Le dépôt
La main coupait si sûre
La main coupait si sûre
À travers le bois mort et la folle arrogance de tiges poussées sans discipline
Voulait mettre
Fin
Au désordre qui épuise
Au labyrinthe
Aux impasses ligneuses
Les doigts transperçaient l'épais fatras des branches des feuilles grisées mordues de brun de moisissures et d'insectes
Poussière en devenir
Tout ce qui avait fui la blessure du jour pour s'étouffer sous la peur rassurante de cet enclos d'épines
Il fallait
Que la lumière pénétrât jusqu'au cœur tunnel irradié défaisant la pénombre une mort sans émoi pour que quelque chose lentement puisse renaître
De la tuméfaction
Bouillonnement silencieux
Presque séditieux
Pourtant
Des scories de souvenirs scarifiés pointent humides des paupières de rosée une sève que l'on croyait figée
Un battement à peine murmure dans l'humus triomphant sans mot dire à peine du gel et de l'hiver de la sécheresse des maladies du hasard aussi et ses relents acides qui font couler les jours impairs
Bourgeon en devenir
Enfant à naître déjà ancien d'une sagesse ancienne et abîmé couturé mais sage peut-être de se savoir à présent si peu savant si nu
Il ne faut plus dormir
La main coupait si sûre
Ou qui prétendait l'être – rien n'avait été facile rien n'avait été serein
La sueur perlait fine et salée aux jointures –
Libre des gants et de la honte
Brûlée d'orties indifférente et obstinée
Inflexible sûrement d'être enfin advenue et assurée sûrement d’œuvrer avec justesse
Dans l'élan abouti et jouissif de la grande sécation