La
page
blanche

Le dépôt

ROSE JAUNE

MÉMOIRE DE COQUILLE

Chap 1 - Métiers

VIE DE MARY


un éléphant se mange une bouchée à la fois

(proverbe africain)




INTRODUCTION


L'architecture de ce roman moderne, comme celle du Château de l'Âme, est faite de pièces. Chaque pièce est construite avec des pierres de taille fournies par les auteurs invités à construire eux-mêmes le site de poésie Le Dépôt de La Page Blanche.



TOME 1



Vie de Mary, histoire de ma vie, autobiographie - je suis née le 1 mai 1968 hic. L'histoire que vous allez lire est étonnante pour plusieurs raisons hic hic. D'abord parce qu'elle est contée par de multiples écrivains, leur nombre ne cessant d'augmenter au fil du temps hic hic hic. Ensuite parce que l'histoire de ma vie va donner vie à Mary hic hic hic hic. Au début de cette histoire Mary Coquille est une coquille vide. hic On ne connait d'elle qu'une photographie publiée le 21 mars 2021 dans le dépôt de La Page Blanche et une bandelette biographique dont on retient qu'elle est libraire à Paris. J'ai de temps en temps le hoquet, cela donne parait-il du charme à mes écritures.


Life of Mary, story of my life, autobiography - I was born on May 1, 1968 hic. The story you are about to read is amazing for several hic hic reasons. Firstly because it is told by multiple writers, their number constantly increasing over time hic hic hic. Then because the story of my life will give life to Marie hic hic hic hic. At the beginning of this story Marie Coquille is an empty shell. hic We only know of her a photograph published on March 21, 2021 in the repository of La Page Blanche and a biographical strip which we remember that she is a bookseller in Paris. I have hiccups from time to time, it seems to give charm to my writing.










Jeudi 24 mars 2022





Métiers de Mary Coquille



(1) J’ai apprécié certains aspect du style de l’écriture de Jacques Lacan et me suis servie de ses phrases pour faire un poème.

Comme le philosophe Gilles Deleuze je pense que les médicaments en psychiatrie sont nécessaires pour soigner des maladies du cerveau. Dans le traitement des maladies graves il y a aussi un aspect psychologique et institutionnel important.


Je n’aurais pas pu passer ma vie professionnelle assise dans un bureau à griffonner sur un papier en pratiquant l’attention flottante, ni pu travailler en institution psychiatrique. J’avais besoin de faire des études pour comprendre ce que je ne comprenais pas. Mon père a dès sa jeunesse été atteint de maladie maniaco dépressive, autrement dit de psychose bipolaire.


François, le père de notre fils et notre fille et grand-père de nos deux petits-enfants s’est séparé de moi quand j’ai entrepris ces études de psychiatrie alors que nos enfants étaient en bas âge et qu'il travaillait à la maison à s'occuper d'eux. Il a dû se mettre à travailler en enseignant le français, et cela au bout de quatre ans de vie paisible en Provence. François a fini sa carrière professionnelle en enseignant le chant et la musique. La petite famille provençale a déménagé à Bordeaux pour que je puisse faire ce que je voulais faire : des études de psychiatrie. J’avais 28 ans environ. Ma première plaque a été vissée dans l’ile d’Oléron. Installée pour la première fois en médecine générale à 24- 25 ans à Saint-Denis d'Oléron. Dans mes études de psychiatrie J’ai été l’élève de la bordelaise Michelle Demangeot, élève de Lacan. Voilà en résumé la première partie de ma vie…j’ai toujours eu un an d’avance dans ma scolarité. Je l’ai toujours. J’étudie toujours.


Aujourd'hui je suis heureuse libraire aux Textes-Frites à Laïcity Center depuis dix ans. (Pendant deux ans j'ai pratiqué des petits métiers - la prostitution culturelle en sous-sol - le coaching en salle de boxe - la vente en magasin. J'ai aimé cumuler ces jobs, je suis une heureuse bosseuse).


