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OPINIONS DE JULES LADOUMÈGUE
OPINION DE JULES LADOUMÈGUE SUR LA TRANSE-PROSE
la transe-prose en tant que forme poétique et philosophique ouvre un champ d’interprétation immense surtout si l’on y intègre une dimension humaniste
la transe-prose est un concept poétique littéraire qui mêle la prose et la transe c’est-à-dire un état de conscience modifiée liée à l’extase de l’intuition et à une brutale dépossession créatrice la transe-prose peut être vue comme une écriture qui transcende la logique communicationnelle rationnelle et impersonnelle pour toucher à la communication irrationnelle personnelle et universelle de notre très chère et très spirituelle inconscience collective on y retrouve souvent le rythme incantatoire de la prière la prosodie y devient polyphonique répétitive hypnotique
par sa dimension performative la transe-prose est faite pour être lue et éprouvée articulée et gesticulée astiquée et sciée manu militari
au commencement la transe-prose serait une quête de sens la transe-prose chercherait à étirer les limites du cordon de la grammaire porteuse la transe-prose serait là afin d’exprimer l’ineffable genre de laïcité du verbe transidentitaire
Jules Ladoumègue (1906-1973) athlète et poète serait surtout connu pour ses performances sportives mais son œuvre littéraire serait marquée par une quête d’absolu effacement de soi en même temps que par une réflexion sur la condition inhumaine son approche de la transe-prose (on dit aussi volontiers tranche-prose ou tranchprose) pourrait s’inscrire dans cette volonté de dépasser les apparences de la bêtise de chercher une vérité tremblante plus profonde plus parkinsonnienne que les idées reçues peut-être même une forme de mysticisme belge laïque on peut en effet imaginer qu’il s’agit dans le cas de la transe-prose d’une méditation sur une création au bilan carbone correct traversée par la lumière prismatique de la transe
on pourrait voir dans la transe-prose de ladoumègue fils d’un père gueux guadeloupéen et d’une mère métèque martiniquaise une façon de transe sans danse aux limites musculaires de la piste prosaïque du corps et de l’esprit comme jules l’a définitivement prouvé avec son accumulation de tant de records athlétiques
la transe-prose en tant que donc langage universel pourrait symboliser la recherche d’une solidarité humaine au-delà de la funeste apparence de la société protectrice des consommateurs
la transe-prose comme la course à pieds sur une piste cendrée ocre rouge délimitée par des bandes de craie ou de soie blanche serait une expérience totale où couchés ensemble sur le papier pour le meilleur et pour le pire le corps et l’esprit s’uniraient en de libres figures et de monumentaux soubresauts auxquels succèderaient de nombreux enfants leur parlant sans témoins
OPINIONS DE JULES LADOUMÈGUE SUR LA POÉSIE QUEER DES DRAG QUEENS
une drag queen serait une reine barbue qui porterait des vêtements et des artifices (tels que perruques et maquillages) appartenant au sexe féminin comment se ferait-il comment se ferait-il comment se ferait-il
une personne queer serait une personne aux allures bizarres erratiques et indéterminées voire maniérées de l’espèce gaylesbobitrans sapiens sapiens dont l’orientation sexuelle ou l’identité sexuelle ne correspondraient pas au modèle masculinisé dominant de cette sorte d’horrible masculine domination dominante qui domine toujours nos civilisations jusqu’au dévoilement d’une criminelle et hyper-dominatrice outrance raciste allant jusqu’à l’insensée hyper-folie suicidaire à tendance masculino-dépendante mégalomaniaque des guerrements planétaires
OPINION DE JULES LADOUMÈGUE SUR SON SUICIDE SUIVIE DE SON OPINION SUR LA PENSÉES FORTE DES MORTS VIVANTS
en somme le plus souvent je préfèrerais pas que tu parles de mon suicide raté car c’est du passé, je préfèrerais, plutôt deux fois qu’une, que tu penses fortement à l’avenir des morts vivants
sait-on jamais c’est penser fortement qui compte des fois que si par chance
ah quelque chose se passe les morts vivants semblent penser fortement avec nous leurs cils frémissent ils rouvrent leurs yeux les morts vivants semblent respirer enfin de nouveau en tout cas on fume on lit on vit à tout berzingue
pardi nous sommes faits de mots de joie et de silences on est là parmi nous
OPINIONS DE JULES LADOUMÈGUE SUR SES VOYAGES
Tokyo New York Londres - piste à suivre - Paris Singapour Shanghai
Saint-Cirq-Lapopie - parcourue de long en large et en travers - Gordes Eguisheim Beuvron-en-Auge Piana La Couvertoirade
Lyon Bordeaux Marseille Nantes Strasbourg Lille - reçu par le pape de Lille à l’occasion d’une onction souveraine -
Londres - pétodière globale - Édimbourg Manchester Liverpool Oxford Cambridge Glasgow
Berlin Munich Hambourg Francfort - l'espace enfin - Cologne Leipzig Stuttgart
Rome Milan Venise Florence Naples Turin - le lettrisme serait une tentative d’escroquerie - Palerme
Madrid Barcelone Séville - le mot ment l’espace entre les mots ne ment pas - Valence Bilbao Grenade Saragosse
