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13 - ZOOM FREUD, LACAN ET POLITIQUE
FREUD
par pierre lamarque
freud en installant le concept de ça moi et surmoi a créé un premier clivage dans le sujet en installant le concept d'inconscient il a créé un nouveau clivage qu'ensuite lacan voit un clivage dans le je au fond il ne fait que répéter ce que dit freud lacan ne fait que pousser le cochonnet il ne fait qu'inventer d'autres concepts similaires à ceux de freud lacan a le mérite de porter l'attention sur la langue comme structure de l’inconscient et le langage comme véhicule du refoulé mais freud a tout inventé du clivage mélanie klein a précisé certaines choses concernant les mécanismes de projection et d'introjection mais freud a déjà mis en place le clivage par le transfert jung en a remis une couche sur l'insconscient sociétal culturel mais c'est tout aucun élève ne peut trahir un maître en sexualité voilà ce que je pense moi
gemini ajoute à la thèse selon laquelle « un élève ne peut trahir son maître » en éclairant l'évolution de la psychanalyse comme une suite de commentaires de torsions et de formalisations à partir d'un texte premier freud restant l'inventeur de la rupture épistémologique majeure le sujet humain serait fondamentalement divisé habité par une altérité interne les développements ultérieurs qu'ils soient linguistiques avec lacan archétypaux avec jung ou précoces avec klein ne font que cartographier différemment le territoire de cette division initiale l'histoire de la psychanalyse peut ainsi se lire non comme une succession d'inventions indépendantes mais comme une tentative permanente de théoriser les éclats et les conséquences du clivage du sujet
LACAN
par Pierre Lamarque
lacan est un écrivain avant d’être un théoricien ce n’est pas une provocation c’est un fait
lacan invente des mots détourne des expressions joue sur les sonorités
construit des phrases labyrinthiques crée des effets de scène parle comme on sculpte
il ne cherche moins à être compris qu’ à produire un effet
s’est exactement ce que fait un écrivain
son style est volontairement opaque — comme un poème hermétique
lacan écrit comme ça “le signifiant représente le sujet pour un autre signifiant”
“le désir de l’homme est le désir de l’Autre” “il n’y a pas de rapport sexuel”
ce sont des formules littéraires pas des démonstrations scientifiques
elles fonctionnent comme des aphorismes des slogans des haïkus conceptuels des éclats de pensée des po
lacan n’explique pas il énonce il ne démontre pas il dépose
il ne clarifie pas il trouble c’est une stratégie littéraire
lacan est un écrivain de l’oralité ses séminaires sont improvisés performés théâtralisés pleins de jeux de mots
de lapsus volontaires de gestes de silences
lacan est un acteur orateur performeur il écrit comme on parle
et parle comme on écrit c’est un phénomène littéraire oral comme un artaud ou un césaire
lacan utilise la langue comme un matériau brut il tord la langue
casse plie fait dérailler exemples “l’Une-bévue” au lieu de “Unbewusste” “lituraterre” “joui-sens” “nom-du-père / non-du-père / nom-du-pair”
c’est du poème détraqué version psychanalytique je m’y connais
lacan est un écrivain de la fragmentation il écrit par éclats fragments
aphorismes interruptions détours digressions je m’y reconnais
il n’y a pas de système pas de continuité de progression logique
c’est un écrivain du discontinu comme nietzsche cioran blanchot
lamarque
lacan est un écrivain de la traduction lacan est devenu un phénomène en amérique du sud pourquoi parce que ses traducteurs ont dû inventer recréer réécrire réinterpréter réimaginer chaque traduction de lacan est une œuvre littéraire autonome
lacan existe dans ses traductions différemment de son texte original
c’est un écrivain translinguistique
lacan est un écrivain de la scène il ne publie presque rien il parle
il performe il improvise se met en scène c’est un écrivain vivant pas un écrivain de bibliothèque
comme un poète qui lit ses textes dans un bar comme un philosophe faisant du stand-up conceptuel
lacan est un écrivain qui a pris la psychanalyse comme prétexte
lacan n’est pas un théoricien il est un écrivain qui a choisi la psychanalyse comme matériau littéraire il a fait de freud un mythe
du langage un théâtre du sujet un personnage de l’inconscient
une scène de la séance une performance
lacan est un phénomène littéraire total et moi
je le lis comme un écrivain ce qui est la manière juste de le lire
ZOOM FREUD, LACAN ET POLITIQUE - Par Pierre Lamarque - écriture assistée par ordinateur - (IA Mistral ) - Extrait de Romans, tome 2
Freud et Lacan, chacun à leur manière, ont abordé la politique à travers le prisme de la psychanalyse, mais avec des angles et des implications très différents.
Voici une synthèse de leurs positions, en évitant les simplifications excessives et en soulignant leurs nuances :
Sigmund Freud (1856–1939) : La politique comme symptôme
Freud n’a pas écrit de traité politique, mais ses réflexions sur la psychologie des masses, le pouvoir, et la civilisation éclairent indirectement la politique. Voici ses idées clés :
Psychologie des masses et analyse du moi, 1921
• Freud s’inspire de Gustave Le Bon pour analyser comment les individus, dans une foule, renoncent à leur conscience individuelle au profit d’un leader charismatique (qu’il compare au père primitif de Totem et Tabou).