J’aimais la médecine générale avec son aspect bio-psycho-social. Elle m'allait bien. Un intérêt tous azimuts à la fois pour les sciences découvertes dès la première année de faculté et pour la psychologie.


J’ai trouvé du bonheur et des amis dans la littérature. J'ai raté d'un point l'agrégation au premier coup. J’ai aujourd’hui une vie sociale immense grâce à la littérature. Je n'ai que 54 ans et demi. Que me réservent amours et discours ? Voilà le hic.


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Voilà Mary à hauteur de la flèche Notre-Dame en route vers le Sauna Mixte Saint-Germain. En nage et essoufflée, elle franchit un double fleuve de voitures, fourgonnettes et camions électriques sur le quai des Grand Augustins et il lui semble que tous ces véhicules, la radio à plein volume, lui crèvent le tympan. Parfois un conducteur passe la tête par la portière et ses yeux croisent aussitôt un regard insistant qui la brûle aux seins, aux cuisses, aux fesses. Ah, ces regards d'homme parisien ! Elle guette un creux dans le flux des voitures qui lui permette de traverser et une fois de plus elle se dit, comme hier, comme avant-hier, qu'elle est en terre française. À Bruxelles personne ne dévisage les femmes avec pareil culot. La jaugeant, la soupesant, calculant le volume de chacun de ses seins, le galbe de chacune de ses cuisses, tâchant de deviner les poils de son pubis, de dessiner la courbe de ses hanches. Mary ferme les yeux, prise d'un léger étourdissement. À Bruxelles, même les latinos n'osent vous regarder ainsi. Ils ont appris à se contrôler , compris qu'ils ne doivent pas reluquer les femmes comme les chiens tournent autour des chiennes, les chevaux autour des juments, les cochons autour des truies.



Rien de tel que le roman et le cinéma pour faire entrer un personnage dans la vie, lui donner son goût son odeur et sa saveur. Le paragraphe ci-dessus est un passage (page 21-22) du roman de Mario Vargas LLosa "La fête au bouc" que je suis en train de lire. J'aime bien parler à la troisième personne. J'aime si le coeur pronominal de la personnalité de Mary bat de l'elle. J'aime tout. En moi j'aime tout. Le je, le tu, l'elle, la dure verge d'il, le croupion de nous, le sot-l'y-laisse de vous. Je suis polyphrène comme une de mes meilleurs amis, Tristan Felix de la compagnie Pim Pam Poum, dont je dirai plus tard quelques mots au lecteur, chère lectrice.


Mary entre dans le Sauna Mixte Saint-Germain. Cet arôme dense, indéfinissable, tropical, de résines et de charbons en combustion lente, de corps qui transpirent, cet air imprégné d'essences végétales et humaines que les parois du sauna protègent de leur bois, retardant leur dissolution et leur évanescence. C'est une odeur chaude, qui touche quelque part une fibre intime de sa mémoire et la renvoie à son enfance.


Notice de l'autrice

(Mary, pas Marie en effet si un temps Maryse Coquille s’est appelée Marie Coquille c’était provisoire, aujourd’hui Marie s’appelle Mary et c’est ainsi jusqu’à la fin du temps de son roman historique autobiographique qui, elle l'espère, est infini puisqu’il devrait s’agrandir au fur et à mesure du temps, le temps, un bien précieux qui se mesure avec infiniment d’argent  pour payer les fautes d’orthographe et de syntaxe corrigées par Mary Coquille, secrétaire de lpb, qui obtint son agrégation en lettres classiques à l’âge de 24 ans, alors qu’elle préparait une modeste thèse en médecine sur la thèse de Louis Ferdinand Céline "Semmelweis", Semmelweis, le médecin inventeur du lavage des mains . Avedegor Lourfique, un des ex de Mary, pense que " Mary est loin d’être seulement une belle femme, c’est une belle personne." Mary a commencé sa vie dans un coin du dépôt de lpb. Ce sera pour elle son 15ème roman (14 furent refusés par de grands éditeurs parisiens). Les lecteurs des pages de Marie Coquille jugeront si elle est aussi une "bonne barbouilleuse", comme le soutient Avedegor son mari).