Zurich Genève Berne Bâle Lausanne Lucerne Lugano - blanco des nuages au-dessus de la ville -
Dubaï - du marbre - Istambul – du bitume et de la terre battue, martyrisée - Le Caire Téhéran Riyad Jérusalem - bismuth - Beyrouth Bagdad Doha Tel Aviv
Amsterdam Bruxelles Rotterdam Stokholm Copenhague - chapitre quatre- Oslo Helsinki Reykjavic
Moscou - divers poètes - Saint Petersbourg – j’adore la géographie - Novossibirsk Ekaterinbourg Vladivostok
Los Ángeles Chicago San Francisco - Oh Oh Oh - Nouvelle Orléans Washington Miami Las Vegas
Nice Marseille Aix-en-Provence - proposition malhonnête - Nimes Montpellier Toulouse Bordeaux
Clermond Ferrand Lyon Bourges - commandes directes expédiées - Orléans Limoges
Lille – images - Amiens – images - Arras - images - Dunkerque – images -
Ajaccio Bastia Bonifacio - papiers officiels -
Ozaka Hiroshima - divers dépôts - Nara Sapporo Fukuoa
Seoul Hong Kong - page blanche- Hanoï Bangkok - massage cardiaque -
Toronto Montréal Vancouver Otawa
--- de ces villes j’ai une bonne opinion, vraiment, charmants voyages ! ---
Mexico Saō Paulo Buenos Aires Bogota Panama City Lima
--- de ces villes j’ai une bonne opinion, vraiment, charmants voyages ! ---
--- dernier rayon de soleil --- Saint Tropez
--- de toutes ces villes et villages j’ai une bonne opinion, vraiment, charmants voyages ! ---
OPINION DE JULES LADOUMÈGUE SUR SON SUICIDE SUIVIE DE SON OPINION SUR LA PENSÉES FORTE DES MORTS VIVANTS
en somme le plus souvent je préfèrerais pas que tu parles de mon suicide raté car c’est du passé, je préfèrerais, plutôt deux fois qu’une, que tu penses fortement à l’avenir des morts vivants
sait-on jamais c’est penser fortement qui compte des fois que si par chance
ah quelque chose se passe les morts vivants semblent penser fortement avec nous leurs cils frémissent ils rouvrent leurs yeux les morts vivants semblent respirer enfin de nouveau en tout cas on fume on lit on vit à tout berzingue
pardi nous sommes faits de mots de joie et de silences on est là parmi nous
OPINIONS DIVERSES DE JULES LADOUMEGUE SUR LE LETTRISME
(aoab aoab)
o (aoab) bzzz bzzz bzzz o (aoab) bzzz (aoab aoab aoab aoab) ding dong
o oa oa hi hi hi o xyz hijklm a a a atchoum tchoum
aoaoao aoaoao bzzz bzzz bzzz aoaoao ao nopqrs grrr grrr grrr grrr
“oa oa” hou psttt hou hou pipicacapipicacapipi
aaaaoooo aaaa oooo cs cs cs cs ks ks ks kes kes kes mais kes
aoab aoab hihou chou genou pahou cahou abcdefg toc toc toc
oaooa oaooa oaooa oab aoab aoab aoab…fcht…fcht kek kek kek ronron
oab oab ! ve ve ve ve ve vvvvvvvvv vt vt vt vt vt vt vt tuvwx miam miam miaou
ok ok ok ok ah ah ah ah ok ok ok ok ok yz glouglou clic clic agaga agaga
oab oab. Tttttttttvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvtttttttttttttt ppprrrchchtt clac clac tic
OPINIONS DE LAMARQUE PIERRE SUR LA POÉSIE
laissez-moi tranquille comme une jonquille car je flaire et suppute l’arrivée probable d’une poésie d’une minute à l’autre mais je peux bien tout vous expliquer tout de suite écrire de la poésie c’est un peu comme balancer en musique des brouillons par une meurtrière du donjon du jardin de Calique et surtout n’oubliez pas de payer vos impôts sachez aussi que plus un paillasson vieillit plus une feuille d’automne colle à la semelle et prenez comme exemple les îles flottantes parfaites pour illustrer la télé-réalité ( mais le temps passerait et ce serait du temps perdu dans une page de digressions n’en finissant pas, cachant l’absence de colonne vertébrale d’un style flasque ne faisant que trop durer…) le madison je l’écrivais à toute allure donc je le danse toujours imparfaitement cependant tout est presque vrai autour au-dessus au-dessous même en moi et trop d’idées du bonheur me viennent ensemble pour que je sois pleinement heureux et c’est maintenant ou jamais qu’il faut que je réponde oui à quoi pas de réponse sans questionnement pas de questionnement sans problématique précise pas de problématique précise sans aigreur (pour certains) j’ai beaucoup de lourdes et pesantes questions à soulever si lamarque était mort de fatigue pendant la guerre de quatorze la poésie serait-elle morte de chagrin serait-il venu le temps d’en arriver au chapitre crématoire et à l’avenir toute pensée libre restera-t-elle libre si elle se résumera à la question de la coiffure floue
?
quant à la poésie, vieux j’ai encore le temps, j’y regarde à deux fois et tente un coup d’oreille loin en profondeur
en espérant palper et sentir longtemps encore son paysage
OPINIONS DE JULES LADOUMÈGUE À PROPOS D’UN APPENDICE SCIENTIFIQUE SUR L’ESPACEMENT
Mesdames, messieurs, chers blançons, chers espaces en devenir, je suis devant vous pour vous parler des opinions de Jules Ladoumègue à propos d’un appendice scientifique sur l’espacement.
Si je me tiens devant vous aujourd’hui, c’est donc pour dire un mot — un seul, mais qui s’étire — à propos de cet appendice scientifique sur l’espacement que l’on m’a prié de lire, d’étudier, et, paraît‑il, de commenter. Je l’ai lu. Je l’ai étudié. Je l’ai même relu en courant, pour voir si l’aération du texte suivait la cadence du cœur. Elle suivait. Ce serait déjà un signe.
