La
page
blanche

Le dépôt

AUTEUR-E-S - Index I

52 - Johan Milan Heude

La main coupait si sûre

La main coupait si sûre

À travers le bois mort et la folle arrogance de tiges poussées sans discipline

Voulait mettre

Fin

Au désordre qui épuise

Au labyrinthe

Aux impasses ligneuses

Les doigts transperçaient l'épais fatras des branches des feuilles grisées mordues de brun de moisissures et d'insectes

Poussière en devenir

Tout ce qui avait fui la blessure du jour pour s'étouffer sous la peur rassurante de cet enclos d'épines

Il fallait

Que la lumière pénétrât jusqu'au cœur tunnel irradié défaisant la pénombre une mort sans émoi pour que quelque chose lentement puisse renaître

De la tuméfaction

Bouillonnement silencieux

Presque séditieux

Pourtant

 

Des scories de souvenirs scarifiés pointent humides des paupières de rosée une sève que l'on croyait figée

Un battement à peine murmure dans l'humus triomphant sans mot dire à peine du gel et de l'hiver de la sécheresse des maladies du hasard aussi et ses relents acides qui font couler les jours impairs

Bourgeon en devenir

Enfant à naître déjà ancien d'une sagesse ancienne et abîmé couturé mais sage peut-être de se savoir à présent si peu savant si nu

Il ne faut plus dormir

La main coupait si sûre

Ou qui prétendait l'être – rien n'avait été facile rien n'avait été serein

La sueur perlait fine et salée aux jointures –

Libre des gants et de la honte

Brûlée d'orties indifférente et obstinée

Inflexible sûrement d'être enfin advenue et assurée sûrement d’œuvrer avec justesse

Dans l'élan abouti et jouissif de la grande sécation