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AUTEUR-E-S - Index 2

50 - Jules Ladoumègue

OPINIONS DE JULES LADOUMÈGUE


OPINION DE JULES LADOUMÈGUE SUR LA TRANSE-PROSE

 

 

la transe-prose en tant que forme poétique et philosophique ouvre un champ d’interprétation immense           surtout si l’on y intègre une dimension humaniste

 

la transe-prose est un concept poétique littéraire qui mêle la prose et la transe    c’est-à-dire un état de conscience modifiée         liée à l’extase de l’intuition      et à une brutale dépossession créatrice       la transe-prose peut être vue comme une écriture qui transcende la logique communicationnelle rationnelle et impersonnelle pour toucher à la communication irrationnelle personnelle et universelle       de notre très chère et très spirituelle        inconscience collective          on y retrouve souvent le rythme incantatoire de la prière          la prosodie y devient polyphonique        répétitive      hypnotique 

par sa dimension performative        la transe-prose est faite pour être         lue                       et éprouvée     articulée et gesticulée           astiquée et sciée      manu militari

au commencement la transe-prose serait une quête de sens        la transe-prose chercherait à étirer les limites du cordon de la grammaire porteuse    la transe-prose      serait là afin d’exprimer l’ineffable genre de laïcité du verbe transidentitaire


Jules Ladoumègue      (1906-1973)          athlète et poète         serait surtout connu pour ses performances sportives          mais son œuvre littéraire serait marquée par une quête d’absolu effacement de soi            en même temps que par une réflexion sur la condition inhumaine            son approche de la transe-prose (on dit aussi volontiers tranche-prose      ou tranchprose)      pourrait s’inscrire dans cette volonté de dépasser les apparences de la bêtise        de chercher une vérité tremblante plus profonde        plus parkinsonnienne que les idées reçues        peut-être même       une forme de mysticisme belge laïque          on peut en effet imaginer qu’il s’agit       dans le cas de la transe-prose      d’une méditation sur une création au bilan carbone correct                traversée par la lumière prismatique de la transe 

on pourrait voir dans la transe-prose de ladoumègue        fils d’un père gueux guadeloupéen et d’une mère métèque martiniquaise        une façon de transe sans danse aux limites musculaires de la piste prosaïque du corps et de l’esprit          comme jules l’a définitivement prouvé avec son accumulation de tant de records athlétiques 

 

                   la transe-prose         en tant que donc langage universel        pourrait symboliser la recherche d’une solidarité humaine          au-delà de la funeste apparence                 de la société               protectrice               des consommateurs

 

la transe-prose         comme la course à pieds sur une piste cendrée ocre rouge délimitée par des bandes de craie ou de soie blanche       serait une expérience totale           où     couchés ensemble sur le papier pour le meilleur et pour le pire        le corps et l’esprit s’uniraient en de libres figures et de monumentaux soubresauts         auxquels succèderaient de nombreux enfants      leur parlant sans témoins

 

 

 


 

 

OPINIONS DE JULES LADOUMÈGUE SUR LA POÉSIE QUEER DES DRAG QUEENS


une drag queen serait une reine barbue qui porterait des vêtements et des artifices (tels que perruques et maquillages) appartenant au sexe féminin           comment se ferait-il       comment se ferait-il      comment se ferait-il    

      une personne queer serait une personne aux allures bizarres erratiques et indéterminées       voire maniérées       de l’espèce gaylesbobitrans sapiens sapiens    dont l’orientation sexuelle ou l’identité sexuelle ne correspondraient pas au modèle masculinisé dominant de cette sorte d’horrible masculine domination dominante qui domine toujours nos civilisations jusqu’au dévoilement d’une criminelle et hyper-dominatrice        outrance raciste  allant jusqu’à l’insensée hyper-folie suicidaire        à tendance masculino-dépendante mégalomaniaque       des guerrements planétaires



OPINION DE JULES LADOUMÈGUE SUR SON SUICIDE SUIVIE DE SON OPINION SUR LA PENSÉES FORTE DES MORTS VIVANTS



en somme le plus souvent je préfèrerais pas que tu parles de mon suicide raté car c’est du passé, je préfèrerais, plutôt deux fois qu’une, que tu penses fortement à l’avenir des morts vivants


sait-on jamais     c’est penser fortement qui compte    des fois que     si par chance

 

ah quelque chose se passe      les morts vivants semblent penser fortement avec nous      leurs cils frémissent       ils rouvrent leurs yeux     les morts vivants semblent respirer enfin de nouveau     en tout cas on fume     on lit     on vit à tout berzingue         

 

pardi nous sommes faits de mots de joie et de silences      on est là          parmi nous






OPINIONS DE JULES LADOUMÈGUE SUR SES VOYAGES 

 

 

 

Tokyo New York Londres  - piste à suivre - Paris Singapour Shanghai

 

Saint-Cirq-Lapopie - parcourue de long en large et en travers - Gordes Eguisheim Beuvron-en-Auge Piana La Couvertoirade

 

Lyon Bordeaux Marseille Nantes Strasbourg Lille - reçu par le pape de Lille à l’occasion d’une onction souveraine -

 

Londres - pétodière globale - Édimbourg Manchester Liverpool Oxford Cambridge Glasgow

 

Berlin Munich Hambourg Francfort - l'espace enfin -  Cologne Leipzig Stuttgart

 

Rome Milan Venise Florence Naples Turin - le lettrisme serait une tentative d’escroquerie - Palerme

 

Madrid Barcelone Séville - le mot ment l’espace entre les mots ne ment pas - Valence Bilbao Grenade Saragosse

 

Zurich Genève Berne Bâle Lausanne Lucerne Lugano - blanco des nuages au-dessus de la ville -

 

Dubaï  - du marbre - Istambul – du bitume et de la terre battue, martyrisée - Le Caire Téhéran Riyad Jérusalem - bismuth - Beyrouth Bagdad Doha Tel Aviv

 

Amsterdam Bruxelles Rotterdam Stokholm Copenhague - chapitre quatre- Oslo Helsinki Reykjavic