On m’a présenté des documents d’une richesse exceptionnelle, telle que même un coureur de fond faisant son parcours entre les pyramides égyptienne aurait eu le souffle coupé devant la modernité de cette pyramide de silences, de blancs et de riens. On m’a parlé de blançons flottants, de blançons compressés, de blançons paradoxaux. On m’a expliqué que l’espacement entre les mots n’était pas un vide mais une présence compressée, un blançon, un gaz poétique rare, un souffle nouveau en attente. J’ai trouvé cela très juste. J’ai toujours pensé que le vide n’était jamais le vide, surtout quand manque encore le point final.
On m’a proposé un protocole expérimental pour mesurer l’aération d’un texte. J’ai apprécié l’idée qu’un texte puisse faire haleter, suffoquer, s’étrangler ou chantonner. J’ai moi‑même couru des courses où je faisais les quatre à la fois. Je comprends qu’un paragraphe puisse manquer d’air.
On m’a soumis un rapport d’enquête sur un cas d’espacement frauduleux dans un texte. J’ai hoché la tête. Si le dopage littéraire existerait il faudrait le dire. Certains auteurs gonfleraient leurs blançons artificiellement pour faire croire à de la prose aérée authentique. Ce serait mal. Ce serait dangereux. Et cela finirait toujours par se voir à la marge en fin de compte.
On m’a remis une notice de survie pour les blançons en milieu hostile. Je l’ai trouvée indispensable car j’ai toujours pensé que les plus petites unités méritaient la plus grande attention de l’armée américaine. Un blançon isolé, c’est comme un didgy sans piste : il ne sait plus où poser le bras de son tourne-disque.
On m’a fait visiter le blançon lui‑même, dans un musée invisible d’une grande ville sans nom (anciennement Téhéran) d’un pays sans nom (anciennement l’Iran). J’ai vu le blançon à poil, le blançon à poil en mouvement sur une balançoire, le blançon à poil blessé par une virgule, le blançon tout bonnement poétique. J’ai compris que le blançon n’est pas un espace protégé, un passage clouté, un trottoir, mais un souffle discret comme un atome de respiration, un battement de cils dans le silence d’une prière de vierge. J’ai même senti, j’en ai encore le frisson, un blançon me blançonner lentement. C’était si doux.
On m’a averti du blançontexte. J’ai approuvé. Le blançontexte est au texte ce que la piste est à la solitude du coureur de fond : un terrain et un climat, une inclinaison, une inclination, l’ombre sensuelle de la ligne d’arrivée. On ne court pas de la même façon sur une piste sèche ou détrempée. On ne lit pas de la même façon un texte serré ou aéré. Le blanco du blançon change le texte en blançontexte. Quelle joyeuse mécanique, oh oui, vraiment, quelle joyeuses transformations des textes en blançontextes nous promet la tonitruante transprose !
(mieux vaut dire le blanco du blançon plutôt que le blanco du blancon , de même mieux vaut dire le noirco du noirçon plutôt que du noircon, et mieux vaut dire le gras de la croupe de la vache garçonne plutôt que le gras de la croupe du bœuf gascon)
Enfin, on m’a parlé de la sexualité du blançon. J’ai souri. On m’a dit que le blançon s’unit par intertextualité et par blançontextualité, qu’il prolifère par affinité pour le vide des mots à rallonge, qu’il s’ouvre comme un souffle s’ouvre à une fenêtre qu’il ouvre. Car le souffle ouvre, s’ouvre et se découvre, je l’ai dit, et je le répète ici : sans toucher, sans bruit, mais en soulevant les rideaux. C’est ainsi que naquit le fromage tartare historique.
Je conclus donc de ceci que l’espacement entre les signes ne serait pas qu’un simple détail de l’histoire littéraire. Il serait aussi une innovation majeure remontant à la préhistoire de l’humanité, souvenons-nous des signes en transprose qu’ils nous font depuis trente-cinq mille ans. Et je pèse mes mots.L’espacement serait la respiration du poème, que dis-je, le bêlement du poème, la déraison de vivre jusqu’à l’article de la mort du poème. L’espacement serait la boule de l’articulation de la caravane de la pensée. L’articulation donnant aux lecteurs l’envie de continuer la visite tandis que les chiens aboieraient.
L’espacement serait ce qui ferait que la transprose ne serait pas une mode mais une nouvelle manière d’être du design littéraire. Finies les lignes sérielles des écoliers soumis et pensifs. L’instituteur du XXème siècle aura définitivement perdu sa moumoute à ce jeu-là. La nouvelle institutrice sera une opulente blonde comme les aime Jules, ouverte et aérée. Finie la poésie maigre. La nouvelle institutrice opulente est l’avenir du monde.
Et je le dis avec l’expérience d’un homme qui courait vite :
l’espace ment pas.
