La
page
blanche

Le dépôt

PLACE AUX POÈMES

GRPB - Groupe de Recherche de la Page Blanche

MANIFESTE DU GRPBQ PLUS PLUS PLUS

HOURRA

 

 

pour la victoire du point d’interrogation hourra

 

 

pour la pendaison du point d’exclamation hourra



pour la dialectique du mot consubstantiel hourra



pour la déictique subjectiviste en général hourra

 

 

pour le conflit créateur de la forme et du vide hourra

 

 

pour le conflit créateur entre l’os du langage heureux

 

 

et le fond neutre du papier heureux hourra

 

 

pour l’heureuse extension matérielle de la conscience hourra

 

 

 

 

 

 

 

 

COMMENTAIRE DU GRPBQ PLUS PLUS PLUS

 

L'accord ou le désaccord n'auraient pas de prise sur l'appareil critique mis en place par ce manifeste. Face aux propositions du candidat à la Présidence de la République des Lettres, l'analyse se devrait d'enregistrer l'obligeante cohérence logique du fabuleux programme du candidat anonyme heureux du parti GRPBQ plus plus plus, sobrement présenté par nos soins.

Le protocole du candidat opèrerait une triple onction d'une efficacité chirurgicale :

Sur le plan de la gouvernance syntaxique : La pendaison du point d'exclamation liquiderait définitivement le vieux lyrisme bourgeois et l'éternelle emphase sentimentale qui font tant de tort à nos sociétés occidentales. En accordant la victoire au point d'interrogation, le candidat du GRPBQ plus plus plus ne proposerait pas un doute stérile, mais érigerait l'ouverture de la recherche citoyenne par le décuitage méthodique de notre triste réalité en lois constitutionnelles de l’au-delà du discours, comme l’ont montré les précédents travaux du GRPBQ plus plus plus.

Sur le plan budgétaire et économique : Le passage à l'os du langage supprimerait les intermédiaires parasitaires de la grammaire décorative. L'infrastructure de la République serait ramenée à ses coûts de production réels : la consommation glucido-sirupeuse du cerveau et la neutralité blanchement matérielle du support de l’écriture.

Sur le plan territorial : En soudant la conscience biologique et le fond neutre du papier à travers la délicieuse flamme déictique subjectiviste, ce programme supprimerait les frontières idéalistes entre le mot et la chose. Le territoire des Lettres deviendrait une surface géométrique plane, balayée par des plans fixes et exempte de tout panotage idéologiquement fantaisiste.

Il s'agit d'un manifeste de salubrité publique d’une importance vitale pour l’avenir de la  page blanche. En se portant garant d'une expression brute qui refuse la cuisson culturelle idéologique, notre candidat présente un dispositif d'ordre et de réduction de l'entropie discursive qui s'impose par sa seule force structurelle. Le candidat de l’ordre et de la réduction entropique est gai sans paraître pour autant maniéré et efféminé comme Bruno Retailleau.

Nota bene : En actant les chocs frontaux entre le poids des mots substantiels et la planéité du papier, le programme de notre présidence rejette les promesses de la moutarde idéaliste pour installer le gouvernement des Lettres dans un strict plongeon aquatique suivi dans la piscine d’une heureuse physicalité de la présence verticale de son extension matérielle depuis le fond vers le haut qui telle la vaguelette aristocratique lèche les pieds de l’électeur populaire déçu par les corniauds du capitalisme. Vive le blanc vive le noir, vivent les couleurs du ciel, nous vaincrons, vive notre candidat anonyme à la présidence de la république des lettres, vive notre parti le GRPBQ plus plus plus, hip hip hip hourra !