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AUTEUR-E-S - Index I

3 - G&J et PIERRE LAMARQUE

ROMAN VI - EXTRAIT

LA DISPOSE

 

 

après la transprose pourquoi pas la dispose ? Voici ci-dessous un poème couché en dispose sur une feuille, qui plus est en dispose directe… je crains que la « néologismanie » c’est à dire l’addiction aux néologismes dont certains potiers des mots comme moi sont atteints ne conduise tout droit au jargon, nous dirions donc que le jargon serait une mode et reviendrions à la poêle et aux oignons … (d’un autre côté certains néologismes comme le mot transprose me plaisent et regroupent de puissants concepts)

…. la dispose ne serait pas une prose aérée… la dispose serait une poésie aérée, nuance… la dispose ne serait pas un néologisme… ni une mode… la dispose serait là en trois langues sur la pierre de rosette et en images à Lascaux…. la dispose serait l’art de la disposition des images sur la grotte…. rien de nouveau sous la lune...

 

 

 

MANIFESTE POUR DU NOUVEAU

 

les poètes pourraient orienter la société des mots   

selon son orientation 

      la société serait plus ou moins dégoûtante

plus ou moins fascinante

          on n’oublierait pas que ce jeu d’orientation

 serait 

un jeu adulte      un jeu          bizarroïde

      le jeu de la dispose

dont l’enjeu serait la liberté la dignité et la vérité

 

pendant le temps nécessaire à la réflexion

toutes les châtaignes du monde feraient craquer leur peau 

 

 

 

MAMAN

 

maman était prude et pudique        gaie mais sans beaucoup de fantaisie

elle s’était rapprochée dès l’âge de six ans de papa     huit ans 

qui lui avait le goût de la fantaisie 

un souvenir catastrophique reste gravé dans la mémoire de pierre 

alors âgé de six ans     un souvenir trouble pris en photo 

le petit pierre grimace de tristesse     assis par terre les jambes croisées 

derrière lui maman ivre riant follement    tenant de son bras droit 

           une bouteille vide de chianti sur la tête





MANIFESTE DE LA NOUVELLE MODE

 

 

la transprose       c’est ce qui nous resterait       quand on aurait tout essayé

 

 

post scriptum 

 

on ne devrait pas aller vers la    nouvelle mode    de la prose aérée    alias transprose       les yeux en amaurose    mais tout entier   (le crâne et les démangeaisons )      complètement aéré      l'accueillir comme l'éternité     avec enthousiasme et sens du changement       prêt à prêter main forte      parce que de partout    chaque jour            

l'avenir nous apporterait ses ordalies     pour attiger      et affurer le grisbi 

 


 

`

QUE MA RESPIRATION SE DÉPLIE TOTALEMENT DANS LE BLEU DU FUTUR

 

 

- docteur je viens vous consulter parce que j’ai la respiration qui se déplie.

 

- ôtez le haut ? et allongez vous là ? je vais vous inspecter ? vous palper ? vous percuter ? je vais vous examiner ?

(Le docteur qui parle évasivement, comme si chaque fois qu’il ouvrait la bouche c’était pour évaser la bouche, afin d’évaser le discours, fait un geste de la main évasif, comme pour évaser la question, plus précisément pour désigner la table d’examen, suspendue par des chaînes au plafond qui lui permettront de palper la personne souffrante, tout en balançant la table d’examen du genou, de façon à garder le bout des doigts fixes, ce qui facilite le repérage des tumeurs, tandis que le docteur, réglant avec précision le frôlement de la peau de la personne souffrante, grâce à une molette électrique placée sous le pied droit, grattera sa chevelure de savant fou de l’autre main. 

Pendant que la personne souffrante se déshabillera, du moins enlèvera le haut, toujours assis le docteur aura griffonné le début d'une thèse de médecine sur l’importance et l’intérêt de ne pas bouger les doigts pendant que l’examinateur palpe une personne souffrante.)

 

- non j’ai trop peur, docteur je préfère ne pas m’allonger !

- peur de quoi enfant courbé par la douleur ?

- que ma respiration se déplie totalement dans le bleu du futur