(Lamarque Pierre
ROMAN VI)
OPINIONS DE JULES LADOUMÈGUE
POUR MARTELER UNE TRANSPROSE
pour marteler une transprose supprimer les majuscules et les ponctuations
pour marteler une transprose plaquer les vers sur l’horizon séparés par des nuages blancs appelés blançons
pour marteler une transprose disposer le discours au fond d’un arrosoir dénommé transprose il aura ainsi plus de jets dans la gueule
pour marteler une transprose il faudrait que le discours même noir de colère même ivre soit bon en soi
je le redis et je le martèle pour faire en sorte que la forme littéraire soit définitive
pour faire en sorte d’être reuilly ingrid alias lamarque pierre faite chevalière de l’ordre de la transprose gravée ce jour sur le marbre de la parabole de l’école universelle de la poésie
des maîtres ladoumègue, reuilly, lamarque, danfer, gilles et john, isabelle h, ingrid reuilly, joe pastry, andreea buse, béatrice nizza, sandrine cerruti, matthieu lorin, patrick modolo, air, rémi drobycheff, jérome fortin, simon langevin, mickaël lapouge, laurence lépine, loan diaz, jean-claude bouchard, constantin pricop, jean-michel maubert, bruno giffard, mathieu larouche, laurence lagrange, alain rivière, christophe tostain, rosalia domenech margui, danaé écarlate, françoise lafon, guillaume lamarque, annelaure lamarque, clément nourry, isidore et sasha nourry lamarque, philippe lamarque et bernadette condro, patrice parthenay
il ne faudrait pas que tombe du ciel au moment du discours le discours en gouttes le discours en gouttes le discours en gouttes le discours en gouttes
ici, le vendredi dix avril deux mille vingt-six
OPINIONS DE JULES LADOUMÈGUE SUR SES VOYAGES
Tokyo New York Londres - piste à suivre - Paris Singapour Shanghai
Saint-Cirq-Lapopie - parcourue de long en large et en travers - Gordes Eguisheim Beuvron-en-Auge Piana La Couvertoirade
Lyon Bordeaux Marseille Nantes Strasbourg Lille - reçu par le pape de Lille à l’occasion d’une onction souveraine -
Londres - pétodière globale - Édimbourg Manchester Liverpool Oxford Cambridge Glasgow
Berlin Munich Hambourg Francfort - l'espace enfin - Cologne Leipzig Stuttgart
Rome Milan Venise Florence Naples Turin - le lettrisme serait une tentative d’escroquerie - Palerme
Madrid Barcelone Séville - le mot ment l’espace entre les mots ne ment pas - Valence Bilbao Grenade Saragosse
Zurich Genève Berne Bâle Lausanne Lucerne Lugano - blanco des nuages au-dessus de la ville -
Dubaï - du marbre - Istambul – du bitume et de la terre battue, martyrisée - Le Caire Téhéran Riyad Jérusalem - bismuth - Beyrouth Bagdad Doha Tel Aviv
Amsterdam Bruxelles Rotterdam Stokholm Copenhague - chapitre quatre- Oslo Helsinki Reykjavic
Moscou - divers poètes - Saint Petersbourg – j’adore la géographie - Novossibirsk Ekaterinbourg Vladivostok
Los Ángeles Chicago San Francisco - Oh Oh Oh - Nouvelle Orléans Washington Miami Las Vegas
Nice Marseille Aix-en-Provence - proposition malhonnête - Nimes Montpellier Toulouse Bordeaux
Clermond Ferrand Lyon Bourges - commandes directes expédiées - Orléans Limoges
Lille – images - Amiens – images - Arras - images - Dunkerque – images -
Ajaccio Bastia Bonifacio - papiers officiels -
Ozaka Hiroshima - divers dépôts - Nara Sapporo Fukuoa
Seoul Hong Kong - page blanche- Hanoï Bangkok - massage cardiaque -
Toronto Montréal Vancouver Otawa
--- de ces villes j’ai une bonne opinion, vraiment, charmants voyages ! ---
Mexico Saō Paulo Buenos Aires Bogota Panama City Lima
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--- dernier rayon de soleil --- Saint Tropez
--- de toutes ces villes et villages j’ai une bonne opinion, vraiment, charmants voyages ! ---

OPINIONS SUR LES ROBES DE LÉON DANFER COQUELUCHE DE LA MODE
pour
faire
sa nouvelle robe de star à fleurs
léon danfer a étiré la fleur de coton
pure et douce fraîche et pimpante
entre pouce et index léon danfer a attrapé une mèche
frotté la mèche en l'étirant en la tordant
(léon danfer en tirera le futur fin tissu)
léon le tire léon le frotte léon l’étire léon le tord
léon le colore en blanc
le fil innocent pur doux frais qui vient de naître
léon appuiera sur la pédale du rouet qui tournera en grinçant
disant répétant
fleur fleur fleur fleur fleur fleur fleur fleur
léon tissera un peu beaucoup à la folie passionnément
léon imprimera l’étoffe de la robe à fleurs
léon taillera l’étoffe en lambeaux inégaux qui flotteront au vent
léon les aura cousus à un collier de marguerites d’or et de perles fines
- string vison et plume d’autruche piquée de diamants léon danfer
OPINIONS DE LÉON et JULES SUR LES DENTS EN FER
léon danfer quatre-vingt six ans vendrait s’il était encore en vie l'ensemble robe + string soixante six millions d’€
jugeant que l’un ne va pas sans l’autre léon danfer a eu une carrière d’enfer
de la première marche du boulot à dix ans comme simple
apprenti couturier relieur dans une imprimerie papèterie confiserie il a gravi toutes les marches du métro pyramide demi-dé bondissant au hasard
depuis le chômage
en passant par la couture à domicile jusqu’à la Haute Couture Internationale
et au final dodo
léon danfer fut aussi chapelier chausseur danseur accessoiriste accordéoniste ingénieur du son
léon danfer basé à chartres rayonnait dans le monde avec sa fourgonnette `
au printemps léon danfer sonorisait le marché de la poésie des chartrons à bordeaux
léon danfer vers la quarantaine qui se promenait partout avec sa chatte égyptienne en laisse
reprit en main la maison de couture karl lagerfeld
dès l’adolescence tellement il mordait fort quand léon s'approchait de sa gloire
