La
page
blanche

Le dépôt

LES TRADUCTIONS DE LPB - un autre côté de la langue

Bob Dylan - 80 textes de chansons - traduction de Gilles&John

Traductions de chansons de Bob Dylan pour La Page Blanche par Gilles&John

Textes originaux des chansons de Bob Dylan sur le site http://www.bobdylan.




Sommaire


1 Tempête 2 Soufflée par le vent 3 L’homme au tambourin 4 Comme une pierre qui roule 5 Vent stupide 6 Métier à tisser doré 7 La plupart du temps 8 Au-delà de l’horizon 9 La mort d’Emett Till 10 Il y a longtemps, c’est si loin 11 Longtemps parti 12 Ballade de Donald White 13 Le rat New Orleans de Bob Dylan 14 Tout de toi 15 John Brown 16 Adieu 17 Maîtres de guerre 18 Elle est drue la pluie qui va tomber 19 N’y pense plus, tout va bien 20 Chérie je suis d’humeur pour toi 21 Train A - En voyage 22 Blues parlé de la troisième guerre mondiale 23 Je serai libre 24 les murs de Red Wing 25 Qui a tué Davey Moore ? 26 Vieux champs de foire poussiéreux 27 Oui les temps sont en train de changer 28 Avec Dieu à nos côtés 29 Rien qu’un pion dans leur jeu 30 Bottes de cuir d’Espagne 31 La mort solitaire de Hattie Caroll 32 Cercle éternel 33 Laisse tomber ton air fatigué 34 Rien qu’un clochard 35 Je suppose que je vais bien 36 Ce que je veux surtout 37 Ce n’est pas moi, bébé 38 Cent-quinzième rêve de Bob Dylan 39 Les portes d’édentées 40 Comme une pierre qui roule 41 Le blues de Tombstone 42 Passage des désolations 43 Je te veux 44 Coincé dans Mobile, avec encore le blues de Memphis 45 Toque en peau de léopard 46 John Weley Harding 47 Tout au long de la tour de guet 48 Je suis un vagabond solitaire 49 Le long du vallon 50 Quinn l’esquimau (le grand Quinn) 51 Partir, partir, parti 52 Pour toujours jeune 53 Vent stupide 54 Après ton départ je vais me sentir seul 55 Viens me voir le matin 56 Lily, Rosemary et le valet de coeur 57 Sara 58 Cité d’or 59 Dose d’amour 60 Angelina 61 Tu as changé ma vie 62 La plupart du temps. 63 A quoi suis-je bon ? 64 La maladie de vanité 65 Qu’est-ce que tu voulais ? 66 Rêves en série 67 La dignité. 68 Frétille, tortille 69 Sous le ciel rouge. 70 Nés à l’heure 71 Debout devant la porte 72 Jusqu’à ce que je tombe amoureux de toi 73 Pas encore nuit. 74 Highlands 75 Je ne peux pas me libérer de toi 76 Au-delà d’ici il n’y a rien 77 Je sens venir un changement 78 Paie avec du sang 79 Ville rouge 80 Premiers rois romains 


1

TEMPÊTE La pâle lune s’est levée dans sa gloire sur la ville à l’ouest, elle a conté une triste, triste histoire, celle d’un grand navire qui fit naufrage. C’était le quatorzième jour d’avril, au dessus des vagues qu’elle chevauchait, naviguant dans le lendemain vers un âge d’or annoncé. La nuit brillait d'une lumière d’étoiles, la mer était claire et tranchante, progressant à travers les ombres. L’heure promise était proche. Les lumières se tenaient constantes, glissant sur l’écume, tous ces messieurs et dames en route pour leur demeure éternelle. Les chandeliers se balançaient en haut des balustrades, l’ochestre jouait des airs d’amours mortes. Le guetteur, il s’était couché pour rêver, alors que les danseurs du bal tournoyaient, il rêvait que le Titanic sombrait dans le sous-monde. Léo prit son carnet de croquis, il était souvent si inspiré, il ferma les yeux et peignit le décor dans son esprit. Cupidon frappa sa poitrine et la cassa d’un claquement, il tomba tout cuit dans le giron de la femme la plus proche. Il entendit un bruyant tumulte, quelque chose sonnait faux, son for intérieur lui disait qu’il ne pourrait rester là longtemps. Il tituba jusqu’au pont arrière, plus le temps de dormir à présent, l’eau sur le pont arrière, déjà trois pieds de profondeur.

La cheminée penchait de côté, ses pieds lourds commencaient à battre, il marcha dans le tourbillon, le ciel fendu tout autour, l’univers béant était ouvert, le rouleau là-bas était appelé, les anges se détournaient, lumières en bas dans le couloir, scintillement faible et terne, des corps morts flottaient déjà dans la coque à double fond. Alors les machines explosèrent, les hélices, elles ont manqué le démarrage de leurs chaudières surchargées. La proue du navire s’est fendue, les passagers volaient à l’arrière, à l’avant, loin et vite, ils marmonnaient, tatonnaient, culbutaient,  chacun plus épuisé que le suivant. Entre minuit et une heure la voile se déchira en morceaux, aucun changement, pas de miracle soudain n’aurait pu défaire ce qui fut fait. Le guetteur rêvait allongé, couché à quarante-cinq degrés. Il rêvait que le Titanic était en train de couler, tombant à genoux. Wellington, il dormait, son lit commençait à glisser, son cœur vaillant battait, il poussait les tables de côté. Des verres en cristal brisé s’éparpillaient tout autour, il sanglait ses deux pistolets, combien de temps pourrait-il tenir. Ses hommes et compagnons nullepart n’étaient en vue, en silence il attendait là que le temps et l’espace agissent. La coursive était étroite, il y avait de la noirceur dans l’air, il voyait toutes sortes de peines, partout il entendait des voix. Les alarmes retentissaient, pour endiguer le flot croissant amis et amants se serraient les uns aux autres côte à côte. Mères et filles descendant les escaliers sautaient dans les eaux glaçées. L’amour et la pitié envoyaient leurs prières. L’homme riche, monsieur Astor embrassait sa chère épouse, il n’avait pas les moyens de savoir que c’était le dernier voyage. Calvin, Blake et Wilson misaient dans l’obscurité, aucun d’eux ne vivrait jamais pour faire le récit de leur débarquement. Un frère se dressait contre son frère à tout propos, ils se battaient et s’abattaient l’un l’autre dans une danse funèbre. On abaissait les canots de survie de l’épave qui coulait , il y avait des traitres, des rénégats, des dos brisés et des nez brisés. L’évêque sortait de sa cabine pour venir en aide à tous ces gens dans le besoin, tournait ses yeux en haut vers les cieux, disait « les pauvres sont là pour te nourrir ». Davey le taulier de bordel sortait en congédiant ses filles, voyait l’eau profonde monter, voyait le changement de son monde. Jim Dandy souriait, il n’avait jamais appris à nager, voyait le petit estropié et lui donnait son siège. Il voyait la lueur d’étoiles qui scintillait à l’Est, la mort se déchaînait, mais son cœur était à présent en paix.  On abaissait les écoutilles mais les panneaux cédaient, on se noyait dans l’escalier en laiton et or luisant. Léo disait à Cléo : « Je crois que je deviens fou » mais il avait déjà perdu l’esprit quelle que soit la pensée qu’il avait. Il tentait de bloquer le passage pour sauver les gens du mal, le sang d’une plaie ouverte coulait de son bras. Les pétales quittaient les fleurs jusqu’à ce que tous soient tombés. Pendant les longues heures terribles la malédiction opérait. Le maître d’hôtel servait le cognac et s’imbibait lentement, il restait jusqu’à la fin, il était le dernier à partir. Il y en avait beaucoup beaucoup d’autres à jamais anonymes, jamais ils n’avaient pris la mer, ou quitté leur maison avant. Le guetteur, il continuait de rêver allongé, le mal était fait, il rêvait que le Titanic coulait, il essayait d’en parler à quelqu’un. Agenouillé devant la roue le capitaine suffoquait, au-dessus et au-dessous de lui cinquante mille tonnes d’acier. Il se tournait vers la boussole et la regardait bien en face, l’aiguille pointait vers le fond, il savait la course perdue. Dans la sombre illumination il se souvenait des années révolues, il lisait le livre de l’Apocalypse et remplissait sa coupe de larmes. Quand la tâche de la Faucheuse fut terminée ils étaient seize cents allés se reposer, le bon, le mauvais, le riche, le pauvre, le plus aimable et le meilleur. Ils attendaient sur la passerelle et essayaient de comprendre, mais il n’y a rien à comprendre dans le jugement de la main divine. Les nouvelles arrivaient par cables et frappaient de leur force mortelle, l’amour avait perdu ses feux, toutes choses avaient suivi leur cours. Le guetteur, il rêvait toujours allongé à  toutes choses possibles, il rêvait que le Titanic sombrait dans le grand bleu.

Bob Dylan

trad. Gille et John


TEMPESTTEMPEST The pale moon rose in its glory out on the Western town, she told a sad, sad story of the great ship that went down. It was the fourteenth day of April, over the waves she rode to a golden age foretold. The night was bright with starlight, the seas were sharp and clear moving through the shadows. The promised hour was near. Lights were holding steady gliding over the foam, all the lords and ladies heading for their eternal home. The chandeliers were swaying from the balustrades above, the orchestra was playing songs of faded love. The watchman, he lay dreaming, he dreamed the Titanic was sinking into the undeworld. Leo took his sketchbook, he was often so inclined, he closed his eyes and painted the scenery in his mind. Cupid struck his bosom

and broke it with a snap. He heard a loud commotion, something sounded wrong, his innerspirit was saying that he couldn't stand here long, water on the quarterdeck, already three foot deep. Smokestack was leaning sideways, heavy feet began to pound, he walked into the whirlwind, sky splitting all around. The ship was going under, the universe had opened wide, the roll was called up yonder, lights down in the hallway, flickering dim and dull, dead bodies already floating in the double bottom hull. The engines then exploded, propellers they failed to start the boilers overloaded, the ship's bow split apart, passengers were flying backward, forward, far and fast, each one more weary than the last, no change, no sudden wonder could undo what had been done. The watchman lay there dreaming at forty five degrees, he dreamed that the Titanic was sinking, dropping to her knees. Wellington he was sleeping, his bed began to slide, his valiant heart was beating, he pushed the tables aside. Glass of shattered crystal lay scattered roundabout, he strapped on both his pistols, How long could he hold out. His men and his companions were nowhere to be seen, In silence there he waited for time and space to intervene. The passageway was narrow, there was blackness in the air, he saw every kind of sorrow, heard voices everywhere. Alarms bells were ringing to hold back the swelling tide, friends and lovers clinging to each other side by side. Mothers and their daughters descending down the stairs jumped into the icy waters. Love and pity sent their prayers. The rich man, Mister Astor kissed his darling wife, he had no way of knowing it'd be the last trip of his life. Calvin, Blake and Wilson gambled in the dark, no one of them would ever live to tell the tale of disembark. Brother rose up 'gainst brother in every circumstance, they fought and slaughtered eanch other in a deadly dance. They lowered down the lifeboats, ther were traitors, there were turcoats, broken backs aund broben necks. The bishop left his cabin to help all those in need, turned his eyes up to the heavens. Davey the brothel keeper came out, dismissing his girls, saw the water getting deeper, saw the changing of his world. Jim Dandy smiled, he’d never learned to swim, saw the little crippled child and he gave his seat to him. He saw the starlight shining streaming from the East, death was on the rampage but his heart was now at peace. They battered down the hatches but the hatches wouldn’t hold, they droxned upon the staircase of brash and polished gold. Leo said to Cleo « I think I’m going mad. » But h’d lost his mind already whatever mind he had. He tried to block the doorway to save all those from harmblood from an open wound pouring down his arm. Petals fell from flowers ‘til all of them were gone, in the long and dreadful hours the wizard’s curse played on. Th host was pouring brandy he was going down slow , he sayed right ‘til the end, he was the last to go. There were many, many others nameless here forevermore, they’d never sailed the ocean or left their home before. The watchman, he lay dreaming, the damage had been done, he dreamed the Titanic was sinking and he tried to say someone. The captain barely breathing, kneening at the weel above him and beneath him fifthy thousant tons of steel. He looked over at his compass and he gazed into its face, needle pointing downward he knew he lost the race. In the dark illumination he remembered bygone years, he read the book of Revelation and he filled his cup with tears. When the Reaper’s task had ended sixteen hundred had gone to rest, the good, the bad, the rich, the poor, the loveliest and the best. They waited at the landing and they tried to understand but there is no understanding on the jugement of God’s hand. News came over te wires and struck with deadly force, love had los his fires, allthings had run their course. The watchman he lay dreaming of all thigs that can be, he dreamed the Titanic was sinking into the deep blue sea.






2

SOUFFLÉE PAR LE VENT 


Combien de routes un homme doit-il suivre 

Avant qu’on ne l’appelle homme? 

Oui, combien de mers la blanche colombe 

Doit-elle traverser avant de s’endormir sur le sable ? 

Oui, combien de fois les boulets de canon 

Doivent-ils voler avant d’être interdits à jamais ? 

La réponse, mon ami, est soufflée par le vent

La réponse est soufflée par le vent


Combien d’années une montagne peut-elle exister 

Avant d’être balayée par la mer ? 

Oui, combien d’années des gens peuvent vivre 

Avant d’être autorisées à être libres ? 

Oui, combien de fois un homme peut-il tourner la tête 

En faisant semblant de ne pas voir ? 

La réponse, mon ami, est soufflée par le vent

la réponse est soufflée par le vent


Combien de fois un homme doit-il lever les yeux 

Avant de voir le ciel ? 

Oui, et combien d’oreilles un homme doit-il avoir 

Avant d’entendre les gens pleurer ? 

Oui, combien de morts faudra-t-il avant qu'il sache 

Que de trop de gens sont morts ? 

La réponse, mon ami, est soufflée par le vent

la réponse est soufflée par le vent

BLOWIN’ IN THE WIND

How many roads must a man walk down

Before you call him a man?

Yes, ’n’ how many seas must a white dove sail

Before she sleeps in the sand?

Yes, ’n’ how many times must the cannonballs fly

Before they’re forever banned?

The answer, my friend, is blowin’ in the wind

The answer is blowin’ in the wind


How many years can a mountain exist

Before it’s washed to the sea?

Yes, ’n’ how many years can some people exist

Before they’re allowed to be free?

Yes, ’n’ how many times can a man turn his head

Pretending he just doesn’t see?

The answer, my friend, is blowin’ in the wind

The answer is blowin’ in the wind


How many times must a man look up

Before he can see the sky?

Yes, ’n’ how many ears must one man have

Before he can hear people cry?

Yes, ’n’ how many deaths will it take till he knows

That too many people have died?

The answer, my friend, is blowin’ in the wind

The answer is blowin’ in the wind

 

 

3

L’HOMME AU TAMBOURIN

 

Hé ! l’homme au tambourin, joue-moi un air

J’ai pas sommeil et nulle part où aller

Hé ! l’homme au tambourin, joue-moi un air

Dans le tohu-bohu du matin je te suivrai


Bien que je sache que l’empire du soir

Est redevenu sable, a disparu de ma main

M’a laissé aveugle ici debout mais sans dormir encore

 

Ma lassitude me surprend, mes pieds sont marqués au fer

Je n’attends personne

Et l’antique rue vide est trop morte pour rêver

 

Hé, l’homme au tambourin, joue-moi un air

J’ai pas sommeil et nulle part où aller

Hé, l’homme au tambourin, joue un air pour moi

Dans le tohu bohu du matin je te suivrai

 

Embarque-moi sur ton tourbillonnant bateau magique

Je suis privé de mes sens, mes mains ne peuvent aggriper

Mes orteils sont trop engourdis pour faire un pas

Attendant seulement que les talons de mes bottes se mettent à vagabonder

Je suis prêt à aller n’importe où, je suis prêt à me fondre

Dans ma propre parade. Lance ton dansant sortilège sur moi

Je te promets d’y succomber

 

Hé, l’homme au tambourin, joue un air pour moi

J’ai pas sommeil et nulle part où aller


Hé, l’homme au tambourin, joue un air pour moi 

Dans le tohu bohu du matin je te suivrai


Bien que tu puisses entendre les gens rire, tournoyer, se balancer follement au-delà du soleil

Ce n’est dirigé contre personne, c’est juste une fuite en déroute

Et à part le ciel il n’y a aucune barrière à franchir

Et si tu entends des vagues traces de bobines de rimes

Sautillant en rythme, ce n’est qu’un clown en haillons derrière

Je n’y prêterais pas attention, c’est juste l’ombre que tu vois

Qu’il est en train de poursuivre

 

Hé, l’homme au tambourin, joue un air pour moi

J’ai pas sommeil et nulle part où aller

Hé, l’homme au tambourin, joue-moi un air

Dans le cahin caha du matin je te suivrai


Puis fais-moi disparaître derrière les anneaux de fumée de mon esprit

Sous les ruines brûmeuses du temps

Bien au-delà des feuilles gelées, des arbres hantés effrayés

Dehors vers la plage venteuse, hors de l’atteinte entortillée du chagrin fou

Oui, danser sous le ciel de diamant en agitant une main libre

Silhouetté par la mer, entouré par les sables du cirque

Avec toute mémoire et tout destin enfoncés profondément sous les vagues

Laisse-moi oublier aujourd’hui jusqu’à demain

 

Hé, l’homme au tambourin, joue un air pour moi

Je n’ai pas sommeil et nulle part où aller

Hé, l’homme au tambourin, joue un air pour moi 

Dans le tohu bohu du matin, je te suivrai


MR TAMBOURINE MAN


Hey! Mr. Tambourine Man, play a song for me

I’m not sleepy and there is no place I’m going to

Hey! Mr. Tambourine Man, play a song for me

In the jingle jangle morning I’ll come followin’ you


Though I know that evenin’s empire has returned into sand

Vanished from my hand

Left me blindly here to stand but still not sleeping

My weariness amazes me, I’m branded on my feet

I have no one to meet

And the ancient empty street’s too dead for dreaming


Hey! Mr. Tambourine Man, play a song for me

I’m not sleepy and there is no place I’m going to

Hey! Mr. Tambourine Man, play a song for me

In the jingle jangle morning I’ll come followin’ you


Take me on a trip upon your magic swirlin’ ship

My senses have been stripped, my hands can’t feel to grip

My toes too numb to step

Wait only for my boot heels to be wanderin’

I’m ready to go anywhere, I’m ready for to fade

Into my own parade, cast your dancing spell my way

I promise to go under it


Hey! Mr. Tambourine Man, play a song for me

I’m not sleepy and there is no place I’m going to

Hey! Mr. Tambourine Man, play a song for me

In the jingle jangle morning I’ll come followin’ you


Though you might hear laughin’, spinnin’, swingin’ madly across the sun

It’s not aimed at anyone, it’s just escapin’ on the run

And but for the sky there are no fences facin’

And if you hear vague traces of skippin’ reels of rhyme

To your tambourine in time, it’s just a ragged clown behind

I wouldn’t pay it any mind

It’s just a shadow you’re seein’ that he’s chasing


Hey! Mr. Tambourine Man, play a song for me

I’m not sleepy and there is no place I’m going to

Hey! Mr. Tambourine Man, play a song for me

In the jingle jangle morning I’ll come followin’ you


Then take me disappearin’ through the smoke rings of my mind

Down the foggy ruins of time, far past the frozen leaves

The haunted, frightened trees, out to the windy beach

Far from the twisted reach of crazy sorrow

Yes, to dance beneath the diamond sky with one hand waving free

Silhouetted by the sea, circled by the circus sands

With all memory and fate driven deep beneath the waves

Let me forget about today until tomorrow


Hey! Mr. Tambourine Man, play a song for me

I’m not sleepy and there is no place I’m going to

Hey! Mr. Tambourine Man, play a song for me

In the jingle jangle morning I’ll come followin’ you



4

COMME UNE PIERRE QUI ROULE



Il fut un temps où tu portais des vêtements très chics

Dans ce temps-là tu jetais des pièces aux clochards, n’est-ce pas ?

Les gens te prévenaient, disaient « Prends garde poupée, tu risques de tomber »

Tu pensais qu’ils plaisantaient

Tu en riais

De ces gens qui traînaient`

Maintenant tu fais moins la fière

Quand il s’agit de taper ton prochain dîner


Qu’est-ce que ça fait ?

Qu’est-ce que ça fait ?

De ne pas avoir de maison

Comme une parfaite inconnue

Comme une pierre qui roule



Tu es allée dans les meilleurs écoles, d’accord Miss Lonely 

Mais tu sais, tu n’as fait que t’y griser

Personne ne t’a jamais appris à vivre dans la rue 

Et maintenant tu découvres qu’il va falloir t’y faire

Tu dis que tu ne transiges jamais avec le clochard mystère

Mais maintenant tu te rends compte 

Qu’il ne vend pas d’alibis 

Alors que tu fixes le vide de ses yeux 

Et lui demande voulez-vous faire affaire ?


Qu’est-ce que ça fait ?

Qu’est-ce que ça fait ?

De ne pas avoir de maison

Comme une parfaite inconnue

Comme une pierre qui roule


Tu ne t’es jamais retournée sur l’air sombre des jongleurs et des clowns

Quand ils venaient te faire leur numéro

Tu n’as jamais compris que tout cela ne vaut rien

Qu’il ne faut pas laisser les autres prendre des coup à ta place

Toi qui chevauchais ta monture chromée avec ton diplomate

Qui portait sur son épaule un chat siamois

Ce fut très dur n’est-ce pas, quand tu as découvert

Qu’il n’était vraiment pas là où il était

Après avoir tiré de toi tout ce qu’il pouvait voler


Qu’est-ce que ça fait ?

Qu’est-ce que ça fait ?

De ne pas avoir de maison

Comme une parfaite inconnue

Comme une pierre qui roule


Princesse à son clocher et tout ce joli monde

Qui boit et pense que c’est dans la poche

Qui échange de précieux cadeaux, des petits riens

Tu ferais mieux d’ôter ton anneau de diamant, et de le mettre au clou, ma petite

Tu avais l’habitude d’en rire

Du Napoléon en haillons et des mots qui allaient avec lui

Vas à lui à présent, il t’appelle, tu ne peux pas dire non

Quand tu n’as rien tu n’as rien à perdre

Te voici invisible tu n’as pas de secrets à cacher


Qu’est-ce que ça fait ?

Qu’est-ce que ça fait ?

De ne pas avoir de maison

Comme une parfaite inconnue

Comme une pierre qui roule










LIKE A ROLLING STONE


Once upon a time you dressed so fine

You threw the bums a dime in your prime, didn’t you?

People’d call, say, “Beware doll, you’re bound to fall”

You thought they were all kiddin’ you

You used to laugh about

Everybody that was hangin’ out

Now you don’t talk so loud

Now you don’t seem so proud

About having to be scrounging for your next meal


How does it feel

How does it feel

To be without a home

Like a complete unknown

Like a rolling stone?


You’ve gone to the finest school all right, Miss Lonely

But you know you only used to get juiced in it

And nobody has ever taught you how to live on the street

And now you find out you’re gonna have to get used to it

You said you’d never compromise

With the mystery tramp, but now you realize

He’s not selling any alibis

As you stare into the vacuum of his eyes

And ask him do you want to make a deal?


How does it feel

How does it feel

To be on your own

With no direction home

Like a complete unknown

Like a rolling stone?


You never turned around to see the frowns on the jugglers and the clowns

When they all come down and did tricks for you

You never understood that it ain’t no good

You shouldn’t let other people get your kicks for you

You used to ride on the chrome horse with your diplomat

Who carried on his shoulder a Siamese cat

Ain’t it hard when you discover that

He really wasn’t where it’s at

After he took from you everything he could steal


How does it feel

How does it feel

To be on your own

With no direction home

Like a complete unknown

Like a rolling stone?


Princess on the steeple and all the pretty people

They’re drinkin’, thinkin’ that they got it made

Exchanging all kinds of precious gifts and things

But you’d better lift your diamond ring, you’d better pawn it babe

You used to be so amused

At Napoleon in rags and the language that he used

Go to him now, he calls you, you can’t refuse

When you got nothing, you got nothing to lose

You’re invisible now, you got no secrets to conceal


How does it feel

How does it feel

To be on your own

With no direction home

Like a complete unknown

Like a rolling stone?

 

 

5

VENT STUPIDE

 

Quelqu’un m’en veut, on monte des histoires dans la presse

Qui que ce soit je voudrais que ça cesse mais quand, je ne peux deviner

On dit que j’ai tiré sur un certain Gray et emmené sa femme en Italie

Elle a hérité d’un million de dollars qui me sont revenus à sa mort 

Je n’y peux rien si j’ai de la chance

 

Les gens que je vois tous les jours ne savent même plus ce qu’il faut faire

Leurs esprits sont pleins de grandes idées, d’images et de faits déformés

Même toi hier il a fallu que tu me demandes où nous en étions

Incroyable qu’après tant d’années tu ne me connaisses pas mieux, gentille dame

 

Vent stupide qui souffle chaque fois que tu ouvres la bouche

Qui souffle dans les chemins en pente au sud 

Vent stupide qui souffle quand tu grince des dents

Stupide petite

Étonnant que tu saches encore respirer

 

J’ai couru chez la voyante qui m’a dit attention à la foudre qui pourrait frapper

Je n’ai connu ni paix ni calme depuis si longtemps que j’oublie de quoi ça a l’air

Il y a un soldat seul sur la croix, de la fumée s’échappe de la porte d’un wagon

Tu n’en savais rien, tu n’y croyais pas, et à la fin il a gagné la guerre

Après avoir perdu chaque bataille

 

Éveillé sur le bas-côté, rêvassant aux choses comme elles sont parfois

Des visions de ta jument alezane jaillissent dans ma tête et me font voir des étoiles

Tu fais du mal à ceux que j’aime le plus et tu caches la vérité avec tes mensonges

Un jour tu seras dans le fossé, des mouches bourdonnant autour de tes yeux

Et du sang sur ta selle

 

Vent stupide qui souffle sur les fleurs de ta tombe

Souffle à travers les rideaux de ta chambre

Vent stupide qui souffle chaque fois que tu grinces des dents

Stupide petite

Étonnant que tu saches encore respirer

 

C’est la pesanteur qui nous a démolis et le destin qui nous a séparés

Tu as dompté le lion dans sa cage mais pour changer mon cœur ce n’était pas assez

À présent tout est comme sens dessus dessous, en réalité les roues sont bloquées

Le bien est mal, le mal est bien, tu découvres qu’au sommet

Tu es au fond

 

J’ai noté qu’à la cérémonie, tes manières pas nettes avaient fini par t’aveugler

Je ne me souviens plus de ta tête, ta bouche a changé, tes yeux ne sont plus dans les miens

Au septième jour le prêtre était en noir assis de marbre pendant que le batiment brûlait

Je t’ai attendue sur les marchepieds, près des cyprès, le printemps virait

Lentement à l’automne

 

Vent stupide qui souffle en rond autour de mon crâne

Du barrage du Grand Coulee au Capitole

Vent stupide qui souffle quand tu grinces des dents

Stupide petite

Étonnant que tu saches encore respirer

 

Je ne peux plus te sentir, ni même toucher les livres que tu as lus

Chaque fois que je rampe devant ta porte, je préfèrerais être quelqu’un d’autre

Le long des routes, le long des rails, le long du chemin de l’extase

Sous les étoiles je t’ai suivie, pourchassé par ton souvenir

Et toute ta gloire déchaînée

 

C’est la dernière fois qu’on me trahit et me voilà enfin libre

J’ai envoyé un baiser d’adieu à la bête hurlante sur la frontière qui me séparait de toi

Tu ne sauras jamais le mal que j’ai enduré ni la douleur que je surmonte

Et je ne saurai jamais rien d’égal sur toi, ta sainteté ou ton genre d’amour

Et vraiment ça me désole

 

Vent stupide qui souffle par les boutons de nos manteaux

Qui souffle sur les lettres qu’on a écrites

Vent stupide qui souffle la poussière de nos étagères

Nous sommes stupides, petite

Étonnant qu’on arrive encore à s’alimenter








IDIOT WIND


Someone’s got it in for me, they’re planting stories in the press

Whoever it is I wish they’d cut it out but when they will I can only guess

They say I shot a man named Gray and took his wife to Italy

She inherited a million bucks and when she died it came to me

I can’t help it if I’m lucky


People see me all the time and they just can’t remember how to act

Their minds are filled with big ideas, images and distorted facts

Even you, yesterday you had to ask me where it was at

I couldn’t believe after all these years, you didn’t know me better than that

Sweet lady


Idiot wind, blowing every time you move your mouth

Blowing down the backroads headin’ south

Idiot wind, blowing every time you move your teeth

You’re an idiot, babe

It’s a wonder that you still know how to breathe


I ran into the fortune-teller, who said beware of lightning that might strike

I haven’t known peace and quiet for so long I can’t remember what it’s like

There’s a lone soldier on the cross, smoke pourin’ out of a boxcar door

You didn’t know it, you didn’t think it could be done, in the final end he won the wars

After losin’ every battle


I woke up on the roadside, daydreamin’ ’bout the way things sometimes are

Visions of your chestnut mare shoot through my head and are makin’ me see stars

You hurt the ones that I love best and cover up the truth with lies

One day you’ll be in the ditch, flies buzzin’ around your eyes

Blood on your saddle


Idiot wind, blowing through the flowers on your tomb

Blowing through the curtains in your room

Idiot wind, blowing every time you move your teeth

You’re an idiot, babe

It’s a wonder that you still know how to breathe


It was gravity which pulled us down and destiny which broke us apart

You tamed the lion in my cage but it just wasn’t enough to change my heart

Now everything’s a little upside down, as a matter of fact the wheels have stopped

What’s good is bad, what’s bad is good, you’ll find out when you reach the top

You’re on the bottom


I noticed at the ceremony, your corrupt ways had finally made you blind

I can’t remember your face anymore, your mouth has changed, your eyes

    don’t look into mine

The priest wore black on the seventh day and sat stone-faced while the

    building burned

I waited for you on the running boards, near the cypress trees, while the

    springtime turned

Slowly into Autumn


Idiot wind, blowing like a circle around my skull

From the Grand Coulee Dam to the Capitol

Idiot wind, blowing every time you move your teeth

You’re an idiot, babe

It’s a wonder that you still know how to breathe


I can’t feel you anymore, I can’t even touch the books you’ve read

Every time I crawl past your door, I been wishin’ I was somebody else instead

Down the highway, down the tracks, down the road to ecstasy

I followed you beneath the stars, hounded by your memory

And all your ragin’ glory


I been double-crossed now for the very last time and now I’m finally free

I kissed goodbye the howling beast on the borderline which separated you from me

You’ll never know the hurt I suffered nor the pain I rise above

And I’ll never know the same about you, your holiness or your kind of love

And it makes me feel so sorry


Idiot wind, blowing through the buttons of our coats

Blowing through the letters that we wrote

Idiot wind, blowing through the dust upon our shelves

We’re idiots, babe

It’s a wonder we can even feed ourselves

 

 

6

MÉTIER À TISSER DORÉ


Nuit grise d’automne, étoiles dans le ciel

Je vois passer les bateaux qui traversent la baie

Les eucalyptus surplombent l’avenue

Puis je tourne la tête car tu viens vers moi

Clair de lune sur l’eau, fille de pêcheur tu flottes dans ma chambre 

Avec un métier à tisser doré


D’abord nous lavons nos pieds près de l’immortel sanctuaire

Puis nos ombres se touchent puis nous buvons le vin

Au dessus de ton visage je vois les nuages affamés

Puis les larmes qui roulent, quel goût amer

Puis tu vas à la dérive un jour d’été où fleurissent les fleurs des champs

Avec ton métier à tisser doré


Je traverse le pont dans la triste lumière

Lorsque les voitures se déshabillent entre les portes de la nuit

Je vois le lion tremblant à la queue en fleur de lotus

Puis je baise tes lèvres en soulevant ton voile


Mais tu es partie et tout ce que je crois me rappeler c’est l’odeur d’un parfum

Et ton métier à tissé doré








GOLDEN LOOM



Smoky autumn night, stars up in the sky

I see the sailin’ boats across the bay go by

Eucalyptus trees hang above the street

And then I turn my head, for you’re approachin’ me

Moonlight on the water, fisherman’s daughter, floatin’ in to my room

With a golden loom


First we wash our feet near the immortal shrine

And then our shadows meet and then we drink the wine

I see the hungry clouds up above your face

And then the tears roll down, what a bitter taste

And then you drift away on a summer’s day where the wildflowers bloom

With your golden loom


I walk across the bridge in the dismal light

Where all the cars are stripped between the gates of night

I see the trembling lion with the lotus flower tail

And then I kiss your lips as I lift your veil

But you’re gone and then all I seem to recall is the smell of perfume

And your golden loom



7

LA PLUPART DU TEMPS

 

La plupart du temps 

Je suis bien concentré de tous côtés

La plupart du temps

Je peux garder mes deux pieds sur terre

Je peux suivre le sentier, je peux lire les panneaux

Garder mon cap quand la route tourne

Je peux gérer ce sur quoi je trébuche

Je ne remarque même pas qu’elle est partie

La plupart du temps

 

La plupart du temps

Cela va sans dire

La plupart du temps

Je ne changerais pas si je pouvais

Je peux tout recoller, je peux me défendre

Je peux faire face à la situation jusqu’au bout

Je peux survivre, je peux endurer

Et je ne pense même pas à elle

La plupart du temps

 

La plupart du temps

J’ai la tête d’aplomb

La plupart du temps

Je suis assez fort pour ne pas haïr

Je n’accumule pas les illusions à m’en rendre malade

Je ne crains pas la confusion si dense soit-elle

Je peux sourire à la face de l’humanité

Je ne me souviens même pas du goût de ses lèvres sur les miennes

La plupart du temps

 

La plupart du temps 

Je ne pense même pas à elle

Je ne la reconnaîtrais pas si je la voyais

Tellement elle est loin derrière

La plupart du temps 

Je ne peux même pas être sûr

Q’elle ait été avec moi

Ou moi avec elle

 

La plupart du temps

Je suis à moité satisfait

La plupart du temps

Je sais exactement comment ça a tourné

Je ne triche pas avec moi-même, je ne cours pas me cacher

Je ne cache pas les sentiments enfouis en moi

Je ne transige pas, je ne fais pas semblant

Je me fiche même de la revoir un jour

La plupart du temps

 


MOST OF THE TIME

 

Most of the time

I’m clear focused all around

Most of the time

I can keep both feet on the ground

I can follow the path, I can read the signs

Stay right with it when the road unwinds

I can handle whatever I stumble upon

I don’t even notice she’s gone

Most of the time


Most of the time

It’s well understood

Most of the time

I wouldn’t change it if I could

I can make it all match up, I can hold my own

I can deal with the situation right down to the bone

I can survive, I can endure

And I don’t even think about her

Most of the time


Most of the time

My head is on straight

Most of the time

I’m strong enough not to hate

I don’t build up illusion ’til it makes me sick

I ain’t afraid of confusion no matter how thick

I can smile in the face of mankind

Don’t even remember what her lips felt like on mine

Most of the time


Most of the time

She ain’t even in my mind

I wouldn’t know her if I saw her

She’s that far behind

Most of the time

I can’t even be sure

If she was ever with me

Or if I was with her

Most of the time




8

AU-DELÀ DE L'HORIZON 


Au-delà de l'horizon, derrière le soleil

À la fin de l'arc-en-ciel, la vie a commencé 

Dans les longues heures de crépuscule sous la poussière des étoiles 

Au-delà de l’horizon, il est facile d’aimer

Je regarde par la fenêtre

D’une ancienne ville

Les pétales des fleurs

Tombant sur le sol

Au-delà de l’horizon, au printemps ou à l'automne, 

L'amour attend pour toujours pour un et pour tous



Au-delà de l’horizon le long de la frontière 

Vers minuit, nous serons du même côté

En bas dans la vallée où coule de l'eau froide 

Au-delà de l'horizon, quelqu'un prie pour ton âme

J’ai perdu mon amour sincère

Au crépuscule, à l’aube

Je dois récupérer

Me lever et continuer

Au-delà de l’horizon, au-delà du jeu de l’amour brûlant

Chaque pas que tu fais, je fais le même


Au-delà de l'horizon, le vent nocturne souffle 

Un thème de mélodie vieille de plusieurs lunes

Les cloches de Sainte-Marie comme elles sonnent légèrement

Au-delà de l'horizon, je t’ai trouvée juste à temps

Glissant et patinant

Trop tard pour s’arrêter

Chevauchant et planant

On est seul au sommet

Au-delà de l’horizon le ciel est si bleu

J’ai plus d’une vie à vivre en t’aimant


BEYOND THE HORIZON


Beyond the horizon, behind the sun

At the end of the rainbow life has only begun

In the long hours of twilight ’neath the stardust above

Beyond the horizon it is easy to love

I’m staring out the window

Of an ancient town

Petals from flowers

Falling to the ground

Beyond the horizon, in the springtime or fall

Love waits forever, for one and for all


Beyond the horizon, across the divide

’Round about midnight, we’ll be on the same side

Down in the valley the water runs cold

Beyond the horizon someone’s prayin’ for your soul

I lost my true lover

In the dusk, in the dawn

I have to recover

Get up and go on

Beyond the horizon, beyond love’s burning game

Every step that you take, I’m walking the same


Beyond the horizon, the night winds blow

The theme of a melody from many moons ago

The bells of St. Mary, how sweetly they chime

Beyond the horizon I found you just in time

Slipping and sliding

Too late to stop

Riding and gliding

It’s lonely at the top

Beyond the horizon, the sky is so blue

I’ve got more than a lifetime to live lovin’ you


9

LA MORT D’EMMETT TILL 


C’était là-bas dans le Mississipi il n’y a pas si longtemps

Quand un jeune gars de Chicago franchit un seuil sudiste

J’ai toujours présente à l’esprit la choquante tragédie du garçon

Sa peau était de couleur noire, il s’appelait Emmett Till


Des hommes le  traînaient dans une grange et passaient à tabac

Ils disaient avoir une bonne raison, mais je ne souviens plus laquelle

Ils le torturaient et faisaient des choses trop dures à répéter

Dans la grange le bruit des cris, dehors dans la rue le bruit des rires


Puis ils ont roulé son corps au bas d’un fossé au milieu d’une pluie rouge sang 

Et l’ont jeté dans l’eau du large afin que cesse sa douleur hurlante

La raison pour le tuer là, et je suis sûr que ce n’est pas un mensonge

C’était pour le seul plaisir de le tuer et de le voir mourir lentement 


Alors pour empêcher les Etats Unis de réclamer un procès

Deux frères avouèrent le meurtre du pauvre Emmett

Mais le jury comptait des hommes qui avaient aidé les frères à commettre cet horrible crime

Le procès a donc été une parodie, personne ne semble s’en être souçié


J’ai regardé les journaux du matin mais je n’ai pu supporter la vue 

Du sourire des frères qui descendaient les marches du palais de justice 

Car le jury les a trouvés innocents et les frères sont sortis libres

Tandis que le corps d’Emmett flotte sur l’écume de la mer sudiste de John Crown

Si vous ne pouvez pas dénoncer cette sorte de choses, un crime si injuste 

C’est que vos yeux sont pleins de saleté de morts, votre esprit plein de poussière

Vos bras et vos jambes faits de manilles et de chaînes et votre sang refuse de couler

Car l’espèce humaine, vous la laissez tomber diablement bas !


