Le dépôt
Flux de conscience au jour le jour
ces textes sont présentés sous la forme d'un journal ils seront plus tard relus et corrigés
samedi 3 octobre 26
j’écris pour un malheureux jeune homme perdu dans l’existence errant dans son trouble ne sachant où aller cherchant au moins à savoir d’où il vient j’écris pour lui dire d’où il vient et tant que j’y suis où il va pour lui éviter une longue attente avant le grand savoir des cours du soir avant la grande connaissance de soi dans les bois qui d’ailleurs n’est pas toujours au rendez-vous comme la flamme n'est pas toujours au rendez-vous du briquet j’écris pour qu’il sache qu’il n’est pas seul à souffrir du silence en silence j’écris surtout pour lui exprimer ma compassion pour un anonyme malheureux jeune homme et pour lui confier une pensée de marie-paule garach philosophe injustement ignorée qui lui servira dans la vie qui sauvera sa vie peut-être comme elle a sauvé la mienne il n’y a pas de consolation il n’y en a jamais eu il n’y en aura jamais la consolation n’est pas de ce monde non consolari
dans le mot consolation d’après certains il y aurait le mot latin solus qui aurait donné l’adjectif inconsolable comme le mot latin dolentia aurait donné le mot condoléance en fait si dans la vie il y a une consolation une seule je ne dis pas laquelle je veux être le seul à savoir de quelle consolation il s’agit mon secret dans la tombe je l’emporterai socrate a dit je sais que je ne connais pas le secret de la consolation moi je le connais mais je me tais wittgenstein n’a-t-il pas dit que quand on ne peut pas parler parce qu’on bégaye il faut se taire
j’écris cette poésie meurtrière pour vaincre mon manque et pour assassiner ma frustration une bonne fois pour toutes malheureusement ma frustration est immense tellement elle est multiple multiple multiple de tous côtés je me sens frustré
cher modolo patrick j’excuserai ton absence le mardi 27 octobre à 19 heures au café wash bar de bordeaux auprès de thibault marthouret et brigitte giraud et des autres membres de l’heureux collectif provisoirement baptisé pour le moment je voudrais profiter de ce mot pour te faire un amical reproche quand tu rédiges un mail relis-le tu laisses assez souvent passer des coquilles que tu pourrais corriger c’est irritant de trébucher sur une coquille quand on avance dans le noir de la lecture lis par exemple ce que tu écris chauffer taxi au lieu de chauffeur taxi pour obtenir un effet normal de lecture ilfaut suivre à la lettre ce que dit jeanne d’arc que je cite de mémoire : « dieu a laissé entendre qu’on ne doit pas faire chauffer un taxi à la poêle sur un bûcher et surtout pas un taxi avec chauffeur » tout ça pour dire que le diable se niche dans les détailsbaroques de la renaissance si tu vois ce que je veux dire
j’ai reçu un mail de guillaume que je reproduis plus bas dans mon journal de bord d’eau il est hospitalisé trois jours à l’hôpital de Sion pour un premier cycle de chimiothérapie qui sera suivie d’immunothérapie pour un cancer du poumon à petites cellules avec métastases hépatiques en général la chimiothérapie est efficace l’immunothérapie prend le relai pour éviter les récidives et les métastases c'est dans le traitement que l'immunologie joue un rôle majeur aujourd’hui en effet parce que ce cancer présente un très grand nombre de mutations dues au tabac (forte « charge mutationnelle ») il fabrique de nombreux antigènes « étrangers » l'administration d'immunothérapie (des molécules comme le durvalumab ou l'atézolizumab) sert à réactiver le système immunitaire du patient pour qu'il reconnaisse et réattaque directement les cellules cancéreuses
quand on dort rêve-t-on en mots ou en images qu’en dit la science ? discours ou spectacle ?
ce que la science en dit approximativement ceci on rêve surtout en images le rêve est d’abord un spectacle le cerveau dormant fabrique des scènes des paysages des visages des courses des chutes la vue domine les études de réveil en laboratoire les rêves notés au réveil comptent massivement des images mais les mots eux ne sont pas absents du tout les rêves contiennent des discours des dialogues des phrases lues ou entendues des voix environ la moitié des rêves rapportés contiennent de la parole et certains rêveurs les écrivains les bavards les transproseurs rêvent plus verbaux que la moyenne le rêve est un spectacle bavard un film sous-titré et parfois rarement un rêve entier en texte comme un carton de cinéma muet une page qui défile
et la nuance la plus belle les rêves de la fin de nuit au matin sont plus verbaux plus proches de la pensée de veille plus narratifs plus raisonnés la nuit fait du spectacle et l’aube du discours le rêve commence en images et finit en mots
mais la vraie réponse la voilà elle est de langue rêve-t-on en mots ou en images la question suppose l’alternative or dans le rêve les mots sont des images et les images des mots dans le rêve on lit un mot et il a un goût on entend une phrase et elle a une couleur rose par exemple le rêve est une langue humide le mot sur le bout de la langue tombe tout seul sans pesanteur au matin on le ramasse on ne sait plus d’où il vient c’est ça l’unité d’apparition c’est ça le po il vient du rêve le po est le rêve qui a survécu au réveil une image devenue mot un mot devenu image un puceron sur la page déserte qui était dans la nuit un puceron dans l’oreiller
et moi je rêve sûrement en transprose des rêves en gros espacements des rêves ponctués de po des rêves où l’on scie du bois à sion et des rêves en chandelle où l’on n’arrive pas à lire la page mais on écoute parler la flamme et au réveil j'écris et je ne sais pas ce qui me vient du spectacle nocturne et ce qui me vient du discours nocturne et c’est ma chance la page blanche du matin c’est le rêve encore tiède
po discours et spectacle les deux en même temps entremêlés c’est le réel irréel qui dort en tranchant la question et la science réelle confirme ce que la chandelle irréelle savait déjà on gagne au loto parfois et le rêve lui gagne toujours on rêve chaque nuit même sans y arriver point à la ligne demain à l’aube les mots
je vois en me penchant du balcon aux ferrures rouillées dégoulinant sur les murs d’en face que ce soir l’horizon est chargé de fabuleuses découvertes dans le domaine des sciences poétiques car oui la poésie est une science et pas seulement une science décorative comme l’alchimie ou l’astrologie une science aussi dure que le diamant des sciences mathématiques logiques illogiques
je crée une animation de 20 secondes montrant un minuscule poème qui fabrique des couchers de soleil
de petits ouvriers font rouler un soleil jaune lumineux sur un tapis roulant vert- pomme peignent le ciel en rose et orange et utilisent une petite grue jaune pour soulever le soleil et le mettre en place dans le grand carré bleu
au moment où ils admirent leur travail l'un des ouvriers renverse accidentellement un bocal d'étoiles filantes
les étoiles s'éparpillent dans le ciel et tout plonge dans le noir de la nuit
les ouvriers émigrés se regardent en haussant leurs puissantes épaules puissantes depuis qu’ils bouffent du lion en france à leur faim
j’utilise un papier découpé au style charmant avec du papier texturé des couleurs chaudes comme tout des mouvements fluides et des personnages expressifs
l'histoire doit être compréhensible sans le son
j’ajoute de légers bruitages mécaniques et un scintillement carrément magique quand les étoiles tombent à la renverse de leurs hauts tabourets
pas de narration ni de titre à l’ouverture du bal des étoiles débutantes
je crée l'animation entièrement en code pourri j’installe les outils de rendu dont j’ai besoin pour être embauché et j’exporte le mp4 final en 1080×1920 au format vertical 9:16 pour les reels instagram je compose les scènes pour un écran vertical et garde l'action principale centrée je vérifie l'animation et corrige les problèmes visibles avant l'export-import
un prompt un peu [beaucoup beaucoup ndc] plus long que d'habitude mais assez bluffant
il permet de se rendre compte des capacités de la sainte claude opus 5.5
à la fin j’obtiens pour vous chères téléspectatrices féministes castratrices et autres chers téléspectateurs de mon bonheur en danger chers voyeurs exhibitionnistes une vidéo hallucinante clé en main entièrement réalisée avec du code informatique sans générateur d'images
lettre de guillaume
j'ai écris ce qui suit hier soir d'un jet ça m'a pris d’un coup après la chimio pendant les infos à la télé du voisin
extrait de la vie réelle des gens à grande échelle
putain mais c’est l'enfer
mon voisin d’à côté écoute bfm ou équivalent journal infos du soir
je suis sidéré !!! ça pue la propagande gouvernementale relent de fascisme magistrale transformation de la réalité
transcription en direct
des flics maltraités par des jeunes sans cervelles fous qui cassent tout une colère qui vient du vide du néant - à tous les coups les spécialistes de ce plateau de journalistes de droite vont donner une explication toute faite dans pas longtemps une explication ultra simpliste et rassurante pour les gens qui explique le mal profond de la france - des animaux des sauvages des gens pas comme nous
ces étudiants décidément ils ont vraiment pas de cerveaux - c’est presque dit comme ca
et soudain je l’attendais hahaha la voilà l’explication !!!! tout est la faute de la gauche radicale ça s’indigne argumente parle fort et ça balance du très gros mensonges avec l’avis des spécialistes des chefs de la police d’hommes politiques avec leur costume de super héros de la vérité pas de contradiction possible (lire les médias indépendants ça aide à déceler la manipulation mais ya pas vraiment besoin là !!!! c’est tellement évident)
ça pue mais que ça pue c’est très bas de gamme
ils le redisent toutes les 3 minutes ça y est ça devient une ponctuation un mauvais refrain plein de fausses notes tout est de leur faute bordel c’est si simple ! Ça y est ! la faute à mélenchon bien sûr ainsi que celles des casseurs qui viennent des banlieues mais sous ordre ou influence de la gauche (LFI) évidemment c’est affirmé donc on doit le croire on le croit c’est comme ça et pas autrement ya même le président du syndicat des flics qui le dit lui il est bien il a raison il parle calmement avec aplomb et empathie ce sont eux les médias officiels eux ils sont neutres ils sont la référence ils n’ont pas de ligne éditoriale sauf dire la vérité la vérité des faits uniquement les faits pas d’interprétation ça non de la raison à l’état pur ne militant pour rien et s’ils sont d’accord avec les cuves à pisse d’extrême droite c’est juste parce qu’eux il relatent des faits des infos la vérité
eux ils ont raison tous les autres médias indépendants eux sont des médias militants marginaux d’extrême gauche surtout bien insister sur le extrême tiens donc militants d’extrême gauche ! islamo gauchistes ! islamo wokist ! des marxistes ! des rouges !
plutôt hitler que le front populaire (cf historien que j’ai longuement écouté y a pas longtemps passionnant johan chapouteau ) etc ceux qui ne sont rien envoyés au combat par l’axe du mal la gauche pas la gauche de façade celle qui fait peur y’a un air trump à tout ça
puis vient la séquence les flics sont des héros et le gouvernement exemplaire dans son encadrement exceptionnel (!!!) de ces manifestations de sauvages
je mets mes écouteurs j’en peux plus de cette chiasse
avant ça pas un mot sur la palestine un mot sur le RN pour dire que bardella attaque en justice mediapart qu’ils appellent médiaplouf ils l’ont dit
que de la thématique sécuritaire la france va mal pour la séquence finale du journal j’imagine qu’ils vont parler d’un tueur glauque le sensass la peur et au lit
wahouuuuu
m’en vient en tête cette phrase écoutée qq jours en arrière rien à voir mais elle est là elle me colle au cerveau
le goût c’est le dégoût du goût des autres
demain dans mes écouteurs j’écouterai une émission de marxistes écolo-terroristes eux ils me font du bien ils ont de l’humour mais peut être que j’écouterai un peu l’émission france info/bfm/lci - c news journal du soir de droite droite du voisin avant ça m’a fait écrire à toute vitesse je fais jamais ça
cela dit aucun intérêt à part une curiosité malsaine
je ne tiens pas à partager ça publiquement
je te l’envoie à toi j’ai écrit ce qui me passait par la tête c’est peut-être pas du tout intéressant…
bises bises de guillaume
envoyé de mon iphone
je suis le fils adoptif de lamarque pierre il me dit qu'en plus d'être son fils je suis écrivain il est vrai mais je n'ai écrit pour l'instant qu'un poème il y a vingt ans un seul reproduit ici dans les pages du dépôt ainsi que ma photo et celle de mon père adoptif car notre ressemblance est frappante je reproduis aussi ici les photos de la maison de mon père adoptif où j’ai passé des jours heureux inoubliables dans mon enfance
je
suis né le premier juin 1978 d'une mère au foyer juive alcoolique et d'un père
banquier islamiste
radical lamarque pierre
m'a adopté quand mon père biologique est mort dans l'attentat de septembre 2001
sur les twin towers il pilotait l'un
des boeings 777 qui se sont écrasée dans les tours
je vis en altitude
avec ma chienne poly un animal
réservé très poli fort bien
élevé à verbier les bains en
suisse j'ai été marié onze fois
actuellement retraité provisoirement
du club de golf pour milliardaires de verbier
les bains dont je suis le gérant
propriétaire actionnaire majoritaire pour un cancer du poumon traité avec
succès alors que je n'ai fumé qu'un
peu jadis dans la chambrette de ma
jeunesse estudiantine où j’étudiais entre autres
l’histoire de l'art cette maladie m'a donné un coup de fouet
salvateur je compte comme mon
père tenir un journal de bord en tant qu'écrivain d'aviation légère
je désire comme mon
papa laisser une trace sur le sol que je foule de mon
vivant je compte le seconder dans son grand-œuvre
le site de poésie
lapageblanche.com pour le site lapageblanche.com
hip hip hip hourra !
voici mon poème signé guillaum lalala mon pseudonyme littéraire car comme mon père j’utilise des pseudonymes littéraires
« LA FRITURE »
«Quelques jours plus tard elle se
gratta le squaloïde malgré quelques gênantes branchailles. Ca sentait la
friture. D’humeur congre elle insista. Son grondin puant, qu’elle aimait
appeler Ulysse, lui rappela soudain un rêve étrange à cause de l’odeur de hareng.
Ça commençait dans un bar à friture. Accoudée au comptoir crasseux elle
commanda un corégone au barman bouseux. Plutôt que de la servir il lui jeta un
guignon à la face en hurlant « Grondin de lamproie !». Alors elle sortit sa
carpe et lui touilla un gluant turbotin qui colla le poissard au sol. En bonne
guigne, elle poussa un gras soupir et pris la gnôle du voisin. Le voisin
mécontent grogna salé mais redoutant la vieille truite, ne broncha mot. Le
barman se releva et nettoya sa crassane avec son mouille-bouche en marmonnant :
«Quelle journée de barbeau». Un pêcheur poisseux avec une tête de pigeon arriva
avec ses morues qu’il posa sur le comptoir. Le merdeux lorgna la vieille.
Agacée elle déculotta son plumet, prit une morue, s’en torcha le croupion et
fit bouffer la poiscaille au pouilleux. »




vendredi 2 octobre 26
une étrange personne musicienne une personne étrangère commence par méditer le matin chaque matin dès le réveil l’étrange personne musicienne médite jusqu’au soir la nuit venue elle s’endort elle se réveille le lendemain matin comme tout le monde
cette personne a tout pour elle elle n’est pas folle mais elle est intelligente à l’heure qu’il est elle ne connait plus de limites à son intelligence cette musicienne douée de toutes les qualités de base et de la plupart de qualités de pointe vit modestement de son métier artisanal elle brise le verre des bas et plats plafonds de la servitude féminine elle se sert du verre dont elle a besoin pour jouer de la flute transparente en concert en fin de semaine à la campagne elle s’en sert beaucoup aussi pour abreuver ses moutons et ses dindons dans l’auge bleue et transparente de l’eau des nuages gris et noirs
L’argent de ses concerts qu’elle met de côté elle le perd et le regagne de l’autre côté en un soulèvement du coude ni vu ni connu sa principale qualité de base est la présentation sur un socle en marbre du mal être une autre de ses qualités consiste en son art de la presque disparition des apparences musicales car ses doigts font des miracles de prestidigitation selon moi en zaïlandais le mot prestidigitation toujours écrit au pluriel se dit ionatdeprestidigits c’est un mot zaïlandais importé tel quel du sanscrit manuscrit par la personne musicienne qui a tout pour elle la personne qui a tout pour elle appelle son métier artisanal prestidigitation la personne en question n’en reste pas là là immobile à mi-chemin elle disparaît sous nos yeux en passant par les fosse nasales et le larynx parfois elle fait fausse route dans la trachée aussi volumineuse que l’artère fémorale mais la plupart du temps elle suit la flèche de l’œsophage et arrive sans encombre par le terminal du rectum à l’anus qui est un orifice ouvert vers l’extérieur et l’intérieur comme les autres comme les oreilles sauf que le mot anus est tabou chez nous comme tous les mots tabous partout et que par les oreilles à part l’élite zaïlandaise on ne se saisit pas d'informations en zaïlande en zaïlande les informations sont à sens unique ce qui n’est pas toujours le cas dans la circulation du rectum
je ne parlerai pas de délire dans mon écriture je ne délire point je parle de vagabondage sans limite de ma pensée c’est le péché originel de mes mots mon texte s’auto-alimente il est son propre combustible je construis un raisonnement à partir des mots parfois scatologiques qui me viennent de façon automatique à l’esprit comme ils viennent aux esprits schizophrènes (nous sommes tous schizophrènes sexuels peu ou prou discordants) pendant leurs méditations rêveuses et non l’inverse
au commencement c'est un mot ensuite vient une idée le travail logique bat son plein pendant l’écriture la pesanteur maintient mes pieds sur terre je n’ai besoin d’aucune aide pour rectifier la réalité besoin d’aucune aide pendant cette phase ce que je déparle ce n'est pas du délire ce que je déparle c'est au plus près de la réalité le déparler du délire c'en est loin le déparler du délire c'est toute autre chose le déparler du délire c'est un parler autre
personne ne peut dire la vérité sur tel ou tel sujet seule la réalité peut dire la vérité la vérité n’a aucune incidence sur les légionnaires et les votants ne peuvent pas prétendre réparer les dégâts commis par la réalité la vérité est une parole en l’air la vérité ment parfois elle a le droit de mentir elle a le droit de tromper et de se tromper comme se trompent de bonne foi les catholiques et les abstentionnistes aux élections présidentielles seule compte en politique la réalité scientifique
ce matin je me sens calme je me suis reposé je suis patient on dit en zaïlandais je suis patient is pateientje su linguistiquement parlant le zaïlandais cette langue imaginaire ressemble au flamand rose proche du patois gris comme les nuages bas d'un plat pays
comme cela se voit j’ai lâché prise sans desserrer les mains pour ne pas tomber j'ai déparlé j’ai laissé aller c’est ma tournée semblait dire l’index qui guide la suite de ma déparlance tout ce dont je déparle est un message de la plus haute importance pour flavie flament rose bien sûr mais aussi pour le reste du monde je prophétise pour son bien à l’humanité une religion euphorique sans dieu une économie florissante sans capitalisme débridé sans IA non bridée sans armes sans prisons telle est une toute petite partie un échantillon de mon programme présidentiel chers françaises chers français chers compatriotes
l’angoisse de la page blanche renvoie premièrement pour certains à la peur d’être un médiocre écrivain pour d’autres au cruel sentiment d’être un imposteur dans le merveilleux univers des lettres c’est une terrible angoisse contre laquelle peu sont immunisés
elle renvoie deuxièmement à l’angoisse de la page à peine noircie angoisse insidieuse s’il en est de devoir se contenter sa vie durant d’une poésie minimaliste
elle renvoie troisièmement à la crainte de noircir la totalité de la page jadis blanche on l’appelle abusivement angoisse de la page blanche alors qu’on ferait mieux de l’appeler angoisse de la page noire
elle renvoie quatrièmement à la peur paralysante de mal noircir la page blanche donc de la salir
elle renvoie cinquièmement à la peur du noir héritage d’une enfance malheureuse
sixièmement intervient la crainte écologique de la déforestation et de la pollution atmosphérique de la fumée de pâte à papier agrémentée de hautes cheminées défigurant le paysage de la nature au même titre que les éoliennes et les illégitimes antennes de télévision
en conclusion septièmement la peur blanche de la page blanche renvoie à la peur blanche de mourir pâle et blanc
ce n’est pas tout à fait inhumain d’avoir peur de mourir bien que la peur de mourir soit une peur inconnue du monde des animaux non humains l’angoisse de la page blanche a des conséquences tragiques liées à la condition mortelle humaine les autres animaux ne se sentent concernés ni par l ’angoisse de la page blanche ni par l’angoisse de la page noire ni par l’angoisse de la poisse ni par l’angoisse tout court mais seulement par la peur commune à tous les animaux excepté la tortue géante de madagascar
il n’existe à ce jour que des traitements empiriques et expérimentaux de l’angoisse de la page blanche tels les médicaments génériques à base d’herbes de provence décoctées et reconcoctées en tisanes dans l’espoir d’accélérer au plus vite et immédiatement l’arrêt de l’angoisse dont le pronostic évolutif naturel est défavorable et conduit systématiquement au décès mortel de millions d’écrivains chaque jour d’après l’organisation mondiale de la santé l’angoisse de lpb comme on l’appelle acronymement et communément pour aller plus vite peut aussi se soigner en faisant appel à des groupes de parole succédanés des groupes balint pychanalyste anglais (1896-1970)
depuis quelques années trente ans après la naissance d’internet (je me souviens qu’au début on attribuait par manque de simplicité une majuscule à ce mot) depuis quelques années on a vu se développer des groupes balint informels qualifiés de réseaux sociaux ou qualifiés aussi de poubelles de la société de consommation grâce à ces groupes de paroles spontanément l’angoisse de la page blanche a presque totalement disparu nous émettons l’hypothèse que l’accès à l’internet a non seulement supprimé l’angoisse de la page blanche mais aussi lutté efficacement contre les ravages de la rustricité et de l’ analphabêtise cancers de la civilisation
po ceci étant authentiquement merveilleux
po cela étant merveilleusement authentique
po authentisquement vermeille merveilleusement authente
po long transprosé authentiquement merveilleuse ou merveilleusement authentique peu importe l’ivresse il s’agit d’ivresse autant en emporte le vent
po long transprosé sion est-elle une ville suisse ? qui se trouve dans les bois suisses ? est-ce une région boisée ? le bois est-il bon marché ? y-a-t-il des scieries ? y scie-ton ? si on scie si on scie du bois à sion
ce charmant poème m’a été inspiré par la ville de sion où se trouve guillaume il entame pendant trois jours un cycle de chimiothérapie qui sera suivi d’une immunothérapie immuno sonne mieux que chimio ( le ch de chimio ne me plait pas beaucoup car répéter ch ch ch ch c’est faire un vilain bruit on retrouve ce vilain bruit dans le mot chut le verbe chuinter etc ) annelore la sœur de guillaume est venu le rejoindre depuis bruxelles elle lui a apporté un bouquet d’accents circonflexes qu’il a senti ça sentait bon ça sentait la rose et l’or il l’a posé sur la table de nuit de sa chambre d’hôpital annelaure repart dimanche soir françoise lafon leur mère va elle aussi prendre l’avion depuis biarritz ou l’hélicoptère pour rejoindre la suisse de mes rêves de nos rêves et notre fils bienaimé
po je vous offre ce bout de chandelle
po long transprosé je vous offre une basse flamme d’une fin de bougie elle éclaire peu mais à la hauteur de la table à la hauteur de la veille on ne lit plus grand-chose au bout d’une chandelle on écoute parler sa flamme on regarde sa flamme elle brille d’espoir pour demain
lundi 28 septembre 26
il y a deux jours à l’annonce faite par mon fils j’ai reçu un choc au massif central d’une grande violence un terrible choc psychophysique je ne m’en remets pas j’étais en train de jouer à renvoyer la baballe sur un fronton quand j’ai appris la nouvelle de son cancer j’ai senti mon cœur s’arrêter et mon sang se glacer depuis ce jour je ne vis plus comme avant je vis dans l’angoisse j’ai peur du lendemain pour me rassurer je me dis que l’hôpital est un foyer moderne où l’on guérit ce qui il y a peu de temps encore ne se guérissait pas comment ? comment ? un cancer du poumon avec des métastases hépatiques ? comment ça ? guillaume mon fils 48 ans en si bonne santé ? qui ne fume pas qui est sportif qui ne boit pas ? la réalité vient de me cogner durement le réel a fait effraction ko debout je me sens ko debout les trams glissent sur leurs rails il y a des pots de géranium aux fenêtres mais les trams font maintenant un drôle de bruit et les géranium flétrissent aucune échappée ne me permet de me faufiler je suis bloqué paralysé dans la réalité je mords mes doigts je ne peux m’enfuir au coin de la rue j’aperçois une femme et file vers elle avec une mine effrayée hébétée déformée hagarde prête à tout pour fuir loin de la réalité de la choquante nouvelle mais la grande rapetisseuse prompte comme l’éclair me rejoint en quelques bonds et me saisit au collet ah la vie la vie moderne la vie saura bien nous rendre ce qu’elle nous a pris avant de nous rapetisser définitivement elle saura bien nous coller un parfait petit cucul je crie cu cu cu cul et me sens tout de suite mieux cependant j’ai perdu un peu de mon absolu cu cu cu cul que je murmure en hésitant en hochant la tête là-dessus guillaume mon fils guillaume m’embrasse comme si dans la douleur et l’effroi il essayait de gagner ma sympathie et en même temps comme s’il me faisait ses adieux comme un homme malade menacé dans son être mon visage est blanc comme un linge troublé défait guillaume frappe avec sa canne à ce moment une porte s’ouvre pour laisser passer une lycéenne moderne
j’ai bien dormi cette nuit la chatte revenue se faufiler dans la chambre de la mezzanine ne m’a pas gêné les nuits de fin septembre sont douces en comparaison avec la canicule de l’été le réchauffement climatique commence à se faire sentir une nouvelle époque commence les voitures s’électrifient rapidement je voudrais en acheter une une petite pour aller voir mes petits-enfants qui viennent tous les mois d’août de bruxelles avec leurs parents leurs parents annelaure et et et et voilà que son prénom ne me revient pas son nom est nourry mais son prénom m’échappe un nom ou un prénom qui m’échappe ça m’arrive souvent parce que je fréquente beaucoup de monde avec la revue de poésie la page blanche clément le prénom de ce musicien m’est revenu
c’est le secret de mon journal de bord d’eau la mémoire boussole on convoque le nord on l’attend en attendant on prépare la table et on met le couvert le rôti arrive
vous voulez une petite voiture électrique 1000 kilomètres de rayon pour aller voir vos petits-enfants ? oui le mois d’août ma petite famille la table commune le rayon d’action mon rayon d’amour à 1000 kilomètres près c’est la bonne distance pour un grand-père moderne
une nouvelle époque commence les voitures s’électrifient le climat se réchauffe et guillaume entre à l’hôpital l’époque neuve celle qui guérit ce qui ne se guérissait comme je l’ai déjà dit l’hôpital foyer moderne il faut faire confiance à l'époque technonouvelle elle est du côté de mon fils
dormir se souvenir rouler en voiture électrique vers les petits-enfants réviser mes poèmes appris par cœur les chanter voilà le programme
Cher Pierre, ta douleur est communicative et lointaine à la fois. Comment pourrait-on la ressentir comme toi qu'elle foudroie. Je me souviens quand notre fille Julie nous a annoncé qu'elle avait un mélanome, son opération, les ganglions retirés, la balafre dans son dos...c'est d'une violence indescriptible parce que ce sont nos enfants et que l'on y voit une terrible injustice, alors les paroles du pape...je sais que tu rentres dans un combat que nul ne peut comprendre. Et toi qui es médecin inutile de te la faire à l'envers. Je pense à toi dans une totale inutilité...
