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PLACE AUX POÈMES

LIVRE ZOOM

468 - ZOOM CHAISSAC

Au pays de la calotte vinassouse


La bombe atomique est une appellation assez contrôlée mais

Religion est un bien grand mot pour désigner la calotte vinassouse.

Avez-vous vu danser la calotte vinassouse

Les bras nus Les pieds nus Les yeux fermés Les oreilles ouvertes Les dents serrées Les lèvres entrouvertes Les cheveux en bataille Les doigts crochus Les ongles noirs Les genoux cagneux Les cuisses maigres Les fesses plates Les seins tombants Les épaules voûtées Le ventre creux Le dos courbé La tête penchée Le cou tordu La bouche tordue Les yeux écarquillés Les sourcils froncés Les joues creuses Le front ridé Les cheveux hirsutes Les mains crispées Les pieds nus Les bras nus Les yeux fermés Les oreilles ouvertes Les dents serrées Les lèvres entrouvertes Les cheveux en bataille Les doigts crochus Les ongles noirs Les genoux cagneux Les cuisses maigres Les fesses plates Les seins tombants Les épaules voûtées Le ventre creux Le dos courbé La tête penchée Le cou tordu La bouche tordue Les yeux écarquillés Les sourcils froncés Les joues creuses Le front ridé Les cheveux hirsutes Les mains crispées

(Lien vers le poème complet)




Chanson dans le chétif


Cul de sac dont l’ombre

Atteignait le maladif

Châtaignier qui a un œil

Qui dit merde à l’autre

Et pas même en bonne littérature

Qui tire bien franche du collier

Sans même un coup de satire

Pour les alliés.

Mais son flanc se lézarde

À la hauteur du nombril

Et son ombre blafarde

Retardait sans grand bruit.

(Lien vers le poème complet)




Derrière les champs à vit


Derrière les champs à vit

Les vaches sont couchées

Les poules sont parties

Les coqs sont partis

Les chiens sont partis

Les chats sont partis

Les lapins sont partis

Les canards sont partis

Les oies sont parties

Les moutons sont partis

Les chevaux sont partis

Les ânes sont partis

Les cochons sont partis

Les poules sont parties

Les vaches sont couchées

(Lien vers le poème complet)




La barrière est cassée La barrière est cassée et la roue du tonnerre voisine la volière qui pleure le coq de la fricassée pour fêter l’abondance du pays rocailleux où a souri la chance après les temps calamiteux (Lien vers le poème complet)

Ce poème est accompagné d’un dessin original de Chaissac, daté de « mi-septembre 59 » et dédicacé à Théodore Koenig. Le texte est écrit au verso du dessin, à l’encre de Chine sur papier. 



Gaston à Gaston


Tu peins plutôt les pieds du buffet

Au lieu de croire que Dubuffet

Aurait à t’envier des choses,

Vous êtes tous les deux en métamorphose

Constante d’une idée de cirrhose,

Vous faites tomber l’art dans une chute

Qui le ramène à l’état brut

– Voilà un peintre qui écrit,

Et un poète qui peint,

Il avance sur ses mains

Et ses pieds touchent le ciel,

Ses sabots retiennent la lune,

Ses étoiles sont les mots, ils lui servent d’échelle

Pour monter au royaume de son amertume –

(Lien vers le poème complet)


PRÉSENTATION


Gaston Chaissac, né le 13 août 1910 à Avallon (Yonne) et mort le 7 novembre 1964 à La Roche-sur-Yon (Vendée), est un peintre et poète français autodidacte, souvent associé à l’Art Brut ou à l’Outsider Art. Issu d’un milieu modeste, il grandit dans un contexte familial difficile et quitte tôt l’école. Sa rencontre avec des artistes comme Otto Freundlich et Jeanne Kosnick-Kloss dans les années 1930, puis avec Jean Dubuffet dans les années 1940, marque un tournant dans sa carrière. Chaissac développe une œuvre à la fois picturale et littéraire, marquée par un langage poétique unique, souvent humoristique, provocateur et empreint d’une grande liberté formelle.

Son écriture, comme sa peinture, se caractérise par une inventivité lexicale, une syntaxe déstructurée et une exploration des limites du langage. Chaissac utilise des mots inventés, des jeux de sonorités et des images inattendues pour exprimer sa vision du monde, souvent teintée d’ironie, de mélancolie et d’une critique sociale subtile. Ses poèmes, comme ses lettres et ses chroniques, reflètent une quête d’identité et une volonté de se libérer des conventions artistiques et littéraires.

Chaissac a correspondu avec de nombreux intellectuels et artistes de son époque, comme Raymond Queneau, Jean Paulhan ou Albert Gleizes, et a publié dans des revues prestigieuses comme la NRF. Malgré une reconnaissance tardive, son œuvre est aujourd’hui considérée comme l’une des plus originales et singulières de l’art moderne du XXe siècle.


BIBLIOGRAPHIE

  • Gaston Chaissac, Hippobosque au bocage, Gallimard, 1951.
  • Gaston Chaissac, Lettres à Jean Dubuffet, Gallimard, 2013.
  • Gaston Chaissac, Chanson dans le chétif, Éditions de l’Échoppe, 1995.
  • Gaston Chaissac, peintre et poète, Musée de l’Abbaye Sainte-Croix, Les Sables-d’Olonne.
  • Espace Gaston Chaissac, Sainte-Florence, Vendée.