 

Moscou - divers poètes - Saint Petersbourg – j’adore la géographie - Novossibirsk Ekaterinbourg Vladivostok

 

Los Ángeles Chicago San Francisco - Oh Oh Oh - Nouvelle Orléans Washington Miami Las Vegas

 

Nice Marseille Aix-en-Provence  - proposition malhonnête - Nimes Montpellier Toulouse Bordeaux

 

Clermond Ferrand Lyon Bourges - commandes directes expédiées - Orléans Limoges 

 

Lille – images - Amiens – images - Arras  - images - Dunkerque – images -

 

Ajaccio Bastia Bonifacio - papiers officiels -

 

Ozaka Hiroshima - divers dépôts - Nara Sapporo Fukuoa

 

Seoul Hong Kong - page blanche- Hanoï Bangkok - massage cardiaque -

 

Toronto Montréal Vancouver Otawa 

 

--- de ces villes j’ai une bonne opinion, vraiment, charmants voyages ! ---

 

Mexico Saō Paulo Buenos Aires Bogota Panama City Lima 

 

--- de ces villes j’ai une bonne opinion, vraiment, charmants voyages ! ---

 

--- dernier rayon de soleil --- Saint Tropez 

 

--- de toutes ces villes et villages j’ai une bonne opinion, vraiment, charmants voyages ! ---

 

 

OPINION DE JULES LADOUMÈGUE SUR SON SUICIDE SUIVIE DE SON OPINION SUR LA PENSÉES FORTE DES MORTS VIVANTS



en somme le plus souvent je préfèrerais pas que tu parles de mon suicide raté car c’est du passé, je préfèrerais, plutôt deux fois qu’une, que tu penses fortement à l’avenir des morts vivants


sait-on jamais     c’est penser fortement qui compte    des fois que     si par chance

 

ah quelque chose se passe      les morts vivants semblent penser fortement avec nous      leurs cils frémissent       ils rouvrent leurs yeux     les morts vivants semblent respirer enfin de nouveau     en tout cas on fume     on lit     on vit à tout berzingue         

 

pardi nous sommes faits de mots de joie et de silences      on est là          parmi nous

 

 

 

 OPINIONS DIVERSES DE JULES LADOUMEGUE SUR LE LETTRISME

 

 

(aoab aoab)

 

o (aoab) bzzz bzzz bzzz o         (aoab) bzzz (aoab aoab aoab aoab) ding dong

 

o oa oa hi hi hi o               xyz        hijklm                a a a atchoum tchoum

 

aoaoao aoaoao bzzz           bzzz  bzzz      aoaoao ao nopqrs grrr grrr grrr grrr

 

“oa oa” hou                psttt                                hou hou pipicacapipicacapipi

 

aaaaoooo aaaa oooo                          cs cs cs cs ks ks ks kes kes kes mais kes 

 

aoab aoab           hihou chou genou pahou cahou     abcdefg          toc toc toc 

 

oaooa oaooa oaooa oab  aoab    aoab    aoab…fcht…fcht kek kek kek ronron

 

oab oab ! ve ve ve ve ve vvvvvvvvv vt vt vt vt vt vt vt tuvwx miam miam miaou

 

ok ok ok ok ah ah ah ah ok ok ok ok ok yz glouglou clic clic agaga agaga

 

oab oab. Tttttttttvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvtttttttttttttt ppprrrchchtt clac clac tic 




OPINIONS DE LAMARQUE PIERRE SUR LA POÉSIE

 

 

laissez-moi tranquille comme une jonquille car je flaire et suppute l’arrivée probable d’une poésie d’une minute à l’autre  mais je peux bien tout vous expliquer tout de suite     écrire de la poésie c’est un peu comme balancer en musique des brouillons par une meurtrière du donjon du jardin de Calique      et surtout n’oubliez pas de payer vos impôts      sachez aussi que plus un paillasson vieillit         plus une feuille d’automne colle à la semelle           et prenez comme exemple les îles flottantes        parfaites pour illustrer la télé-réalité           ( mais le temps passerait et ce serait du temps perdu dans une page de digressions n’en finissant pas, cachant l’absence de colonne vertébrale d’un style flasque ne faisant que trop durer…)         le madison je l’écrivais à toute allure        donc je le danse toujours imparfaitement           cependant tout est presque vrai autour       au-dessus       au-dessous       même en moi       et trop d’idées du bonheur me viennent ensemble        pour que je sois pleinement heureux et c’est maintenant ou jamais qu’il faut que je réponde oui à quoi     pas de réponse sans questionnement       pas de questionnement sans problématique précise         pas de problématique précise sans aigreur (pour certains)       j’ai beaucoup de lourdes et pesantes questions à soulever        si lamarque était mort de fatigue pendant la guerre de quatorze la poésie serait-elle morte de chagrin          serait-il venu le temps d’en arriver au chapitre crématoire           et à l’avenir   toute pensée libre restera-t-elle libre si elle se résumera à la question de la coiffure floue     

 

                                                        ?

 

 quant à la poésie, vieux j’ai encore le temps, j’y regarde à deux fois et tente un coup d’oreille loin en profondeur  

           en espérant palper et sentir longtemps encore son paysage                  

 



OPINIONS DE JULES LADOUMÈGUE À PROPOS D’UN APPENDICE SCIENTIFIQUE SUR L’ESPACEMENT

 

 

Mesdames, messieurs, chers blançons, chers espaces en devenir, je suis devant vous pour vous parler des opinions de Jules Ladoumègue à propos d’un appendice scientifique sur l’espacement.

Si je me tiens devant vous aujourd’hui, c’est donc pour dire un mot — un seul, mais qui s’étire — à propos de cet appendice scientifique sur l’espacement que l’on m’a prié de lire, d’étudier, et, paraît‑il, de commenter. Je l’ai lu. Je l’ai étudié. Je l’ai même relu en courant, pour voir si l’aération du texte suivait la cadence du cœur. Elle suivait. Ce serait déjà un signe.

