 1949, j’exerçais le métier de médecin généraliste dans un quartier de Bordeaux nommé La page blanche à Mérignac-Arlac. Pricop était un écrivain, dont le livre « La marge et le centre » était exposé en devanture de librairies roumaines, un critique et revuiste professionnel, devenu professeur émérite de lettres à la faculté Ioan Cuza de Iasi. Un professeur de français pour moi.


 

- Quelle est sa ligne éditoriale, ou plutôt sa personnalité, les traits de son caractère ?


- La ligne éditoriale part du constat que désormais tout le monde peut publier ses écrits grâce à internet. Notre revue fonctionne comme un filtre. LPB est fondée sur la gratuité et le don, elle est articulée entre création, critique, traduction et poètes ‘du monde’…c’est sa personnalité, son caractère. La revue est structurée en rubriques, dans l’ordre on trouve les rubriques suivantes :


« Simple poème » en général un texte sélectionné . Un « éditorial », un billet, ou point de vue du rédacteur en chef – dans les derniers numéros cette rubrique n’est plus présente car le rédacteur en chef, Constantin Pricop a entrepris à la place de publier dans la revue la traduction en feuilleton de son roman La nouvelle éducation sentimentale. « Poète de service », un ou plusieurs poètes de service par numéro avec pour chacun la publication de quelques textes. « Notes de", un ou plusieurs articles de critique littéraire ou culturelle, ou selon le goût de l'auteur. « Bureau de traduction », où sont présentées des traductions de divers auteurs, dont celle que je signe sour le pseudonyme Gilles&John. « Séquences », où sont présentés des suites organisées de textes d’un ou plusieurs auteurs. « Poètes du monde », où sont présentés des textes d’auteurs publiés, connus et reconnus. Et pour finir « E-poésies », où est présenté un poème de différents auteurs participant à la revue. 

La Page Blanche, LPB, côté classique de l'aile plutôt que la cuisse, côté moderne de la paix, côté libre de la baie.



- A quel tirage et comment est-elle diffusée ? 


 - Notre revue sur papier n’est pas diffusée en librairie. Chaque numéro est imprimé à 30 exemplaires, ces exemplaires sont offerts par la revue LPB aux poètes invités dans le numéro. Cette économie permet à la revue de survivre sur le papier depuis vingt ans. C’est l’internet qui nous donne la becquée depuis l'année 2000. Pour moi, les valeurs d'internet ont ceci de supérieur encore aux valeurs de l’imprimerie qu’elles sont la mise en pratique réelle du concept de gratuité et un exercice concret d'oblativité intellectuelle. L’ère et l’aire de l’internet, l’aire et l'ère de la communication et de l'altruisme.


 

- En vingt ans, comment a évolué La Page Blanche ?


- Des hauts et des bas, des calmes et des tempêtes, des gains et des pertes, la vie… assez vite nous avons trouvé notre rythme naturel,... en créant le Dépôt nous avons franchi une étape importante.


 

- Parlez-moi de votre rubrique Le Dépôt

  

- Le Dépôt est un endroit qui rassemble les quatre articles essentiels de la revue LPB, création, critique, traductions, traditions : poètes du monde. Dans le Dépôt se trouvent les poètes qui font vivre la revue, rédacteurs et collaborateurs du CAMP VD. Notre maître de toile, Mickaël Lapouge a réalisé un ajout au site LPB qui permet d’administrer le Dépôt.



- Votre travail d’éditeur de cette revue doit vous prendre du temps sur vos travaux d’écriture, le regrettez-vous ?


 - Je protège mon temps : le temps le plus important - peu importe sa durée, c’est le temps de la lecture. Mon travail d'éditeur fait partie de mon travail d’écriture, j'y trouve inspiration, j’y fais mon marché..


 

- Quel(s) auteur(s) rêveriez-vous de publier dans votre revue ?


- Michel Butor, mais on l’a déjà publié dans le numéro 20. 


 

- Quels ont été les impacts de la crise Covid sur votre revue et ses lecteurs ?

