La
page
blanche

La revue n° 68 Séquences

Séquences

Simon A. Langevin

plein de punks pissent
le long des murs sales

les chiens jappent pour rien

les fonds de bouteilles
         de bière cassées
embaument assez les fonds de ruelles
         pleines de soir

les couleurs vives des graffitis
camouflent un désespoir
despotique

 

*

 

les chiens courent dehors enragés après les loups démunis comme de pauvres bêtes avec leurs griffes qui raclent
la course folle du temps qui jouent contre eux dehors la nuit sans rien
aux bouts de leurs chaînes rouillées la strangulation des jours qui se suivent sans grand espoir
la pluie qui mouille et le froid qui pique les font courir plus vite toujours
partout c’est gris la couleur anthracite qui miroite au fond de leur œil cette attente de vivre à crocs tirés

et le souffle coupe tout d’un coup

*

 

à ciel ouvert le monde montre ses dents

je suis flabergasté sous le soleil
je suis dans une prison de plaies ouvertes

le monde est en marche
et moi je fuis au-devant

Suzanne – elle – dit qu’il fait beau

                ta gueule Suzanne