(2) Et utilisent des opérations logiques du type « et » « non » et « ou » oui qui donnent lieu à des pertes d’énergie booléenne et des moindres carrés α-γ-δ-θ... aléas comme toutes les ondes électromagnétiques tic tac provoquant un déplacement électronique par rapport au noyau ductile de l’X-matière cette signature peut se faire soit: dans une fiche, par la loi de Bragg, de nombreuses redondances, une étape de recherche dans une base (search), avec ce qui est possible

chimiquement (match) search/match,  à/de/pour Fink les premiers programmes sont apparus algorithmes propriétaires peu importe qu’ils soient seuls ou qu’il y ait d’autres bâtons sur les interfaces de pic.  Le coefficient d’étalonnage évolue avec l’âge.



(3) Après l'horrible ci-dessus cauchemar logique de type "- non - et- ou - , qui donnent lieu à des pertes d’énergie booléenne", probable reste nocturne de mon passage à l'ouest la veille dans les bureaux du CNRS, où je mène une enquête anthropologique commandée par le ministère de la défense, je me réveille, je me lève pour prendre un bain. Je sors de la baignoire et me rince sous la douche. Le contraste entre l'eau chaude et l'eau froide me revigore. Cette fois j'ai repris du poil de la bête. Tout en me passant du talc parfumé, je prête une oreille à "radio Crapule", qui exprime les idées des candidats à l'élection présidentielle et les consignes de ces crapules, comme je les appelle, quand je suis de bonne humeur. J'enfile mon slip, mon maillot de corps, et mes bas de fil, qu'Avedegor a pliés la veille près du miroir de la coiffeuse à côté du valet de nuit sur lequel trônent le complet gris, la chemise blanche et la cravate bleue à pois blancs qu'il arborera ce matin. Je dois interrompre mon habillement, aveuglée d'une fureur qui grimpe par tous les coins de mon corps, des flots de lave me montent au cerveau, ma tête est en feu. Fermant les yeux je compte jusqu'à dix. La rage est mauvaise pour mon cerveau et pour mon coeur, elle me mène droit à l'infarctus. L'autre jour, au Palais du CNRS, j'étais au bord de la syncope quand j'entendais causer ces messieurs; Peu à peu je me calme. J'ai toujours su me contrôler quand il le fallait : dissimuler, me montrer cordiale, affectueuse, avec la pire espèce des chercheurs du CNRS, ces ordures humaines, chaque fois que c'était nécessaire. La boule au ventre je pars, je m'en vais, il me faut poursuivre mon enquête afin de démasquer ces raclures, ces vauriens, malfaiteurs, ces arnaqueurs, cette racaille. Rats, crapauds, hyènes, vipères. Je reste le soulier en l'air, me rappelant le célèbre couple des frères Lourfique, mes beaux-frères, Simon et Jérôme, Malfaiteurs Émérites qui dirigent le Centre National de la Recherche Scientifique. Le plus vieux à moitié fou, la poitrine pleine de paillettes et de capsules de bière, se pavanant dans les couloirs du CNRS en arborant sa médaille Fields. Je me mets debout, cette fois chaussée. Je n'ai jamais oublié l'image du très riche et élégant Pétrone, renaissant chaque matin grâce aux massages et aux ablutions, aux onguents, essences, parfums et caresses de ses esclaves. Si j' avais eu le temps, j'aurais agi tout comme cet arbitre des élégances, m'abandonnant chaque matin aux mains de masseurs , pédicures, manucures et coiffeurs. Me voilà habillée, veston et cravate, prête à sortir. Sept heures moins le quart : je ne dépasse jamais l'heure, c'est une de mes superstitions, si je n'entre pas dans les locaux du CNRS à sept heures pile, il se produira un malheur quelconque.