On m’a présenté des documents d’une richesse exceptionnelle, telle que même un coureur de fond faisant son parcours entre les pyramides égyptienne aurait eu le souffle coupé devant la modernité de cette pyramide de silences, de blancs et de riens. On m’a parlé de blançons flottants, de blançons compressés, de blançons paradoxaux. On m’a expliqué que l’espacement entre les mots n’était pas un vide mais une présence compressée, un blançon, un gaz poétique rare, un souffle nouveau en attente. J’ai trouvé cela très juste. J’ai toujours pensé que le vide n’était jamais le vide, surtout quand manque encore le point final.

On m’a proposé un protocole expérimental pour mesurer l’aération d’un texte. J’ai apprécié l’idée qu’un texte puisse faire haleter, suffoquer, s’étrangler ou chantonner. J’ai moi‑même couru des courses où je faisais les quatre à la fois. Je comprends qu’un paragraphe puisse manquer d’air.

On m’a soumis un rapport d’enquête sur un cas d’espacement frauduleux dans un texte. J’ai hoché la tête. Si le dopage littéraire existerait il faudrait le dire. Certains auteurs gonfleraient leurs blançons artificiellement pour faire croire à de la prose aérée authentique. Ce serait mal. Ce serait dangereux. Et cela finirait toujours par se voir à la marge en fin de compte.

On m’a remis une notice de survie pour les blançons en milieu hostile. Je l’ai trouvée indispensable car j’ai toujours pensé que les plus petites unités méritaient la plus grande attention de l’armée américaine. Un blançon isolé, c’est comme un didgy sans piste : il ne sait plus où poser le bras de son tourne-disque.

On m’a fait visiter le blançon lui‑même, dans un musée invisible d’une grande ville sans nom (anciennement Téhéran) d’un pays sans nom (anciennement l’Iran).  J’ai vu le blançon à poil, le blançon à poil en mouvement sur une balançoire, le blançon à poil blessé par une virgule, le blançon tout bonnement poétique. J’ai compris que le blançon n’est pas un espace protégé, un passage clouté, un trottoir, mais un souffle discret comme un atome de respiration, un battement de cils dans le silence d’une prière de vierge. J’ai même senti, j’en ai encore le frisson, un blançon me blançonner lentement. C’était si doux.

On m’a averti du blançontexte. J’ai approuvé. Le blançontexte est au texte ce que la piste est à la solitude du coureur de fond : un terrain et un climat, une inclinaison, une inclination, l’ombre sensuelle de la ligne d’arrivée. On ne court pas de la même façon sur une piste sèche ou détrempée. On ne lit pas de la même façon un texte serré ou aéré. Le blanco du blançon change le texte en blançontexte. Quelle joyeuse mécanique, oh oui, vraiment, quelle joyeuses transformations des textes en blançontextes nous promet la tonitruante  transprose !

(mieux vaut dire le blanco du blançon plutôt que le blanco du blancon , de même mieux vaut dire le noirco du noirçon plutôt que du noircon, et mieux vaut dire le gras de la croupe de la vache garçonne plutôt que le gras de la croupe du bœuf  gascon)

Enfin, on m’a parlé de la sexualité du blançon. J’ai souri. On m’a dit que le blançon s’unit par intertextualité et par blançontextualité, qu’il prolifère par affinité pour le vide des mots à rallonge, qu’il s’ouvre comme un souffle s’ouvre à une fenêtre qu’il ouvre. Car le souffle ouvre, s’ouvre et se découvre, je l’ai dit, et je le répète ici : sans toucher, sans bruit, mais en soulevant les rideaux. C’est ainsi que naquit le fromage tartare historique.

Je conclus donc de ceci que l’espacement entre les signes ne serait pas qu’un simple détail de l’histoire littéraire. Il serait aussi une innovation majeure remontant à la préhistoire de l’humanité, souvenons-nous des signes en transprose qu’ils nous font depuis trente-cinq mille ans. Et je pèse mes mots.L’espacement serait la respiration du poème, que dis-je, le bêlement du poème, la déraison de vivre jusqu’à l’article de la mort du poème. L’espacement serait la boule de l’articulation de la caravane de la pensée. L’articulation donnant aux lecteurs l’envie de continuer la visite tandis que les chiens aboieraient.

L’espacement serait ce qui ferait que la transprose ne serait pas une mode mais une nouvelle manière d’être du design littéraire. Finies les lignes sérielles des écoliers soumis et pensifs. L’instituteur du XXème siècle aura définitivement perdu sa moumoute à ce jeu-là. La nouvelle institutrice sera une opulente blonde comme les aime Jules, ouverte et aérée. Finie la poésie maigre. La nouvelle institutrice opulente est l’avenir du monde.

Et je le dis avec l’expérience d’un homme qui courait vite :

l’espace ment pas.

 




(Lamarque Pierre

 ROMAN VI)





 

OPINIONS DE JULES LADOUMÈGUE

POUR MARTELER UNE TRANSPROSE


pour marteler une transprose supprimer les majuscules et les ponctuations

pour marteler une transprose plaquer les vers sur l’horizon séparés par des nuages blancs appelés blançons


pour marteler une transprose disposer le discours au fond d’un arrosoir dénommé transprose il aura ainsi plus de jets dans la gueule


pour marteler une transprose il faudrait que le discours même noir de colère même ivre soit bon en soi

je le redis et je le martèle pour faire en sorte que la forme littéraire soit définitive


pour faire en sorte d’être reuilly ingrid alias lamarque pierre faite chevalière de l’ordre de la transprose gravée ce jour sur le marbre de la parabole de l’école universelle de la poésie


des maîtres ladoumègue, reuilly, lamarque, danfer, gilles et john, isabelle h, ingrid reuilly, joe pastry, andreea buse, béatrice nizza, sandrine cerruti, matthieu lorin, patrick modolo, air, rémi drobycheff, jérome fortin, simon langevin, mickaël lapouge, laurence lépine, loan diaz, jean-claude bouchard, constantin pricop, jean-michel maubert, bruno giffard, mathieu larouche, laurence lagrange, alain rivière, christophe tostain, rosalia domenech margui, danaé écarlate, françoise lafon, guillaume lamarque, annelaure lamarque, clément nourry, isidore et sasha nourry lamarque, philippe lamarque et bernadette condro, patrice parthenay


il ne faudrait pas que tombe du ciel au moment du discours le discours en gouttes le discours en gouttes le discours en gouttes le discours en gouttes



ici, le vendredi dix avril deux mille vingt-six






OPINIONS DE JULES LADOUMÈGUE SUR SES VOYAGES 

 