Cette chanson n’est qu’un rappel, pour rappeler à ton prochain

Que ce genre de choses est toujours vivant aujourd’hui dans le Klu-Klux-Klan aux robes de fantômes

Mais si nous tous gens qui pensons la même chose

Si nous donnions tout ce que nous pouvons donner

Nous pourrions faire de notre grand pays un meilleur endroit où vivre.



THE DEATH OF EMMETT TILL


Twas down in Mississippi not so long ago

When a young boy from Chicago town stepped through a Southern door

This boy’s dreadful tragedy I can still remember well

The color of his skin was black and his name was Emmett Till


Some men they dragged him to a barn and there they beat him up

They said they had a reason, but I can’t remember what

They tortured him and did some things too evil to repeat

There were screaming sounds inside the barn, there was laughing sounds

    out on the street


Then they rolled his body down a gulf amidst a bloody red rain

And they threw him in the waters wide to cease his screaming pain

The reason that they killed him there, and I’m sure it ain’t no lie

Was just for the fun of killin’ him and to watch him slowly die


And then to stop the United States of yelling for a trial

Two brothers they confessed that they had killed poor Emmett Till

But on the jury there were men who helped the brothers commit this

    awful crime

And so this trial was a mockery, but nobody seemed to mind


I saw the morning papers but I could not bear to see

The smiling brothers walkin’ down the courthouse stairs

For the jury found them innocent and the brothers they went free

While Emmett’s body floats the foam of a Jim Crow southern sea


If you can’t speak out against this kind of thing, a crime that’s so unjust

Your eyes are filled with dead men’s dirt, your mind is filled with dust

Your arms and legs they must be in shackles and chains, and your blood it

    must refuse to flow

For you let this human race fall down so God-awful low!


This song is just a reminder to remind your fellow man

That this kind of thing still lives today in that ghost-robed Ku Klux Klan

But if all of us folks that thinks alike, if we gave all we could give

We could make this great land of ours a greater place to live



10

IL Y A LONGTEMPS, C’EST SI LOIN 


Prêcher paix et fraternité

Oh quel peut en être le prix ! 

Un homme a fait ça jadis

On l’a pendu à une croix

Il y a longtemps, c’est si loin

ces choses-là n’arrivent plus 

Plus jamais de nos jours


Les chaînes que les esclaves 

Traînaient au sol, le cœur et la tête lourde

C’était du temps de Lincoln 

Et c’était il y a longtemps

Longtemps, c’est si loin

Ces choses-là n’arrivent plus de nos jours


Les fusils de guerre se déchaînaient

Le monde entier perdait son sang

Des corps humains flottaient au bord d’océans de boue

Il y a longtemps, c’est si loin

Ces choses-là n’arrivent plus de nos jours

Plus jamais, de nos jours


Un homme avait beaucoup d’argent

Un homme n’avait pas à manger

Un homme vivait comme un roi

Un autre mendiait dans la rue

C’était il y a longtemps, c’est si loin

Ces choses-là n’arrivent plus de nos jours


Un homme mourrait d’un couteau bien aiguisé

Un homme mourrait d’une balle d’arme à feu

Un homme mourrait le cœur brisé 

De voir son fils se faire lyncher

C’était il y a longtemps, c’est si loin

Ces choses-là n’arrivent plus de nos jours


Les gladiateurs s’entretuaient

C’était du temps des romains

Les gens applaudissaient avec des sourires injectés de sang 

Alors que les yeux et l’esprit s’aveuglaient

C’était il y a longtemps, c’est si loin

Ces choses-là n’arrivent plus de nos jours


Et prêcher paix et fraternité

Oh quel peut en être le prix ! 

Un homme a fait ça jadis

On l’a pendu à une croix

C’était il y a longtemps c’est si loin

Ces choses-là n’arrivent plus, de nos jours, pas vrai ?



LONG AGO, FAR AWAY


To preach of peace and brotherhood

Oh, what might be the cost!

A man he did it long ago

And they hung him on a cross

Long ago, far away

These things don’t happen

No more, nowadays


The chains of slaves

They dragged the ground

With heads and hearts hung low

But it was during Lincoln’s time

And it was long ago

Long ago, far away

Things like that don’t happen

No more, nowadays


The war guns they went off wild

The whole world bled its blood

Men’s bodies floated on the edge

Of oceans made of mud

Long ago, far away

Those kind of things don’t happen

No more, nowadays


One man had much money

One man had not enough to eat

One man he lived just like a king

The other man begged on the street

Long ago, far away

Things like that don’t happen

No more, nowadays


One man died of a knife so sharp

One man died from the bullet of a gun

One man died of a broken heart

To see the lynchin’ of his son

Long ago, far away

Things like that don’t happen

No more, nowadays


Gladiators killed themselves

It was during the Roman times

People cheered with bloodshot grins

As eyes and minds went blind

Long ago, far away

Things like that don’t happen

No more, nowadays


And to talk of peace and brotherhood

Oh, what might be the cost!

A man he did it long ago

And they hung him on a cross

Long ago, far away

Things like that don’t happen

No more, nowadays, do they?


11

LONGTEMPS PARTI 


Mes parents m’ont élevé tendrement

J’étais leur fils unique

Mon esprit s’est mis à vagabonder 

Alors que j’étais si jeune 

Et j’ai quitté ma maison une première fois 

Quand j’avais douze ans et quelque

J’ai du chemin à faire, Mam’

Et je serai parti longtemps


Dans tout l’ouest du Texas

Dans les plaines du Texas

J’ai cherché un boulot à faire 

Mais ils disaient que j’étais trop jeune

Mes yeux me brûlaient quand j’entendais 

« Retourne t’en d’où tu viens ! » 

J’ai du chemin à faire

Et je serai parti longtemps


Je me souviens quand je traînais 

En suivant les trains de carnaval

Ville différentes, gens différents

Et en quelque sorte tous semblables

Je me rappelle surtout les visages d’enfants

Je me rappelle avoir vu du pays

j’ai du chemin à faire

Et je serai parti longtemps


J’aimais un jour une jeune beauté

Je ne suis pas fier de le dire

Si ce n’est pas une fois qu’elle a brisé mon cœur

C’est dix ou douze fois qu’elle l’a brisé

J’allais marchant et parlant seul

Je n’en ai parlé à personne

J’ai du chemin à faire, petite

Et je serai parti longtemps


Maintes fois au bord de la grand-route

J’ai tenté de signaler du pouce ma direction

L’œil injecté, grinçant des dents

Je voyais défiler les voitures

l’air vide flottait dans ma tête

Et je ruminais tout le long du jour

J’ai du chemin à faire

Et je serai parti longtemps


Vous me verrez peut-être à vos carrefours

Je ne ferai que passer

Gardez de moi l’image qu’il vous plaira

Tandis que je disparais de votre vue

Je n’ai pas le temps de m’en soucier

J’ai trop de choses à accomplir

J’ai du chemin à faire

Et je serai parti longtemps


Si je ne peux aider personne

D’un mot ou d’une chanson

Si je ne peux pas leur montrer 

Qu’ils ont pris la mauvaise route

Tant pis, je ne suis pas prophète, je sais

Et ne suis pas fils du prophète

J’ai du chemin à faire

Et je serai parti longtemps


Alors votre beauté, gardez-la

C’est un mensonge à fleur de peau

Votre jeunesse gardez-la, 

Elle pourrira devant vos yeux

Donnez-moi juste une stèle 

Où l’on inscrira clairement

« J’ai du chemin à faire

Et je serai parti longtemps »


LONG TIME GONE


My parents raised me tenderly

I was their only son

My mind got mixed with ramblin’

When I was all so young

And I left my home the first time

When I was twelve and one

I’m a long time a-comin’, Maw

An’ I’ll be a long time gone


On the western side of Texas

On the Texas plains

I tried to find a job o’ work

But they said l’s young of age

My eyes they burned when I heard

“Go home where you belong!”

I’m a long time a-comin’

An’ I’ll be a long time gone


I remember when I’s ramblin’

Around with the carnival trains

Different towns, different people

Somehow they’re all the same

I remember children’s faces best

I remember travelin’ on

I’m a long time a-comin’

I’ll be a long time gone


I once loved a fair young maid

An’ I ain’t too big to tell

If she broke my heart a single time

She broke it ten or twelve

I walked and talked all by myself

I did not tell no one

I’m a long time a-comin’, babe

An’ I’ll be a long time gone


Many times by the highwayside

I tried to flag a ride

With bloodshot eyes and gritting teeth

I’d watch the cars roll by

The empty air hung in my head

I’s thinkin’ all day long

I’m a long time a-comin’

I’ll be a long time gone


You might see me on your crossroads

When I’m a-passin’ through

Remember me how you wished to

As I’m a-driftin’ from your view

I ain’t got the time to think about it

I got too much to get done

Well, I’m a long time comin’

An’ I’ll be a long time gone


If I can’t help somebody

With a word or song

If I can’t show somebody

They are travelin’ wrong

But I know I ain’t no prophet

An’ I ain’t no prophet’s son

I’m just a long time a-comin’

An’ I’ll be a long time gone


So you can have your beauty

It’s skin deep and it only lies

And you can have your youth

It’ll rot before your eyes

Just give to me my gravestone

With it clearly carved upon:

“I’s a long time a-comin’

An’ I’ll be a long time gone”



12

BALLADE DE DONALD WHITE 


Mon nom est Donald White, voyez-vous

Je me tiens devant vous tous

Par vous j’ai été jugé meurtrier

Et le nœud du bourreau doit tomber

Je mourrai au poteau de potence 

Quand la claire lune luira 

Et ce sont mes derniers mots

Que vous entendrez jamais


J’ai quitté ma maison du Kansas 

Lorsque j’étais très jeune

J’ai débarqué dans ce vieux Nord-Ouest 

À Seattle, Washington

Même si j’ai parcouru beaucoup de kilomètres 

Je ne me suis jamais fait d’ami 

Car je ne pouvais aller longtemps dans la vie 

Avec les gens que je rencontrais


Avec un peu d’éducation 

Pour me lancer décemment

J’aurais pu être docteur 

Ou posséder la maîtrise d’un art 

Mais j’ai employé mes mains à voler 

Lorsque j’étais très jeune 

Et on m’a bouclé dans des cellules de prison

Ma vie a commencé comme ça


Oh, ces détenus, ces prisonniers

J’ai bien vu qu’ils étaient de ma race 

Et c’est là, à l’abri des barreaux

Que j’ai trouvé mon esprit en paix

Mais les prisons étaient trop encombrées

Et les institutions submergées

Alors ils m’ont laissé repartir 

Sur la route pressée, emmêlée de la vie


Et il y a danger sur l’océan

où les vagues salées et hautes se fendent

Et danger sur le champ de bataille 

Quand volent les douilles des balles 

Et danger n’importe où dans ce monde ouvert 

Où l’on lutte pour être libre

Et pour moi le plus grand danger

Était dans la société 


Alors j’ai demandé qu’ils me renvoient 

À l’institution 

Mais ils m’ont dit, c’est trop encombré

Pour moi ils n’avaient pas de place

Je suis tombé à genoux et les ai suppliés 

« Oh s’il vous plait mettez-moi à l’écart »

Mais ils n’ont pas voulu écouter mon appel 

Et quoique j’ai pu dire


Et c’est donc la veille de Noël de l’année 59

Cette nuit-là que j’ai tué un homme

Je n’ai pas essayé de me cacher

Les jurés m’ont trouvé coupable 

Et je ne vais pas le contester 

Car je savais cela inévitable

Si je n’étais pas mis à l’écart


Je suis content d’avoir été sans parents 

Pour me soigner ou me crier dessus 

Car ils ne sauront jamais maintenant 

La mort horrible qui est la mienne

Content aussi de n’avoir pas eu d’amis 

Pour voir mon déshonneur 

Car ils ne verront jamais la cagoule du bourreau 

Enfermer mon visage


Adieu vieux bois du Nord 

Où j’ai tant couru

Adieu bistrots bondés 

Où j’avais élu domicile

Adieu à vous tous 

Qui de moi pensez pis que pendre

Je suppose vous vous sentirez mieux 

Quand je pendrai à la branche


Mais j’ai encore une question 

Avant qu’ils m’exécutent

Je me demande seulement 

Si je vous ai bien dit

À propos des garçons qui suivent 

La basse même route que moi

Sont-ils les ennemis ou les victimes 

De votre société ?




BALLAD OF DONALD WHITE


My name is Donald White, you see

I stand before you all

I was judged by you a murderer

And the hangman’s knot must fall

I will die upon the gallows pole

When the moon is shining clear

And these are my final words

That you will ever hear


I left my home in Kansas

When I was very young

I landed in the old Northwest

Seattle, Washington

Although I’d a-traveled many miles

I never made a friend

For I could never get along in life

With people that I met


If I had some education

To give me a decent start

I might have been a doctor or

A master in the arts

But I used my hands for stealing

When I was very young

And they locked me down in jailhouse cells

That’s how my life begun


Oh, the inmates and the prisoners

I found they were my kind

And it was there inside the bars

I found my peace of mind

But the jails they were too crowded

Institutions overflowed

So they turned me loose to walk upon

Life’s hurried tangled road


And there’s danger on the ocean

Where the salt sea waves split high

And there’s danger on the battlefield

Where the shells of bullets fly

And there’s danger in this open world

Where men strive to be free

And for me the greatest danger

Was in society


So I asked them to send me back

To the institution home

But they said they were too crowded

For me they had no room

I got down on my knees and begged

“Oh, please put me away”

But they would not listen to my plea

Or nothing I would say


And so it was on Christmas Eve

In the year of ’59

It was on that night I killed a man

I did not try to hide

The jury found me guilty

And I won’t disagree

For I knew that it would happen

If I wasn’t put away


And I’m glad I’ve had no parents

To care for me or cry

For now they will never know

The horrible death I die

And I’m also glad I’ve had no friends

To see me in disgrace

For they’ll never see that hangman’s hood

Wrap around my face


Farewell unto the old north woods

Of which I used to roam

Farewell unto the crowded bars

Of which’ve been my home

Farewell to all you people

Who think the worst of me

I guess you’ll feel much better when

I’m on that hanging tree


But there’s just one question

Before they kill me dead

I’m wondering just how much

To you I really said

Concerning all the boys that come

Down a road like me

Are they enemies or victims

Of your society?



13

LE RAG NEW ORLEANS DE BOB DYLAN 


J’étais assis sur une souche 

Là-bas à la Nouvelle Orléans

Je me sentais plutôt bête

Sale et méchant

Là-dessus arrive un type

Il ne s’est pas présenté

Il me dit « Je connais une femme 

qui peut te retaper vite fait »

J’ai fait ni une ni deux

J’ai dit ce qu’il fallait 

« Allons trouver cette dame

Qui peut me faire du bien »

Nous avons traversé le fleuve 

Dans une fièvre nautique 

Et nous voilà devant une porte

Au numéro cent trois 

Je m’apprêtais juste 

À frapper un petit coup 

Quand sort un type 

Qui ne pouvait même plus marcher

Il s’appuie et se faufile

Il ne tient plus sur ses jambes

Il gémit, il grogne

Se traîne en bas de la rue 

Et voilà que par la porte 

Sort un autre homme

Vacillant, titubant

À peine s’il tenait debout

Il avait dans les yeux 

Le regard effrayé 

De celui qui vient d’affronter un ours

Il était proche de la mort


Bon, j’ai regardé par la serrure

Approchait dans l’entrée 

Un type à longues jambes 

Qui pouvait à peine se traîner

Il marmonnait, parlait un français massacré 

Et avait l’air d’être passé 

À travers une clef à mollette


Bon, après ça 

J’avais trop peur pour frapper

Trop peur pour bouger

J’étais en êtat de choc

J’ai fredonné un petit air 

Et en me mélangeant les pinceaux 

J’ai fait machine arrière dans la grand-rue

Bon, jusqu’au coin de la rue 

Et j’ai piqué un sanglant mille mètres

Si je courais, mon vieux, ce n’était pas 

Parce que j’étais mal

Je courais simplement 

Pour me sortir de là vite fait


Bon, me voilà donc trébuchant 

Tout le long avec des sifflements dans la poitrine

J’ai dû courir le kilomètre 

En moins d’une minute 

J’ai marché sur une bûche 

Trébuché sur une souche 

J’ai attrapé à la volée un train rapide

Alors si tu veux faire le voyage

Pour la Louisiane

Si tu te sens un peu seul

Si tu cherches un endroit où aller

Mon vieux tu ferais mieux 

De rester dans ta dêche 

Plutôt qu’affronter la dame 

Du numéro cent trois.


BOB DYLAN’S NEW ORLEANS RAG


I was sittin’ on a stump

Down in New Orleans

I was feelin’ kinda low down

Dirty and mean

Along came a fella

And he didn’t even ask

He says, “I know of a woman

That can fix you up fast”

I didn’t think twice

I said like I should

“Let’s go find this lady

That can do me some good”

We walked across the river

On a sailin’ spree

And we came to a door

Called one-oh-three


I was just about ready

To give it a little knock

When out comes a fella

Who couldn’t even walk

He’s linkin’ and a-slinkin’

Couldn’t stand on his feet

And he moaned and he groaned

And he shuffled down the street

Well, out of the door

There comes another man

He wiggled and he wobbled

He couldn’t hardly stand

He had this frightened

Look in his eyes

Like he just fought a bear

He was ready to die


Well, I peeked through the key crack

Comin’ down the hall

Was a long-legged man

Who couldn’t hardly crawl

He muttered and he uttered

In broken French

And he looked like he’d been through

A monkey wrench


Well, by this time

I was a-scared to knock

I was a-scared to move

I’s in a state of shock

I hummed a little tune

And I shuffled my feet

And I started walkin’ backwards

Down that broad street

Well, I got to the corner

I tried my best to smile

I turned around the corner

And I ran a bloody mile

Man, I wasn’t runnin’

’Cause I was sick

I was just a-runnin’

To get out of there quick


Well, I tripped right along

And I’m a-wheezin’ in my chest

I musta run a mile

In a minute or less

I walked on a log

And I tripped on a stump

I caught a fast freight

With a one-arm jump

So, if you’re travelin’ down

Louisiana way

And you feel kinda lonesome

And you need a place to stay

Man, you’re better off

In your misery

Than to tackle that lady

At one-oh-three


14

TOUT DE TOI


Bon, si je devais tout refaire

Petite, je referais tout de toi

Et si je devais attendre dix mille ans

Petite, pour ça je le ferais

Bon, un chien trouve son os dans la ruelle

Un chat a ses neuf vies

Un millionnaire a son million de dollars

Le roi Séoud a ses quatre cents femmes

Tout le monde a son quelque chose

Son quelque chose en vue

Moi j’attends le moment où je pourrai tout refaire 

Et petite, je referais tout de toi


Bon, si demain ou même aujourd’hui 

J’en faisais à ma tête

Petite, je courrais en rond

Sauterais dans le vent

Ferais saut périlleux et vrille

À terre je danserais même une gigue

Bon, à chacun son heure

À chacun son grand moment

Le petit David quand il ramasse ses cailloux

Même Samson une fois aveugle

Oui, chacun a un jour la chance 

De faire ce qu’il veut 

Et quand mon tour viendra tu ferais mieux de prendre les jambes à ton cou

Parce que petite, je referai tout de toi


Bon, je n’ai pas besoin d’argent

J’ai juste besoin d’un jour ensoleillé

Petite, et mon jour viendra 

Et j’empoigne ma pinte, et tu sais je suis un géant 

Quand tu m’entends clamer « Ça sent la chair fraîche »

Bon, tu m’as découpé à la scie sauteuse comme un puzzle 

Tu as fait de moi une épave ambulante

Tu m’as passé le cœur à travers la colonne vertébrale

Tu as fait sauter la tête de mon cou

Bon, si jamais j’arrive à me tenir debout

Et à faire à ma guise 

Bon, ma petite amie tu peux courir aux abris 

Parce que, petite, je referai tout de toi


Je me tiens devant ta porte pour ne pas être en retard

Oui ma vieille, me voilà assis sur l’étagère

Regarde bien par la fenêtre tu me verras accroupi là-bas bredouillant et gesticulant tout seul

Bon, quand j’aurai fumé ma dernière cigarette 

Que j’aurai bu tous mes alcools

Quand j’aurai épuisé tous mes rêves

Que j’aurai pensé toutes mes pensées

Oui, quand j’aurai fait quelques unes de ces choses, 

Je ferai ce que je dois faire

Et je te le dis entre nous, cours vite te cacher 

Parce que babe, je referai tout de toi


ALL OVER YOU 


Well, if I had to do it all over again

Babe, I'd do it all over you

And if I had to wait for ten thousand years

Babe, I'd even do that too

Well, a dog's got his bone in the alley

A cat, she's got nine lives

A millionaire's got a million dollars

King Saud's got four hundred wives

Well, ev'rybody's got somethin'

That they're lookin' forward to

I'm lookin' forward to 

When I can do it all again 

and babe, I'll do it all over you


Well, if I had my way tomorrow or today

babe, I'd run circles all around

I'd jump up in the wind

Do a somersault and spin

I'd even dance a jig on the ground

Well, everybody gets their hour

Everybody gets their time

Little David when he picked up his pebbles

Even Sampson after he went blind

Well, everybody gets the chance 

To do what they want to do

When my time arrives 

You better run for your life

'Cause babe, I'll do it all over you


Well, I don't need no money

I just need a day that's sunny

Baby, and my days are gonna come

And I grab me a pint, you know that I'm a giant 

When you hear me yellin' "Fee-fi-fo-fum" 

Well, you cut me like a jigsaw puzzle

you made me to a walkin' wreck

Then you pushed my heart through my backbone

Then you knocked off my head from my neck

Well, if I'm ever standin' steady a-doin'

What I want to do,

Well, I tell you little lover that you better run for cover 

'Cause babe, I'll do it all over you


I'm just restin' at your gate so that I won't be late 

And, momma, I'm a-just sittin' on the shelf

Look out your window fair and you'll see me squattin' there

Just a-fumblin' and a-mumblin' to myself

Well, after my cigarette's been smoked up

After all my liquor's been drunk

After my dreams are dreamed out

After all my thoughts have been thunk

Well, after I do some of these things

I'm gonna do what I have to do

And I tell you on the side, that you better run and hide 

'Cause babe, I'll do it all over you.


15

JOHN BROWN 


John Brown est parti à la guerre pour combattre sur des rives lointaines

Sûr qu’elle était fière de lui sa maman !

Un large sourire fendait son visage de maman

Il se tenait droit et grand dans son uniforme

« Oh fils, tu es si beau, je suis contente que tu soies mon fils

Tu me rends fière de te savoir un fusil à la main

Fais ce que dit ton capitaine, tu auras un tas de médailles

On les mettra au mur quand tu nous reviendra »


Quand le vieux train s’ébranla, la mère de John se mit à crier

Informant tout le voisinage 

« C’est mon fils sur le point de partir, vous savez, il est soldat maintenant»


Elle fit si bien que ses voisins comprirent.


Elle recevait des lettres de temps en temps et son visage se fendait d’un sourire

Elle allait les montrer aux gens du voisinage

Elle vantait son fils avec son uniforme et son fusil 

Et toutes ces choses qui font dire que la guerre est jolie


Une bonne guerre à l’ancienne ! 


Puis les lettres cessèrent d’arriver

Elles n’arrivèrent plus pendant longtemps, elles cessèrent d’arriver pendant dix mois ou plus

Une lettre arriva finalement disant « Rendez-vous à la gare

Votre fils revient de la guerre »


Elle sourit et s’y rendit regardant partout à l’entour 

Mais sans pouvoir apercevoir son soldat de fils

Mais tandis que s’en allaient les gens elle finit par le voir 

Sans pouvoir en croire ses yeux


Oh son visage était explosé, sa main avait été soufflée

Il portait un corset de métal autour du buste

Il murmurait lentement d’une voix méconnaissable 

En sorte qu’elle ne pouvait même pas reconnaître son visage !


Oh Seigneur, pas même reconnaître son visage ! 


« Je t’en prie dis-moi mon fils chéri, dis-moi ce qu’ils t’ont fait

Comment as-tu pu en arriver là ? » 

Il fit du mieux qu’il put mais sa bouche bougeait à peine 

Et la mère dut détourner son visage


« Tu t’en souviens maman quand je suis parti à la guerre

 Tu pensais que c’était pour moi la meilleure chose à faire

J’étais sur le champ de bataille et toi à la maison… Femme fière

Tu n’étais pas debout dans mes souliers


Oh, j’ai pensé en arrivant là-bas, bon Dieu qu’est-ce que je fais ici ? 

Je suis là pour tuer quelqu’un ou mourir en essayant

Mais ce qui m’a le plus effrayé c’est quand mon ennemi s’approcha et que je vis son visage pareil au mien »


Oh Seigneur, pareil au mien ! 


« Malgré moi j’ai pensé dans le tonnerre et la puanteur 

Que j’étais juste une marionnette manipulée 

Et dans les rugissements et la fumée les ficelles se sont finalement cassées 

Et un obus m’a soufflé les yeux »


Il se détourna pour passer, laissant sa mère abasourdie

De voir le corset de métal qui le faisait tenir debout

Et en se détournant il appela sa mère à lui 

Et laissa tomber ses médailles dans sa main




JOHN BROWN


John Brown went off to war to fight on a foreign shore

His mama sure was proud of him!

He stood straight and tall in his uniform and all

His mama’s face broke out all in a grin


“Oh son, you look so fine, I’m glad you’re a son of mine

You make me proud to know you hold a gun

Do what the captain says, lots of medals you will get

And we’ll put them on the wall when you come home”


As that old train pulled out, John’s ma began to shout

Tellin’ ev’ryone in the neighborhood:

“That’s my son that’s about to go, he’s a soldier now, you know”

She made well sure her neighbors understood


She got a letter once in a while and her face broke into a smile

As she showed them to the people from next door

And she bragged about her son with his uniform and gun

And these things you called a good old-fashioned war


Oh! Good old-fashioned war!


Then the letters ceased to come, for a long time they did not come

They ceased to come for about ten months or more

Then a letter finally came saying, “Go down and meet the train

Your son’s a-coming home from the war”


She smiled and went right down, she looked everywhere around

But she could not see her soldier son in sight

But as all the people passed, she saw her son at last

When she did she could hardly believe her eyes


Oh his face was all shot up and his hand was all blown off

And he wore a metal brace around his waist

He whispered kind of slow, in a voice she did not know

While she couldn’t even recognize his face!


Oh! Lord! Not even recognize his face


“Oh tell me, my darling son, pray tell me what they done

How is it you come to be this way?”

He tried his best to talk but his mouth could hardly move

And the mother had to turn her face away


“Don’t you remember, Ma, when I went off to war

You thought it was the best thing I could do?

I was on the battleground, you were home . . . acting proud

You wasn’t there standing in my shoes”


“Oh, and I thought when I was there, God, what am I doing here?

I’m a-tryin’ to kill somebody or die tryin’

But the thing that scared me most was when my enemy came close

And I saw that his face looked just like mine”


Oh! Lord! Just like mine!


“And I couldn’t help but think, through the thunder rolling and stink

That I was just a puppet in a play

And through the roar and smoke, this string is finally broke

And a cannonball blew my eyes away”


As he turned away to walk, his Ma was still in shock

At seein’ the metal brace that helped him stand

But as he turned to go, he called his mother close

And he dropped his medals down into her hand


16

ADIEU 


Oh c’est le temps des adieux ma bonne amie 

Je pars demain matin à la première heure

En route pour la baie de Mexico 

Ou peut-être la côte de Californie

Alors c’est le temps des adieux, ma bien aimée

Nous nous retrouverons un autre jour, un autre temps

Ce n’est pas partir 

Qui me chagrine

Mais mon amour obligé de rester en arrière


Oh le temps m’est contraire et le vent souffle dur 

Et la pluie tourne en grêle

Je peux encore avoir un coup de chance sur une route de l’Ouest

Bien que je suive un sentier battu

Alors c’est le temps des adieux, mon bon amour

Nous nous retrouverons un autre jour, un autre temps

Ce n’est pas partir 

Qui me chagrine

Mais mon amour obligé de rester en arrière


Je t’écrirai une lettre de temps en temps

Comme j’irai à l’aventure tu voyageras avec moi 

De la tête, du cœur et des mains, mon amour

Je renverrai ce que j’apprends vers toi

Alors c’est le temps des adieux, ma bien aimée

Nous nous retrouverons un autre jour, un autre temps

Ce n’est pas partir

Qui me chagrine

Mais mon amour obligé de rester en arrière


Je te dirai les joies et les peines

Celles des autres aussi bien que les miennes

Mains dans les poches et col du manteau relevé

Je voyagerai inconnu, ignoré

Alors c’est le temps des adieux, mon bon amour

Nous nous retrouverons un autre jour, un autre temps

Ce n’est pas partir 

qui me chagrine

Mais mon amour obligé de rester en arrière


J’ai entendu parler d’une ville, je pourrais aussi bien y aller

C’est quelque part dans les vieilles plaines mexicaines 

On dit que les gens y sont très amicaux

Et que tout ce qu’ils vous demandent c’est votre nom

Alors c’est le temps des adieux, mon bon amour

Nous nous retrouverons un autre jour, un autre temps

Ce n’est pas partir

Qui me chagrine

Mais mon amour obligé de rester en arrière



FAREWELL 


Oh it’s fare thee well my darlin’ true

 I’m leavin’ in the first hour of the morn

I’m bound off for the bay of Mexico 

Or maybe the coast of Californ 

So it’s fare thee well my own true love

We’ll meet another day, another time 

It ain’t the leavin’ 

That’s a-grievin’ me

 But my true love who’s bound to stay behind


Oh the weather is against me and the wind blows hard

And the rain she’s a-turnin’ into hail

I still might strike it lucky on a highway goin’

West though I’m travelin’ on a path beaten trail 

So it’s fare thee well my own true love 

We’ll meet another day, another time 

It ain’t the leavin’ 

That’s a-grievin’ me 

But my true love who’s bound to stay behind


I will write you a letter from time to time 

As I’m ramblin’ you can travel with me too 

With my head, my heart and my hands, my love

I will send what I learn back home to you 

So it’s fare thee well my own true love

We’ll meet another day, another time

It ain’t the leavin’ 

That’s a-grievin’ me 

But my true love who’s bound to stay behind


I will tell you of the laughter and of troubles

Be them somebody else’s or my own 

With my hands in my pockets and my coat collar high

I will travel unnoticed and unknown 

So it’s fare thee well my own true love

We’ll meet another day, another time

It ain’t the leavin’

That’s a-grievin’ me

But my true love who’s bound to stay behind


I’ve heard tell of a town where I might as well be bound

it’s down around the old Mexican plains

They say that the people are all friendly there 

And all they ask of you is your name 

So it’s fare thee well my own true love

We’ll meet another day, another time

It ain’t the leavin’ 

That’s a-grievin’ me

But my true love who’s bound to stay behind



17

MAÎTRES DE GUERRE 


Approchez maîtres de guerre

Vous qui construisez des armes

Vous qui construisez des avions de mort

Vous qui construisez des grosses bombes

Vous qui vous planquez derrière les murs

Vous qui vous planquez derrière les bureaux

Je veux seulement que vous sachiez 

Que je vois derrière vos masques


Vous qui n’avez jamais rien fait 

Que construire pour détruire

vous jouez avec mon monde 

Comme si c’était votre joujou

Vous mettez un fusil entre mes mains 

Et disparaissez de ma vue

Vous tournez les talons 

Et vous courez plus loin 

Quand vite volent les balles


Comme le Judas des anciens temps 

Vous mentez et vous dupez

On peut gagner une guerre mondiale

Vous voulez m’en convaincre

Mais je vois dans vos yeux

Je vois dans vos cerveaux

Comme je vois dans l’eau

Qui coule dans les égouts


Vous armez les fusils

Aux autres de tirer

Ensuite en retrait vous suivez 

Le compte des morts qui grimpe

Vous vous planquez dans vos manoirs 

Quand le sang de la jeunesse 

Ruisselle de son corps 

Et s’enterre dans la boue


Vous provoquez la pire peur 

Qu’on puisse déclancher

La peur de mettre au monde 

Des enfants

Pour avoir menacé mon enfant 

Sans naissance et sans nom 

Vous ne méritez pas le sang 

Qui coule dans vos veines


Qu’est-ce que j’y connais 

Pour parler sans y être invité

Vous pourriez dire que je suis jeune

Vous pourriez dire que je suis ignorant

Mais je sais au moins une chose 

Bien que je sois plus jeune que vous

Jamais même Jésus 

Ne pardonnerait ce que vous faites


Laissez-moi vous poser une question

Votre argent est-il bon 

Au point d’acheter votre pardon ? 

Le croyez-vous vraiment ? 

Je pense que vous réaliserez 

Quand la mort prélèvera son tribut 

Que l’argent amassé 

Ne rachètera jamais vos âmes


Et je souhaite votre mort

Et votre mort est prochaine

Je suivrai votre cercueil par un pâle après-midi

Je regarderai pendant qu’on vous descendra 

Dans votre lit de mort 

Et me tiendrai devant votre tombe 

Pour être sûr que vous êtes mort



MASTERS OF WAR 


Come you masters of war

You that build all the guns

You that build the death planes

You that build the big bombs

You that hide behind walls

You that hide behind desks

I just want you to know

I can see through your masks


You that never done nothin’

But build to destroy

You play with my world

Like it’s your little toy

You put a gun in my hand

And you hide from my eyes

And you turn and run farther

When the fast bullets fly


Like Judas of old

You lie and deceive

A world war can be won

You want me to believe

But I see through your eyes

And I see through your brain

Like I see through the water

That runs down my drain


You fasten the triggers

For the others to fire

Then you set back and watch

When the death count gets higher

You hide in your mansion

As young people’s blood

Flows out of their bodies

And is buried in the mud


You’ve thrown the worst fear

That can ever be hurled

Fear to bring children

Into the world

For threatening my baby

Unborn and unnamed

You ain’t worth the blood

That runs in your veins


How much do I know

To talk out of turn

You might say that I’m young

You might say I’m unlearned

But there’s one thing I know

Though I’m younger than you

Even Jesus would never

Forgive what you do


Let me ask you one question

Is your money that good

Will it buy you forgiveness

Do you think that it could

I think you will find

When your death takes its toll

All the money you made

Will never buy back your soul


And I hope that you die

And your death’ll come soon

I will follow your casket

In the pale afternoon

And I’ll watch while you’re lowered

Down to your deathbed

And I’ll stand o’er your grave

’Til I’m sure that you’re dead



18

UNE PLUIE DRUE VA TOMBER 


Oh, où es-tu allé mon fils aux yeux bleus ? 

D’où viens-tu mon petit chéri ? 

J’ai trébuché sur les flancs de douze montagnes brumeuses

J’ai marché et rampé sur  six routes tortueuses

J’ai pénétré au cœur de sept forêts tristes

J’en suis sorti à la rencontre de douze océans morts

J’ai fait dix mille kilomètres dans l’avaloir d’un cimetière

Et elle est drue et elle est drue, elle est drue et elle est drue

Elle est drue la pluie qui va tomber


Oh, qu’as-tu vu, mon fils aux yeux bleus ? 

Qu’as-tu donc vu, mon petit chéri ? 

J’ai vu un nouveau-né cerné de loups féroces

J’ai vu une autoroute de diamants sans personne dessus

J’ai vu une branche noire où le sang gouttait toujours

J’ai vu une pièce pleine d’hommes aux marteaux sanglants

J’ai vu une échelle blanche recouverte d’eau

J’ai vu dix mille orateurs à la langue brisée

J’ai vu des fusils et des épées tranchantes dans les mains de gamins

Et elle est drue et elle est drue, elle est drue et elle est drue

Elle est drue la pluie qui va tomber


Et qu’as-tu entendu, mon fils aux yeux bleus ? 

Qu’as-tu donc entendu mon petit chéri ? 

J’ai entendu un bruit de tonnerre

Il a hurlé un avertissement

Entendu le rugissement d’une vague qui pourrait noyer la terre entière

Entendu cent tambours aux mains en flammes

Entendu dix mille chuchoter que personne n’écoutait

Entendu un qui mourait de faim

J’en ai entendu beaucoup qui riaient

Entendu la chanson d’un poète mort dans le caniveau

Entendu les bruits d’un clown qui pleurait dans l’allée

Et elle est drue et elle est drue, elle est drue et elle est drue

Elle est drue la pluie qui va tomber


Oh, qui as-tu rencontré mon fils aux yeux bleus ? 

Qui donc as-tu rencontré mon petit chéri ? 

J’ai rencontré un jeune enfant près d’un poney mort

Rencontré un homme blanc promenant un chien noir

Rencontré une jeune femme dont le corps brûlait

J’ai rencontré une jeune fille

Elle m’a donné un arc-en-ciel

Rencontré un homme blessé d’amour

Rencontré un autre homme blessé de haine

Et elle est drue et elle est drue, elle est drue et elle est drue

Elle est drue la pluie qui va tomber


Oh, que vas-tu faire maintenant mon fils aux yeux bleus ? 

Que vas-tu  faire à présent mon petit chéri ? 