Je m'approche de la fenêtre. Il fait encore sombre comme si c'était le milieu de la nuit. Mais j'aperçois moins d'étoiles qu'une heure plus tôt. Leur éclat s'est amorti. Le jour levant les fera battre en retraite. Je prends un parapluie et gagne a porte. Je l'ouvre, en entendant aussitôt claquer les talons d'Avedegor :

-- Bonjour Excellence.

je lui réponds d'une inclinaison de la tête. Je vérifie d'un coup d'oeil son impeccable costume. Je n'admets ni laisser aller ni désordre chez mon époux. Un bouton décousu, une tache ou un pli sur le pantalon ou le blazer, une casquette mal coiffée, un vilain noeud de cravate sont des fautes gravissimes passibles d'expulsion hors de ma vue.


Une brise légère berce les arbres de l'allée Bon Séjour tandis que je traverse, attentive au bruit des feuilles, au hennissement de mon cheval Johnny (j'aime monter à cheval dans Paris - Quand je n'ai pas Johnny sous la main, il m'arrive de monter sur un cheval de manège pour quelques tours en compagnie des mômes).


Programme de la journée.

Rapport sur le déroulement de mon enquête concernant les membres du CNRS. Visite à la base de drones du CNRS. Rapports sexuels avec les trois Lourfique. Déjeuner avec le frère cadet. Trois ou quatre audiences. Réunion avec le ministre de l'intérieur et des cultes au sujet des relations plus que tendues entre sciences et religions. Réunion avec le président Macron - réélu de justesse président de la république française face la gouroue Marine Le Pen, au sujet du démantèlement du CNRS. Ensuite partie de polo dans les jardins de Bagatelle avec le président. Voilà le programme de la journée. Irai-je dormir dans ma garçonnière de Laïcity (j'y habite toujours, c'est là que je m'occupe un samedi sur deux de ma librairie "Le texte - Frites"). Ou passerai-je la nuit au Dépôt (dans ma boite de nuit préférée, le "*****" ). Pour me laver la tête des mauvais présages de l'autre nuit ?


Je pénètre dans mon bureau, au Palais du CNRS, quand ma montre indique sept heures. Sur ma table de travail il y a le petit déjeuner - jus de fruit, biscottes beurrées, café fumant - avec deux tasses. Et, se mettant debout, cette chiffe molle de directeur du Service d'Intelligence

Scientifique, mon mari, Avedegor Lourfique :

-- Bonjour Excellence.


J'ai plié mon linge et quand Angel est revenu je suis retournée chez moi.



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TOME 2


UNE ACTIVITÉ ÉLECTRIQUE QUI SE PROPAGE


(4) Les contractions du muscle cardiaque se font sous l’action d’un influx électrique qui naît dans une zone située en haut de l’oreillette droite, appelée nœud sinusal (également nœud sino-atrialsino-auriculaire ou de Keith & Flack). Spontanément, le nœud sinusal produit des décharges électriques, environ 100 par minute. Son activité électrique est contrôlée par un nerf, le nerf vagal, qui tend à la ralentir et à la stabiliser autour de 70 décharges par minute (au repos).

L’activité électrique née du nœud sinusal et contrôlée par le nerf vagal est responsable de la contraction des oreillettes qui envoient ainsi le sang qu’elles contiennent dans les ventricules. Mais cette activité électrique ne s’arrête pas dans les oreillettes. Elle chemine vers la partie basse du cœur jusqu’à une autre zone située entre les oreillettes (nœud atrioventriculaire ou auriculo-ventriculaire ou de Atchoff-Tawara).

Depuis ce nœud, l’activité électrique se propage dans les ventricules le long de fibres dites « de conduction » (ou « faisceau de His ») organisées en deux branches, l’une pour le ventricule gauche, l’autre pour le ventricule droit. Lorsque l’activité électrique parvient aux ventricules, ceux-ci se contractent et expulsent le sang qu’ils contiennent vers l’aorte (ventricule gauche) ou l’artère pulmonaire (ventricule droit). C’est à ce moment que l’on ressent le pouls.

Les troubles du rythme cardiaques sont classés selon leur effet sur les battements du cœur (accélération, ralentissement, irrégularité) et selon la zone du cœur qu’ils affectent : oreillettes, ventricules ou zones de jonction entre les deux.