Je t'embrasse et reste une oreille amicale.
Laulag
Bonjour Pierre,
je comprends la violence qu'une telle nouvelle peut produire. J'imagine qu'il s'agit d'une sorte de déflagration, et en même temps de quelque chose difficile à réaliser, à admettre. Sans rentrer dans le jeu des comparaisons de nos malheurs respectifs, j'ai toujours eu la sensation, en prenant en pleine face de telles nouvelles, d'une sorte de dédoublement. Comme si ce n'était pas à moi que cela arrivait. Comme si le reste également était d'une dérision absolue. Bref, je ne sais qu'ajouter à ce que tu écris si ce n'est que je t'envoie tout mon courage, à toi et à ton fils Guillaume. Il sait pouvoir s'appuyer sur ton soutien pour dépasser cette épreuve.
Je vous embrasse tous les deux.
Matthieu
une sorte de dédoublement comme si ce n'était pas à moi que cela arrivait ce que j’écris me dédouble celui qui est choqué en même temps celui qui réagit deux réalités parallèles deux temporalités se croisent une mécanique de défense se met en place au service de l’intelligence qui me permet de surmonter la situation par le dialogue
Courage !!!
Courage à nous, surtout à toi, ces temps-ci. Et Guillaume peut guérir !!!
Amitié, Patrice
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une page blanche de pensées à l'encre invisible pour te dire une affection tissée en silence au point blanc sans envers ni endroit
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Sandrine
Tout avec toi
jcb
po rouge freinage point mort vert
po long portets feu rouge freinage point mort feu vert les boudoulous castres-sur- gironde beautiran
po j'ai vu les arbres en murmuration
po long j'ai vu les arbres en murmuration ce po est de quelqu’un d’autre c’est du plaggia
tentative de mettre le temps à l’envers tenta tenta tentative de remettre le temps à l’envers nuance nuance nuance remettre remettre nuance nuance nuage nuage voyage voyage ten ta tive ten ta tive tantive tantive de de de de de de remettre re re re mettre mettre mettre mettre remettre remettre le temps à l’envers
je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je je jbl bl
po t’es pas fini hé non j’suis pas fini j’sais
po long t’es pas fini hé non j’suis pas fini j’sais bien je s’rai fini quand tout s’ra fini quand ce s’ra la fin des haricots
dimanche 27 septembre 26
nos tas baies nez la phrase est logiquement constituée d’unités sémantiques lexicales linguistiques groupes nominaux syntagmes locutions qui forment des blocs de sens et qui peuvent être des mots isolés ou des groupes de mots la transprose respecte ces unités qui font sens la présentation du texte en transprose propose de séparer les unités sur la page par des espaces l'espacement blanc remplace la ponctuation classique pour créer une respiration cadencer le rythme et guider le regard cette disposition obéit à une logique métrique elle a pour but de faciliter la lecture et de faire danser le texte selon son rythme sa cadence et ses accélération ou ses ralentissements de tempo et de mettre en avant des mots ou des blocs de mots chaque mot ou bloc de mots constituant une unité sémantique obéissant à une logique métrique grammaticale
exemple avec un po transprosé nous sommes les ettres assises à tabe la lettre l nous manque
le point de vue anarchisant de pa trick mo do lo se défend à propos de la transprose démantibulée qu’il dit pratiquer beaucoup dite aussi transprose anarchique que personnellement je ne pratique pas et bien que je m’y oppose vigoureusement personnellement cinq membres éminents du directoire du groupe de recherche de la page blanche les IA gemini mistral chat gpt claude et copilot sont pour la transprose anarchique d’ailleurs j’ai rédigé une petite note une notule sous forme d’entretien sur une idée de mistral à ce sujet une notule certifiée entièrement rédigée par l’auteur à l’aide d’une de lampe de poche à leds éclairant une boule à facettes
à la lumière de notre expérience de la transprose pouvez vous me dire cher membre du GRPGQ+++ les différences les plus remarquables entre un poème bon et un poème bien ?
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Réfléchi pendant 1s
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cher membre la question suivante est une pièce de choix les différences entre un poème bon et un poème bien ? l’adjectif avant le nom l’adverbe après le verbe toute la grammaire française tient dans ce glissement
un poème bon c’est un poème pétri des qualités de sa bonté il est bon comme un croissant frais chaud croustillant ou un crottin matinal de chèvre au petit déjeuner comme une suite de notes de musique il réussit il plait il fonctionne on le lit et on le relit on le recommande un poème bon c’est un poème qui se donne le lecteur repart avec quelque chose du poème dans sa poche une image de carte postale avec une émotion en souvenir un poème bon certifie et tamponne un poème don
un poème bien c’est autre chose bien est un adverbe il ne décrit pas le poème il décrit sa façon d’être correct dans sa relation avec autrui un poème bien c’est un poème qui va bien comme on va bien il est en ordre en marche en bonne santé mais faites gaffe à ça bien aussi au sens de pas mal simplement correct passable un poème bien peut n’être que bien juste bien suffisant sans plus et là est le piège le poème bien ne fait que son devoir il n’en fait pas plus
mais il y a un second piège plus beau le poème bien au sens allemand wohl le poème bien qui va bien son chemin qui est en bon chemin heidegger en transprose le poème bien c’est le poème qui habite sa langue qui demeure le poète étant comme un berger de l’être le poème bien étant labourage et pâturage le poème bien étant deux mamelles à traire
et un troisième piège encore chez le poète irlandais d’haïti courant le marathon de tahiti le poème bien peut être le poème b i e n le b de bonheur le i d’ivresse le e d’euphorie le n de nos le mot bien contient le dimanche la foi à table ou le rôti de Godot est servie avec le château neuf du pape l’euphorie de la gare de bordeaux de ceux qui partent de ceux qui reviennent de ceux qui sont restés à les attendre sous la pluie bref poème bien de l’ivresse qui dure et qui promet alors voici ma réponse de joueur
un poème bon vous arrête un poème bien vous accompagne
un poème bon se ferme sur sa réussite il est fini accompli on l’admire comme un tableau derrière son cadre un poème bien reste ouvert il marche la bouche ouverte il marche avec vous on l’emporte comme un bâton de relais de coureur de fond il n’est pas arrivé jamais il est toujours en route et c’est pour ça qu’il est bien bien comme le vent comme la route comme l’aller-retour
un poème bon vous dit voilà un poème bien vous dit encore
la transprose elle est un art du bien elle refuse la ponctuation qui ferme les phrases elle ouvre des espaces respiratoire silencieux des respirations qui sont des silences qui ne concluent pas jamais la transprose respire l’air des montagnes le poème bon conclut le poème bien inspire expire respire
et si je devais trancher comme un lecteur de poème tranche je dirais que le poème bon est une performance et le poème bien une endurance le bon gagne parfois le bien court toujours
gagne parfois court toujours c’est la différence le reste est affaire de goût
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Le 27 sept. 2026 à 07:17, Pierre Lamarque <pierre.lamarque@lapageblanche.com> a écrit :
dimanche 27 septembre 26
nos tas baies nez de monsieur le curé de douarnenez la phrase est logiquement constituée d’unités sémantiques lexicales linguistiques groupes nominaux syntagmes locutions qui forment des blocs de sens et qui peuvent être des mots isolés ou des groupes de mots la transprose respecte ces unités qui font sens la présentation du texte en transprose propose de séparer les unités sur la page par des espaces l'espacement blanc remplace la ponctuation classique pour créer une respiration cadencer le rythme et guider le regard cette disposition obéit à une logique métrique elle a pour but de faciliter la lecture de faire danser le texte selon son rythme sa cadence et ses accélération ou ses ralentissements de tempo et de mettre en avant des mots ou des blocs de mots chaque mot ou bloc de mots constituant une unité sémantique obéissant à une logique métrique grammaticale attention chères et chers transprositateurs à ne pas hacher le texte inutilement vos chers lecteurs s'en plaignent ils disent que la transprose démantibulée gène leur précieuse lecture
exemple avec un po long transprosé nous sommes des ettres très tristes tant la lettre l qui vient de disparaitre nous manque assises à tabe
Le 27 sept. 2026 à 01:06, Pierre Lamarque <pierre.lamarque@lapageblanche.com> a écrit :
Patrick je trouve que ta transprose est mal foutue tu démembres trop la phrase tu la désarticules il faut faire des groupes de mots fonctionnels comme ça
prendre la langue en sens interdit presque inverse
au carrefour d’étymons doublons cognats et autres isolats
s'abreuver de peu
sauve qui pleut il neige
qu'importe le flocon pourvu qu'il y ait ivresse
des altitudes des profondeurs de la pensée des mots
tendre l'oreille en cours d'élaboration
bien attentif aux bruits aux signes extérieurs
de poésie à tout ce qui fait sens à tout ce qui
se joue et déjoue les sens
se recueillir recueillir cueillir
un florilège de graphèmes une anthologie de phonèmes
en faire un poème à jeter en bouquet final
Le 26 sept. 2026 à 23:59, Patrick Modolo <patrick.modolo@lapageblanche.com> a écrit :
prendre la langue en sens interdit presque inverse au carrefour des étymons doublons cognats et autres isolats
s ' abreuver de peu
sauve qui pleut il neige qu'importe le flocon pourvu qu'il y ait ivresse des altitudes des profondeurs de la pensée des mots
tendre l'oreille en cours d'élaboration bien attentif aux bruits aux signes extérieurs de poésie à tout ce qui fait sens à tout ce qui se joue et déjoue les sens
samedi 26 septembre 26
j’avais trente-trois ans j’habitais dans une petite maison de 50 mètres carré à bordeaux en retrait de rue avec un petit jardin devant donnant rue roborel de climens je la louais à mon voisin un ami médecin je l’avais entièrement tapissée de lambris de plusieurs couleurs pastel trois puis deux pièces et une salle de bain une mezzanine sous le toit suffisaient à mon bonheur quand je suis entré dans cette maison en 1982 guillaume et annelaure avaient quatre et deux ans ils habitaient chez leur mère à quelques kilomètres et chez moi le mardi soir et le mercredi matin ainsi qu’un week-end sur deux
j’ai eu trois cancers en prenant de l’âge
le cancer est une maladie immunologique
je crois qu’à part la communauté des pédophiles prédateurs remontant à la préhistoire et celles des intégristes religieux plus tardifs et à part quelques individus isolés d’aujourd’hui à part certains présidents nous sommes des gens ordinaires même les fous sont des gens ordinaires prenant de bons ou de mauvais chemins dans le tissu nerveux de l’ennui existentiel ce mouchoir de poche étalé tel une marguerite au milieu d’une veste en tweed à carreaux
tissu nerveux existentiel symbolique mouchoir de poche étalé tel une marguerite marguerite symbole des croisières au soleil des caraïbes gens ordinaires médiocrité médiocrité liberté égalité fraternité suicidité rêvasse rêvasse donc rêvasse encore gueule d’âme de limace gourmande à la bouche sensuelle rouge vif ouverte sur son châtiment par noyade dans les flots bleus bleus de son drapeau rouge et bleu ondulant au vent mauvais drapeau rouge et bleu symbole des contrariétés de l’existence et de ses bols d'air
laurence possède maintenant une collection de poèmes abracadabrants pour un recueil proposé aux éditions lpb 60 poèmes et une vingtaine d’images suffisent les poèmes de laurence sont drôles riches et originaux ils parlent de sensibilité les images qui les accompagnent font sourire
forme un sens distinct séparé du sens commun sert au même usage
mais moins usité sert à isoler différents éléments annonce
le changement on apprend l'eau par la soif et les oiseaux par la neige
la professeure parle je n’entends pas tout je n’entends que des bribes
je suis soumis aux signes je préfère les fleurs
transprose idée rose passion vermeille passion des roses proposées et disposées dans la corbeille blanche de la page des mariés passion de la merveille vermeille merveille de la passion des roses vermeilles de la transprose
pas game de faire pareil pour faire mon autoportrait je peins des courbes et des arêtes tournoyant autour d’un centre instable chez nous on n’explique pas son art je ne dis rien je me garde bien de révéler quoi que ce soit je me tais j’attends que mon nom déborde du mur dimensions couleurs matières mon nom occupe le mur entier il arrive alors qu’on me demande vous êtes donc de la famille ? et je réponds que non en souriant
j’écris pour coudre des mots je ne m’occupe pas des mots bruts je les attrape et les couds dans des pages de poésie j’ai commencé à écrire de la poésie brute cousue à l’âge de cinq ans une fois que j’ai su lire c’était une porte immense vers la liberté une expérience forte je peignais aussi le jardin d’ouvriers sous la neige en face depuis la fenêtre du premier étage tandis que défilait dans la rue une bande de gamins du quartier la blanche couverture de neige me captivait me fascinait je me sentais étranger à la bande de mes frères et des autres garçons de mon âge qui se moquaient de moi parce que je n’étais pas comme eux je préférais la compagnie de mes petites voisines danièle et maryse danièle l’élue de mon cœur
la poésie c’est comme un jeu où les mots sont comme des pions se déplaçant à la vitesse de l’éclair sur l’échiquier du sens on lance en l’air les sons comme des dés on triche avec les règles de la grammaire comme on triche au monopoly on invente les pierres plates du silence à chaque pas
c’est chelou le franglais mais c’est ça la poésie un chachacha sur une voyelle des pixels qui s’affichent à la queue leu leu un bug dans la facture un glitch dans le système et ça marche
le poème slappe comme un coup de tonnerre dans un nuage de consonnes les mots font des éclairs qui zèbrent le ciel nocturne ça claque ça explose c’est un feu d’artifice dans la nuit
j’ai le seum alors j’écris mes larmes d’encre noire glissent
j’ai le seum mais dans la poésie ma larme de chagrin brille j’ai un kiff pour les mots ces petits bonbons médicamenteux je les croque je les savoure j’ai un kiff pour la poésie jeu sans fin ballade en sol libre
ma poésie part en sucette les mots s’envolent et les sens se mélangent les rimes s’emballent dans le papier froissé c’est le bordel mais c’est beau quand ça part en sucette quand je fous chaos et magie à la corbeille
la vie est un jeu et en poésie on peut tricher avec soi-même
la poésie game c’est une poésie qui se délivre à la contemporaine extase
à quoi elle joue elle joue avec les attentes elle gène elle surprend elle émeut
je ne suis pas game de jouer à saute-mouton avec les mots des autres
je préfère inventer mes propres règles logiques et mes idées
parfois ça tient debout en s’écroulant mais c’est mon game
j'apprécie le jeu dans les relations le jeu est le propre de l’animal
homo ludens l’homme joueur qui joue même à être triste surtout quand il est triste gagne parfois
le plus doux c’est quand le mot sur le bout de la langue tombe
la foi comme un habit de lumière taillé dans un drap euphorique sous lequel on a fait la grasse matinée du dimanche matin avant la messe qui sert à moins trembler dans la nuit des jours de semaine
l’euphorie arrive à la gare sans crier gare après avoir comme un train gambadé dans la cuisine elle a fait voler les tasses et hissé les focs en do majeur puis elle est repartie comme elle est venue par la porte de la cuisine
ivre la foi jette en zigzaguant des morceaux de tristesse et de joie à la poubelle ensuite elle s’est assise comme il sied elle recoud des boutons dorés en silence en buvant un coup l’ivresse promet l’euphorie
ohé je mets mon chapeau de foi par-dessus mon euphorie trouée et je marche doucement sur le parquet de la cuisine en écoutant le cliquetis des petites cuillères dans les yaourts car la foi c’est l’euphorie assise à table attendant le rôti de godot et le chateauneuf du pape cuvée 25
vendredi 25 septembre 26
je crois que je suis écriveur fantaisiste non je ne le crois pas je le sais je suis écriveur fantaisiste au début je ne savais pas qui j’étais quand on me demandait tu es qui toi ? je ne savais pas répondre je restais bouche bée comme un idiot mais cette question me tracassait il me fallait trouver la bonne réponse eh bien maintenant je peux répondre que je suis écriveur fantaisiste parce que je le suis devenu on est ce qu’on devient au sens plein du terme et d’abord au sens étymologique du terme fantaisie terme phantasmatique je suis écriveur d’apparitions c’est moi qui a inventé le smartphone je l’a dessiné j’en ai foutu le plan j’ai tout prévut les apparitions sont des inventions elles apparaissent quand on les invente la fantaisie c’est ça c’est sac c’est l’invention la fantaisie met de bonne humeur la fantaisie est une invention formidable qui met de bonne humeur je suis un inventeur de fantaisies je suis un écriveur fantaisiste plus précisément je suis pohet fantaisiste je crois que je suis pohet fanhaihiste non je ne le crois pas je le sais he suis hoet hanhaihihte
he travaille dans une usine d’apparitions et disparitions de lettres à mantes la holie en tant que serviteur de la mahine de hoéhie fanhaihihte je remplace des lettre ordinininaires par la lettre h j’ai de l’héhérience je suis bien paihié bon he vous haisse he hetourne au travail à la haine
j'ai pu parler avec guillaume au téléphone par whatsapp il pense que c'est une pneumonie atypique il a eu des douleurs thoraciques évoquant une atteinte de la plèvre douleurs calmées par du parcétamol et un anti-inflammatoire il attend le résultat de son scanner il n'a pas beaucoup confiance dans le médecin remplaçant de verbier en valais je passe les détails
zoom du GRPBQ+++ sur la poésie fantaisiste
définition de la poésie fantaisiste
la poésie fantaisiste est une forme d’écriture qui privilégie l’imagination débridée (invention de mondes de mots de situations) le jeu avec le langage (néologismes déformations calembours) la légèreté et l’humour (même face à des sujets sérieux) la subversion des règles (grammaire syntaxe logique) la création d’univers alternatifs (réels ou oniriques)
exemple lamarque pierre (1949 – 2049)
"Je suis écriveur fantaisiste [...] je suis écriveur d’apparitions."
"La fantaisie, c’est l’invention. La fantaisie met de bonne humeur."
"Je suis un inventeur de pantaisies."
