Le dépôt
NÉ NAIN ET AMPUTÉ ENSUITE
NÉ NAIN ET AMPUTÉ
ENSUITE PUIS TOUT DOUCEMENT
DEVENU AVEUGLE ET POURQUOI
PAS SOURD ET MUET LE TOUT
PAR CHOIX PERSONNEL
s'obstine s'acharne bave l'ustensile inopérant
veut insiste appuie s'épuise l'automate
incapable
curete lessive plume déterge la machine
érotique
et dansent les insofern dans les têtes
allemandes
doch doch doch
tout ce qu'il y avait à voir a été vu
et redit avec la même langue saburrale
et entendu plus souvent encore
répétons-le une nouvelle fois
encore
telle l'incise fluviale
le train traceur et
le frimas fugace impossible
à photographier il faut alors se fier
au peu de mémoire qu'il nous reste
pour qu'il ne soit pas impossible
de tout répéter encore
une fois les vols déterminés
par-dessus des océans tournants des
continents fracassés
ou des étangs séchés
il était temps
de se dire tout
sans se taire et sans
tomber en larmes et sans
faire écumer la colère cyprique
de nos vieux acides
ah oui c'est vrai j'oubliais
combien incertain
la fluidité
des mots aveugles
qu'on narre dans des écrans bleus
et qu'on trie
entre les balles
ça sonne vrai surtout
ce qu'il y a de beau surtout
lorsqu'on regarde
ailleurs que chez soi
chez la voisine
par exemple
ou bien l'Étoile Vesper s'est éteinte ou bien
un nuage s'est installé juste devant elle dans
le ciel pour de bon ou bien je suis devenu
sourd ou bien je suis devenu con
ouvre la porte ferme
la fenêtre les courants d'air
s'entrechassent dans tes cheveux verts
écoute
ce bruit de chute
ce flop
ce flap
le cri du criquet
qui pleure
la mandibule
écrasée
par terre
qui chiale
et qui gémit
dans l'indifférence
la solitude
la souffrance
l'oubli
au milieu ou dans les marges
gloméris en boule
dans la litière orange
à bout d'espérance
gloméris en boule
les pattes racrapotées
rien qu'un peu
de pluie
un verre d'eau
pour colibri
et une seule goutte
d'amour
dans un ciel
tout gris
oui rien qu'un peu
de vent
qui monte
qui descend
et encore
il faudrait surtout dévisser
ce soleil chu
ce trou noir bouché
et les rires durs
les larmes lucides
les kilos d'amertume
c'est drôle encore
tomber et se luxer
la nuque c'est drôle
encore je ris
et de ses amis
songes futiles et coloriés
ses amis qui trébuchent
dans sa tête râpée
tête de putois
extrait de Je n'y connais rien en nénuphars