 

 

Tokyo New York Londres  - piste à suivre - Paris Singapour Shanghai

 

Saint-Cirq-Lapopie - parcourue de long en large et en travers - Gordes Eguisheim Beuvron-en-Auge Piana La Couvertoirade

 

Lyon Bordeaux Marseille Nantes Strasbourg Lille - reçu par le pape de Lille à l’occasion d’une onction souveraine -

 

Londres - pétodière globale - Édimbourg Manchester Liverpool Oxford Cambridge Glasgow

 

Berlin Munich Hambourg Francfort - l'espace enfin -  Cologne Leipzig Stuttgart

 

Rome Milan Venise Florence Naples Turin - le lettrisme serait une tentative d’escroquerie - Palerme

 

Madrid Barcelone Séville - le mot ment l’espace entre les mots ne ment pas - Valence Bilbao Grenade Saragosse

 

Zurich Genève Berne Bâle Lausanne Lucerne Lugano - blanco des nuages au-dessus de la ville -

 

Dubaï  - du marbre - Istambul – du bitume et de la terre battue, martyrisée - Le Caire Téhéran Riyad Jérusalem - bismuth - Beyrouth Bagdad Doha Tel Aviv

 

Amsterdam Bruxelles Rotterdam Stokholm Copenhague - chapitre quatre- Oslo Helsinki Reykjavic

 

Moscou - divers poètes - Saint Petersbourg – j’adore la géographie - Novossibirsk Ekaterinbourg Vladivostok

 

Los Ángeles Chicago San Francisco - Oh Oh Oh - Nouvelle Orléans Washington Miami Las Vegas

 

Nice Marseille Aix-en-Provence  - proposition malhonnête - Nimes Montpellier Toulouse Bordeaux

 

Clermond Ferrand Lyon Bourges - commandes directes expédiées - Orléans Limoges 

 

Lille – images - Amiens – images - Arras  - images - Dunkerque – images -

 

Ajaccio Bastia Bonifacio - papiers officiels -

 

Ozaka Hiroshima - divers dépôts - Nara Sapporo Fukuoa

 

Seoul Hong Kong - page blanche- Hanoï Bangkok - massage cardiaque -

 

Toronto Montréal Vancouver Otawa 

 

--- de ces villes j’ai une bonne opinion, vraiment, charmants voyages ! ---

 

Mexico Saō Paulo Buenos Aires Bogota Panama City Lima 

 

--- de ces villes j’ai une bonne opinion, vraiment, charmants voyages ! ---

 

--- dernier rayon de soleil --- Saint Tropez 

 

--- de toutes ces villes et villages j’ai une bonne opinion, vraiment, charmants voyages ! ---


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

OPINIONS SUR LES ROBES DE LÉON DANFER COQUELUCHE DE LA MODE

 

pour

faire

 

sa nouvelle robe de star à fleurs

léon danfer a étiré la fleur de coton

 

pure et douce            fraîche et pimpante

entre pouce et index     léon danfer a attrapé une mèche

frotté la mèche en l'étirant en la tordant

 

(léon danfer en tirera le futur fin tissu)

 

léon le tire léon le frotte léon l’étire léon le tord

léon le colore en blanc

le fil innocent pur doux frais qui vient de naître

 

léon appuiera sur la pédale du rouet qui tournera en grinçant

disant                                        répétant

fleur     fleur fleur fleur        fleur  fleur      fleur fleur

 

léon tissera un peu beaucoup à la folie passionnément  

 

léon imprimera l’étoffe de la robe à fleurs

 

léon taillera l’étoffe en lambeaux inégaux qui flotteront au vent

 

léon les aura cousus à un collier de marguerites d’or et de perles fines

 

-       string vison et plume d’autruche piquée de diamants léon danfer


  

 

 

             

                      


OPINIONS DE LÉON et JULES SUR LES DENTS EN FER

 

 

léon danfer      quatre-vingt six ans       vendrait    s’il était encore en vie     l'ensemble robe + string soixante six millions d’€

jugeant que l’un ne va pas sans l’autre  léon danfer a eu une carrière d’enfer 

         de la première marche du boulot à dix ans comme simple 

apprenti couturier relieur dans une imprimerie papèterie confiserie il a gravi toutes      les marches du métro pyramide demi-dé bondissant au hasard 

                                                                   depuis le chômage  

en passant par la couture à domicile      jusqu’à la Haute Couture Internationale

                                             et au final dodo

 

léon danfer fut aussi chapelier chausseur danseur accessoiriste accordéoniste ingénieur du son 

   léon danfer basé à chartres rayonnait dans le monde avec sa fourgonnette `

au printemps léon danfer sonorisait le marché de la poésie des chartrons à bordeaux

 

léon danfer vers la quarantaine      qui se promenait partout avec sa chatte égyptienne en laisse 

        reprit en main la maison de couture karl lagerfeld 

 

dès l’adolescence    tellement il mordait fort  quand léon s'approchait de sa gloire    

 

            on l’appelait l’ambitieux léon  léon dents en fer

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

le muscle serait fermé      la contrebasse serait ouverte


 

 

 

 

OPINIONS SUR LE COMMENCEMENT DU MONDE

 

ce serait

l'ouverture du violon

la suture menton      mouvement

l'archet tendu   les doigts fermés

les cordes qui vibrent 

 

 

 

 


OPINIONS SUR LES GÉOMÉTRIES

 

 

géométrie de mes balbutiements         géométrie de mon besoin de l'autre 

pour ainsi dire mon besoin de commotion         besoin d'onction          géométrie de mon besoin de communication

