Séquences
Simon A. Langevin
plein de punks pissent
le long des murs sales
les chiens jappent pour rien
les fonds de bouteilles
de bière cassées
embaument assez les fonds de ruelles
pleines de soir
les couleurs vives des graffitis
camouflent un désespoir
despotique
*
les chiens courent dehors enragés après les loups démunis comme de pauvres bêtes avec leurs griffes qui raclent
la course folle du temps qui jouent contre eux dehors la nuit sans rien
aux bouts de leurs chaînes rouillées la strangulation des jours qui se suivent sans grand espoir
la pluie qui mouille et le froid qui pique les font courir plus vite toujours
partout c’est gris la couleur anthracite qui miroite au fond de leur œil cette attente de vivre à crocs tirés
et le souffle coupe tout d’un coup
*
à ciel ouvert le monde montre ses dents
je suis flabergasté sous le soleil
je suis dans une prison de plaies ouvertes
le monde est en marche
et moi je fuis au-devant
Suzanne – elle – dit qu’il fait beau
ta gueule Suzanne