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AUTEUR-E-S - Index I

82 - Pierre Lamarque

notule sur la brièveté des po

ce qui te reste après la tempête









notule sur la brièveté des po 

à propos du po « ce qui te reste après la tempête »

 

un po doit tenir dans le creux de la main    dans la poche    dans la tête    sans faire de bruit

la formule        ce qui te reste après la tempête             fonctionne parce qu’elle ouvre sur l’autre et l'ailleurs

elle ne dit pas ce qui reste    ni combien    ni pourquoi

elle laisse un espace où chacun peut déposer un visage    un souvenir    une futilité    une bagatelle   un silence

brièveté n’est pas manque    elle est invitation          rédigée sur carte de visite          elle est poésie minimale au format post-it

 

tempête c’est chaos    bouleversement    effondrement     éboulement

ce qui te reste             c’est l’après    le noyau    le minimum vital    le cœur

                    

en quelques mots la phrase trace un arc narratif complet    avant    pendant    après          comme un roman miniature

le po n’est pas un message    c’est un déclencheur     une enzyme signalétique

il ne dit pas     voici la vérité gloutonne     il dit regarde ce qui résiste    ce qui n’a pas été emporté

la brièveté oblige le lecteur à faire sens    et c’est là que la poésie devient active

cette formule fonctionne parce qu’elle est courte    dense    ouverte    universelle  et  respirante

mémorisable   et      portable

elle tient dans la main comme un caillou    comme un zeste 

de lumière

un po est un partage          un passage  dans un couloir étroit             un geste      une bonne manière

et c’est pour cela qu’il doit être bref          pour laisser la place au lecteur 

po s’adapte à notre époque              po est un produit de notre époque

il est inutile de dire pourquoi               tout le monde comprend les              démonstrations de vitesse