Le dépôt
suite de poèmes 2
traductions françaises par l'autrice
Бывает, что нет родины. Бывает.
Хоть розы у стены цветут.
Их воскрешая, забываю -
Порой бродягу люди чтут
И подают ему у храма…
По восресеньям в день иной…
Портьера. Кресло. Лампа. Рама.
За ней дорога. День тачной.
Дано лишь это мне. Но кто же
Спешит там? Немощной, молю,
Подай, взгляни, на бледной коже,
В глазах прочти " я не люблю".
Перекрещу тебя я дважды
Благославлю, и ты уйдёшь.
Как все ушли. Степенно, важно.
И это чистое, пусть ложь,
Что ничего тебе не стоит,
А мне услуга, благодать,
А для меня все то, святое,
Погибший, брат, отец и мать.
Тот у подъезда дикий тополь,
Взросленья розовая муть.
Те двое в золотых потопах
Заката на Тверской. Мой путь
В страну фантазии нездешней,
Лувр. Елисейские поля.
И нежность робкая, конечно,
Совсем иного, короля.
Беда - как льдинка. Кто поможет
Мне стать живой? О я прошу!
Нелюбопытный и похожий
На прочих - все же я дышу!
А значит, я имею право.
Уже я требую: верни!
Две лепты положу во славу
И долгие благие дни.
Я обращаюсь к Высшей силе,
Что милость на земле вершин,
Заставь его! Да, некрасиво,
Но лучше так, чем смерть души.
17.03.2026
Il arrive qu'on n'ait pas de patrie. Ça arrive.
Même si les roses fleurissent près du mur.
En les ressuscitant j'oublie —
Que parfois, les gens honorent un vagabond
Et qu’ils lui donnent l'aumône, près du temple...
Le dimanche, un autre jour …
Un rideau. Un fauteuil. Une lampe. Un cadre.
Derrière, la route. Un jour d’été.
C'est tout ce qui m'est donné. Mais qui donc
Se hâte là-bas ? faible je suis, je t'en supplie,
Donne-moi, jette un regard
Sur ma peau pâle, dans mes yeux lis « je n'aime pas ».
Je te bénirai deux fois ;
Je te bénirai, et tu t’en iras.
Comme tous les autres sont partis.
Lentement, dignement
Et c’est pûr, même si c'est un mensonge,
Que cela ne te coûte rien
Car pour moi, c'est une faveur, une grâce,
Et pour moi, tout cela est sacré:
Le défunt, le frère, le père et la mère.
Ce peuplier sauvage près du perron,
La brume rose du passage à l'âge adulte
Ces deux choses là dans les ruisseaux dorés
Du coucher de soleil sur la Tverskaya. Mon chemin
Vers un pays lointain, loin d’ici.
Le Louvre. Les Champs-Élysées.
Et la tendresse timide, bien sûr,
D’un tout autre, d’un roi.
Le malheur est comme un glaçon. Qui m'aidera
À retrouver la vie ? Oh, je t'en supplie !
Pas curieuse et semblable
Aux autres, après tout, je respire!
Cela signifie donc que j'en ai le droit
Je l'exige déjà: rends-le-moi!
Je contribuerai de deux oboles à ta gloire
Et à de longs jours heureux.
Je m'adresse à la Force suprême,
Qui dirige la vérité sur terre,
Force-la ! Oui, ce n'est pas beau,
Mais c'est mieux ainsi que la mort dans l'âme.
17.03.2026
Я летела, не верите, я же летела!
Задевая то лужи, то снег,
Ах, какое тяжёлое тело,
Я б летела быстрее. Нет!
Я б неслась, как моё желанье,
До зарезу, цепляясь за куст,
Чтоб от скорости и старанья
Не сорваться. Но думала: « Пусть!
Добреду – до конца, до предела,
Доползу, пусть хоть пуля свистит ,
Но подумайте: если летела,
Это плевое дело – ползти!»
Полчаса от метро – это много.
Да отсохнет язык, если лгу!
До очей цвета позднего меда.
До капризных коралловых губ.
Мне навстречу взрывались высотки,
Отсияв, быстро падали вниз.
Слева сбоку виденьем нечетки
Вдоль по трассе машины неслись.
Их, домчавшись до поворота,
Словно сучья, ломались огни
О черту горизонта – грота
И увеча московских возниц.
Неизвестный присел прохожий,
Он от страха закрыл глаза,
Я махнула рукой, но все же
Отпорхнула, как стрекоза.
Наконец -то, подъезд, ступеньки!
Наконец – то, тяжёлая дверь!
Наконец – то! Зелёная стенка
И звонок, словно дикий зверь!
Оробев, - но я с ним боролась!
“Проходи, ты раздета, ноябрь».
Пробубнила– желая в голос
Прокричать: « Я пришла, это я!»
« Хочешь супу?» - Какой к черту супчик?
Я летела, все платье в грязи!
Но послушно уселась на стульчик
У потертой кушетки вблизи
Нерешительно и обалдело,
Закружилась моя голова,
Так почти до утра просидела
Без движения, словно сова,
Ты – застенчиво : « Хочешь, жить вместе?»
Показалось – что на пол слечу
От изящной изысканной лести.
Я наивно сказала: « Хочу».
3.03.2026
Je volais, vous ne me croyez pas, mais je volais vraiment !