Je m’en retourne au loin avant que la pluie tombe

J’irai au plus profond de la plus profonde forêt noire

Où les gens sont nombreux et ont les mains vides

Où des boulettes de poison inondent leurs eaux

Où la maison dans la vallée rejoint l’humide prison sale

Où le visage du bourreau est toujours bien caché

Où la faim est hideuse, où les âmes sont oubliées

Où noire est la couleur, où zéro est le nombre

Et je le dirai et je le penserai et je le parlerai et je le respirerai 

Et je le réfléchirai depuis la montagne afin que toutes les âmes le voient

Et je me mettrai debout sur l’océan jusqu’à ce que je commence à couler

Et je saurai mon chant bien avant de me mettre à chanter

Et elle est drue et elle est drue, elle est drue et elle est drue

Elle est drue la pluie qui va tomber 



A HARD RAIN’S A-GONNA FALL


Oh, where have you been, my blue-eyed son?

Oh, where have you been, my darling young one?

I’ve stumbled on the side of twelve misty mountains

I’ve walked and I’ve crawled on six crooked highways

I’ve stepped in the middle of seven sad forests

I’ve been out in front of a dozen dead oceans

I’ve been ten thousand miles in the mouth of a graveyard

And it’s a hard, and it’s a hard, it’s a hard, and it’s a hard

And it’s a hard rain’s a-gonna fall


Oh, what did you see, my blue-eyed son?

Oh, what did you see, my darling young one?

I saw a newborn baby with wild wolves all around it

I saw a highway of diamonds with nobody on it

I saw a black branch with blood that kept drippin’

I saw a room full of men with their hammers a-bleedin’

I saw a white ladder all covered with water

I saw ten thousand talkers whose tongues were all broken

I saw guns and sharp swords in the hands of young children

And it’s a hard, and it’s a hard, it’s a hard, it’s a hard

And it’s a hard rain’s a-gonna fall


And what did you hear, my blue-eyed son?

And what did you hear, my darling young one?

I heard the sound of a thunder, it roared out a warnin’

Heard the roar of a wave that could drown the whole world

Heard one hundred drummers whose hands were a-blazin’

Heard ten thousand whisperin’ and nobody listenin’

Heard one person starve, I heard many people laughin’

Heard the song of a poet who died in the gutter

Heard the sound of a clown who cried in the alley

And it’s a hard, and it’s a hard, it’s a hard, it’s a hard

And it’s a hard rain’s a-gonna fall


Oh, who did you meet, my blue-eyed son?

Who did you meet, my darling young one?

I met a young child beside a dead pony

I met a white man who walked a black dog

I met a young woman whose body was burning

I met a young girl, she gave me a rainbow

I met one man who was wounded in love

I met another man who was wounded with hatred

And it’s a hard, it’s a hard, it’s a hard, it’s a hard

It’s a hard rain’s a-gonna fall


Oh, what’ll you do now, my blue-eyed son?

Oh, what’ll you do now, my darling young one?

I’m a-goin’ back out ’fore the rain starts a-fallin’

I’ll walk to the depths of the deepest black forest

Where the people are many and their hands are all empty

Where the pellets of poison are flooding their waters

Where the home in the valley meets the damp dirty prison

Where the executioner’s face is always well hidden

Where hunger is ugly, where souls are forgotten

Where black is the color, where none is the number

And I’ll tell it and think it and speak it and breathe it

And reflect it from the mountain so all souls can see it

Then I’ll stand on the ocean until I start sinkin’

But I’ll know my song well before I start singin’

And it’s a hard, it’s a hard, it’s a hard, it’s a hard

It’s a hard rain’s a-gonna fall



19



N’Y PENSE PLUS, TOUT VA BIEN 


Ça ne sert à rien de rester assise et de se demander pourquoi

Bébé, ce n'est pas important de toute façon

Et ce n'est pas utile de s'asseoir et de se demander pourquoi bébé

Si tu ne sais toujours pas

Quand ton coq chantera à l'aube 

Regarde par la fenêtre je serai parti

Tu es la raison de mon départ

N’y pense plus, tout va bien


Ça ne sert à rien d’allumer ta lumière, bébé

Cette lumière que je n’ai jamais vue

Et ça ne sert à rien d’allumer ta lumière, bébé

Je suis du côté obscur de la route

Pourtant, j'aurais aimé qu'il y ait quelque chose à faire ou dire Pour essayer de me faire changer d'avis et rester

Nous n'avons jamais trop parlé de toute façon

Alors n’y pense plus, tout va bien


Ça ne sert à rien de crier mon nom, poupée

Comme tu ne l'as jamais fait auparavant

Ça ne sert à rien de crier mon nom, poupée

Je ne peux plus t'entendre

Je pense et réfléchis tout au long de la route

J'ai aimé une femme, un enfant m'a-t-on dit

Je lui ai donné mon cœur mais elle voulait mon âme

Mais n’y pense plus, tout va bien


Je marche sur cette longue route solitaire, bébé

Où elle me mène je n’en sais rien

Mais au revoir est un mot trop aimable, poupée

Alors je vais juste dire adieu

Je ne dis pas que tu m'as traité méchamment

Tu aurais pu faire mieux mais ce n’est pas grave

Tu as juste un peu gâché de mon temps précieux

Mais n’y pense plus, tout va bien



DON’T THINK TWICE, IT’S ALL RIGHT

It ain’t no use to sit and wonder why, babe

It don’t matter, anyhow

An’ it ain’t no use to sit and wonder why, babe

If you don’t know by now

When your rooster crows at the break of dawn

Look out your window and I’ll be gone

You’re the reason I’m trav’lin’ on

Don’t think twice, it’s all right


It ain’t no use in turnin’ on your light, babe

That light I never knowed

An’ it ain’t no use in turnin’ on your light, babe

I’m on the dark side of the road

Still I wish there was somethin’ you would do or say

To try and make me change my mind and stay

We never did too much talkin’ anyway

So don’t think twice, it’s all right


It ain’t no use in callin’ out my name, gal

Like you never did before

It ain’t no use in callin’ out my name, gal

I can’t hear you anymore

I’m a-thinkin’ and a-wond’rin’ all the way down the road

I once loved a woman, a child I’m told

I give her my heart but she wanted my soul

But don’t think twice, it’s all right


I’m walkin’ down that long, lonesome road, babe

Where I’m bound, I can’t tell

But goodbye’s too good a word, gal

So I’ll just say fare thee well

I ain’t sayin’ you treated me unkind

You could have done better but I don’t mind

You just kinda wasted my precious time

But don’t think twice, it’s all right



20


CHÉRIE, JE SUIS D’HUMEUR POUR TOI 


Quelques fois je suis d’humeur, je voudrais quitter mon logis solitaire

Et quelques fois je suis d’humeur, je voudrais entendre meugler ma vache à lait

Et quelques fois je suis d’humeur, je voudrais prendre la grand-route

Mais là encore, mais là encore, j’ai dit oh, j’ai dit oh, j’ai dit

Oh petite, je suis d’humeur pour toi


Parfois je suis d’humeur, Seigneur, j’en ai ras le bol

Parfois je suis d’humeur, je vais faire mon testament

Parfois je suis d’humeur, je vais en direction de la colline qui marche

Mais là encore, mais là encore, j’ai dit oh, j’ai dit oh, j’ai dit

Oh chérie, je suis d’humeur pour toi


Parfois je suis d’humeur, je veux m’allonger par terre et mourir

Parfois je suis d’humeur, je voudrais grimper au ciel

Parfois je suis d’humeur, je voudrais rire à en pleurer

Mais là encore, mais là encore, j’ai dit oh, j’ai dit oh, j’ai dit

Oh chérie, je suis d’humeur pour toi


Parfois je suis d’humeur, je dors dans l’écurie de mon poney, parfois je suis d’humeur, je vais ne rien faire du tout

Parfois je suis d’humeur, je veux voler comme un boulet de canon

Mais là encore, mais là encore, j’ai dit oh, j’ai dit oh, j’ai dit

Oh chérie, je suis d’humeur pour toi


Parfois je suis d’humeur, je veux monter le long du mur

Parfois je suis d’humeur, je veux courir jusqu’à devoir ramper

Parfois je suis d’humeur, je ne vais rien faire du tout

Mais là encore, mais là encore, j’ai dit oh, j’ai dit oh, j’ai dit

Oh chérie, je suis d’humeur pour toi


Parfois je suis d’humeur, je vais tout changer dans ma maison

Parfois je suis d’humeur, je vais tout changer ici dans cette ville

Parfois je suis d’humeur, je vais changer le monde autour de nous

Mais là encore, mais là encore, j’ai dit oh, j’ai dit oh, j’ai dit

Oh chérie, je suis d’humeur pour toi.



BABY, I’M IN THE MOOD FOR YOU


Sometimes I’m in the mood, I wanna leave my lonesome home

And sometimes I’m in the mood, I wanna hear my milk cow moan

And sometimes I’m in the mood, I wanna hit that highway road

But then again, but then again, I said oh, I said oh, I said

Oh babe, I’m in the mood for you


Sometimes I’m in the mood, Lord, I had my overflowin’ fill

Sometimes I’m in the mood, I’m gonna make out my final will

Sometimes I’m in the mood, I’m gonna head for the walkin’ hill

But then again, but then again, I said oh, I said oh, I said

Oh babe, I’m in the mood for you


Sometimes I’m in the mood, I wanna lay right down and die

Sometimes I’m in the mood, I wanna climb up to the sky

Sometimes I’m in the mood, I’m gonna laugh until I cry

But then again, I said again, I said again, I said

Oh babe, I’m in the mood for you


Sometimes I’m in the mood, I’m gonna sleep in my pony’s stall

Sometimes I’m in the mood, I ain’t gonna do nothin’ at all

Sometimes I’m in the mood, I wanna fly like a cannonball

But then again, but then again, I said oh, I said oh, I said

Oh babe, I’m in the mood for you


Sometimes I’m in the mood, I wanna back up against the wall

Sometimes I’m in the mood, I wanna run till I have to crawl

Sometimes I’m in the mood, I ain’t gonna do nothin’ at all

But then again, but then again, I said oh, I said oh, I said

Oh babe, I’m in the mood for you


Sometimes I’m in the mood, I wanna change my house around

Sometimes I’m in the mood, I’m gonna make a change in this here town

Sometimes I’m in the mood, I’m gonna change the world around

But then again, but then again, I said oh, I said oh, I said

Oh babe, I’m in the mood for you



21

TRAIN A – EN VOYAGE 


Il est un train de fer qui a roulé à travers les ans 

Avec son foyer de haine et sa chaudière pleine de peurs

Si vous avez entendu son bruit ou vu sa carcasse délabrée rouge sang

Alors vous avez entendu ma voix chanter et vous savez mon nom


Vous êtes-vous jamais arrêté pour songer à la haine qu’il transporte ? 

Avez-vous jamais vu ses passagers, ses âmes folles confondues ?

Avez-vous jamais envisagé de devoir arrêter ce train ? 

Alors vous avez entendu ma voix chanter et vous savez mon nom


N’avez-vous jamais été fatigué des sermons sonores de la peur 

Qu’on martèle dans votre tête et pilonne dans vos oreilles ? 

Avez-vous déjà posé la question sans obtenir de réponse claire ?

Alors vous avez entendu ma voix chanter et vous savez mon nom


Je me demande si les dirigeants des nations comprennent 

Ce monde en mal de meurtre qu’ils laissent entre mes mains

Vous êtes-vous jamais réveillé la nuit en vous posant la même question? 

Alors vous avez entendu ma voix chanter et vous savez mon nom


Si les tueurs forcenés et les haineux vous abattent

Si la politique et les sermons vous font tourner la tête

Si l’incendie des autobus vous fait mal au cœur

Alors vous avez entendu ma voix chanter et vous savez mon nom





TRAIN A – TRAVELIN’ 


There’s an iron train a-travelin’ that’s been a-rollin’ through the years

With a firebox of hatred and a furnace full of fears

If you ever heard its sound or seen its blood-red broken frame

Then you heard my voice a-singin’ and you know my name


Did you ever stop to wonder ’bout the hatred that it holds?

Did you ever see its passengers, its crazy mixed-up souls?

Did you ever start a-thinkin’ that you gotta stop that train?

Then you heard my voice a-singin’ and you know my name


Do you ever get tired of the preachin’ sounds of fear

When they’re hammered at your head and pounded in your ear?

Have you ever asked about it and not been answered plain?

Then you heard my voice a-singin’ and you know my name


I’m a-wonderin’ if the leaders of the nations understand

This murder-minded world that they’re leavin’ in my hands

Have you ever laid awake at night and wondered ’bout the same?

Then you’ve heard my voice a-singin’ and you know my name


Have you ever had it on your lips or said it in your head

That the person standin’ next to you just might be misled?

Does the raving of the maniacs make your insides go insane?

Then you’ve heard my voice a-singin’ and you know my name


Do the kill-crazy bandits and the haters get you down?

Does the preachin’ and the politics spin your head around?

Does the burning of the buses give your heart a pain?

Then you’ve heard my voice a-singin’ and you know my name



22

BLUES PARLÉ DE LA TROISIÈME GUERRE MONDIALE


Il y a quelque temps me vint un rêve dingue 

J’ai rêvé que j’avançais dans la troisième guerre mondiale

Dès le lendemain je me rendis chez le docteur

Pour voir quels mots il pourrait en dire

Il a dit que c’était un mauvais rêve

Mais que je ne devais pas m’inquiéter

Ces rêves étant miens et seulement dans ma tête.


J’ai dit « Minute docteur, une guerre mondiale m’a traversé le cerveau » 

Il a dit « Infirmière prenez note, ce garçon est insensé »

Il m’a attrapé par le bras, j’ai dit « Aïe ! »

J’ai atterri sur le divan psychiatrique

Il m’a dit « Racontez-moi ça » 


Bon, Tout a commencé sur le coup de trois heures 

Un quart d’heure après c’était terminé

J’étais dans l’égout avec une petite amie

J’ai tenté un regard sous un couvercle

Me demandant qui avait allumé les lumières


Bon, je me suis levé et suis parti faire un tour

Et de haut en bas de la ville isolée

J’en étais à me demander où aller

J’allumai une cigarette à un parcmètre

Et me remis en marche en descendant la rue

C’était un jour normal


Bon, j’ai sonné une cloche d’abri antiatomique

J’ai penché la tête et donné de la voix

Qu’on me donne un haricot vert, je suis un affamé

Un fusil de chasse a fait feu et j’ai détalé

Je ne leur en veux pas trop cependant

Je sais que j’ai un drôle d’air


Au coin de la rue près d’un stand de hot dogs

J’ai vu un homme

J’ai dit « Bonjour l’ami, je crois qu’il ne reste que nous deux » 

Il a poussé un petit cri et s’est enfui

en pensant que j’étais un communiste


J’ai repéré une fille et avant qu’elle s’en aille

« Allons jouer à Adam et Eve » 

Je l’ai prise par la main et mon cœur battait

Quand elle a dit « Hé l’homme, es-tu fou ou siphonnes-tu ?

Tu as vu ce qui est arrivé la dernière fois qu’ils s’y sont mis »


Bon, plus haut il y avait une Cadillac en vitrine

Et personne alentour

Je me suis assis sur le siège du conducteur

Et j’ai descendu la 42ème rue

Dans ma Cadillac. Une voiture bonne à conduire après une guerre


Bon, je me rappelle avoir vu une affiche

Alors j’ai allumé mon transistor Conelrad

Mais je n’avais pas payé ma facture d’électricité

Ainsi la radio ne marchait pas très bien 

J’ai allumé mon tourne-disque

C’était Johnny Rock du Jour qui chantait « Dis à ta maman, dis à ton papa 

Que notre amour va grandissant ooh-wah, ooh-wah »


Je me sentais un peu blues solitaire 

J’avais besoin de parler à quelqu’un

Aussi ai-je appelé une horloge parlante

Juste pour entendre une voix ou tout comme

« Quand vous entendrez le bip il sera trois heures » 

Elle disait cela depuis plus d’une heure

Et j’ai raccroché


Bon, à ce moment le docteur m’a interrompu 

« Hé, j’ai eu aussi les mêmes vieux rêves

Mais mes rêves étaient un peu différents, voyez-vous

J’ai rêvé que le seul qui restait après la guerre c’était moi

Et ne vous ai pas vu dans les parages »


Bon, maintenant le temps a passé et maintenant il semble

Que chacun ait ses propres rêves

On se voit aller son chemin sans personne

La moitié des gens peut avoir en partie raison tout le temps

Quelques uns ont peut-être entièrement raison un bout de temps

Mais tous les gens ne peuvent pas avoir entièrement raison tout le temps


Abraham Lincoln je pense a dit cela 

« Je vous laisse entrer dans mon rêve si vous me laissez entrer dans le vôtre » 


J’ai dit cela




TALKIN’ WORLD WAR III BLUES 


Some time ago a crazy dream came to me

I dreamt I was walkin’ into World War Three

I went to the doctor the very next day

To see what kinda words he could say

He said it was a bad dream

I wouldn’t worry ’bout it none, though

They were my own dreams and they’re only in my head

 

I said, “Hold it, Doc, a World War passed through my brain”

He said, “Nurse, get your pad, this boy’s insane”

He grabbed my arm, I said, “Ouch!”

As I landed on the psychiatric couch

He said, “Tell me about it”

 

Well, the whole thing started at 3 o’clock fast

It was all over by quarter past

I was down in the sewer with some little lover

When I peeked out from a manhole cover

Wondering who turned the lights on

 

Well, I got up and walked around

And up and down the lonesome town

I stood a-wondering which way to go

I lit a cigarette on a parking meter and walked on down the road

It was a normal day

 

Well, I rung the fallout shelter bell

And I leaned my head and I gave a yell

“Give me a string bean, I’m a hungry man”

A shotgun fired and away I ran

I don’t blame them too much though, I know I look funny

 

Down at the corner by a hot-dog stand

I seen a man

I said, “Howdy friend, I guess there’s just us two”

He screamed a bit and away he flew

Thought I was a Communist

 

Well, I spied a girl and before she could leave

“Let’s go and play Adam and Eve”

I took her by the hand and my heart it was thumpin’

When she said, “Hey man, you crazy or sumpin’

You see what happened last time they started”

 

Well, I seen a Cadillac window uptown

And there was nobody aroun’

I got into the driver’s seat

And I drove down 42nd Street

In my Cadillac. Good car to drive after a war

 

Well, I remember seein’ some ad

So I turned on my Conelrad

But I didn’t pay my Con Ed bill

So the radio didn’t work so well

Turned on my record player—

It was Rock-a-day Johnny singin’, “Tell Your Ma, Tell Your Pa

Our Love’s A-gonna Grow Ooh-wah, Ooh-wah”

 

I was feelin’ kinda lonesome and blue

I needed somebody to talk to

So I called up the operator of time

Just to hear a voice of some kind

“When you hear the beep it will be three o’clock”

She said that for over an hour

And I hung up

 

Well, the doctor interrupted me just about then

Sayin’, “Hey I’ve been havin’ the same old dreams

But mine was a little different you see

I dreamt that the only person left after the war was me

I didn’t see you around”

 

Well, now time passed and now it seems

Everybody’s having them dreams

Everybody sees themselves

Walkin’ around with no one else

Half of the people can be part right all of the time

Some of the people can be all right part of the time

But all of the people can’t be all right all of the time

I think Abraham Lincoln said that

“I’ll let you be in my dreams if I can be in yours”

I said that


23

JE SERAI LIBRE


Bon, tard cette nuit j’ai ramené une femme

J’étais au trois-quarts soûl, elle avait l’air tendu

Elle a ôté son volant, ôté sa clochette

Ôté sa perruque, elle a dit « Je sens comment ? » 

En mode pieds agiles… nu de chez nu…

J’ai sauté par la fenêtre !


Bon, des fois il m’arrive d’être saoûl

De marcher en canard et de piétiner comme une mouffette

Ça ne m’atteint pas, ne blesse pas ma fierté

Parce que j’ai ma petite dame à mon côté

(Juste là 

Fière comme pas une)


J’étais dehors à peindre la vieille remise

Quand une boite de peinture noire m’est tombée sur la tête

Je suis descendu me frotter et me récurer 

Mais j’ai dû m’asseoir en bout de baignoire 

(Ça m’a coûté vingt-cinq cents 

Et pas question de s’attarder…

On attendait son tour dehors pour un sauna)


Bon, mon téléphone a sonné non stop

C’est le président Kennedy qui m’appelle

Il dit « Mon ami Bob, que faut-il pour le faire grandir notre pays ?

J’ai dit « Mon ami John, Brigitte Bardot

Anita Ekberg

Sophia Loren »

(Mettez-les toutes dans la même pièce avec Ernest Borgnine !)


Bon, j’ai une femme qui dort sur un lit de camp

Elle piaille et braille et couine pas mal

Elle me lèche le visage et me chatouille l’oreille

Se replie et m’achète des bières

C’est une jeune mariée

Une crooneuse de juin

Une nourrice à la cuillère

Une cheftaine naturelle


Oh, ça ne sert à rien que je travaille dur

J’ai une femme qui bosse sur la digue

À pomper de l’eau jusqu’au cou

Chaque semaine elle m’envoie un chèque mensuel

(C’est une freudonneuse 

Elle chante du folk

Une sosie

De truc-machin-chose)


Un soir tard au milieu de la semaine

Les yeux fermés je dormais à moitié

Je courais après une femme en haut de la colline

En plein milieu d’un exercice de raid aérien

C’était la petite bergère Bo Peep ! 

(J’ai sauté avec l’abri antiatomique

J’ai sauté avec la tige de haricot

J’ai sauté avec la grande roue)


Maintenant, l’homme de l’estrade, il veut mon vote

Il parcourt le bureau de vote sur un bulletin 

Il est dehors à prêcher devant un clocher

à me dire qu’il aime toute sorte de gens

(Il mange des beignets

Il mange des pizzas

Il mange des tripes

Il mange des conneries !)


Oh qu’on m’allonge sur un plateau de télévision

Je feuillèterai les chaînes jusqu’à la quatre

Un homme adulte sort de la douche

Un flacon de lotion capillaire à la main

(De la Gomina pour enfant)

Ce que je veux savoir monsieur le footballeur, c’est

Ce que tu fais de Willy Mays et de Yul Brynner

De Charles de Gaulle 

Et de Robert Louis Stevenson ?)


Bon, la femme la plus drôle que j’aie jamais vue 

Est l’arrière petite-fille de monsieur Propre

Elle prend une quinzaine de bains par jour

Elle veut que je me laisse pousser un cigare sur la figure

(Elle est un peu lourde !)


Bon, demandez-moi pourquoi je ne dessoûle pas

Ça maintient ma tête à niveau et mon esprit à l’aise

Je déambule, je me promène et je chante

Je vois les jours meilleurs et je fais mieux les choses

(Je capture des dinausores

Fais l’amour avec Liz Taylor…

Attrape l’enfer avec Richard Burton)





I SHALL BE FREE


Well, I took me a woman late last night,

I's three-fourths drunk, she looked uptight.

She took off her wheel, took off her bell,

Took off her wig, said, "How do I smell?"

I hot-footed it . . . bare-naked . . .

Out the window!


Well, sometimes I might get drunk,

Walk like a duck and stomp like a skunk.

Don't hurt me none, don't hurt my pride

'Cause I got my little lady right by my side.

(Right there

Proud as can be)


I's out there paintin' on the old woodshed

When a can a black paint it fell on my head.

I went down to scrub and rub

But I had to sit in back of the tub.

(Cost a quarter

And I had to get out quick . . .

Someone wanted to come in and take a sauna)


Well, my telephone rang it would not stop,

It's President Kennedy callin' me up.

He said, "My friend, Bob, what do we need to make the country grow?"

I said, "My friend, John, Brigitte Bardot

Anita Ekberg

Sophia Loren"

(Put 'em all in the same room with Ernest Borgnine!)


Well, I got a woman sleeps on a cot,

She yells and hollers and squeals a lot.

Licks my face and tickles my ear,

Bends me over and buys me beer.

(She's a honeymooner

A June crooner

A spoon feeder

And a natural leader)


Oh, there ain't no use in me workin' so heavy,

I got a woman who works on the levee.

Pumping that water up to her neck,

Every week she sends me a monthly check.

(She's a humdinger

Folk singer

Dead ringer

For a thing-a-muh jigger)


Late one day in the middle of the week,

Eyes were closed I was half asleep.

I chased me a woman up the hill,

Right in the middle of an air raid drill.

It was Little Bo Peep!

(I jumped a fallout shelter

I jumped a bean stalk

I jumped a ferris wheel)


Now, the man on the stand he wants my vote,

He's a-runnin' for office on the ballot note.

He's out there preachin' in front of the steeple,

Tellin' me he loves all kinds-a people.

(He's eatin' bagels

He's eatin' pizza

He's eatin' chitlins

He's eatin' bullshit!)


Oh, set me down on a television floor,

I'll flip the channel to number four.

Out of the shower comes a grown-up man

With a bottle of hair oil in his hand.

(It's that greasy kid stuff.

What I want to know, Mr. Football Man, is

What do you do about Willy Mays and Yul Brynner,

Charles de Gaulle

And Robert Louis Stevenson?)


Well, the funniest woman I ever seen

Was the great-granddaughter of Mr. Clean.

She takes about fifteen baths a day,

Wants me to grow a cigar on my face.

(She's a little bit heavy!)


Well, ask me why I'm drunk alla time,

It levels my head and eases my mind.

I just walk along and stroll and sing,

I see better days and I do better things.

(I catch dinosaurs

I make love to Elizabeth Taylor . . .

Catch hell from Richard Burton!)



24

LES MURS DE RED WING


Oh, l’âge des détenus

Je m’en souviens quasiment sans frein

Pas plus jeunes que douze ans

Pas plus vieux que dix-sept

Jetés là comme des bandits

Et rejetés comme des criminels

Entre les murs

Les murs de Red Wing


Depuis le vieux mess crasseux

On marche vers le mur de brique

Trop fatigués pour parler

Trop las pour chanter

Oh, à longueur d’après-midi

On se rappelle sa ville d’origine

Entre les murs

Les murs de Red Wing


Oh, les portails sont en fonte

Et les murs sont en barbelés

Reste à distance de la clôture

Où brûle l’électricité

Et c’est garde ta tête basse

Et reste dans le rang

Entre les murs

Les murs de Red Wing 


Oh, adieu, c’est bien le tarif

Le cul de basse fosse du donjon

Adieu à la promenade

Qui te mène au guichet

Et adieu aux minutes 

Ils te menacent de ça

Entre les murs

Les murs de Red Wing


Il est plus d'un garde

Se tenant là sourire aux lèvre

Tenant sa matraque

Comme un sceptre royal

Espérant te coincer

Derrière un tas de bois

Entre les murs

Les murs de Red Wing


La nuit lançait ses ombres

À travers les barreaux de fenêtre

Et le vent frappait fort 

Pour faire chanter les cloisons

Plus d’une nuit

J’ai fait semblant de dormir

Entre les murs

Les murs de Red Wing


Comme la pluie tintait lourdement

Sur les bardeaux du dortoir

Et les bruit de la nuit

Faisaient sonner mes oreilles

Jusqu’aux clefs des gardien

Et leur cliquetis mélodieux du matin

Entre les murs

Les murs de Red Wing


Oh quelques uns d’entre nous finiront là-bas

En prison de Saint Cloud

Et quelques uns d’entre nous finiront 

Avocats ou autre chose

Et quelques uns d’entre nous se tiendront debout

Pour vous rencontrer à la croisée des chemins

D’entre les murs 

Les murs de Red Wing





Oh, the age of the inmates

I remember quite freely:

No younger than twelve

No older ’n seventeen

Thrown in like bandits

And cast off like criminals

Inside the walls

The walls of Red Wing


From the dirty old mess hall

You march to the brick wall

Too weary to talk

And too tired to sing

Oh, it’s all afternoon

You remember your hometown

Inside the walls

The walls of Red Wing


Oh, the gates are cast iron

And the walls are barbed wire

Stay far from the fence

With the ’lectricity sting

And it’s keep down your head

And stay in your number

Inside the walls

The walls of Red Wing


Oh, it’s fare thee well

To the deep hollow dungeon

Farewell to the boardwalk

That takes you to the screen

And farewell to the minutes

They threaten you with it

Inside the walls

The walls of Red Wing


It’s many a guard

That stands around smilin’

Holdin’ his club

Like he was a king

Hopin’ to get you

Behind a wood pilin’

Inside the walls

The walls of Red Wing


The night aimed shadows

Through the crossbar windows

And the wind punched hard

To make the wall-siding sing

It’s many a night

I pretended to be a-sleepin’

Inside the walls

The walls of Red Wing


As the rain rattled heavy

On the bunkhouse shingles

And the sounds in the night

They made my ears ring

’Til the keys of the guards

Clicked the tune of the morning

Inside the walls

The walls of Red Wing


Oh, some of us’ll end up

In St. Cloud Prison

And some of us’ll wind up

To be lawyers and things

And some of us’ll stand up

To meet you on your crossroads

From inside the walls

The walls of Red Wing




25

QUI A TUÉ DAVEY MOORE


Qui a tué Davey Moore

Pourquoi et pour quelle raison ?


« Pas moi dit l’arbitre

Ne me montrez pas du doigt

J’aurais pu arrêter au huitième round

Et peut-être le préserver du destin

Mais la foule aurait sifflé, je le sais

De ne pas en avoir pour son argent

Trop dommage qu’il ait dû partir

Mais moi aussi j’avais la pression, vous savez

Ce n’est pas moi qui l’ai fait tomber

Non, vous ne pouvez rien me reprocher »


Qui a tué Davey Moore

Pourquoi et pour quelle raison ?


« Pas nous » dit la foule en colère

Dont les cris emplissaient l’arène de bruit

« Trop dommage qu’il ait dû mourir ce soir-là

Mais nous, on aime bien voir un combat

Nous ne voulions pas qu’il trouve la mort

Nous voulions juste voir un peu de sueur

Il n’y a rien de mal à ça 

Ce n’est pas nous qui l’avons fait tomber

Non, vous ne pouvez rien nous reprocher »

Qui a tué Davey Moore

Pourquoi et pour quelle raison ?


« Pas moi » dit son entraineur

Tirant sur un gros cigare

« C’est dur à dire, dur d’en parler

J’ai toujours cru qu’il allait bien

Trop dommage pour sa femme et ses gosses qu’il soit mort

Mais s’il allait mal il n’avait qu’à le dire

Ce n’est pas moi qui l’ai fait tomber

Non, vous ne pouvez rien me reprocher »


Qui a tué Davey Moore

Pourquoi et pour quelle raison ?


« Pas moi » dit le parieur

Son talon de billet encore en main

« Ce n’est pas moi qui l’ai assommé.

Mes mains ne l’ont jamais touché

Je n’ai jamais commis de hideux péché

En plus j’avais misé sur lui

Ce n’est pas moi qui l’ai fait tomber

Non, vous ne pouvez rien me reprocher »


Qui a tué Davey Moore

Pourquoi et pour quelle raison ?


« Pas moi » dit l’écrivain sportif

Frappant sur sa vielle machine à écrire

Disant « Ce n’est pas la faute de la boxe

Le football aussi est dangereux » 

Disant « Ici, le combat aux poings est fait pour durer

Ainsi va notre vieux mode de vie à l’américaine »

Ce n’est pas moi qui l’ai fait tomber

Non, vous ne pouvez rien me reprocher »


Qui a tué Davey Moore

Pourquoi et pour quelle raison ?


« Pas moi » dit l’homme dont les poings

Ont étendu l’homme dans un nuage de brume

L’homme qui venait des rives de Cuba

Où la boxe n’est plus autorisée

« Je l’ai frappé, oui c’est vrai

Mais c’est pour ça que je suis payé

Ne dites pas ‘meurtre’ , ne dites pas ‘tuer’ 

C’était le destin, Dieu l’a voulu »


Qui a tué Davey Moore

Pourquoi et pour quelle raison ?




WHO KILLED DAVEY MOORE


Who killed Davey Moore

Why an’ what’s the reason for?


“Not I,” says the referee

“Don’t point your finger at me

I could’ve stopped it in the eighth

An’ maybe kept him from his fate

But the crowd would’ve booed, I’m sure

At not gettin’ their money’s worth

It’s too bad he had to go

But there was a pressure on me too, you know

It wasn’t me that made him fall

No, you can’t blame me at all”


Who killed Davey Moore

Why an’ what’s the reason for?


“Not us,” says the angry crowd

Whose screams filled the arena loud

“It’s too bad he died that night

But we just like to see a fight

We didn’t mean for him t’ meet his death

We just meant to see some sweat

There ain’t nothing wrong in that

It wasn’t us that made him fall

No, you can’t blame us at all”


Who killed Davey Moore

Why an’ what’s the reason for?


“Not me,” says his manager

Puffing on a big cigar

“It’s hard to say, it’s hard to tell

I always thought that he was well

It’s too bad for his wife an’ kids he’s dead

But if he was sick, he should’ve said

It wasn’t me that made him fall

No, you can’t blame me at all”


Who killed Davey Moore

Why an’ what’s the reason for?


“Not me,” says the gambling man

With his ticket stub still in his hand

“It wasn’t me that knocked him down

My hands never touched him none

I didn’t commit no ugly sin

Anyway, I put money on him to win

It wasn’t me that made him fall

No, you can’t blame me at all”


Who killed Davey Moore

Why an’ what’s the reason for?


“Not me,” says the boxing writer

Pounding print on his old typewriter

Sayin’, “Boxing ain’t to blame

There’s just as much danger in a football game”

Sayin’, “Fistfighting is here to stay

It’s just the old American way

It wasn’t me that made him fall

No, you can’t blame me at all”


Who killed Davey Moore

Why an’ what’s the reason for?


“Not me,” says the man whose fists

Laid him low in a cloud of mist

Who came here from Cuba’s door

Where boxing ain’t allowed no more

“I hit him, yes, it’s true

But that’s what I am paid to do

Don’t say ‘murder,’ don’t say ‘kill’

It was destiny, it was God’s will”


Who killed Davey Moore

Why an’ what’s the reason for?



26

VIEUX CHAMPS DE FOIRE POUSSIÈREUX


Bon, tout en-haut depuis la Floride au début du printemps

s’en iront serpenter camions et caravanes

Comme on tire la balle de la route du carnaval

Nous suivons l’appel de ces vieux champs de foire poussièreux


De la boue du Michigan en passant par le soleil du Wisconsin

Et la frontière du Minnesota, on continue à grimper

Par le clair pays des lacs et la terre des bûcherons

Nous suivons l’appel de ces vieux champs de foire poussièreux


Un saut à Fargo et une descente à Aberdeen

Par les collines vieilles et noires on continue de rouler

Par les villes de terres à vaches et les sables du vieux Montana

Nous suivons l’appel de ces vieux champs de foire poussièreux


Tandis que la ligne blanche de la route louvoyait sous les roues

je regardais en riant par la fenêtre de la caravane 

Oh, déchirés étaient nos habits mais leurs couleurs étaient vives

En suivant l’appel de ces vieux champs de foire poussiéreux


Nombreux sont les amis qui ont pris les tournants de la route

Jongleurs, arnaqueurs, joueurs

Bon, j’ai passé mon temps en compagnie de gens de bonne-aventure

En suivant l’appel de ces champs de foire


Oh, il faut planter les rails et fixer les tentes

Faire voler le tissu du drapeau

Bon, faire tourner les chenilles, remonter la grande roue

En suivant l’appel de ces champs de foire


Bon, on roule en ville droit vers les champs de foire

Par derrière les panneaux d’affichage 

On remplit chaque espace avec un visage différent

En suivant l’appel de ces champs de foire

On installe les danseuses devant et le tripot derrière

On entend slamer cette vieille boite à musique

On entend les enfants, les visages, les sourires, en haut, en bas, dans les allées principales

On suit l’appel de ces champs de foire


On traîne dans la ville jusqu’à l’heure règlementaire

On reprend la vieille route au matin

On roule à l’aveugle pour être à l’heure à la prochaine ville

En suivant l’appel de ces champs de foire

Harmonicas plaintifs dans la nuit solitaire

On boit du vin rouge en roulant

Nombreux sont mes tournants, nombreuses les leçons prises

En suivant l’appel de ces champs de foire


Temps de redescendre à Saint Petersburg

Poser les caravanes et installer le camp

L’argent qu’on a gagné paiera la place

En suivant l’appel de ces vieux champs de foire poussiéreux.






DUSTY OLD FAIRGROUNDS


Well, it’s all up from Florida at the start of the spring

The trucks and the trailers will be winding

Like a bullet we’ll shoot for the carnival route

We’re following them dusty old fairgrounds a-calling


From the Michigan mud past the Wisconsin sun

 ’Cross that Minnesota border, keep ’em scrambling

Through the clear county lakes and the lumberjack lands

We’re following them dusty old fairgrounds a-calling


Hit Fargo on the jump and down to Aberdeen

’Cross them old Black Hills, keep ’em rolling

Through the cow country towns and the sands of old Montana

We’re following them fairgrounds a-calling


As the white line on the highway sails under your wheels

I’ve gazed from the trailer window laughing

Oh, our clothes they was torn but the colors they was bright

Following them dusty old fairgrounds a-calling


It’s a-many a friend that follows the bend

The jugglers, the hustlers, the gamblers

Well, I’ve spent my time with the fortune-telling kind

Following them fairgrounds a-calling


Oh, it’s pound down the rails and it’s tie down the tents

Get that canvas flag a-flying

Well, let the caterpillars spin, let the Ferris wheel wind

Following them fairgrounds a-calling


Well, it’s roll into town straight to the fairgrounds

Just behind the posters that are hanging

And it’s fill up every space with a different kind of face

Following them fairgrounds a-calling


Get the dancing girls in front, get the gambling show behind

Hear that old music box a-banging

Hear them kids, faces, smiles, up and down the midway aisles

We’re following them fairgrounds a-calling


It’s a-drag it on down by the deadline in the town

Hit the old highway by the morning

And it’s ride yourself blind for the next town on time

Following them fairgrounds a-calling


As the harmonicas whined in the lonesome nighttime

Drinking red wine as we’re rolling

Many a turnin’ I turn, many a lesson I learn

From following them fairgrounds a-calling


And it’s roll back down to St. Petersburg

Tie down the trailers and camp ’em

And the money that we made will pay for the space

From following them dusty old fairgrounds a-calling



27

OUI LES TEMPS SONT EN TRAIN DE CHANGER


Venez ensemble bonnes gens

D’où que vous soyez

Et admettez qu’autour de vous

L’eau se met à monter

Et acceptez bientôt

D’être trempés jusqu’à l’os

Si pour vous votre temps  

Vaut d’être sauvé

Alors vous feriez mieux de vous mettre à nager 

Sinon vous coulerez comme une pierre

Car, oui les temps sont en train de changer


Venez écrivains et critiques

Aux plumes prophétiques

Et gardez vos yeux ouverts

La chance ne reviendra pas

Et ne parlez pas trop vite

Car la roue tourne encore

Et on ne peut dire qui elle désignera

Car qui perd maintenant gagne plus tard 

Car, oui les temps sont en train de changer


Venez sénateurs, membres du congrès

Tenez compte de mon appel

Ne restez pas sur le seuil

N’encombrez pas le couloir

Celui qui n’avance pas

Celui-là sera blessé

La bataille fait rage au dehors 

Elle va secouer vos fenêtres, ébranler vos murs

Car oui les temps sont en train de changer


Venez mères et pères

De tout le pays

Et ne critiquez pas

Ce que vous ne pouvez comprendre

Vos fils et vos filles

Ne sont plus à vos ordres

Elle se dégrade rapidement

Votre vieille route

Quittez la nouvelle si vous ne pouvez prêter main forte

Car oui les temps sont en train de changer


La ligne est tracée

Le sort en est jeté

Le lambin d’aujourd’hui

Demain sera véloce

Tout comme le présent

Plus tard sera passé

L’ordre défaille vite

Le premier d’aujourd’hui demain sera dernier

Car oui les temps sont en train de changer






THE TIMES THEY ARE A-CHANGIN’


 

Come gather ‘round people

Wherever you roam

And admit that the waters

Around you have grown

And accept it that soon

You'll be drenched to the bone

If your time to you

Is worth saving

Then you better start swimming

Or you'll sink like a stone

For the times they are a-changin'!

