Simple poème
- Maman
Que fais-tu là immobile
dans ce wagon bondé ?
Que fais-tu là nue
sous la lumière crue des néons oxydés ?
Que ne me dis tu ?
Que ne me demandes tu ?
Je ne t’entends pas.
Je ne te comprends pas.
Tu ne peux pas être là.
Ici les morts ont les chaussures propres.
Ici les tombes sont des salons de coiffure.
Le monsieur le ministre nous a déclaré perdant. La force du pain n’est pas celle du président. Les mouches s’ennuient sur le pavé mouillé. Dehors les femmes mariées ont le ventre dur. J’ai de la colle dans mon sac en plastique,
ma tête en gyrophare sur les portes blindées. Lourde est la roche que je porte au sommet.
Je ne pas suis un Sisyphe,
je peine à remonter.
Maman tu dois t’en aller.
Me laisser sombrer.
Ma vie de citadin pue comme une pissotière. Les fleuves ont des vertus
quand ils font des rivières.
Pourquoi ne me parles tu pas de papa ?
Il est mort je sais.
Je l’ai senti quand il est parti.
Va-t-il retrouver la parole
avec de la terre dans la gueule ?
Et toi si nue sous cette lumière crue,
que ne me demandes-tu ?
- Je suis morte.
- Que ne me dis tu ?
- Je suis morte.
- Ce n’est pas possible je le saurais.
- C’est la terre qui m’a tué mon fils.
- Que ne me dis-tu maman ?
Christophe Tostain