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Mykola Istyn - collaborateur de la revue LPB

Nextmodernisme de la période post-MAÏDAN et de la guerre du Donbass




Mykola Istyn est un écrivain ukrainien, écrit la poésie, la prose et les essais. Habite et travaille à Ivano-Frankivsk (Ukraine).

Fondateur du nextmodernisme dans la littérature ukrainienne.

En 2016 il a été distingué par un prix spécial du Concours pan-ukrainien de la prose « Krylatiy Lev » (« Le lion aux ailes ») et est entré la dizaine des meilleurs jeunes écrivains ukrainiens. La même année il est devenu lauréat du Concours littéraire pan-ukrainien de Les Martovytch, du Concours littéraire pan-ukrainien « Vidrodjennya Dnipra » (« Renaissance du Dnipro »), du Concours régional d’Ivano-Frankivsk « Perchiy Roukopys » (« Premier manuscript »). Lauréat du concours international « Duc d’Émeraudes » en l’honneur de Richelieu dans la nomination « poésie » (2017).

En 2018 la maison d’éditions « Chas Zmin Inform » a publié sa collection de poésie « Nextmodernisme de la période post-MAЇDAN et de la guerre du Donbass ».


L’ANNONCE DU NEXTMODERNISME


Quand on comprend que les puzzles des lois de la civilisation 

ne sont que des situations,

des idées techniques

et non pas une mosaïque philosophique de l’idéal.

Et les commissions de moralité n’amènent pas la perfection,

seule la restriction.

Et la liberté se mesure

par la longitude de la chaîne

dans les mains de la société,

Et même un clochard de la rue et plus libre que toi.

Et profiter du moment,

même si après on revit comme un humain,

c’est trop peu

et c’est un cercle vicieux.

Là on commence à agir :

faire claquer des rimes,

comme les portes.

S’en ficher des critiques.

Se moquer des classiques dans la poubelle.

Et après les nuits blanches

passées à réfléchir sur la nature des choses

créer une autre valeur

et se dresser de toute sa hauteur,

découvrir en soi le perfectionneur, le créateur

du soleil verbal

apte à irradier les idées

du bien de toutes sortes

dans ces mondes-ci

et les autres aussi…

Et en dépit de l’instantanéité de la vie,

de la petitesse matérielle,

inventer le soi à tas de facettes

dans une union bien harmonique de l’humain, de l’universel…

En captant l’éternité dans le parfait,

la noter dans son âme

telle une capsule spatiale

qui s’envolera ailleurs…

Quand cela finira.

Et pour le moment il est si bon de vivre

avec joie, à plein

sur cette Terre charmante

et créer un nouveau système de valeurs…

Dans les idées des visions du monde 

et des créations du monde suivantes

annoncer le nextmodernisme.

Et il ne faut pas perdre de l’optimisme

même si les rédacteurs vous arrêtent

et les correcteurs vous corrigent,

ou jurer

si le jury

ne vous accorde pas le prix.

Car on a son pré,

son rêve,

son mur

et sa vérité.

Et même le manque du rayonnement

ne réveillera pas le ressentiment,

quand on est reconnaissant 

au créateur pour avoir donné les moyens

de faire non pas une carrière

mais la nouvelle littérature,

comme un plan, un projet, avec les terres corporelles

et les étoiles spirituelles.

Seuls les poètes phénoménaux

écrivent les planètes comme les dieux

qui créèrent tout

dans l’Univers

et s’en allèrent…

Et toi aussi, écris d’une même manière…

Au désuet dis – non.

Et crée quelque chose de nouveau…

 

* * *

La Bible dans la main, le prêtre

a dit : « ici c’est l’Univers ».

Et moi, je l’ai fait entrer dans une maison

et riposté : « non, tu n’as qu’une galaxie,

et l’Univers, c’est ça », et lui ai montré des milliers de livres.

On trouve les images de l’âme humaine 

dans les artefacts qui datent

d'avant notre ère…

Comme on ne peut pas faire pencher le ciel,

fabriquer un collier des étoiles

et le porter autour de son cou,

de même la foi ne peut pas

limiter les facettes et les pouvoirs

infinis de l’âme humaine…

Tout livre n’est rien sans un être humain.

Et l’être humain est le livre le plus intéressant

que je lis

et écris…



 

L’EVOLUTION DE LA LITTERATURE


Vous pensez que la littérature, c’est juste un jeu,

ou un simple valet pour monsieur le politique,

ou un spécimen pour un scientifique,

ou bien un filet pour un prédicateur, pour pêcher les âmes…

Ce n’est pas que ça,

et ce n’est pas tellement que ça.

Car, malgré l’inflation imprimée,

la parole peut être une projection

des mondes prochains,

des nouveaux Univers…

Laisse tomber, mon critique,

tes critères,

comme un gamin 

son avion-jouet,

car la parole est un navire tout-terrain,

monte-le et navigue, vole, tu es libre,

c’est une matière universelle,

le rêve le plus improbable

qui trouvera son incarnation,

comme une âme de nouveau-né.

La trajectoire de ce qui est écrit par le poète

va plus loin que les lois de la physique connues

et peut devenir plus réelle que la réalité

en quittant les pages de la science-fiction,

ouvrir le futur avec une clé phénoménale 

de l’humanité…

La sphère de la parole change

tout

de soi-même

jusqu’au ciel !

Elle peut créer une culture toute neuve,

l’évolution de la littérature…

 

 

* * *

Les poésies ne sont pas que des colonies de symboles,

comme sur le cortex cérébral d’une cité,

c’est quelque chose de plus profond,

qui atteint l’âme,

cette conscience supérieure,

son fond sublime,

elle en croît.

Ne prend pas le ciel pour un plafond

dans la chambre

de la modernité.

Les sentiers millénaires,

les outils de pierre et les livres numériques,

du Néandertalien

jusqu’au nextmoderniste,

amènent au développement sur Terre

et encore plus loin…