Le dépôt
ROMAN VI - EXTRAIT
LA DISPOSE
après la transprose pourquoi pas la dispose ? Voici ci-dessous un poème couché en dispose sur une feuille, qui plus est en dispose directe… je crains que la « néologismanie » c’est à dire l’addiction aux néologismes dont certains potiers des mots comme moi sont atteints ne conduise tout droit au jargon, nous dirions donc que le jargon serait une mode et reviendrions à la poêle et aux oignons … (d’un autre côté certains néologismes comme le mot transprose me plaisent et regroupent de puissants concepts)
…. la dispose ne serait pas une prose aérée… la dispose serait une poésie aérée, nuance… la dispose ne serait pas un néologisme… ni une mode… la dispose serait là en trois langues sur la pierre de rosette et en images à Lascaux…. la dispose serait l’art de la disposition des images sur la grotte…. rien de nouveau sous la lune...
MANIFESTE POUR DU NOUVEAU
les poètes pourraient orienter la société des mots
selon son orientation
la société serait plus ou moins dégoûtante
plus ou moins fascinante
on n’oublierait pas que ce jeu d’orientation
serait
un jeu adulte un jeu bizarroïde
le jeu de la dispose
dont l’enjeu serait la liberté la dignité et la vérité
pendant le temps nécessaire à la réflexion
toutes les châtaignes du monde feraient craquer leur peau
MAMAN
maman était prude et pudique gaie mais sans beaucoup de fantaisie
elle s’était rapprochée dès l’âge de six ans de papa huit ans
qui lui avait le goût de la fantaisie
un souvenir catastrophique reste gravé dans la mémoire de pierre
alors âgé de six ans un souvenir trouble pris en photo
le petit pierre grimace de tristesse assis par terre les jambes croisées
derrière lui maman ivre riant follement tenant de son bras droit
une bouteille vide de chianti sur la tête
MANIFESTE DE LA NOUVELLE MODE
la transprose c’est ce qui nous resterait quand on aurait tout essayé
post scriptum
on ne devrait pas aller vers la nouvelle mode de la prose aérée alias transprose les yeux en amaurose mais tout entier (le crâne et les démangeaisons ) complètement aéré l'accueillir comme l'éternité avec enthousiasme et sens du changement prêt à prêter main forte parce que de partout chaque jour
l'avenir nous apporterait ses ordalies pour attiger et affurer le grisbi
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QUE MA RESPIRATION SE DÉPLIE TOTALEMENT DANS LE BLEU DU FUTUR
- docteur je viens vous consulter parce que j’ai la respiration qui se déplie.
- ôtez le haut ? et allongez vous là ? je vais vous inspecter ? vous palper ? vous percuter ? je vais vous examiner ?
(Le docteur qui parle évasivement, comme si chaque fois qu’il ouvrait la bouche c’était pour évaser la bouche, afin d’évaser le discours, fait un geste de la main évasif, comme pour évaser la question, plus précisément pour désigner la table d’examen, suspendue par des chaînes au plafond qui lui permettront de palper la personne souffrante, tout en balançant la table d’examen du genou, de façon à garder le bout des doigts fixes, ce qui facilite le repérage des tumeurs, tandis que le docteur, réglant avec précision le frôlement de la peau de la personne souffrante, grâce à une molette électrique placée sous le pied droit, grattera sa chevelure de savant fou de l’autre main.
Pendant que la personne souffrante se déshabillera, du moins enlèvera le haut, toujours assis le docteur aura griffonné le début d'une thèse de médecine sur l’importance et l’intérêt de ne pas bouger les doigts pendant que l’examinateur palpe une personne souffrante.)
- non j’ai trop peur, docteur je préfère ne pas m’allonger !
- peur de quoi enfant courbé par la douleur ?
- que ma respiration se déplie totalement dans le bleu du futur