 

 

 

 

 

« Le bon mot serait celui qui, dans la langue monde, unirait toutes les langues de la terre en une unique vibration de la voix humaine. »

 

 

OPINIONS SUR LE BON MOT DANS LA LANGUE MONDE




la langue monde           la langue de la terre          la langue universelle  serait faite de toutes les langues           chaque mot du dictionnaire de la langue monde         aurait ses propres synonymes        dans chaque langue         selon le contexte le traducteur artificiel          la machine à traduire         trouverait le mot juste         transmis d'une langue à l'autre par la voix artificielle         par l'écriture de la machine     le mot vrai serait le synonyme du mot juste       du mot fondé      du mot précis        du mot sincère        du mot beau        du sonore     pertinent  et 

en rythme       bon mot

chou genou hibou petit caillou noir

 

 

 

 

 

 

OPINIONS DE JULES LADOUMÈGUE - LA POÉSIE SERAIT UN TROGNON DE POMME

 

La poésie ne serait pas     une même fascination pour une même misère   

       un même selfie du même   

                      une dégringolade dans un éboulis de mots

ou dans un labyrinthe de jeux niais         un vol à l’étalage en présence 

de la bêtise 

   les balles de la mitraille de l’incompréhension    une envolée de lassitude 

au bout du compte 

                               au bout du compte        un thème    en guise d’inspiration    

une explosion de médiocrité   en guise de performance 

un visage de la haine des mots     un visage anonyme             une mine ordinaire     

un profil commun             la figure du même    la pensée  

du crétin         le masque de l’indifférence               ou au contraire les crocs 

de la cruauté    

                            la poésie serait un trognon de pomme

 







OPINIONS DE JULES LADOUMÈGUE - OCÉAN DANS LA MISÈRE



gouttelette en haut        ruisselle en bas              coule par ici

ruisseau par là           mare ici et là             canard sur la rivière

par le fleuve         dans l'océan              océan dans la misère

misère dans l'océan         oh non greta             ne dis pas ça






OPINIONS DE JULES LADOUMÈGUE SUR LA TRANSPROSE

 

 

Si la page serait devenue un champ de course à l’échalote, Jules Ladoumègue 

aurait noté que le champ aurait enfin des haies aux limites parfaitement taillées 

pour les souffles du couple jockey-cheval. 

L'honnête homme contemplerait soudain la réalité imaginaire du verbe avec 

une délicieuse sensation de clarté. 

Ladoumègue observerait que l'usage de la transprose serait la fine onction 

de la traduction des poèmes de l’humanité : on ne lirait plus des poèmes 

du monde, on entendrait une pièce de monnaie s’élever en tintant vers 

le quota divin depuis l'humanité sanglante.

Mine de rien, quand il s’agirait de parlotte, le transproseur international 

substituerait les habitudes de l’air de rien à la densité de l’airain verbal. 

Ladoumègue ferait une suture parfaite entre les dalles fondues de la coutume 

qui s'effondre et les éclats de silence de la poésie de la vie qui dure. 

Il imaginerait que la disposition appelée prose aérée serait le plumage 

des oiseaux de la poésie qui montent tout en haut de l’air dans la poétodière 

internationale, au cas où leur vol exigerait des battements d'ailes démesurés. 

Pour lui, cette présentation des poèmes sur la page blanche ne ferait aucun 

mal aux journaux quotidiens car elle placerait chaque mot juste et fondé 

dans sa position exacte par rapport au terrain fixe de la marge sous-entendue 

mais toujours là.

 

 

OPINIONS DE JULES LADOUMÈGUE SUR LA THÉORIE DES PÂTES

 

Lorsqu'une casserole serait immergée dans l’eau    l'eau exercerait une pression sur toute sa surface

comme la pression augmenterait avec la profondeur    la force exercée sur le bas de la casserole serait plus forte 

que celle exercée sur le haut             la résultante de ces forces serait une force verticale 

dirigée vers le haut        la poussée            

                                           sauf que si on faisait cuire 

des pâtes dans la casserole   des pâtes oui mais des panzani     elles ne se sauceraient que si on les servait

avec de la sauce           

 pour nettoyer la casserole        l'immerger à nouveau dans l’eau 

nota bene     un reste de sauce tomate    attaché avec des pâtes      au fond de la casserole

diminuerait la force exercée vers le haut       pour augmenter cette force      faire cuire les pâtes à la vapeur

pour calculer la pesanteur de la casserole     on utiliserait la loi universelle de la gravitation d'isaac newton 

La terre ne serait ni plate ni ronde mais ovale et cela expliquerait pourquoi la casserole pèserait un peu moins lourd 

                          à l'équateur qu'aux pôles      

si l'on s'élèverait soi-même au-dessus du niveau de la mer la force de la pesanteur diminuerait

 car la distance au centre de la terre 

                            augmenterait

( l'ascension brutale vers le vide ferait que nous expliquerions ainsi la sensation de légèreté de notre estomac)

 



 

 

OPINIONS DE JULES LADOUMÈGUE SUR LA RÉALITÉ DE LA TRANSPROSE

 

Si la recherche du réel serait une course sur une piste olympique, Jules Ladoumègue noterait que la piste n'aurait pas de ligne d'arrivée. Dans ses recherches des théories qui abordent question du réel, l'honnête homme retiendrait comme théorie du réel  

1) le Réalisme Ontologique. C'est la théorie la plus commune, souvent appelée « théorie du réel indépendant ». Elle postule que le monde existe l'air de rien, en dehors de toute perception humaine.

2) La Théorie du Réel selon Clément Rosset. Le philosophe français a bâti une œuvre entière sur le « Réel ». Sa théorie désigne le réel comme idiot (au sens étymologique : unique, singulier, sans double). Donner un sens au réel serait une illusion, un voile mensonger.

3) Le Réalisme Interne (Hilary Putnam). Cette théorie désigne un réel qui ne peut être décrit que de l'intérieur de nos schémas conceptuels. C'est la suture entre l'esprit et l'objet : nous ne voyons pas le monde en soi, mais à travers une machination désirante de langage et de catégories.