 

Come writers and critics

Who prophesize with your pen

And keep your eyes wide

The chance won't come again

And don't speak too soon

For the wheel's still in spin

And there's no telling who

That it's naming

For the loser now

Will be later to win

For the times they are a-changin'

 

Come senators, congressmen

Please heed the call

Don't stand in the doorway

Don't block up the hall

For he that gets hurt

Will be he who has stalled

There's a battle outside

And it's raging

It'll soon shake your windows

And rattle your walls

For the times they are a-changin'

 

Come mothers and fathers

Throughout the land

And don't criticize

What you can't understand

Your sons and your daughters

Are beyond your command

Your old road is

Rapidly aging

Please get out of the new one

If you can't lend your hand

For the times they are a-changin'

 

The line it is drawn

The curse it is cast

The slow one now will

Later be fast

As the present now

Will later be past

The order is rapidly fading

And the first one now

Will later be last

For the times they are a-changin'



AVEC DIEU À NOS CÔTÉS


Oh mon nom ce n’est rien

Et mon âge encore moins

Le pays d’où je viens

S’appelle le Midwest

J’ai grandi et on m’a appris là-bas

À respecter les lois

Et que la terre où je vis

A Dieu à ses côtés


Oh les livres d’histoire le racontent

Ils le racontent si bien

La cavalerie chargeait

Les Indiens mouraient

Oh le pays était jeune

Avec Dieu à ses côtés


Oh la guerre Hispano-Américaine

A fait son temps

Et la guerre de Sécession

Fut bientôt écartée

Mais les noms des héros 

Sont faits pour êtres retenus

Leurs armes à la main 

Et Dieu à leurs côtés


Oh la première Guerre Mondiale, les gars

A liquidé son monde

La raison de se battre

Ne m’a jamais paru bien nette

Mais j’ai appris à l’accepter

À l’accepter avec fierté

Car on ne compte pas les morts

Quand on a Dieu à ses côtés


Quand la seconde Guerre Mondiale 

Fut terminée 

Nous avons pardonné aux Allemands

Et sommes devenus amis

Malgré les six millions de massacrés

Dans des fours, ils les ont fait griller

Maintenant les Allemands aussi

Ont Dieu à leurs côtés


J’ai appris à hair les Russes

Durant toute ma vie

Si commence une nouvelle guerre

C’est eux qu’on doit combattre

À les haïr et à les craindre

À courir et à me cacher

À accepter tout cela bravement

Avec Dieu à mes côtés


Mais maintenant nous avons les armes

De la poussière chimique

Si on nous contraint à faire feu

Alors nous devrons les lancer

Une pression sur le bouton

Un coup sur la planète entière

Et jamais on ne se pose de question

Quand on a Dieu à ses côtés


Durant plus d’une heure sombre

J’ai pensé à ceci

Que Jésus Christ

Fut trahi par un baiser

Mais je ne peux penser à votre place

C’est à vous de décider

Si Judas Iscariote

Avait Dieu à ses côtés


Bon à présent je m’en vais

J’ai une fatigue d’enfer

La confusion que je ressens

Aucune langue ne peut la dire

J’ai des mots plein la tête

Et qui tombent au sol

Si Dieu est à nos côtés

Il arrêtera la prochaine guerre




WITH GOD ON OUR SIDE


Oh my name it is nothin'

My age it means less

The country I come from

Is called the Midwest

I's taught and brought up there

The laws to abide

And that land that I live in

Has God on its side.

Oh the history books tell it

They tell it so well

The cavalries charged

The Indians fell

The cavalries charged

The Indians died

Oh the country was young

With God on its side.

Oh the Spanish-American

War had its day

And the Civil War too

Was soon laid away

And the names of the heroes

I's made to memorize

With guns in their hands

And God on their side.

Oh the First World War, boys

It closed out its fate

The reason for fighting

I never got straight

But I learned to accept it

Accept it with pride

For you don't count the dead

When God's on your side.

When the Second World War

Came to an end

We forgave the Germans

And we were friends

Though they murdered six million

In the ovens they fried

The Germans now too

Have God on their side.

I've learned to hate Russians

All through my whole life

If another war starts

It's them we must fight

To hate them and fear them

To run and to hide

And accept it all bravely

With God on my side.

But now we got weapons

Of the chemical dust

If fire them we're forced to

Then fire them we must

One push of the button

And a shot the world wide

And you never ask questions

When God's on your side.

In a many dark hour

I've been thinkin' about this

That Jesus Christ

Was betrayed by a kiss

But I can't think for you

You'll have to decide

Whether Judas Iscariot

Had God on his side.

So now as I'm leavin'

I'm weary as Hell

The confusion I'm feelin'

Ain't no tongue can tell

The words fill my head

And fall to the floor

If God's on our side

He'll stop the next war.



29

RIEN QU’UN PION DANS LEUR JEU

 

De derrière un buisson une balle a pris 

Le sang de Medgra Evers

Un doigt a appuyé la gâchette sur son nom

Une crosse se cachait dans l’obscurité

Une main a mis l’étincelle

Reliés à un cerveau humain

Deux yeux ont visé l’objectif

Mais c’est pas lui qu’il faut blamer

Il n’est qu’un pion dans leur jeu

 

Un politicien du Sud sermone le pauvre homme blanc

« Vous avez plus que les noirs, ne vous plaignez pas

Vous êtes mieux qu’eux, vous êtes nés la peau blanche », dit-on

Et le nom du nègre

Est utile c’est clair

Au gain du politicien

Dont la renommée grandit

Tandis que le pauvre blanc reste 

Dans la cambuse du train

Mais c’est pas lui qu’il faut blâmer

Il n’est rien qu’un pion dans leur jeu

 

Les shérifs adjoints, les soldats, les gouverneurs sont achetés

Les flics et les commissaires de même

Mais le pauvre blanc n’est qu’un outil entre leurs mains

On lui apprend dans son école

Dès le début selon la règle

Que les lois sont pour lui

Pour protéger la blancheur de sa peau 

Pour entretenir sa haine

Pour qu’il ne voie pas clair

De ce moule dans lequel il est

Mais c’est pas lui qu’il faut blâmer

Il n’est rien qu’un pion dans leur jeu

 

Depuis sa cabanne fissurée il guette les sentiers

Et les sabots martèlent son cerveau

On lui apprend comment marcher en meute

Comment tirer dans le dos

Enlacer avec le poing

Pendre et lyncher

Se cacher sous une cagoule

Tuer sans peine

Comme un chien en chaîne 

Il n’a pas de nom

Mais c’est pas lui qu’il faut blâmer

Il n’est rien qu’un pion dans leur jeu


Aujourd’hui on a enterré Medgar Evers avec la balle qu’il a reçue

On l’a descendu en bas comme un roi

Mais quand l’ombre du soleil se couchera sur celui

Qui pressa la détente

Il verra sur la tombe

Sur la pierre qui seule demeure

Gravée près de son nom

Cette simple épitaphe

Rien qu’un pion dans leur jeu

 

 

 

ONLY A PAWN IN THEIR GAME

 

A bullet from the back of a bush took Medgar Evers’ blood

A finger fired the trigger to his name

A handle hid out in the dark

A hand set the spark

Two eyes took the aim

Behind a man’s brain

But he can’t be blamed

He’s only a pawn in their game


A South politician preaches to the poor white man

“You got more than the blacks, don’t complain

You’re better than them, you been born with white skin,” they explain.

And the Negro’s name

Is used it is plain

For the politician’s gain

As he rises to fame

And the poor white remains

On the caboose of the train

But it ain’t him to blame

He’s only a pawn in their game


The deputy sheriffs, the soldiers, the governors get paid

And the marshals and cops get the same

But the poor white man’s used in the hands of them all like a tool

He’s taught in his school

From the start by the rule

That the laws are with him

To protect his white skin

To keep up his hate

So he never thinks straight

’Bout the shape that he’s in

But it ain’t him to blame

He’s only a pawn in their game


From the poverty shacks, he looks from the cracks to the tracks

And the hoofbeats pound in his brain

And he’s taught how to walk in a pack

Shoot in the back

With his fist in a clinch

To hang and to lynch

To hide ’neath the hood

To kill with no pain

Like a dog on a chain

He ain’t got no name

But it ain’t him to blame

He’s only a pawn in their game.


Today, Medgar Evers was buried from the bullet he caught

They lowered him down as a king

But when the shadowy sun sets on the one

That fired the gun

He’ll see by his grave

On the stone that remains

Carved next to his name

His epitaph plain:

Only a pawn in their game



30

BOTTES DE CUIR D’ESPAGNE 


Oh, je pars sur la mer mon seul vrai amour 

De bon matin je m’en vais sur la mer

Puis-je t’envoyer quelque chose d’au-delà des mers

Depuis l’endroit où j’accosterai ?


Non, tu ne peux rien m’envoyer, mon seul amour vrai

Il n’y a rien que je souhaite posséder

Reviens-moi seulement intacte

de l’autre bord de cet océan solitaire


Oh, mais je croyais juste que tu pourrais vouloir quelque chose de joli

Fait d’or ou d’argent

Soit des montagnes de Madrid

Soit de la côte de Barcelonne


Oh, si j’avais les étoiles de la plus sombre nuit

Et les diamants de l’océan le plus profond

J’y renoncerais pour ton doux baiser

Car c’est tout ce que je souhaite avoir


C’est que je pourrais être loin longtemps 

Et je te demande seulement

Si je peux t’envoyer quelque chose qui me rappelle à toi

Pour rendre ton temps plus facile à passer


Oh, comment, comment peux-tu me demander cela encore

Cela ne me donne que du chagrin

Tout ce que je veux de toi aujourd’hui

Je le voudrai encore demain


J’ai reçu une lettre un jour de solitude

elle venait de son bateau en mer

Disant je ne sais quand je reviendrai

Cela dépendra de comment je me sens


Bon, si toi, mon amour, dois voir les choses ainsi

Je suis sûr que ton esprit vagabonde

Je suis sûr que ton cœur n’est pas avec moi

Mais avec le pays où tu vas


Alors prends garde, prends garde au vent d’ouest

Veille au grain

Et oui, il y a une chose que tu peux m’envoyer

Des bottes espagnoles en cuir d’Espagne


BOOTS OF SPANISH LEATHER



Oh, I’m sailin’ away my own true love

I’m sailin’ away in the morning

Is there something I can send you from across the sea

From the place that I’ll be landing?


No, there’s nothin’ you can send me, my own true love

There’s nothin’ I wish to be ownin’

Just carry yourself back to me unspoiled

From across that lonesome ocean


Oh, but I just thought you might want something fine

Made of silver or of golden

Either from the mountains of Madrid

Or from the coast of Barcelona


Oh, but if I had the stars from the darkest night

And the diamonds from the deepest ocean

I’d forsake them all for your sweet kiss

For that’s all I’m wishin’ to be ownin’


That I might be gone a long time

And it’s only that I’m askin’

Is there something I can send you to remember me by

To make your time more easy passin’


Oh, how can, how can you ask me again

It only brings me sorrow

The same thing I want from you today

I would want again tomorrow


I got a letter on a lonesome day

It was from her ship a-sailin’

Saying I don’t know when I’ll be comin’ back again

It depends on how I’m a-feelin’


Well, if you, my love, must think that-a-way

I’m sure your mind is roamin’

I’m sure your heart is not with me

But with the country to where you’re goin’


So take heed, take heed of the western wind

Take heed of the stormy weather

And yes, there’s something you can send back to me

Spanish boots of Spanish leather



31

LA MORT SOLITAIRE DE HATTIE CAROLL


Wiliam Zaninger a tué la pauvre Hattie Carroll

Avec une canne qui tournait autour de son doigt bagué de diamant

Lors d’une soirée dans un hôtel de Baltimore

On appela les flics et confisqua son arme

On le conduisit au poste en détention

William Zaninger fut inculpé d’homicide volontaire

Mais toi qui philosophes sur l’infâmie et fais la critique des peurs

Ôte ce chiffon de ton visage

Le temps de tes larmes n’est pas venu


William Zaninger, propriétaire à vingt-quatre ans 

D’une plantation de tabac de deux cents vingt hectares

Avec de riches parents pour l’aider et le protéger

Et des relations d’affaires chez les politiciens du Maryland

Réagit à son acte d’un haussement d’épaules

Sa langue était féroce en jurons et ricanements 

Sous caution en quelques minutes il était dehors

Mais toi qui philosophes sur l’infâmie et fais la critique des peurs

Ôte ce chiffon de ton visage

Le temps de tes larmes n’est pas venu


Hattie Caroll était une femme de ménage

Âgée de cinquante et un ans ayant donné naissance à dix enfants

Elle apportait les plats et sortait les ordures

Sans jamais s’asseoir une seule fois en bout de table

Sans même parler aux gens attablés

Elle ne faisait que débarrasser la table de sa nourriture

Et ramener les cendriers à un tout autre niveau

Elle fut tuée raide d’un coup de canne

Qui fendit l’air et traversa la pièce

Destinée et déterminée à détruire tous les gentils

Et celle qui n’avait jamais rien fait à William Zanzinger

Mais toi qui philosophes sur l’infâmie et fais la critique des peurs

Ôte ce chiffon de ton visage

Le temps de tes larmes n’est pas venu


Dans la salle d’honneur du tribunal le juge frappa du marteau

Pour affirmer l’égalité de tous devant des tribunaux à la hauteur

Que les ficelles ne se tirent pas des bouquins ni ne se suggèrent

Et que même les nobles sont traités comme il convient

Une fois que les flics les ont poursuivis et appréhendés

Et que l’échelle de la loi n’a ni base ni sommet

Il dévisagea celui qui avait tué sans raison

Qui sans crier gare en arriva là

Et tint un discours de robe tout en profondeur et distinction

Et prodigua fermement comme punition et repentance

À William Zanzinger une peine de six mois

Oh, mais toi qui philosophes sur l’infâmie et fais la critique des peurs

Enfouis ce chiffon au plus profond de ton visage

Car voici venu le temps de tes larmes 




THE LONESOME DEAT OF HATTIE CARROLL


William Zanzinger killed poor Hattie Carroll

With a cane that he twirled around his diamond ring finger

At a Baltimore hotel society gath’rin’

And the cops were called in and his weapon took from him

As they rode him in custody down to the station

And booked William Zanzinger for first-degree murder

But you who philosophize disgrace and criticize all fears

Take the rag away from your face

Now ain’t the time for your tears


William Zanzinger, who at twenty-four years

Owns a tobacco farm of six hundred acres

With rich wealthy parents who provide and protect him

And high office relations in the politics of Maryland

Reacted to his deed with a shrug of his shoulders

And swear words and sneering, and his tongue it was snarling

In a matter of minutes on bail was out walking

But you who philosophize disgrace and criticize all fears

Take the rag away from your face

Now ain’t the time for your tears


Hattie Carroll was a maid of the kitchen

She was fifty-one years old and gave birth to ten children

Who carried the dishes and took out the garbage

And never sat once at the head of the table

And didn’t even talk to the people at the table

Who just cleaned up all the food from the table

And emptied the ashtrays on a whole other level

Got killed by a blow, lay slain by a cane

That sailed through the air and came down through the room

Doomed and determined to destroy all the gentle

And she never done nothing to William Zanzinger

But you who philosophize disgrace and criticize all fears

Take the rag away from your face

Now ain’t the time for your tears


In the courtroom of honor, the judge pounded his gavel

To show that all’s equal and that the courts are on the level

And that the strings in the books ain’t pulled and persuaded

And that even the nobles get properly handled

Once that the cops have chased after and caught ’em

And that the ladder of law has no top and no bottom

Stared at the person who killed for no reason

Who just happened to be feelin’ that way without warnin’

And he spoke through his cloak, most deep and distinguished

And handed out strongly, for penalty and repentance

William Zanzinger with a six-month sentence

Oh, but you who philosophize disgrace and criticize all fears

Bury the rag deep in your face

For now’s the time for your tears



33

CERCLE ÉTERNEL


Je chantais une chanson lente

Tandis qu’elle se tenait dans l’ombre

Elle est entrée dans la lumière

Tandis que filaient mes cordes d’argent

Elle a imploré du regard

Cet air que je jouais

Mais longue était la chanson

Et je ne faisais que commencer


À travers une boule à facette

Son visage réfléchissait

Vite les mots effacés

Qui roulaient sur ma langue

Dans un regard longue distance

Ses yeux étaient de braise

Mais longue était la chanson

Et il restait plus à chanter


Mes yeux dansaient un cercle

À travers son clair contour

De sa tête penchée de côté

De nouveau elle m’appelait

Tandis que s’étirait la mélodie

Elle respirait fort à travers l’écho

Mais elle était longue la chanson

Et loin d’être finie


J’ai surveillé ma guitare

Et j’en ai joué comme si

De tous les yeux présents

Je n’en voyais pas un

Tandis que ses pensées frappaient fort

comme la pointe d’une flèche

Mais longue était la chanson

Et il fallait la jouer en entier


Tandis que l’air finissait

J’ai posé la guitare

Puis cherché la fille

Restée si longtemps

Mais son ombre manquait

À toute ma recherche

Alors j’ai repris ma guitare

et attaqué la chanson suivante



ETERNAL CIRCLE


I sang the song slowly

As she stood in the shadows

She stepped to the light

As my silver strings spun

She called with her eyes

To the tune I’s a-playin’

But the song it was long

And I’d only begun


Through a bullet of light

Her face was reflectin’

The fast fading words

That rolled from my tongue

With a long-distance look

Her eyes was on fire

But the song it was long

And there was more to be sung


My eyes danced a circle

Across her clear outline

With her head tilted sideways

She called me again

As the tune drifted out

She breathed hard through the echo

But the song it was long

And it was far to the end


I glanced at my guitar

And played it pretendin’

That of all the eyes out there

I could see none

As her thoughts pounded hard

Like the pierce of an arrow

But the song it was long

And it had to get done


As the tune finally folded

I laid down the guitar

Then looked for the girl

Who’d stayed for so long

But her shadow was missin’

For all of my searchin’

So I picked up my guitar

And began the next song



34

LAISSE TOMBER TON AIR FATIGUÉ


Laisse tomber ton air fatigué, laisse tomber

Laisse tomber la chanson que tu grattes

Et repose-toi sur la force des cordes

Qu’aucune voix ne saurait fredonner


Dérangé par les bruits précédant le soleil

J’ai su que la nuit s’en allait

La brise du matin soufflait comme un clairon

Sur les tambours de l’aurore


Laisse tomber ton air fatigué, laisse tomber

Laisse tomber la chanson que tu grattes

Et repose-toi sur la force des cordes

Qu’aucune voix ne saurait fredonner


L’océan sauvage jouait de l’orgue

Les algues tissaient leurs brins

Les vagues percutantes résonnaient comme des cymbales

contre les rochers et les sables


Laisse tomber ton air fatigué, laisse tomber

Laisse tomber la chanson que tu grattes

Et repose-toi sur la force des cordes

Qu’aucune voix ne saurait fredonner


J’étais détendu en-dessous des cieux

Et des nuages déliés des lois

La pluie en pleurs chantait comme une trompette

Sans demander de bravo


Laisse tomber ton air fatigué, laisse tomber

Laisse tomber la chanson que tu grattes

Et repose-toi sur la force des cordes

Qu’aucune voix ne saurait fredonner


La dernière des feuilles tomba des arbres

et s’aggripa au sein d’un nouvel amour

Les branches nues comme un banjo jouèrent

Pour les vents qui savaient écouter


Laisse tomber ton air fatigué, laisse tomber

Laisse tomber la chanson que tu grattes

Et repose-toi sur la force des cordes

Qu’aucune voix ne saurait fredonner


J’ai baissé les yeux sur le miroir du fleuve

Et observé son grincement sinueux

L’eau lisse coulait comme un hymne

Et comme une harpe elle fredonnait 


Laisse tomber ton air fatigué, laisse tomber

Laisse tomber la chanson que tu grattes

Et repose-toi sur la force des cordes

Qu’aucune voix ne saurait fredonner




LAY DOWN YOUR WEARY TUNE



Lay down your weary tune, lay down

Lay down the song you strum

And rest yourself ’neath the strength of strings

No voice can hope to hum


Struck by the sounds before the sun

I knew the night had gone

The morning breeze like a bugle blew

Against the drums of dawn


Lay down your weary tune, lay down

Lay down the song you strum

And rest yourself ’neath the strength of strings

No voice can hope to hum


The ocean wild like an organ played

The seaweed’s wove its strands

The crashin’ waves like cymbals clashed

Against the rocks and sands


Lay down your weary tune, lay down

Lay down the song you strum

And rest yourself ’neath the strength of strings

No voice can hope to hum


I stood unwound beneath the skies

And clouds unbound by laws

The cryin’ rain like a trumpet sang

And asked for no applause


Lay down your weary tune, lay down

Lay down the song you strum

And rest yourself ’neath the strength of strings

No voice can hope to hum


The last of leaves fell from the trees

And clung to a new love’s breast

The branches bare like a banjo played

To the winds that listened best


I gazed down in the river’s mirror

And watched its winding strum

The water smooth ran like a hymn

And like a harp did hum


Lay down your weary tune, lay down

Lay down the song you strum

And rest yourself ’neath the strength of strings

No voice can hope to hum



34

RIEN QU’UN CLOCHARD


En me promenant un jour au coin d’une rue

J’ai repéré un vieux clochard couché sur le pas d’une porte

Son visage fondu dans le froid du trottoir

J’imagine qu’il avait passé là au moins toute la nuit


Rien qu’un clochard, mais encore un de moins

Sans personne après lui pour chanter sa complainte

Sans personne pour le transporter chez lui

Rien qu’un clochard, mais encore un de moins


Une couverture de journal abritait sa tête

Le trottoir était son oreiller, la rue était son lit

Un regard sur son visage montrait le dur chemin parcouru

Une poignée de pièces, c’était là tout l’argent qu’il avait tapé


Rien qu’un clochard, mais encore un de moins

Sans personne après lui pour chanter sa complainte

Sans personne pour le transporter chez lui

Rien qu’un clochard, mais encore un de moins


Quel homme faut-il être pour voir s’effondrer sa vie entière

Pour lever les yeux sur le monde depuis un trou dans le sol

Pour attendre son avenir comme un cheval allant boiteux

Pour coucher dans le caniveau et mourir sans nom ?


Rien qu’un clochard, mais encore un de moins

Sans personne après lui pour chanter sa complainte

Sans personne pour le transporter chez lui

Rien qu’un clochard, mais encore un de moins







ONLY A HOBO

 

 

As I was out walking on the corner one day

I spied an old hobo, in the doorway he lay

His face was all covered in the cold sidewalk floor

I guess he'd been there for a whole night or more


He was only a hobo, but one more is gone

Leaving nobody to carry it on

Leaving nobody to sing his sad song

Only a hobo, but one more is gone


A blanket of newspaper covered his head

The step was his pillow, the street was his bed

One look at his face showed the hard road he'd come

And a fistful of money showed the coins that he'd bummed


He was only a hobo, but one more is gone

Leavin' nobody to sing his sad song

Leavin' nobody to carry him home

Only a hobo, but one more is gone


Does it take much of a man to see a whole life go down

To look on the world from a hole in the ground

Too late for your future like a horse that's gone lame

To lie in the gutter and die with no name


He was only a hobo, but one more is gone

Leavin' nobody to sing his sad song

Leavin' nobody to carry it on

Only a hobo, but one more is gone



36

JE SUPPPOSE QUE JE VAIS BIEN


Bon, mon enfance je ne l’ai plus

Ni les amis que j’ai connu jadis

Non, je n’ai plus mon enfance

Mais il me reste toujours ma voix

Je peux l’emmener partout où je vais

Hé, hé, donc je suppose que je vais bien


Et je n’ai jamais eu beaucoup d’argent

Mais je suis toujours là n’importe comment

Non, je n’ai jamais eu beaucoup d’argent

Mais je suis toujours là n’importe comment

Maintes fois j’ai dû fléchir

Mais me courber, jamais encore

Hé, hé, donc je suppose que je vais bien


Des ennuis, oh, des ennuis

J’ai des ennuis plein la tête

Des ennuis, oh, des ennuis

J’ai des ennuis plein la tête

Mais Seigneur les ennuis du monde

Sont bien plus grands que les miens

Hé, hé, donc je suppose que je vais bien


Et je n’ai jamais eu d’armées

Pour sauter à mon commandement

Non, je n’ai jamais eu d’armées

Pour sauter à mon commandement

Mais je n’ai pas besoin d’armées

Je me suis fait un bon ami

Hé, hé, donc je suppose que je vais bien


Je me suis fait botter, fouetter, piétiner

Et tirer dessus, tout comme toi

Mais tant que la terre continue de tourner

Je continue de tourner moi aussi

Hé, hé, donc je suppose que je vais bien


Bon, ma route peut être cahoteuse

Les pierres ont sans doute taillé mon visage

Ma route peut être cahoteuse

Les pierres ont sans doute taillé mon visage

Mais j’en connais qui n’ont pas de route

Ils doivent rester dans le même trou

Hé, hé, donc je suppose que je vais bien




GUESS I’M DOIN’ FINE


Well, I ain’t got my childhood

Or friends I once did know

No, I ain’t got my childhood

Or friends I once did know

But I still got my voice left


I can take it anywhere I go

Hey, hey, so I guess I’m doing fine


And I’ve never had much money

But I’m still around somehow

No, I’ve never had much money

But I’m still around somehow

Many times I’ve bended

But I ain’t never yet bowed

Hey, hey, so I guess I’m doing fine


Trouble, oh trouble

I’ve trouble on my mind

Trouble, oh trouble

Trouble on my mind

But the trouble in the world, Lord

Is much more bigger than mine

Hey, hey, so I guess I’m doing fine




And I never had no armies

To jump at my command

No, I ain’t got no armies

To jump at my command

But I don’t need no armies

I got me one good friend

Hey, hey, so I guess I’m doing fine


I been kicked and whipped and trampled on

I been shot at just like you

I been kicked and whipped and trampled on

I been shot at just like you

But as long as the world keeps a-turning

I just keep a-turnin’ too

Hey, hey, so I guess I’m doing’ fine


Well, my road might be rocky



The stones might cut my face

My road it might be rocky

The stones might cut my face

But as some folks ain’t got no road at all

They gotta stand in the same old place

Hey, hey, so I guess I’m doing fine



37

CE QUE JE VEUX SURTOUT 


Je ne cherche pas à te concurrencer

Te battre, tricher, te maltraiter 

Te simplifier, te cataloguer

Nier, te défier ou te crucifier 

Ce que je veux surtout chérie

C’est être ton ami. 


Non, et je ne cherche pas à lutter avec toi

À t’effrayer ou te serrer

T’abaisser ou t’assécher

T’enchaîner ou te tirer vers le bas

Ce que je veux surtout 

C’est être ton ami 


Je ne veux pas te bloquer

De choc ou coup ou séquestration

Te traquer ou te pister

Te déshonorer, te déplacer,

Ni te décrire ni te circonscrire

Ce que je veux surtout chérie 

C’est être ton ami 


Je ne veux pas rencontrer les tiens

Ni te faire tourner ni te faire 

Ou te sélectionner ou te disséquer 

Ou t’inspecter ou te rejeter

Ce que je veux surtout chérie

C’est être ton ami. 


Je ne veux pas te tromper 

Te prendre, te secouer ou t'abandonner

Je n’attends pas que tu sentes

Voies, ou soies comme moi 

Ce que je veux surtout chérie

C’est être ton ami





ALL I REALLY WANT TO DO I ain’t lookin’ to compete with you, I ain’t lookin’ to fight with you. Bet or cheat or mistreat you. Simplify you, classify you, deny, defy or crucify you, frighten you or tighten you, drag you down or drain you dawn, chain you dawn or bring you down, all I really want to do, is, baby, be friends with you. No and I ain’t lookin’ to block you up, shock or knock or lock you up, analyze you, categorize you, finalize you or advertise you, all I really want to do is, baby, be fiends with you. I don’t want to straight face you, race or chase you, track or trace you or disgrace you or displace you or define you or confine you, all I really want to do is, baby, be friends with you. I don’t want to meet your kin, make your spin or do you in or select you or dissect you or inspect you or reject you, all I really want to do is, baby, be friends with you. I don’t want to fake you out, take or shake or forsake you out, I ain’t lookin’ for you to feel like me, see like me or be like me, all I really want to do is baby be friends with you.



37

CE N’EST PAS MOI, BÉBÉ


Va-t-en de ma fenêtre

Pars, choisis ta propre vitesse

Je ne suis pas celui que tu veux, bébé

Je ne suis pas celui qu’il te faut

Tu dis que tu cherches quelqu’un 

De jamais faible toujours fort 

Pour te protéger et te défendre 

Que tu aies tort ou raison

Quelqu'un pour t'ouvrir une et toutes les portes

Mais ce n’est pas moi, bébé 

Non non non, ce n’est pas moi bébé

ce n’est pas moi que tu cherches, bébé


Éloigne-toi un peu du rebord, bébé

Va au sol en douceur

Je ne suis pas celui que tu veux, bébé

Je ne vais que te laisser tomber

Tu dis que tu cherches quelqu’un 

Qui promettra de ne jamais te quitter

Quelqu’un qui pour toi ferme les yeux

Quelqu’un qui ferme son cœur 

Quelqu’un prêt à mourir pour toi et davantage 

Mais ce n’est pas moi, bébé

Non non non, ce n’est pas moi bébé

Ce n’est pas moi que tu cherches, bébé


Pars, fonds-toi de nouveau dans la nuit, bébé

Dedans tout est en pierre

Il n’y a rien là-dedans qui bouge 

Et d’ailleurs je ne suis pas seul

Tu dis que tu cherches quelqu’un 

Qui te relèverait chaque fois que tu tomberais 

Qui t’apporterait constamment des fleurs 

Et viendrait chaque fois que tu appellerais

Un amoureux de ta vie et rien d’autre

Mais ce n’est pas moi, bébé 

Non non non, ce n’est pas moi bébé

Ce n’est pas moi que tu cherches, bébé



IT AIN’T ME, BABE Go away from my window, leave at your own chosen speed. I`m not the one you want, babe, I`m not the one you need. You say you`re looking for someone, never weak but always strong, to protect you and defend you, whether you are right or wrong. Someone to open each and every door. But it ain`t me, babe, no, no, no, It ain`t me, babe, It ain`t me you`re looking for, babe. Go lightly from the ledge, babe, Go lightly on the ground. I`m not the one you want, babe, I will only let you down. You say you`re looking for someone who will promise never to part. Someone to close his eyes for you, someone to close his heart. Someone who will die for you and more. But it ain`t me, babe, no, no, no, It ain`t me, babe, It ain`t me you`re looking for, babe. Go, melt back in the night, babe, everything inside is made of stone. There`s nothing in here moving qnd anyway I`m not alone. You say you`re looking for someone who`ll pick you up each time you fall, to gather flowers constantly, and to come each time you call. A lover of your life and nothing more. But it ain`t me, babe, no, no, no, It ain`t me, babe, It ain`t me you`re looking for, babe.




38


CENT-QUINZIÈME RÊVE DE Bob Dylan


Je naviguais sur le Mayflower

Quand j'ai cru apercevoir une terre

J'ai appelé le capitaine Arab

Je vous explique

Le voilà qui déboule sur le pont

Et dit « les gars oubliez la baleine 

Voyez donc par là-bas

Coupez les moteurs

Changez la voile

Halez la bouline »

Nous avons chanté cette mélodie 

Comme font tous les rudes marins

Quand ils sont loin en mer


« Je crois que je vais l’appeler Amérique »

Ai-je dit au moment de toucher terre

J’ai respiré prodondément

Je suis tombé, je ne tenais plus debout

Le capitaine Arab a commencé

À rédiger un acte

Il a dit « élevons un fort

Et commencons par acheter l’endroit avec des perles »

Alors ce flic s’emmène dans la rue

Fou comme un malade mental

Il nous a tous jetés en prison

Pour port de harpons


Oh, moi je me suis échappé

Ne me demandez pas comment

J’ai couru chercher de l’aide

J’ai croisé une vache de Guernesey

Qui m’a indiqué la direction

Des taudis du Bowery 

Où les gens brandissaient des pancartes

Disant « À bas les clodos » 

J’ai sauté en ligne droite

En disant « j’espère que je n’arrive pas trop tard »

Et en réalisant que je n’avais rien mangé

Depuis cinq jours entiers


Je suis entré dans un restaurant

À la recherche du cuisinier

J’ai dit que j’étais éditeur

D’un fameux guide étoilé

La serveuse, il était merveilleux

il portait une cape de poudre bleue

J’ai commandé une crêpe suzette, j’ai dit

« Voulez-vous bien me la hacher ? »

Juste à ce moment la cuisine entière a explosé

De graisse bouillante

La nourriture volait partout

Je suis parti sans mon chapeau


Bon, je ne voulais pas paraître curieux

Mais je suis entré dans une banque

Pour avancer la caution d’Arab

Et de tous les gars encore au trou

Ils m’ont demandé quelques garanties

Et j’ai baissé mon pantalon

Ils m’ont jeté à la rue

C’est alors qu’arriva cette fille de France

Qui m’invita dans sa maison

J’y allai, mais elle avait un ami

Qui m’a assommé

M’a pris mes bottes

Et me voilà dans la rue de nouveau


Bon, j’ai frappé à la porte d’une maison

Qui arborait le drapeau apéricain

J’ai dit « pourriez-vous m’aider

J’ai quelques amis en panne »

L’homme a dit « Va-t-en d’ici

Ou je t’arrache membre après membre » 

J’ai dit « Vous savez qu’ils ont refusé à Jésus, aussi »

Il m’a dit « Tu n’es pas Lui » 

Va-t-en avant que je te brise les os

J’suis pas ton papa »

J’ai décidé de le faire arrêter

Et me suis mis en quête d’un flic


J’ai couru droit dehors

Et sauté dans un taxi

Suis ressorti par l’autre porte

Un Englishman a dit « Fab »

Quand il m’a vu sauter par-dessus un stand de hot-dogs

Et une remorque 

Garée en face d’un immeuble

Avec sa réclame pour la fraternité

J’ai couru droit à travers la première porte

Comme fait un matelot errant

Mais ce n’était qu’une pompe funèbre

Et l’homme m’a demandé qui j’étais


J’ai répété en soupirant

Que mes copains étaient au trou

Il m’a donné sa carte

A dit « Prévenez-moi s’ils trépassent »

Je lui ai serré la main et dit au-revoir

Et suis sorti en courant

Quand une boule de bowling a dévalé la rue

Et m’a frappé les pieds

Un taxiphone sonnait

Ça m’a juste époustouflé

Quand j’ai décroché et dit allo

Voilà qu’un pied sortait de l’écouteur


Bon, cette fois j’en avais soupé 

De tenter un coup

Pour apporter de l’aide

À mes copains et au capitaine Arab

J’ai décidé de lancer une pièce

Comme à pile ou face 

Pour savoir si je devais retourner

Au bateau ou bien au cachot

J’ai mis au clou ma tenue de marin

Pour avoir une pièce à lancer

C’est sorti pile

Ça rimait avec voile

Alors j’ai foncé au bateau


Bon, une fois rendu j’ai ôté

Le ticket de parking du grand mat

j’en faisais des confettis

Quand ce garde côte vint à passer

On m’a demandé mon nom

Et j’ai dit « Capitaine Kidd » 

Ils m’ont cru mais 

Ils voulaient savoir

Ce que je faisais au juste

J’ai dit être employé

Par le pape d’Eruke

Ils m’ont laissé filer

Ils étaient très parano


Bon, la dernière chose que je sais d’Arab

Il était collé à une baleine

Mariée à l’adjoint

Du sheriff de la prison

Mais la chose la plus drôle c’est 

Alors que je quittais la baie

Quand j’ai vu s’approcher trois vaisseaux

Ils faisaient tous route vers moi

j’ai demandé au capitaine quel était son nom

Et comment se faisait-il qu’il ne conduisait pas plutôt un camion

Il a dit son nom c’était Colomb

J’ai juste dit « bonne chance »




BOB DYLAN’S 115 TH DREAM


I was riding on the Mayflower

When I thought I spied some land

I yelled for Captain Arab

I have yuh understand

Who came running to the deck

Said, “Boys, forget the whale

Look on over yonder

Cut the engines

Change the sail

Haul on the bowline”

We sang that melody

Like all tough sailors do

When they are far away at sea


“I think I’ll call it America”

I said as we hit land

I took a deep breath

I fell down, I could not stand

Captain Arab he started

Writing up some deeds

He said, “Let’s set up a fort

And start buying the place with beads”

Just then this cop comes down the street

Crazy as a loon

He throw us all in jail

For carryin’ harpoons


Ah me I busted out

Don’t even ask me how

I went to get some help

I walked by a Guernsey cow

Who directed me down

To the Bowery slums

Where people carried signs around

Saying, “Ban the bums”

I jumped right into line

Sayin’, “I hope that I’m not late”

When I realized I hadn’t eaten

For five days straight


I went into a restaurant

Lookin’ for the cook

I told them I was the editor

Of a famous etiquette book

The waitress he was handsome

He wore a powder blue cape

I ordered some suzette, I said

“Could you please make that crepe”

