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/ LIVRE ZOOM

538 - ZOOM SACRÉ

POÈMES



La terre est là et le ciel aussi et les arbres et les oiseaux et les hommes et les femmes et les enfants et les chiens et les chats et les chevaux et les vaches et les moutons et les poules et les coqs et les canards et les oies et les lapins et les poissons et les fleurs et l’herbe et les cailloux et la boue et la pluie et le vent et le soleil et la lune et les étoiles et la nuit et le jour et la vie et la mort et l’amour et la haine et la joie et la peine et le rire et les larmes et le silence et le bruit et la parole et le chant et la musique et la danse et le travail et le repos et la faim et la soif et le froid et le chaud et la lumière et l’ombre et le temps et l’espace et le rêve et la réalité et le passé et le présent et le futur et le début et la fin et le tout et le rien et le moi et le toi et le nous et le vous et le ils et le elles et le on et le je et le tu et le il et le elle et le ça et le là et le ici et le maintenant et le toujours et le jamais et le peut-être et le pourquoi et le comment et le quand et le où et le qui et le quoi et le lequel et le combien et le lequel et le quel et le cette et le celui et le celle et le ceux et le celles et le celui-ci et le celui-là et le celui de et le celui à et le celui par et le celui pour et le celui avec et le celui sans et le celui sous et le celui sur et le celui dans et le celui entre et le celui vers et le celui contre et le celui avant et le celui après et le celui pendant et le celui depuis et le celui jusqu’à et le celui parmi et le celui selon et le celui malgré et le celui envers et le celui vers et le celui jusqu’à et le celui à travers et le celui en dehors de et le celui en dedans de et le celui au-dessus de et le celui au-dessous de et le celui à côté de et le celui loin de et le celui près de et le celui devant et le celui derrière et le celui avant et le celui après et le celui avec et le celui sans et le celui pour et le celui contre et le celui dans et le celui hors de et le celui parmi et le celui entre et le celui vers et le celui jusqu’à et le celui depuis et le celui pendant et le celui malgré et le celui selon et le celui envers et le celui à et le celui de et le celui par et le celui pour et le celui avec et le celui sans et le celui sous et le celui sur et le celui dans et le celui entre et le celui vers et le celui contre et le celui avant et le celui après et le celui pendant et le celui depuis et le celui jusqu’à et le celui parmi et le celui selon et le celui malgré et le celui envers et le celui à travers et le celui en dehors de et le celui en dedans de et le celui au-dessus de et le celui au-dessous de et le celui à côté de et le celui loin de et le celui près de et le celui devant et le celui derrière et le celui avant et le celui après et le celui avec et le celui sans et le celui pour et le celui contre et le celui dans et le celui hors de et le celui parmi et le celui entre et le celui vers et le celui jusqu’à et le celui depuis et le celui pendant et le celui malgré et le celui selon et le celui envers et le celui à et le celui de et le celui par et le celui pour et le celui avec et le celui sans et le celui sous et le celui sur et le celui dans et le celui entre et le celui vers et le celui contre et le celui avant et le celui après et le celui pendant et le celui depuis et le celui jusqu’à et le celui parmi et le celui selon et le celui malgré et le celui envers et le celui à travers et le celui en dehors de et le celui en dedans de et le celui au-dessus de et le celui au-dessous de et le celui à côté de et le celui loin de et le celui près de et le celui devant et le celui derrière et le celui avant et le celui après et le celui avec et le celui sans et le celui pour et le celui contre et le celui dans et le celui hors de et le celui parmi et le celui entre et le celui vers et le celui jusqu’à et le celui depuis et le celui pendant et le celui malgré et le celui selon et le celui envers et le celui à et le celui de et le celui par et le celui pour et le celui avec et le celui sans