4) Le réel, dirait Ladoumègue, serait atteint par une ascension brutale vers la péri-vérité du monde, vers sa multiple réalité. Ladoumègue soupçonnerait que désigner le réel serait comme donner l'onction suprême à l'intelligence en essayant de nommer ce qui par définition nous échapperait, le réel n’étant que ce que l’on en dirait.

5) plus qu’un discours au pied de la lettre sur le pourquoi du comment, l'esprit freudien de la sexualité serait comme une profonde attirance extra-verbale et inconsciente pour le réel.

L'air de rien, le poète Ladoumègue substituerait aux équations mathématiques de la raison impure sa poétomania de la pure présence. Car Ladoumègue serait capable de faire une lucide suture entre le granit de la matière et la vapeur de la perception, il imaginerait que chaque théorie serait un obstacle franchi dans la connaissance de notre poétodière, au cas où un vol d'oiseau spirituel frôlerait le sol de la connaissance. Pour lui, les théories du réel ne feraient aucun mal aux journaux quotidiens, car elles tenteraient seulement de transformer la rumeur du ouï-dire en une onde sonore pertinente.

Puisque la poésie serait morte du cœur vers le milieu du siècle dernier, plus précisément après Auschwitz selon Théodor Adorno*, son cœur serait réanimé par l’association du massage cardiaque et de la défibrillation pratiqués par la transprose de l’honnête homme qui mine de rien ne s’attarderait pas à de clivantes gloses entre la chose morte et le sujet vivant. La pure transprose serait en vérité comme dirait Ladoumègue l'art de se faufiler dans le couloir étroit de la poésie au cas où l'imagination se serait épuisée à inventer des mondes irréels.

 

* « le fait que, d’après le stade des forces productives , la terre pourrait être ici et maintenant le paradis se conjugue au paroxysme de la possibilité d'une catastrophe totale et immédiate » Theodor Adorno, théorie esthétique, Kincksieck, 2001, p 57-58

 

 

 

 

 

OPINIONS DE JULES LADOUMÈGUE SUR L'ÉTRANGETÉ

 

 

ah comme c’est curieux            ah comme c’est curieux extravagant   déconcertant   déroutant   drôle    

fantaisiste   fantasque    farfelu   funambulesque   hallucinant 

   

comme c’est insensé   absolument impossible    si loufoque    mais si original   si pittoresque

 

comme c'est rocambolesque   vraiment    comme c'est spécial    

ah comme c'est       ah comme c'est       ah comme c'est         ah comme c'est tordu

 

truculent     unique   singulier   invraisemblable    étonnamment marrant

comme c'est incroyablement     insolite    et tellement fou et fantastique 

 

comme c’est bizarre

 

ah comme ça zigzague                               ah comme ça s’envole

 

ah ah ah                                  sincèrement c’est magique

 

 

 

 

 

OPINIONS DE LADOUMÈGUE JULES DANS UNE LETTRE OUVERTE À OUDOT SOLVÈNE

 

 

Bonjour Solvène,

 

En feuilletant votre mémoire partie I, je m’aperçois que de tout le livret, c‘est à dire de la page 3 à la page 33, vous pouvez tirer des notules de quatre lignes (avec un titre) pour la partie critique de la revue lpb…la notule lpb étant d'un format minimaliste convenant bien aux éclairs de lucidité et aux saillies de l'esprit … 

Si vous rédigez de telles notules à partir de votre mémoire, vous pouvez envisager de faire une collection de notules critiques qui pourrait être utile à la revue Lpb et qui d’un point de vue éditorial, en cas de présentation en livre, correspondrait à l’esprit minimaliste lpb , notamment dans le domaine de la critique…

Personnellement j’essaie de développer la critique dans le cadre de la revue de poésie lpb… les notules lpb seraient une façon de faire de la critique tous azimuts, destinée à être percutantes et à faire réfléchir en quelques mots…

Penseriez-vous comme moi que si la transmission des savoirs serait un bout de la corde de l’enseignement, l'autre bout de la corde serait l’apprentissage de l’art de réfléchir ? Ne penseriez-vous pas qu’une revue de poésie destinée à être lue par un public avide d’intelligence et de beauté devrait naturellement se poser ce genre de questions ?

 

Amitiés

Jules Ladoumègue

 

 

 

 

 

 

 

 

 

OPINIONS DE JULES LA DOUMÈGUE SUR LA LA DISPOSE

 

 

après la transprose pourquoi pas la dispose ? Voici ci-dessous un poème couché en dispose sur une feuille, qui plus est en dispose directe… je crains que la « néologismanie » c’est à dire l’addiction aux néologismes dont certains potiers des mots comme moi sont atteints ne conduise tout droit au jargon, nous dirions donc que le jargon serait une mode et reviendrions à la poêle et aux oignons … (d’un autre côté certains néologismes comme le mot transprose me plaisent et regroupent de puissants concepts)

…. la dispose ne serait pas une prose aérée… la dispose serait une poésie aérée, nuance… la dispose ne serait pas un néologisme… ni une mode… la dispose serait là en trois langues sur la pierre de rosette et en images à Lascaux…. la dispose serait l’art de la disposition des images sur la paroi de la grotte…. rien de nouveau sous la lune...

