Le dépôt
665 - ZOOM PO
TEXTE 1 - PRÉFACE EN FORME DE POIRE
LA CRUAUTÉ SERAIT-ELLE ADMISE QUANT À LA CHASSE AUX PAPILLONS
j’ai pris l’habitude depuis quelque temps d’écrire un ou deux textes par jour, des po, des poèmes ou des notules…je ne sais pas quand les textes vont venir dans la journée mais je sais qu’ils viendront … souvent en lisant... ce qui me plait dans cette façon classique de cueillir de la poésie en alignant les po les poèmes et les notules les uns après les autres dans un panier, c’est que cette façon de procéder est le reflet d’un processus naturel, un phénomène d’ascension brutale dans mon cas, que j’appelle l’inspiration… je suis en état d’inspiration comme si j'étais soudain en apesanteur pendant quelques minutes voire une heure si le poème est long…
ce qui est le plus difficile c’est de restituer dans une bonne langue et dans une bonne forme cet état ascensionnel et sensationnel qui survient quand on a soudain une idée qui se présente comme une surprise… donc je pars chaque jour à la chasse aux papillons… plus ils sont petits plus ils sont difficiles à voir dans les vapeurs chaleurs ondulations de l’été indien…
PRÉSENTATION PAR JULES LADOUMÈGUE
Si la poésie serait un état d'apesanteur, Jules Ladoumègue noterait que la transprose en constituerait le lest nécessaire pour ne pas s'évaporer. Dans ce Zoom, l'honnête homme ne serait pas un prédateur cruel, mais un cueilleur de "po" , un cueilleur de « surprises ». La cruauté serait admise seulement si elle servait à éliminer le superflu, à tailler dans la « bonne langue » pour ne garder que le balbutiement pur. Ladoumègue observerait que l'inspiration « serait » ce phénomène d'ascension brutale où le poète quitte le sol du quotidien pour entrer dans les vapeurs de l'été indien.
L'usage du conditionnel habiterait ici la forme même du poème : on « chercherait » à restituer une sensation sans l'épingler définitivement. La transprose permettrait de laisser assez d'air autour du papillon-po pour qu'il puisse continuer à battre des ailes dans son panier de mots. L'air de rien, le poète substituerait à la chasse traditionnelle une « onction » de regard, où voir l'idée serait déjà l'avoir attrapée. Ce ne serait plus une momification de la poésie, mais sa mise en suspension, une façon de vérifier que, même à seize heures quatre, la surprise est encore possible sous le vernis du protophore.
BIBLIOGRAPHIE DE L’ASCENSION
• Lamarque, P., La chasse aux papillons, Zoom 32, 2026.
• Modolo, P., La Transprose : une physique de l'apesanteur, MDRSLP.
• Cerruti, S., Cueillir le po : entre l'image et le son, 2024.
• H, Isabelle, Notules sur la température de l’inspiration.
Nota bene : ce zoom traiterait de la poésie comme d'une "commotion" . Puisque la poésie serait morte cérébralement, l'inspiration serait son dernier sursaut de vie, un état d'apesanteur où le moi et le elle se confondent dans le brouillard. La transprose serait ici le panier de gaze, l'air de rien, permettant de transporter les po, ces petits frères de l'éclair, jusqu'au logis sans briser le cœur de l'apologie.