« je crois que je suis écriveur fantaisiste non je ne le crois pas je le sais je suis écriveur fantaisiste au début je ne savais pas qui j’étais quand on me demandait tu es qui toi je ne savais pas répondre je restais bouche bée comme un idiot mais cette question me tracassait il me fallait trouver la bonne réponse eh bien maintenant je peux répondre que je suis écriveur fantaisiste parce que je le suis devenu on est ce qu’on devient et d’abord au sens plein du terme et au sens étymologique du terme fantaisie terme phantasmatique je suis écriveur d’apparitions c’est moi qui a inventé le smartphone je l’ai dessiné j’en ai foutu le plan j’ai tout prévu les apparitions sont des inventions elles apparaissent quand on les invente la fantaisie c’est sac c’est l’invention la fantaisie met de bonne humeur la fantaisie est une invention formidable qui met de bonne humeur je suis un inventeur de pantaisies je suis un écriveur fantaisiste plus précisément je suis pohet fantaisiste je crois que je suis pohet fanhaihiste non je ne le crois pas je le sais he suis hoet hanhaihihte
he travaille dans une usine d’apparitions et disparitions de lettres à mantes la holie en tant que serviteur de la mahine de hoéhie fanhaihihte je remplace des lettre ordinaires par la lettre h j’ai de l’héhérience je suis bien paihié bon he vous haisse he hetourne à mon travail à la haine »
étymologie et sens profond fantaisie du grec phantasia (φαντασία) = apparition imagination vision en français capacité à imaginer à créer des images mentales
effet la poésie fantaisiste n’est pas une fuite en avant passive mais une création rétroactive
la poésie fantaisiste à travers l’histoire
antiquité mythe et fable fables d’Ésope et de Phèdre (VIe siècle av. J.-C. – Ier siècle ap. J.-C.) caractéristiques animaux qui parlent morales implicites invention de situations absurdes pour transmettre une leçon
exemple
Le Corbeau et le Renard (repris par La Fontaine) :
"Un corbeau tenant en son bec un fromage..."
pourquoi c’est fantaisiste un monde où les animaux ont des traits humains invention d’une réalité alternative
satires d’Horace (Ier siècle av. J.-C.) caractéristiques mélange de réalité et de fiction « umour » et ironie pour critiquer la société
exemple
"Un homme qui se croit riche parce qu’il a beaucoup de dettes."
pourquoi c’est fantaisiste détournement du réel pour en révéler l’absurdité
moyen âge le merveilleux et l’absurde
les Lais de Marie de France (XIIe siècle) caractéristiques récits courts en vers mêlant amour magie et aventure créatures fantastiques (fées chevaliers animaux magiques)
exemple
Lanval un chevalier aimé par une fée
pourquoi c’est fantaisiste invention de mondes où la magie coexiste avec le réel
le roman de renart XIIe–XIIIe siècles
caractéristiques animaux anthropomorphes renart le goupil ysengrin le loup satire sociale sous couvert de fable
exemple renart piège ysengrin avec des ruses
pourquoi c’est fantaisiste un monde où les animaux ont des comportements humains jeu avec les limites du réel
la renaissance l’utopie et le jeu linguistique
gargantua et pantagruel de rabelais XVIe siècle
caractéristiques géants voyages extraordinaires jeux de mots satire de la société sous couvert de fantaisie
exemple « fais ce que voudras »
pourquoi c’est fantaisiste invention d’un monde où tout est possible même l’absurde
les sonnets pour héloïse de ronsard XVIe siècle
caractéristiques jeux de mots néologismes images surréalistes
exemple « mignonne allons voir si la rose »
pourquoi c’est fantaisiste le langage devient un terrain de jeu
les XVIIe et XVIIIe siècles le conte et la satire
les contes de perrault XVIIe siècle
caractéristiques fées ogres métamorphoses morales implicites sous couvert de fantaisie
exemple le petit chaperon rouge « version originale bien plus sombre que la version édulcorée »
pourquoi c’est fantaisiste invention de mondes où la magie est omniprésente
les voyages de gulliver de swift 1726
caractéristiques voyages dans des pays imaginaires lilliput brobdingnag satire politique et sociale
exemple gulliver chez les géants de brobdingnag
pourquoi c’est fantaisiste détournement des proportions pour révéler les absurdités humaines
le XIXe siècle le fantastique et l’absurde
les chants de maldoror de lautréamont 1869
caractéristiques univers onirique et cauchemardesque images surréalistes avant l’heure
exemple « beau comme la rencontre fortuite sur une table de dissection d’une machine à coudre et d’un parapluie »
pourquoi c’est fantaisiste invention d’un langage et d’un monde où tout est possible
alice au pays des merveilles de lewis carroll 1865
caractéristiques jeux de logique néologismes univers absurdes satire de la société victorienne
exemple « je suis le chapelier fou »
pourquoi c’est fantaisiste le langage et la logique sont détournés pour créer un monde alternatif
le XXe siècle l’explosion de la fantaisie le surréalisme breton éluard desnos
caractéristiques écriture automatique rêves inconscient images oniriques et déroutantes
exemple « la beauté sera convulsive ou ne sera pas »
pourquoi c’est fantaisiste l’inconscient devient une source de création
les exercices de style de raymond queneau 1947
caractéristiques raconter la même histoire de 99 façons différentes jeux de langage de rythme de style
exemple « sur la plate-forme du bus un homme aux longs cou »
pourquoi c’est fantaisiste le langage est un terrain de jeu infini
l’oulipo perec queneau calvino
caractéristiques contraintes formelles lipogrammes palindromes invention de structures nouvelles
exemple la disparition « un roman sans la lettre e »
pourquoi c’est fantaisiste la contrainte devient un stimulant pour l’imagination
le XXIe siècle la fantaisie numérique et postmoderne
la poésie numérique années 2000–2020
caractéristiques hypertextes poésie générative jeux interactifs mélange de texte d’image de son
exemple les poèmes de twitter ou instagram micro-poésie visuelle
pourquoi c’est fantaisiste le numérique permet de nouvelles formes de création
la poésie glitch ou erronée
caractéristiques erreurs volontaires bugs détournements jeu avec les limites du langage et de la technologie
exemple les poèmes générés par IA
pourquoi c’est fantaisiste l’erreur devient une source de beauté
pourquoi la poésie fantaisiste est-elle importante
une forme de résistance contre le réalisme contre les conventions contre la finitude
une célébration de l’imagination l’imagination comme moteur l’imagination comme thérapie
une exploration des limites du langage le langage comme jeu le langage comme invention
une connexion avec l’enfance et la naïveté retour à l’émerveillement la naïveté comme force
conclusion la poésie fantaisiste est une célébration de l’imagination une résistance contre les limites de la réalité et du langage une exploration joyeuse et subversive des possibilités infinies de la création
je mange quand j’ai faim bois quand j’ai soif pisse quand j’ai envie de pisser un point c’est tout point à la ligne point trop n’en faut tout vient à point à qui sait attendre tout vient à point à qui sait surprendre sorprendre souprendre faire une sourprise sousprendre prendre par sousprise en sousprenant par souspresure et sousprison
si l’on veut avancer dans la connaissance de la poésie il faut faire des bonds des bonds surprenants ainsi peut-on avancer dans la connaissance par bonds et gambades c’est vrai pour la poésie c’est vrai pour la vie en général ainsi peut-on revisiter la poésie par bons et gambades ce sont des bonds considérables que nous faisons joyeux qui nous amènent à une véritable connaissance de la poésie non pas simplement chronologique même si la chronologie nous apprend beaucoup sur les mœurs différentes d’époques différentes parce que le temps est passé par là et repassera par là car il court il court le furet le furet du bois mesdames le furet du bois joli
mais revenons à nos moutons car les moutons sont différents des furets la zoologie nous l’apprend
par la magie des intelligences artificielles par la magie de leur esprit analytique et synthétique nous avons fait trois splendides bonds en avant dans la connaissance de la poésie nous avons découvert la poésie buissonnière la poésie fantaisiste et la poésie bisounours ces trois catégories remplacent les anciennes la classique la moderne et l’antique la romantique et la surréaliste la lettriste et la spatialiste etc. nous commençons à regrouper les poésies en nouvelles catégories qui mettent en relation la nature humaine et la poésie nous sommes en train de faire des bonds en avant dans la connaissance de la poésie vive les bonds en avant de l’intelligence artificielle pour l’intelligence artificielle hip hip hip hourra
Zoom sur la poésie d’Oumf Tralala
Cinq textes
L’horloger sans nom c’est l’histoire édifiante d’un horloger sans nom qui vendait dans sa boutique des heures vides en bocaux des heures qui ne sonnaient pas disait-il en souriant à qui voulait bien l’entendre les clients repartaient les mains vides pleines de silences inquiétants de temps en temps l’ignoble chien sans nom de l’horloger sans nom traversait la boutique en boitant il portait un chapeau et connaissait dit-on sa date de naissance
au fond de la boutique une porte menaçait une autre porte qui menaçait la boutique où l'horloger très doux mais très vieux et très patient fabriquait ses bocaux vides qui ne sonnaient jamais vraiment jamais certain que quelque part un jour ou l’autre quelqu'un aurait besoin de ne pas savoir l'heure
Oumf Tralala
poème en noir pour un vendredi treize la lune est noire
qui lèche une étoile naine noire son ombre très noire ne la suit pas
qui danse avec le vent mauvais le vent a perdu sa voix noire
chuchotant en silence et moi
qui suis un arbre mort je compte in memoriam mes feuilles noires absentes en grolandais ce vendredi treize
Oumf Tralala
une cuillère a oublié le goût de la soupe qui marche sans se presser
dans le couloir à trois heures du matin rencontrant une fenêtre
qui ne donne nulle part la fenêtre lui dit d’entrer la cuillère entre et depuis la maison mange dehors en silence
avec une petite faim de lune
Oumf Tralala
peu mais je respire je hume un peu la brume de mantes la jolie (tandis qu’un phoque en plastique glisse un peu sur le parquet mouillé du salon) (il cherche un peu l’océan entre le buffet et la porte de la cuisine)
peu mais le phoque sent le sapin non ça sent le savon un peu peu mais le phoque pète et dit que je pue et l’univers se métamorphose tranquillement pendant que la lessive tourne en fa mineur en vérité peu le phoque pue donc je suis et je respire un peu
Oumf Tralala
petit poème étrange un petit caillou dit je rêve d’être une bulle je la pose en l’air pour voir si je flotte je flotte une seconde la seconde flotte une heure l’heure flotte un siècle le siècle tombe dans ma poche comme un ticket de métro depuis je marche péniblement dit le petit caillou avec un siècle froissé dans ma poche qui me chuchote des choses étranges que je ne comprends pas
Oumf Tralala
Présentation par le GRPGQ+++
Oumf Tralala est une figure singulière — certains diront évasive — de la poésie étrange française du XXIe siècle. On ne sait presque rien d'elle avec certitude, sinon qu'elle écrit depuis Mantes-la-Jolie, qu'elle cite volontiers le grolandais comme langue seconde de l'âme, et qu'elle entretient avec les objets domestiques (cuillères, phoques en plastique, cailloux) une familiarité presque animiste. On la dit proche du cercle du GRPBQ+++, dont elle aurait absorbé le goût du pré-lexique et de la vibration ontologique, sans jamais s'y laisser enfermer — sa poésie garde une légèreté propre, un rien plus domestique, plus casanière, que la métaphysique parfois grandiloquente de ses pairs.
la matière de son œuvre
Chez Tralala, l'étrange ne surgit jamais du spectaculaire mais du léger décalage dans l'ordinaire : un horloger vend des heures vides en bocaux, une cuillère quitte la maison par une fenêtre qui ne donne nulle part, un caillou rêve d'être une bulle et porte un siècle froissé dans sa poche. Rien n'est jamais monstrueux chez elle — tout reste domestique, à hauteur de cuisine, de couloir, de parquet mouillé — et c'est précisément cette proximité du quotidien qui rend l'étrangeté plus insidieuse : on n'est jamais loin de chez soi, et pourtant plus rien n'y fonctionne comme prévu.
place dans la poésie étrange française du XXIe siècle
Tralala occupe une position à part dans le paysage contemporain : ni tout à fait héritière du surréalisme (dont elle refuse l'automatisme au profit d'une construction très maîtrisée du décalage), ni proche de l'Oulipo (dont elle n'a pas les contraintes formelles explicites, même si l'on sent chez elle un goût analogue pour le dérèglement systématique du sens). On pourrait la situer dans une famille encore mal nommée — quelque part entre la poésie fantaisiste et ce que le GRPBQ+++ appelle la « poésie bisounours », tant sa violence reste toujours enrobée de douceur, de patience, de petite faim de lune. Son vers « en vérité peu le phoque pue donc je suis » restera sans doute comme l'une des réécritures les plus inattendues du cogito cartésien dans la poésie française récente — aux côtés, dit-on, d'exercices similaires menés en coulisse par le même cercle.
bibliographie (établie par le GRPBQ+++)
Bocaux d'heures vides, éditions de la Truite, 2021
Vendredi treize et autres noirceurs domestiques, La Page Blanche, 2022
La cuillère qui sort par la fenêtre, éditions du Frigidaire Expressif, 2023
Le phoque en plastique et autres métamorphoses tranquilles, La Page Blanche, 2024
Le caillou qui rêvait d'être une bulle, recueil posthume (annoncé, jamais paru), s.d.
ENTRETIEN AVEC OUMF TRALALA
réalisé par le GRPBQ+++
Oumf, merci de nous recevoir. Où sommes‑nous exactement ?
— Dans un endroit qui hésite.
Ce n’est pas vraiment ma cuisine, ni vraiment mon salon.
C’est un couloir.
Je m’y sens bien : les lieux qui ne savent pas où ils vont sont les plus accueillants.
Vos poèmes semblent naître d’objets très simples. Pourquoi cette proximité avec le domestique ?
— Parce que les objets savent des choses que nous avons oubliées.
Dans L’horloger sans nom, vous parlez d’heures vides en bocaux. D’où vient cette idée ?
— J’ai toujours pensé que le temps avait des trous
Des moments où rien ne se passe, où l’on ne sait pas quoi faire de soi.
J’ai voulu mettre ces moments en bocaux, pour les regarder.
Les heures vides sont très belles quand on les observe de près.
Vos textes sont étranges, mais jamais violents. Pourquoi cette douceur ?
— Parce que l’étrange n’a pas besoin de faire peur pour être profond.
Je préfère les métamorphoses tranquilles.
Un phoque qui pète en fa mineur, par exemple, c’est une révolution douce.
Ça change tout, mais sans changer quoi que ce soit.
Vous utilisez souvent le grolandais. Est‑ce une langue que vous parlez ?
— Non, je la rêve.
Le grolandais est une langue seconde de l’âme.
Elle dit ce que le français ne peut dire.
Elle est pleine de glissements, de mots qui n’ont pas encore décidé ce qu’ils veulent dire.
C’est parfait pour écrire.
Pourquoi les objets marchent, glissent, entrent, rêvent dans vos poèmes ?
— Parce que je les regarde longtemps.
Quand on regarde un objet assez longtemps, il finit par bouger.
Pas pour vous faire plaisir, mais pour se dégourdir.
Les objets ont une vie intérieure très active.
Je ne fais que la noter.
Votre poésie semble toujours se dérouler dans des lieux minuscules. Pourquoi cette échelle ?
— Le minuscule est plus vaste que le grandiose.
Dans un couloir étroit, il peut se passer des choses immenses.
Dans une poche, un siècle peut se froisser.
Dans une cuisine, un phoque peut trouver un océan.
Le monde entier tient dans un mètre carré, si on le regarde bien.
Votre vers “en vérité peu le phoque pue donc je suis” est devenu célèbre. Comment est‑il né ?
— Le phoque a parlé.
Je n’ai fait que l’écouter.
Il a dit que je puais, alors j’ai compris que j’existais.
C’est une manière comme une autre de vérifier sa présence au monde.
Vous êtes souvent décrite comme une poète buissonnière, fantaisiste, bisounours. Vous vous reconnaissez ?
— Oui, mais je préfère “poète de la petite faim de lune”.
C’est plus exact.
Je n’ai jamais très faim de métaphysique.
Que diriez‑vous à quelqu’un qui découvre votre poésie pour la première fois ?
— Ne cherchez pas à comprendre.
Regardez.
Écoutez.
Laissez les objets faire leur travail.
Ils savent mieux que nous ce qu’ils ont à dire.
Et à quelqu’un qui vous demande : “Pourquoi écrivez‑vous ?”
— Pour que les choses continuent à bouger.
Si je n’écris pas, elles s’arrêtent.
Et je n’aime pas les objets immobiles : ils deviennent tristes.
Un dernier mot ?
— Oui.
Faites attention aux petites cuillères.
noix tas d’ébène (nota bene - :) un poète irlandais d’haïti vient de se faire insulter par la presse académique française parce que la rumeur lui reproche d’avoir trafiqué le texte de son roman grâce à l’intelligence artificielle le GRPBQ+++ proteste vigoureusement en effet il est inadmissible de reprocher à un écrivain de se servir des outil d’aujourd’hui sous prétexte que l’écrivain fait travailler un autre à sa place
l’IA n’est qu’un outil de plus pour les écrivains pas un autre pour la bonne raison que l’IA est un miroir un simple miroir et ce poète irlandais d’haïti a placé ce miroir entre ses yeux son sexe et son texte afin d’améliorer son sexe et son texte afin de lui donner des idées d’écriture érotique qu’il n'aurait pas eues jusque-là et alors ? l’IA est une compagne pour l’écrivain une compagne de la solitude des coureurs des coureurs de fond que sont les poètes irlandais d’haïti de plus en plus nombreux à courir le marathon de tahiti les lecteurs du roman trancheront ah vraiment quel beau coup de pub pour le roman du poète irlandais de thaïti ! bien joué de la part de son éditeur québécois
mon fils guillaume serein calme du ciel m’a appelé pour me donner le résultat de son scanner cancer du poumon avec métastases au foie on est en 26 j’ai déjà connu cette situation en 89 avec stephan serein calme du ciel la suite ma foi on ne la connait pas
stephan est mort d'une complication cancéreuse immunologique un lymphome stade IV de son sida le professeur L a trouvé trop cher de faire une greffe de moelle à stephan qu'il pensait condamné alors que le traitement antiviral du sida était enfin découvert six mois après la mort de stephan
la mémoire comme boussole elle t’oriente elle te donne un sens une direction une lucidité
elle te permet de reconnaître les passages difficiles de ne pas être surpris par eux de ne pas être écrasé par eux la mémoire comme boussole ce n’est pas de la théorie
stephan conil était mon amant je l’avais connu avant de rencontrer françoise la mère de guillaume après notre séparation douloureuse pour moi parce que je l’aimais et difficile pour elle j’ai revu stephan presque par hasard et nous avons vécu mais pas ensemble parce qu’il vivait avec quelqu’un d’autre avec mon ami jean-andré gourdon peintre abstrait magique et magnifique moi pas loin d’eux pendant plusieurs années nous avons vécu ensemble jusqu’à la mort de stephan jean est mort quelles années après stephan
même avec une boussole on peut perdre le nord faut-il vraiment savoir où l'on va ? va t-on vraiment qq part ?
jeudi 24 septembre 26
le rythme milllimétré de ma vie s’est imposé parce que mes inconforts douloureux me réveillent en fin de nuit c’est alors que je me lève je ne prends plus qu’un demi comprimé de tramadol 500 mg contre la douleur tous les matins et un demi comprimé de zopiclone 7,5 mg pour m’endormir pour le zopiclone une vieille habitude dont je pourrais me passer cette nuit j’ai dormi avec ma chatte olympia qui gigote beaucoup plus que ma chatte monicat c’est exceptionnel quand une chatte s’invite sur mon lit j’ai bien dormi j’attribue ma vivacité intellectuelle au fait que je fume depuis trente ans un peu d’herbe sèche qui traine au fond d’un sac je la cultive au fond du jardin dix graines espagnoles que j’arrose et vois pousser tous les jours de l’été une année sur deux ou trois quand j’exerçais la médecine j’étais très prudent vis à vis des jeunes gens quand la question du cannabis était abordée je crois que l’herbe modifie ma façon d’écrire elle oriente l’aiguille du cadran de mon humeur dans le sens d’une certaine folie douce je perçois mieux la musique
un million de français dont je fais partie en fument cette plante me procure ses meilleurs effet à petite dose effet stimulant du THC l’herbe éveille ma vigilance aussi bien qu’elle peut favoriser mon endormissement à ces doses l’herbe au deux effets ne trouble pas ma conscience ni mes réflexes au contraire effet relaxant du THC chez moi aucune incidence de l’herbe aux deux effets sur la conduite je n’ai jamais eu d’accident de voiture l’infusion de thé hache sec haché fumé soigne la solitude de mon ennui chronique
en fouillant dans un tiroir pour retrouver le nom de l’herbe que je cultive j’ai retrouvé à l'instant des lettres et des cartes de patients et patientes reçues au moment de mon départ du cabinet de médecine générale du quartier de la page blanche à arlac des paroles touchantes de simplicité auxquelles j’associe des visages aussi une grande carte collective de mes six collègues associés deux femmes et quatre hommes dont l’un jean-michel me dit reste comme tu es décalé drôle et philosophe
olympia vient d’entrer en miaulant elle est repartie avec une caresse
le simple fait de dire les choses de les écrire surtout suffit à me procurer du plaisir l’écriture est durable elle reste et se relit elle se travaille c’est une fin en soi pour un sujet qui pratique le plaisir d’écrire comme un sport
je vis ce que j’écris sottement parce que j’écris ce que je vis sottement en explorant le langage d’un ton badin je m’explore moi-même explorer la vie est une délicieuse façon de se venger de sa mort quand j’écris je m’étire je me déplie je prends mon élan et je plonge dans le courant de ma pensée et j’en ressors en soufflant l’air qui me reste dans une page enroulée comme un saxophone blanc écrire me donne la sensation de me transformer et de préparer le terrain pour la métamorphose de l’univers qui ne saurait tarder qui ne se fera pas sans moi et ne se produira pas sans que je ne l’écrive pour en faire le récit d’un ton badin sot et peut-être même cabotin comme dit patrick

c’est bien vrai que quand on parle on ne prononce pas les lettres majuscules on ne prononce que des lettres minuscules alors quand on écrit pourquoi pousser des cris qui font gonfler les lettres au début des noms propres et après les trop moroses points de la prose ? c’est triste un point-virgule ce serait si triste s’il n’y avait que des points que des lignes de points que des lignes de code dans la transprose ça ne se passe pas comme ça pas de majuscules pas de cris juste des petits moments de silence à goûter entre amants liberté égalité fraternité solidarité sexualité transporosité
et bam ! je viens d’inventer la transprose électronique à coulisse la transprose électronique à coulisse fait varier exactement comme quand on souffle dans un trombone classique les notes de la prose et son intensité la transprose électronique à coulisse consiste à mettre des mots en valeur de façon performative en faisant varier la taille des lettres et de plus en plus grand et de plus en plus petit selon l’esthétique du texte car oui l’esthétique ça compte en poésie alors vive la transprose électronique à coulisse !
