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AUTEUR-E-S - Index I

84 - Zhanna Loshmanova

suite de poèmes





***


Sur le rivage de la capitale maritime 

Où les écailles serrées des poissons

Scintillent sur les étals,

 Quand il ne fait plus chaud en septembre,

Les touristes rentrent chez eux,

Je me promène d'une manière paisible

 Bretagne ! O mer sombre,

Comme j'aime m'asseoir dans un voile trouble

Sous la première étoile

 Et écouter le bruit des vagues côtières

Si charmant et si doux,

Regarder comme les bateaux sur l'eau

 Se déplacent à peine perceptibles 

Comme la mousse blanchit les pierres,

Comme un nageur en retard

 Danse presque à cause du froid.

Le sable brun cicatrise,

Cherchant enfin à te réchauffer

 Et s’émerveillant  devant ta force

Ta masse jolie,

Devant ta grandeur redoutable dans l'obscurité.  

Et plus tard, de retour à la tente,

Avec la dignité d'une aristocrate,

Lancer soudain fière :« N'ose pas ! ». 


 17.08.2025




***



Quand tout sera fini, 

Ce sera comme si le monde s'était figé 

Je m'approcherai un peu de l'angle de la fenêtre 

Et je regarderai le dernier rayon du coucher de soleil.  

Je vais juste me taire et écouter

Et oublier ce qui est déjà passé,

Jusqu'à ce que le mouvement ne brise plus

Le silence sous le dense.

 Des mots cruels, des actes vulgaires,

Une maison indifférente, comme un hôpital,

Tout ce qui est devenu le passé

 Tout ce qui ne peut apparaître que dans un rêve .

 Les ombres s'épaissiront, je me calmerai.

Le nuit m'apportera la paix, la compassion,

Superfine comme une toile d'araignée,

Peut-être un peu de bonheur.  


08.08.2025




  ***

Je chante tes louanges, vin mousseux,

Rubis, doré,

En bouteilles, en paquets, peu importe.

 Tu coules joyeusement dans mes veines,

Et je me sens tantôt ennuyée, tantôt comblée,

Alors vive le vin !

 Tu es mousse ou au fond,

Tu es sans mouvement ou tu résistes à 

Mes désirs, le sang coule

 Et réveille des rêves endormis depuis longtemps,

Ressuscitant les jours passés,

Faisant naître des sentiments et de l'amour.  

Alors buvons, mes amis, à cette occasion,

À la joie et au bonheur.

N'oublions pas que nous n'avons qu'une seule vie.  

Que les verres se remplissent, 

Que tous les souhaits se réalisent,

Alors, buvons à nous, à nous!


19.07.2025




***

Parmi les tombes éparpillées,

Parmi les destins achevés,

Ici celui qui m'aimait tant,

Comme peut-être personne ne le sera.

 

Quand il pleut, l'eau

S'écoule entre les flaques stagnantes.

Ici, tout est silencieux 

Seul le sapin bruisse parfois.

Et tout se tait. 

 

Je me souviens de la pénombre, même le jour,

De la fleur en papier souillée,

De l'Assassin —éternité au fléau,

Contre laquelle je me suis battue deux fois.

 

Depuis, de nombreuses années ont passé,

Comment ne t'ai-je pas rendu visite,

Et n’ai-je pas nettoyé avec soin

Ton portrait noirci par la terre. 

 

Tout a changé : la vie, les gens.

J'ai vu beaucoup de gens et beaucoup de choses.

Mais parfois, mon esprit lâche prise,

Ça fait mal comme une brûlure.

 

Instantanément et de plus 

En plus précisément,

la mémoire te reproduit.

En puisant dans une infinité d'intervalles.

 

Oh, comme j'ai été insouciante, sans crainte,

J'ai tout gâché, tout ce qui était beau.

Tu m'aimais tant, mais moi,

Quel dommage maintenant, je ne t'aimais pas.

 

17.08.2025