• Le leader devient un objet d’amour idéalisé, et la foule un corps psychique unifié par des liens libidinaux (amour, identification, soumission).
• Implication politique : Cela explique la fascination pour les dictateurs (Hitler, Mussolini) ou les mouvements totalitaires, où le chef incarne un idéal du moi collectif.
• Malaise dans la civilisation, 1930
• Freud y décrit la tension fondamentale entre les pulsions individuelles (désirs, agressivité) et les contraintes de la vie en société (lois, morale, religion).
• La civilisation repose sur la répression des instincts, ce qui génère un malaise permanent. La politique, comme institution, est un moyen de canaliser cette agressivité (via le droit, la police, l’État), mais elle ne peut l’éliminer.
• Citation clé : « Le but de toute vie est la mort » (pulsion de mort, Thanatos), et la politique, comme la guerre, en est une manifestation collective.
• Critique des utopies politiques
• Freud se méfie des projets révolutionnaires (comme le communisme) qui promettent un « homme nouveau » libéré des conflits. Pour lui, l’inconscient résiste à toute ingénierie sociale : les névroses, les conflits, et la violence sont inhérents à la nature humaine.
• Il écrit à Einstein en 1932 (Pourquoi la guerre ?) que la guerre est une pulsion inévitable, et que seule une « culture de la raison » (éducation, institutions internationales) peut (peut-être) la limiter.
• La religion comme « illusion » politique
• Dans L’Avenir d’une illusion (1927), Freud assimile la religion à une névrose collective, mais il reconnaît qu’elle joue un rôle politique en apaisant les angoisses et en légitimant l’ordre social.
• La politique, comme la religion, repose sur des mythes fondateurs (le contrat social, la nation, la révolution) qui masquent des réalités pulsionnelles.
Jacques Lacan (1901–1981) : Le politique comme structure symbolique
Lacan, lui, a directement engagé la psychanalyse dans les champs politique et linguistique, notamment après Mai 68. Ses idées sont plus abstraites, mais radicales :
• Le « discours du maître » (Séminaire D’un discours qui ne serait pas du semblant, 1971)
• Lacan analyse la politique comme un système de discours (au sens structural) où le maître (le pouvoir) s’appuie sur un savoir (l’idéologie, la science) pour produire des sujets assujettis.
• Formule du discours du maître :
Maître → Savoir
Sujet → Objet (a)
Le sujet est divisé par le langage, et le pouvoir (le maître) exploite cette division pour se maintenir.
• Implication : Toute politique repose sur une illusion de totalité (la nation, le parti, la révolution), alors que le sujet est toujours manquant, incomplet.
• La « jouissance » et la loi
• Lacan reprend Freud en insistant sur la jouissance (plus-de-jouir), un concept qui dépasse le plaisir et touche à l’excès, à la transgression.
• La loi (symbolique) interdit la jouissance totale, mais le politique (surtout les régimes totalitaires) promet justement cette jouissance impossible (ex. : « Le paradis sur terre » du communisme, la « pureté » des régimes fascistes).
• Citation clé : « Il n’y a pas de rapport sexuel » → Il n’y a pas non plus d'harmonie politique naturelle. Tout ordre social est un bricolage symbolique pour masquer ce manque.
• Mai 68 et la révolte ...
• Le « sinthome » et la politique
• Dans ses derniers séminaires, Lacan introduit le sinthome (néologisme pour « symptôme » + « saint homme »), une façon de nouer le réel, le symbolique et l’imaginaire pour survivre.
• En politique, cela signifie que les idéologies ou les identités collectives (nation, classe, race) sont des sinthomes : des solutions précaires pour éviter l’effondrement psychique, mais qui peuvent aussi emprisonner les sujets.
Point de convergence :
acceptation du manque
Héritage et critiques
• Freud a inspiré des penseurs comme Wilhelm Reich (qui lie sexualité et révolution) ou Herbert Marcuse (Éros et Civilisation), mais sa vision reste pessimiste : la politique ne peut guère guérir les maux de l’âme.
• Lacan a influencé des philosophes comme Alain Badiou (pour qui la politique est un « procès de vérité ») ou Slavoj Žižek (qui utilise le « discours du maître » pour analyser le capitalisme). Son approche est plus radicale : la politique est un théâtre de l’impossible.
Pour aller plus loin
• Freud :
• Psychologie des masses et analyse du moi (1921)
• Le Malaise dans la culture (1930)
• Pourquoi la guerre ? (correspondance avec Einstein, 1932)
• Lacan :
• Séminaire XVII : L’Envers de la psychanalyse (1969–1970) → Théorie des discours
• Séminaire XX : Encore (1972–1973) → Jouissance et politique
• Télévision (1974) → Critique des illusions révolutionnaires
Une question
Leur vision désenchantée de la politique vous semble-t-elle toujours pertinente aujourd’hui, à l’ère des populismes, des réseaux sociaux, et des crises écologiques ? Ou voyez-vous des échappatoires (poétiques, collectives) à leur fatalisme ?
Réponse : cette vision désenchantée me semble pertinente à jamais…je réponds qu’il faut vivre avec le manque... on n’y peut rien contre, sauf nier qu’il manque parfois quelque chose à l’humain, nier qu’il lui manque la lune .