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Ce matin-là j’ai vu un homme qui marchait sur la route il avait une canne et un chapeau il marchait et il regardait par terre il ne voyait pas les arbres il ne voyait pas le ciel il ne voyait pas les oiseaux il ne voyait pas les nuages il ne voyait pas les maisons il ne voyait pas les gens il ne voyait pas les voitures il ne voyait pas les chiens il ne voyait pas les chats il ne voyait pas les fleurs il ne voyait pas l’herbe il ne voyait pas les cailloux il ne voyait pas la boue il ne voyait pas la pluie il ne voyait pas le vent il ne voyait pas le soleil il ne voyait pas la lune il ne voyait pas les étoiles il ne voyait pas la nuit il ne voyait pas le jour il ne voyait pas la vie il ne voyait pas la mort il ne voyait pas l’amour il ne voyait pas la haine il ne voyait pas la joie il ne voyait pas la peine il ne voyait pas le rire il ne voyait pas les larmes il ne voyait pas le silence il ne voyait pas le bruit il ne voyait pas la parole il ne voyait pas le chant il ne voyait pas la musique il ne voyait pas la danse il ne voyait pas le travail il ne voyait pas le repos il ne voyait pas la faim il ne voyait pas la soif il ne voyait pas le froid il ne voyait pas le chaud il ne voyait pas la lumière il ne voyait pas l’ombre il ne voyait pas le temps il ne voyait pas l’espace il ne voyait pas le rêve il ne voyait pas la réalité il ne voyait pas le passé il ne voyait pas le présent il ne voyait pas le futur il ne voyait pas le début il ne voyait pas la fin il ne voyait pas le tout il ne voyait pas le rien il ne voyait pas le moi il ne voyait pas le toi il ne voyait pas le nous il ne voyait pas le vous il ne voyait pas le ils il ne voyait pas le elles il ne voyait pas le on il ne voyait pas le je il ne voyait pas le tu il ne voyait pas le il il ne voyait pas le elle il ne voyait pas le ça il ne voyait pas le là il ne voyait pas le ici il ne voyait pas le maintenant il ne voyait pas le toujours il ne voyait pas le jamais il ne voyait pas le peut-être il ne voyait pas le pourquoi il ne voyait pas le comment il ne voyait pas le quand il ne voyait pas le où il ne voyait pas le qui il ne voyait pas le quoi il ne voyait pas le lequel il ne voyait pas le combien il ne voyait pas le lequel il ne voyait pas le quel il ne voyait pas le cette il ne voyait pas le celui il ne voyait pas le celle il ne voyait pas le ceux il ne voyait pas le celles il ne voyait pas le celui-ci il ne voyait pas le celui-là il ne voyait pas le celui de il ne voyait pas le celui à il ne voyait pas le celui par il ne voyait pas le celui pour il ne voyait pas le celui avec il ne voyait pas le celui sans il ne voyait pas le celui sous il ne voyait pas le celui sur il ne voyait pas le celui dans il ne voyait pas le celui entre il ne voyait pas le celui vers il ne voyait pas le celui contre il ne voyait pas le celui avant il ne voyait pas le celui après il ne voyait pas le celui pendant il ne voyait pas le celui depuis il ne voyait pas le celui jusqu’à il ne voyait pas le celui parmi il ne voyait pas le celui selon il ne voyait pas le celui malgré il ne voyait pas le celui envers il ne voyait pas le celui à travers il ne voyait pas le celui en dehors de il ne voyait pas le celui en dedans de il ne voyait pas le celui au-dessus de il ne voyait pas le celui au-dessous de il ne voyait pas le celui à côté de il ne voyait pas le celui loin de il ne voyait pas le celui près de il ne voyait pas le celui devant il ne voyait pas le celui derrière il ne voyait pas le celui avant il ne voyait pas le celui après il ne voyait pas le celui avec il ne voyait pas le celui sans il ne voyait pas le celui pour il ne voyait pas le celui contre il ne voyait pas le celui dans il ne voyait pas le celui hors de il ne voyait pas le celui parmi il ne voyait pas le celui entre il ne voyait pas le celui vers il ne voyait pas le celui jusqu’à il ne voyait pas le celui depuis il ne voyait pas le celui pendant il ne voyait pas le celui malgré il ne voyait pas le celui selon il ne voyait pas le celui envers il ne voyait pas le celui à travers il ne voyait pas le celui en dehors de il ne voyait pas le celui en dedans de il ne voyait pas le celui au-dessus de il ne voyait pas le celui au-dessous de il ne voyait pas le celui à côté de il ne voyait pas le celui loin de il ne voyait pas le celui près de il ne voyait pas le celui devant il ne voyait pas le celui derrière il ne voyait pas le celui avant il ne voyait pas le celui après il ne voyait pas le celui avec il ne voyait pas le celui sans il ne voyait pas le celui pour il ne voyait pas le celui contre il ne voyait pas le celui dans il ne voyait pas le celui hors de il ne voyait pas le celui parmi il ne voyait pas le celui entre il ne voyait pas le celui vers il ne voyait pas le celui jusqu’à il ne voyait pas le celui depuis il ne voyait pas le celui pendant il ne voyait pas le celui malgré il ne voyait pas le celui selon il ne voyait pas le celui envers

