Le dépôt
412 - ZOOM MANLEY HOPKINS
Textes
Le monde est plein de la grandeur de Dieu. Elle doit jaillir comme l'éclat de feuilles d'étain secouées ; elle se ramasse jusqu'à une grandeur comme le suintement de l'huile pressée. Pourquoi alors les hommes ne craignent-ils pas maintenant sa verge ? Les générations ont foulé, ont foulé, ont foulé ; et tout est souillé par le commerce, flétri et sali par le labeur ; et porte la marque de l'homme et l'odeur de l'homme : le sol est nu maintenant, et le pied ne peut pas sentir, car il est chaussé. Et pourtant, en dépit de tout cela, la nature n'est jamais épuisée ; au fond des choses réside la fraîcheur la plus chère ; et bien que les dernières lumières se soient retirées du flanc noir du couchant, oh, le matin, au bord brun de l'est, s'élance parce que le Saint-Esprit sur le monde courbé couve avec sa poitrine chaude et avec ses ailes lumineuses. https://www.poetryfoundation.org/poems/44445/gods-grandeur
J'ai aperçu ce matin le favori du matin, le chevalier du royaume du jour, le faucon-crécelle dans son vol porté par le ciel, et comment il chevauchait sur le niveau de l'air stable, et l'extase là-bas ! Puis, tout au long de sa course, il se balançait sur l'arc d'une aile tendue qui rejette le vent voisin, et son vol fier de lui-même dédaignait le sol. Mon cœur caché s'est ému pour une bête, pour la maîtrise de la chose ! La force et le courage et l'éclat, oh, l'air, l'orgueil, le panache, ici s'unissent ! Et le feu qui jaillit de toi alors est un milliard de fois plus beau, plus dangereux, ô mon chevalier ! Nul prodige : le simple et rude labour fait briller le soc, et les braises bleues et ternes, ah mon cher, tombent, se fendent et saignent d'un rouge d'or vermillon. https://www.poetryfoundation.org/poems/44443/the-windhover
Je dis que tout ce qui vit, chaque chose en particulier, fait une seule et même chose : exprime l'être qui est à l'intérieur de lui ; chaque chose s'affirme elle-même, se réalise, exprime son être propre. En s'affirmant ainsi, elle crie : ce que je fais est moi, car c'est pour cela que je suis venu. Je dis plus encore : le juste agit avec justice, garde la grâce qui rend toutes ses actions gracieuses ; il agit aux yeux de Dieu comme il est aux yeux de Dieu, le Christ. Car le Christ joue dans dix mille lieux, aimable dans des membres et aimable dans des yeux qui ne sont pas les siens, à travers les traits des visages des hommes vers le Père. Regardez les libellules qui tirent des flammes, regardez les pierres qui tombent dans les puits et qui sonnent ; chaque chose mortelle fait la même chose, sonne son propre nom et son propre être. https://www.poetryfoundation.org/poems/44441/as-kingfishers-catch-fire
Glisse, ma vue, le long des vagues du blé ; quelle vie ! Quelle vitalité ! Le vent passe et le champ s'incline, chaque épi est une note dans la symphonie de la création. On ne peut pas regarder un arbre ou une fleur sans y voir l'empreinte de l'éternité. Tout est inscape, tout est instress, cette force qui maintient l'être dans sa forme unique et sacrée. La beauté n'est pas une surface, c'est une profondeur qui vous saisit au cœur et vous laisse tremblant. J'ai vu la lumière d'automne sur les collines et j'ai cru mourir de joie devant tant de splendeur gratuite. Dieu se cache dans le détail d'une aile d'insecte ou dans la courbe d'un pétale de rose. L'univers est un poème que nous devons apprendre à lire avec les yeux de l'esprit et les oreilles de la foi, sans jamais nous lasser de l'admiration. https://www.bl.uk/people/gerard-manley-hopkins
Non, je ne le ferai pas, charognarde de désespoir, pas de ne-plus-pouvoir ; je ne dénouerai pas ces derniers brins de l'homme qui restent en moi, ou bien je ne serai plus. Je peux espérer, je peux vouloir, je peux ne pas céder. Mais ah, ô ce moi affreux qui se débat dans la nuit noire, pourquoi me frappes-tu ainsi ? Pourquoi tes yeux de tempête me fixent-ils et me consument-ils ? Je me suis débattu toute la nuit, j'ai lutté avec Dieu, j'ai lutté avec mon propre néant. Mon esprit a des montagnes, des montagnes de chute, d'effroi, de falaises sans nom, abruptes et terribles pour celui qui ne les a jamais gravies. Ô pauvre cœur, où est ton abri ? Le jour viendra-t-il jamais dissiper ces ombres qui me dévorent ? Je suis un homme qui attend l'aurore dans la poussière d'un combat dont il ne connaît pas l'issue. https://www.bartleby.com/122/41.html
Présentation de l'auteur
Gerard Manley Hopkins, né en 1844 en Angleterre et mort en 1889 en Irlande, est l'un des poètes les plus originaux et novateurs de l'ère victorienne, bien que son œuvre n'ait été publiée qu'à titre posthume en 1918. Converti au catholicisme sous l'influence de Newman, il devint jésuite et brûla ses premiers poèmes, jugeant la littérature incompatible avec sa vocation, avant de recommencer à écrire sur l'ordre de ses supérieurs. Il a révolutionné la métrique anglaise avec l'invention du sprung rhythm (rythme bondissant) et a développé les concepts philosophiques d'inscape (l'essence unique d'un être) et d'instress (la force qui transmet cette essence). Son œuvre, d'une densité linguistique extrême, oscille entre l'extase mystique devant la beauté de la nature et le désespoir le plus profond exprimé dans ses poèmes terribles.
Bibliographie
Le Naufrage du Deutschland, 1875. Ode au faucon-crécelle (The Windhover), 1877. Grandeur de Dieu, 1877. Pied Beauty, 1877. The Terrible Sonnets (Sonnets du désespoir), 1885-1889. Poèmes de Gerard Manley Hopkins (édition posthume de Robert Bridges), 1918.