on l’appelait l’ambitieux léon léon dents en fer
le muscle serait fermé la contrebasse serait ouverte
OPINIONS SUR LE COMMENCEMENT DU MONDE
ce serait
l'ouverture du violon
la suture menton mouvement
l'archet tendu les doigts fermés
les cordes qui vibrent
OPINIONS SUR LES GÉOMÉTRIES
géométrie de mes balbutiements géométrie de mon besoin de l'autre
pour ainsi dire mon besoin de commotion besoin d'onction géométrie de mon besoin de communication
« Le bon mot serait celui qui, dans la langue monde, unirait toutes les langues de la terre en une unique vibration de la voix humaine. »
OPINIONS SUR LE BON MOT DANS LA LANGUE MONDE
la langue monde la langue de la terre la langue universelle serait faite de toutes les langues chaque mot du dictionnaire de la langue monde aurait ses propres synonymes dans chaque langue selon le contexte le traducteur artificiel la machine à traduire trouverait le mot juste transmis d'une langue à l'autre par la voix artificielle par l'écriture de la machine le mot vrai serait le synonyme du mot juste du mot fondé du mot précis du mot sincère du mot beau du sonore pertinent et
en rythme bon mot
chou genou hibou petit caillou noir
OPINIONS DE JULES LADOUMÈGUE - LA POÉSIE SERAIT UN TROGNON DE POMME
La poésie ne serait pas une même fascination pour une même misère
un même selfie du même
une dégringolade dans un éboulis de mots
ou dans un labyrinthe de jeux niais un vol à l’étalage en présence
de la bêtise
les balles de la mitraille de l’incompréhension une envolée de lassitude
au bout du compte
au bout du compte un thème en guise d’inspiration
une explosion de médiocrité en guise de performance
un visage de la haine des mots un visage anonyme une mine ordinaire
un profil commun la figure du même la pensée
du crétin le masque de l’indifférence ou au contraire les crocs
de la cruauté
la poésie serait un trognon de pomme
OPINIONS DE JULES LADOUMÈGUE - OCÉAN DANS LA MISÈRE
gouttelette en haut ruisselle en bas coule par ici
ruisseau par là mare ici et là canard sur la rivière
par le fleuve dans l'océan océan dans la misère
misère dans l'océan oh non greta ne dis pas ça
OPINIONS DE JULES LADOUMÈGUE SUR LA TRANSPROSE
Si la page serait devenue un champ de course à l’échalote, Jules Ladoumègue
aurait noté que le champ aurait enfin des haies aux limites parfaitement taillées
pour les souffles du couple jockey-cheval.
L'honnête homme contemplerait soudain la réalité imaginaire du verbe avec
une délicieuse sensation de clarté.
Ladoumègue observerait que l'usage de la transprose serait la fine onction
de la traduction des poèmes de l’humanité : on ne lirait plus des poèmes
du monde, on entendrait une pièce de monnaie s’élever en tintant vers
le quota divin depuis l'humanité sanglante.
Mine de rien, quand il s’agirait de parlotte, le transproseur international
substituerait les habitudes de l’air de rien à la densité de l’airain verbal.
Ladoumègue ferait une suture parfaite entre les dalles fondues de la coutume
qui s'effondre et les éclats de silence de la poésie de la vie qui dure.
Il imaginerait que la disposition appelée prose aérée serait le plumage
des oiseaux de la poésie qui montent tout en haut de l’air dans la poétodière
internationale, au cas où leur vol exigerait des battements d'ailes démesurés.
Pour lui, cette présentation des poèmes sur la page blanche ne ferait aucun
mal aux journaux quotidiens car elle placerait chaque mot juste et fondé
dans sa position exacte par rapport au terrain fixe de la marge sous-entendue
mais toujours là.
OPINIONS DE JULES LADOUMÈGUE SUR LA THÉORIE DES PÂTES
Lorsqu'une casserole serait immergée dans l’eau l'eau exercerait une pression sur toute sa surface
comme la pression augmenterait avec la profondeur la force exercée sur le bas de la casserole serait plus forte
que celle exercée sur le haut la résultante de ces forces serait une force verticale
dirigée vers le haut la poussée
sauf que si on faisait cuire
des pâtes dans la casserole des pâtes oui mais des panzani elles ne se sauceraient que si on les servait
avec de la sauce
pour nettoyer la casserole l'immerger à nouveau dans l’eau
nota bene un reste de sauce tomate attaché avec des pâtes au fond de la casserole
diminuerait la force exercée vers le haut pour augmenter cette force faire cuire les pâtes à la vapeur
pour calculer la pesanteur de la casserole on utiliserait la loi universelle de la gravitation d'isaac newton
La terre ne serait ni plate ni ronde mais ovale et cela expliquerait pourquoi la casserole pèserait un peu moins lourd
à l'équateur qu'aux pôles
si l'on s'élèverait soi-même au-dessus du niveau de la mer la force de la pesanteur diminuerait
car la distance au centre de la terre
augmenterait
( l'ascension brutale vers le vide ferait que nous expliquerions ainsi la sensation de légèreté de notre estomac)
OPINIONS DE JULES LADOUMÈGUE SUR LA RÉALITÉ DE LA TRANSPROSE
Si la recherche du réel serait une course sur une piste olympique, Jules Ladoumègue noterait que la piste n'aurait pas de ligne d'arrivée. Dans ses recherches des théories qui abordent question du réel, l'honnête homme retiendrait comme théorie du réel
1) le Réalisme Ontologique. C'est la théorie la plus commune, souvent appelée « théorie du réel indépendant ». Elle postule que le monde existe l'air de rien, en dehors de toute perception humaine.
2) La Théorie du Réel selon Clément Rosset. Le philosophe français a bâti une œuvre entière sur le « Réel ». Sa théorie désigne le réel comme idiot (au sens étymologique : unique, singulier, sans double). Donner un sens au réel serait une illusion, un voile mensonger.