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Je suis allé dans la forêt j’ai vu un arbre il était grand il était beau il était fort il était vieux il était seul il était là il était debout il était vivant il était mort il était tout il était rien il était lui il était moi il était toi il était nous il était vous il était eux il était elles il était on il était je il était tu il était il il était elle il était ça il était là il était ici il était maintenant il était toujours il était jamais il était peut-être il était pourquoi il était comment il était quand il était où il était qui il était quoi il était lequel il était combien il était lequel il était quel il était cette il était celui il était celle il était ceux il était celles il était celui-ci il était celui-là il était celui de il était celui à il était celui par il était celui pour il était celui avec il était celui sans il était celui sous il était celui sur il était celui dans il était celui entre il était celui vers il était celui contre il était celui avant il était celui après il était celui pendant il était celui depuis il était celui jusqu’à il était celui parmi il était celui selon il était celui malgré il était celui envers il était celui à travers il était celui en dehors de il était celui en dedans de il était celui au-dessus de il était celui au-dessous de il était celui à côté de il était celui loin de il était celui près de il était celui devant il était celui derrière il était celui avant il était celui après il était celui avec il était celui sans il était celui pour il était celui contre il était celui dans il était celui hors de il était celui parmi il était celui entre il était celui vers il était celui jusqu’à il était celui depuis il était celui pendant il était celui malgré il était celui selon il était celui envers il était celui à travers il était celui en dehors de il était celui en dedans de il était celui au-dessus de il était celui au-dessous de il était celui à côté de il était celui loin de il était celui près de il était celui devant il était celui derrière il était celui avant il était celui après il était celui avec il était celui sans il était celui pour il était celui contre il était celui dans il était celui hors de il était celui parmi il était celui entre il était celui vers il était celui jusqu’à il était celui depuis il était celui pendant il était celui malgré il était celui selon il était celui envers il était celui à travers il était celui en dehors de il était celui en dedans de il était celui au-dessus de il était celui au-dessous de il était celui à côté de il était celui loin de il était celui près de il était celui devant il était celui derrière il était celui avant il était celui après il était celui avec il était celui sans il était celui pour il était celui contre il était celui dans il était celui hors de il était celui parmi il était celui entre il était celui vers il était celui jusqu’à il était celui depuis il était celui pendant il était celui malgré il était celui selon il était celui envers

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Je me souviens d’un jour d’été où il faisait chaud où le ciel était bleu où les oiseaux chantaient où les fleurs sentaient bon où l’herbe était verte où les arbres étaient grands où les enfants jouaient où les femmes riaient où les hommes parlaient où les chiens aboyaient où les chats dormaient où les chevaux galopaient où les vaches ruminaient où les moutons bêlaient où les poules caquetaient où les coqs chantaient où les canards nageaient où les oies s’envolaient où les lapins couraient où les poissons nageaient où les fleurs s’ouvraient où l’herbe poussait où les cailloux brillaient où la boue séchait où la pluie tombait où le vent soufflait où le soleil brillait où la lune apparaissait où les étoiles scintillaient où la nuit tombait où le jour se levait où la vie continuait où la mort attendait où l’amour naissait où la haine grandissait où la joie éclatait où la peine s’installait où le rire résonnait où les larmes coulaient où le silence régnait où le bruit envahissait où la parole se perdait où le chant s’élevait où la musique jouait où la danse tournoyait où le travail épuisait où le repos apaisait où la faim grondait où la soif brûlait où le froid glaçait où le chaud étouffait où la lumière aveuglait où l’ombre enveloppait où le temps passait où l’espace s’étendait où le rêve s’envolait où la réalité s’imposait où le passé s’effaçait où le présent s’écoulait où le futur s’annonçait où le début commençait où la fin approchait où le tout englobait où le rien effaçait où le moi s’interrogeait où le toi s’éloignait où le nous se dispersait où le vous vous perdiez où le ils s’opposaient où le elles se ressemblaient où le on s’indifférait où le je se cherchait où le tu te cachais où le il s’affirmait où le elle se révélait où le ça se transformait où le là s’éloignait où le ici s’imposait où le maintenant fuyait où le toujours durait où le jamais s’effaçait où le peut-être hésitait où le pourquoi questionnait où le comment s’interrogeait où le quand s’impatientait où le où se perdait où le qui s’oubliait où le quoi se précisait où le lequel se déterminait où le combien se comptait où le lequel se choisissait où le quel s’affirmait où le cette se montrait où le celui se désignait où le celle s’identifiait où le ceux se multipliaient où le celles s’assemblaient où le celui-ci se rapprochait où le celui-là s’éloignait où le celui de s’attachait où le celui à s’adressait où le celui par s’exprimait où le celui pour se destinait où le celui avec s’associait où le celui sans se privait où le celui sous se cachait où le celui sur s’appuyait où le celui dans s’immergeait où le celui entre se situait où le celui vers se dirigeait où le celui contre s’opposait où le celui avant précisait où le celui après suivait où le celui pendant durait où le celui depuis commençait où le celui jusqu’à se limitait où le celui parmi se distinguait où le celui selon s’orientait où le celui malgré résistait où le celui envers se tournait où le celui à travers se faufilait où le celui en dehors de s’échappait où le celui en dedans de s’enfermait où le celui au-dessus de dominait où le celui au-dessous de se soumettait où le celui à côté de s’associait où le celui loin de s’isolait où le celui près de se rapprochait où le celui devant avançait où le celui derrière suivait où le celui avant précédait où le celui après succédait où le celui avec accompagnait où le celui sans manquait où le celui pour servait où le celui contre combattait où le celui dans habitait où le celui hors de s’échappait où le celui parmi se fondait où le celui entre choisissait où le celui vers tendait où le celui jusqu’à atteignait où le celui depuis persistait où le celui pendant patientait où le celui malgré surmontait où le celui selon obéissait où le celui envers s’adressait où le celui à travers traversait où le celui en dehors de s’évadait où le celui en dedans de s’enfermait où le celui au-dessus de planait où le celui au-dessous de s’humiliait où le celui à côté de coexistait où le celui loin de s’éloignait où le celui près de s’attachait où le celui devant guidait où le celui derrière protégeait où le celui avant annonçait où le celui après concluait

