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Mots d'Erato et Jeux syntaxiques !

Proposition de récréation puérile et honnête ( par Pierre Goujon, à l'initiative de ce projet ) :



Règle du jeu : Un texte d’origine (ici, quelques lignes d’un texte public, d’un auteur connu, resté pour l’instant caché). Premier texte issu du précédent. C’est le même texte dont on n’a gardé que ce qu’on appelle parfois les “mots-outils”. Le reste du texte est matérialisé par un emplacement libre, sans indication de nature (substantif, adjectif, ou verbe dans n’importe quelle conjugaison, exclusivement). Ce texte re-présente donc en quelque sorte une “structure” du texte initial. Une matrice, si l’on veut. Le jeu : construire un nouveau texte cohérent avec exactement la même structure syn-taxique. Chaque emplacement libre pourra être remplacé par un élément syntaxique arbitraire mais obligatoirement de type substantif, adjectif ou verbe, de manière à reproduire la structure syn-taxique d’origine.


Structure :


La xxx xxx être xxx aux xxx sous une xxx xxx, par des xxx de xxx xxx sur des xxx, des xxx, sans rien xxx à la xxx. La xxx de xxx de xxx xxx à cette xxx xxx être xxx à des xxx xxx xxx, du xxx de celles qui xxx être xxx pour la xxx xxx un xxx de xxx xxx dans la xxx xxx.


Variante Goujon 1 :

La grande Poésie fut montrée aux ministres sous une forme amusante par des femmes de chambre inscrite sur des tracts, des affiches, sans rien ôter à la décence. La profusion de témoignages de dégoût relevés à cette occasion pourrait être due à des indiscrétions salaces inopportunes, du genre de celles qui furent insinuées pour la foule ignorante un jour de rentrée parlementaire dans la presse régionale.


Variante Goujon 2 :

La sauterelle rose fut présentée aux archevêques sous une forme attrayante par des pêcheurs de petite fille sur des dessins, des photos, sans rien changer à la liturgie. La profusion de témoignages de lubricité relevés à cette occasion pourrait être due à des religieuses bénédictines dévoyées, du genre de celles qui furent réunies pour la dernière fiesta un jour de partouze poétique dans la chapelle royale.


Variante Goujon 3 :

La Poésie pourrait être assimilée aux confitures sous une forme dérivée, par des précisions de nature opératoire, sur des composants, des techniques, sans rien changer à la cuisson. La présence d’éléments de comparaison relatifs à cette analogie surprenante est due à des sensations olfactives fondamentales du niveau de celles qui sont devenues pour la poésie moderne un fait de première importance dans la vie domestique.


Variante Modolo :

La Poésie peut être comparée aux mathématiques sous une forme quelconque, par des chercheurs de coordonnées binaires sur des x (abscisses) , des y (ordonnées), sans rien envier à la métaphysique. La Poétique de Roubaud de Trois ruminations tend à cette définition sans être réduite à des recherches sémantiques incongrues du genre de celles qui peuvent être lues pour la partie semblant un cauchemar de stupre luxuriant dans la revue Lpb.


Variante Lamarque :

La Poésie peut être comparée aux poissons-volants sous une baignoire d’oiseau, par des envols de valises peintes sur des burn-out, des burn-out, sans rien d’autre à la place. La forme de poésie de poisson volant à cette altitude multicolore est semblable à des valises peintes enchevêtrées, du genre de celles qui vont être utilisées pour la poésie (peut-être) un jour de nouvel an dans la revue Lpb.


Et enfin : le texte matriciel :


Kleene, « Logique Mathématique », Arman Colin, Paris, 1971, p. 209 :


L’information doit être donnée aux ordinateurs sous une forme exacte, par des suites de symboles portés sur des rubans, des cartes, sans rien laisser à l’imagination. La construction de suites de symboles utilisés à cette fin doit être soumise à des règles syntactiques strictes, du genre de celles qui sont devenues pour la première fois un objet d’étude mathématique dans la métamathématique hilbertienne.


En guise de postface :


N’oubliez pas, si les choses sont parfois ce qu’elles sont, les chausses ne sont jamais ce caleçon.

 

Pierre Goujon