Effleurant tantôt les flaques, tantôt la neige,
Ah, quel corps lourd,
J'aurais volé plus vite. Non !
J’aurais volé impétueusement, comme mon désir
Jusqu’à l’épuisement, m’agrippant à un buisson,
Pour ne pas tomber,
À force de vitesse et d’efforts. Mais je me disais : « Tant pis ! »
« Je marcherai de toutes mes forces,
Je ramperai, même si les balles sifflent,
Mais réfléchissez : si j'avais su voler,
C’était une broutille de ramper ! »
Une demi-heure depuis le métro, c'est long.
Que ma langue se dessèche si je mens !
Jusqu'aux yeux couleur de miel tardif.
Jusqu'aux lèvres corail capricieuses.
Les gratte-ciel jaillissaient à ma rencontre et explosaient
Brillant de mille feux, ils sont rapidement tombés.
À gauche, sur le côté, comme une vision floue
les voitures filaient à toute allure sur l'autoroute.
Arrivés au virage,
Comme des branches, leurs feux se brisaient
Contre la ligne de l'horizon – la grotte
Et les silhouettes des cochers moscovites.
Un passant inconnu s'est accroupi,
Il fermait les yeux de peur,
J'ai fait un geste de la main, mais tout de même
Je me suis envolée, telle une libellule.
Enfin, l'entrée, les marches !
Enfin, la lourde porte !
Enfin ! Le mur vert
Et la sonnette, telle une bête sauvage !
J'ai failli me décourager - mais je l’ai affrontée !
"Passe, tu es dénudé, novembre".
Marmonnai-je, avec l’envie de crier à pleine voix :
« Je suis là. C'est moi ! »
« Tu veux de la soupe ? » - Mais quelle soupe, bon sang ?
J’avais volé, j'avais ma robe toute sale !
Mais je me suis sagement assise sur une petite chaise
Près du canapé usé.
Indécise et abasourdie,
Ma tête s’est mise à tourner,
Je suis restée assise ainsi presque jusqu'au matin,
Immobile, telle une chouette.
Tu as timidement demandé : « Veux-tu qu’on vive ensemble ? »
J'ai cru que j'allais m'effondrer par terre
Devant cette flatterie si gracieuse et si raffinée.
J'ai repondu naïvement : « Je veux ».
3 mars 2026
Уже и сон на подступе, невнятный
Какой – то шум, как будто мышь шуршит,
Дух воскресает. Кажется, прошит
Туман огнями, пахнет дикой мятой.
Я становлюсь иной. Вослед трудов усердных
Блаженствую. Блаженство есть покой.
Как под пушистой пеною морской,
Я отдыхаю от жестокосердных.
Под тёплой одеяла пеленою,
Листаю дни, верчу веретено,
То что ушло, но было мне дано,
Но все же дом, любовь и все земное.
Когда листва осенняя ворчала,
Под звуки моросящего дождя,
Я оборачивалась, в бездну уходя,
И мучаясь, когда б, все повторить сначала!
В тот самый час, о я глядела строго,
Я к цели шла, вокруг нее кружа,
В ней было все - и мера, и межа,
И соль моя, и дар иного слога.
Я к цели шла, отчаявшись, зверея,
Что время мчится на лихом коне,
Пороют падала, но находя на дне
Диковины, как в лавке у еврея.
О если бы знать, что будет, непременно,
Была б я доброю, и ожиданья меч,
Пожав плечами, сделала для плеч
Оружием, чтоб распрямить надменно.
Но, вот, теперь, в неясности, в тумане
Я различаю то, чего пока что нет.
Ещё незримое, ещё чрез много лет,
Оно уже растёт, и ширится, и манит.
07.03.2026
Le sommeil est déjà à l'approche. Indistinct
Un bruit quelconque, comme une souris qui bruisse.
L'esprit ressuscite. Il semble que le brouillard soit cousu de feux.
On sent la menthe sauvage.
Je deviens une autre. Après des efforts assidus,
Je savoure la félicité. La félicité, c'est la paix.
Comme sous l'écume mousseuse de la mer,
Je me repose loin des cœurs cruels.
Sous la douce chaleur de la couverture,
Je tourne les pages des jours, je fais tourner le fuseau,
Ce qui s'en est allé, mais qui m'a été donné,
Et tout de même la maison, l'amour et tout ce qui est terrestre.
Quand le feuillage d'automne grommelait
Au son de la pluie fine,
Je me retournais, m’enfonçant dans l’abîme
Et je me tourmentais en pensant : « Oh, si seulement je pouvais tout recommencer ! »
À cette heure-là, oh, combien mon regard était sévère,
Je marchais vers mon but, tournant autour de lui,
Tout y était : la mesure, la limite,
Mon sel, et le don d’une autre expression.
Je marchais vers mon but désespérée, féroce,
Parce que le temps filait à toute allure sur un cheval crâne,
Tombant parfois, mais découvrant au fond des merveilles.
Comme dans un magasin juif.
Oh, si j'avais su ce qui allait arriver,
j'aurais sans aucun doute été bonne,
et j'aurais fait de l'épée de l'attente une arme pour mes épaules,
afin de les redresser avec fierté.
Mais voilà, maintenant, dans le flou, dans le brouillard ;
Je distingue ce qui n'existe pas encore.
Encore invisible, encore de nombreuses années.
Cela grandit déjà, s'étend et m'attire.