Simple poème
L’amour de la vie
Le cul des vaches vient jusque dans mon nez
c’est le fermier qui a béni ce soir la terre
je l’ai croisé tantôt dans sa cour
son chien a léché la main de mon fils
il a dit à mon fils attends et il a disparu dans la remise
effrayant sans le vouloir les poules sur son passage
il est revenu avec un seau
à l’intérieur il y avait une touffe de poil
un lapereau
de quelques semaines seulement
il a laissé mon fils le caresser
il lui a parlé de ce lapin et
de tous les lapins qui venaient de naître dans la remise
et mon fils écoutait bouche bée
le fermier avait encore
les vaches à traire
les moutons à tondre
les œufs à ramasser
les haies à ratiboiser
les framboises à cueillir
le courrier à aller chercher
les factures à payer
le tracteur à réparer
le démarcheur à envoyer chier
mais il est resté semer un peu de joie dans les yeux de mon fils.
Tom Saja