Le dépôt
notule sur la brièveté des po
ce qui te reste après la tempête
notule sur la brièveté des po
à propos du po « ce qui te reste après la tempête »
un po doit tenir dans le creux de la main dans la poche dans la tête sans faire de bruit
la formule ce qui te reste après la tempête fonctionne parce qu’elle ouvre sur l’autre et l'ailleurs
elle ne dit pas ce qui reste ni combien ni pourquoi
elle laisse un espace où chacun peut déposer un visage un souvenir une futilité une bagatelle un silence
brièveté n’est pas manque elle est invitation rédigée sur carte de visite elle est poésie minimale au format post-it
tempête c’est chaos bouleversement effondrement éboulement
ce qui te reste c’est l’après le noyau le minimum vital le cœur
en quelques mots la phrase trace un arc narratif complet avant pendant après comme un roman miniature
le po n’est pas un message c’est un déclencheur une enzyme signalétique
il ne dit pas voici la vérité gloutonne il dit regarde ce qui résiste ce qui n’a pas été emporté
la brièveté oblige le lecteur à faire sens et c’est là que la poésie devient active
cette formule fonctionne parce qu’elle est courte dense ouverte universelle et respirante
mémorisable et portable
elle tient dans la main comme un caillou comme un zeste
de lumière
un po est un partage un passage dans un couloir étroit un geste une bonne manière
et c’est pour cela qu’il doit être bref pour laisser la place au lecteur
po s’adapte à notre époque po est un produit de notre époque
il est inutile de dire pourquoi tout le monde comprend les démonstrations de vitesse