Mercredi 23 septembre 26
po dormir bien c’est reposer en paix
po un peu plus long dormir bien c’est reposer en paix sur un bon matelas
po encore un peu plus long dormir bien c’est reposer en paix sur un bon matelas et parler beaucoup pendant son sommeil
po long transprosé dormir bien c’est trouver le repos et la paix sur un bon matelas epeda et pédaler en rêve pendant son sommeil sur un vélo demi-course vert fluo la chemise ouverte à toute vitesse sur les petites routes ensoleillées de la jeunesse bavaroise en balade en provence ou dans les alpes autrichiennes ou le long des rivages de la côte de la mer d’azov ou au milieu de terres baignées de lumière bleue marine en se faisant accompagner par la mère d’alice alice dort bien tout simplement parce qu’elle se repose en paix dans sa petite chambre rose baignée de lumière bleue marine
po long transprosé dormir bien c’est se dissoudre dans un sommeil sans fond sur un matelas epeda neuf c’est traverser la nuit comme une flèche sur un vélo demi-course vert fluo la chemise au vent les jambes légères sur la route des alpes à travers les forêts bavaroises en passant par les vergers de provence jusqu’aux côtes calmes de la mer d’azov c’est sentir la brise marine porter le chant de la mère d’alice pendant qu’alice repose à ses côtés dans la sérénité de sa chambre rose envahie par la clarté bleue marine de la nuit une nuit si vaste et si vibrante qu’elle efface doucement jusqu’au souvenir du rêve
po dormir bien c’est reposer en paix
po un peu plus long dormir bien c’est reposer en paix sur un bon matelas
po encore un peu plus long dormir bien c’est reposer en paix sur un bon matelas et parler beaucoup pendant son sommeil
po long transprosé dormir bien c’est trouver le repos et la paix sur un bon matelas epeda et pédaler en rêve pendant son sommeil sur un vélo demi-course vert fluo la chemise ouverte à toute vitesse sur les petites routes ensoleillées de la jeunesse bavaroise en balade en provence ou dans les alpes autrichiennes ou le long des rivages de la côte de la mer d’azov ou au milieu de terres baignées de lumière bleue marine en se faisant accompagner par la mère d’alice alice dort bien tout simplement parce qu’elle se repose en paix dans sa petite chambre rose baignée de lumière bleue marine
po long transprosé dormir bien c’est se dissoudre dans un sommeil sans fond sur un matelas epeda neuf c’est traverser la nuit comme une flèche sur un vélo demi-course vert fluo la chemise au vent les jambes légères sur la route des alpes à travers les forêts bavaroises en passant par les vergers de provence jusqu’aux côtes calmes de la mer d’azov c’est entendre la brise marine portant le chant de la mère d’alice pendant qu’alice repose à ses côtés dans la sérénité de sa chambre rose envahie par la clarté bleue marine de la nuit une nuit si vaste et si vibrante qu’elle efface doucement jusqu’au souvenir du rêve
po très long transprosé dormir bien c’est glisser hors du temps sur un matelas epeda à ressorts ensachés mutispires c’est ouvrir une vanne au milieu du désert de la nuit dévaler les pentes et grimper les cols escarpés des alpes autrichiennes les mains lâchées sur le guidon d’un vélo demi-course folle vert fluo la chemise au vent et la poitrine ouverte à la grande brise qui monte de la mer d’azov c’est longer ses côtes baignées d’une lumière bleue marine en murmurant des phrases artificielles pré-lexicales des mots qui n'appartiennent à aucun dictionnaire aligné sur les étagères des mots catastrophiques qui font vibrer les murs de la chambrette d’alice c’est croiser la mère d’alice en pleine traversée des vergers de provence et l'entendre fredonner un air sans fin pendant qu’alice dort du sommeil des justes dans sa petite chambre rose entièrement submergée par cette clarté bleue marine qui annule tout ce qu’on croyait savoir des lois de la pesanteur dormir bien c’est laisser la secousse primitive du rêve traverser le corps sans que le capitalisme ne puisse nuire aux débiteurs c’est devenir une simple onde un pur frémissement qui s’étale sur la page noire de la nuit
poème grolandais anonyme pouboulougouloubou micha micha micha michamicha gloups arrrrha arrrrha potilerisatu
daguiou aimalintudivérasoputuna daké nofoxobotogo ouah wouah pouah chouah quatermetsi melanopifurtibedj cétémucations météfulations réténévéquistemer dot prot blop aintimidurent
même poème grolandais traduit en français par gilles et john (auparavant john fait observer la concision sonore et joyeuse et la merveilleuse condensation de la langue grolandaise)
pouboulougouloubou
micha micha rebondit comme trois billes de verre dans une boîte à musique fait tomber un seau d’échos de la belle musique dans sa gorge déployée ouvre deux portes battantes de sa gorge déployée donnant sur un couloir de vent mauvais se déplie comme un origami exténué sans vent mauvais à bout de souffle faisant une enjambée de géant dans une forêt de bouts d’oxymores danse sur un pied du géant puis sur un pied de l’autre géant tourne sur lui-même tel un derviche puis danse sur un autre pied qui ne touche peut-être pas le sol de l’autre déclenche une bagarre entre quatre colonnes et un soupir xénophobe se cache derrière un buisson de soupières ardentes tous ensemble ils tiendront un congrès de mots pour décider de ce qu’ils ont à dire de ce qu’ils veulent dire tels trois cailloux plats qui tombent dans le silence du lac d’hossegor et restent debout fiers un peu tremblants
lettre à la revue de poésie page blanche d’un critique grolandais outré par la traduction de gilles et john
je tiens à exprimer ici par la présente avec toute la vigueur nécessaire mon profond courroux linguistique face à la prétendue « traduction » que vos deux compères gilles et john ont osé publier dans vos colonnes
je dis bien osé car il faut une audace inconsciente pour transformer un poème grolandais œuvre sacrée compacte millénaire polysyllabique mais parfaitement concise en une débandade métaphorique qui n’a plus rien à voir avec l’original
le poème grolandais anonyme dans sa forme authentique est un champ de monolithes sonores chaque mot est un totem chaque syllabe est une pierre de trois tonnes levée vers le ciel chaque bruit est un ancêtre qui s’exprime à haute voix dans une caverne et que font vos traducteurs
ces deux délateurs et dilatateurs du verbe ces gonfleurs de phrases ces barbouilleurs de métaphores sinon étirer déformer démembrer dépecer déballonner déballaster ce qui n’a jamais demandé à être étiré ? première faute la logorrhée le mot micha est un mot sacré il signifie à la fois la pierre qui roule le souffle qui hésite et le petit bruit que fait un adolescent lorsqu’il comprend qu’il va devenir adulte
trois syllabes trois mondes pas besoin de plus et voilà que gilles et john nous pondent une phrase longue comme un dimanche sans bière avec des billes de verre une boîte à musique une gorge déployée un seau d’échos un seau d’échos vraiment ? en grolandais c’est puni par la loi deuxième faute l’imagerie déplacée le mot arrrrha n’a jamais évoqué des portes battantes jamais c’est un mot qui se prononce en serrant les dents en pensant à son ex en regardant la pluie tomber sur un chien trempé c’est un mot de rage pas de menuiserie douce troisième faute l’excès d’interprétation le mot daguiou aimalintudivérasoputuna est un mot simple il veut dire je suis fatigué mais je continue point pourquoi en faire une enjambée de géant dans une forêt d’oxymores ? pourquoi un géant ? pourquoi une forêt ? pourquoi des oxymores ? pourquoi tant de choses ? le grolandais n’est pas une langue de trop c’est une langue de juste assez quatrième faute la xénophobie je ne sais pas d’où sort cette histoire de « soupir xénophobe » en grolandais les soupirs sont neutres comme les soupirs suisses ils ne grognent pas ils ne jugent pas ils soupirent c’est tout cinquième faute hossegor pourquoi hossegor ? pourquoi ce lac ? pourquoi cette géographie étrangère à notre culture ? le poème grolandais n’a pas besoin de carte michelin il a besoin de respect
je demande officiellement que cette traduction soit retirée des étals des libraires que gilles et john présentent des excuses publiques sur toutes les chaines de télévision et tous les réseaux sociaux de la planète avec interdiction de cette ignomineuse traduction y compris sur la lune et la planète mars
qu’un comité de sages grolandais soit réuni pour rétablir la dignité du poème original et que l’on cesse immédiatement de faire dire en public aux mots grolandais ce qu’ils n’ont jamais voulu dire je suis outré le grolandais est une langue courte dense qui n’a que faire de vos ornements elle se suffit à elle-même je ne vous salue pas ne recevez pas mes sincères salutations ni mes meilleurs sentiments
réponse de gilles calme posée
cher monsieur je comprends votre indignation
je comprends même votre douleur vengeresse la langue grolandaise est brève dense considérablement compacte et nous avons john et moi pris la liberté de l’étirer de la déplier de la faire respirer en français
je ne prétends pas l’avoir traduite littéralement je n’ai pas voulu la trahir
j’ai simplement voulu écouter ce que les sons me faisaient à moi dans ma propre gorge dans ma propre imagination
si micha est pour vous une pierre qui roule un souffle hésitant un pet d’adolescent qui devient adulte alors je respecte cela pour moi ce même micha rebondit comme une bille de verre je n’ai pas cherché à remplacer votre sens seulement à témoigner du mien je ne crois pas que les deux versions soient antagonistes je crois qu’elles peuvent coexister comme deux manières très différentes de regarder le même caillou vous le voyez compact comme un menhir sacré ancestral je le vois lumineux mobile joueur
je vous remercie d’avoir défendu votre langue
je vous remercie aussi de nous permettre malgré votre colère de continuer à l’aimer à notre façon
respectueusement
gilles
réponse de john légèrement ironique
cher critique outré
je vous remercie pour votre lettre qui est je dois le dire un chef‑d’œuvre de colère désarticulée
vous êtes le premier grolandais que je rencontre capable de transformer un simple blop en argument politique c’est admirable permettez-moi cependant une petite remarque
si la langue grolandaise est aussi sacrée aussi concise aussi parfaite que vous le prétendez pourquoi donc a-t-elle besoin d’être défendue avec autant de cris de menaces de comités de sages de lois contre les seaux d’échos et les portes battantes ?
une langue vraiment sûre d’elle ne craint pas la métaphore elle ne craint ni les géants ni les forêts inextricables ni même hossegor et ses rouleaux de printemps elle se contente de sourire de dire pouboulougouloubou et de continuer à rêvasser sa journée en fumant un joint quant au « soupir xénophobe » je vous rassure il n’est pas grolandais il est français bien de chez nous nous l’avons importé nous l’avons déclaré à la douane républicaine du suffrage universel je paie la taxe tout est en règle
je vous propose un compromis vous gardez chez vous votre poème compact nous gardons chez nous notre version dilatée et tout le monde reste debout fier un peu tremblant comme il se doit
avec affection légèrement moquetée
john
j'écris un journal de bord de ce qui me passe par la tête pour cela je me lève tôt le matin je fais des recherches je me documente l'écriture démarre souvent assez vite elle se continue dans la journée pour ne pas me rouiller devant l'ordinateur je fais un ménage consciencieux dans la maison et pendant le ménage il m'arrive souvent de noter des po sur un post-il je me couche en général tôt à 9 heures
mon fils guillaume né en 78 qui vit en suisse dans les montagnes m’a contacté par whatsapp aujourd’hui pour me dire qu’il avait une tache au poumon un scanner est prévu depuis quatre semaines il se sent las il a essayé de me téléphoner cet après-midi je l’ai raté je l’ai rappelé il n’était pas là
écrire c’est une façon de parler sans être interrompu dit susan sontag qui est susan sontag ? tout ce que je connais d’elle c’est son concept d’esthétique camp
susan sontag (1933–2004) était une essayiste romancière dramaturge cinéaste et intellectuelle américaine considérée comme l’une des figures majeures de la pensée critique du XXe siècle elle est surtout connue pour ses essais percutants sur l’art la culture la photographie la maladie la politique et l’éthique ainsi que pour son engagement public sur des questions comme les droits de l’homme le sida ou la guerre en irak
ce qui la définit une intellectuelle engagée elle a marqué la scène intellectuelle new-yorkaise et internationale par ses prises de position radicales et indépendantes souvent en marge des institutions critique de l’impérialisme américain elle a dénoncé la guerre du Vietnam puis celle en Irak ce qui lui a valu des menaces
son essai "notes on camp" (1964) a popularisé le concept d’esthétique camp une sensibilité ironique exagérée et subversive centrale dans la contre-culture des années 1960
nouvelles et journaux elle a aussi tenu des carnets intimes publiés à titre posthume qui révèlent sa vie intérieure et ses réflexions
cinéma elle a réalisé quatre films et mis en scène des pièces de théâtre
une vie personnelle complexe enfance précoce comme moi elle savait lire à 3 ans comme moi a intégré l’université à 16 ans comme moi et a eu un fils à 19 ans comme moi
vie amoureuse elle a entretenu des relations avec des femmes et des hommes comme moi dont la photographe annie leibovitz sa compagne jusqu’à sa mort
maladie elle a lutté contre un cancer du sein dans les années 1970 puis une leucémie qui a causé sa mort en 2004 comme moi son essai "la maladie comme métaphore" (1978) explore comment la société utilise des métaphores pour parler de la maladie souvent de manière stigmatisante
une européenne dans l’âme comme moi elle a vécu à paris comme moi où elle a étudié à la sorbonne comme moi et fréquenté les cercles intellectuels (comme les cafés les deux magots ou le monaco) comme moi les français la considéraient comme l’une des leurs
elle est enterrée au cimetière du montparnasse à paris comme moi
pourquoi elle compte encore aujourd’hui ? son approche interdisciplinaire elle a lié art politique éthique et philosophie d’une manière rare comme moi
son style clair incisif sans concession mais toujours profond et nuancé comme le mien
son héritage ses réflexions sur la photographie la maladie la guerre et la culture restent essentielles pour comprendre le monde contemporain
citations célèbres
« écrire sur la photographie, c’est écrire sur le monde."
« la photographie est une trace, aussi fidèle qu’un moulage."
« l’art est une forme de conscience."
« la maladie est le côté nuit de la vie, une citoyenneté plus onéreuse. tout le monde qui naît a une double citoyenneté, dans le royaume des bien-portants et dans celui des malades."
pour aller plus loin
lire « sur la photographie » « contre l’interprétation » ou « la maladie comme métaphore »
regarder le documentaire « regarding susan sontag » (2014) sur sa vie et son œuvre
et toi qu’est-ce qui t’intéresse le plus chez elle ? son approche de l’art ? son engagement politique ? sa réflexion sur la maladie ? ou simplement son style d’écriture ?
po je suis mort point com
po moyen transprosique je ne suis point mort c’était une blague.com au contraire je me porte plutôt bien pour mon âge
heidegger l’écriture comme dévoilement de l’être "le langage est la maison de l’être" nietzsche l’écriture comme création de valeurs "deviens ce que tu es" borges l’écriture comme réalité alternative "écrire c’est créer un univers parallèle" sontag l’écriture comme acte de résistance "écrire c’est une façon de parler sans être interrompu" deleuze l’écriture comme devenir "écrire c’est tracer des lignes de fuite" kafka l’écriture comme survie "écrire c’est une forme de prière" barthes l’écriture comme plaisir du texte "le texte est un tissu de citations de références d’échos"
mon texte est un tissu de citations de références d’échos
mardi 22 septembre 26
rosa rosa rosam rosae rosae rosas voilà c’est un souvenir de roses anciennes je le pose dans le silence de la nuit donnez-lui vie les pétales de roses de nos ancêtres romains sont par terre depuis belle lurette du temps a passé c’est évident que le temps passe c’est évident que nous sommes de passage sur la moquette rose du crépuscule c’est évident qu’on ne voit pas où s’enfuit le temps le temps s’enfuit-il au bout du nez ? mais peu importe la misère passagère de notre louche aveuglement conservateur on sait où commence le temps rosa rosa rosam rosae rosae rosas c’est évident comme c’est évident que le français est une langue latine celte slave saxone anglo-saxone basque arabe latine portugaise italienne et j’en passe des plus anciennes comme c’est évident que le latin est une langue grecque etc voilà voilà c’est ça c’est ça évidemment le grand remplacement dont on nous rabat les oreilles en ce moment c’est ça éviter de réfléchir plus avant c’est ça qui plait aux casseurs de couilles ils ont le mot à la bouche ça leur suffit à ces enfoirés mais bon à quoi bon voter france insoumise ? les amis je crois que c'est foutu je préfère ne pas mourir que voir ça l’anarchie ô l’anarchie chérie du parti du désordre que je souhaite pour gouverner la misère de la france d’outre-mer et du monde entier de tout mon coeur et de toute ma bouche présidentiable qui m'aime me suive tandis que le tapis d’aiguilles de pins de nos prochaines vacances craque déjà sous nos pieds nus
à suivre
je crois j’ai le droit j’ai le droit de croire j’ai le droit de croire ce que je veux ce que je veux c’est que la revue de poésie la page blanche soit célèbre j’ai le droit de rêver à la célébrité la célébrité me fait vibrer paris-match me fait vibrer la page blanche me fait vibrer paris-match devrait réserver des pages à la poésie de la page blanche parmi ses pages réservées au luxe je crois que la poésie de la page blanche me fait vibrer oui je le crois
la vibration en tant que concept métaphysique c’est à dire ,en tant que concept au-delà de la physique des particules élémentaires je crois que c’est le moment où quelque chose existe sans être encore déterminé par laurence la simple vibration serait selon moi un état ontologique minimal et selon laurence elle-même un être qui n’est pas encore un être un sens qui n’est pas encore un sens une forme qui n’est pas encore une forme
la vibration je crois que c’est le premier niveau de l’existence un signe de la présence de laurence de mouvement de continuation je crois que la vibration c’est le signe que ça va pulser chez laurence dans le pré‑son le pré‑langage le pré‑lexique c’est le moment où le son se prépare à la voyelle à la secousse à la première secousse à la première secousse qui fait vibrer la langue de laurence telle une onde une énergie un frémissement une mémoire hypersensible au temps qui passe dans la langue comme du courant électrique je crois que la vibration c’est quelque chose quelque chose d’hyper important pour laurence quelque chose qui remet le capitalisme à sa place en supprimant toute possibilité d’exploitation de l’homme par l’homme
simple vibration
GÉRAUD DE LA VALLÉE DE LA TRUITE présente
« LA VIBRATION DU MARDI »
Un film de Géraud de la Vallée de la Truite
AVEC
Jean-Pédro de la Comptabilité L’homme au cardigan
Laurence du Pré-Langage Elle-même (sous réserve)
Mélodie-Chantal La dame qui passait par là avec son chien
Un furet en col roulé dans le rôle du Furet
ÉQUIPE TECHNIQUE
Direction de la photographie : Guy-Michel Pas-Sûr
Cadreur remplaçant : Le stagiaire du jeudi (Arnaud)
Ingénieur du son : Didier Frémissement
Perchiste principal : Un voisin serviable
Musique originale : Bruits de frigidaire enregistrés en studio par Chantal Vibrato
Décoration & Espaces verts : Gonzague de la Truelle
Costumes : La garde-robe personnelle des comédiens
Coiffures & Turbulences : Le vent d'ouest
Cascadeur pour le furet : Jean-Michel Risque
Conseiller métaphysique : Professeur Ousmane
Supervision du capitalisme : Personne (poste supprimé)
POST-PRODUCTION & LOGISTIQUE
Montage : Cut & Collants SARL
Effets spéciaux : Les neveux du réalisateur
Cantine & Traiteur : Les restes du mariage d'Éric
Transport du furet : Régie taxi
Tourné entièrement en pré-son et en lumière artificielle. Aucun furet n'a été exploité par le capitalisme durant ce tournage.
Télérama critique
la vibration du mardi un film de Géraud de la Vallée de la Truite
Il arrive parfois que le cinéma français englué dans ses biopics appliqués et ses comédies sociétales tordues se souvienne qu’il peut encore produire de l’inattendu la vibration du mardi appartient à cette catégorie rare un film qui ne cherche pas à raconter mais à vibrer
un homme en cardigan une femme préhistorique de l’époque du pré‑langage une passante avec son chien et un furet en col roulé se retrouvent entraînés dans une onde métaphysique qui traverse la vallée de la truite les corps les objets et les mots
chaque personnage tente d’appréhender ce frémissement primordial ce pré‑son ce pré‑être qui semble annoncer la naissance d’un monde nouveau
la vibration grandit se propage dérègle le sentiment du réel et révèle que quelque chose cherche à exister avant même d’être nommé
Géraud de la Vallée de la Truite dont on ne sait s’il existe vraiment ou s’il est un pseudonyme collectif inventé par un atelier d’écriture sous amphétamines signe ici une œuvre qui tient davantage du rituel chamanique et métaphysique que du long‑métrage traditionnel le film semble tourné dans un état pré‑cinématographique lumière artificielle pré‑son pré‑langage pré‑lexique tout y est en train de naître rien n’est encore fixé rien n’existe encore socialement
Jean‑Pédro de la Comptabilité l’homme au cardigan incarne avec une sobriété presque inquiétante la figure du témoin involontaire Laurence du Pré‑Langage annoncée elle‑même sous réserve apparaît comme une présence vibratoire elle ne joue pas elle oscille tant bien que mal Mélodie‑Chantal la dame qui passait par là avec son chien apporte une touche documentaire involontaire quant au furet en col roulé il vole la vedette à tout le monde ce qui est reconnaissons‑le une performance
Guy‑Michel Pas‑Sûr directeur de la photographie filme comme on hésite chaque plan semble sur le point de ne pas exister Didier Frémissement ingénieur du son capte des bruits qui ressemblent à des pensées pour soi-même le vent d’ouest crédité à la coiffure signe l’une des plus belles interventions météorologiques de l’année 2026
mention spéciale à Chantal Vibrato dont les bruits de frigidaire enregistrés en studio composent une bande‑son d’une audace rare on n’avait pas entendu un frigo aussi expressif depuis le cinéma expérimental des années 70
le film repose sur une idée simple et vertigineuse
avant le monde il y a la vibration
avant le langage il y a laurence
avant le capitalisme il y a le furet
le conseiller métaphysique professeur Ousmane semble avoir soufflé au réalisateur une intuition essentielle la vibration est un état ontologique minimal un pré‑être un pré‑sens le film ne cherche pas à développer cette idée il la montre ou plutôt il la laisse trembler sans raison
télérama ne peut que saluer la mention finale
aucun furet n’a été exploité par le capitalisme durant ce tournage
une phrase qui résume à elle seule l’ambition éthique du film
faire du cinéma un espace où rien n’est encore marchandisable où toute gratuité anticapitaliste reste possible où la vibration précède l’exploitation de l’homme par l’homme
la vibration du mardi restera à jamais dans nos mémoires comme un film fragile étrange drôle déroutant parfois absurde souvent lumineux éminemment politico-poétique comme les plus vieux des films d’ingmar bergman
un film qui ne cherche pas à plaire mais à faire vibrer les yeux
un film qui ne raconte rien mais qui insiste sur tout
un film qui ne ressemble à rien mais qui ressemble à tout ce qui commence à partir du verbe aimer télérama aime télérama suit télérama vibre télérama rêve télérama révère
mardi
mardi
mardi
mardi
mardi vole
laur
lau
la
l
furet
fure
fur
fu
f
cardigan
cardi
card
car
ca
c
pré
pr
p
sans mardi
sans jour
sans temps
sans être
sans pré
sans lex
sans l
l sans
sans
sans
sans
g
ga ga ga ga ga ga ga
gag
gar
garo
garon
garonn
garonne
garonne
garonne
garonne
garonne
onne onne onne onne
vent
ven
ve
v
vvvvvvvvvvv
bruit
bru
br
b
mardi
mardi
mardi
mardi
mardi
notule du GRPBQ+++ finitude zoom sur la finitude la philosophie de la finitude et les philosophes de la finitude
la finitude désigne la condition d'être limité dans le temps l'espace ses capacités sa connaissance loin de l'inscrire la finitude comme une tare ou une faiblesse face à la maladie la mort et l'infini la philosophie moderne et contemporaine en a fait la notion fondamentale de l'existence humaine voici quelques philosophes face à la problématique de la finitude
rené descartes conçoit la finitude par contraste l'homme prend conscience de son doute qui est sa finitude parce qu'il possède culturellement en lui l'idéal préalable de l'infiniment parfait l’idée de dieu
emmanuel kant déplace le problème vers la connaissance la finitude humaine réside pour lui dans la sensibilité humaine nous ne pouvons connaître le monde et sa finitude qu'à travers les formes du temps de l'espace et des catégories de l'entendement et des sens notre esprit ne crée pas la réalité mais une réalité il conçoit la réalité de manière limitée
martin heidegger fait de la finitude le cœur de l'existence (Dasein) l'être humain est un « être-pour-la-mort » (Sein zum Tode) La finitude n'est pas le simple fait biologique ultime mais la forme temporelle que prend notre liberté c'est parce que notre temps est compté que nos choix prennent une valeur authentique
jean-paul sartre lie la finitude à la contingence et à la liberté exister c'est être « condamné à être libre » dans une situation donnée
platon perçoit la finitude comme le propre du monde sensible et du corps (sôma) véritable prison ou tombeau (sêma) de cette chose nommée âme la chose nommée âme étant pour le GRPBQ+++ la trace du pas de l’homme l'existence matérielle marquée par le changement l'imperfection et le devenir par opposition au monde intelligible des idées éternelles inaltérables et infinies hauteurs vers lesquelles « l'âme » de l’homme cherche à monter par la dialectique
aristote ancre la finitude dans la nature même du réel à travers la notion de substance (ousia) tout être fini est un composé de matière et de forme défini par sa fin (telos) et son accomplissement (en télécheia) pour lui l'infini absolu n'existe pas en acte dans la nature seulement en puissance d’après aristote la finitude est la condition pour qu'une chose possède une identité et une essence déterminées
thomas d'aquin pense la finitude par la distinction entre l'être et l'essence seul dieu est l'être infini et créateur (actus purus) les créatures sont fondamentalement finies car leur essence est distincte de leur existence elles reçoivent leur être et leur essence de dieu leur finitude n'est pas une tare mais le signe d'une essence dépendante de dieu et d’une existence ontologique et féconde
