La
page
blanche

Le dépôt

Pierre Lamarque

Pierre Lamarque -Poèmes

Pierre Lamarque - Questions




À QUI ?


Au fantôme du souvenir

au témoin de la solitude

à la statue du devoir

au messager du destin,


quand je m'éveille

ma bouche est ouverte.




QUOI ?


Curiosité personnelle

collectionnisme électif

invention de la connaissance

ou vocation de l'activité,


n'ayez pas peur, Monsieur est si bon.




POURQUOI ?


Pour suspendre

en un affairement jubilatoire

mon attitude plus ou moins penchée

et ramener

pour le fixer

un aspect instantané de l'image,


quelques secondes après j'étais dehors.




À QUOI BON ?


Tu es cela

le chiffre

mais à quoi bon t'emmener

à ce moment où commence

le véritable voyage,


attends.



COMMENT ?


Par la folie

par la capture du sujet

dans la situation

(formule générale de la folie)

celle qui gît au fond des asiles

comme celle qui assourdit la terre

de son bruit et de sa fureur,


sous le porche il y a un tapis humide.




OÙ ?


Castration,

éviration,

mutilation,

démembrement,

dislocation,

éventrement,

dévoration,

éclatement,


arracher la tête,

crever le ventre,

démantibuler,


je sais que les consommations sont très coûteuses dans ces endroits. Néanmoins je commande une bouteille de vin.


QUI ?


Un tramway vide arrive

il est lavé de la nuit

les lumières qui l'éclairent

ont la tristesse de celles

qu'on oublie d'éteindre avant de s'endormir,


je m'assois dans un coin.


QUAND ?


Quand l'esclave s'identifie au despote

l'acteur au spectateur

séducteur à séduit,


oui, au-revoir, à un de ces jours.


LOCUTEUSE ?


Nous empruntons le terme locuteuse au cher Patrice Parthenay qui tant dans les indications qu'il donne pour la venue au jour de notre poème en prose que pour celles qui le guident dans les ténèbres, montre une divination que nous ne pouvons rapporter qu'à son exercice de la sémantique.


FIN ?


La vérité conjecture, la parole pleine

le peu de liberté, le temps pour comprendre

le moment de conclure,


chair composée de soleils.