3) Le Réalisme Interne (Hilary Putnam). Cette théorie désigne un réel qui ne peut être décrit que de l'intérieur de nos schémas conceptuels. C'est la suture entre l'esprit et l'objet : nous ne voyons pas le monde en soi, mais à travers une machination désirante de langage et de catégories.
4) Le réel, dirait Ladoumègue, serait atteint par une ascension brutale vers la péri-vérité du monde, vers sa multiple réalité. Ladoumègue soupçonnerait que désigner le réel serait comme donner l'onction suprême à l'intelligence en essayant de nommer ce qui par définition nous échapperait, le réel n’étant que ce que l’on en dirait.
5) plus qu’un discours au pied de la lettre sur le pourquoi du comment, l'esprit freudien de la sexualité serait comme une profonde attirance extra-verbale et inconsciente pour le réel.
L'air de rien, le poète Ladoumègue substituerait aux équations mathématiques de la raison impure sa poétomania de la pure présence. Car Ladoumègue serait capable de faire une lucide suture entre le granit de la matière et la vapeur de la perception, il imaginerait que chaque théorie serait un obstacle franchi dans la connaissance de notre poétodière, au cas où un vol d'oiseau spirituel frôlerait le sol de la connaissance. Pour lui, les théories du réel ne feraient aucun mal aux journaux quotidiens, car elles tenteraient seulement de transformer la rumeur du ouï-dire en une onde sonore pertinente.
Puisque la poésie serait morte du cœur vers le milieu du siècle dernier, plus précisément après Auschwitz selon Théodor Adorno*, son cœur serait réanimé par l’association du massage cardiaque et de la défibrillation pratiqués par la transprose de l’honnête homme qui mine de rien ne s’attarderait pas à de clivantes gloses entre la chose morte et le sujet vivant. La pure transprose serait en vérité comme dirait Ladoumègue l'art de se faufiler dans le couloir étroit de la poésie au cas où l'imagination se serait épuisée à inventer des mondes irréels.
* « le fait que, d’après le stade des forces productives , la terre pourrait être ici et maintenant le paradis se conjugue au paroxysme de la possibilité d'une catastrophe totale et immédiate » Theodor Adorno, théorie esthétique, Kincksieck, 2001, p 57-58
OPINIONS DE JULES LADOUMÈGUE SUR L'ÉTRANGETÉ
ah comme c’est curieux ah comme c’est curieux extravagant déconcertant déroutant drôle
fantaisiste fantasque farfelu funambulesque hallucinant
comme c’est insensé absolument impossible si loufoque mais si original si pittoresque
comme c'est rocambolesque vraiment comme c'est spécial
ah comme c'est ah comme c'est ah comme c'est ah comme c'est tordu
truculent unique singulier invraisemblable étonnamment marrant
comme c'est incroyablement insolite et tellement fou et fantastique
comme c’est bizarre
ah comme ça zigzague ah comme ça s’envole
ah ah ah sincèrement c’est magique
OPINIONS DE LADOUMÈGUE JULES DANS UNE LETTRE OUVERTE À OUDOT SOLVÈNE
Bonjour Solvène,
En feuilletant votre mémoire partie I, je m’aperçois que de tout le livret, c‘est à dire de la page 3 à la page 33, vous pouvez tirer des notules de quatre lignes (avec un titre) pour la partie critique de la revue lpb…la notule lpb étant d'un format minimaliste convenant bien aux éclairs de lucidité et aux saillies de l'esprit …
Si vous rédigez de telles notules à partir de votre mémoire, vous pouvez envisager de faire une collection de notules critiques qui pourrait être utile à la revue Lpb et qui d’un point de vue éditorial, en cas de présentation en livre, correspondrait à l’esprit minimaliste lpb , notamment dans le domaine de la critique…
Personnellement j’essaie de développer la critique dans le cadre de la revue de poésie lpb… les notules lpb seraient une façon de faire de la critique tous azimuts, destinée à être percutantes et à faire réfléchir en quelques mots…
Penseriez-vous comme moi que si la transmission des savoirs serait un bout de la corde de l’enseignement, l'autre bout de la corde serait l’apprentissage de l’art de réfléchir ? Ne penseriez-vous pas qu’une revue de poésie destinée à être lue par un public avide d’intelligence et de beauté devrait naturellement se poser ce genre de questions ?
Amitiés
Jules Ladoumègue
OPINIONS DE JULES LA DOUMÈGUE SUR LA LA DISPOSE
après la transprose pourquoi pas la dispose ? Voici ci-dessous un poème couché en dispose sur une feuille, qui plus est en dispose directe… je crains que la « néologismanie » c’est à dire l’addiction aux néologismes dont certains potiers des mots comme moi sont atteints ne conduise tout droit au jargon, nous dirions donc que le jargon serait une mode et reviendrions à la poêle et aux oignons … (d’un autre côté certains néologismes comme le mot transprose me plaisent et regroupent de puissants concepts)
…. la dispose ne serait pas une prose aérée… la dispose serait une poésie aérée, nuance… la dispose ne serait pas un néologisme… ni une mode… la dispose serait là en trois langues sur la pierre de rosette et en images à Lascaux…. la dispose serait l’art de la disposition des images sur la paroi de la grotte…. rien de nouveau sous la lune...
