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OPINION DE JULES LADOUMÈGUE SUR LA TRANSPROSE
OPINION DE JULES LADOUMÈGUE SUR LA TRANSPROSE
Si la page serait devenue un champ de course à l’échalote, Jules Ladoumègue aurait noté que le champ aurait enfin des haies aux limites parfaitement taillées pour les souffles du couple jockey-cheval.
L'honnête homme contemplerait soudain la réalité imaginaire du verbe avec une délicieuse sensation de clarté.
Ladoumègue observerait que l'usage de la transprose serait la fine onction de la traduction des poèmes de l’humanité : on ne lirait plus des poèmes du monde, on entendrait une pièce de monnaie s’élever en tintant vers le quota divin depuis l'humanité sanglante.
Mine de rien, quand il s’agirait de parlotte, le transproseur international
substituerait les habitudes de l’air de rien à la densité de l’airain verbal de la prose.
Ladoumègue ferait une suture parfaite entre les dalles fondues de la coutume qui s'effondre et les éclats de silence de la poésie de la vie qui dure.
Il imaginerait que la disposition appelée prose aérée serait le plumage
des oiseaux de la poésie qui montent tout en haut de l’air dans la poétodière internationale, au cas où leur vol exigerait des battements d'ailes démesurés.
Pour lui, cette présentation des poèmes sur la page blanche ne ferait aucun mal aux journaux quotidiens car elle placerait chaque mot juste et fondé dans sa position exacte par rapport au terrain fixe de la marge sous-entendue mais toujours là.