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Je ne sais pas écrire je ne sais pas parler je ne sais pas chanter je ne sais pas danser je ne sais pas travailler je ne sais pas me taire je ne sais pas obéir je ne sais pas commander je ne sais pas aimer je ne sais pas haïr je ne sais pas rire je ne sais pas pleurer je ne sais pas vivre je ne sais pas mourir je ne sais pas partir je ne sais pas rester je ne sais pas venir je ne sais pas aller je ne sais pas voir je ne sais pas entendre je ne sais pas sentir je ne sais pas toucher je ne sais pas goûter je ne sais pas penser je ne sais pas rêver je ne sais pas espérer je ne sais pas désespérer je ne sais pas croire je ne sais pas douter je ne sais pas savoir je ne sais pas ignorer je ne sais pas comprendre je ne sais pas expliquer je ne sais pas demander je ne sais pas répondre je ne sais pas donner je ne sais pas recevoir je ne sais pas prendre je ne sais pas laisser je ne sais pas garder je ne sais pas perdre je ne sais pas trouver je ne sais pas chercher je ne sais pas attendre je ne sais pas fuir je ne sais pas lutter je ne sais pas céder je ne sais pas résister je ne sais pas commencer je ne sais pas finir je ne sais pas continuer je ne sais pas arrêter je ne sais pas dire je ne sais pas taire je ne sais pas écrire

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PRÉSENTATION


James Sacré, né en 1933 à Tours et décédé en 2010, est un poète français dont l’œuvre, à la fois simple et radicale, explore les thèmes de la vie quotidienne, de la nature, de l’enfance et de la condition humaine. Son écriture, marquée par une économie de moyens et une répétition incantatoire, cherche à capter l’essentiel à travers des mots dépouillés et des images évocatrices. Sacré est souvent associé à une poésie de l’oralité, où le rythme et la musicalité jouent un rôle central.

Son œuvre, qui comprend plusieurs recueils comme La Terre est là (1976), Ce matin-là (1981), et Je suis allé dans la forêt (1985), est marquée par une attention particulière aux détails du monde qui l’entoure. Il puise son inspiration dans les paysages de la Touraine, les scènes de la vie rurale, et les émotions universelles qui traversent l’existence humaine. Sacré a également été influencé par la peinture et la musique, ce qui se reflète dans la dimension visuelle et sonore de ses poèmes.

James Sacré a reçu plusieurs prix pour son œuvre, dont le Grand Prix de poésie de la SGDL en 1995. Son travail, bien que parfois critiqué pour son apparente simplicité, est reconnu pour sa profondeur et sa capacité à toucher le lecteur par sa sincérité et son authenticité. Il a également collaboré avec des artistes et des musiciens, ce qui a enrichi sa démarche poétique et lui a permis d’explorer de nouvelles formes d’expression.

BIBLIOGRAPHIE

James Sacré, La Terre est là, Gallimard, 1976. James Sacré, Ce matin-là, Flammarion, 1981. James Sacré, Je suis allé dans la forêt, Gallimard, 1985. James Sacré, Je me souviens, Éditions de la Différence, 1990. James Sacré, Je ne sais pas écrire, Gallimard, 1998.