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AUTEUR-E-S - Index 2

48 - FEGUERSON THERMIDOR

Ma main est une phrase ( extraits)

I

Je vis en toi avec le mensonge de toutes les époques

Voix coincée dans l'ironie des saisons

Une fleur pousse dans ma main mon sang devient chanson

                 Dans une ville qui ment


Comment apprendre à l'enfant à dire bonjour

Dans une voix réduite en cendres

Dans un pays nos yeux chambres de cadavres


La douleur pénètre les phrases 

                atteint l'os des rues

Avares de sang





Terre visage efflanqué

La nuit a peur de la nuit dans un pays pourri âme d'effroi


Les trottoirs ne chantent plus le soir

Écouter la chanson des syllabes la promesse du doute

Dans l'affolement du destin

Nous vivons le temps les rêves deviennent barbares



Demain se décatira

Mille sourires éteints, déroutés, désorientés enlisent dans mon mouchoir

Me voilà te pénétrer avec des jours confinés

Je ressors avec un faux visage sang sans fenêtre

Yeux brisés langue vend aux enchères

Poème marche lent portant cicatrice des souffles sommeils éternels

Le monde est moi-même moitié nuit, moitié souffrance

Je renais dans le coudoiement du vide abreuvé d'incertitudes

Blessure écho de ma voix

confine- moi dans tes pas je t'apprendrai comment appeler les jours morts

les silences humides, les corps en limbes

tu es ici un point effacé, là-bas un cadavre tapotant temps sans abris

tu laisses dans ma main ratures des jours fous

 la douleur sur mes épaules déambule avec mon ombre en aumône



monde décavé sang éploré nos souffles deviennent pleurards

nous respirons par la main


oh nature saint des saints voix accrochée dans le fourvoiement des étoiles

l'arrogance effrénée des humains devient foutaise dans un temps à refaire

nous avons les hôpitaux dans les orteils

l'amour dans la main

la douleur dans le cœur

l'urgence de devenir humain n'est pas une leçon mal apprise

le monde est une parenthèse



Époque vétuste, vile vide, fieffée, inquiet le cœur

Poème exsangue vieilli dans l'alphabet

Temps, cents ans, sans temps péri plonge dans la finitude de l'infini

Le monde accroche dans ma gorge

Je respire dans le talon du poème

Puis nommer ta douleur le huitième jour

Wuhan, phrase d'un pays lointain secret de ma main

Creuse l'ombre tisse la mort


Nous vivons le temps les rêves deviennent barbares

            Habille demain en lieds, en paroles de craie ressuscitées

Le monde, mon cœur prostré, corps vérité profuse, fêlée


             


 Ton corps allonge dans ma voix

Ta nudité vend aux enchères

                  Ta cuisse porte ma fragilité humaine

Je vis avec les mensonges des siècles sur ma langue

                 la mort dans ma poitrine

Nous nous reconnaissons dans un poème sobre, heurt

Sombre , dans un pays destin ovale, endommagé, démodé

Où je marche avec une balle dans ma main

Main poème timide vit avec le psittacisme

Du langage de mon ombre

Ta parole logomachie de toutes les époques

                           Anime le creux du vide


      Je vis avec logorrhée des saisons d'hier

                           imbibe moi-même

Temps décrépi imbroglio

Dans la bêtise du ciel sexualité avortée

                    mon nom note de musique effacée

Des mélodies chauves  

                     mort sur une croix à Guantánamo

Je deviens doute des matins

Je donne ma vie en échange des rues de cadavres

   Mon image à la table la mort plat d'essai excès sacrifié


Pays marche lent

 mes rêves tombent en décrépitudes

                           Raboteau voix miroir fêlé


Je ne suis pas le messager du siècle

Je suis témoin d'une ville Kalachnikov

La mort accrochée dans ma poitrine rue avare de sang

Mourir signature des matins


Mon poème est une phrase nomade

Qui arpente le cœur humain

Mon sang nuit glacée mauvais silence

Souffle limite longueur de la journée dans un pays endommagé

Âme d'effroi

            Ma langue clouée sur la croix

Pour ne pas raconter la douleur de Port-au-Prince

Port-au-Prince ciel de la bêtise


  Je descends dans la finitude de l'infinitude des temps fous

Cimetière moi-même

Mentir à mes rêves pour qu'ils ne me haïssent




Temps fragile rêves ivres, démodés dans un pays jambes cassées

Mon sang douleur du poème itinéraire bloqué déroute ma main

Phrase nomade arpentée la souffrance des trottoirs


Hormis des dieux, poète réinvente les destins ovales

Dessine sur l'épaule gauche des paraboles sexualité sauvage des mers

Crissement vérité brûlée

Mon ciel, mon dos, prière fêlée cœur chanson sans paroles en décrépitude


Poème cicatrisé, chuté, cimenté, crissé, ouaté, décri