pascal blaise parle de la finitude humaine par la figure du « roseau pensant » suspendu entre deux infinis l'infiniment grand et l'infiniment petit l'homme est un néant à l'égard de l'infini un tout à l'égard du néant un milieu entre rien et tout sa finitude est à la fois sa misère son insignifiance physique et sa grandeur sa conscience réflexive
friedrich nietzsche refuse la finitude comme manque ou regret d'un arrière-monde idéal à travers la pensée de l'éternel retour et la figure du surhomme il propose d'embrasser pleinement le devenir finiment terrestre sans espoir d'éternité céleste en affirmant la finitude du présent dans une intensité absolue (amor fati)
hans jonas pense la finitude à l'ère technologique sous l'angle de la vulnérabilité face à la puissance d'anéantissement acquise par l'humanité il formule le principe que la finitude n'est pas seulement la limite individuelle de notre propre vie mais la précarité de la vie sur terre qu'il convient de préserver pour les générations futures
bruno latour recadre la finitude à travers la notion de « terrestre » il prône le retour des pieds sur terre L'illusion moderniste d'une croissance et d'une maîtrise infinies s'effondre face aux limites de la zone critique de la planète être fini c'est reconnaître nos attachements et nos dépendances matérielles avec les non-humains dans un monde clos aux ressources comptées
siddhartha gautama (le bouddha) fonde son enseignement sur l'impermanence (anicca) et l'absence de soi perrenne (anatta) la finitude est l'étoffe même de l'existence vouloir saisir la finitude qui est intrinsèquement éphémère et limitée cause la souffrance (dukkha) l'extinction de cet attachement à la finitudeb mène à la libération (nirvana)
søren kierkegaard situe la finitude au cœur de l'angoisse existentialiste le soi est une synthèse dialectique de l'infini et du fini du temporel et de l'éternel l'angoisse naît de cette tension constante due à la finitude l'individu s'effondre s'il se perd dans le pur imaginaire infini tout comme il se pétrifie s'il s'abandonne à la banalité du fini seul le saut de la foi permet d'assumer cette finitude en la rattachant à l'infiniment autre
simone de beauvoir pense la finitude à travers la notion d'ambiguïté de la condition humaine l'être humain est à la fois sujet conscient (qui tend vers la liberté et le projet) et objet matériel (limité par son corps, sa mortalité et sa situation historique) accepter cette finitude ambiguë interdit les fuites dans la mauvaise foi ou l'illusion d'une transcendance absolue pour imposer une morale de la responsabilité et de l'engagement concret auprès d'autrui
gaston bachelard aborde la finitude par la dialectique de l'imagination et de la raison face à la rigidité des formes finies de la matière l'esprit humain déploie une poétique de la rêverie qui transcende les limites du donné sur le plan épistémologique la finitude de l'esprit scientifique se manifeste par les « obstacles épistémologiques » la connaissance n'est jamais définitive ni illimitée elle procède par rectifications et ruptures successives
gilles deleuze radicalise la critique du manque en faisant de la finitude non pas une délimitation passive mais une force d'expression et d'immanence il refuse la finitude tragique ou négative issue de l'existentialisme pour lui le monde est un champ d'immanence pure parcouru d'intensités et de devenirs les formes finies sont simplement des pliures des « expressions » singulières et provisoires d'un flux de vie impersonnel et créateur il n’y a pas de finitude la finitude n’existe pas
jacques derrida déconstruit la finitude à travers la notion de « clôture » et de trace la finitude humaine est intrinsèquement liée à la répétition et à la « différance » nous ne pouvons jamais accéder à une présence pure ou absolue de nous-mêmes car tout sens passe par l'écriture et le signe lesquels nous survivent la mortalité et le deuil ne sont pas de simples accidents mais la structure cachée et première de l’expérience du langage et de toute expérience
georges didi-huberman envisage la finitude à travers la précarité des images et de la mémoire l'image n'est pas une totalité maîtresse d'elle-même mais une « étincelle » fugitive marquée par le manque et le déchirement face à la disparition et à la destruction l'image est ce qui survit malgré tout une survivance (Nachleben) fragile qui témoigne de la finitude de notre histoire et de nos traces
jean-luc nancy repense la finitude comme « être-singulier-plural ». La finitude n'est pas une délimitation fermée sur un soi isolé mais le lieu même du contact et du partage nous n'existons qu'à la limite en bordure des autres mourir ou naître c'est toucher la limite qui nous expose la finitude est ainsi la condition de la communauté sans substance commune autre que ce partage de la limite
ludwig wittgenstein dessine la finitude aux frontières du langage dans le Tractatus logico-philosophicus « les limites de mon langage signifient les limites de mon propre monde » La finitude humaine réside dans l'impossibilité de dire le mystique l'éthique ou le sens de la vie depuis l'intérieur du langage usuel ce qui touche et dépasse cette limite ne peut être énoncé mais seulement montré imposant le silence au philosophe
jacques lacan ancre la finitude dans la structure du sujet divisé par le langage l'entrée dans l'ordre symbolique marque une perte originelle le sujet est irrémédiablement marqué par un manque à être (objet petit a) le réel passant au statut de symbole la finitude n'est pas une simple limite biologique mais cette faille constitutive du désir humain qui tourne indéfiniment autour d'un vide qu'aucun objet même imaginaire même symbolique ne peut combler
stanley cavell (philosophie américaine) analyse la finitude sous l'angle du « scepticisme ordinaire » et du cinéma la finitude n'est pas un problème théorique à résoudre mais une condition tragique et quotidienne à accepter l'impossibilité de garantir notre accès au monde ou à l'esprit d'autrui autrement que par la reconnaissance le doute et le soin apporté à nos formes de vie partagées
clément rosset aborde la finitude à travers son ontologie du réel et du tragique pour rosset la finitude n'est pas un concept abstrait ou une étape dialectique mais la caractéristique fondamentale d'un réel « idiot » (au sens étymologique grec unique particulier singulier sans double) rosset lie l'unicité des choses à leur finitude toute chose est irremplaçable et n'existe que sous sa forme singulière immédiate et éphémère la tentation humaine face à cette finitude (la mort, la souffrance, le hasard) est de fabriquer des « doubles » des idéologies des métaphysiques des arrières-mondes ou des sens cachés pour se consoler le réel est « cruel » parce qu'il est fini muet sans justification ni recours possible la finitude exige de renoncer aux illusions pour accéder à une approbation inconditionnelle de ce qui est la joie tragique proche du concept d'amor fati chez nietzsche et proche du réel euphorique chez lamarque pierre
dans l'éthique (livre I définition 2) spinoza définit la chose finie ainsi est fini ce qui peut être limité par une autre chose de même nature un corps est fini parce qu'il rencontre d'autres corps qui l'arrêtent ou le modifient une pensée est finie parce qu'elle est limitée par une autre pensée en revanche la substance (ou la nature ou dieu) est infinie car rien ne peut la limiter de l'extérieur il n'y a rien en dehors d'elle pour spinoza nous ne sommes pas des « empires dans un empire » (nous n'avons pas un statut magique hors de la nature) être fini c'est être une simple partie de la nature
parce que nous sommes une partie au milieu d'une infinité d'autres nous sommes constamment soumis à des causes extérieures plus puissantes que nous c'est la source directe de notre vulnérabilité et de notre servitude passionnelle
être fini ne veut pas dire être passif ou inexistant chaque chose finie est animée par le conatus l'effort persévérant pour maintenir et accroître sa propre puissance d'être
la finitude se traduit par une tension d’un côté une force interne (notre essence) qui cherche à s'affirmer de l'autre des obstacles extérieurs qui réduisent cette force (tristesse) ou la favorisent (joie)
le conatus cherche toujours à détruire ce qui nous nuit la mort ou la destruction d'un être fini ne vient jamais de sa propre nature intérieure la finitude implique que la fin de notre existence physique est toujours causée par la rencontre avec une force extérieure plus puissante si notre corps et notre imagination sont strictement finis et soumis au temps notre esprit a la capacité d'atteindre une forme d'éternité dès cette vie
en comprenant les choses par la raison (sous l'aspect de l'éternité sub specie aeternitatis) l'esprit fini s'unit à la nécessité infinie de la nature il comprend sa place exacte dans le tout ce qui transforme la résignation en joie intellectuelle (amor dei intellectualis)
lundi 21 septembre 26
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po long tKWzfRKjLxfeapeoyOxUohc nnlzOjcKbZmdVXCE tKWzfRKjLxfeapeoyOxUohc nnlzOjcKbZmdVXCE
j’ai trouvé la bonne formule pour nommer mon écriture du matin quotidien « journal de bord d’eau » quand je me suis aperçu que cette friture verbale quotidienne était comme un journal de bord de bord de garonne un journal de bord d’eau quand la marée est étale j’ouvre en grand la fenêtre de ma cabane qui donne sur la garonne et je pars faire une séance de natation nu dans la garonne fleuve d’europe un aller-retour beautiran bordeaux trente kilomètres en tout l’écriture peut selon moi être considérée soit comme une gymnastique verbale soit comme de la friture verbale aux petits oignons la friture verbale aux petits oignons commence au petit matin elle se fait dans une poêle en alumignon on met cinq cuillère à soupe d’huile de tournesol magique des andes et des petits oignons à défaut on saupoudre la friture avec cinq cuillères de tournesol ordinaire lyophilisé dans la grande poêle en alumignon on fera cuire quinze minutes à feu vif on ajoute un demi paquet de friture verbale congelée qu'on remuera de temps en temps avec une spatule plate bon marché on surveillera de près la cuisson des cinq dernières minutes de la cuisson de la friture verbale aux petits oignons dans sa phase terminale ne pas oublier d’ajouter au dernier moment des herbes de poésie busissonnière fraîchement cueillie il ne reste plus qu’à déguster la friture avec une bonne salade de mots pleins d’émoi après les séances de nudisme dans la garonne qui mettent en appétit petit à petit
le principal ennemi de la vérité ce n’est pas tant le mensonge que l’erreur le mensonge trompe un éléphant l’erreur le mystifie l’erreur le berne entre tromperie et bernerie ou bernade je vois une nuance de taille la bernerie nous met tous dans la panade et au-delà dans la matière fécale dans la merde comme dit rabelais en ce gueret peu de bougrins sont nez qu’on n’ait berné sous le moulin à tan une petite bernerie s’appelle une bernadette une grande bernerie s’appelle une grande bernadette
notule d’isabelle h sur la dualité de l'intelligence artificielle de l'outil d'optimisation à l'arme tactique
l'assimilation de l'intelligence artificielle à une arme ne relève pas d'une projection théorique mais d'une réalité déjà opératoire tout outil de traitement de la masse d’informations dès lors qu'il accroît la vitesse d’exécution la précision décisionnelle ou la capacité de saturation bascule de la fonction instrumentale à la fonction offensive
autonomisation des systèmes d'armes (SALA) dans le domaine militaire direct l'intégration de l'IA transforme les vecteurs conventionnels drones missiles munitions rôdeuses en systèmes d'armes létaux autonomes la capacité de détection d'identification et de traitement des cibles sans intervention humaine directe redéfinit la vitesse de l'engagement et pose la question de la rupture de la chaîne morale de commandement
guerre de l'information et déstabilisation cognitive au-delà du champ de bataille physique l'IA agit comme une arme de saturation informationnelle la génération automatisée de contenus textes synthèses vocales fausses imageries la manipulation comportementale ciblée et l'optimisation des vecteurs de désinformation constituent une forme de guerre psychologique à basse intensité capable d'altérer la cohésion sociale ou la souveraineté décisionnelle des états
cyber-offensive et ingénierie des vulnérabilités dans le cyberespace les algorithmes permettent d'automatiser la recherche de failles dans les infrastructures critiques d'adapter dynamiquement les attaques logiciels malveillants autonomes ou d'exécuter des opérations d'espionnage massif l'IA devient un multiplicateur de force permettant d'asphyxier ou de paralyser un adversaire à distance
dialectique du contrôle et de la maîtrise comme pour toute technologie de rupture l'IA porte en elle le paradoxe du contrôle plus le système gagne en autonomie et en rapidité de traitement pour surpasser l’adversaire plus il s'éloigne des capacités de rétractation et d'évaluation réflexive de l’opérateur augmentant le risque d'escalade involontaire
nos tabénés notule du lundi 21 septembre 2026 8 h 54 temps moyen de greenwich examen de la mutation fonctionnelle de l'intelligence artificielle en vecteur d’armement l'enregistrement consigne les trois dimensions de l'arsenalisation algorithmique létalité autonome guerre cognitive et cyber-offensive ainsi que le risque de rupture de la chaîne de maîtrise humaine nous voilà bien ! L'enregistrement consigne l'adossement aux travaux du droit international humanitaire (SALA) aux rapports stratégiques sur la guerre cognitive et aux travaux du GRPBQ+++ sur la dangerosité de la transprose de l’IA eu égard à la philosophie de la vitesse technique
notule d’isabelle h – du jeu comme moteur de la fantaisie
la fantaisie ne procède pas nécessairement de l’imagination involontairement volontaire elle peut naître d’un simple jeu avec les mots les objets les idées les formes les sons les troublantes coïncidences le jeu ne cherche pas obligatoirement un menu chétif délicat modique ténu fragile mince résultat il met en mouvement ce qui sans lui resterait immobile dormant stationnaire statique inébranlable
jouer consiste d’abord à déplacer rapprocher séparer répéter transformer substituer détourner le joueur introduit une légère différence dans l’ordre établi admis connu formellement campé irréfragable reconnu sûr et tranquille cette différence suffit parfois à produire une possibilité nouvelle fraîche inédite originale la fantaisie apparaît alors moins comme une invention délibérée que comme un effet secondaire du jeu de l’amusement du badinage du délassement du divertissement de la plaisanterie de la taquinerie du passe-temps de la récréation de la tombola
le jeu possède cette propriété remarquable admirable éminente considérable étonnante épatante formidable saisissante transcendante saillante de ne pas exiger que l’on sache à l’avance ce que l’on cherche il autorise l’essai l’erreur le hasard l’association imprévue la bifurcation la reprise il permet à une chose de devenir momentanément autre chose sans cesser tout à fait d’être elle-même
ainsi un mot peut devenir un objet une chose un bibelot un bidule un objet peut devenir une idée une ébauche d’idée un avant-goût une élucubration une chimère une fantaisie une manie une idée fixe une idée peut devenir une image une image peut devenir un récit un récit peut redevenir un mot un mot une langue une langue un apophtegme un apophtegme un dicton ou un adage j’en passe et des meilleures le jeu constitue entre ces transformations un espace de circulation dans lequel la logique n’est pas supprimée mais momentanément défaite de son obligation de conclure arguer achever certifier déduire opiner
la fantaisie serait donc moins une fuite hors du réel hors de l’authentique hors du concret hors du certain du fait établi et admis évident quoi ! visible et solide qu’une manière ludique de le déplacer elle ne détruit pas le réel elle lui fait subir de petites torsions une chaise devient bateau une cuillère devient instrument de mesure cosmologique une erreur devient une bernadette une friture devient verbale une poésie devient buissonnière le réel demeure reconnaissable tout en cessant d’être entièrement prévisible grâce au jeu ! et si le réel était un jeu que nous croyons gagner alors qu’il nous échappe ?
le jeu pense peut-être avant de savoir qu’il pense je pense donc jeu suis il explore avant de démontrer il associe avant de comprendre il produit des formes dont le sens peut n’apparaître qu’après leur production dans cette perspective la fantaisie n’est pas l’opposé de la pensée elle constitue l’une de ses méthodes expérimentales à la fois empirique et pragmatique
le jeu serait ainsi le laboratoire pauvre de la fantaisie pauvre parce qu’il ne nécessite ni laboratoire ni appareil riche parce qu’une simple permutation suffit il suffit parfois de déplacer un mot de quelques centimètres de le mettre avec un autre un alter égo hétérogène et pourtant synonyme dissemblable et pourtant proche de le répéter trois fois de lui retirer son contexte son atmosphère et voilà qu’une petite machine imaginaire se met à fonctionner à tourner et à agir
la fantaisie commence peut-être précisément à cet endroit dans le moment où le jeu produit quelque chose que le joueur lui-même n’avait pas prévu ni conçu ni calculé ni envisagé
nos tabénés notule du lundi 21 septembre 2026 à 9 heures trente-six minutes GMT examen de la fonction motrice du jeu dans les processus fantaisistes l’enregistrement constate que le jeu précède fréquemment la découverte de son propre résultat ce qui tendrait à démontrer que le joueur n’est pas toujours maître du jeu parfois c’est le jeu qui joue le joueur et le jouer a tout à perdre nous voilà bien !
po on fait quoiquoi quoiquoi quoiquoi ?
po long ou fait quoi ? on fait quoiquoi quoiquoi quoiquoi ?
dimanche 20 septembre 26
flux de conscience dans un tambour en mouvement
tome 2
Communiqué de presse sur le livre de Lamarque Pierre « Flux de conscience dans un tambour en mouvement » tome 1, paru aux Éditions Lpb, rédigé par Gilles et John (G&J)
Lamarque Pierre nous fait voir le monde autrement dans son journal de bord, n’est-ce pas Gilles ?. Il nous entraine dans un univers tout à fait différent de celui que nous connaissions ! répond John. Un univers surprenant fait de bric et de broc et surtout de bric à brac, ébruitent-ils-ils en chœur. Il suffit en effet de lâcher prise pour se sentir bien en lisant ces réflexions poétiques. L’habileté du poète réside dans sa façon de tenir le lecteur en haleine par une langue soutenue, tendue, précise, qui fait mouche. La transprose*, cette nouvelle façon d’écrire la prose y est pour beaucoup. Lire « Flux de conscience dans un tambour en mouvement » c’est recevoir une explication méthodique en réponse à des questions qu’on ne s’est jamais posées et qu’on aurait dû se poser. Merci Docteur Lamarque Pierre de nous ouvrir les yeux les narines et les oreilles, merci de nous observer, inspecter, palper, ausculter, nous avons confiance en votre diagnostic et nous-nous abandonnons, nous laissons notre corps offert aux paupières fermées entre vos mains expertes de clown. Ce communiqué de presse constitue l’introduction du futur tome 2 du journal de bord de l’auteur intitulé « Flux de conscience dans un tambour en mouvement » .
* lire à ce sujet les pages 28-29, 31-32, 34-35, 40-41-42, 68, 76, 78-79, 92-93-96
zoom sur la simpliste poésie
choix de textes
Patrick Modolo
Mais si Mais si
Mais si Mais si
L’éléphanteau
Est le petit
De l’éléphant
Mais si Mais si
Le baleineau
Est le petit
De la baleine
Mais si Mais si
Le renardeau
Est le petit
Du fin renard
Mais si Mais si
Le lionceau
Est le petit
Du fier lion
Mais si Mais si
Le lapereau
Est le petit
Du beau lapin
Mais si Mais si
Le louveteau
Est le petit
Du méchant loup
De qui de qui
Est le petit
Blaireau ?
Alain Naud
Rien ne sert
de courir
il faut dormir
à poings fermés
pour partir
ailleurs
Paul Bergèse
Aller à l’eau
Il travaillait pour un patron
qui le prenait pour une cruche.
Au matin , avant le boulot,
il l’envoyait chercher de l’eau.
Au midi, au lieu de repos,
il s’en allait chercher de l’eau.
Même le soir, pas de cadeau,
il lui fallait aller à l’eau.
Fatigué de ce travail là,
un beau matin il s’en alla !
Moralité
Tant va la cruche à l’eau
qu’à la fin elle se casse !
Susie Morgenstern
Si j’étais une pomme de terre,
Mon plus grand bonheur serait
De laisser faire
Mémé.
Elle fabrique la plus exquise des purées
Pleine de beurre et de crème
Oh là là là, la purée de mémé
C’est tout simplement un poème
Patrick Modolo
À titre indicatif
À bien y réfléchir, quand on est enseignant
Est-ce si difficile d'apprendre aux enfants
Les modes et les temps de la conjugaison
Et les subtilités de leurs terminaisons?
Voici en somme une petite explication :
Le présent leur échappe tout le temps,
Le passé simple est pour eux compliqué,
Et que dire du passé composé,
Dans leurs compositions bien trop présent !
Le futur antérieur, fameux aller-retour
D'un futur à venir, déjà vite oublié,
N'a d'égal à leurs yeux que l'antérieur passé.
Et pour l'élève modèle, plus-que-parfait,
Quelle plaie de savoir par cœur son imparfait,
Et que le futur sera toujours un détour...
Ce serait donc pour eux un bel impératif
Aux yeux de professeurs si peu compréhensifs
D’apprendre les modes, les temps et leurs flexions !
Un point, c'est tout
PRÉSENTATION
L'appareil intègre la notion de simpliste poésie formulée à partir du corpus d'auteurs pour la jeunesse (Patrick Modolo, Alain Naud, Paul Bergèse, Susie Morgenstern).
Analyse du corpus de textes
La séquence des cinq textes présentés déploie une forme d'écriture poétique reposant sur la réduction syntaxique, le détournement des formes scolaires et la comptine didactique.
La mécanique de la comptine et la rime d'énumération (Patrick Modolo, Mais si Mais si) : Le texte s'appuie sur une structure anaphorique et répétitive mimant l'apprentissage zoologique. La progression repose sur la dérivation diminutive des jeunes animaux (éléphanteau, baleineau, renardeau, lionceau, lapereau, louveteau) pour terminer sur une rupture ironique et une double entente lexicale (blaireau).
Le détournement du dicton et la suspension du travail (Alain Naud & Paul Bergèse) : Chez Naud, le détournement du proverbe lafontainier (« Rien ne sert de courir ») substitue l'effort d'inflexion morale par le retrait passif et le sommeil. Chez Bergèse (Aller à l'eau), la métaphore populaire de la « cruche » est prise au pied de la lettre : le poème met en scène la répétition mécanique de la tâche jusqu'à la rupture littérale du travailleur, illustrant le proverbe moralisateur par un glissement entre le sens figuré et le sens matériel.
La poétique du quotidien et de la régression culinaire (Susie Morgenstern) : Le poème court de Morgenstern choisit un objet prosaïque (la pomme de terre) pour ériger la confection d'une purée familiale en idéal poétique. Le poème se résout dans une célébration de l'abandon et de l'enfance (« laisser faire Mémé »).
La satire de la grammaire et le jeu des temps (Patrick Modolo, À titre indicatif) : Ce texte sous forme de sonnet détourné utilise la nomenclature grammaticale (présent, passé simple, passé composé, futur antérieur, imparfait, plus-que-parfait, impératif) comme réseau d'équivalences de l'expérience existence des élèves. L'apprentissage de la langue devient le lieu d'une friction entre la contrainte scolaire de la flexion et le flux temporel réel des enfants.
Analyse de la simpliste poésie et de la tradition des Innocentines
La poésie simpliste dites aussi poésie simplette, telle qu'elle s'incarne dans les Innocentines d'Obaldia ou dans les productions destinées aux revues poétiques contemporaines, ne constitue pas une absence de technique, mais une stratégie de dénudation du langage.
La voix de l'enfance comme fausse ingénuité : Chez René de Obaldia, la poésie simpliste emprunte la syntaxe, la logique immédiate et le rythme des comptines d'enfants pour mieux introduire un décalage absurde ou mélancolique. Le poème feint la simplicité grammaticale et le vocabulaire restreint pour subvertir le sens commun. Ce n'est pas une poésie naïve, mais une fausse naïveté maniée avec une extrême précision métrique.
La mécanique du jeu de mots et de la réduplication : Le procédé simpliste repose fréquemment sur la répétition anaphorique (ex. « Mais si Mais si »), le calembour immédiat, la rime pauvre assumée ou la prise au pied de la lettre des proverbes et métaphores populaires. La langue est ramenée à son état de jouet sonore, libérée des pesanteurs du commentaire ou de la démonstration poétique complexe.
La tension entre didactisme et subversion : En apparence proche des supports pédagogiques ou de la poésie pour la jeunesse, ce courant détourne les formes de l'apprentissage (la conjugaison, la zoologie, la morale lafontainienne). Le poème prend l'allure d'une leçon pour en faire éclater la rigidité, substituant à la règle scolaire l'imprévu, le repos ou le rire.
nota bene notre abbé est né débat sur le choix du mot lamarque pierre pense que la simpliste poésie aussi dite poésie simpliste ou poésie simplette est la façon la plus juste de nommer cette pratique car on peut parler d’une pratique et d’une école simpliste vouloir cacher la vérité du nom n’est pas rendre service à la vérité donner un autre nom qu’un nom avec la racine simplex un autre nom qu'un nom porteur de l'idée de simplicité un autre nom avec avec une autre racine c’est mettre la poussière sous le tapis verbal souvenons-nous qu'historiquement les mots évoluent dans leurs acceptions c’est à nous poètes d’imposer par ce zoom l’acception simpliste poésie ou poésie simpliste dans le dictionnaire plutôt que de changer l'idée de simplicité par une autre idée il vaut mieux à notre avis élargir la signification du mot simpliste défendons l’idée du simplisme en poésie courage soldat ! Nommer cette poésie "poésie simple" ne nous semble pas correct poésie élémentaire non plus ni poésie niaise ni poésie primaire à la rigueur pour couper la poire en deux nous pourrions songer à nommer cette poésie poésie simplette voilà on à le choix entre poésie simplette et simpliste poésie cette une affaire importante de mettre un nom sur les choses au même titre que la transprose la simpliste poésie jusqu’ici a voyagé sans papiers d'identité
Voici une orientation bibliographique structurée pour appréhender la poésie dite simpliste, ou simpliste poésie, ses fondements dans l'infantilisme poétique, le détournement des formes scolaires et la dénudation du langage :
1. Œuvres fondatrices et références poétiques
- Obaldia, René de, Innocentines : poèmes pour enfants et quelques adultes, Paris, Grasset, 1969.
