La
page
blanche

Le dépôt

PAGE NOIRE

Poètes du monde

Poètes du monde trouvés dans les zooms

Sonnets de la Portugaise (Sonnet XLIII) « Comment je t'aime ? Laisse-moi en compter les façons. / Je t'aime jusqu'à la profondeur, la largeur et la hauteur / Que mon âme peut atteindre, quand elle se sent hors de vue / Pour les fins de l'Être et de la Grâce idéale. / Je t'aime au niveau du besoin de chaque jour, / Le plus tranquille, à la lueur du soleil et de la chandelle. / Je t'aime librement, comme les hommes luttent pour le Droit ; / Je t'aime purement, comme ils se détournent de la Louange. / Je t'aime avec la passion mise à profit / Dans mes vieux chagrins, et avec la foi de mon enfance. / Je t'aime d'un amour que je croyais avoir perdu / Avec mes saints disparus, — je t'aime du souffle, / Des sourires, des larmes, de toute ma vie ! — et, si Dieu le veut, / Je t'aimerai mieux encore après la mort. »


Elisabeth Barret Browning


https://fr.wikisource.org/wiki/Sonnets_de_la_Portugaise




Définition de l’amour


C’est une glace brûlante, c’est un feu glacé, c’est une blessure qui fait mal et ne se sent pas, c’est un bien rêvé, un mal présent, c’est un bref repos très fatigué.

C’est une négligence qui nous donne du souci, un lâche avec un nom de vaillant, une marche solitaire parmi les gens, un aimer seulement être aimé.

C’est une liberté emprisonnée, qui dure jusqu’au dernier paroxysme, maladie qui croît si elle est guérie.

Voilà l’enfant Amour, voilà ton abîme. Voyez quelle amitié il aura avec rien, celui qui en tout est contraire à lui-même !

Source : Wikisource – Francisco de Quevedo, Definición del amor




L’âme et le corps


L’âme est lumière, le corps est ombre.

L’âme est envol, le corps est poids.

L’âme est liberté, le corps est prison.

L’âme est éternelle, le corps est poussière.

L’âme est amour, le corps est désir.

L’âme est paix, le corps est guerre.

L’âme est ciel, le corps est terre.

L’âme est Dieu, le corps est homme.

Source : Poesía española – Pedro Salinas, El alma y el cuerpo





Strophes à une dame


Si de ma lyre modeste

Le son pouvait tant,

Qu’en un instant il apaisât

La colère du cœur,

Et que dans un doux sommeil

On oublie la plus forte douleur,

Que douce serait, madame, La mort !


Jorge Manrique - 1440-1479

Source : Poesía española – Jorge Manrique, Coplas a una dama




Pour/De Lew


La nuit est noire, le ciel est vaste. Les étoiles sont sorties, la lune est brillante. Le vent est froid, les arbres sont nus. La terre est immobile, l’air est clair.

La nuit est longue, la route est lointaine. Le cœur est léger, l’esprit est libre. Le corps marche, les pieds sont sûrs. L’âme est calme, l’esprit s’envole.

La nuit est profonde, l’aube est proche. Le feu est bas, les braises brillent. La voix est douce, les mots sont rares. Le cœur est plein, l’esprit est vrai.

La nuit est passée, le jour est né. Le soleil est haut, le ciel est bleu. Le vent est chaud, les arbres sont verts. La terre est vivante, le monde est neuf.


Source : Poesibao – Gary Snyder, Poème pour les oiseaux poesibao.fr