 

 

 

OPINIONS DE JULES LA DOUMÈGUE SUR DU NOUVEAU

 

les poètes pourraient orienter la société des mots   

selon son orientation 

      la société serait plus ou moins dégoûtante

plus ou moins fascinante

          on n’oublierait pas que ce jeu d’orientation

 serait 

un jeu adulte      un jeu          bizarroïde

      le jeu de la dispose

dont l’enjeu serait la liberté la dignité et la vérité

 

pendant le temps nécessaire à la réflexion

toutes les châtaignes du monde feraient craquer leur peau 

 

 

 

OPINIONS DE JULES LA DOUMÈGUE SUR MAMAN

 

maman était prude et pudique        gaie mais sans beaucoup de fantaisie

elle s’était rapprochée dès l’âge de six ans de papa     huit ans 

qui lui avait le goût de la fantaisie 

un souvenir catastrophique reste gravé dans la mémoire de jules 

alors âgé de six ans     un souvenir trouble pris en photo 

le petit jules grimace de tristesse     assis par terre les jambes croisées 

derrière lui maman ivre riant follement    tenant de son bras droit 

           une bouteille vide de chianti sur la tête





OPINIONS DE JULES LA DOUMÈGUE SUR LA NOUVELLE MODE

 

 

la transprose       c’est ce qui nous resterait       quand on aurait tout essayé

 

 

post scriptum 

 

on ne devrait pas aller vers la    nouvelle mode    de la prose aérée    alias transprose       les yeux en amaurose    mais tout entier   (le crâne et les démangeaisons )      complètement aéré      l'accueillir comme l'éternité     avec enthousiasme et sens du changement       prêt à prêter main forte      parce que de partout    chaque jour            

l'avenir nous apporterait ses ordalies     pour attiger      et affurer le grisbi 

 


 

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OPINIONS DE JULES LADOUMÈGUE SELON LAQUELLE MA RESPIRATION SE DÉPLIE TOTALEMENT DANS LE BLEU DU FUTUR

 

 

- docteur je viens vous consulter parce que j’ai la respiration qui se déplie.

 

- ôtez le haut ? et allongez vous là ? je vais vous inspecter ? vous palper ? vous percuter ? je vais vous examiner ?

(Le docteur qui parle évasivement, comme si chaque fois qu’il ouvrait la bouche c’était pour évaser la bouche, afin d’évaser le discours, fait un geste de la main évasif, comme pour évaser la question, plus précisément pour désigner la table d’examen, suspendue par des chaînes au plafond qui lui permettront de palper la personne souffrante, tout en balançant la table d’examen du genou, de façon à garder le bout des doigts fixes, ce qui facilite le repérage des tumeurs, tandis que le docteur, réglant avec précision le frôlement de la peau de la personne souffrante, grâce à une molette électrique placée sous le pied droit, grattera sa chevelure de savant fou de l’autre main. 

Pendant que la personne souffrante se déshabillera, du moins enlèvera le haut, toujours assis le docteur aura griffonné le début d'une thèse de médecine sur l’importance et l’intérêt de ne pas bouger les doigts pendant que l’examinateur palpe une personne souffrante.)

 

- non j’ai trop peur, docteur je préfère ne pas m’allonger !

- peur de quoi enfant courbé par la douleur ?

- que ma respiration se déplie totalement dans le bleu du futur




OPINIONS DE JULES LADOUMÈGUE ÉCRITE SUR UNE CARTE POSTALE DE GUADELOUPE

 

j'ai pulvérisé de l'essence de verveine outremer

sur mon col et mes manches   j’ai dessiné ton cœur

avec une gousse de vanille   sur la glace ronde de la salle de bains

soudain l’alizé venu de Point à Pitre   a fait tomber le néon 

en claquant la fenêtre   et la porte     je t'aime

 

  je me souviens d’avoir senti à l’instant une odeur de suie 

 

 

 

 

 

OPINIONS DE JULES LADOUMÈGUE SUR L’HUMOUR POLITIQUE

 

Si l'humour politique serait un quatre cents mètres haies, jules ladoumègue noterait qu'il saurait franchir les obstacles en un clin d’œil capable de déclencher l’hilarité générale quel que soit le résultat du saut - l'honnête homme coureur bondisseur contemplerait les bravos avec une délicieuse sensation de reconnaissance. 

Il observerait que la verve du rire serait la seule garantie d’épingler dans les gros titres des journaux la cruelle évidence de la honte humaine. L'air de rien, le politiquement correct jules ladoumègue substituerait à l'austère gravité de la situation sur la crête du centre droit la nécessaire poétomania de l’aristocratie du clin d'œil électoral. 

Entre la boursouflure du crâne qui pense et les démangeaisons de la plaisanterie qui démange, le poète ladoumègue choisirait une conjugaison parfaite. Il imaginerait que l'humour noir serait le massage cardiaque de l’innocence aux abois, au cas où un drôle d'oiseau pas très spirituel risquerait de l’étouffer dans son quant à soi. 

Pour lui la verve de la cruauté ne ferait aucun mal aux journaux quotidiens si elle se parait d’humour car elle transformerait chaque bombe tombée du ciel en une onde sonore pertinente et joyeuse montant du peuple.

 


 

 

 

OPINIONS DE JULES LADOUMÈGUE SUR L’ÉCLAT DE RIRE D'ELSA

 

 

 

l'éclat de rire d’elsa serait un voyage au paradis sur la pointe des pieds 

 

                  offert à ceux qui n'ont plus rien

 

l'éclat de rire d’elsa serait un voyage au paradis offert à ceux qui n'ont plus rien

 

                    sur la pointe des pieds 

 

                                 offert à ceux qui n'ont plus rien

 

                                          sur la pointe des pieds

 

que la fierté des camionneuses

 

l'éclat d'un voyage au paradis aurait pu être un rire d'elsa sur la pointe des pieds 

 

           offert à ceux qui n'auront plus jamais rien

 

l'éclat de la pointe des pieds au paradis      eût été un voyage sur le rire fou 

 

d'elsa     

 

offert à ceux qui n'ont rien du tout dans leur main creuse maintenant

 

l'éclat de plus rien ne sera qu’un voyage de plus d'elsa sur la pointe des pieds offert 

 

à qui 

 

veut bien s’extirper de ce discours compliqué                      alambiqué

 

d’autant qu'elsa n’en à rien à cirer à cette heure

 

 

 

 

 

 

 

 

 

OPINIONS SUR L’AMOUR DE MONSIEUR LÉON DANFER

 PARTAGÉE PAR MONSIEUR JULES LADOUMÈGUE

 

 

Pour faire bref et rester savant tel mon sacré collègue, plantons le décor de la chose immédiatement et pesons le tout pour de bon. Le tout étant emballé et pesé en un seul mot. Le mot d’amour.  