OPINIONS DE JULES LA DOUMÈGUE SUR DU NOUVEAU
les poètes pourraient orienter la société des mots
selon son orientation
la société serait plus ou moins dégoûtante
plus ou moins fascinante
on n’oublierait pas que ce jeu d’orientation
serait
un jeu adulte un jeu bizarroïde
le jeu de la dispose
dont l’enjeu serait la liberté la dignité et la vérité
pendant le temps nécessaire à la réflexion
toutes les châtaignes du monde feraient craquer leur peau
OPINIONS DE JULES LA DOUMÈGUE SUR MAMAN
maman était prude et pudique gaie mais sans beaucoup de fantaisie
elle s’était rapprochée dès l’âge de six ans de papa huit ans
qui lui avait le goût de la fantaisie
un souvenir catastrophique reste gravé dans la mémoire de jules
alors âgé de six ans un souvenir trouble pris en photo
le petit jules grimace de tristesse assis par terre les jambes croisées
derrière lui maman ivre riant follement tenant de son bras droit
une bouteille vide de chianti sur la tête
OPINIONS DE JULES LA DOUMÈGUE SUR LA NOUVELLE MODE
la transprose c’est ce qui nous resterait quand on aurait tout essayé
post scriptum
on ne devrait pas aller vers la nouvelle mode de la prose aérée alias transprose les yeux en amaurose mais tout entier (le crâne et les démangeaisons ) complètement aéré l'accueillir comme l'éternité avec enthousiasme et sens du changement prêt à prêter main forte parce que de partout chaque jour
l'avenir nous apporterait ses ordalies pour attiger et affurer le grisbi
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OPINIONS DE JULES LADOUMÈGUE SELON LAQUELLE MA RESPIRATION SE DÉPLIE TOTALEMENT DANS LE BLEU DU FUTUR
- docteur je viens vous consulter parce que j’ai la respiration qui se déplie.
- ôtez le haut ? et allongez vous là ? je vais vous inspecter ? vous palper ? vous percuter ? je vais vous examiner ?
(Le docteur qui parle évasivement, comme si chaque fois qu’il ouvrait la bouche c’était pour évaser la bouche, afin d’évaser le discours, fait un geste de la main évasif, comme pour évaser la question, plus précisément pour désigner la table d’examen, suspendue par des chaînes au plafond qui lui permettront de palper la personne souffrante, tout en balançant la table d’examen du genou, de façon à garder le bout des doigts fixes, ce qui facilite le repérage des tumeurs, tandis que le docteur, réglant avec précision le frôlement de la peau de la personne souffrante, grâce à une molette électrique placée sous le pied droit, grattera sa chevelure de savant fou de l’autre main.
Pendant que la personne souffrante se déshabillera, du moins enlèvera le haut, toujours assis le docteur aura griffonné le début d'une thèse de médecine sur l’importance et l’intérêt de ne pas bouger les doigts pendant que l’examinateur palpe une personne souffrante.)
- non j’ai trop peur, docteur je préfère ne pas m’allonger !
- peur de quoi enfant courbé par la douleur ?
- que ma respiration se déplie totalement dans le bleu du futur
OPINIONS DE JULES LADOUMÈGUE ÉCRITE SUR UNE CARTE POSTALE DE GUADELOUPE
j'ai pulvérisé de l'essence de verveine outremer
sur mon col et mes manches j’ai dessiné ton cœur
avec une gousse de vanille sur la glace ronde de la salle de bains
soudain l’alizé venu de Point à Pitre a fait tomber le néon
en claquant la fenêtre et la porte je t'aime
je me souviens d’avoir senti à l’instant une odeur de suie
OPINIONS DE JULES LADOUMÈGUE SUR L’HUMOUR POLITIQUE
Si l'humour politique serait un quatre cents mètres haies, jules ladoumègue noterait qu'il saurait franchir les obstacles en un clin d’œil capable de déclencher l’hilarité générale quel que soit le résultat du saut - l'honnête homme coureur bondisseur contemplerait les bravos avec une délicieuse sensation de reconnaissance.
Il observerait que la verve du rire serait la seule garantie d’épingler dans les gros titres des journaux la cruelle évidence de la honte humaine. L'air de rien, le politiquement correct jules ladoumègue substituerait à l'austère gravité de la situation sur la crête du centre droit la nécessaire poétomania de l’aristocratie du clin d'œil électoral.
Entre la boursouflure du crâne qui pense et les démangeaisons de la plaisanterie qui démange, le poète ladoumègue choisirait une conjugaison parfaite. Il imaginerait que l'humour noir serait le massage cardiaque de l’innocence aux abois, au cas où un drôle d'oiseau pas très spirituel risquerait de l’étouffer dans son quant à soi.
Pour lui la verve de la cruauté ne ferait aucun mal aux journaux quotidiens si elle se parait d’humour car elle transformerait chaque bombe tombée du ciel en une onde sonore pertinente et joyeuse montant du peuple.
OPINIONS DE JULES LADOUMÈGUE SUR L’ÉCLAT DE RIRE D'ELSA
l'éclat de rire d’elsa serait un voyage au paradis sur la pointe des pieds
offert à ceux qui n'ont plus rien
l'éclat de rire d’elsa serait un voyage au paradis offert à ceux qui n'ont plus rien
sur la pointe des pieds
offert à ceux qui n'ont plus rien
sur la pointe des pieds
que la fierté des camionneuses
l'éclat d'un voyage au paradis aurait pu être un rire d'elsa sur la pointe des pieds
offert à ceux qui n'auront plus jamais rien
l'éclat de la pointe des pieds au paradis eût été un voyage sur le rire fou
d'elsa
offert à ceux qui n'ont rien du tout dans leur main creuse maintenant
l'éclat de plus rien ne sera qu’un voyage de plus d'elsa sur la pointe des pieds offert
à qui
veut bien s’extirper de ce discours compliqué alambiqué
d’autant qu'elsa n’en à rien à cirer à cette heure
OPINIONS SUR L’AMOUR DE MONSIEUR LÉON DANFER
PARTAGÉE PAR MONSIEUR JULES LADOUMÈGUE
Pour faire bref et rester savant tel mon sacré collègue, plantons le décor de la chose immédiatement et pesons le tout pour de bon. Le tout étant emballé et pesé en un seul mot. Le mot d’amour.