Just then the whole kitchen exploded

From boilin’ fat

Food was flying everywhere

And I left without my hat


Now, I didn’t mean to be nosy

But I went into a bank

To get some bail for Arab

And all the boys back in the tank

They asked me for some collateral

And I pulled down my pants

They threw me in the alley

When up comes this girl from France

Who invited me to her house

I went, but she had a friend

Who knocked me out

And robbed my boots

And I was on the street again


Well, I rapped upon a house

With the U.S. flag upon display

I said, “Could you help me out

I got some friends down the way”

The man says, “Get out of here

I’ll tear you limb from limb”

I said, “You know they refused Jesus, too”

He said, “You’re not Him

Get out of here before I break your bones

I ain’t your pop”

I decided to have him arrested

And I went looking for a cop


I ran right outside

And I hopped inside a cab

I went out the other door

This Englishman said, “Fab”

As he saw me leap a hot dog stand

And a chariot that stood

Parked across from a building

Advertising brotherhood

I ran right through the front door

Like a hobo sailor does

But it was just a funeral parlor

And the man asked me who I was


I repeated that my friends

Were all in jail, with a sigh

He gave me his card

He said, “Call me if they die”

I shook his hand and said goodbye

Ran out to the street

When a bowling ball came down the road

And knocked me off my feet

A pay phone was ringing

It just about blew my mind

When I picked it up and said hello

This foot came through the line


Well, by this time I was fed up

At tryin’ to make a stab

At bringin’ back any help

For my friends and Captain Arab

I decided to flip a coin

Like either heads or tails

Would let me know if I should go

Back to ship or back to jail

So I hocked my sailor suit

And I got a coin to flip

It came up tails

It rhymed with sails

So I made it back to the ship



Well, I got back and took

The parkin’ ticket off the mast

I was ripping it to shreds

When this coastguard boat went past

They asked me my name

And I said, “Captain Kidd”

They believed me but

They wanted to know

What exactly that I did

I said for the Pope of Eruke

I was employed

They let me go right away

They were very paranoid


Well, the last I heard of Arab

He was stuck on a whale

That was married to the deputy

Sheriff of the jail

But the funniest thing was

When I was leavin’ the bay

I saw three ships a-sailin’

They were all heading my way

I asked the captain what his name was

And how come he didn’t drive a truck

He said his name was Columbus

I just said, “Good luck”



39

LES PORTES D’ÉDEN


De guerre et de paix la vérité ne fait que se tordre

Et sa mouette couvre-feu ne fait que glisser

Sur des forêts de nuages à quatre pattes

L’ange cow-boy chevauche

Sa bougie allumée au soleil

Bien que sa lueur soit cirée en noir

Partout sauf au-dessous des arbres d’Éden


Le réverbère se tient les bras croisés

Ses griffes de fer reliées

Au trottoir sous les trous où pleurent les bébés

Malgré l’ombre de la plaque de métal

Tout ne peut que s’écrouler

D’un coup violent mais futile

Jamais un bruit ne vient des Portes d’Éden


Le soldat sauvage plante sa tête dans le sable

Puis se plaint

Au chasseur déchaussé qui est devenu sourd

Mais demeure

Sur la plage où les chiens de chasse aboient

Quand passent des bateaux aux voiles tatouées

Croisant vers les Portes d’Éden


À l’aide d’une aiguille de boussole rouillée de temps

Aladin et sa lampe 

Siège avec les moines ermites d’Utopie

En amazone sur le Veau d’Or

Et leurs promesses de paradis

Vous n’entendrez pas un seul rire

Sauf derrière les Portes d’Éden


Les relations de possession 

Murmurent dans les coulisses

Pour ceux condamnés à agir en conséquence

En attendant que les rois se succèdent

Et j’essaie d’être en harmonie avec les chansons

Que chante le merle solitaire

Il n’y a pas de rois derrière les Portes d’Éden


La madonne noire des motos

La reine gitane en deux roues

Et son fantôme aux clous d’argent causent

Le hurlement du nain en flanelle grise

Qui pleure face aux cruels oiseaux de proie

Picorant le pain en miettes de ses pêchés 

Mais il n’y pas de fautes derrière les Portes d’Éden


Les royaumes de l’Expérience

Pourissent dans le vent précieux

Tandis que les pauvres échangent leurs possessions

Chacun voulant ce qu’a l’autre

Et la princesse et le prince

Discutent de ce qui est réel ou pas

C’est sans importance derrière les ports d’Éden


Le soleil étranger, il louche

Sur un lit qui n’est jamais le mien

Pendant que des amis et d’autres inconnus

Tentent de démissionner de leur destin

Laissant les hommes complètement, totalement libres

De faire ce qu’ils veulent sauf mourir

Et derrière les Portes d’Éden pas de tribunaux


Dès l’aurore mon amour vient à moi

Et me parle de ses rêves

Sans souçi d’en pelleter l’aperçu

Dans le fossé de ce qu’ils veulent dire

Parfois je pense qu’il n’y a pas d’autres mots

Que ceux-ci pour dire la vérité

Et il n’est pas de vérités hors des Portes d’Éden




GATES OF EDEN


Of war and peace the truth just twists

Its curfew gull just glides

Upon four-legged forest clouds

The cowboy angel rides

With his candle lit into the sun

Though its glow is waxed in black

All except when ’neath the trees of Eden


The lamppost stands with folded arms

Its iron claws attached

To curbs ’neath holes where babies wail

Though it shadows metal badge

All and all can only fall

With a crashing but meaningless blow

No sound ever comes from the Gates of Eden


The savage soldier sticks his head in sand

And then complains

Unto the shoeless hunter who’s gone deaf

But still remains

Upon the beach where hound dogs bay

At ships with tattooed sails

Heading for the Gates of Eden


With a time-rusted compass blade

Aladdin and his lamp

Sits with Utopian hermit monks

Sidesaddle on the Golden Calf

And on their promises of paradise

You will not hear a laugh

All except inside the Gates of Eden


Relationships of ownership

They whisper in the wings

To those condemned to act accordingly

And wait for succeeding kings

And I try to harmonize with songs

The lonesome sparrow sings

There are no kings inside the Gates of Eden


The motorcycle black madonna

Two-wheeled gypsy queen

And her silver-studded phantom cause

The gray flannel dwarf to scream

As he weeps to wicked birds of prey

Who pick up on his bread crumb sins

And there are no sins inside the Gates of Eden


The kingdoms of Experience

In the precious wind they rot

While paupers change possessions

Each one wishing for what the other has got

And the princess and the prince

Discuss what’s real and what is not

It doesn’t matter inside the Gates of Eden


The foreign sun, it squints upon

A bed that is never mine

As friends and other strangers

From their fates try to resign

Leaving men wholly, totally free

To do anything they wish to do but die

And there are no trials inside the Gates of Eden


At dawn my lover comes to me

And tells me of her dreams

With no attempts to shovel the glimpse

Into the ditch of what each one means

At times I think there are no words

But these to tell what’s true

And there are no truths outside the Gates of Eden





40

COMME UNE PIERRE QUI ROULE



Il fut un temps où tu portais des vêtements très chics

Dans ce temps-là tu jetais des pièces aux clochards, n’est-ce pas ?

Les gens te prévenaient, disaient « Prends garde poupée, tu risques de tomber »

Tu pensais qu’ils plaisantaient

Tu en riais

De ces gens qui traînaient`

Maintenant tu fais moins la fière

Quand il s’agit de taper ton prochain dîner


Qu’est-ce que ça fait ?

Qu’est-ce que ça fait ?

De ne pas avoir de maison

Comme une parfaite inconnue

Comme une pierre qui roule



Tu es allée dans les meilleurs écoles, d’accord Miss Lonely 

Mais tu sais, tu n’as fait que t’y griser

Personne ne t’a jamais appris à vivre dans la rue 

Et maintenant tu découvres qu’il va falloir t’y faire

Tu dis que tu ne transiges jamais avec le clochard mystère

Mais maintenant tu te rends compte 

Qu’il ne vend pas d’alibis 

Alors que tu fixes le vide de ses yeux 

Et lui demande voulez-vous faire affaire ?


Qu’est-ce que ça fait ?

Qu’est-ce que ça fait ?

De ne pas avoir de maison

Comme une parfaite inconnue

Comme une pierre qui roule


Tu ne t’es jamais retournée sur l’air sombre des jongleurs et des clowns

Quand ils venaient te faire leur numéro

Tu n’as jamais compris que tout cela ne vaut rien

Qu’il ne faut pas laisser les autres prendre des coup à ta place

Toi qui chevauchais ta monture chromée avec ton diplomate

Qui portait sur son épaule un chat siamois

Ce fut très dur n’est-ce pas, quand tu as découvert

Qu’il n’était vraiment pas là où il était

Après avoir tiré de toi tout ce qu’il pouvait voler


Qu’est-ce que ça fait ?

Qu’est-ce que ça fait ?

De ne pas avoir de maison

Comme une parfaite inconnue

Comme une pierre qui roule


Princesse à son clocher et tout ce joli monde

Qui boit et pense que c’est dans la poche

Qui échange de précieux cadeaux, des petits riens

Tu ferais mieux d’ôter ton anneau de diamant, et de le mettre au clou, ma petite

Tu avais l’habitude d’en rire

Du Napoléon en haillons et des mots qui allaient avec lui

Vas à lui à présent, il t’appelle, tu ne peux pas dire non

Quand tu n’as rien tu n’as rien à perdre

Te voici invisible tu n’as pas de secrets à cacher


Qu’est-ce que ça fait ?

Qu’est-ce que ça fait ?

De ne pas avoir de maison

Comme une parfaite inconnue

Comme une pierre qui roule



LIKE A ROLLING STONE


Once upon a time you dressed so fine

You threw the bums a dime in your prime, didn’t you?

People’d call, say, “Beware doll, you’re bound to fall”

You thought they were all kiddin’ you

You used to laugh about

Everybody that was hangin’ out

Now you don’t talk so loud

Now you don’t seem so proud

About having to be scrounging for your next meal


How does it feel

How does it feel

To be without a home

Like a complete unknown

Like a rolling stone?


You’ve gone to the finest school all right, Miss Lonely

But you know you only used to get juiced in it

And nobody has ever taught you how to live on the street

And now you find out you’re gonna have to get used to it

You said you’d never compromise

With the mystery tramp, but now you realize

He’s not selling any alibis

As you stare into the vacuum of his eyes

And ask him do you want to make a deal?


How does it feel

How does it feel

To be on your own

With no direction home

Like a complete unknown

Like a rolling stone?


You never turned around to see the frowns on the jugglers and the clowns

When they all come down and did tricks for you

You never understood that it ain’t no good

You shouldn’t let other people get your kicks for you

You used to ride on the chrome horse with your diplomat

Who carried on his shoulder a Siamese cat

Ain’t it hard when you discover that

He really wasn’t where it’s at

After he took from you everything he could steal


How does it feel

How does it feel

To be on your own

With no direction home

Like a complete unknown

Like a rolling stone?


Princess on the steeple and all the pretty people

They’re drinkin’, thinkin’ that they got it made

Exchanging all kinds of precious gifts and things

But you’d better lift your diamond ring, you’d better pawn it babe

You used to be so amused

At Napoleon in rags and the language that he used

Go to him now, he calls you, you can’t refuse

When you got nothing, you got nothing to lose

You’re invisible now, you got no secrets to conceal


How does it feel

How does it feel

To be on your own

With no direction home

Like a complete unknown

Like a rolling stone?





41

LE BLUES DE TOMBSTONE

 

Bien sûr nos douces jolies choses sont au lit maintenant 

Les autorités veulent récupérer

La réincarnation du cheval de Paul Revere

Mais la ville n’a pas besoin de s’en inquiéter

 

Le fantôme de Belle Starr transmet ses astuces

À la nonne Jezabel, la furieuse tricoteuse 

De perruques chauves pour Jack l’éventreur qui siège

En tête à la chambre de commerce

 

Maman est à l’usine

Elle a pas de souliers

Papa est dans l’allée

Il cherche le fusible

Je suis dans les rues 

Avec le blues de Tombstone

 

La mariée hystérique dans l’arcade aux machines à sous

Crie et gémit « j’ai été refaite » 

Puis envoie chercher le docteur qui baisse le store

En disant « Je conseille de ne pas laisser entrer les garçons »

 

Voilà qu’arrive le guérisseur qui traîne des pieds

Il marche en fanfaron et dit à la mariée

« Arrête ces pleurs, ravale ta fierté

Tu ne vas pas mourir, ce n’est pas du poison » 

 

Maman est à l’usine

Elle a pas de souliers

Papa est dans l’allée

Il cherche le fusible

Je suis dans les rues 

Avec le blues de Tombstone

 

Bon, Jean le Baptiste après avoir torturé un voleur

Lève les yeux vers son héros le commandant en chef

Et dit » Dis-moi grand héros, mais sois bref

Y a-t-il un trou où je puisse vomir ? » 

 

Le commandant en chef lui répond en chassant une mouche

Il dit « À mort tous ceux qui geindraient et pleureraient »

Et laissant choir une haltère il dit en désignant le ciel

« Le soleil n’est pas jaune, c’est du poulet » 

 

Maman est à l’usine

Elle a pas de souliers

Papa est dans l’allée

Il cherche le fusible

Je suis dans les rues 

Avec le blues de Tombstone

 

Le roi des Philistins pour sauver ses soldats

Pose des maxillaires sur leurs pierres tombales, flatte leurs tombes

Jette les joueurs de flute en prison, engraisse ses esclaves

Avant de les expédier dans la jungle

 

Gypsy Davey brûle leurs bivouacs au chalumeau

Il bat le pavé son fidèle esclave Pedro derrière lui 

Avec une fantastique collection de timbres

Pour se faire des amis et influencer son oncle

 

Maman est à l’usine

Elle a pas de souliers

Papa est dans l’allée

Il cherche le fusible

Je suis dans les rues 

Avec le blues de Tombstone

 

La géométrie de l’innocence fait chair par-dessus l’os 

Fait que le livre de mathématiques de Galilée est jeté

Sur Dalila assise seule et dévalorisée

Mais sur ses joues les larmes sont des larmes de rire

 

Ce que je voudrais c’est donner le grand frisson au frère Bill

Je l’enchaînerais au sommet d’une colline

J’irais chercher quelques piliers et Cecil B. DeMille

Après quoi il pourrait mourir heureux pour toujours

 

Maman est à l’usine

Elle a pas de souliers

Papa est dans l’allée

Il cherche le fusible

Je suis dans les rues 

Avec le blues de Tombstone

 

Là où jadis Ma Rainey et Beethoven ont déballé leur sac de couchage

Maintenant des joueurs de tuba répètent autour du drapeau

Et la National Bank vend à profit les cartes routières de l’âme

À l’hospice et au collège

 

Ce que je voudrais c’est t’écrire une mélodie si simple

Qu’elle t’empêcherait chère madame de devenir folle

Qu’elle te mettrait à l’aise et cool et ferait taire la souffrance

De tes futiles et inutiles connaissances

 

Maman est à l’usine

Elle a pas de souliers

Papa est dans l’allée

Il cherche le fusible

Je suis dans les rues 

Avec le blues de Tombstone



TOMBSTONE BLUES



The sweet pretty things are in bed now of course

The city fathers they’re trying to endorse

The reincarnation of Paul Revere’s horse

But the town has no need to be nervous


The ghost of Belle Starr she hands down her wits

To Jezebel the nun she violently knits

A bald wig for Jack the Ripper who sits

At the head of the chamber of commerce


Mama’s in the fact’ry

She ain’t got no shoes

Daddy’s in the alley

He’s lookin’ for the fuse

I’m in the streets

With the tombstone blues


The hysterical bride in the penny arcade

Screaming she moans, “I’ve just been made”

Then sends out for the doctor who pulls down the shade

Says, “My advice is to not let the boys in”


Now the medicine man comes and he shuffles inside

He walks with a swagger and he says to the bride

“Stop all this weeping, swallow your pride

You will not die, it’s not poison”


Mama’s in the fact’ry

She ain’t got no shoes

Daddy’s in the alley

He’s lookin’ for the fuse

I’m in the streets

With the tombstone blues


Well, John the Baptist after torturing a thief

Looks up at his hero the Commander-in-Chief

Saying, “Tell me great hero, but please make it brief

Is there a hole for me to get sick in?”


The Commander-in-Chief answers him while chasing a fly

Saying, “Death to all those who would whimper and cry”

And dropping a barbell he points to the sky

Saying, “The sun’s not yellow it’s chicken”


Mama’s in the fact’ry

She ain’t got no shoes

Daddy’s in the alley

He’s lookin’ for the fuse

I’m in the streets

With the tombstone blues


The king of the Philistines his soldiers to save

Puts jawbones on their tombstones and flatters their graves

Puts the pied pipers in prison and fattens the slaves

Then sends them out to the jungle


Gypsy Davey with a blowtorch he burns out their camps

With his faithful slave Pedro behind him he tramps

With a fantastic collection of stamps

To win friends and influence his uncle


Mama’s in the fact’ry

She ain’t got no shoes

Daddy’s in the alley

He’s lookin’ for the fuse

I’m in the streets

With the tombstone blues


The geometry of innocence flesh on the bone

Causes Galileo’s math book to get thrown

At Delilah who sits worthlessly alone

But the tears on her cheeks are from laughter


Now I wish I could give Brother Bill his great thrill

I would set him in chains at the top of the hill

Then send out for some pillars and Cecil B. DeMille

He could die happily ever after


Mama’s in the fact’ry

She ain’t got no shoes

Daddy’s in the alley

He’s lookin’ for the fuse

I’m in the streets

With the tombstone blues


Where Ma Rainey and Beethoven once unwrapped their bedroll

Tuba players now rehearse around the flagpole

And the National Bank at a profit sells road maps for the soul

To the old folks home and the college


Now I wish I could write you a melody so plain

That could hold you dear lady from going insane

That could ease you and cool you and cease the pain

Of your useless and pointless knowledge


Mama’s in the fact’ry

She ain’t got no shoes

Daddy’s in the alley

He’s lookin’ for the fuse

I’m in the streets

With the tombstone blues



« L'un des sorts de la vision poétique, c'est de ne voir que trop clairement entre les choses telles qu'elles sont et telles qu'elles devraient être. » Pierre Mercy



42

PASSAGE DES DÉSOLATIONS


Ils vendent les cartes postales de la pendaison

Ils peignent en brun les passeports

Le salon de beauté est bondé de marins

Le cirque est en ville

Voilà qu’arrive le commissaire aveugle

Ils l’ont mis en transe

Une main accrochée au funambule

L’autre dans son pantalon

Et la patrouille s’agite

Il lui faut quelque part où aller

Tandis que ma dame et moi regardons dehors ce soir

Passage des Désolations


Cendrillon a l’air si facile

« Il faut en être pour en connaître » sourit-elle

Elle met ses mains dans ses poches arrières

À la Bette Davis

Alors arrive Roméo, il gémit

« Tu m’appartiens je crois » 

Et quelqu’un dit « Tu t’es trompé d’endroit mon ami

Mieux vaut que tu t’en ailles » 

Et le seul bruit qui reste

après le départ des ambulances

C’est Cendrillon passant le balai

Passage des Désolations


À présent la lune est presque cachée

Les étoiles commencent à se cacher

La diseuse de bonne aventure

A même rangé tout son attirail

Tous sauf Caïn et Abel

Et le bossu de Notre-Dame 

Tout le monde fait l’amour

Ou bien attend la pluie

Quant au bon Samaritain, il s’habille

Il se prépare pour le spectacle

Ce soir il va au carnaval

Passage des Désolations


À présent Ophélie se trouve sous la fenêtre

Pour elle j’ai si peur

Le jour de ses vingt-deux ans

Elle est déjà une vieille fille

Pour elle la mort est tout à fait romantique

Elle porte un corset de fer

Sa profession est sa religion

Son péché est son apathie

Et bien que ses yeux soient rivés

Sur le grand arc-en-ciel de Noé

Elle passe son temps à épier

Passage des Désolations


Einstein déguisé en Robin des Bois

Ses souvenirs dans une malle

Est passé par là il y a une heure

Avec le moine jaloux son ami

Il avait l’air si impeccablement effroyable

Lorsqu’il mendiait une cigarette

Puis il s’est éloigné en reniflant les échappements

Et en récitant l’alphabet

À présent on ne le regarderait même pas

Mais autrefois il fut célèbre

En jouant du violon électrique

Passage des Désolations


Le docteur Ordure préserve son univers

Dans un gobelet de cuir

Mais tous ses patients asexués 

Essaient de le renverser

Et son infirmière, une ratée du coin

Est en charge du trou de cyanure

Elle tient aussi les cartes qui disent

« Ayez pitié de son âme » 

Ils jouent tous du pipeau

Tu peux les entendre souffler

Si tu arrives à pencher la tête assez loin 

Passage des Désolations 


Ils ont pincé des calicots en travers de la rue

Ils se tiennent prêts pour la fête

Le Fantôme de l’Opéra 

La réplique parfaite d’un prêtre

Ils donnent la becquée à Casanova

Pour lui redonner confiance en lui

Puis ils le tueront en toute confiance

Après l’avoir empoisonné de mots

Et le fantôme crie aux jeunes filles maigres

« Sortez de là si vous ne savez pas


Casanova est juste puni pour être allé

Passage des Désolations »


Voilà qu’à minuit tous les agents

Et l’équipe des surhumains

Sortent et rassemblent tous ceux

Qui en savent plus qu’eux

Puis ils les emmènent à l’usine

Où une machine à crises cardiaques

Est sanglée sur leurs épaules

Puis du kérosène

Est descendu des châteaux

Par des assureurs qui s’en vont

Vérifier que personne ne s’échappe

Passage des Désolations


Loué soit le Neptune de Néron

Le Titanic appareille à l’aube

Et tout le monde clame

« De quel bord êtes-vous ? »

Et Ezra Pound et T.S. Eliot 

Luttent dans la Capitainerie

Et les chanteurs de calypso les raillent

Et les pêcheurs portent des fleurs

Entre les fenêtres de la mer

Où coulent d’adorables sirènes

Et personne ne pense trop

Passage des Désolations


Oui, j’ai reçu hier la lettre

(Au moment où cassait le bouton de la porte)

Où tu me demandais comment j’allais

Tu voulais rire ou quoi ?

Tous ces gens dont tu parles

Oui je les connais, ils sont bien estropiés

J’ai dû remodeler leurs visages

Et leur donner à tous un autre nom

En ce moment j’ai du mal à lire

Alors ne m’envoie plus de lettres, non

À moins que tu ne les postes

Passage des Désolations



DESOLATION ROW


They’re selling postcards of the hanging

They’re painting the passports brown

The beauty parlor is filled with sailors

The circus is in town

Here comes the blind commissioner

They’ve got him in a trance

One hand is tied to the tight-rope walker

The other is in his pants

And the riot squad they’re restless

They need somewhere to go

As Lady and I look out tonight

From Desolation Row


Cinderella, she seems so easy

“It takes one to know one,” she smiles

And puts her hands in her back pockets

Bette Davis style

And in comes Romeo, he’s moaning

“You Belong to Me I Believe”

And someone says, “You’re in the wrong place my friend

You better leave”

And the only sound that’s left

After the ambulances go

Is Cinderella sweeping up

On Desolation Row


Now the moon is almost hidden

The stars are beginning to hide

The fortune-telling lady

Has even taken all her things inside

All except for Cain and Abel

And the hunchback of Notre Dame

Everybody is making love

Or else expecting rain

And the Good Samaritan, he’s dressing

He’s getting ready for the show

He’s going to the carnival tonight

On Desolation Row


Now Ophelia, she’s ’neath the window

For her I feel so afraid

On her twenty-second birthday

She already is an old maid

To her, death is quite romantic

She wears an iron vest

Her profession’s her religion

Her sin is her lifelessness

And though her eyes are fixed upon

Noah’s great rainbow

She spends her time peeking

Into Desolation Row


Einstein, disguised as Robin Hood

With his memories in a trunk

Passed this way an hour ago

With his friend, a jealous monk

He looked so immaculately frightful

As he bummed a cigarette

Then he went off sniffing drainpipes

And reciting the alphabet

Now you would not think to look at him

But he was famous long ago

For playing the electric violin

On Desolation Row


Dr. Filth, he keeps his world

Inside of a leather cup

But all his sexless patients

They’re trying to blow it up

Now his nurse, some local loser

She’s in charge of the cyanide hole

And she also keeps the cards that read

“Have Mercy on His Soul”

They all play on pennywhistles

You can hear them blow

If you lean your head out far enough

From Desolation Row


Across the street they’ve nailed the curtains

They’re getting ready for the feast

The Phantom of the Opera

A perfect image of a priest

They’re spoonfeeding Casanova

To get him to feel more assured

Then they’ll kill him with self-confidence

After poisoning him with words

And the Phantom’s shouting to skinny girls

“Get Outa Here If You Don’t Know

Casanova is just being punished for going

To Desolation Row”


Now at midnight all the agents

And the superhuman crew

Come out and round up everyone

That knows more than they do

Then they bring them to the factory

Where the heart-attack machine

Is strapped across their shoulders

And then the kerosene

Is brought down from the castles

By insurance men who go

Check to see that nobody is escaping

To Desolation Row


Praise be to Nero’s Neptune

The Titanic sails at dawn

And everybody’s shouting

“Which Side Are You On?”

And Ezra Pound and T. S. Eliot

Fighting in the captain’s tower

While calypso singers laugh at them

And fishermen hold flowers

Between the windows of the sea

Where lovely mermaids flow

And nobody has to think too much

About Desolation Row


Yes, I received your letter yesterday

(About the time the doorknob broke)

When you asked how I was doing

Was that some kind of joke?

All these people that you mention

Yes, I know them, they’re quite lame

I had to rearrange their faces

And give them all another name

Right now I can’t read too good

Don’t send me no more letters no

Not unless you mail them

From Desolation Row



43

JE TE VEUX


Le coupable croque-mort soupire

Le joueur solitaire d’orgue de Barbarie pleure

Les saxos d’argent disent que je devrais te répudier

Les cloches fêlées, les cuivres délavés

Me soufflent au visage avec mépris

Mais ça ne va pas

Je n’étais pas né pour te perdre


Je te veux, je te veux,

Je te veux tant

Chérie, je te veux


Le politicien ivre fait des bonds

Dans la rue où des mères versent des larmes

Et les sauveurs qui dorment à poings fermés, ils t’attendent

Et moi j’attends qu’ils m’empêchent

De boire dans ma tasse brisée

Et qu’ils me demandent

De t’ouvrir la porte


Je te veux, je te veux,

Je te veux tant

Chérie, je te veux


Maintenant tous mes pères ont déchu

L’amour vrai, ils s’en sont passés

Mais toutes leurs filles me dédaignent

Car je n’y pense pas


Bon, je retourne chez la Reine de Pique

Et parle avec ma femme de chambre

Elle sait que je n’ai as peur de la regarder

Elle est bonne pour moi

Il n’y a rien qu’elle ne voit pas

Elle sait où je voudrais être

Mais c’est sans importance


Je te veux, je te veux,

Je te veux tant

Chérie, je te veux


Quand ton enfant dansant en costume chinois

M’a parlé, j’ai pris sa flute

Bon, je n’ai pas été très gentil avec lui, n’est-ce pas ?

Pourtant je l’ai fait parce qu’il a menti

Parce qu’il t’a mené en bateau

Et parce que le temps était de son côté

Et parce que je…


Je te veux, je te veux,

Je te veux tant

Chérie, je te veux



I WANT YOU


The guilty undertaker sighs

The lonesome organ grinder cries

The silver saxophones say I should refuse you

The cracked bells and washed-out horns

Blow into my face with scorn

But it’s not that way

I wasn’t born to lose you


I want you, I want you

I want you so bad

Honey, I want you


The drunken politician leaps

Upon the street where mothers weep

And the saviors who are fast asleep, they wait for you

And I wait for them to interrupt

Me drinkin’ from my broken cup

And ask me to

Open up the gate for you


I want you, I want you

I want you so bad

Honey, I want you


How all my fathers, they’ve gone down

True love they’ve been without it

But all their daughters put me down

’Cause I don’t think about it


Well, I return to the Queen of Spades

And talk with my chambermaid

She knows that I’m not afraid to look at her

She is good to me

And there’s nothing she doesn’t see

She knows where I’d like to be

But it doesn’t matter


I want you, I want you

I want you so bad

Honey, I want you


Now your dancing child with his Chinese suit

He spoke to me, I took his flute

No, I wasn’t very cute to him, was I?

But I did it, though, because he lied

Because he took you for a ride

And because time was on his side

And because I . . .


I want you, I want you

I want you so bad

Honey, I want you



44

COINCÉ DANS MOBILE, AVEC ENCORE LE BLUES DE MEMPHIS


Le chiffonnier trace ses cercles

De haut en bas du quartier

Je lui aurais bien demandé quel était le problème

Mais je sais qu’il ne cause pas

Et ces dames sont bonnes pour moi

Elles me fournissent en scotch

Mais au fond de mon cœur je sais 

Que je ne peux pas m’échapper


Oh maman c’est donc ça le terminus

Être coincé dans Mobile

Avec encore le blues de Memphis


Bon, Shakespeare est dans les parages

Avec ses souliers pointus et ses clochettes

Il parle avec une française

Qui dit bien me connaître

J’enverrais bien un message 

Pour savoir si elle a avoué

Mais le bureau de poste a été volé

Et la boite aux lettres verrouillée


Oh maman c’est donc ça le terminus

Être coincé dans Mobile

Avec encore le blues de Memphis


Mona a essayé de me dire

D’éviter la ligne de chemin de fer

Elle dit que tous les cheminots

Boivent ton sang comme si c’était du vin 

Et j’ai dit « Oh mais je ne savais pas ça

Remarque, je n’en ai rencontré qu’un

Qui s’est contenté de me fumer les paupières

Et de boxer ma cigarette »


Oh maman c’est donc ça le terminus

Être coincé dans Mobile

Avec encore le blues de Memphis


Grand-père est mort la semaine dernière

Et maintenant il est enseveli sous les galets

Mais ils sont tous encore à raconter

Combien ils ont été salement secoués

Mais moi je m’y attendais

J’ai su qu’il avait perdu le contrôle

Quand il a fait un feu dans la grand rue

Et qu’il l’a criblée de trous


Oh maman c’est donc ça le terminus

Être coincé dans Mobile

Avec encore le blues de Memphis


Le sénateur a fait une descente

Montrant son fusil à la ronde

Distribuant des entrées gratuites

Au mariage de son fils

Et moi j’ai failli me faire embarquer

Et ç’aurait été bien ma veine

De me faire prendre sans billet

Et qu’on me retrouve sous un camion


Oh maman c’est donc ça le terminus

Être coincé dans Mobile

Avec encore le blues de Memphis


Et le prêcheur a semblé si déconcerté

Quand je lui ai demandé pourquoi il était vêtu

De dix kilos de gros titres

Agrafés sur sa poitrine

Et il m’a maudit quand je le lui ai prouvé

Puis j’ai chuchoté « Impossible de se cacher, même toi

Tu vois, tu me ressembles

J’espère que tu es content


Oh maman c’est donc ça le terminus

Être coincé dans Mobile

Avec encore le blues de Memphis


Et l’homme de la pluie m’a donné deux remèdes

Puis m’a dit « Vas-y franchement »

L’un était de l’élixir du Texas

L’autre n’était que du gin de cheminot

Comme un idiot je les ai mélangés

Et ça m’a étranglé l’esprit

À présent les gens ont l’air toujours plus laids

Et j’ai perdu la notion du temps


Oh maman c’est donc ça le terminus

Être coincé dans Mobile

Avec encore le blues de Memphis


Quand Ruthie dit de venir la voir

Dans son lagon honky tonk

Où je peux la voir valser à l’œil 

Sous sa lune panaméenne

Moi je dis « Bon, alors

Tu dois savoir pour ma jeune première »

Elle me répond « Ta jeune première sait ce qu’il te faut

Mais moi je sais ce que tu veux » 


Oh maman c’est donc ça le terminus

Être coincé dans Mobile

Avec encore le blues de Memphis


Et les briques jonchent la grand rue

Où des dingues grimpent aux néons

Tous tombent là à la perfection

Comme si tout était bien minuté

Et moi je reste là patient

En attendant d’avoir trouvé quel prix

Il faut payer pour ne plus avoir à subir

Deux fois la même chose


Oh maman c’est donc ça le terminus

Être coincé dans Mobile

Avec encore le blues de Memphis




STUCK INSIDE OF MOBILE WITH THE MEMPHIS BLUES AGAIN


Oh, the ragman draws circles

Up and down the block

I’d ask him what the matter was

But I know that he don’t talk

And the ladies treat me kindly

And furnish me with tape

But deep inside my heart

I know I can’t escape

Oh, Mama, can this really be the end

To be stuck inside of Mobile

With the Memphis blues again


Well, Shakespeare, he’s in the alley

With his pointed shoes and his bells

Speaking to some French girl

Who says she knows me well

And I would send a message

To find out if she’s talked

But the post office has been stolen

And the mailbox is locked

Oh, Mama, can this really be the end

To be stuck inside of Mobile

With the Memphis blues again


Mona tried to tell me

To stay away from the train line

She said that all the railroad men

Just drink up your blood like wine

An’ I said, “Oh, I didn’t know that

But then again, there’s only one I’ve met

An’ he just smoked my eyelids

An’ punched my cigarette”

Oh, Mama, can this really be the end

To be stuck inside of Mobile

With the Memphis blues again


Grandpa died last week

And now he’s buried in the rocks

But everybody still talks about

How badly they were shocked

But me, I expected it to happen

I knew he’d lost control

When he built a fire on Main Street

And shot it full of holes

Oh, Mama, can this really be the end

To be stuck inside of Mobile

With the Memphis blues again


Now the senator came down here

Showing ev’ryone his gun

Handing out free tickets

To the wedding of his son

An’ me, I nearly got busted

An’ wouldn’t it be my luck

To get caught without a ticket

And be discovered beneath a truck

Oh, Mama, can this really be the end

To be stuck inside of Mobile

With the Memphis blues again


Now the preacher looked so baffled

When I asked him why he dressed

With twenty pounds of headlines

Stapled to his chest

But he cursed me when I proved it to him

Then I whispered, “Not even you can hide

You see, you’re just like me

I hope you’re satisfied”

Oh, Mama, can this really be the end

To be stuck inside of Mobile

With the Memphis blues again


Now the rainman gave me two cures

Then he said, “Jump right in”

The one was Texas medicine

The other was just railroad gin

An’ like a fool I mixed them

An’ it strangled up my mind

An’ now people just get uglier

An’ I have no sense of time

Oh, Mama, can this really be the end

To be stuck inside of Mobile

With the Memphis blues again


When Ruthie says come see her

In her honky-tonk lagoon

Where I can watch her waltz for free

’Neath her Panamanian moon

An’ I say, “Aw come on now

You must know about my debutante”

An’ she says, “Your debutante just knows what you need

But I know what you want”

Oh, Mama, can this really be the end

To be stuck inside of Mobile

With the Memphis blues again


Now the bricks lay on Grand Street

Where the neon madmen climb

They all fall there so perfectly

It all seems so well timed

An’ here I sit so patiently

Waiting to find out what price

You have to pay to get out of

Going through all these things twice

Oh, Mama, can this really be the end

To be stuck inside of Mobile

With the Memphis blues again



45



TOQUE EN PEAU DE LEOPARD


Je vois que tu as mis ta toque neuve en vraie peau de léopard

Oui je vois que tu as mis ta toque neuve en vraie peau de léopard

Bon, il faut que tu me dises, petite

Comment se sent ta tête sous un truc pareil

Sous ta toque neuve en vraie peau de léopard


Bon, tu es si jolie avec ça

Est-ce que je peux sauter dessus parfois ?

Oui, je voudrais bien voir

Si c’est vraiment un modèle hors de prix

Tu sais, elle est en équilibre sur ta tête

Comme un matelas

En équilibre sur une bouteille de vin

Ta toque neuve en vraie peau de léopard


Bon, si tu veux voir le soleil se lever

Chérie, je sais où

Nous irons le regarder parfois

On sera là-bas à ouvrir de grands yeux tous les deux

Moi avec ma ceinture

Nouée autour de la tête

Et toi plantée là

Avec ta toque neuve en vraie peau de léopard


J’ai demandé au docteur si je pouvais te voir

Mauvais pour votre santé, m’a t-il dit

Oui, j’ai désobéi à ses ordres

Je suis venu te voir

Mais c’est lui que j’ai trouvé à ta place

Tu sais, ça m’est égal qu’il m’ait trompé

Mais j’aimerais vraiment qu’il l’ôte de sa tête

Ta nouvelle toque en vraie peau de léopard


Bon, je vois que tu as un nouvel ami

Tu sais, je ne l’avais encore jamais vu

Bon, je l’ai vu

En train de te faire l’amour

Tu avais oublié de fermer la porte du garage

Tu crois peut-être qu’il t’aime pour ton argent

Mais moi je sais vraiment pourquoi il t’aime

Pour ta toque neuve en vraie peau de léopard





LEOPARD-SKIN PILL-BOX HAT



Well, I see you got your brand new leopard-skin pill-box hat

Yes, I see you got your brand new leopard-skin pill-box hat

Well, you must tell me, baby

How your head feels under somethin’ like that

Under your brand new leopard-skin pill-box hat


Well, you look so pretty in it

Honey, can I jump on it sometime?