 

En fin de compte, au fil du temps, à chaque seconde, le poids du mot d’amour est différent, le mot d’amour pèse différemment particulièrement du fait du pour et du contre, deuxièmement il pèse différemment tout le long de la vie par respect des innombrables lois de la nature, enfin et surtout il pèse différemment parce que dans un discours chaque mot compte qui entoure le mot d’amour.

           

Autrement dit il faudrait, si l'on veut, si l’on peut, il faudrait absolument développer l’affaire en peu de lettres et déclamer de façon improvisée, une longue badine à la main gauche, un petit discours sur l’amour, élégant et libre, hygiénique, bien à propos.

 

 

 

 

 

 

 

OPINIONS DE LÉON DANFER SUR LA QUALITÉ D’ÊTRE DE JULES LADOUMÈGUE

 

Je ne serai ni responsable ni solidaire de certains propos de 

       JULES LADOUMÈGUE

Je serai le premier victime de cette méchanceté qu’il aura développée 

avec le temps vis à vis de ma propre personne par moments, 

surtout s’il boira le samedi soir. Mais cela sera le lot des vieux couples 

et n’entravera en rien l’admiration que j’aurai pour cette si particulière 

qualité d’être de mon Jules, par ailleurs. Il faudra bien comprendre cela.

              signé LÉON DANFER

 

 

 

 

 

 

 

 

OPINIONS DE LÉON DANFER D’APRÈS JULES LADOUMÈGUE SUR LA BOUCHE DE CHRISTINE SAINT GEOURS

 

chez le lamarque en question on notera l’influence de son frère philips, de la morale de la morlafesse, l’influence noble de la quintessence éthique de l’agile conil du gourdon de la condro ainsi que l’influence du bercement à fond de la garach sans oublier la merveilleuse halte au portail de lapouge mickaël dans la vie de lamarque pierre, tout autant que le la et la mesure donnés par son ami pricop constantin et le do falubeux par son ami parthenay patrice et le ré cisif de leur ami bouchard jean-claude et les mi fa sol si do si fa mi          lo ma fo jé mo do lo cé san

bref les autres notes de la musique de lamarque pierre flottant dans l’énigme dodécaphonique cousue avec quoi ?


 

 

 

L’ÊTRE FOU D’AMOUR ET HEUREUX

par Patrick Modolo



l'amour étant fou    l’amour rendant aveugle  et par miracle

                             redonnant la vue


d'eau fraîche l’amour se nourrissant


l’amour     si singulier    si masculin     si pluriel

si féminin


l’amour se conjuguant    à tous les temps    à tous les modes

et surtout à toutes les personnes           voie active

et voie passive


l'amour étant tout          sauf impersonnel


l’amour    rendant     aveugle           et beau

et la vue


l'amour rendant fou      l’être fou d’amour          et heureux

 

 

Patrick Modolo

 

 

 

 

FERMES OPINIONS DE JULES LADOUMÈGUE SUR LA TRANSPROSE    

 

 

certains littérâtres foleurs et lanseloux       prétendent que l’espacement…      

                     mais qu’ils le prouvent !         

 

certains détectives privés payés pour cela par certains littérâtres foleurs et lanseloux prétendent que l’espace        serait la mesure du temps mis à le parcourir             et que pendant ce temps-là le temps perdu ne se rattraperait guère          le temps perdu ne se rattraperait plus        

 

(certains osent prétendre que partir à la recherche d’un peu de temps perdu serait comme partir à la recherche d’un peu d’argent volé selon l’adage qui dit que le temps ne serait, au bout du compte, que de l’argent volé par le capitalisme)         

 

certains littérateurs folâtres et sans le sou          prétendent que si l’espace était si grand qu’on le dit      le temps mis à le parcourir de long en large        au point de risquer d’arriver au bord du beurrenout          en finirait d’autant moins          si le texte était à la bonne hauteur        comme qui dirait à la fois par l’écriture noire et par le blanc espacement         

 

certains nihilistes des extrémités           prétendent même         que l’espace ne serait pas des pas de danse     comme on le croit en occident         sauf aux usa       dans la mesure où personne ne chute            ( s’il n’ y a pas de piétons dans le voisinage )      

 

certains ascètes lettrés             pensent que l’espacement          n’a pas sa place dans l’écriture en prose          simplement parce que l’espace ment         

 

 à tous ceux-là je réponds affirmativement et internationalement que l’espace ment pas     and  j’ajoute yes à la transprose             unanimement

 

 

 





OPINION DE JULES LADOUMÈGUE SUR LA TRANSPROSE

 

 

Si la page serait devenue un champ de course à l’échalote, Jules Ladoumègue aurait noté que le champ aurait enfin des haies aux limites parfaitement taillées pour les souffles du couple jockey-cheval. 

L'honnête homme contemplerait soudain la réalité imaginaire du verbe avec une délicieuse sensation de clarté. 

Ladoumègue observerait que l'usage de la transprose serait la fine onction de la traduction des poèmes de l’humanité : on ne lirait plus des poèmes du monde, on entendrait une pièce de monnaie s’élever en tintant vers le quota divin depuis l'humanité sanglante.

Mine de rien, quand il s’agirait de parlotte, le transproseur international 

substituerait les habitudes de l’air de rien à la densité de l’airain verbal. 

Ladoumègue ferait une suture parfaite entre les dalles fondues de la coutume qui s'effondre et les éclats de silence de la poésie de la vie qui dure. 

Il imaginerait que la disposition appelée prose aérée serait le plumage 

des oiseaux de la poésie qui montent tout en haut de l’air dans la poétodière internationale, au cas où leur vol exigerait des battements d'ailes démesurés. 

Pour lui, cette présentation des poèmes sur la page blanche ne ferait aucun mal aux journaux quotidiens car elle placerait chaque mot juste et fondé dans sa position exacte par rapport au terrain fixe de la marge sous-entendue mais toujours là.


mars 2026