 

- Je ne regarde les statistiques de visiteurs lecteurs qu’une fois quand j’y pense tous les vingt ans. Récemment j’ai vu qu’il y avait eu 25000 visites en un an. Pour notre part nous n’avons pour le moment personne de touché par cette maladie à ma connaissance. Comme tout le monde nous espérons passer entre les gouttelettes…




- Quels sont vos projets pour les prochains mois ?


- Continuer le mouvement, aller aux avant-postes comme les braves.


 


- Quel regard portez-vous sur l’évolution depuis vingt ans de la poésie française ?


- On lit un livre, on en lit un autre, on découvre. On ne sait pas quoi retenir du temps qui passe, du style qui dépasse, mais heureusement, en poésie le temps ne passe pas vraiment.


Dans le n° 55 qui paraît bientôt - on ne sait jamais exactement quand, car cela dépend de l’emploi du temps du maître de toile, on trouvera un peu tous les styles, aujourd'hui il n’ y a pas grand mouvement dans les astres, c’est ça l'époque post-moderne, il n’ y a des directions dans tous les sens… mon français minimaliste, a bien changé en vingt ans..



 

- Et de la poésie du monde ?


- Nous recevons des poètes de différentes points du globe et notre télescope nous montre une vie fourmillante et tourbillonnante, difficile de ne pas tomber amoureux de notre télescope  !



- Selon vous la e-poésie est-elle l’avenir de la poésie ?


- Oui.


 

- Que peut-on vous souhaiter pour les vingt ans à venir ?


- De rester en vie! Je songe à plus tard dès maintenant. Je cherche depuis quelque temps à savoir comment s’y prendre pour que LPB continue de vivre après ses trois fondateurs, Mickaël Lapouge, Constantin Pricop et moi.




Dialogue entre Constantin Pricop et Pierre Lamarque


 

P. - Bonjour Jean Michel, J’ai lu dans ta nouvelle note du CAMP "Formes et mimesis - Le danger d’une restauration », que tu cites le poète Gottfried Benn - que je ne connaissais pas et que je découvre, et que j’ai ai envie de partager dans Lpb n° 58 d’hiver (je recopie ci-dessous 2 textes que je voudrais placer dans la section ‘Poètes du monde’). J’apprécie la disposition du texte sous forme de citation, avec ses barres de travers placées entre chaque vers, je trouve cette présentation mi-vers mi-prose élégante sur la page, intéressante pour la lecture, plus professionnelle dans la revue Lpb et j’ai envie de l’adopter pour la mise en page des citations de poèmes dans les poètes du monde de Lpb.

 

Avec en exergue cette phrase "C’est ainsi que l’art dit quelque chose de cette contrainte/de cette violence de l’Esprit subjectif qu’est la raison instrumentale. »

 

Phrase qui m’a rappelé le philosophe Léon Chestov dont je lisais hier soir sur ma liseuse « qu’est-ce que le Bolchévisme », philosophe cité par Constantin dans une discussions que nous avions au sujet d’Ilarie Voronca et Benjamin Fondane…

 

 

C’est ainsi que l’art dit quelque chose de cette contrainte/de cette violence de l’Esprit subjectif qu’est la raison instrumentale. 


 

Petit aster 


 Un livreur de bière noyé fut hissé sur la table / Quelqu'un lui avait coincé entre les dents / un aster couleur de lilas clair et d'ombre. / Lorsque parti de la poitrine / et sous la peau / j'excisai le palais et la langue / avec un long couteau / je dus l'avoir heurté car il glissa / sur le cerveau posé à côté. / Je l'enfouis dans la cage thoracique / parmi la laine de bois / quand on se mit à recoudre. / Bois dans ton vase jusqu'à plus soif ! / repose doucement / petit aster! 




Belle jeunesse


 La bouche d'une fille qui avait longtemps reposé dans les roseaux / était si rongée. / Quand on ouvrit la poitrine l'œsophage était si troué. / Enfin dans une tonnelle sous le diaphragme / on trouva un nid de jeunes rats. / Un petit frère était mort. / Les autres vivaient du rein et du foie, / ils buvaient le sang froid, ils avaient / vécu ici une belle jeunesse. / Ils eurent aussi une mort rapide et belle : / on les jeta tous à l'eau. / Ah, comme piaillaient les petits museaux ! 



 in Gottfried Benn, Poèmes, Paris, Gallimard, p. 37/38 

(cité par Jean-Michel Maubert dans le Dépôt de Lapageblanche.com)

 

 

 

 

C. - Cette manière de citation est employée seulement dans les commentaires sur la poésie - seulement pour économiser l’espace... Je ne crois pas que c’est normal de l’employer dans la revue - peut être seulement dans l’intérieur des articles critiques...