Yes, I just wanna see

If it’s really that expensive kind

You know it balances on your head

Just like a mattress balances

On a bottle of wine

Your brand new leopard-skin pill-box hat


Well, if you wanna see the sun rise

Honey, I know where

We’ll go out and see it sometime

We’ll both just sit there and stare

Me with my belt

Wrapped around my head

And you just sittin’ there

In your brand new leopard-skin pill-box hat


Well, I asked the doctor if I could see you

It’s bad for your health, he said

Yes, I disobeyed his orders

I came to see you

But I found him there instead

You know, I don’t mind him cheatin’ on me

But I sure wish he’d take that off his head

Your brand new leopard-skin pill-box hat


Well, I see you got a new boyfriend

You know, I never seen him before

Well, I saw him

Makin’ love to you

You forgot to close the garage door

You might think he loves you for your money

But I know what he really loves you for

It’s your brand new leopard-skin pill-box hat



46

JOHN WESLEY HARDING


John Wesley Harding 

Était l’ami des pauvres

Il voyageait avec un pistolet à chaque main

À travers notre campagne

Il ouvrit plus d’une porte

Mais jamais on ne l’a vu

Blesser un homme honnête



C’était dans le comté de Cheynee

Les gens en parlent encore

Avec sa dame à ses côtés

Qu’il s’installa

Et bientôt la situation là-bas

Fut presque rétablie

Car on l’a toujours vu 

Tendre une main secourable


Le long des fils du télégraphe

Son nom a résonné

Mais aucune charge contre lui

N’a pu être établie

Et nul homme dans le pays

N’a pu le traquer ou l’enchaîner

Car jamais on ne l’a vu

Commettre un seul faux pas



JOHN WESLEY HARDING


John Wesley Harding

Was a friend to the poor

He trav’led with a gun in ev’ry hand

All along this countryside

He opened many a door

But he was never known

To hurt an honest man


’Twas down in Chaynee County

A time they talk about

With his lady by his side

He took a stand

And soon the situation there

Was all but straightened out

For he was always known

To lend a helping hand


All across the telegraph

His name it did resound

But no charge held against him

Could they prove

And there was no man around

Who could track or chain him down

He was never known

To make a foolish move



47

TOUT AU LONG DE LA TOUR DE GUET  


Il doit y avoir un moyen de sortir d'ici dit le joker au voleur

Il y a trop de trouble, je n’ai pas de répit

Les hommes d'affaires boivent mon vin, les laboureurs creusent ma terre

Personne sur toute la ligne ne sait combien tout cela coûte


« Pas de raison de s’exciter » dit gentiment le voleur

Beaucoup parmi nous sentent que la vie n’est qu’une farce 

Mais toi et moi sommes passés par là, et ce n’est pas notre lot

Alors ne déparlons pas maintenant, L’heure tourne. 

 

Tout au long de la tour de guet les princes surveillent l’horizon  Pendant que les femmes vont et viennent, des serviteurs aux pieds nus aussi. 

Dehors au loin un chat sauvage grogne. Deux cavaliers approchent, et le vent commence à hurler



ALL ALONG TE WATCHTOWER


“There must be some way out of here,” said the joker to the thief

“There’s too much confusion, I can’t get no relief

Businessmen, they drink my wine, plowmen dig my earth

None of them along the line know what any of it is worth”


“No reason to get excited,” the thief, he kindly spoke

“There are many here among us who feel that life is but a joke

But you and I, we’ve been through that, and this is not our fate

So let us not talk falsely now, the hour is getting late”


All along the watchtower, princes kept the view

While all the women came and went, barefoot servants, too


Outside in the distance a wildcat did growl

Two riders were approaching, the wind began to howl




48

JE SUIS UN VAGABOND SOLITAIRE


Je suis un vagabond solitaire

Sans famille ou amis

Là où la vie d’un autre pourrait commencer

C’est exactement là que finit la mienne

J’ai tâté à la corruption

Au chantage et à l’escroquerie

Et j’ai purgé ma peine pour tout

Sauf pour mendier dans la rue


Bon, autrefois j’étais plutôt prospère

Je ne manquais de rien

J’avais de l’or fin dans la bouche

Et de la soie sur le dos

Mais je ne faisais pas confiance à mon frère

Je l’ai poussé à la faute

ce qui m’a conduit à mon destin fatal

Qui est d’errer avec ma honte


Bonnes dames et gentils messieurs

Bientôt je serai parti

Mais laissez-moi vous prévenir

Avant de m’en aller

Restez à l’écart des jalousies mesquines

Ne vivez selon la loi de personne

Et gardez pour vous votre jugement

De peur de finir sur la route



I AM A LONESOME HOBO


I am a lonesome hobo

Without family or friends

Where another man’s life might begin

That’s exactly where mine ends

I have tried my hand at bribery

Blackmail and deceit

And I’ve served time for ev’rything

’Cept beggin’ on the street


Well, once I was rather prosperous

There was nothing I did lack

I had fourteen-karat gold in my mouth

And silk upon my back

But I did not trust my brother

I carried him to blame

Which led me to my fatal doom

To wander off in shame


Kind ladies and kind gentlemen

Soon I will be gone

But let me just warn you all

Before I do pass on

Stay free from petty jealousies

Live by no man’s code

And hold your judgment for yourself

Lest you wind up on this road




49

LE LONG DU VALLON


Le long du vallon

J’ai vu mon grand amour qui venait vers moi

J’ai dit « Seigneur miséricordieux, maman

Que c’est bon de te voir arriver aujourd’hui »


Le long du vallon

J’ai vu mon petit lot de bonheur

Le long du vallon

J’ai vu mon petit lot de bonheur

Elle a dit « Seigneur miséricordieux, chéri

Je suis si contente que tu soies mon homme ! »


Le long du vallon

Nous avons marché main dans la main

Le long du vallon

Nous avons marché main dans la main

Tous ceux qui nous voient passer

Savent que nous nous aimons, oui, et ils comprennent



LE LONG DU VALLON

(VARIANTE)


Le long du vallon j’ai vu mon petit lot de bonheur 

Le long du vallon j’ai vu mon petit lot de bonheur

J’ai dit « Seigneur miséricordieux, petite

Avec toi je me sens tel un petit bébé »


Le long du vallon un tas de gens tournent sur place

Le long du vallon un tas de gens tournent sur place

J’ai dit « Seigneur miséricordieux, petite, ils vont te frapper du poing quand tu te lèveras 

Et du pied quand tu seras par terre »


Le long du vallon je me sens haut comme un oiseau

Le long du vallon je me sens haut comme un oiseau

J’ai dit « Seigneur miséricordieux, petite

Comment ça se fait que tu ne dis jamais plus d’un mot ? »


Le long du vallon j’ai vu les pavillons du River Queen

Le long du vallon j’ai vu les pavillons du River Queen

J’ai dit « Seigneur miséricordieux, petite

N’est-ce pas le plus gros bateau que tu aies vu de ta vie ? »


Le long du vallon tu peux miser tout ton argent

Le long du vallon tu peux miser tout ton argent

J’ai dit « Seigneur miséricordieux, petite

N’est-ce pas une honte comme on te pousse et te bouscule ? »


Le long du vallon j’ai pris ma valise en main

Le long du vallon j’ai pris ma valise en main

J’ai dit « Seigneur miséricordieux, petite

N’es-tu pas contente que je soies ton homme »





DOWN ALONG THE COVE


Down along the cove

I spied my true love comin’ my way

Down along the cove

I spied my true love comin’ my way

I say, “Lord, have mercy, mama

It sure is good to see you comin’ today"


Down along the cove

I spied my little bundle of joy

Down along the cove

I spied my little bundle of joy

She said, “Lord, have mercy, honey

I’m so glad you’re my boy!”


Down along the cove

We walked together hand in hand

Down along the cove

We walked together hand in hand.

Ev’rybody watchin’ us go by

Knows we’re in love, yes, and they understand



(Alternate Version)


Down along the cove I spied my little bundle of joy

Down along the cove I spied my little bundle of joy

I said, “Lord have mercy, baby

You make me feel just like a baby boy”


Down along the cove a bunch of people are milling around

Down along the cove a bunch of people are milling around

I said, “Lord have mercy, baby, they’re gonna knock you when you’re up

They’re gonna kick you when you’re down”


Down along the cove I feel as high as a bird

Down along the cove I feel as high as a bird

I said, “Lord have mercy, baby

How come you never say more than a word?”


Down along the cove I seen the Jacks and the River Queen

Down along the cove I seen the Jacks and the River Queen

I said, “Lord have mercy, baby

Ain’t that the biggest boat you ever seen?”


Down along the cove, you can lay all your money down

Down along the cove, you can lay all your money down

I said, “Lord have mercy, baby

Ain’t it a shame how they shove you and they push you around?”


Down along the cove, I got my suitcase in my hand

Down along the cove, I got my suitcase in my hand

I said, “Lord have mercy, baby

Ain’t you glad that I’m your man?”




50

QUINN L’ESQUIMAU (LE GRAND QUINN) 


Tout le monde construit grands navires et bateaux

Certains construisent des monuments

D’autres griffonnent des notes

Tout le monde est désespéré

Chaque fille et chaque garçon

Mais quand Quinn l’esquimau sera là 

Tout le monde sautera de joie

Allez tous dehors, tous dedans

Vous ne verrez rien comme le grand Quinn


J’aime faire comme les autres, j’aime mon sucre sucré 

Mais garder des fumées et me hâter 

Ne sont pas ma tasse de viande

Tous sous les arbres nourrissent 

les pigeons de la branche 

Mais quand Quinn l’esquimau sera là 

Tous les pigeons accourront vers lui

Allez tous dehors, tous dedans

Vous ne verrez rien comme le grand Quinn


Le chat dit miaou et la vache meuh

Je pourrais tous les réciter

Dis-moi juste où ça te fait mal chérie

Je te dirai qui appeler

Personne n’arrive à dormir

Quelqu’un pèse sur les orteils de chacun

Mais quand Quinn l’esquimau sera là 

Tous voudront faire un somme

Allez tous dehors, tous dedans

Vous ne verrez rien comme le grand Quinn, grand Quinn, grand Quinn.


QUINN THE ESKIMO

(THE MIGHTY QUINN)


Ev’rybody’s building the big ships and the boats

Some are building monuments

Others, jotting down notes

Ev’rybody’s in despair

Ev’ry girl and boy

But when Quinn the Eskimo gets here

Ev’rybody’s gonna jump for joy

Come all without, come all within

You’ll not see nothing like the mighty Quinn


I like to do just like the rest, I like my sugar sweet

But guarding fumes and making haste

It ain’t my cup of meat

Ev’rybody’s ’neath the trees

Feeding pigeons on a limb

But when Quinn the Eskimo gets here

All the pigeons gonna run to him

Come all without, come all within

You’ll not see nothing like the mighty Quinn


A cat’s meow and a cow’s moo, I can recite ’em all

Just tell me where it hurts yuh, honey

And I’ll tell you who to call

Nobody can get no sleep

There’s someone on ev’ryone’s toes

But when Quinn the Eskimo gets here

Ev’rybody’s gonna wanna doze

Come all without, come all within

You’ll not see nothing like the mighty Quinn



51

PARTIR, PARTIR, PARTI


Je viens d’arriver à l’endroit

Où le saule ne se courbe plus

Pas grand-chose de plus à ajouter

C’est la fin du dénouement

Je pars

Je pars

Je suis parti


Je referme le livre

Sur les pages et le texte

Et je me moque un peu

De la suite

Je m’en vais

Je pars

Je suis parti


J’étais pendu à des fils

J’ai joué franc-jeu

À présent je dois les couper net

Avant qu’il ne soit trop tard

Alors je m’en vais

Je pars

Je suis parti


Grand-mère disait « Mon gars, vas-y suis ton cœur

Et tu t’en trouveras bien à l’arrivée

Tout ce qui est en or n’est pas fait pour briller

Toi et ton seul véritable amour jamais ne serez séparés »


J’ai tracé ma route

J’ai vécu à la marge

Et maintenant il faut que j’y aille

Avant d’être à bout

Alors je m’en vais

Je pars

Je suis parti







GOING, GOING, GONE



I’ve just reached a place

Where the willow don’t bend

There’s not much more to be said

It’s the top of the end

I’m going

I’m going

I’m gone


I’m closin’ the book

On the pages and the text

And I don’t really care

What happens next

I’m just going

I’m going

I’m gone


I been hangin’ on threads

I been playin’ it straight

Now, I’ve just got to cut loose

Before it gets late

So I’m going

I’m going

I’m gone


Grandma said, “Boy, go and follow your heart

And you’ll be fine at the end of the line

All that’s gold isn’t meant to shine

Don’t you and your one true love ever part”


I been walkin’ the road

I been livin’ on the edge

Now, I’ve just got to go

Before I get to the ledge

So I’m going

I’m just going

I’m gone


52

POUR TOUJOURS JEUNE


Puisse Dieu te bénir et te garder toujours

Que tes souhaits deviennent tous réalités

Puisses-tu agir toujours pour les autres

Et laisser les autres œuvrer pour toi

Puisses-tu construire une échelle vers les étoiles

Et gravir tous les barreaux

Puisses-tu rester toujours jeune

À jamais jeune, à jamais jeune

Puisses-tu rester toujours jeune


Puisses-tu grandir pour être juste

Puisses-tu grandir pour être vrai

Puisses-tu connaitre toujours le vrai

Et voir les lumières qui t’entourent

Puisses-tu toujours être courageux

Te tenir debout et être fort

Puisses-tu rester toujours jeune

Jeune à jamais, jeune à jamais

Puisses-tu rester toujours jeune


Puissent tes mains toujours être occupées

Puissent tes pieds être toujours lestes

Puisses-tu avoir une base solide

Lorsque tourne le vent du changement

Puisse ton cœur être toujours joyeux

Puisse ta chanson être toujours chantée

Puisses-tu rester toujours jeune

Jeune à jamais, jeune à jamai

Puisses-tu rester toujours jeune




FOREVER YOUNG


May God bless and keep you always

May your wishes all come true

May you always do for others

And let others do for you

May you build a ladder to the stars

And climb on every rung

May you stay forever young

Forever young, forever young

May you stay forever young


May you grow up to be righteous

May you grow up to be true

May you always know the truth

And see the lights surrounding you

May you always be courageous

Stand upright and be strong

May you stay forever young

Forever young, forever young

May you stay forever young


May your hands always be busy

May your feet always be swift

May you have a strong foundation

When the winds of changes shift

May your heart always be joyful

May your song always be sung

May you stay forever young

Forever young, forever young

May you stay forever young






53

VENT STUPIDE

 

Quelqu’un m’en veut, on monte des histoires dans la presse

Qui que ce soit je voudrais que ça cesse mais quand, je ne peux deviner

On dit que j’ai tiré sur un certain Gray et emmené sa femme en Italie

Elle a hérité d’un million de dollars qui me sont revenus à sa mort 

Je n’y peux rien si j’ai de la chance

 

Les gens que je vois tous les jours ne savent même plus ce qu’il faut faire

Leurs esprits sont pleins de grandes idées, d’images et de faits déformés

Même toi hier il a fallu que tu me demandes où nous en étions

Incroyable qu’après tant d’années tu ne me connaisses pas mieux, gentille dame

 

Vent stupide qui souffle chaque fois que tu ouvres la bouche

Qui souffle dans les chemins en pente au sud 

Vent stupide qui souffle quand tu grince des dents

Stupide petite

Étonnant que tu saches encore respirer

 

J’ai couru chez la voyante qui m’a dit attention à la foudre qui pourrait frapper

Je n’ai connu ni paix ni calme depuis si longtemps que j’oublie de quoi ça a l’air

Il y a un soldat seul sur la croix, de la fumée s’échappe de la porte d’un wagon

Tu n’en savais rien, tu n’y croyais pas, et à la fin il a gagné la guerre

Après avoir perdu chaque bataille

 

Éveillé sur le bas-côté, rêvassant aux choses comme elles sont parfois

Des visions de ta jument alezane jaillissent dans ma tête et me font voir des étoiles

Tu fais du mal à ceux que j’aime le plus et tu caches la vérité avec tes mensonges

Un jour tu seras dans le fossé, des mouches bourdonnant autour de tes yeux

Et du sang sur ta selle

 

Vent stupide qui souffle sur les fleurs de ta tombe

Souffle à travers les rideaux de ta chambre

Vent stupide qui souffle chaque fois que tu grinces des dents

Stupide petite

Étonnant que tu saches encore respirer

 

C’est la pesanteur qui nous a démolis et le destin qui nous a séparés

Tu as dompté le lion dans sa cage mais pour changer mon cœur ce n’était pas assez

À présent tout est comme sens dessus dessous, en réalité les roues sont bloquées

Le bien est mal, le mal est bien, tu découvres qu’au sommet

Tu es au fond

 

J’ai noté qu’à la cérémonie, tes manières pas nettes avaient fini par t’aveugler

Je ne me souviens plus de ta tête, ta bouche a changé, tes yeux ne sont plus dans les miens

Au septième jour le prêtre était en noir assis de marbre pendant que le batiment brûlait

Je t’ai attendue sur les marchepieds, près des cyprès, le printemps virait

Lentement à l’automne

 

Vent stupide qui souffle en rond autour de mon crâne

Du barrage du Grand Coulee au Capitole

Vent stupide qui souffle quand tu grinces des dents

Stupide petite

Étonnant que tu saches encore respirer

 

Je ne peux plus te sentir, ni même toucher les livres que tu as lus

Chaque fois que je rampe devant ta porte, je préfèrerais être quelqu’un d’autre

Le long des routes, le long des rails, le long du chemin de l’extase

Sous les étoiles je t’ai suivie, pourchassé par ton souvenir

Et toute ta gloire déchaînée

 

C’est la dernière fois qu’on me trahit et me voilà enfin libre

J’ai envoyé un baiser d’adieu à la bête hurlante sur la frontière qui me séparait de toi

Tu ne sauras jamais le mal que j’ai enduré ni la douleur que je surmonte

Et je ne saurai jamais rien d’égal sur toi, ta sainteté ou ton genre d’amour

Et vraiment ça me désole

 

Vent stupide qui souffle par les boutons de nos manteaux

Qui souffle sur les lettres qu’on a écrites

Vent stupide qui souffle la poussière de nos étagères

Nous sommes stupides, petite

Étonnant qu’on arrive encore à s’alimenter




IDIOT WIND


Someone’s got it in for me, they’re planting stories in the press

Whoever it is I wish they’d cut it out but when they will I can only guess

They say I shot a man named Gray and took his wife to Italy

She inherited a million bucks and when she died it came to me

I can’t help it if I’m lucky


People see me all the time and they just can’t remember how to act

Their minds are filled with big ideas, images and distorted facts

Even you, yesterday you had to ask me where it was at

I couldn’t believe after all these years, you didn’t know me better than that

Sweet lady


Idiot wind, blowing every time you move your mouth

Blowing down the backroads headin’ south

Idiot wind, blowing every time you move your teeth

You’re an idiot, babe

It’s a wonder that you still know how to breathe


I ran into the fortune-teller, who said beware of lightning that might strike

I haven’t known peace and quiet for so long I can’t remember what it’s like

There’s a lone soldier on the cross, smoke pourin’ out of a boxcar door

You didn’t know it, you didn’t think it could be done, in the final end he won the wars

After losin’ every battle


I woke up on the roadside, daydreamin’ ’bout the way things sometimes are

Visions of your chestnut mare shoot through my head and are makin’ me see stars

You hurt the ones that I love best and cover up the truth with lies

One day you’ll be in the ditch, flies buzzin’ around your eyes

Blood on your saddle


Idiot wind, blowing through the flowers on your tomb

Blowing through the curtains in your room

Idiot wind, blowing every time you move your teeth

You’re an idiot, babe

It’s a wonder that you still know how to breathe


It was gravity which pulled us down and destiny which broke us apart

You tamed the lion in my cage but it just wasn’t enough to change my heart

Now everything’s a little upside down, as a matter of fact the wheels have stopped

What’s good is bad, what’s bad is good, you’ll find out when you reach the top

You’re on the bottom


I noticed at the ceremony, your corrupt ways had finally made you blind

I can’t remember your face anymore, your mouth has changed, your eyes

    don’t look into mine

The priest wore black on the seventh day and sat stone-faced while the

    building burned

I waited for you on the running boards, near the cypress trees, while the

    springtime turned

Slowly into Autumn


Idiot wind, blowing like a circle around my skull

From the Grand Coulee Dam to the Capitol

Idiot wind, blowing every time you move your teeth

You’re an idiot, babe

It’s a wonder that you still know how to breathe


I can’t feel you anymore, I can’t even touch the books you’ve read

Every time I crawl past your door, I been wishin’ I was somebody else instead

Down the highway, down the tracks, down the road to ecstasy

I followed you beneath the stars, hounded by your memory

And all your ragin’ glory


I been double-crossed now for the very last time and now I’m finally free

I kissed goodbye the howling beast on the borderline which separated you from me

You’ll never know the hurt I suffered nor the pain I rise above

And I’ll never know the same about you, your holiness or your kind of love

And it makes me feel so sorry


Idiot wind, blowing through the buttons of our coats

Blowing through the letters that we wrote

Idiot wind, blowing through the dust upon our shelves

We’re idiots, babe

It’s a wonder we can even feed ourselves



54

APRÈS TON DÉPART JE VAIS ME SENTIR SEUL


À ma porte j’ai vu passer l’amour

Il n’a jamais été si près

Jamais si facile et si lentement

J’ai trop longtemps tiré dans le noir

Quand ce n’est pas ajusté c’est mauvais

Après ton départ je vais me sentir seul


Dragons nuages si hauts là-haut

Je n’ai connu que l’amour indolent

Toujours été frappé d’en-bas

Cette fois au moins c’est plus ajusté

Cœur de cible, si droit

Après ton départ je vais me sentir seul


Trèfle cramoisi, dentelle sauvage

Cheveux rouges dans la figure

Si tu ne le sais pas tu me ferais pleurer

J’ai oublié ce à quoi je pensais

Tu me dépouilles peut-être un peu trop mon amour

Après ton départ je vais me sentir seul


Fleurs sur la colline écloses éperduement

Sauterelles rimant d’avant en arrière 

Cours d’eau bleue courant lent et paresseux 

Je pourrais toujours rester avec toi et ne serais jamais conscient du temps


La situation a pris fin tristement

Nos relations ont toutes été mauvaises

Pour moi comme celles de Verlaine et Rimbaud

Mais je ne vois pas comment comparer

Mon affaire à toutes ces scènes

Après ton départ je vais me sentir seul


Après toi je me demanderai que faire 

Resté loin sans toi en arrière

Après toi je me demanderai que dire

Après toi j’aurai un bon sujet de conversation


Je te chercherai dans le vieux Honolulu

San Francisco, Ashtabula

Tu vas devoir me laisser maintenant, je sais

Mais je te verrai là-haut dans le ciel

Dans les hautes herbes, dans ceux que j’aime

Après ton départ je vais me sentir seul 




YOU’RE GONNA MAKE ME LONESOME WHEN YOU GO


I’ve seen love go by my door

It’s never been this close before

Never been so easy or so slow

Been shooting in the dark too long

When somethin’s not right it’s wrong

Yer gonna make me lonesome when you go


Dragon clouds so high above

I’ve only known careless love

It’s always hit me from below

This time around it’s more correct

Right on target, so direct

Yer gonna make me lonesome when you go


Purple clover, Queen Anne’s lace

Crimson hair across your face

You could make me cry if you don’t know

Can’t remember what I was thinkin’ of

You might be spoilin’ me too much, love

Yer gonna make me lonesome when you go


Flowers on the hillside, bloomin’ crazy

Crickets talkin’ back and forth in rhyme

Blue river runnin’ slow and lazy

I could stay with you forever and never realize the time


Situations have ended sad

Relationships have all been bad

Mine’ve been like Verlaine’s and Rimbaud

But there’s no way I can compare

All those scenes to this affair

Yer gonna make me lonesome when you go


Yer gonna make me wonder what I’m doin’

Stayin’ far behind without you

Yer gonna make me wonder what I’m sayin’

Yer gonna make me give myself a good talkin’ to


I’ll look for you in old Honolulu

San Francisco, Ashtabula

Yer gonna have to leave me now, I know

But I’ll see you in the sky above

In the tall grass, in the ones I love

Yer gonna make me lonesome when you go



55

VIENS ME VOIR LE MATIN


Viens me voir le matin au coin de la 56e et de Wabasha

Le matin au coin de la 56e et de Wabasha

On pourrait être au Kansas, chérie

Au moment où la neige commence à fondre


On dit que l’heure la plus sombre est juste avant l’aurore

Que l’heure la plus sombre est juste avant l’aurore

Mais ce n’est pas par moi que tu l’apprendras

Tous les jours sont noirs depuis que tu es partie


Petit coq qui chante, il doit avoir quelque chose sur le cœur

Il doit avoir quelque chose sur le cœur

Bon, je me sens tout à fait comme ce coq

Chérie, tu me traites si cruellement


Les oiseaux volent bas, petite chérie je me sens si vulnérable

Chérie je me sens si vulnérable

Bon, maintenant je n’ai plus d’allumettes

Et les portes de la gare sont fermées


Je me suis débattu dans les barbelés, je sens la grêle tomber de haut

Je sens la grêle tomber de haut

Bon, tu sais j’ai même échappé à la meute

Chérie, tu sais que j’ai mérité ton amour


Regarde le soleil couler comme un bateau

Le soleil couler comme un bateau

Tu ne crois pas petite, qu’il fait comme mon cœur

Quand tu baisais mes lèvres ?




MEET ME IN THE MORNING


Meet me in the morning, 56th and Wabasha

Meet me in the morning, 56th and Wabasha

Honey, we could be in Kansas

By time the snow begins to thaw


They say the darkest hour is right before the dawn

They say the darkest hour is right before the dawn

But you wouldn’t know it by me

Every day’s been darkness since you been gone


Little rooster crowin’, there must be something on his mind

Little rooster crowin’, there must be something on his mind

Well, I feel just like that rooster

Honey, ya treat me so unkind


The birds are flyin’ low babe, honey I feel so exposed

Well, the birds are flyin’ low babe, honey I feel so exposed

Well now, I ain’t got any matches

And the station doors are closed


Well, I struggled through barbed wire, felt the hail fall from above

Well, I struggled through barbed wire, felt the hail fall from above

Well, you know I even outran the hound dogs

Honey, you know I’ve earned your love


Look at the sun sinkin’ like a ship

Look at the sun sinkin’ like a ship

Ain’t that just like my heart, babe

When you kissed my lips?




56

LILY, ROSEMARY ET LE VALET DE CŒUR


La fête était finie, les gars planifiaient leur couchage

Pas de bruit dans le cabaret sauf un trou qu’on perçait dans le mur

Au couvre-feu la roulette ne tournerait plus

Les gens un peu sensés étaient déjà partis

Il se tenait sur le seuil, il ressemblait au Valet de Cœur


il traversa la salle aux miroirs et dit « C’est ma tournée »

Et tous se remirent à faire ce qu’ils faisaient avant qu’il leur fasse tourner la tête

Il s’approcha d’un inconnu et lui demanda dans un sourire

« Pourriez-vous gentiment me dire mon ami quand le spectacle commence ? »

Puis il se faufila dans un coin, face vers le bas comme le Valet de Cœur


En coulisse, les filles jouaient au poker près de l’escalier

Lily avait deux reines, comptait sur une troisième pour s’améliorer

Dehors les rues se remplissaient, la fenêtre était grande ouverte

Une douce brise soufflait, on pouvait la sentir à l’intérieur

Lily misa encore et tira le Valet de Cœur



À Big Jim on ne la faisait pas, la seule mine de diamants de la ville était à lui

Il fit son entrée habituelle, aussi distingué qu’élégant

Avec ses gardes du corps, sa canne d’argent et chaque cheveu à sa place

Il prenait tout ce qu’il voulait et ne laissait que des déchets

Mais gardes et canne d’argent ne faisaient pas le poids face au Valet de Cœur


Rosemary coiffa ses cheveux pour prendre une carriole pour se rendre en ville

Elle se glissa par la petite porte, l’air d’une reine sans couronne

Elle fit battre ses faux cils et lui chuchota à l’oreille

« Pardon mon chou pour mon retard » ,  mais il ne sembla pas entendre

Son regard perdu au loin était fixé sur le Valet de Cœur


« Je sais que j’ai déjà vu cette tête-là », pensait Big Jim

« Au Mexique peut-être, ou son portrait chez quelqu’un sur une étagère »

Mais les spectateurs tapaient des pieds et les lumières s’assombrirent

Et dans la salle obscure il n’y eut plus que Big Jim et celui 

Qui regardait le papillon qui venait de tirer le Valet de Cœur


Lily était une princesse à la peau claire et précieuse comme une enfant

Elle faisait tout ce qu’elle avait à faire, elle avait comme un éclair dans chaque sourire

Elle avait fui un foyer désuni, avait beaucoup d’étranges liaisons

Avec des hommes de tous milieux qui l’emmenaient partout

Mais elle n’avait jamais connu quelqu’un comme le Valet de Cœur


Le juge pendeur entra incognito et on le régala de plats et de vins

On perçait toujours le mur mais personne n’y prêtait attention

Tout le monde savait que Lily portait la bague de Big Jim

Et que rien ne se mettrait jamais entre Lily et le roi

Non, jamais rien sauf peut-être le Valed de Cœur


Rosemary commença à boire comme un trou et à voir son reflet dans la lame

Elle en avait assez d’attirer l’attention, assez du rôle de la femme de Big Jim

Elle avait fait bien des mauvaises choses et même essayé le suicide

Elle voulait faire au moins une bonne action avant de mourir

Les yeux tournés vers l’avenir elle misait sur le Valet de Cœur


Lily se lava le visage, ôta sa robe et l’envoya valser

« La chance t’a abandonné ? » lui dit-elle en riant, bon ça devait arriver, tu le savais

Fais attention ne touche pas le mur, il y a une nouvelle couche de peinture

Je suis contente de te savoir toujours en vie, tu as tout l’air d’un saint » 

Dans le couloir des pas se rapprochaient pour le Valet de Cœur


En coulisse le régisseur tournait autour de sa chaise 

« il se passe un drôle de truc, disait-il, je sens ça dans l’air »

Il alla voir le juge pendeur mais le juge pendeur était ivre

L’acteur principal passa en vitesse costumé en moine

Nulle part il n’y avait meilleur acteur que le Valet de Cœur


Les bras de Lily enlaçaient l’homme qu’elle aimait tant toucher

Elle oublia l’homme qu’elle ne supportait pas et qui la pourchassait

« Tu m’as tant manqué » lui dit-elle et il la crut sincère

Mais derrière la porte il sentit la jalousie et la peur

Un soir de plus dans sa vie de Valet de Cœur


Tout se passa si vite que personne n’y comprit rien

La porte de la loge s’ouvrit avec fracas, un froid revolver cliqueta

Big Jim se tenait là, on ne pouvait pas dire qu’il était surpris

Rosemary à côté de lui, le regard assuré

Elle était avec Big Jim mais penchait pour le Valet de Cœur


Deux portes plus loin les gars ont fini par percer le mur

Et vidé le coffre de la banque, on dit qu’ils ont pris un joli butin

Et dans le noir au bord du fleuve ils attendaient par terre

Le dernier membre de la bande qui avait affaire en ville

Ils ne pouvaient aller plus loin sans le Valet de Cœur


Le lendemain était un jour de pendaison, le ciel était sombre et couvert

Big Jim gisait sous un drap, tué d’un coup de canif dans le dos



Le cabaret était vide à présent, un écriteau disait « Fermé pour travaux »

Lily avait déjà ôté la teinture de ses cheveux

Elle pensait à son père qu’elle voyait rarement

Pensait à Rosemary et pensait à la loi

Mais plus que tout elle pensait au Valet de Coeur




LILY, ROSEMARY AND THE JACK OF HEARTS


The festival was over, the boys were all plannin’ for a fall

The cabaret was quiet except for the drillin’ in the wall

The curfew had been lifted and the gamblin’ wheel shut down

Anyone with any sense had already left town

He was standin’ in the doorway lookin’ like the Jack of Hearts


He moved across the mirrored room, “Set it up for everyone,” he said

Then everyone commenced to do what they were doin’ before he turned their heads

Then he walked up to a stranger and he asked him with a grin

“Could you kindly tell me, friend, what time the show begins?”

Then he moved into the corner, face down like the Jack of Hearts


Backstage the girls were playin’ five-card stud by the stairs

Lily had two queens, she was hopin’ for a third to match her pair

Outside the streets were fillin’ up, the window was open wide

A gentle breeze was blowin’, you could feel it from inside

Lily called another bet and drew up the Jack of Hearts


Big Jim was no one’s fool, he owned the town’s only diamond mine

He made his usual entrance lookin’ so dandy and so fine

With his bodyguards and silver cane and every hair in place

He took whatever he wanted to and he laid it all to waste

But his bodyguards and silver cane were no match for the Jack of Hearts


Rosemary combed her hair and took a carriage into town

She slipped in through the side door lookin’ like a queen without a crown

She fluttered her false eyelashes and whispered in his ear

“Sorry, darlin’, that I’m late,” but he didn’t seem to hear

He was starin’ into space over at the Jack of Hearts


“I know I’ve seen that face before,” Big Jim was thinkin’ to himself

“Maybe down in Mexico or a picture up on somebody’s shelf”

But then the crowd began to stamp their feet and the houselights did dim

And in the darkness of the room there was only Jim and him

Starin’ at the butterfly who just drew the Jack of Hearts


Lily was a princess, she was fair-skinned and precious as a child

She did whatever she had to do, she had that certain flash every time she smiled

She’d come away from a broken home, had lots of strange affairs

With men in every walk of life which took her everywhere

But she’d never met anyone quite like the Jack of Hearts


The hangin’ judge came in unnoticed and was being wined and dined

The drillin’ in the wall kept up but no one seemed to pay it any mind

It was known all around that Lily had Jim’s ring

And nothing would ever come between Lily and the king

No, nothin’ ever would except maybe the Jack of Hearts


Rosemary started drinkin’ hard and seein’ her reflection in the knife

She was tired of the attention, tired of playin’ the role of Big Jim’s wife

She had done a lot of bad things, even once tried suicide

Was lookin’ to do just one good deed before she died

She was gazin’ to the future, riding on the Jack of Hearts


Lily washed her face, took her dress off and buried it away

“Has your luck run out?” she laughed at him, “Well, I guess you must

    have known it would someday

Be careful not to touch the wall, there’s a brand-new coat of paint

I’m glad to see you’re still alive, you’re lookin’ like a saint”

Down the hallway footsteps were comin’ for the Jack of Hearts


The backstage manager was pacing all around by his chair

“There’s something funny going on,” he said, “I can just feel it in the air”

He went to get the hangin’ judge, but the hangin’ judge was drunk

As the leading actor hurried by in the costume of a monk

There was no actor anywhere better than the Jack of Hearts


Lily’s arms were locked around the man that she dearly loved to touch

She forgot all about the man she couldn’t stand who hounded her so much

“I’ve missed you so,” she said to him, and he felt she was sincere

But just beyond the door he felt jealousy and fear

Just another night in the life of the Jack of Hearts


No one knew the circumstance but they say that it happened pretty quick

The door to the dressing room burst open and a cold revolver clicked

And Big Jim was standin’ there, ya couldn’t say surprised

Rosemary right beside him, steady in her eyes

She was with Big Jim but she was leanin’ to the Jack of Hearts


Two doors down the boys finally made it through the wall

And cleaned out the bank safe, it’s said that they got off with quite a haul

In the darkness by the riverbed they waited on the ground

For one more member who had business back in town

But they couldn’t go no further without the Jack of Hearts


The next day was hangin’ day, the sky was overcast and black

Big Jim lay covered up, killed by a penknife in the back

And Rosemary on the gallows, she didn’t even blink

The hangin’ judge was sober, he hadn’t had a drink

The only person on the scene missin’ was the Jack of Hearts


The cabaret was empty now, a sign said, “Closed for repair”

Lily had already taken all of the dye out of her hair

She was thinkin’ ’bout her father, who she very rarely saw

Thinkin’ ’bout Rosemary and thinkin’ about the law

But most of all she was thinkin’ ’bout the Jack of Hearts



57

SARA


Allongé sur une dune je contemplais le ciel

Quand les enfants étaient petits et jouaient sur la plage

Tu es venue derrière moi, je t’avais vue passer

Tu fus toujours si proche, toujours à ma portée 


Sara, Sara

Qu’est-ce qui a pu te faire changer d’avis ?

Si facile à regarder, si difficile à cerner


Je les revois encore jouant au sable avec leurs seaux

Ils courent à l’eau pour les remplir

Je vois les coquillages qui tombent de leurs mains

Quand l’un après l’autres il montent la colline


Sara, Sara

Doux ange vierge, doux amour de ma vie

Sara, Sara

Radieux joyau, mystique épouse


Dormant dans les bois près d’un feu dans la nuit

Buvant du rhum blanc dans un bar portugais

Eux jouant à saute-mouton, écoutant Blanche Neige

Toi place du marché à Savanna-la-Mar


Sara, Sara

Tout est si clair, je n’oublierai jamais

Sara, Sara

T’aimer, seule chose que je n’oublie jamais


J’entends encore sonner les cloches méthodistes

J’avais suivi ma cure et m’en étais sorti

Restant des jours entiers au Chelsea Hotel 

à écrire « Say-eyed Lady of the Lowlands » pour toi


Sara, Sara

Où que l’on voyage on n’est jamais séparés

Sara, oh Sara

Belle dame si chère à mon cœur


Comment je t’ai connue je ne sais pas

Un messager m’envoya dans une tempête tropicale

Tu étais là en hiver au clair de lune sur la neige

Et à Lily Pond Lane quand le temps était chaud


Sara, oh Sara

Scorpion sphinx en robe de calicot

Sara, Sara

Il te faut pardonner mon indignité


À cette heure la plage est désertée il n’y a que du varech

Et un reste d’épave qui git sur le rivage

Tu as toujours répondu quand je cherchais ton aide

Tu me donnes un plan et la clef de ta porte


Sara, oh Sara

Charmante nymphe à la flèche et à l’arc 

Sara, oh Sara

Ne me quitte jamais, ne t’en vas jamais



SARA


I laid on a dune, I looked at the sky,

When the children were babies and played on the beach.

You came up behind me, I saw you go by,

You were always so close and still within reach.



Sara, Sara,

Whatever made you want to change your mind?

Sara, Sara,

So easy to look at, so hard to define.


I can still see them playin' with their pails in the sand,

They run to the water their buckets to fill.

I can still see the shells fallin' out of their hands

As they follow each other back up the hill.


Sara, Sara,

Sweet virgin angel, sweet love of my life,

Sara, Sara,

Radiant jewel, mystical wife.



Sleepin' in the woods by a fire in the night,

Drinkin' white rum in a Portugal bar,

Them playin' leapfrog and hearin' about Snow White,

You in the marketplace in Savanna-la-Mar.


Sara, Sara,

It's all so clear, I could never forget,

Sara, Sara,

Lovin' you is the one thing I'll never regret.


I can still hear the sounds of those Methodist bells,

I'd taken the cure and had just gotten through,

Stayin' up for days in the Chelsea Hotel,

Writin' "Sad-Eyed Lady of the Lowlands" for you.


Sara, Sara,


Wherever we travel we're never apart.

Sara, oh Sara,

Beautiful lady, so dear to my heart.