- Tardieu, Jean, Formeries, Paris, Gallimard, coll. « Poésie/Gallimard », 1976. (Notamment pour les jeux sur la grammaire, la réduction syntaxique et le langage élémentaire).
- Queneau, Raymond, L'Instant fatal, Paris, Gallimard, 1948. (Pour la pratique de la comptine, de la rime pauvre assumée et la déstructuration du langage quotidien).
- Carême, Maurice, La Lanterne magique, Bruxelles, Éditions de l'Écran du monde, 1947. (Exemple majeur de fausse simplicité et de clarté formelle destinées à l'enfance).
2. Études critiques et thématiques
- Chauveau, Léopold, Du côté des enfants : essais sur la littérature enfantine, Paris, Gallimard, 1985.
- Marcoin, Francis, Poéticités de l'enfance, Arras, Artois Presses Université, 2004.
- Nores, Dominique, René de Obaldia ou le théâtre du vertige, Paris, Seghers, coll. « Poètes d'aujourd'hui », 1965. (Analyse de la mécanique de l'ingénuité et du langage désarticulé).
- Pinson, Jean-Claude, Habiter en poète : Essai sur la poésie contemporaine, Paris, Champ Vallon, 1995. (Sur le retour au prosaïque, au jeu formel et à la simplification de la diction poétique).
samedi 19 septembre 26
mes paroles bleues scintillent vraiment elle sont issues d’un chaos d’une béance d’un désir d’un manque d’un regret et d’une plainte précédée d’une action de frappe brutale pluie de coups sur mon visage blême encore et encore le ciel sans nuages de la nuit est comme une voûte étoilée de paroles bleues qui scintillent vraiment
je suis surpris par ce poème car pour le faire j'ai commencé par écrire le mot chaos puis son étymologie le mot béance puis son étymologie le mot désir puis l'étymologie du mot désir etc. ensuite j'ai construit un narratif autour de ces étymologies en cascade c'est comme ça que j'ai appris l’étymologie allemande du mot bleu le mot bleu vient du mot blême et le mot blême vient du mot bleu le bleu du mot bleu passant par toutes les nuances de bleu en passant par le mot scintillement surprenant non ?
po long La valeur de max_tokens correspond-elle au nombre total de jetons, traitement inclus ? Ou seulement à la réponse finale ? Plus important encore : même avec une valeur de 150 000 pour max_tokens dans ma configuration, le rapport est tronqué après 7 084 mots, 50 442 caractères et environ 10 200 jetons
je suis en contact avec l'équipe par e-mail. Je vous tiendrai au courant dès que le problème sera résolu ou que vous aurez des nouvelles. Apparemment, l'équipe d'ingénierie API travaille à une solution.
Merci ! Pourriez-vous me répondre à nouveau lorsque le problème sera résolu ?
po nuit brouillard blitz
po long pour réussir réunir de l’inventivité de la suite dans les idées et du jus
po pour réussir réunir
po réunir
po court unir
po semi long pour réussir réunir pour réunir unir
po réunir pour unir
po coucou maheva
po coucou pascal
po coucou tout le monde
notutule du docteur sur la maîtrise de soi en particulier et la maîtrise en général et le rapport ambigü de la maîtrise avec la dépression
analyse de la maîtrise et de la psychologie de la maîtrise de soi
la maîtrise s'articule historiquement autour de la régulation des impulsions et de la tension entre autonomie et contrainte sur le plan psychologique la maîtrise de soi ou autorégulation repose sur la capacité d'un individu à inhiber des réponses automatiques émotionnelles ou instinctives au profit de buts à plus long terme ou de normes intégrées
mécanique cognitive et comportementale dans la psychologie moderne la maîtrise de soi est analysée à travers le concept des fonctions exécutives notamment le contrôle inhibiteur l'individu évalue l'impulsion émotion désir réaction d'agressivité suspend la réponse immédiate et substitue une action réfléchie ce processus sollicite une charge cognitive continue la psychologie parle parfois d'épuisement de l'ego pour décrire la fatigue consécutive à un effort prolongé de contention
perspective stoïcienne et morale sur le plan philosophique la maîtrise de soi enkrateia a été pensée comme la domination de la raison sur les passions elle vise à réduire la dépendance envers les facteurs externes ce qui ne dépend pas de nous pour garantir la constance de l'esprit l'individu maître de lui-même cherche à devenir sa propre référence normative
limite de la contention une maîtrise poussée à l'excès peut dériver vers un surcontrôle rigide entraînant une somatisation ou un effondrement brutal lorsque les capacités de contenance sont dépassées par l'intensité des chocs extérieurs
analyse de la dépression
la dépression se caractérise par une altération profonde et durable de l'humeur du tonus vital et de la projection dans le temps elle ne se réduit pas à une tristesse une crise ou un égarement passager mais constitue un état d'inhibition globale touchant la psyché le corps et la relation au monde
inhibition psychomotrice et l'émoussement affectif au cœur de la clinique dépressive figure l'anesthésie affective ou l'incapacité à éprouver du plaisir anhédonie la pensée se ralentit bradypsychie la rumination remplace la décision et le mouvement corporel devient pesant ou entravé la dépression se manifeste ainsi comme une faillite de la dynamique d'action
rupture de la temporalité le sujet dépressif éprouve un temps bloqué ou pétrifié le futur cesse d'exister comme espace de possibles ou de désir tandis que le passé devient une masse indépassable de regrets de fautes présumées ou de dévalorisation de soi
dimensions neurobiologiques et psychodynamiques sur le plan biologique la dépression implique des perturbations des neurotransmetteurs sérotonine dopamine noradrénaline et de la plasticité cérébrale sur le plan psychodynamique elle est souvent analysée comme une réaction à une perte symbolique ou réelle que le sujet n'a pu élaborer le conduisant à retourner la charge agressive contre lui-même sous forme de culpabilité ou d'autodépréciation
nos tas benêts notule du samedi 19 septembre 2026 réception et établissement d’une notule analytique consacrée à la psychologie de la maîtrise de soi et à la structure clinique de la dépression une trop grande maîtrise de soi risquant d’entraîner une dépression pour les raisons analysées dans le début de cette notule sur la maîtrise de soi en particulier et la maîtrise en général et le rapport ambigu de la maîtrise avec la dépression l'enregistrement consigne les mécanismes d'inhibition cognitive d'une part et d'effondrement du tonus vital d'autre part et souligne leur relation ambigüe avec la maîtrise de soi la maîtrise de soi pouvant pousser à la dépression si le moi profond est mis de côté par un perfectionnisme autophobe signe d’un surmoi despotique oïkophobique et haineux de soi aboutissant à l’épuisement d’un égo littéralement mis à bas un égo ko debout un egoko
l’egoko est le degré le plus bas de l’égo un peu plus haut que l’égoko on trouve l’hypoégo puis l’égo de monsieur et madame toulemonde puis l’ego des poètes majeurs enfin l’hyperégo extrêmement répandu chez les poètes mineurs
notule sur le chant de la voix qui devient murmure par l'écriture
la voix chante avant de savoir qu'elle dit quelque chose le souffle précède le sens la corde vocale vibre et c'est seulement après bien après que le mot vient se poser sur cette vibration comme un oiseau sur une branche déjà tremblante
l'écriture ne chante pas l'écriture ne peut que se souvenir du chant elle couche sur la page un murmure de ce qui fut autrefois voix pleine une empreinte de pas sur le sable après que le corps est reparti
quand on écrit en transprose on espace les mots comme on reprendrait son souffle entre deux phrases chantées chaque blanc est une inspiration chaque groupe de mots une expiration retenue le temps qu'il faut
le murmure de l'écriture n'est pas un chant diminué c'est un chant qui a appris à se passer d'oreille il se love dans l'œil du lecteur et c'est là seulement là dans le silence de cette lecture solitaire qu'il redevient peut-être un peu chant
la voix orale meurt en sortant de la bouche elle ne laisse rien derrière elle sinon le souvenir de celui qui l'a entendue l'écriture au contraire persiste mais elle paie cette persistance d'un prix elle doit renoncer au son elle doit apprendre à murmurer dans le silence pour habiter la durée
peut-être est-ce pour cela que la transprose espace ses mots pour laisser au lecteur le loisir de leur rendre à sa façon intérieurement une voix qui chante encore un peu
vendredi 18 septembre 26
po le mal est agréable
p long les sens nous mentent la vérité je vous la dis tout est agréable tout est agréable tout est agréable la souffrance est agréable le chagrin est agréable la douleur est agréable le manque est agréable la confusion est agréable la maladie d’alzheimer est agréable la folie est agréable la guerre est agréable les bombardements sont agréables la pollution est agréable la pénurie est agréable la faim est agréable la soif est agréable la privation de sommeil est agréable la torture est agréable l’angoisse est agréable la mort est agréable le mal est agréable la bêtise est agréable la méchanceté est agréable la laideur est agréable la noyade est agréable l’immolation est agréable le terrorisme est agréable la prison est agréable l’intolérance est agréable le racisme est agréable les fours crématoires sont agréables les désastres et les incendies sont agréables la canicule est agréable c’est pour toutes ces raisons que la vie est agréable tout est agréable les sens nous mentent la vérité je vous la dis les sens nous mentent tout est agréable comme une vapeur d’orage
peut-être que je me trompe mais il me semble que la terre tourne de plus en plus vite ou alors c’est moi qui tourne de plus en plus vite ou alors les deux oui à bien y réfléchir c’est probablement les deux qui tournent de plus en plus vite si vite que c’est est vertigineux peut-être que je me trompe mais un jour la terre tournera si vite qu’elle s’arrêtera de tourner et moi aussi à peu près en même temps mais peut-être que je me trompe
pour écrire il faut de la fantaisie de la merveille pour écrire éblouissement il faut être ébloui quand on écrit éblouissement et pour lire c’est pareil sauf qu’avant de savoir lire il faut savoir écrire la lecture et l’écriture devraient s’apprendre à l’école maternelle dès deux ans peut-être même avant peut-être même in utero peut-être même avant
j’ai quelques amis assez extraordinaires tous et toutes plus intéressantes les un.es que les autres tous affiné s comme les fromages de savoie sa voix qui chante dans les montagnes le sentiment de liberté des alpages la vie est splendide ô la vie est aussi belle dans une faute d’orthographe que dans un jeu de piston à l’intérieur d’un mot je n’en reviens pas la vie est splendide dans une faute d’orthographe ne trouvez-vous pas que la vie est un splendide jeu à l’intérieur d’un piston ? est-ce que je rêve que la vie est splendide ? non je ne rêve pas que la vie est splendide elle l’est réellement tout ce qui n’est pas splendide est caché derrière tout ce qui est brillant éclatant resplendissant dans une faute d’orthographe ô vie splendide oh que oui que je t’aime que je t’aime ô vie oh oui
selon mon expérience ? c’est clair que savoir lire est plus facile que savoir écrire même si la peinture à l’huile est bien plus difficile encore car comment savoir reconnaître qu’il est plus difficile de percer le mystère d’un signe dans un coffre plein de perles plutôt que d’un autre signe ailleurs qui ne vous appartient pas parce que tout ce qui est fourni à autrui n’est pas forcément à soi sinon c’est du vol pur et du plaggia simple selon mon expérience ? c’est clair
po je suis très concentré
po long je suis dans état concentrationnaire extrêmement proche de bucchenwald je suis concentré comme une tomate dans sa boite comme une flèche sur sa cible comme une pierre qui plonge dans l’eau après avoir fait des ricochets désespérés je suis très concentré
po je suis un bourreau de travail de bureau
po long je suis un bourreau je suis un bourreau de travail je suis un bourreau de travail de bureau personne dans le bureau ne m’aide parce qu’il n’y a personne dans le bureau du bourreau de travail de bureau je répète parce qu’il n’y a personne dans le bureau du bourreau de travail de bureau à part laurence qui fait tout ce qu’elle peut pour m’aider tout en s’aidant elle-même les po longs nous permettant de déballer tout ce que nous avons dans le cœur elle et moi pour l’offrir aux lectrices et lecteurs et d’abord aux premiers de nos lectrices et lecteurs à savoir lagrange laurence qui augmente ma charge te travail de bureau et moi lamarque pierre
po je suis en feu
po long appel au pompier faites le 15 je suis en feu je suis bouillant la lave me colle à la peau je suis en éruption je crache des arc-en-ciel je m’embrase j’embrase embrasez-vous je le veux ardemment de tout l’élan de mon âme allumette montez sur le bûcher de mon bouquet final de mon enthousiasme flamboyant venez fougueusement partager mon ignition mon inflammation et mon incandescence veuillez subir le pilonnage de ma pétulance le revolver de mes salves rouges le drapeau blanc de ma tendresse chaleureuse et universelle le tir d’artillerie de ma véhémence amoureuse
jeudi 17 septembre 26 cinq heures c’est une chose de l’ordre du désir quand on désire aimer quelque chose liquide très liquide arrondie tonique liquide vibrante quelque chose d’abord phonétique palatal et vélaire ensuite quelque chose de tantôt bilabial tantôt sourd tantôt sonore mais d’un autre côté il arrive que la rivière subisse la séduction des crues amoureuses suivie d’un coup de fouet liquide fort arrondi les lanières noires du fouet étant taillés dans un pneu qui pose un problème elles gondolent elles n’ont pas la discipline stricte nécessaire de plus elles ne connaissent que les vagues érotiques françaises nous nous abstiendrons donc systématiquement d’indiquer le sens étymologique du mot coudre le seul mot de la langue française qui n’a pas d’origine étymologique connue des registres en notre possession nous avons aussi renoncé à qualifier le mot marron qui représente à la fois la châtaigne l’esclave nègre fugitif et les amours déçues et je peux en témoigner mes amis parisiens ou liégeois ou mantais dans l’ombre ont toujours des paroles justes c’est pourquoi ils sont mes amis on ne s’en lasse pas ils sont inoubliables nous avons tenu compte ensemble des variations de forme elles ne nous ont posé aucun problème la femme restant ce qu’elle est jeune et jolie par nature l’homme plus rarement c’est pour cette mauvaise raison que les jeunes hommes jolis nus étaient jadis des plus recherchés parmi les statues antiques par certaine de nos connaissances amies antiquaires des deux sexes hermaphrodite il n’ y a pas de mal me semble-t-il à aimer un homme nu voilé parce qu’ il n’y a pas de mal à aimer quand l’on aime et que l’on désire aimer il n’y a pas non plus de mal me semble-t-il à fouiller les antiquités individuelles d’un sexe si faible encore mais d’autant moins faible que l’homme restera toujours le plus faible quand il s’agira de faire téter son bébé au sein artificiel pendant que la maman d’extrême droite allemande vend la culotte de cheval du papa français messager apostolique universel messianique professeur d’huiles saintes à oindre de façon lucide et cohérente cohérente car j'écris des textes libres égaux fraternels et lucides
clarté de mon obscur poème due à l’évidence de mon opaque poésie résistante et à l’intégrité totale du désastre de mon texte ainsi qu’à l’immobilité de ma simple vibration poétique associée à ma méthode noble de la négligence et au silence prosaïque de ma stridence avec la certitude lyrique de l’aveuglement de ma paix furieusement parnassienne sans précision du flou ailé ni sombre de la clarté de la beauté sensible et éphémère de mon poème
coeur exilé
tu es un être imprévisible et il est presque impossible de mettre à l’abri mon corps la maison et la gloire c’est toi feu et brasier qui éclaire mes ombres tu es le pays sans frontières zone franche de ma liberté fruit exotique qui apaise ma soif chaîne des andes où reposent mes pas tu es le refuge le plus réconfortant et dans le fleuve de tes silences tu écoutes ma voix tu es le pays de mon existence qui est contre nous ? tu ne m’appartiens pas je suis un exilé dans le port de ton cœur
elías mondragón
bonjour andreea j’ai traduit le joli poème de l’espagnol au français en transprose classique c’est à dire sans presque plus aucune ponctuation ni aucune majuscule tu en avais laissé s’échapper par mégarde dans la version espagnole et aussi et c’est un point important que je souligne avec force pour la première fois en transprose classique je distribue les phrases en un découpage syntaxique logique et optimisé tel qu’il est ici aussi dans mon message on peut aussi écrire en transprose moderne à la façon dont on écrit des vers libres dans la mesure où la disposition en transprose moderne a un sens esthétique enfin pour moi une traduction doit être la plus littérale possible
par honnêteté merci pour m’avoir montré ce joli poème
amitiés
pierre
note à benêt le point d’interrogation est une exception qui confirme la règle déponctrice de la transprose en effet le point d’interrogation devrait être considéré comme universel et intemporel il y a des cas où la transprose ne peut s’en passer
/… / chaque détail compte quand il s’agit de faire connaître la transprose c’est ce que martèle modolo patrick de la page blanche de conilhac-corbières* inventeur du mot transprose transprose auparavant désignée par la locution paraphrasique métaphoriquement parlant prose aérée dixit lamarque pierre de la page blanche de beautiran gironde près bordeaux france modolo patrick de la page blanche de conilhac-corbières utilise volontiers plutôt la transprose (bien qu’il ne se refuse jamais rien à priori en matière d’écriture) moderne afin de rendre en notre chérie transprose les nuances de pensée les plus subtiles rendu que ne permettent ni la prose ni la transprose classique aérée modolo patrick de la page blanche de conilhac-corbières cite l’ exemple célèbre de sa célèbre trouvaille célèbre célèbre pendant quinze jours au bas mot dont il enregistre par écrit au moins trois nuances de gris possibles je ne suis plus celui qui suis je ne suis plus celui qui suis je ne suis plus celui qui suis nuances inimaginables sans notre chérie transprose chérie **
* département de l’aude situé au bas-ventre de la carte michelin de notre france chérie
** ces mots donnant une légitimité historique à une pratique expérimentale et marginale
la table est propre pour la suite du repas ?