C’est une autre situation si l’auteur lui-même a employé cette forme. C’est rare, mais un poète roumain, Adrian Maniu, si je ne me trompe, a publié à son âge de.... retraite une anthologie de ses volumes et a employé cette manière de présenter ses vers écrits dans la première rédaction dans une forme de vers consacrée...

 

Benn a été un grand poète, de la deuxième (si on peut partager comme ça ce courant) génération des expressionnistes... Il a été médecin comme métier... Je l’ai lu avec grand intérêt même si depuis est passé un tas d’années... Mais en dépit du grand intervalle je me souviens d’une poésie sur un jeune homme noyé, vu dans la morgue...

 

  

P. – À l’inverse de ton opinion je pense que c’est normal d’employer le régime typographique de la citation car nous n’avons pas (tous) les droits de publication autrement que sous forme de citation…je trouve que c’est un peu déplacé pour une revue de poésie de ne pas respecter le régime typographique de la citation quand il s’agit d’auteurs déjà publiés ailleurs…nous n’avons pas de salariés dans notre petite entreprise pour faire le travail de contact et de nécessaires négociations auprès de chaque secrétariat d’éditeur. Nous ne sommes qu’une feuille au vent, libre comme l’air.

 

D’autre part voilà une bonne façon d’économiser l’espace comme tu le fais remarquer, ce qui est un atout pour présenter plus de textes de poètes du monde…

 

Cette rubrique, rarement proposée dans des revues, des revues généralistes comme Lpb, est intéressante pour moi lecteur lambda et pour la lectrice quidam car elle me permet de découvrir des phares du passé ou du présent qui nous orientent vers l’avenir, et depuis quelque temps nous installons une petite phrase d’introduction devant chaque texte. Comme est stimulante dans notre revue la part faite aux traductions, originale la succession de notes dans la partie critique, avec bien sûr ses poètes de service et ses e-poésies…

 

Franchement je comprends la forme de vers consacrée d'Adrian Maniu … d’un point de vue esthétique&fonctionnel cette forme ne devrait pas être consacrée à seulement Adrian Maniu - que j’aimerais connaitre du coup car je me sens en phase avec cette façon de disposer les vers sur la page.

 

Je retiens l’image d'un aster posé dans la bouche d’un noyé dans une morgue. Expressionniste succession d’images choquantes. Expressionniste le poème l’est parce que l’image choque, ce contraste entre l’image choquante (mais au fond pas tant que ça… on s’y fait… en plaçant un mouchoir alcoolisé devant le nez quand on fait un stage à la morgue) et les légères, douces paroles symbolistes du dernier vers…

 

 

 

 

C. - Un jeune noyé - je crois...

 

Maniu était un symboliste - à la fin de sa vie je crois qu’il avait sa manière... Je crois qu’il n’est pas traduit...

 

Pour les textes avec barre... Si c’est cité dans un texte, oui, comme je te l’ai dit. Si c’est la reproduction d’un poème entier et pas cité dans un commentaire, c’est non, parce qu’on ne respecte pas l’architecture de l’auteur...

 

P. - Je partage ton point de vue sur l’idée que le poète n’accepterait pas que sa poésie soit transfigurée, même si le lifting était réussi…(ce dont s’est aperçu Maniu pour son propre compte).

Mais nous sommes une revue de poésie de la toile tendue entre les étoiles qui ne peut se permettre que des citations dans un contexte de commentaire, ce qui est le cas pour nous grâce à l’astuce d’un commentaire minimaliste qui précède chaque citation…citation qui juridiquement aussi doit être présentée comme une citation et non pas comme une reproduction. Dura lex sed lex… abracadabrant échec&mat..