How did I meet you? I don't know.

A messenger sent me in a tropical storm.

You were there in the winter, moonlight on the snow

And on Lily Pond Lane when the weather was warm.


Sara, oh Sara,

Scorpio Sphinx in a calico dress,

Sara, Sara,

You must forgive me my unworthiness.


Now the beach is deserted except for some kelp

And a piece of an old ship that lies on the shore.



You always responded when I needed your help,

You gimme a map and a key to your door 


Sara, oh Sara,

Glamorous nymph with an arrow and bow,

Sara, oh Sara,

Don't ever leave me, don't ever go.






SARA


… encore à ma portée Sara, Sara qu’est-ce qui a pu…

… à ma portée Sara, Sara qu’est-ce qui a pu te…

… faire changer d’avis ? Sara, Sara si facile…

… d’avis ? Sara, Sara si facile à…

… en haut de la colline, Sara doux ange vierge…

… de ma vie Sara, Sara joyau radieux…

… ma vie Sara, Sara radieux joyau, mystique…

… marché de Savanna-la-mar Sara, Sara tout est…

… de Savanna-la-mar Sara, Sara tout est si…

… ne pourrais jamais oublier Sara, Sara t’aimer…

… jamais oublier Sara, Sara t’aimer est…

… Lowlands » pour toi Sara, Sara où que…

… pour toi Sara, Sara où que l’on voyage…

… on n’est jamais séparés Sara, oh belle Sara…

… séparés Sara, oh Sara belle dame, si…

… le temps était chaud Sara, oh Sara scorpion…

… chaud Sara, oh Sara scorpion sphinx dans…

… une robe de calicot, Sara il faut..

… robe de calicot Sara, Sara il faut oublier…

… de ta porte Sara, Sara charmante nymphe à la…

… flèche et à l’arc Sara, oh Sara ne…

… l’arc Sara, oh Sara ne me quitte jamais…



SARA


...still within reach Sara, Sara Whatever made...

...within reach Sara, Sara Whatever made you...

...change your mind? Sara, Sara So easy...

...your mind? Sara, Sara So easy to...

...up the hill Sara, Sara Sweet virgin...

...the hill Sara, Sara Sweet virgin angel,...

...of my life Sara, Sara Radiant jewel,...

...my life Sara, Sara Radiant jewel, mystical...

...marketplace in Savanna-la-Mar Sara, Sara its’all...

...in Savanna-la-Mar Sara, Sara It’s all so...

...could never forget Sara, Sara Lovin’ you...

...never forget Sara, Sara Lovin’ you is...

...Lowlands” for you Sara, Sara Wherever we...

...for you Sara, Sara Wherever we travel...

...we’re never apart Sara, oh Sara Beautiful...

...apart Sara, oh Sara Beautiful lady, so...

...weather was warm Sara, oh Sara Scorpio...

...warm Sara, oh Sara Scorpio Sphinx in...

...a calico dress Sara, Sara You must...

...calico dress Sara, Sara You must forgive...

...to your door Sara, oh Sara Glamorous...

...door Sara, oh Sara Glamorous nymph with...

...arrow and bow Sara, oh Sara Don’t...

...bow Sara, oh Sara Don’t ever leav



58

CITÉ D’OR


Il y a une Cité d’Or

Loin de la course des rats qui rongent ton âme

Loin de la folie et des barreaux qui retiennent

Il y a une Cité d’Or


Il y a une Cité de Lumière

Édifiée dans les cieux où les rues brillent

Gloire à Dieu – Ni par l’action ni par le pouvoir

Il y a une Cité de Lumière


Il y a une Cité d’Amour

Entourée d’étoiles et de puissances célestes

Loin de ce monde, étoffe dont les rêves sont faits

Il y a une Cité d’Amour


Il y a une Cité de Grâce

On y boit de l’eau sainte dans un espace saint

Personne n’a peur de montrer son visage

Dans la Cité de Grâce


Il y a une Cité de Paix

Où cesse toute forme odieuse de destruction

Où les puissants sont tombés, sans aucune police

Il y a une Cité de Paix


Il y a une Cité d’Espoir

Au-dessus du ravin sur la pente verte ensoleillée

Il me faut juste une hache et une corde

Pour arriver à la Cité d’Espoir


Je vais vers la Cité d’Or

Avant qu’il ne soit trop tard, avant qu’il ne fasse trop froid

Avant d’être trop fatigué, avant d’être trop vieux

Je vais vers la Cité d’Or





CITY OF GOLD


There is a City of Gold

Far from the rat race that eats at your soul

Far from the madness and the bars that hold

There is a City of Gold


There is a City of Light

Raised up in the heavens and the streets are bright

Glory to God—not by deeds or by might

There is a City of Light


There is a City of Love

Surrounded by stars and the powers above

Far from this world and the stuff dreams are made of

There is a City of Love


There is a City of Grace

You drink holy water in sanctified space

No one is afraid to show their face

In the City of Grace


There is a City of Peace

Where all foul forms of destruction cease

Where the mighty have fallen and there are no police

There is a City of Peace


There is a City of Hope

Above the ravine on the green sunlit slope

All I need is an axe and a rope

To get to the City of Hope


I’m heading for the City of Gold

Before it’s too late, before it gets too cold

Before I’m too tired, before I’m too old

I’m heading for the City of Gold






59

DOSE D’AMOUR 


J’ai besoin d’une dose d’amour, une dose d’amour

Pas besoin d’une dose d’héroïne pour tuer ma maladie 

Pas besoin d’une dose de whisky qui m’aide à être président 

Pas besoin d’une dose de thérébentine qui me mette à genoux 


J’ai besoin d’une dose d’amour, une dose d’amour


Docteur, vous m’entendez ? J’ai besoin de la Sécurité Sociale

J’ai vu les royaumes du monde et ça me fait peur

Ce que j’ai ne fait pas mal, c’est juste que ça doit me tuer à mort Comme les hommes qui suivaient Jésus quand ils ont mis Sa tête à prix


J’ai besoin d’une dose d’amour, une dose d’amour


Pas besoin d’alibi quand je passe mon temps avec toi

Les rumeurs je les ai toutes entendues et toi aussi 

Ne me donne pas de film à voir ou de livre à lire 

Ça n’apaise ni le mal au-dedans ni la dépendance que ça nourrit 


J’ai besoin d’une dose d’amour, une dose d’amour


Pourquoi voudrais-je t’ôter la vie ? Tu n’as fait que tuer mon père Violer sa femme, tatouer mes bébés avec un stylet empoisonné Bafoué mon Dieu, humilié mes amis


J’ai besoin d’une dose d’amour, une dose d’amour.


Pas envie d’être avec quelqu’un ce soir 

Veronica n’est nulle part, Mavis n’est pas bien 

Il y a un type qui me hait, il est rapide, lisse et tout près

Suis-je censé me replier et attendre qu’il soit là ? 


J’ai besoin d’une dose d’amour, une dose d’amour.


Qu’est-ce qui fait que le vent veut souffler ce soir ? 

Même pas d’humeur à traverser la rue et ma voiture ne marche pas bien 

À la maison tout le monde semblait avoir déménagé 

Ma conscience commence à m’embêter aujourd’hui 


J’ai besoin d’une dose d’amour, une dose d’amour


J’ai besoin d’une dose d’amour, une dose d’amour

Si tu es docteur j’ai besoin d’une dose d’amour




SHOT OF LOVE


I need a shot of love, I need a shot of love


Don’t need a shot of heroin to kill my disease

Don’t need a shot of turpentine, only bring me to my knees

Don’t need a shot of codeine to help me to repent

Don’t need a shot of whiskey, help me be president


I need a shot of love, I need a shot of love


Doctor, can you hear me? I need some Medicaid

I seen the kingdoms of the world and it’s makin’ me feel afraid

What I got ain’t painful, it’s just bound to kill me dead

Like the men that followed Jesus when they put a price upon His head


I need a shot of love, I need a shot of love


I don’t need no alibi when I’m spending time with you

I’ve heard all of them rumors and you have heard ’em too

Don’t show me no picture show or give me no book to read

It don’t satisfy the hurt inside nor the habit that it feeds


I need a shot of love, I need a shot of love


Why would I want to take your life?

You’ve only murdered my father, raped his wife

Tattooed my babies with a poison pen

Mocked my God, humiliated my friends


I need a shot of love, I need a shot of love


Don’t wanna be with nobody tonight

Veronica not around nowhere, Mavis just ain’t right

There’s a man that hates me and he’s swift, smooth and near

Am I supposed to set back and wait until he’s here?


I need a shot of love, I need a shot of love


What makes the wind wanna blow tonight?

Don’t even feel like crossing the street and my car ain’t actin’ right

Called home, everybody seemed to have moved away

My conscience is beginning to bother me today


I need a shot of love, I need a shot of love


I need a shot of love, I need a shot of love

If you’re a doctor, I need a shot of love



60

ANGELINA


Bon, prendre des risques a toujours été dans ma nature

Ma main droite reculant quand ma main gauche avance

Là où le courant est fort et où le singe danse

Sur un air de concertina

Angelina


Du sang sèche dans mes cheveux blonds quand je vais de rivage en rivage

Je sais ce qui m’a poussé à ta porte

Quoiqu’il en soit, je pense que tu m’as déjà vu

Angelina


Oh Angelina. Oh Angelina


Ses yeux étaient deux fentes qui feraient la fierté d’un serpent

Son visage un peintre aurait pu le peindre en marchant dans la foule

Adorateur d’un dieu au corps de femme bien faite

Et à la tête de hyène


Me faut-il ta permission pour tendre l’autre joue ?

Si tu peux lire dans les pensées , pourquoi devrais-je parler ?

Non je n’ai pas entendu parler de l’homme que tu cherches

Angelina


Oh Angelina. Oh Angelina


Dans la vallée des géants où vole en éclats la bannière à rayures étoilée

Les pêches étaient si douces et le lait et le miel coulaient

Je ne faisais que suivre les consignes quand le juge me fit prendre la route

Avec ton assignation


Quand tu cesseras d’exister, alors à qui t’en prendras-tu ?

J’ai fait de mon mieux pour t’aimer, mais je ne peux jouer ce jeux

Ton meilleur ami et mon pire ennemi ne font qu’un 

Angelina


Voilà une Mercedes noire traversant la zone des combats

Vos serviteurs sont moitié morts, vous êtes au pied du mur

Dites-moi, grands hommes, où aimeriez-vous être renversés

Peut-être à Jerusalem ou bien en Argentine ?


Elle fut volée à sa mère alors qu’elle n’avait que trois jours

À présent sa vengeance est accomplie et les biens ont été vendus

Il est entouré par les anges de Dieu, ses yeux à elle portent un bandeau

Les tiens aussi, Angelina


Oh Angelina. Oh Angelina


Je vois des morceaux d'hommes qui défilent, ils essaient de prendre le paradis de force

Et j’aperçois le cavalier inconnu, j’aperçois le pâle cheval blanc

Pour l’amour de Dieu dis-moi ce que tu veux et tu l’auras bien sûr

Descend seulement dans l’arène


Bats en retraite en montant ces escaliers en spirale

Passe l’arbre de fumée, passe l’ange aux quatre visages

Implorant la pitié de Dieu et pleurant dans les lieux impies

Angelina


Oh Angelina. Oh Angelina





ANGELINA


Well, it’s always been my nature to take chances

My right hand drawing back while my left hand advances

Where the current is strong and the monkey dances

To the tune of a concertina


Blood dryin’ in my yellow hair as I go from shore to shore

I know what it is that has drawn me to your door

But whatever it could be, makes me think you’ve seen me before

Angelina


Oh, Angelina. Oh, Angelina


His eyes were two slits that would make a snake proud

With a face that any painter would paint as he walked through the crowd

Worshipping a god with the body of a woman well endowed

And the head of a hyena


Do I need your permission to turn the other cheek?

If you can read my mind, why must I speak?

No, I have heard nothing about the man that you seek

Angelina


Oh, Angelina. Oh, Angelina


In the valley of the giants where the stars and stripes explode

The peaches they were sweet and the milk and honey flowed

I was only following instructions when the judge sent me down the road

With your subpoena


When you cease to exist, then who will you blame

I’ve tried my best to love you but I cannot play this game

Your best friend and my worst enemy is one and the same

Angelina


Oh, Angelina. Oh, Angelina


There’s a black Mercedes rollin’ through the combat zone

Your servants are half dead, you’re down to the bone

Tell me, tall men, where would you like to be overthrown

Maybe down in Jerusalem or Argentina?


She was stolen from her mother when she was three days old

Now her vengeance has been satisfied and her possessions have been sold

He’s surrounded by God’s angels and she’s wearin’ a blindfold

And so are you, Angelina


Oh, Angelina. Oh, Angelina


I see pieces of men marching, trying to take heaven by force

I can see the unknown rider, I can see the pale white horse

In God’s truth tell me what you want and you’ll have it of course

Just step into the arena


Beat a path of retreat up them spiral staircases

Pass the tree of smoke, pass the angel with four faces

Begging God for mercy and weepin’ in unholy places

Angelina


Oh, Angelina. Oh, Angelina





61

TU AS CHANGÉ MA VIE


J’écoutais les voix de la mort en parade

Je chantais des chansons qui parlaient de complots, voulais me faire peur

Je servais sans confiance un système que je ne comprenais pas

J’ai souffert du ridicule, je voulais tout lâcher par dégoût


Mais tu as changé ma vie

Tu es venu dans un temps de conflit

De faim et de besoin, tu as fait saigner mon cœur

Tu as changé ma vie


Parle de salut, les gens sont soudain fatigués

Ils ont mille choses à faire, ils sont tous inspirés

Sers l’œuvre du diable, tu as un million d’amis

Qui seront là dès que tu tiendras quelque chose et à la fin ils prendront tout


Mais tu as changé ma vie

Tu es venu dans un temps de conflit

J’étais au bout du fusil, les nuages bloquaient le soleil

Tu as changé ma vie


Bon, la nature de l’homme est de mendier et voler

Je le fais moi-même, ça n’a rien d’improbable

L’appel du primitif est toujours à ma porte

Qui veut me faire voler comme l’aigle quand je suis enchaîné au sol


Mais tu as changé ma vie

Tu es venu dans un temps de conflit

D’or et d’argent auquel l’homme n’a pas droit

Tu as changé ma vie


Je mangeais avec les porcs sur un plateau de luxe

On disait que j’avais de l’allure, on me souhaitait une bonne journée

Ça semblait si propre, ça semblait si classe

De manger cete ordure absolue en étant si discret


Mais tu as changé ma vie

Tu es venu dans un temps de conflit

D’or et d’argent auquel l’homme n’a pas droit

Tu as changé ma vie


Tu brillais au soleil, tu étais calme et paisible

Pendant que des orphelins d’hommes dansaient au rythme des paumes

Tes yeux étaient en feu, tes pieds étaient de cuivre

Dans le monde que tu avais créé ils ont fait de toi un exclu


Tu as changé ma vie

Tu es venu dans un temps de conflit

Tu es descendu jusqu’en bas, tu m’as donné un esprit neuf

Tu as changé ma vie


Mon Seigneur et Sauveur, mon compagnon, mon ami

Réparateur du cœur, régulateur de l’esprit, vrai jusqu’au bout

Mon créateur, mon consolateur, cause de ma joie

Contre qui le monde se dresse mais qu’il ne détruira jamais


Tu as changé ma vie

Tu es venu dans un temps de conflit

Tu es venu comme le vent, comme Errol Flynn

Tu as changé ma vie




YOU CHANGED MY LIFE


I was listening to the voices of death on parade

Singing about conspiracy, wanted me to be afraid

Working for a system I couldn't understand or trust

Suffered ridicule and wanting to give it all up in disgust


But you changed my life

Came along in a time of strife

In hunger and need, you made my heart bleed

You changed my life


Talk about salvation, people suddenly get tired

They got a million things to do, they're all so inspired

You do the work of the devil, you got a million friends

They'll be there when you got something, they'll take it all in the end


But you changed my life

Came along in a time of strife

I was under the gun, clouds blocking the sun

You changed my life


Well, the nature of man is to beg and to steal

I do it myself, it's not so unreal

The call of the wild is forever at my door

Wants me to fly like an eagle while being chained to the floor


But you changed my life

Came along in a time of strife

From silver and gold to what man cannot hold

You changed my life


I was eating with the pigs off a fancy tray

I was told I was looking good and to have a nice day

It all seemed so proper, it all seemed so elite

Eating that absolute garbage while being so discreet


But you changed my life

Came along in a time of strife

From silver and gold to what man cannot hold

You changed my life


You were glowing in the sun while being peaceably calm

While orphans of man danced to the beat of the palm

Your eyes were on fire, your feet were of brass

In the world you had made they made you an outcast


You changed my life

Came along in a time of strife

From silver and gold to what man cannot hold

You changed my life


There was someone in my body that I could hardly see

Invading my privacy making my decisions for me

Holding me back, not letting me stand

Making me feel like a stranger in a strange land


But you changed my life

Came along in a time of strife

You come down the line, give me a new mind

You changed my life


My Lord and my Savior, my companion, my friend

Heart fixer, mind regulator, true to the end

My creator, my comforter, my cause for joy

What the world is set against but will never destroy


You changed my life

Came along in a time of strife

You came in like the wind, like Errol Flynn

You changed my life





62

LA PLUPART DU TEMPS

 

La plupart du temps 

Je suis bien concentré de tous côtés

La plupart du temps

Je peux garder mes deux pieds sur terre

Je peux suivre le sentier, je peux lire les panneaux

Garder mon cap quand la route tourne

Je peux gérer ce sur quoi je trébuche

Je ne remarque même pas qu’elle est partie

La plupart du temps

 

La plupart du temps

Cela va sans dire

La plupart du temps

Je ne changerais pas si je pouvais

Je peux tout recoller, je peux me défendre

Je peux faire face à la situation jusqu’au bout

Je peux survivre, je peux endurer

Et je ne pense même pas à elle

La plupart du temps

 

La plupart du temps

J’ai la tête d’aplomb

La plupart du temps

Je suis assez fort pour ne pas haïr

Je n’accumule pas les illusions à m’en rendre malade

Je ne crains pas la confusion si dense soit-elle

Je peux sourire à la face de l’humanité

Je ne me souviens même pas du goût de ses lèvres sur les miennes

La plupart du temps

 

La plupart du temps 

Je ne pense même pas à elle

Je ne la reconnaîtrais pas si je la voyais

Tellement elle est loin derrière

La plupart du temps 

Je ne peux même pas être sûr

Q’elle ait été avec moi

Ou moi avec elle

 

La plupart du temps

Je suis à moité satisfait

La plupart du temps

Je sais exactement comment ça a tourné

Je ne triche pas avec moi-même, je ne cours pas me cacher

Je ne cache pas les sentiments enfouis en moi

Je ne transige pas, je ne fais pas semblant

Je me fiche même de la revoir un jour

La plupart du temps

 


MOST OF THE TIME

 

Most of the time

I’m clear focused all around

Most of the time

I can keep both feet on the ground

I can follow the path, I can read the signs

Stay right with it when the road unwinds

I can handle whatever I stumble upon

I don’t even notice she’s gone

Most of the time


Most of the time

It’s well understood

Most of the time

I wouldn’t change it if I could

I can make it all match up, I can hold my own

I can deal with the situation right down to the bone

I can survive, I can endure

And I don’t even think about her

Most of the time


Most of the time

My head is on straight

Most of the time

I’m strong enough not to hate

I don’t build up illusion ’til it makes me sick

I ain’t afraid of confusion no matter how thick

I can smile in the face of mankind

Don’t even remember what her lips felt like on mine

Most of the time


Most of the time

She ain’t even in my mind

I wouldn’t know her if I saw her

She’s that far behind

Most of the time

I can’t even be sure

If she was ever with me

Or if I was with her

Most of the time




63

À QUOI SUIS-JE BON ?


À quoi suis-je bon si je suis comme les autres

Si je me détourne en te voyant habillée comme ça

Si je me ferme pour ne pas t’entendre pleurer

À quoi suis-je bon ?


À quoi suis-je bon si je sais et si je ne fais pas

Si je vois et si je ne dis pas, si je te regarde sans te voir

Si je reste sourd au tonnerre du ciel

À quoi suis-je bon ?


À quoi suis-je bon pendant que doucement tu pleures

Et que j’entends dans ma tête ce que tu dis en dormant

Et me glace à l’instant comme les autres qui n’essaient rien

À quoi suis-je bon ?


À quoi suis-je bon alors pour les autres et pour moi

Si j’ai raté toutes les occasions de voir

Si j’ai les mains liées ne dois-je pas me demander

Qui les a liées, et pourquoi, et où j’ai pu aller ?


À quoi suis-je bon si je dis des sottises

Si je ris du visage que le chagrin apporte

Et tourne le dos pendant que tu meurs en silence

À quoi suis-je bon ? 





WHAT GOOD AM I ?



What good am I if I’m like all the rest

If I just turn away, when I see how you’re dressed

If I shut myself off so I can’t hear you cry

What good am I?


What good am I if I know and don’t do

If I see and don’t say, if I look right through you

If I turn a deaf ear to the thunderin’ sky

What good am I?


What good am I while you softly weep

And I hear in my head what you say in your sleep

And I freeze in the moment like the rest who don’t try

What good am I?


What good am I then to others and me

If I’ve had every chance and yet still fail to see

If my hands are tied must I not wonder within

Who tied them and why and where must I have been?


What good am I if I say foolish things

And I laugh in the face of what sorrow brings

And I just turn my back while you silently die

What good am I?



64

LA MALADIE DE VANITÉ


Ce soir plein de gens souffrent

De maladie de vanité

Ce soir plein de gens se débattent

Avec la maladie de vanité

Elle vient tout le long de la route

Tout droit le long de la ligne

Te déchire les sens

Par le corps et par l’esprit

Rien en elle de bénin

La maladie de vanité


Ce soir plein de cœurs se brisent

À cause du mal de vanité

Ce soir plein de cœurs secoués

Pour cause de maladie de vanité

Elle entre dans ta chambre

Mange ton âme

Tu perds le contrôle 

De tes sens

Elle n’a rien de discret

La maladie de vanité

Ce soir plein de gens qui meurent

De maladie de vanité

Ce soir pleins de gens qui pleurent

De maladie de vanité

Elle sort de nulle part

Et te voilà au tapis

La pression monte

Dans le monde extérieur

Elle te change en morceau de viande

La maladie de vanité


La vanité est une maladie

Les médecins ne peuvent la soigner

Ils ont fait un tas de recherches sur elle

Mais ce que c’est, ils n’en sont toujours pas sûrs


Ce soir plein de gens sont tourmentés

Par la maladie de vanité

Ce soir plein de gens voient double

À cause du mal de vanité

Qui donne folie des grandeurs

Et mauvais œil

Te donne l’idée que

Tu es trop bon pour mourir

Puis elle t’enterre de la tête aux pieds

La maladie de vanité




DISEASE OF CONCEIT


There’s a whole lot of people suffering tonight

From the disease of conceit

Whole lot of people struggling tonight

From the disease of conceit

Comes right down the highway

Straight down the line

Rips into your senses

Through your body and your mind

Nothing about it that’s sweet

The disease of conceit


There’s a whole lot of hearts breaking tonight

From the disease of conceit

Whole lot of hearts shaking tonight

From the disease of conceit

Steps into your room

Eats your soul

Over your senses

You have no control

Ain’t nothing too discreet

About the disease of conceit


There’s a whole lot of people dying tonight

From the disease of conceit

Whole lot of people crying tonight

From the disease of conceit

Comes right out of nowhere

And you’re down for the count

From the outside world

The pressure will mount

Turn you into a piece of meat

The disease of conceit


Conceit is a disease

That the doctors got no cure

They’ve done a lot of research on it

But what it is, they’re still not sure


There’s a whole lot of people in trouble tonight

From the disease of conceit

Whole lot of people seeing double tonight

From the disease of conceit

Give ya delusions of grandeur

And a evil eye

Give you the idea that

You’re too good to die

Then they bury you from your head to your feet

From the disease of conceit






65

QU’EST-CE QUE TU VOULAIS ?


Qu’est-ce que tu voulais ?

Redis-moi que je sache

Qu’est-ce qui se passe ici

Que se passe-t-il dans ton numéro

Qu’est ce que tu voulais

Peux-tu le répéter ?

Je reviens dans une minute

D’ici là tu peux rassembler tes idées


Qu’est-ce que tu voulais ?

Dis-moi, me revoilà

On peut tout recommencer

Et reprendre le fil

Je t’écoute

Vas-y parle

Qu’est-ce que tu voulais

En posant un baiser sur ma joue ?


Est-ce que quelqu’un regardait

Quand tu m’as donné ce baiser

Quelqu’un là dans l’ombre

Quelqu’un que je n’aurais pas vu ?

Est-ce qu’il te fallait quelque chose

Quelque chose que je ne comprends pas ?

Qu’est-ce que tu voulais

Est-ce que j’ai ça là dans la main ?


Quoique tu aies voulu

Ça m’est sorti de la tête

Pourrais-tu me le redire encore

Ça serait gentil de ta part

Le disque s’est-il cassé

L’aiguille a-t-elle sauté

Quelqu’un attend-il 

Y-a-t-il eu lapsus ?


Qu’est-ce que tu voulais

Je ne tiens pas les comptes

Es-tu la même personne

Qui était là avant ?

Est-ce quelque chose d’important ?

Peut-être pas

Qu’est-ce que tu voulais ?

Redis-moi j’ai oublié


Quoique tu aies voulu

Qu’est-ce que ça pouvait être

Est-ce que quelqu’un t’a dit

Que tu pourrais l’obtenir de moi

Est-ce quelque chose qui vient naturellement

Est-ce facile à dire

Pourquoi veux-tu cela

Et d’abord qui es-tu ?


Est-ce que le décor change

Est-ce que je comprends mal

Est-ce que tout repart en arrière

Est-ce qu’ils jouent notre chanson ?

Où étais-tu quand ça a commencé

Veux-tu l’avoir pour rien

Qu’est-ce que tu voulais

Est-ce à moi que tu parles ?





WHAT WAS IT YOU WANTED ?


What was it you wanted?

Tell me again so I’ll know

What’s happening in there

What’s going on in your show

What was it you wanted

Could you say it again?

I’ll be back in a minute

You can get it together by then


What was it you wanted

You can tell me, I’m back

We can start it all over

Get it back on the track

You got my attention

Go ahead, speak

What was it you wanted

When you were kissing my cheek?


Was there somebody looking

When you give me that kiss

Someone there in the shadows

Someone that I might have missed?

Is there something you needed

Something I don’t understand

What was it you wanted

Do I have it here in my hand?


Whatever you wanted

Slipped out of my mind

Would you remind me again

If you’d be so kind

Has the record been breaking

Did the needle just skip

Is there somebody waiting

Was there a slip of the lip?


What was it you wanted

I ain’t keeping score

Are you the same person

That was here before?

Is it something important?

Maybe not

What was it you wanted?

Tell me again I forgot


Whatever you wanted

What could it be

Did somebody tell you

That you could get it from me

Is it something that comes natural

Is it easy to say

Why do you want it

Who are you anyway?


Is the scenery changing

Am I getting it wrong

Is the whole thing going backwards

Are they playing our song?

Where were you when it started

Do you want it for free

What was it you wanted

Are you talking to me?



66

RÊVES EN  SÉRIE


Je pensais à une série de rêves

Où rien n’atteint le sommet

Chaque chose reste où blessée elle tombe

Jusqu’à un arrêt définitif

Je ne pensais à rien de précis

Comme dans un rêve quand on se réveille et crie

Rien de vraiment scientifique

Je pensais juste à une série de rêves


Je pensais à une série de rêves

Où s’envolent le temps et le tempo

Et pas d’issue où que l’on se tourne

Sauf là où l’on ne voit pas avec les yeux

Je n’établissais pas de grand rapport

Je ne tombais pas dans un shéma complexe

Rien qui résisterait à l’examen

Je pensais juste à une série de rêves


Rêves de parapluie replié

Sur le chemin où l’on est jeté

Les cartes que tu tiens en main ne valent rien

Sauf si elles sont d’un autre monde


Dans l’un ils étaient nombreux à brûler

Dans un autre j’étais témoin d’un crime

Dans l’un je courais et dans l’autre

Tout ce que je semblais faire c’était grimper

Je ne cherchais pas d’aide particulière

Je ne traversais pas de grands extrêmes

J’avais déjà parcouru la distance

Je pensais juste à une série de rêves




SERIES OF DREAMS


I was thinking of a series of dreams

Where nothing comes up to the top

Everything stays down where it’s wounded

And comes to a permanent stop

Wasn’t thinking of anything specific

Like in a dream, when someone wakes up and screams

Nothing too very scientific

Just thinking of a series of dreams


Thinking of a series of dreams

Where the time and the tempo fly

And there’s no exit in any direction

’Cept the one that you can’t see with your eyes

Wasn’t making any great connection

Wasn’t falling for any intricate scheme

Nothing that would pass inspection

Just thinking of a series of dreams


Dreams where the umbrella is folded

Into the path you are hurled

And the cards are no good that you’re holding

Unless they’re from another world


In one, numbers were burning

In another, I witnessed a crime

In one, I was running, and in another

All I seemed to be doing was climb

Wasn’t looking for any special assistance

Not going to any great extremes

I’d already gone the distance

Just thinking of a series of dreams



67

LA DIGNITÉ


L’homme gros dans la lame d’acier

L’homme maigre dans son dernier repas

L’homme creux dans un champ de coton

Cherchent la dignité


L’homme sage dans un brin d’herbe

Le jeune homme dans les ombres qui passent

L’homme pauvre à travers le vitrail

Cherchent la dignité


Quelqu’un s’est fait tuer la veille du nouvel an

Quelqu’un disait que la dignité fut la première à partir

Je suis allé dans la cité, allé dans la ville

Allé dans le pays du soleil de minuit


Cherchant en haut, cherchant en bas

Cherchant partout où je pouvais

Interrogeant les flics partout où j’allais

Avez-vous vu la dignité ?


L’aveugle libéré de sa transe

Des deux mains fait les poches de la chance

Espérant trouver une circonstance

De dignité


Je suis allé au mariage de Mary Lou

Elle m’a dit « Je ne veux pas qu’on me voit te parler »

Elle a dit qu’on la tuerait si elle me disait ce qu’elle savait 

De la dignité


Je suis descendu où mangent les vautours

Je serais allé plus profond mais c’était inutile

J’écoutais la langue des anges et la langue des hommes

Pour moi pas de différence


Vent glacial tranchant comme une lame de rasoir

Maison en flammes, dettes en souffrance

Je vais me planter devant la fenêtre, demander à la jeune fille

Avez-vous vu la dignité ?


L’homme qui boit écoute la voix qu’il entend

Dans la pièce encombrée pleine de miroirs voilés

Il cherche dans les années perdues et oubliées 

La dignité


Rencontré le prince Phillip à la maison du blues

M’a dit qu’il me ferait signe si son nom n’était pas cité

Il voulait une avance, se disait trompé

Par la dignité


Des empreintes courant sur le sable argenté

Des pas qui mènent à tatouage land

J’ai croisé les fils des ténèbres et les fils de la lumière

Dans les villes frontières du désespoir


Pas de lieu où s’évanouir, pas de manteau

Je suis sur l’eau qui roule dans un bateau qui secoue

Essayant de lire une note rédigée par quelqu’un

Sur la dignité


Le malade qui cherche le soin du docteur

Qui cherche dans ses mains les lignes qu’il y avait

Et dans tous les chefs d’œuvre littéraires

La dignité


L’anglais échoué dans le vent malfaisant

Qui peigne ses cheveux en arrière, son futur paraît mince

Il serre les dents et cherche en lui

La dignité


Quelqu’un m‘a montré une photo et j’ai ri

La dignité n’a jamais été photographiée

J’ai été dans le rouge, été dans le noir

Dans la vallée des rêves d’os séchés


Tant de routes, un tel enjeu

Tant d’impasses, je suis au bord du lac

Parfois je me demande combien de temps ça va prendre

De trouver la dignité




DIGNITY


Fat man lookin’ in a blade of steel

Thin man lookin’ at his last meal

Hollow man lookin’ in a cottonfield

For dignity


Wise man lookin’ in a blade of grass

Young man lookin’ in the shadows that pass

Poor man lookin’ through painted glass

For dignity


Somebody got murdered on New Year’s Eve

Somebody said dignity was the first to leave

I went into the city, went into the town

Went into the land of the midnight sun


Searchin’ high, searchin’ low

Searchin’ everywhere I know

Askin’ the cops wherever I go

Have you seen dignity?


Blind man breakin’ out of a trance

Puts both his hands in the pockets of chance

Hopin’ to find one circumstance

Of dignity


I went to the wedding of Mary Lou

She said, “I don’t want nobody see me talkin’ to you”

Said she could get killed if she told me what she knew

About dignity


I went down where the vultures feed

I would’ve gone deeper, but there wasn’t any need

Heard the tongues of angels and the tongues of men

Wasn’t any difference to me


Chilly wind sharp as a razor blade

House on fire, debts unpaid

Gonna stand at the window, gonna ask the maid

Have you seen dignity?