En fin de compte, au fil du temps, à chaque seconde, le poids du mot d’amour est différent, le mot d’amour pèse différemment particulièrement du fait du pour et du contre, deuxièmement il pèse différemment tout le long de la vie par respect des innombrables lois de la nature, enfin et surtout il pèse différemment parce que dans un discours chaque mot compte qui entoure le mot d’amour.
Autrement dit il faudrait, si l'on veut, si l’on peut, il faudrait absolument développer l’affaire en peu de lettres et déclamer de façon improvisée, une longue badine à la main gauche, un petit discours sur l’amour, élégant et libre, hygiénique, bien à propos.
OPINIONS DE LÉON DANFER SUR LA QUALITÉ D’ÊTRE DE JULES LADOUMÈGUE
Je ne serai ni responsable ni solidaire de certains propos de
JULES LADOUMÈGUE
Je serai le premier victime de cette méchanceté qu’il aura développée
avec le temps vis à vis de ma propre personne par moments,
surtout s’il boira le samedi soir. Mais cela sera le lot des vieux couples
et n’entravera en rien l’admiration que j’aurai pour cette si particulière
qualité d’être de mon Jules, par ailleurs. Il faudra bien comprendre cela.
signé LÉON DANFER
OPINIONS DE LÉON DANFER D’APRÈS JULES LADOUMÈGUE SUR LA BOUCHE DE CHRISTINE SAINT GEOURS
chez le lamarque en question on notera l’influence de son frère philips, de la morale de la morlafesse, l’influence noble de la quintessence éthique de l’agile conil du gourdon de la condro ainsi que l’influence du bercement à fond de la garach sans oublier la merveilleuse halte au portail de lapouge mickaël dans la vie de lamarque pierre, tout autant que le la et la mesure donnés par son ami pricop constantin et le do falubeux par son ami parthenay patrice et le ré cisif de leur ami bouchard jean-claude et les mi fa sol si do si fa mi lo ma fo jé mo do lo cé san
bref les autres notes de la musique de lamarque pierre flottant dans l’énigme dodécaphonique cousue avec quoi ?
L’ÊTRE FOU D’AMOUR ET HEUREUX
par Patrick Modolo
l'amour étant fou l’amour rendant aveugle et par miracle
redonnant la vue
d'eau fraîche l’amour se nourrissant
l’amour si singulier si masculin si pluriel
si féminin
l’amour se conjuguant à tous les temps à tous les modes
et surtout à toutes les personnes voie active
et voie passive
l'amour étant tout sauf impersonnel
l’amour rendant aveugle et beau
et la vue
l'amour rendant fou l’être fou d’amour et heureux
Patrick Modolo
FERMES OPINIONS DE JULES LADOUMÈGUE SUR LA TRANSPROSE
certains littérâtres foleurs et lanseloux prétendent que l’espacement…
mais qu’ils le prouvent !
certains détectives privés payés pour cela par certains littérâtres foleurs et lanseloux prétendent que l’espace serait la mesure du temps mis à le parcourir et que pendant ce temps-là le temps perdu ne se rattraperait guère le temps perdu ne se rattraperait plus
(certains osent prétendre que partir à la recherche d’un peu de temps perdu serait comme partir à la recherche d’un peu d’argent volé selon l’adage qui dit que le temps ne serait, au bout du compte, que de l’argent volé par le capitalisme)
certains littérateurs folâtres et sans le sou prétendent que si l’espace était si grand qu’on le dit le temps mis à le parcourir de long en large au point de risquer d’arriver au bord du beurrenout en finirait d’autant moins si le texte était à la bonne hauteur comme qui dirait à la fois par l’écriture noire et par le blanc espacement
certains nihilistes des extrémités prétendent même que l’espace ne serait pas des pas de danse comme on le croit en occident sauf aux usa dans la mesure où personne ne chute ( s’il n’ y a pas de piétons dans le voisinage )
certains ascètes lettrés pensent que l’espacement n’a pas sa place dans l’écriture en prose simplement parce que l’espace ment
à tous ceux-là je réponds affirmativement et internationalement que l’espace ment pas and j’ajoute yes à la transprose unanimement
OPINION DE JULES LADOUMÈGUE SUR LA TRANSPROSE
Si la page serait devenue un champ de course à l’échalote, Jules Ladoumègue aurait noté que le champ aurait enfin des haies aux limites parfaitement taillées pour les souffles du couple jockey-cheval.
L'honnête homme contemplerait soudain la réalité imaginaire du verbe avec une délicieuse sensation de clarté.
Ladoumègue observerait que l'usage de la transprose serait la fine onction de la traduction des poèmes de l’humanité : on ne lirait plus des poèmes du monde, on entendrait une pièce de monnaie s’élever en tintant vers le quota divin depuis l'humanité sanglante.
Mine de rien, quand il s’agirait de parlotte, le transproseur international
substituerait les habitudes de l’air de rien à la densité de l’airain verbal.
Ladoumègue ferait une suture parfaite entre les dalles fondues de la coutume qui s'effondre et les éclats de silence de la poésie de la vie qui dure.
Il imaginerait que la disposition appelée prose aérée serait le plumage
des oiseaux de la poésie qui montent tout en haut de l’air dans la poétodière internationale, au cas où leur vol exigerait des battements d'ailes démesurés.
Pour lui, cette présentation des poèmes sur la page blanche ne ferait aucun mal aux journaux quotidiens car elle placerait chaque mot juste et fondé dans sa position exacte par rapport au terrain fixe de la marge sous-entendue mais toujours là.
mars 2026