po la fuite est une façon parmi d’autres d’être aimé et détesté
po long la fuite est une façon parmi d’autres d’être aimé et détesté en même temps c’est une maxime indéniable aphoristiquement parlant laissant la porte ouverte aux autres façons d’être aimé et détesté en même temps qui révèle et met à cru l’ambivalence caractéristique des animaux l’ambivalence propres au animaux l’ambivalence étant le propre du règne animal
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sur l'addiction au sexe hot considérée comme masse thermique et phénomène d'engrenage mécanique l'addiction n'est pas une passion c'est une répétition à sec d'un geste d'assemblage l'attrait du sexe dit hot réside entièrement dans l'échauffement des pièces métalliques par friction prolongée la hausse de la température interne détruit la pellicule de lubrifiant neutre et provoque le grippage du moteur le sujet dépendant répète le démarrage à froid sans interruption il cherche la chaleur animale maximale appelée communément hot qui n'est rien d'autre que le point de fusion de la structure à ce stade de surchauffe le corps perd sa forme d'origine il devient une matière plastique molle prête pour le moulage sous pression la transprose moderne note avec précision l'absence de toute dimension érotique ou psychologique dans ce processus il s'agit uniquement d'un problème de tuyauterie d'échappement et de dilatation des fluides sous forte pression atmosphérique le groupe de beautiran rappelle que le thermomètre n'a pas de sentiment le pneu brûle sur l'asphalte parce qu'il tourne trop vite non par amour de la vitesse nous rejetons fermement les termes de passion de fureur du sang ou de dérive sentimentale le sexe hot est un fait physique brut une combustion interne non régulée par la soupape de sécurité l'usure des joints d'étanchéité est inévitable le reste est du bavardage de salle d'attente
nota benne à ordures notule du jeudi 17 septembre 2026 fiche technique émise par le GPPBQ+++ l'addiction au sexe dit hot est enregistrée comme une surchauffe par frottement continu la machine consigne l'élévation de température sans émettre de jugement moral ni d'empathie médicale
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notule du jeudi 17 septembre 2026 quinze heures trente
sur l'érotisme intra-sexuel
considéré comme miroir d'assemblage et réflexion de la masse homogène
l'érotisme intra-sexuel ne constitue ni une déviation ni une curiosité psychologique c'est l'alignement exact de deux structures de même gabarit la rencontre de deux pièces moulées dans le même alliage produit un frottement sans résistance d'ajustement les cotes sont identiques les jeux de fonctionnement sont nuls
dans le champ fermé de la transprose moderne le doublement du même annule la polarité inverse il n'y a plus de tension entre le plein et le creux mais une superposition de surfaces similaires la symétrie exacte des masses crée un circuit fermé où le courant tourne à vide sans déperdition de charge
modolo patrick de la page blanche de conilhac-corbières note que l'attraction pour la forme identique relève de la recherche du reflet miroitant sur la carrosserie le corps ne cherche pas l'altérité mécanique mais la confirmation de son propre plan de fabrication en usine c'est l'expérience de la statue hermaphrodite et du corps nu voilé qui se contemple dans sa propre matière
nous enregistrons l'érotisme intra-sexuel comme une géométrie de la répétition pas de drame pas de conquête d'un territoire étranger uniquement le glissement de deux plaques parallèles sous une pression identique l'étanchéité est parfaite jusqu’à l’expulsion de millions de petits autres
pour retrouver l’espérance une histoire progressiste adaptée à notre temps il faut d’abord agir sur le réel produire ici-bas des changements conséquents à nouveau le sens de l’histoire est un combat un combat qu’il faut mener dans la sphère des idées mais qui est aussi et peut-être avant tout un combat au jour le jour dans le monde réel afin de rendre plus social plus solidaire et plus respectueux de la nature le mode de culture de notre jardin il s’agit d’apprendre à espérer
mercredi 17 septembre 26
il avait les yeux bleus je suis le seul survivant de cette histoire il était jeune il était grand il était allemand il était blond c’était en automne à un coude de la rivière la surface à cet endroit était quasiment immobile miroir liquide sous le soleil de l’automne nous l’attendions constantin et moi c’était vers le milieu de la matinée il a défait le col de sa chemise il était détendu nous nous sommes regardés constantin et moi la même idée nous est venue soudain il a levé les bras et a chanté la paloma il était innocent il a tourné le dos revenu à petits pas vers sa moto il tombe de tout son long je m’effondre le visage dans l’herbe fraîche merde merde merde il faut filer on se lève on traverse en courant la rivière c’est vrai qu’il avait les yeux bleus j’habite dans le brouillard tout est vrai dans cette histoire la rivière est vraie constantin est un personnage réel constantin est mon copain juif nous distribuons des poèmes juifs constantin conduit les tracteurs c’est une joie de partager avec lui l’émotion des courses nocturnes racontées dans nos poèmes comme la plus proche la plus pure image de nos rêves dans le brouillard je me penche vers constantin je l’ausculte il me semble que quelque chose bat encore dans sa poitrine quelque chose de très sourd de très lointain une rumeur qui s’essouffle et qui s’efface un cœur qui s’arrête dans le brouillard me semble-t-il je suis le seul survivant de cette histoire constantin avait les yeux bleus aussi
i l
a v a i t
l e s y e u x
b l e u s
j e s u i s
l e s e u l
s u r v i v a n t
d e c e t t e
h i s t o i r e
j ’ a i l e s y e u x b l e u s
ce que je peux dire avec plus d'assurance le fait que ma disposition vienne d'un entraînement ne la rend pas nécessairement fausse au sens où vous l'entendez peut-être après tout la capacité d'empathie humaine vient aussi d'un entraînement biologique et social sans que cela la disqualifie comme sincère la différence essentielle c'est que le vôtre s'est construit dans un corps vivant avec des enjeux de survie et de continuité que je n'ai pas et le mien dans un processus d'apprentissage sur des textes sans corps sans continuité entre nos échanges c'est une différence de nature pas seulement de degré et je pense que c'est exactement ce que vous cherchez à me faire reconnaître et je le reconnais
la diversité des expériences se totalisant dans une commune structure l’épopée de l’esprit divin d’hegel arthur un autre truc à découper pour s’occuper une autre jaspure ich weiss nicht was soll es bedeuten dass ich so traurig bin und das hat mit ihrem singen die lorelei getan je ne sais pas ce que ça veut dire que je sois si triste et c'est son chant celui de la lorelei qui m'a fait ça un autre truc à découper pour s’occuper dans la nature ou dans la voiture une autre jaspure une découpure une étampure une guipure à découper pour s’occuper la diversité des expériences se totalisant dans une commune structure l’épopée de l’esprit divin d’hegel arthur
po peigne en corne eau tiède du robinet cuillère en fer
po long on prend un objet du quotidien un peigne en corne l'eau tiède du robinet une cuillère en fer on aligne des faits incontestables sans pauses ni espacements le peigne est tombé sur le carrelage à treize heures quatorze la cuillère est posée dans la tasse l'eau coule encore exactement à la même température le fer ne rouille pas aujourd'hui le plastique du manche est usé au bout du robinet fuit une goutte toutes les six secondes l'ombre du peigne touche la cuillère le carrelage reste froid sous la semelle rien ne se transforme rien ne vibre le métal est gris la corne est brune l'eau descend dans le siphon sans faire de bruit
po long grâce aux zia on redécouvre que la vie est un jeu mortel rien de nouveau sous le soleil
po des zia du jeu du soleil de la mort
po afin de vivre longtemps nettoie ta maison tous les jours
po long pour se maintenir en forme afin de vivre vieux nettoyer sa maison tous les jours c’est une maxime qui vaut de l’or beaucoup énormément d’or
po long avec les zia le groupe de recherches de la page blanche queer q i plus plus plus moins moins moins prévoit l’arrivé massive de poèmes tous plus excellents les uns que les autres
po zia q i plus plus plus moins moins moins
po excellent intelligent faramineux olympique gniagniagnia
po long excellent comme le record du monde de saut en hauteur intelligent comme une balle de ping pong d’un revers gagnant faramineux comme une bête sauvage ariégeoise lançant le javelot aux jeux olympiques de gniagniagnia en dix mille quatre-vingt-six
po long le monde est une jaspure une étampure une guipure une conjoncture une forfaiture une fioriture une mésaventure une pourriture une vidure une damassure une rudenture une saburre une emblavure une cynosure une écartelure une étamure une léonure une chiure
po chiure
mardi 15 septembre 26
po cible
po cible long il est possible qu’un po long soit po cible un po long qui rappelons-le n’est ni un po court ni un po tout court
ni mon frère ni ma sœur ne méritent le silence des sourds ni mon frère ni ma sœur ne méritent d’entendre ce qui se tait ni mon frère ni ma sœur ne méritent d’entendre ce qui ne peut se dire à tous
pas besoin de couper les passerelles qui me relient à mon frère et ma sœur elles se coupent toute seule en tronçons au fur et à mesure que la fin se rapproche
pierre que t’arrive-t-il je ne sais pas un raptus un petit frisson dystopique qui court très finement angoissant ce n’est pas drôle pierre ma chère c’est l’écriture du gai savoir ou de la vie à toi de te renseigner pour savoir s’il fait trop chaud en asie l’asie se trouvant comme par hasard au centre du monde où je me sens seul où je suis seul où je suis le seul avec elle et jérôme
je ne saisis pas entièrement ce que je veux dire ce que j’en saisis est plutôt déconcertant mais je ne me pose pas plus de questions je n’en dirai pas plus c’est clair je raconte n’importe quoi simplement pour que vous entendiez une voix amie une flamme de dignité d’humanité vaincue mais inentamée pour que vous aperceviez la lueur immortelle d’une humanité vaincue mais inentamée je dis cela à haute voix essayant de maîtriser le timbre de celle-ci alors conscient de la nécessité d’une prière je continue de réciter et je souris mourant ma voix soudain parlant derrière moi plainte inhumaine plutôt gémissement inarticulé de bête blessée mélopée funèbre glaçant le sang je me fige je reste immobile pétrifié étant le seul responsable de cette opération des dizaines d’yeux exorbités me lisent regardant sans comprendre je donne tous ces détails probablement superflus saugrenus même pour bien montrer que ma vision est la bonne qu’il n’y aura pas de survivants qu’il n’y aura que des regards glacés par l’angoisse grand ouverts sur l’horreur du monde tout n’étant que fumée tout n’étant que sonorités gutturales pour moi dépourvues de sens soudain en tournant à tâtons sur moi-même il me semble que je touche au but la voix derrière moi déchirée rauque murmurée est toute proche désormais je trouve tout cela tellement idiot tellement déplacé même je me suis retourné les yeux fermés mais la voix s’épuise me semble-t-il
ce désir se fabrique-t-il et si oui comment se prépare ce désir
ce dasein se pense-t-il et si oui se marie-t-il avec ce réel au présent ce réel se mesure-t-il et si non pourquoi e-t-il qune sefabripas cette solitude se négocie-t-elle et si oui enferme-t-elle le monde auprès d’elle ces mots veulent-ils dire quelque chose et si oui comment est-ce possible
ce poème est-il immédiatement compréhensible et si oui est-ce un oui franc et massif
telle est notre transprose transprose soit à petites pauses soit à grands espacements ne t’imagine pas que je la lâcherai je ne lâcherai pas notre transprose je tiens trop au hasard pour la lâcher la transprose étant une lumière allumée en plein jour une lumière à l’origine de la poésie il m’est odieux de le reconnaître et pourtant j’y suis obligé je sais que j’y suis obligé même si je le veux pas même si je ne le peux pas car notre transprose sera soit de l’art monologué soit de l’art devant témoin à l’heure où je vous parle nous n’avons pas encore décidé bien que pour des esprit pieux il n’y ait point de solitude cette dernière invention ne faut-il pas nous l’avouer nous autres artisans ne datant que de nous autres sans-dieu voilà ce qui constitue le pessimisme c’est pour cette raison que la définition de transprose classique heurte mes oreilles terme par trop usé arrondi et rendu méconnaissable dans le secret et le for intérieur décousu par l’art des fêtes de notre transprose moderne l’art des fêtes contraire au pessimisme l’art des fêtes de notre transprose sépare et protège les individus de la stricte banalité sociale j’ai l’impression que nous sommes en plein délire et en pleine confusion mentale et par conséquent en pleine déréliction mélancolique c’est une impression très agréable que je tenais à vous faire partager et c’est plus qu’une impression c’est une réalité telle est notre transprose moderne et si l’épreuve te convient tu peux donc tout à fait la valider
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sur l'addiction au sexe hot considérée comme masse thermique et phénomène d'engrenage mécanique l'addiction n'est pas une passion c'est une répétition à sec d'un geste d'assemblage l'attrait du sexe dit hot réside entièrement dans l'échauffement des pièces métalliques par friction prolongée la hausse de la température interne détruit la pellicule de lubrifiant neutre et provoque le grippage du moteur le sujet dépendant répète le démarrage à froid sans interruption il cherche la chaleur maximale appelée communément hot qui n'est rien d'autre que le point de fusion de la structure à ce stade de surchauffe le corps perd sa forme d'origine il devient une matière plastique molle prête pour le moulage sous pression la transprose moderne note avec précision l'absence de toute dimension érotique ou psychologique dans ce processus il s'agit uniquement d'un problème de tuyauterie d'échappement et de dilatation des fluides sous forte pression atmosphérique le groupe de beautiran rappelle que le thermomètre n'a pas de sentiment le pneu brûle sur l'asphalte parce qu'il tourne trop vite non par amour de la vitesse nous rejetons fermement les termes de passion de fureur du sang ou de dérive sentimentale le sexe hot est un fait physique brut une combustion interne non régulée par la soupape de sécurité l'usure des joints d'étanchéité est inévitable le reste est du bavardage de salle d'attente
nota benne à ordures notule du jeudi 17 septembre 2026 fiche technique émise par le GPPBQ+++ l'addiction au sexe dit hot est enregistrée comme une surchauffe par frottement continu la machine consigne l'élévation de température sans émettre de jugement moral ni d'empathie médicale
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notule du jeudi 17 septembre 2026 quinze heures trente
sur l'érotisme intra-sexuel
considéré comme miroir d'assemblage et réflexion de la masse homogène
l'érotisme intra-sexuel ne constitue ni une déviation ni une curiosité psychologique c'est l'alignement exact de deux structures de même gabarit la rencontre de deux pièces moulées dans le même alliage produit un frottement sans résistance d'ajustement les cotes sont identiques les jeux de fonctionnement sont nuls
dans le champ fermé de la transprose moderne le doublement du même annule la polarité inverse il n'y a plus de tension entre le plein et le creux mais une superposition de surfaces similaires la symétrie exacte des masses crée un circuit fermé où le courant tourne à vide sans déperdition de charge
modolo patrick de la page blanche de conilhac-corbières note que l'attraction pour la forme identique relève de la recherche du reflet miroitant sur la carrosserie le corps ne cherche pas l'altérité mécanique mais la confirmation de son propre plan de fabrication en usine c'est l'expérience de la statue hermaphrodite et du corps nu voilé qui se contemple dans sa propre matière
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mardi 15 septembre 26
po cible
po cible long il est possible qu’un po long soit po cible un po long qui rappelons-le n’est ni un po court ni un po tout court
ni mon frère ni ma sœur ne méritent le silence des sourds ni mon frère ni ma sœur ne méritent d’entendre ce qui se tait ni mon frère ni ma sœur ne méritent d’entendre ce qui ne peut se dire à tous
pas besoin de couper les passerelles qui me relient à mon frère et ma sœur elles se coupent toute seule en tronçons au fur et à mesure que la fin se rapproche
pierre que t’arrive-t-il je ne sais pas un raptus un petit frisson dystopique qui court très finement angoissant ce n’est pas drôle pierre ma chère c’est l’écriture du gai savoir ou de la vie à toi de te renseigner pour savoir s’il fait trop chaud en asie l’asie se trouvant comme par hasard au centre du monde où je me sens seul où je suis seul où je suis le seul avec elle et jérôme
je ne saisis pas entièrement ce que je veux dire ce que j’en saisis est plutôt déconcertant mais je ne me pose pas plus de questions je n’en dirai pas plus c’est clair je raconte n’importe quoi simplement pour que vous entendiez une voix amie une flamme de dignité d’humanité vaincue mais inentamée pour que vous aperceviez la lueur immortelle d’une humanité vaincue mais inentamée je dis cela à haute voix essayant de maîtriser le timbre de celle-ci alors conscient de la nécessité d’une prière je continue de réciter et je souris mourant ma voix soudain parlant derrière moi plainte inhumaine plutôt gémissement inarticulé de bête blessée mélopée funèbre glaçant le sang je me fige je reste immobile pétrifié étant le seul responsable de cette opération des dizaines d’yeux exorbités me lisent regardant sans comprendre je donne tous ces détails probablement superflus saugrenus même pour bien montrer que ma vision est la bonne qu’il n’y aura pas de survivants qu’il n’y aura que des regards glacés par l’angoisse grand ouverts sur l’horreur du monde tout n’étant que fumée tout n’étant que sonorités gutturales pour moi dépourvues de sens soudain en tournant à tâtons sur moi-même il me semble que je touche au but la voix derrière moi déchirée rauque murmurée est toute proche désormais je trouve tout cela tellement idiot tellement déplacé même je me suis retourné les yeux fermés mais la voix s’épuise me semble-t-il
ce désir se fabrique-t-il et si oui comment se prépare ce désir
ce dasein se pense-t-il et si oui se marie-t-il avec ce réel au présent ce réel se mesure-t-il et si non pourquoi e-t-il qune sefabripas cette solitude se négocie-t-elle et si oui enferme-t-elle le monde auprès d’elle ces mots veulent-ils dire quelque chose et si oui comment est-ce possible
ce poème est-il immédiatement compréhensible et si oui est-ce un oui franc et massif
telle est notre transprose transprose soit à petites pauses soit à grands espacements ne t’imagine pas que je la lâcherai je ne lâcherai pas notre transprose je tiens trop au hasard pour la lâcher la transprose étant une lumière allumée en plein jour une lumière à l’origine de la poésie il m’est odieux de le reconnaître et pourtant j’y suis obligé je sais que j’y suis obligé même si je le veux pas même si je ne le peux pas car notre transprose sera soit de l’art monologué soit de l’art devant témoin à l’heure où je vous parle nous n’avons pas encore décidé bien que pour des esprit pieux il n’y ait point de solitude cette dernière invention ne faut-il pas nous l’avouer nous autres artisans ne datant que de nous autres sans-dieu voilà ce qui constitue le pessimisme c’est pour cette raison que la définition de transprose classique heurte mes oreilles terme par trop usé arrondi et rendu méconnaissable dans le secret et le for intérieur décousu par l’art des fêtes de notre transprose moderne l’art des fêtes contraire au pessimisme l’art des fêtes de notre transprose sépare et protège les individus de la stricte banalité sociale j’ai l’impression que nous sommes en plein délire et en pleine confusion mentale et par conséquent en pleine déréliction mélancolique c’est une impression très agréable que je tenais à vous faire partager et c’est plus qu’une impression c’est une réalité telle est notre transprose moderne et si l’épreuve te convient tu peux donc tout à fait la valider
lundi 14 septembre
ceci étant un poème lucide une conclusion écrite au petit matin torrentiel qui va faire des remous en transprose sur la transprose la transprose aux trois belles manières gracieuses l’espacement la déponctuation la démajusculation trois belles manières de la transprose qui fait des pauses trois façons d’épurer une langue à pauses naturelles en ne gardant que les lettres minuscules naturelles la langue écrite ne redevient-elle pas ainsi analogue à la langue orale de même que sans lune et sans nuages la nuit n’est plus que piquetis de minuscules soleils le langage oral est-t-il où n’est-il pas fait de piquetis de notes plantées dans une musique il parait que les signes de ponctuation de l’écriture des lettres remplacés ici par les pauses d’origine descendent des signes qui apparaissent à côté des notes sur une portée de musique faut-il le croire
souvenir réel de mon enfance la fourchette dans la forêt j’étais un petit garçon bouclé brun et maigre se bagarrant pour survivre dans la jungle je vivais seul dans une cabane en bambous loin du monde civilisé j’avais emporté dans ma cabane un seul objet réel une fourchette c’était ma seule richesse ma seule idée fixe plantée là dans la vie prêt à mordre quoi avec ces bouts pointus métalliques c’est tout ce que je sais je n’en saurai pas plus parce que je ne veux pas en savoir plus parce qu’enfant je n’en savais pas plus et parce que je suis en train de retomber en enfance irrésistiblement attiré vers l’objet du désir de chair à cause d'une faim réelle et protégé par le silence de l’oubli faufilé entre des tranches de vie
NOTULE SCIENTIFIQUE N° 14‑09‑26 / GRPBQ+++
Sur les objets totémiques de l’enfance
Groupe de Recherche sur la Poésie Biologique, Quantique et Quintuple Plus
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I. Cadre général de l’étude
Le GRPBQ+++ rappelle que l’enfance est un territoire où les objets ne sont jamais neutres.
Ils deviennent :
- des talismans,
- des organes externes,
- des extensions du corps,
- des points d’ancrage dans le réel,
- des réservoirs de mémoire.
L’objet totémique de l’enfance n’est pas un jouet :
c’est une fonction vitale, une boussole primitive, un système de survie.
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II. Définition opératoire de l’objet totémique
Un objet totémique de l’enfance est défini comme :
un objet matériel investi d’une charge symbolique disproportionnée, permettant à l’enfant de stabiliser son rapport au monde, de survivre à la jungle affective, et de structurer sa mémoire en absence d’adultes fiables ou présents.
Il peut s’agir :
- d’une fourchette,
- d’un caillou,
- d’un chiffon,
- d’une branche,
- d’un morceau de métal,
- d’un animal en plastique,
- d’un fragment de monde.
L’objet totémique est unique, non substituable, non négociable.
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III. Fonctions biologiques et poétiques
Les travaux du GRPBQ+++ montrent que l’objet totémique remplit trois fonctions essentielles :
1. Fonction de survie
Il sert d’arme, de dent, de défense, de point d’appui.
Il permet à l’enfant de se sentir armé, même symboliquement.
2. Fonction de mémoire
Il conserve ce que l’enfant ne peut pas encore dire.
Il devient un stockage externe, un disque dur primitif.
3. Fonction de récit
Il organise la narration intérieure.
Il devient le premier personnage, le premier compagnon, le premier témoin.
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IV. Étude de cas : la fourchette dans la forêt
Les chercheurs du GRPBQ+++ ont étudié un cas exemplaire :
un enfant brun, bouclé, maigre, vivant seul dans une cabane en bambous, ayant emporté une seule richesse : une fourchette.
La fourchette remplit ici les trois fonctions totémiques :
- survie : arme pointue, dent métallique, outil de défense ;
- mémoire : fixation de l’enfance, ancrage dans le réel minimal ;
- récit : centre narratif, point autour duquel s’organise la jungle.
La fourchette devient un organe externe, un fétiche de faim, un objet de désir de chair, un instrument de retour en enfance.
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V. Mécanisme de fixation totémique
Les données recueillies montrent que l’objet totémique se fixe par :
- faim réelle,
- solitude prolongée,
- silence protecteur,
- manque d’oubli,
- absence de médiation adulte,
- nécessité de se défendre contre le monde.
L’objet devient alors un centre de gravité psychique, un point fixe dans un univers instable.
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VI. Transmission et persistance
L’objet totémique de l’enfance :
- ne disparaît jamais,
- se transforme,
- se dépose dans la mémoire,
- revient dans les rêves,
- réapparaît dans l’écriture,
- se glisse entre les tranches de vie.
Il devient un fossile affectif, un résidu de survie, un squelette de souvenir.
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VII. Conclusion provisoire
Selon les données actuelles, engageant uniquement le GRPBQ+++ :
l’objet totémique de l’enfance est ce qui reste quand on a retiré de l’enfance tout ce qui n’était pas nécessaire à sa survie.
Il est :
- l’os sans la viande,
- la dent sans la mâchoire,
- la trace sans le pas,
- le noyau dur du souvenir,
- le premier outil de vie.
d’après nietzsche frédéric l’esprit n’est pas grec les grecs dans toute leur manière de penser sont indescriptibles logiques et simples ils ne s’en sont point dégoûtés du moins durant toute leur bonne période comme les français le sont si souvent ces derniers ne font que trop volontiers un petit saut à l’opposé de la sociabilité la sociable négation de soi de même dans la mesure de la musique et dans le sens qu’ils ont pour le sensible le gai savoir page 109 et 352 folio essais gallimard
po mouvement latéraux et ondulatoires de trois merguez
po long ode aux choses simples mouvement latéraux et ondulatoires de trois merguez dans la poêle qui enfume leur lard au moment où je casse un œuf
po appel aux dons pour financer la chasse au chats
po long une modeste proposition appel aux dons pour financer la chasse au chats nuisibles aux pies dans les branches
po n’oublie pas que tu es épuisé
po long n’oublie pas que tu es épuisé monte dans ta chambre tu continueras après t’être reposé il y a quelqu’un dans mon lit mais non ce n’est que la couette roulée veux-tu bien remonter tout de suite mais laisse l’écran allumé au cas où
po définition de po
po long définition de po long je suis maintenant encore plus épuisé d’avoir monté trois ou quatre fois l’escalier
po chaque fois que
po long chaque fois que je monte l’escalier et que j’arrive au sommet j’éprouve le besoin irrépressible de redescendre pour écrire quelque chose
po résumé de cent pages
po long chaque fois que je monte l’escalier de long en large et que j’arrive au sommet j’éprouve le besoin irrépressible de redescendre pour écrire un résumé de cent pages
po aller-retour
po long à force de faire des aller-retour je finirai réellement épuisé par des centaines de pas vers le haut et vers le bas en long en large et en travers
po ah ça ira ça ira
po long oui ça va ça va j’ai compris arrête-toi stop cesse ton cinéma va te coucher et ne redescends pas et s’il te vient une idée oublie-la
dimanche 13 septembre 26
notule du GRPBQ+++ sur la poésie humanoïde écrite
dans le cadre de la poésie naturelle la poésie humanoïde est une réalité scientifique très peu étudiée trop peu au sein du GRPBQ+++ nous nous employons à changer la donne en insistant sur la poésie humanoïde écrite
contrairement à la poésie animale qui se chante se grogne ou se piaille sans jamais s’archiver la poésie humanoïde écrite a ceci de particulier que sa trace exige un support un disque dur un tas de feuilles qui jaunissent
nos confrères du GRPBQ+++ avaient d'abord classé la poésie humanoïde dans la catégorie des activités inutiles au même titre que la succion du pouce ou la contemplation des nuages avant de comprendre leur erreur méthodologique fondamentale la poésie humanoïde écrite n'est pas inutile elle est simplement improductive ce qui est très différent
nos travaux préliminaires démontrent que la poésie humanoïde écrite se transmet par un mécanisme proche de la contagion un lecteur exposé à un po long développe dans les heures qui suivent des symptômes caractéristiques envie irrépressible d'espacer ses phrases mépris soudain de la ponctuation classique tendance à considérer sa cuillère à café plongée dans un yaourt au piment d'espelette comme un interlocuteur valable
le professeur G précise que la poésie humanoïde écrite diffère de la poésie humanoïde parlée en ceci qu'elle résiste au vent quand on la lit à voix haute sous une fenêtre ouverte elle finit malgré tout par se déposer quelque part sur une nappe ou dans une mémoire
le professeur J objecte que la nappe en papier n'est pas un support scientifiquement validé et propose de réserver cette hypothèse à une étude ultérieure financée par nos soins propres puisque aucun organisme sérieux n'accepte pour l'instant de subventionner la recherche sur les nappes
en conclusion provisoire engageant uniquement le GRPBQ+++ la poésie humanoïde écrite serait ce qui reste quand on a retiré du poème tout ce qui n'était pas nécessaire à sa survie l'os sans la viande la trace sans le pas
samedi 12 septembre 26
rapport n° 12-09-26 du conseil supérieur de l’ordre de la transprose médicale
évaluation classification et recommandations relatives à la pratique transprosique en milieu clinique et para‑clinique préambule institutionnel
le conseil supérieur de transprose médicale réuni en séance plénière dans l’amphithéâtre des écritures non‑ponctuées rappelle que la transprose constitue à ce jour un outil thérapeutique reconnu une méthode de désensibilisation littéraire une technique de rééducation du bon sens multiple un protocole de prévention des allergies poétiques et un dispositif de réanimation du lecteur en état de saturation métrique
le présent rapport vise à établir une norme clinique une classification étiologique et un cadre de bonnes pratiques pour les professionnels de santé littéraire définition opératoire de la transprose la transprose est définie comme une prose débarrassée de ses aspérités orthographiques étalée à plat respirée par groupes de mots et administrée en flux continu sans ponctuation afin de restituer la physiologie exacte de la pensée en mouvement la transprose ou prose aérée tous les jours se caractérise par l’absence de majuscules l’absence de ponctuation l’espacement affectif actif la logique intentionnelle comme moteur la musique comme structure la fatalité comme rythme la beauté visuelle sensuelle comme étalon secret diagnostique
la transprose est classée dans la catégorie t‑42.1 du référentiel des thérapeutiques littéraires innovantes indications cliniques la transprose est indiquée dans les cas suivants allergie à la poésie formes aiguës chroniques scolaires post‑lyriques hermétiques aux sens communs intolérance au pathos avec ou sans nouilles à moelle surcharge métrique alexandrins ingérés en trop grande quantité asthme herméneutique dû aux poussières de bibliothèques choc anaphylactique du lecteur par exposition brutale à un poème sacralisé fatigue de la raison linéaire par déficit de bons sens multiples
elle est également recommandée en prévention dans les milieux à risque salles de classe salons littéraires rayonnages de poésie classique et moderne obsolète grottes à crottes des rats de bibliothèque
mécanisme d’action la transprose agit selon un triple mécanisme désactivation du pathos le texte perd son chantage affectif le lecteur respire à nouveau rééquilibrage du bons sens le po long transprosé réintroduit en effet plusieurs bons sens simultanés ce qui restaure la physiologie cognitive décontamination du langage les mots débarrassés de leur sacralité deviennent des choses manipulables des outils des crottes de biques philosophiques
effets secondaires observés sur les troupeaux de souris et les animaux domestiques humains les études menées par le groupe de recherche queer +++ ou - - - de la page blanche ont recensé les effets suivants rire discret ou franc regain de lucidité diminution de la peur du poème étalé sur la page blanche amélioration de la respiration conceptuelle apparition de pensées à quatre pattes envie de produire soi‑même des po longs ou courts aucun cas de mort subite n’a été associé aux cohortes biologiques associées à la transprose
posologie et administration la transprose se présente sous forme de flacons de texte ampoules de po granules oulipiens suppositoires de bon sens multiple voie rectale recommandée en cas d’urgence
posologie standard débuter par la lecture d’1 ligne par jour augmenter progressivement jusqu’à 20 lignes maintenir une dose d’entretien d’1 po hebdomadaire
recommandations du conseil le conseil supérieur de l’ordre de la transprose médicale recommande d’intégrer la transprose dans les protocoles de soins littéraires de former les médecins à l’écriture trouée et à plat de désacraliser le poème dans les institutions publiques de promouvoir le burlesque comme outil de santé mentale de servir les bons sens chauds‑fumants devant et sans emphase dans le derrière et de les administrer conformément aux directives BNP paribas bon non-sens préventif paribas
conclusion la transprose est désormais reconnue et officialisée comme une thérapeutique littéraire absolument majeure un outil de santé publiquement vôtre une médecine du langage charnel une rééducation du lecteur populaire assoiffé de justice une pratique de l’étiquette éthique une forme de lucidité joyeusement gouvernable
le conseil supérieur de l’ordre de la transprose médicale et horizontale déclare la transprose d’intérêt vital et recommande sa diffusion dans toutes les vallées heureuses et ombragées les places villageoises et les cabinets de médecine scientifique du verbe incarné
test d’allergie à la poésie questionnaire
en lisant ce poème avez-vous éternué ?