Drinkin’ man listens to the voice he hears

In a crowded room full of covered-up mirrors

Lookin’ into the lost forgotten years

For dignity


Met Prince Phillip at the home of the blues

Said he’d give me information if his name wasn’t used

He wanted money up front, said he was abused

By dignity


Footprints runnin’ ’cross the silver sand

Steps goin’ down into tattoo land

I met the sons of darkness and the sons of light

In the bordertowns of despair


Got no place to fade, got no coat

I’m on the rollin’ river in a jerkin’ boat

Tryin’ to read a note somebody wrote

About dignity


Sick man lookin’ for the doctor’s cure

Lookin’ at his hands for the lines that were

And into every masterpiece of literature

For dignity


Englishman stranded in the blackheart wind

Combin’ his hair back, his future looks thin

Bites the bullet and he looks within

For dignity


Someone showed me a picture and I just laughed

Dignity never been photographed

I went into the red, went into the black

Into the valley of dry bone dreams


So many roads, so much at stake

So many dead ends, I’m at the edge of the lake

Sometimes I wonder what it’s gonna take

To find dignity




68

FRÉTILLE TORTILLE


Frétille, frétille, frétille comme une reine gitane

Frétille, frétille, frétille toute de vert vêtue

Frétille, frétille, frétille que la lune en soit bleue

Tortille que la lune te voie


Frétille, frétille, frétille dans tes bottes et tes souliers

Frétille, frétille, frétille tu n’as rien à perdre

Frétille, frétille, frétille comme un essain d’abeilles

Tortille à quatre pattes


Frétille en avant, frétille en arrière

Frétille jusqu’à tortiller loin d’ici

Frétille jusqu’à l’ouverture, frétille jusqu’à la fermeture

Frétille jusqu’à la morsure, frétille jusqu’à la coupure


Frétille, frétille, frétille comme un bol de soupe

Frétille, frétille, frétille comme un hula hoop

Frétille, frétille, frétille comme une tonne de plomb

Tortille – tu peux en réveiller les morts


Frétille pour aller haut, frétille pour aller plus haut

Frétille jusqu’à vomir du feu

Frétille jusqu’au murmure, jusqu’au fredonnement

Frétille jusqu’à la réponse, frétille jusqu’à ce que ça vienne


Frétille, frétille, frétille  comme le satin et la soie

Frétille, frétille, frétille comme un seau de lait

Frétille, frétille, frétille, agite et secoue

Tortille comme un gros serpent gras




WIGGLE WIGGLE



Wiggle, wiggle, wiggle like a gypsy queen

Wiggle, wiggle, wiggle all dressed in green

Wiggle, wiggle, wiggle ’til the moon is blue

Wiggle ’til the moon sees you


Wiggle, wiggle, wiggle in your boots and shoes

Wiggle, wiggle, wiggle, you got nothing to lose

Wiggle, wiggle, wiggle like a swarm of bees

Wiggle on your hands and knees


Wiggle to the front, wiggle to the rear

Wiggle ’til you wiggle right out of here

Wiggle ’til it opens, wiggle ’til it shuts

Wiggle ’til it bites, wiggle ’til it cuts


Wiggle, wiggle, wiggle like a bowl of soup

Wiggle, wiggle, wiggle like a rolling hoop

Wiggle, wiggle, wiggle like a ton of lead

Wiggle—you can raise the dead


Wiggle ’til you’re high, wiggle ’til you’re higher

Wiggle ’til you vomit fire

Wiggle ’til it whispers, wiggle ’til it hums

Wiggle ’til it answers, wiggle ’til it comes


Wiggle, wiggle, wiggle like satin and silk

Wiggle, wiggle, wiggle like a pail of milk

Wiggle, wiggle, wiggle, rattle and shake

Wiggle like a big fat snake




69

SOUS LE CIEL ROUGE


Il y avait un petit garçon, il y avait une petite fille

Qui vivaient dans une ruelle sous le ciel rouge

Il y avait un petit garçon, il y avait une petite fille

Qui vivaient dans une ruelle sous le ciel rouge


Il y avait un vieil homme, il vivait dans la lune

Un jour d’été il passa par là

Il y avait un vieil homme, il vivait dans la lune

Un jour d’été il passa par là


Un jour, petite fille, tout va être nouveau pour toi

Un jour, petite fille, tu auras un diamant gros comme ton soulier


Que le vent souffle bas, que le vent souffle haut

Un jour le petit garçon et la petite fille ont cuit tous les deux dans une tarte

Que le vent souffle bas, que le vent souffle haut

Un jour le petit garçon et la petite fille ont cuit tous les deux dans une tarte


Voici la clef du royaume et voici la ville

Voici le cheval aveugle qui te promène


Que l’oiseau chante, que l’oiseau vole

Un jour l’homme de la lune est retourné chez lui et le fleuve a séché

Que l’oiseau chante, que l’oiseau vole

l’homme de la lune est retourné chez lui et le fleuve a séché



UNDER THE RED SKY


There was a little boy and there was a little girl

And they lived in an alley under the red sky

There was a little boy and there was a little girl

And they lived in an alley under the red sky


There was an old man and he lived in the moon

One summer’s day he came passing by

There was an old man and he lived in the moon

And one day he came passing by


Someday little girl, everything for you is gonna be new

Someday little girl, you’ll have a diamond as big as your shoe


Let the wind blow low, let the wind blow high

One day the little boy and the little girl were both baked in a pie

Let the wind blow low, let the wind blow high

One day the little boy and the little girl were both baked in a pie


This is the key to the kingdom and this is the town

This is the blind horse that leads you around


Let the bird sing, let the bird fly

One day the man in the moon went home and the river went dry

Let the bird sing, let the bird fly

The man in the moon went home and the river went dry



70

NÉS À L’HEURE


Dans la nuit solitaire

Dans la clignotante poussière d’étoiles à la lumière bieue pâle

Tu passes à travers moi en noir et blanc

Là où nous étions faits de rêves


Ton souffle descend la rue chancelante

Tu entends les battements de mon cœur

Dans la chaleur qui bat des records

Là où nous sommes nés à l’heure


Pas une nuit de plus, pas un baiser de plus

Pas cette fois, petite, plus de ça

Ça demande trop d’adresse, trop de volonté

Ç’en est révélateur

Tu es venue, tu as vu, tout comme la loi

Tu t’es mariée jeune, comme ta mère

Tu as tenté, tenté, tu m’as laissé glisser

Tu m’as laissé titubant avec ce sentiment 


Dans la courbe ascendante

Là où les voies de la nature testent chacun de nos nerfs

Tu n’obtiendras rien que tu ne mérites

Là où nous sommes nés à l’heure


Tu m’as pressé une fois, pressé deux fois

Tu tiens la flamme, tu paieras le prix

Oh petite, ce feu

Est encore fumant

tu étais neige, tu étais pluie

Tu étais rayée, tu étais unie

Oh petite, des paroles plus vraies

Jamais ne seront dites ni dédites


Dans les collines du mystère

Dans la toile brumeuse du destin

Tu peux avoir tout ce qui reste de moi

Là où nous sommes nés à l’heure




BORN IN TIME



In the lonely night

In the blinking stardust of a pale blue light

You’re comin’ thru to me in black and white

When we were made of dreams


You’re blowing down the shaky street

You’re hearing my heart beat

In the record-breaking heat

Where we were born in time


Not one more night, not one more kiss

Not this time baby, no more of this

Takes too much skill, takes too much will

It’s revealing

You came, you saw, just like the law

You married young, just like your ma

You tried and tried, you made me slide

You left me reelin’ with this feelin’


On the rising curve

Where the ways of nature will test every nerve

You won’t get anything you don’t deserve

Where we were born in time


You pressed me once, you pressed me twice

You hang the flame, you’ll pay the price

Oh babe, that fire

Is still smokin’

You were snow, you were rain

You were striped, you were plain

Oh babe, truer words

Have not been spoken or broken


In the hills of mystery

In the foggy web of destiny

You can have what’s left of me

Where we were born in time




71

DEBOUT DEVANT LA PORTE


Je marche dans les nuits d’été

Un juke-box joue faiblement

Hier ça allait trop vite

Aujourd’hui ça bouge trop lentement

Je n’ai plus nulle part où aller

Je n’ai plus rien à faire brûler

Je ne sais pas si je te voyais si je t’embrasserais ou si je te tuerais

Il est probable que ça te serait égal

Tu m’as laissé debout devant la porte à pleurer

Maintenant je n’ai plus vers quoi revenir


La lumière de cet endroit est si désagréable

Elle me fait mal à la tête

Tous ces rires ne font que m’attrister

Les étoiles ont viré rouge cerise

Je gratte ma guitare joyeuse

en fumant un cigare bon marché

Le fantôme de nos vielles amours ne s’est pas enfui

Et ne semble pas près de le faire

Tu m’as laissé debout devant la porte à pleurer

Sous la lune de minuit


Peut-être qu’ils m’auront et peut-être pas

Mais pas ce soir, en tout cas pas ici

Je pourrais dire des choses mais je ne le fais pas


La miséricorde divine est proche je le sais

J’ai voyagé dans le train de minuit

J’ai de l’eau glacée dans les veines

Je serais fou si je te reprenais

Ça irait contre toutes les règles

Tu m’as laissé debout devant la porte à pleurer

À souffrir comme un imbécile


Quand les dernières lueurs du jour déclineront

Mon pote, tu ne rouleras plus

J’entends sonner dans la cour les cloches de l’église 

Je me demande pour qui elles sonnent

Je sais que je ne pourrai pas gagner

Mais mon cœur lui ne veut pas céder

Hier soir j’ai dansé avec une inconnue

Elle m’a juste rappelé que tu étais la seule

Tu m’as laissé debout devant la porte à pleurer

Dans le sombre pays du soleil


Je mange quand j’ai faim, bois quand j’ai soif

Et vis ma vie honnêtement

Et même si la chair tombe de mon visage

Je sais que quelqu’un sera là pour prendre soin

Même le plus léger toucher

Compte toujours tellement

Je ne vois rien à gagner par une explication

Il n’y a pas de mots qu’il faudrait dire

Tu m’as laissé debout devant la porte à pleurer

Le blues enveloppé autour de ma tête





STANDING IN THE DOORWAY


I’m walking through the summer nights

Jukebox playing low

Yesterday everything was going too fast

Today, it’s moving too slow

I got no place left to turn

I got nothing left to burn

Don’t know if I saw you, if I would kiss you or kill you

It probably wouldn’t matter to you anyhow

You left me standing in the doorway crying

I got nothing to go back to now


The light in this place is so bad

Making me sick in the head

All the laughter is just making me sad

The stars have turned cherry red

I’m strumming on my gay guitar

Smoking a cheap cigar

The ghost of our old love has not gone away

Don’t look like it will anytime soon

You left me standing in the doorway crying

Under the midnight moon


Maybe they’ll get me and maybe they won’t

But not tonight and it won’t be here

There are things I could say but I don’t

I know the mercy of God must be near

I’ve been riding the midnight train

Got ice water in my veins

I would be crazy if I took you back

It would go up against every rule

You left me standing in the doorway crying

Suffering like a fool


When the last rays of daylight go down

Buddy, you’ll roll no more

I can hear the church bells ringing in the yard

I wonder who they’re ringing for

I know I can’t win

But my heart just won’t give in

Last night I danced with a stranger

But she just reminded me you were the one

You left me standing in the doorway crying

In the dark land of the sun


I’ll eat when I’m hungry, drink when I’m dry

And live my life on the square

And even if the flesh falls off of my face

I know someone will be there to care

It always means so much

Even the softest touch

I see nothing to be gained by any explanation

There are no words that need to be said

You left me standing in the doorway crying

Blues wrapped around my head



72

JUSQU’À CE QUE JE TOMBE AMOUREUX DE TOI


Bon, mes nerfs explosent et mon corps est tendu

Je me sens comme cloué contre la barrière par le monde entier

On m’a frappé trop dur, j’en ai trop vu

Rien ne peut me guérir à présent sinon ton contact

Je ne sais pas ce que je vais faire

J’allais bien jusqu’à ce que je tombe amoureux de toi


Bon, ma maison est en feu, en flammes jusqu’au ciel 

Je pensais qu’il allait pleuvoir mais les nuages sont passés

À présent je me sens arrivé comme au bout de la route

Mais je sais que Dieu est mon bouclier et ne me laissera pas m’égarer

Quand-même, je ne sais pas ce que je vais faire

J’allais bien jusqu’à tomber amoureux de toi


Les garçons dans la rue commencent à jouer

Les filles telles des oiseaux s’envolent

Quand je serai parti tu te rappelleras mon nom

Je taillerai mon chemin vers la richesse et la gloire

Je ne sais pas ce que je vais faire

J’allais bien jusqu’à ce que je tombe amoureux de toi


Les déchets s’empilent et prennent de la place

On dirait que les yeux me tombent de la figure

Ma sueur dégouline, je regarde par terre

Je pense à cette fille qui ne reviendra plus

Je ne sais pas ce que je vais faire

J’allais bien jusqu’à ce que je tombe amoureux de toi


Bon, je suis fatigué de parler, fatigué d’essayer d’expliquer

Mes efforts pour te plaire ont tous été en vain

Demain soir avant que le soleil se couche

Si je suis encore parmi les vivants je serai en route vers le Sud

Je ne sais toujours pas ce que je vais faire

J’allais bien jusqu’à ce que je tombe amoureux de toi




‘TIL I FELL IN LOVE WITH YOU


Well, my nerves are exploding and my body’s tense

I feel like the whole world got me pinned up against the fence

I’ve been hit too hard, I’ve seen too much

Nothing can heal me now, but your touch

I don’t know what I’m gonna do

I was all right ’til I fell in love with you


Well, my house is on fire, burning to the sky

I thought it would rain but the clouds passed by

Now I feel like I’m coming to the end of my way

But I know God is my shield and he won’t lead me astray

Still I don’t know what I’m gonna do

I was all right ’til I fell in love with you


Boys in the street beginning to play

Girls like birds flying away

When I’m gone you will remember my name

I’m gonna win my way to wealth and fame

I don’t know what I’m gonna do

I was all right ’til I fell in love with you


Junk is piling up, taking up space

My eyes feel like they’re falling off my face

Sweat falling down, I’m staring at the floor

I’m thinking about that girl who won’t be back no more

I don’t know what I’m gonna do

I was all right ’til I fell in love with you


Well, I’m tired of talking, I’m tired of trying to explain

My attempts to please you were all in vain

Tomorrow night before the sun goes down

If I’m still among the living, I’ll be Dixie bound

I just don’t know what I’m gonna do

I was all right ’til I fell in love with you




73

PAS ENCORE NUIT


Les ombres sont en train de tomber et toute la journée je suis resté ici

Il fait trop chaud pour dormir, le temps s’enfuit

J’ai l’impression que mon âme s’est changée en acier

J’ai toujours les cicatrices que le soleil n’a pas guéries

Il n’y a même pas assez de place pour être n’importe où

Il ne fait pas encore nuit mais ça vient


Bon, mon sens de l’humain est parti dans les égoûts

Une sorte de souffrance est derrière toute belle chose 

Elle m’a écrit une lette et l’a écrite si gentiment

Elle a mis par écrit ce qu’elle avait en tête

Cependant je ne vois pas pourquoi j’y ferais attention

Il ne fait pas encore nuit mais ça vient


Bon, j’ai été à Lonfres, j’ai vu le gai Paris

J’ai suivi le fleuve et suis arrivé à la mer

J’ai touché le fond d’un monde plein de mensonges

Je ne cherhe rien dans les yeux des gens

Parfois mon fardeau me semble trop lourd à porter

Il ne fait pas encore nuit mais ça vient


Je suis né ici et je mourrai ici contre mon gré

Je sais, on dirait que je bouge mais je suis immobile

Chaque nerf de mon corps est vide et paralysé

Je ne me rappelle même plus ce que je suis venu fuir ici

Je n’entends même pas le murmure d’une prière

Il ne fait pas encore nuit mais ça vient





NOT DARK YET


Shadows are falling and I’ve been here all day

It’s too hot to sleep, time is running away

Feel like my soul has turned into steel

I’ve still got the scars that the sun didn’t heal

There’s not even room enough to be anywhere

It’s not dark yet, but it’s getting there


Well, my sense of humanity has gone down the drain

Behind every beautiful thing there’s been some kind of pain

She wrote me a letter and she wrote it so kind

She put down in writing what was in her mind

I just don’t see why I should even care

It’s not dark yet, but it’s getting there


Well, I’ve been to London and I’ve been to gay Paree

I’ve followed the river and I got to the sea

I’ve been down on the bottom of a world full of lies

I ain’t looking for nothing in anyone’s eyes

Sometimes my burden seems more than I can bear

It’s not dark yet, but it’s getting there


I was born here and I’ll die here against my will

I know it looks like I’m moving, but I’m standing still

Every nerve in my body is so vacant and numb

I can’t even remember what it was I came here to get away from

Don’t even hear a murmur of a prayer

It’s not dark yet, but it’s getting there



74

HIGHLANDS


Bon, mon cœur est dans les Highlands, tendre et loyal

Le chèvrefeuille fleurit dans l’air de la forêt sauvage

Les campanules flamboient où coulent les eaux d’Aberdeen

Bon, mon cœur est dans les Highlands

J’irai là-bas quand je me sentirai assez bien pour y aller


Les fenêtres ont tremblé toute la nuit dans mes rêves

Tout était exactement selon les apparences

Je me suis réveillé ce matin et j’ai vu la même vieille page

La même vieille course de rats

La vie dans la même vieille cage


Je ne veux rien de personne, il n’y a pas grand-chose à prendre

Je ne saurais faire la différence entre une vraie et une fausse blonde

Je me sens comme prisonnier dans un monde de mystère

Je voudrais que quelqu’un vienne 

Et remonte à l’envers l’horloge pour moi


Bon, mon coeur est dans les Highlands où que je puisse aller

J’y serai quand on me rappellera chez moi

Le vent, il murmure des rimes aux marronniers

Mon cœur est dans les Highlands

Je ne peux y aller que pas à pas


J’écoute Neil Young, je dois monter le son

Quelqu’un geule toujours de le baisser 

J’ai l’impression de dériver

Dériver de scène en scène


Je me demande ce que diable tout cela veut dire

La folie se fracasse contre mon âme

On peut dire que rien n’allait pour moi comme sur des roulettes

Si j’avais une conscience, bon je pourrais faire exploser mon top

Mais quand-même, qu’est-ce que j’en ferais

Je la porterais peut-être au mont de piété


Mon cœur est dans les Highlands au point du jour

Au bord du magnifique lac du Cygne noir

De gros nuages noirs comme des chars se balancent à basse altitude

Bon, mon cœur est dans les Highlands

Seul endroit où aller encore


Je suis à Boston dans un restaurant

Aucune idée de ce que je veux 

Peut-être que si mais je n’en suis pas vraiment sûr

La serveuse arrive

Personne dans la salle sauf elle et moi


Ça doit être les vacances, personne à la ronde

Elle m’étudie de près quand je m’assois

Elle a un joli visage et de longues jambes d’un blanc luisant

Elle dit « Qu’est-ce que ce sera ? »

Je dis « Je ne sais pas, auriez-vous des œufs mollets ? »


Elle me regarde et fait « J’aurais bien voulu

Mais on n’en a plus, vous choisissez le mauvais moment pour venir »

Puis elle dit « Je sais que vous êtes artiste, dessinez-moi »

Je dis « Je le ferais si je pouvais, mais 

Je ne fais pas de croquis de mémoire »


« Eh bien, elle dit, je suis là devant vous, ça vous a échappé ? »

Je dis « D’accord je sais, mais je n’ai pas mon carnet de dessin »

Elle me tend une serviette, elle dit, « Vous pouvez le faire là-dessus »

Je dis, « Oui je pourrais, mais

Je ne sais pas où est passé mon crayon  


Elle en tire un derrière son oreille

Elle dit « bon maintenant allez-y dessinez-moi je reste là »

Je trace quelques traits et je lui fais voir

Elle prend la serviette et la rejette

Et dit « Ça n’a rien à voir avec moi »


J’ai dit « Oh, gentille demoiselle, bien sûr que si »

Elle dit « Vous voulez rire », je dis « j’aimerais bien »

Puis elle dit « Vous ne lisez pas les écrivaines, hein ? »

Du moins c’est ce que j’ai cru l’entendre dire

J’ai dit « comment le sauriez-vous et qu’est-ce que ça peut faire »


« Eh bien, dit-elle, Vous n’avez pas l’air d’en lire, c’est tout »

J’ai dit « vous faites fausse route » 

Elle dit « Alors lesquelles avez-vous lues ? », j’ai dit « Erika Jong ! »

Elle s’éloigne une minute

Et je glisse hors de ma chaise

Je retourne dans la rue animée, mais personne nulle part


Bon, mon cœur est dans les Highlands avec les chevaux et les chiens

Là-haut près de la frontière loin des villes

Avec la vibration de la flèche et le claquement de l’arc

Mon cœur est dans les Highlands

Je ne vois pas d’autre destination


Chaque jour est la même chose passée la porte

Je me sens plus loin que jamais

C’est trop tard pour apprendre certaines choses de la vie

Bon, Je suis perdu quelque part

J’ai dû prendre quelques mauvais virages


Je vois les gens dans les parcs oubliant leurs tracas leurs malheurs

Ils boivent et dansent parés d’habits de couleurs vives

Tous ces jeunes hommes avec ces jeunes femmes si beaux à voir

J’échangerais ma place avec n’importe lequel

À la minute si je pouvais 

Je traverse la rue pour éviter un chien galeux

J’entretiens en moi-même un monologue

Je crois que ce qu’il me faudrait c’est un grand manteau en cuir

On vient de me demander 

Si j’étais inscrit pour voter


Le soleil commence à briller au-dessus de moi

Mais ce n’est plus le même soleil

La fête est finie et il y a de moins en moins à dire

J’ouvre de nouveaux yeux

Tout paraît loin


Bon, au point du jour mon cœur est dans les Highlands

Par-delà les collines loin d’ici

Il y a un moyen d’y aller et je finirai par le trouver

Mais j’y suis déjà en pensée

Et c’est bien assez pour le moment





HIGHLANDS



Well my heart’s in the Highlands, gentle and fair

Honeysuckle blooming in the wildwood air

Bluebelles blazing where the Aberdeen waters flow

Well my heart’s in the Highland

I’m gonna go there when I feel good enough to go


Windows were shakin’ all night in my dreams

Everything was exactly the way that it seems

Woke up this morning and I looked at the same old page

Same ol’ rat race

Life in the same ol’ cage


I don’t want nothing from anyone, ain’t that much to take

Wouldn’t know the difference between a real blonde and a fake

Feel like a prisoner in a world of mystery

I wish someone would come

And push back the clock for me


Well my heart’s in the Highlands wherever I roam

That’s where I’ll be when I get called home

The wind, it whispers to the buckeyed trees in rhyme

Well my heart’s in the Highlands

I can only get there one step at a time


I’m listening to Neil Young, I gotta turn up the sound

Someone’s always yelling turn it down

Feel like I’m drifting

Drifting from scene to scene

I’m wondering what in the devil could it all possibly mean?


Insanity is smashing up against my soul

You can say I was on anything but a roll

If I had a conscience, well, I just might blow my top

What would I do with it anyway

Maybe take it to the pawn shop


My heart’s in the Highlands at the break of dawn

By the beautiful lake of the Black Swan

Big white clouds like chariots that swing down low

Well my heart’s in the Highlands

Only place left to go


I’m in Boston town, in some restaurant

I got no idea what I want

Well, maybe I do but I’m just really not sure

Waitress comes over

Nobody in the place but me and her


It must be a holiday, there’s nobody around

She studies me closely as I sit down

She got a pretty face and long white shiny legs

She says, “What’ll it be?”

I say, “I don’t know, you got any soft boiled eggs?”


She looks at me, says, “I’d bring you some

But we’re out of ’m, you picked the wrong time to come”

Then she says, “I know you’re an artist, draw a picture of me!”

I say, “I would if I could, but

I don’t do sketches from memory”


“Well,” she says, “I’m right here in front of you, or haven’t you looked?”

I say, “All right, I know, but I don’t have my drawing book!”

She gives me a napkin, she says, “You can do it on that”

I say, “Yes I could, but

I don’t know where my pencil is at!”


She pulls one out from behind her ear

She says, “All right now, go ahead, draw me, I’m standing right here”

I make a few lines and I show it for her to see

Well she takes the napkin and throws it back

And says, “That don’t look a thing like me!”


I said, “Oh, kind Miss, it most certainly does”

She says, “You must be jokin’.” I say, “I wish I was!”

Then she says, “You don’t read women authors, do you?”

Least that’s what I think I hear her say

“Well,” I say, “how would you know and what would it matter anyway?”


“Well,” she says, “you just don’t seem like you do!”

I said, “You’re way wrong”

She says, “Which ones have you read then?” I say, “I read Erica Jong!”

She goes away for a minute

And I slide up out of my chair

I step outside back to the busy street but nobody’s going anywhere


Well my heart’s in the Highlands with the horses and hounds

Way up in the border country, far from the towns

With the twang of the arrow and a snap of the bow

My heart’s in the Highlands

Can’t see any other way to go


Every day is the same thing out the door

Feel further away then ever before

Some things in life, it gets too late to learn

Well, I’m lost somewhere

I must have made a few bad turns


I see people in the park forgetting their troubles and woes

They’re drinking and dancing, wearing bright-colored clothes

All the young men with their young women looking so good

Well, I’d trade places with any of them

In a minute, if I could


I’m crossing the street to get away from a mangy dog

Talking to myself in a monologue

I think what I need might be a full-length leather coat

Somebody just asked me

If I registered to vote


The sun is beginning to shine on me

But it’s not like the sun that used to be

The party’s over and there’s less and less to say

I got new eyes

Everything looks far away


Well, my heart’s in the Highlands at the break of day

Over the hills and far away

There’s a way to get there and I’ll figure it out somehow

But I’m already there in my mind

And that’s good enough for now




75

JE NE PEUX PAS ME LIBÉRER DE TOI


Il roule le train du soir 

Tout le long du chemin du retour

Tous mes espoirs dépassent l’horizon

Tous mes rêves sont égarés

Le flanc de la colline s’assombrit

Des étoiles tombent de là-haut

Tous les charmes du monde pâlissent

Nuit indifférente à l’amour

Je resterai ici jusqu’à demain

Sous un linceul de grisaille

Je ferai semblant de ne pas avoir de chagrin

Mon cœur est à des kilomètres

Les cloches sonnent le glas

Mon train est en retard

Je ne peux me libérer de toi


Bon, j’entends le bruit du tonnerre

Un grondement long et puissant

Parfois tu es amené à t’interroger

Dieu sait que je n’ai rien fait de mal

Tu as gaspillé toute ton énergie

Tu as balancé la bûche de Noêl

Tu te faneras comme une fleur

Feras l’imbécile et mourras

Je ne suis ni triste ni désolé

Je suis vêtu tout en noir

Je me suis battu pour la gloire et la célébrité

Tu as tenté de me briser les reins

Dans le lointain doux pour toujours

Le soleil perce

Nous aurions dû marcher ensemble

Je ne peux me libérer de toi


Je ne peux saisir les ombres

Qui se massent près de la porte

La pluie tombe près de la fenêtre

Je voudrais t’avoir vue davantage

Le chemin est toujours sinueux

Les étoiles jamais ne vieillissent 

La lumière du matin est aveuglante

Le monde entier est une scène

Ce devrait être le temps de la joie

Et des visages heureux partout

Mais le mystère de la folie

Se propage dans les airs

Je n’aime pas la ville

Pas comme l’aiment certains

N’est-ce pas malheureux

Je ne peux me libérer de toi



CAN’T ESCAPE FROM YOU



Oh the evening train is rolling

All along the homeward way

All my hopes are over the horizon

All my dreams have gone astray

The hillside darkly shaded

Stars fall from above

All the joys of earth have faded

The nights untouched by love

I’ll be here ’til tomorrow

Beneath a shroud of gray

I’ll pretend I’m free from sorrow

My heart is miles away

The dead bells are ringing

My train is overdue

To your memory I’m clinging

I can’t escape from you


Well I hear the sound of thunder

Roaring loud and long

Sometimes you’ve got to wonder

God knows I’ve done no wrong

You’ve wasted all your power

You threw out the Christmas pie

You’ll wither like a flower

And play the fool and die

I’m neither sad nor sorry

I’m all dressed up in black

I fought for fame and glory

You tried to break my back

In the far off sweet forever

The sunshine breaking through

We should have walked together

I can’t escape from you


I cannot grasp the shadows

That gather near the door

Rain fall ’round my window

I wish I’d seen you more

The path is ever winding

The stars they never age

The morning light is blinding

All the world’s a stage

Should be the time of gladness

Happy faces everywhere

But the mystery of madness

Is propagating in the air

I don’t like the city

Not like some folks do

Isn’t it a pity

I can’t escape from you?




76

AU-DELÀ D’ICI IL N’Y A RIEN


Je t’aime ma jolie 

Tu es le seul amour que j’ai jamais connu

Aussi longtemps qu’avec moi tu restes

J’aurai pour trône le monde entier 

Au-delà d’ici il n’y a rien

Rien qui puisse être appelé nôtre


Je me balade après minuit

Le long des boulevards aux voitures délabrées

Je ne sais que faire sans lui

Sans cet amour que nous appelons nôtre

Au-delà d’ici il n’y a rien

Rien que la lune et les étoiles


En bas de chaque rue il y a une fenêtre

Et chaque fenêtre est faite de verre

Nous continuerons à nous aimer ma jolie

Aussi longtemps que l’amour durera

Au-delà d’ici il n’y a rien

Que les montagnes du passé


Mon navire est dans le port

Et ses voiles sont déployées

Écoute-moi ma jolie

Pose ta main sur ma tête

Au-delà d’ici il n’y a rien

Rien de fait ni rien de dit



BEYOND HERE LIES NOTHIN’


I love you pretty baby

You're the only love I've ever known

Just as long as you stay with me

The whole world is my throne

Beyond here lies nothin'

Nothin' we can call our own


I'm movin' after midnight

Down boulevards of broken cars

Don't know what I'd do without it

Without this love that we call ours

Beyond here lies nothin'

Nothin' but the moon and stars


Down every street there's a window

And every window made of glass

We'll keep on lovin' pretty baby

For as long as love will last

Beyond here lies nothin'

But the mountains of the past


My ship is in the harbor

And the sails are spread

Listen to me pretty baby

Lay your hand upon my head

Beyond here lies nothin'

Nothin' done and nothin' said



77

JE SENS VENIR UN CHANGEMENT 


Bon, je regarde le monde entier

Je regarde au loin vers l’Est 

Et je vois ma chérie arriver

Elle marche avec le curé du village

Je sens venir un changement  

Et la dernière partie de la journée est déjà passée


Nous avons tellement de choses en commun

Nous luttons pour les mêmes vieilles causes

Et je peux juste attendre

Attendre que nous devenions amis

Je sens un changement arriver 

Et la quatrième partie de la journée est déjà passée


La vie est faite

Pour l'amour 

Et on dit que l'amour est aveugle

Si tu veux vivre tranquille

Chérie, fais tes valises avec les miennes

Je sens venir un changement 

Et la quatrième partie de la journée est déjà passée


À quoi ça sert de rêver

Tu as de meilleures choses à faire

Les rêves n’ont jamais marché pour moi de toute façon

Même quand ils se sont réalisés


Tu es putassière comme jamais 

Ce n’est pas une surprise

Nous voyons le sens de la vie

Dans les yeux l’un de l’autre

Je sens venir un changement  

Et la quatrième partie de la journée est déjà passée


J’écoute Billy Joe Shaver

Et je lis James Joyce 

Certaines personnes me disent 

Que j'ai le sang du pays dans ma voix


Ils ont pris tout l’argent

Ils ont pris tous les beaux habits

Ils ont pris toutes les fleurs

Je n’ai pas même une rose

Je sens venir un changement  

Et la quatrième partie de la journée est déjà passée





I FEEL A CHANGE COMIN’ON


Well I’m looking the world over

Looking far off into the East

And I see my baby coming

She’s walking with the village priest

I feel a change coming on

And the last part of the day is already gone


We got so much in common

We strive for the same old ends

And I just can’t wait

Wait for us to become friends

I feel a change coming on

And the fourth part of the day is already gone


Life is for love

And they say that love is blind

If you want to live easy

Baby pack your clothes with mine

I feel a change coming on

And the fourth part of the day is already gone


Ain’t no use in dreamin’

I got better things to do

Dreams never worked anyway

Even when they did come true


You’re as whorish as ever

It ain’t no surprise

We see the meaning of life

In each other’s eyes

I feel a change coming on

And the fourth part of the day is already gone


I’m hearing Billy Joe Shaver

And I’m reading James Joyce

Some people they tell me

I got the blood of the land in my voice


Everybody got all the money

Everybody got all the beautiful clothes

Everybody got all the flowers

I don’t have one single rose

I feel a change coming on

And the fourth part of the day is already gone




78

PAIE AVEC DU SANG


Eh bien, je broie ma vie de manière régulière et sûre

Rien de plus misérable que ce que j’endure

Je suis trempé par la lumière qui tombe du soleil

Je pourrais te lapider pour le mal que tu as fait


Tôt ou tard tu feras une erreur

Je te mettrai dans des chaînes que tu ne briseras jamais

Tes jambes et tes bras et ton corps et tes os

Je paie avec du sang mais pas le mien


De nuit en nuit, jour après jour

On te dépouille de tes vains espoirs

Plus je prends, plus je donne

Plus je vis, plus je meurs


J’ai en poche de quoi faire nager tes globes oculaires

J’ai des chiens qui pourraient te déchirer les membres en lanières

Je tourne en rond dans la zone sud

Je paie avec du sang mais pas le mien


Ailleurs un politicien pompe de l’urine

Ailleurs un mendiant en haillons t’envoie un baiser

La vie est si courte, elle ne dure pas longtemps

On te prendra un matin et on te chantera une chanson


Quelqu’un a dû fourrer une drogue dans ton vin

Tu l’as avalé et perdu la raison

Ma tête est si dure, elle doit être en pierre

Je paie avec le sang mais pas le mien


Comment j’ai retrouvé mon chemin, nul ne le sait

Ni comment j’ai survécu à tant de coups

J’ai traversé l’enfer, à quoi bon ?

J’ai la conscience nette, et toi ?


Je te rendrai justice, je remplirai ta bourse

Montre-moi d’abord tes qualités morales

Entends-moi crier, entends-moi gémir

Je paie avec du sang mais pas le mien


Au lit tu as mordu ton amant

Viens ici que je casse ta tête pouilleuse

Notre nation doit être sauvée et libérée

Tu es accusée de meurtre, que vas-tu plaider ?


Voilà comment je passe mes journées

Je suis venu pour enterrer, pas pour louer

Je boirai tout mon saoul et dormirai seul

Je paie avec du sang mais pas le mien






PAY IN BLOOD


Well I`m grinding my life away, steady and sure

Nothing more wretched than what I must endure

I`m drenched in the light that shines from the sun

I could stone you to death for the wrongs that you done


Sooner or later you`ll make a mistake

I`ll put you in a chain that you never can break

Legs and arms and body and bone

I pay in blood, but not my own


Night after night, day after day

They strip your useless hopes away

The more I take, the more I give

The more I die, the more I live


I got something in my pocket make your eyeballs swim

I got dogs that could tear you limb to limb

I`m circling around in the southern zone

I pay in blood, but not my own

Another political pumping out his piss

Another ragged beggar blowin’ ya a kiss

Life is short and it don’t last long

They`ll hang you in the morning and sing ya a song


Someone must have slipped a drug in your wine

You gulped it down and you lost your mind

My head so hard, it must be made of stone

I pay in blood, but not my own


How I made it back home nobody knows

Or how I survived so many blows

I been through hell, what good did it do?

My conscience is clear, what about you?


I’ll give you justice, I’ll fatten your purse

Show me your moral virtues first

Hear me holler hear me moan

I pay in blood but not my own


You bit your lover in the bed,

Come here I`ll break your lousy head

Our nation must be saved and freed

You been accused of murder, how do you plead?


This is how I spend my days

I came to bury not to praise

I`ll drink my fill and sleep alone

I pay in blood, but not my own



79

VILLE ROUGE


Dans la ville rouge où je naquis

Où poussent la feuille de lierre et l’épine d’argent

Les rues portent des noms imprononcables

L’once d’or ne vaut que vingt-cinq centimes


La musique démarre et les gens se balancent

Les gens demandent « allez-vous dans ma direction ? »

L’oncle Tom travaille toujours pour l’oncle Bill

La ville rouge est au pied de la colline


Ville rouge au mois de mai

Le doux William gît sur son lit de mort

Madame Mary à côté du lit

Baise son visage, entasse des prières sur sa tête


Il est si brave, si fidèle, si gentil

Je le pleurerai comme il m’aurait pleuré

Petit garçon triste joue de ta trompette

Dans la ville rouge où je naquis


Dans la ville rouge aux heures chaudes de midi

Il y a l’ombre des palmes et des fleurs éparpillées

Il y a des mendiants accroupis devant les entrées

L’aide arrive mais elle arrive trop tard


Sur les dalles de marbre et dans les champs de pierres

Tu prononces tes humbles vœux

J’ai touché le vêtement mais le bord était déchiré

Dans la ville rouge où je naquis


Dans la ville rouge la fin est proche

Les sept merveilles du monde sont ici

Le mal et le bien vivent côte à côte

Toute forme humaine semble glorifiée


Mets ton cœur sur un plateau et vois qui le mordra

Vois qui t’embrassera pour te dire bonne nuit

Il y a des bosquets de noyers et des bois d’érables

Pleurer ne fait pas de bien dans la ville rouge


Dans la ville rouge tu combats les amis de ton père

En haut de la colline souffle un vent frileux

Tu les combats en haut et les combats en bas

Tu les combats avec du whisky, de la morphine et du gin


Tes jambes ont de quoi affoler les hommes

J’aurais voulu faire tant de choses que nous n’avons pas faites

Le ciel est dégagé sur la ville rouge

Tu prieras Dieu pour rester ici


Remets-ça Joe, joue « Walking the floor »

Joue-le pour ma pute junkie à poitrine plate

Je reste éveillé tard et j’essaie de me racheter

Tandis que descend un sourire du paradis


Si l’amour est un péché alors la beauté est un crime

Toutes choses sont belles en leur temps

Le blanc et le noir, le jaune et le brun

Ici tout va bien pour toi dans la ville rouge 




SCARLET TOWN


In Scarlet Town where I was born

There’s ivy leaf and silver thorn

The streets have names you can’t pronounce

Gold is down to a quarter of an ounce


The music starts and the people sway

Everybody says, are you going my way?

Uncle Tom still working for Uncle Bill

Scarlet town is under the hill


Scarlet Town in the month of May

Sweet William on his deathbed lay

Mistress Mary by the side of the bed

Kissing his face, heaping prayers on his head


So brave, so true, so gentle is he

I’ll weep for him as he’d weep for me

Little Boy Blue come blow your horn

In Scarlet Town where I was born


Scarlet Town in the hot noon hours

There’s palm leaf shadows and scattered flowers

Beggars crouching at the gate

Help comes but it comes too late


On marble slabs and in fields of stone

You make your humble wishes known

I touched the garment but the hem was torn

In Scarlet Town where I was born


In Scarlet Town the end is near

The seven wonders of the world are here

The evil and the good living side by side

All human forms seem glorified


Put your heart on a platter and see who’ll bite

See who’ll hold you and kiss you good night

There’s walnut groves and maple wood

In Scarlet town crying won’t do you no good


In Scarlet Town you fight your father’s foes

Up on the hill a chilly wind blows

You fight ‘em on high and you fight ‘em down in

You fight ‘em with whisky, morphine and gin


You got legs that can drive men mad

A lot of things we didn’t do that I wish we had

In Scarlet Town the sky is clear

You'll wish to God that you stayed right here


Set ‘em up Joe, play Walking The Floor

Play it for my flat chested junky whore

I’m staying up late and I’m making amends

While the smile of heaven descends


If love is a sin than beauty is a crime

All things are beautiful in their time

The black and the white, the yellow and the brown

It’s all right there for ya in Scarlet Town



80

PREMIERS ROIS ROMAINS


Tous ces premiers rois romains dans leurs costumes en peau de requin 

Nœuds papillon et boutons, bottes montantes 


Maniant la pique, incendiant les palissades

Cloués dans leur cerceuil en haut de forme et queue de pie

Envole-toi petit oiseau, envole-toi, bats des ailes

Envole-toi de nuit comme les premiers rois de Rome


Les premiers rois de Rome très tôt le matin

Descendant la montagne, distribuant le grain

S’en allant vite à travers la forêt, courant sur les pistes

Tu essaies de t’échapper, ils te ramènent

Demain vendredi, on verra bien ce que le jour apporte

Tout le monde parle des premiers rois de Rome


Ce sont des colporteurs et des touche à tout, ils achètent et ils vendent

Ils ont détruit la ville, aussi bien ils te détruiront

Ils sont lubriques et perfides, branchés sur le cuir

Chacun plus grand que la somme des autres 

Des fénéants et des violents portant des bagues en or fantaisie

Toutes les femmes sont dingues des premiers rois de Rome


Je panserai tes plaies d’un chiffon de sang coagulé

Je n’ai pas peur de faire l’amour avec une chienne ou une harpie

Si tu me vois arriver et que tu te tiens là

Agite en l’air ton mouchoir

Je ne suis pas encore mort, ma cloche sonne toujours

Je croise les doigts comme les premiers rois de Rome


Je te viderai de ta vie, te viderai de ton souffle

T’embarquerai pour la maison des morts

Un jour tu me demanderas

Moi et personne d’autre

Apporte mon violon, accorde les cordes

Je vais l’ouvrir en deux comme les premiers rois romains


J’étais sur la montagne noire lorsque Detroit est tombée

Ils les ont tous descendus et envoyés en enfer

Ding Dong Daddy tu ne fais pas le poids

Je vais te traduire en justice devant un tribunal sicilien

J’ai eu du plaisir, j’ai eu des aventures

Je vais tous les faire payer, comme les premiers rois romains




EARLY ROMAN KINGS 

All the early Roman Kings in their sharkskin suits

Bowties and buttons, high top boots

Driving the spikes in, blazing the rails

Nailed in their coffins in top hats and tails

Fly away little bird, fly away, flap your wings

Fly by night like the early Roman Kings


All the early Roman Kings in the early, early morn’

Coming down the mountain, distributing the corn

Speeding through the forest, racing down the track

You try to get away, they drag you back

Tomorrow is Friday, we’ll see what it brings

Everybody’s talking ‘bout the early Roman Kings


They’re peddlers and they’re meddlers, they buy and they sell

They destroyed your city, they’ll destroy you as well

They’re lecherous and treacherous, hell bent for leather

Each of them bigger than all men put together

Sluggers and muggers wearing fancy gold rings

All the women going crazy for the early Roman Kings


I'll dress up your wounds with a blood clotted rag

I ain’t afraid to make love to a bitch or a hag

If you see me coming and you’re standing there

Wave your handkerchief in the air

I ain’t dead yet, my bell still rings

I keep my fingers crossed like the early Roman Kings


I'll strip you of life, strip you of breath

Ship you down to the house of death

One day you will ask for me

There’ll be no one else that you’ll want to see

Bring down my fiddle, tune up my strings

Gonna break it wide open like the early Roman Kings


I was up on black mountain the day Detroit fell

They killed them all off and they sent them to hell

Ding Dong Daddy, you’re coming up short

Gonna put you on trial in a Sicilian court

I’ve had my fun, I’ve had my flings

Gonna shake ‘em all down like the early Roman Kings




Traductions Gilles&John


Textes originaux des chansons de Bob Dylan sur le site http://www.bobdylan.com/