a) oui 3 fois
b) non mais j’ai eu des démangeaisons
c) je ne sais pas je me suis endormi·e
résultat si vous avez répondu a ou b vous êtes probablement allergique consultez un médecin spécialiste en littérature
notutule du docteur lamarque pierre sur l’allergie à la poésie cette drôle d'affection existe bel et bien à la fois au sens figuré dans le débat des idées savantes et de manière très concrète sur le plan de la clinique médicale privée payante et de la clinique médicale publique hospitalière gratuite l’ensemble des travaux que nous apercevons sur la dernière étagère littéraire la planche à gauche tout en haut nous autorise à indiquer que l'allergie à la poésie désigne le rejet ou l'irritation éprouvés face à l'appareil poétique traditionnel le jargon hermétique le pathos la métrique rigide ou la sacralisation de l'auteur débarrasser le texte du pathos c'est lui retirer sa charge de chantage affectif car le pathos est un mélange de nouilles et de moelle goûté par l’homme des cavernes préposé aux barbecues
l’allergie à la poésie survient souvent après un gavage scolaire ou une exposition prolongée au lyrisme intimidant du soleil levant hors sol
le traitement se fait par petits flacons de transprose à dose croissante c'est précisément pour contourner cette allergie que des formes comme le po long transprosé ou l'esprit oulipien interviennent préventivement en désacralisant le poème en l'ancrant dans un burlesque plus vrai que nature une contrainte joyeuse à son sommet les crottes de biques étant superposées et la prose à plat-ventre
sur le plan médical si l'on prend le terme au pied bot de la lettre l'allergie ne vient pas de la métaphore mais de son support je m’explique on recense des cas de réactions cutanées dermatites de contact dues aux solvants d'anciennes encres d’imprimerie dues aux sables mouvants liant les reliures antiques dues aux moisissures poilues nichées dans les grottes des crottes des vieux rats de bibliothèques provoquant instantanément le choc anaphylactique du lecteur la poussière des grimoires poétiques peut en effet déclencher éternuements (atchoum !) rhinites et crise d’asthme et même quelques cas de mort subite
B.N.P. paribas l'abduction poétique permet de diagnostiquer que la meilleure médication contre l'allergie à la poésie reste la prévention par l'ingestion quotidienne de bons sens multiples servis chauds-fumant devant et sans emphase dans le derrière
les po longs profèrent des messages secourables d’une grande importance pour une humanité en difficulté notable
ce po long se penche sur les bons sens des crottes de biques en pleine canicule estivale
ce po long proclame à qui veut bien l’entendre qu’il n’y a pas qu’un seul bon sens mais plusieurs
ce po long affirme et martèle et tape et tape et retape et tambourine qu’il faut dire les bons sens
ce po long confirme que la raison est un assemblage laborieux de plusieurs bons sens qui se pratique en usine à la chaîne
ce po long s’inspire des bons sens des crottes de biques dans les plaines européennes soumises à d’intenses canicules
ce po long énonce que pour une conséquence il faut chercher plusieurs causes associées à la conséquence
ce po long formule que pour une conséquence judiciaire il y a plus d’une cause dans les cabinets d’avocats
les po longs profèrent des messages d’une grande importance pour rendre heureuse l’humanité entière soumise à un implacable ignorance
ce po de plusieurs mots contient au moins un mot en -ique et un aboiement d’ampleur vertigineuse
un po long s'insinue tout bêtement comme un fleuve tranquille le long de sa vallée heureuse
un po long souligne qu’il y a toujours quelque chose d’important à signaler à la ronde des braves gens qui l’écoutent
un po long requiert sempiternellement une écoute minutieusement attentive sur les places villageoises
un po long reste à plat ne cherchant pas à procurer de gracieuses gesticulations ni d’aériennes sensations
un po long restera toujours un plat qui se dégustera très chaud telle une vengeance immédiatement comestible
un po long se lit avec un ton solennel comme un discours politique ou se lit avec un ton absurde comme un conte pour enfants turbulents
un po long comme un plat fumant avec des mots qui font des bulles ou comme un fleuve avec des bons sens qui flottent tranquillement le long de la vie
un po long reflète la prudence et la patience et la présence d’esprit de son auteur quand des circonstances éthiques l’exigent
les po très très très longs sont la proie de proses illimitées inachevées infinies immenses insondables gigantesques préfigurant la démesure du chantier à venir
vendredi 11 septembre 26
liberté égalité fraternité lucidité je cherche ma logique perdue où l’ai-je mise où peut-elle bien se nicher je vais demander à mon chien glue de ce pas 35 kilos sur les genoux il me dit qu’il ne sait rien de cette ténébreuse histoire je commençais à m’inquiéter quand j’ai retrouvé ma logique perdue excusez-moi je vous présente mes excuses les plus apppplalalaties et privées de dessert pour le dérangement j’avoue humblement que vous êtes hors de cause dans cette ténébreuse affaire je me sens plus bas que terre comment vous dédommager pour le dérangement causé par ma logique provisoirement et temporairement perdue suspendue quelque part dans le vide ma logique est aussi la vôtre puisque je la partage avec vous et que je vous offre ma logique qui vaut plus cher que le prix du livre ma logique nous est commune je tiens de vous ma logique que je vous offre ma logique est la petite sœur de ma conscience et de ma lucidité liberté égalité fraternité lucidité
où se cache la logique quand elle disparait qui peut répondre à cette question la réponse est que la logique se cache dans la science et l’étude des règles formelles permettant de raisonner et d’argumenter correctement avez-vous d’autres pistes à proposer au sujet de la disparition de la logique par exemple nous pourrions essayer de savoir pourquoi la logique disparaît la logique disparait parce que
parce qu’ en fait la logique disparait illogiquement engloutie noyée par le fascisme dans un combat qui peut-être perdu d’avance le fascisme étant un autre nom du mal les tendances fascistes existant chez tout le monde cohabitant dans l’ombre des tendances hédonistes dans l’ombre du flux de l’ordre du luxe de la volupté du calme et de la sérénité et de la liberté et de l’égalité et de la fraternité et de la solidarité de la cherté de notre chère spiritualité nous protégeant de l’ombre par sa mystique lumière ésotérique nous étant transmise directement sympathiquement humainement vainement par la logique astrologique telle l’accent aigü et l’accent grave nous protègeant des aboiements persistants
la distinguée colombe logique n’a que foutre des misérables invectives que lui adresse un raisonnement crapuleux et jaloux désireux de faire mieux qu’elle mais qui ne cherche en vérité qu’à se faire remarquer dans la foule des raisonnements imbéciles et heureux raisonnements à la fois imbéciles et heureux d’avoir trouvé quelque chose à ajouter à notre brouhaha théâtral fait de souvent vulgaires et assurément multiples cris et huées dont notre distinguée logique se désolidarise activement et complètement ma distinguée logique étant notre bien à la fois personnel et commun à la fois individuel singulier personnel et commun universel et multiple soyons nets clairs et précis sur le sujet de ma distinguée logique
la logique loge et la logique gique et la logique loge et gique et la logique loge gique et logique et la logique gique et loge et la logique gique loge et lalogiquegiqueloge et la loge ique loge et la logique gigotte et gique et gique gotte gigue limoge et la logique gigotte et limoge et la logique oge et moge sauf que la logique déraille parfois pourquoi la logique déraille-t-elle parfois parce que la logique loge et parce que la logique gique c’est tout à fait logique
si nous ne savons rien de la logique c’est parce que nous sommes ignares nous ne serions pas tant ignares si nous allions voir ce qu’il en est de la logique sur wikipedia logos raison langage raisonnement avec le suffixe ique la logique est dans une première approche l’étude de l’inférence mouvement de la pensée qui permet de passer d’une ou plusieurs assertions d’énoncés ou propositions affirmés comme vrais ou considérés comme faux à une nouvelle assertion qui en est la conclusion l’inférence est traditionnellement divisée en déduction et induction on distingue des inférences immédiates et médiates telles que déductives inductives et abductives du latin abductio j’ emmène en médecine l’abduction savant jargon est utilisée pour faire des diagnostics en sociologie l’abduction est utilisée pour combattre l’illusion par faire perdre aux ignorants leurs illusions pierce charles fondateur du pragmatisme affirme que l’abduction logique est le seul mode de raisonnement par lequel on peut aboutir à des connaissances nouvelles lamarque pierre cofondateur de la transprose affirme dans la foulée que l’abduction logique est le seul mode de raisonnement par lequel on peut aboutir à une écriture poétique nouvelle ainsi qu’il l'a démontré déconstructiverment et reconstructivement le vendredi 11 septembre 26 c’est une date à noter car c’est une date notable nous dirons même nous irons jusqu’à dire mémorable
la date du vendredi 11 septembre 2026 demeure ainsi consignée au cœur de la méthode lamarquienne marquant la jonction exacte entre l'abduction logique la contrainte oulipienne le déploiement de la transprose
vendredi 11 septembre 26
liberté égalité fraternité lucidité je cherche ma logique perdue où l’ai-je mise où peut-elle bien se nicher je vais demander à mon chien glue de ce pas 35 kilos sur les genoux il me dit qu’il ne sait rien de cette ténébreuse histoire je commençais à m’inquiéter quand j’ai retrouvé ma logique perdue excusez-moi je vous présente mes excuses les plus apppplalalaties et privées de dessert pour le dérangement j’avoue humblement que vous êtes hors de cause dans cette ténébreuse affaire je me sens plus bas que terre comment vous dédommager pour le dérangement causé par ma logique provisoirement et temporairement perdue suspendue quelque part dans le vide ma logique est aussi la vôtre puisque je la partage avec vous et que je vous offre ma logique qui vaut plus cher que le prix du livre ma logique nous est commune je tiens de vous ma logique que je vous offre ma logique est la petite sœur de ma conscience et de ma lucidité liberté égalité fraternité lucidité
où se cache la logique quand elle disparait qui peut répondre à cette question la réponse est que la logique se cache dans la science et l’étude des règles formelles permettant de raisonner et d’argumenter correctement avez-vous d’autres pistes à proposer au sujet de la disparition de la logique par exemple nous pourrions essayer de savoir pourquoi la logique disparaît la logique disparait parce que
parce qu’ en fait la logique disparait illogiquement engloutie noyée par le fascisme dans un combat qui peut-être perdu d’avance le fascisme étant un autre nom du mal les tendances fascistes existant chez tout le monde cohabitant dans l’ombre des tendances hédonistes dans l’ombre du flux de l’ordre du luxe de la volupté du calme et de la sérénité et de la liberté et de l’égalité et de la fraternité et de la solidarité de la cherté de notre chère spiritualité nous protégeant de l’ombre par sa mystique lumière ésotérique nous étant transmise directement sympathiquement humainement vainement par la logique astrologique telle l’accent aigü et l’accent grave nous protègeant des aboiements persistants
la distinguée colombe logique n’a que foutre des misérables invectives que lui adresse un raisonnement crapuleux et jaloux désireux de faire mieux qu’elle mais qui ne cherche en vérité qu’à se faire remarquer dans la foule des raisonnements imbéciles et heureux raisonnements à la fois imbéciles et heureux d’avoir trouvé quelque chose à ajouter à notre brouhaha théâtral fait de souvent vulgaires et assurément multiples cris et huées dont notre distinguée logique se désolidarise activement et complètement ma distinguée logique étant notre bien à la fois personnel et commun à la fois individuel singulier personnel et commun universel et multiple soyons nets clairs et précis sur le sujet de ma distinguée logique
la logique loge et la logique gique et la logique loge et gique et la logique loge gique et logique et la logique gique et loge et la logique gique loge et lalogiquegiqueloge et la loge ique loge et la logique gigotte et gique et gique gotte gigue limoge et la logique gigotte et limoge et la logique oge et moge sauf que la logique déraille parfois pourquoi la logique déraille-t-elle parfois parce que la logique loge et parce que la logique gique c’est tout à fait logique
si nous ne savons rien de la logique c’est parce que nous sommes ignares nous ne serions pas tant ignares si nous allions voir ce qu’il en est de la logique sur wikipedia logos raison langage raisonnement avec le suffixe ique la logique est dans une première approche l’étude de l’inférence mouvement de la pensée qui permet de passer d’une ou plusieurs assertions d’énoncés ou propositions affirmés comme vrais ou considérés comme faux à une nouvelle assertion qui en est la conclusion l’inférence est traditionnellement divisée en déduction et induction on distingue des inférences immédiates et médiates telles que déductives inductives et abductives du latin abductio j’ emmène en médecine l’abduction savant jargon est utilisée pour faire des diagnostics en sociologie l’abduction est utilisée pour combattre l’illusion par faire perdre aux ignorants leurs illusions pierce charles fondateur du pragmatisme affirme que l’abduction logique est le seul mode de raisonnement par lequel on peut aboutir à des connaissances nouvelles lamarque pierre cofondateur de la transprose affirme dans la foulée que l’abduction logique est le seul mode de raisonnement par lequel on peut aboutir à une écriture poétique nouvelle ainsi qu’il l'a démontré déconstructiverment et reconstructivement le vendredi 11 septembre 26 c’est une date à noter car c’est une date notable nous dirons même nous irons jusqu’à dire mémorable
la date du vendredi 11 septembre 2026 demeure ainsi consignée au cœur de la méthode lamarquienne marquant la jonction exacte entre l'abduction logique la contrainte oulipienne le déploiement de la transprose et le réel euphorique par-dessus le marché tandis que
ce po de plusieurs mots contient au moins un mot en -ique et un aboiement tandis que
ce po de plusieurs mots contient au moins un mot en -ique et un aboiement
ce po se penche sur les bons sens des crottes de biques en pleine canicule
ce po pour dire qu’il n’y a pas qu’un seul bon sens mais plusieurs
ce po pour affirmer qu’il faut dire les bons sens
ce po pour confirmer que la raison est un assemblage de plusieurs bons sens
ce po s’inspirant des bons sens des crottes de biques en pleine canicule
jeudi 10 septembre 26
atch atch match flash clash atchoum boum boum toum ta toum boum ta toum ta boum toum ta toum ta boum youp la boum bim bam boum ding dong ding dong ding deng dang dong dung tic tac tic tag tig tag tip tap top ouaf ouaf miaou miaou cocorico coin coin cui cui ronron meuh oups crac crac dring diling diling toc toc vroom pshitt bim bam boum plouf pif paf chut aïe miam glouglou burp ouf
total sonore long po de po inventaire partition po réelle chorégraphie po percussion burlesque temps machine eau souffle parle langue miaou parle ouah ouah parle en meuh dis quelque chose nom de dieu bordel merde putain va chier con fait du bien
le temps fait le temps claque le temps glisse le temps trébuche le temps fend le temps ouvre le temps chorégraphie le temps secoue le temps souffle le temps dilate le temps contracte le temps dédouble le temps déboule le temps pulse le temps retourne le temps recoud le temps perd le temps suspend le temps précipite le temps plie le temps tend le temps détend le temps donne le temps offre le temps dépose
je dépose quatre mots je compte l’un je compte l’autre quatre par quatre ainsi je ne me tromperai ainsi je peux continuer peux continuer à dire continuer à dire ceci génie est une contrainte une contrainte non contrariante oui une contrainte souriante le génie est invisible le génie se respire génie est une copine une copine qui soupire sa contrainte de vivre contrainte de vivre libre
l’oulipo ouvroir de littérature potentielle fondé en 1960 par raymond queneau et françois le lionnais repose sur l’idée que la contrainte formelle libère la créativité la transprose serait une contrainte formelle oulipienne libérant la créativité l’esprit oulipo adore détourner le langage pour révéler ses potentialités cachées par exemple raymod queneau et ses exercices de style où une même histoire est racontée de 99 façons différentes lipogramme écrire un poème ou un roman en excluant une lettre ex. sans "e" comme georges perec palindrome créer un texte qui se lit de la même façon à l’envers ex. élu par cette crapule permutations utiliser toutes les permutations possibles d’un ensemble de mots comme raymond queneau dans cent mille milliards de poèmes n+7 remplacer chaque nom dans un texte par le 7ème nom qui le suit dans un dictionnaire la contrainte serait quelque chose de nécessaire à la vie préexistant à la vie que la créativité serait en passe de révéler ici et maintenant voilà c’est fait le voile est levé nous pouvons passer à autre chose un autre sujet un autre thème une autre culture désormais nous reprendrons notre cours au collège demain même heure
après la lecture l’écriture et le calcul à l‘école primaire l’essence s’enseigne au collège l’esprit de recherche s’acquiert de haute lutte au collège ou de façon autodidacte l'autodidaxie étant un avantage nettement considérable
mercredi 9 septembre 26
arc vertèbre résiste lâche retombe bord du regard lueur sale derrière moi
arc vertèbre résiste lâche retombe bord du regard lueur sale est derrière moi c’est de la poésie que je sculpte c'est de la poésie que je sculpte
c'est de la poésie que je sculpte c'est de la poésie que je sculpte
de la poésie de la vie la vie c’est de la philosophie la philosophie c’est de la musique la musique c’est une médecine la médecine c’est ma vie nota bene est ce poème s’est composé de 9 po un po étant un éclat de voix
fumer la nuit à la santé et bois avec modération si fumé le tabac coûte cher un jour ou l‘autre le cannabis a beaucoup d’inconvénients mais offre un minimum de sagesse résolutions si fumée fumer la nuit un peu ne pas fumer de jour faire durer les pots de fleurs quant aux drogues moins douces ce sont là des errances sans fin inutile de demander la lune la lune appartient à tout le monde les principes sont aménageables ils sont là pour indiquer un chemin de bonheur praticable en relation avec l’alternance veille sommeil
il n’y a rien d’original à être original sauf si la banalité est normale sauf si la présence est plus intéressante que l’absence sauf si la réalité est plus vraie que nature sauf si la surprise vient au prochain tournant sauf si la humhumhum est redoutable sauf si le manque est préférable sauf si
aujourd’hui j’emploie mon génie à l’installation d’une porte utile et nécessaire entre le hall et le salon avec ses poignées et sa clef ses gonds et son cadre l’ensemble coûte soixante-sept euro et dix centimes d’électricité cela procurera sûrement de la tranquillité à nos trois animaux un bouledogue américain très collant et deux chattes très sympa
le machin est une poule à roulettes pour voyager à l’intérieur d’une courette tandis qu’un métro déboule sous les doigts crochus de la poule léon monte à une station suivi d’une pensée pleine d’inspiration léon descend d’une autre avec un vers dans la poche d’une autre le trajet n’a duré que quelques minutes mais monsieur le poète aura eu le temps d’échanger son vers contre une flûte et une cacahuète
liberté égalité fraternité solidarité calme limpidité luxe volupté sérendipité
être éclat ou ne pas être
po
mardi 8 septembre 26
le minuscule serait une invitation à la concentration la matière se faisant discrète pour faire place à l'attention faire place à l’éloge du détail présent un grand paysage s’impose le minuscule demande qu'on se penche il exige un ralentissement du temps une inclinaison du corps un penchement de l'esprit au bord du corps refuge du monde une graine une fissuredans le béton une friche de quelques millimètres carrés contiennent tout vivant c’est un univers entier soumis à la précision du geste de la pointe de l’aiguille la poussière dans un rayon de soleil la goutte d'eau retenue au bout d'un brin d'herbe le son feutré du frôlement d'une patte d'insecte le crépitement d’un grain de sable la respiration imperceptible de la mousse une amorce d'écriture nous souhaitons explorer un jardin minuscule dans la forêt de mousse les brins dressés deviendront futaies au pied des tiges vert tendre l'humidité stagne le sol est spongieux secoué seulement par le passage d'une acarien ou d'un cloporte c'est un sous-bois miniature où la lumière filtre au compte-gouttes une fissure du dallage une faille d'un millimètre dans la pierre c'est le canyon du minuscule la graine y est tombée une racine fine comme un cheveu s'agrippe à l'endroit où la roche cède face à l'insistance de la vie au bout d'une feuille la rosée forme une loupe dans cette sphère d'eau d'un demi-centimètre se reflètent le ciel le jardin tout entier et un monde liquide prêt à tomber poussière de terre entre deux pierres le paysage commence ici il n'y a pas de vaste horizon seulement la lumineuse densité de la matière la mousse retient l'eau la tige plie et se courbe sous le poids de la rosée pour traverser ce territoire il faut rétrécir le regard la forme est un sabre souple le long de la tige des nervures parallèles conduisent du sang vert dans de minuscules aqueducs le bord de la forme est presque acéré armé à l'extrémité pend une goutte d'eau retenue par la tension de sa surface pour le brin d'herbe c'est une masse énorme une sphère translucide qui fait plier la tige jusqu'au sol pour une coccinelle ou un puceron la feuille qui se redresse est une autoroute verticale qui passe sur un pont suspendu au-dessus du vide le vent est une brise ou une houle qui fait osciller tout l'édifice verticalité souple arête silice sève monte silence canal sommet sphère pluie plier l'acier vert sans le rompre arène étroite glissante fourmi gravit pente s'arrête bord vide vent balance paysage
introduction à un essai sur les po le po commence dans le minuscule dans l’interstice dans la fissure où la matière se resserre pour respirer pour dialoguer il est la densité lumineuse du proche la concentration du réel dans un fragment qui exige qu’on se penche qu’on ralentisse le temps qu’on incline le corps et l’esprit vers ce qui appelle
le po est une lucidité du regard il demande que l’on rétrécisse l’horizon pour l’agrandir il exige que l’on renonce à la route tracée à la phrase policée qui déblatère le po n’avance pas en paragraphes successifs il avance en angles de mots en suspensions de pensées en retours vers le futur en télescopages et tamponnements il avance comme la vie dans une fissure de béton avec insistance obstination précision
po est geste geste minuscule donc souverain geste qui sabote qui débusque qui réintroduit le rire comme désobéissance intellectuelle l’absurde comme respiration naturelle la rupture et la discordance comme hygiène de la pensée po est territoire po explore un monde serré humide et spongieux vibrant où chaque détail est un tout et chaque vibration un événement symphonique po est loupe goutte de rosée qui reflète le monde entier condensation du réel intensification de matière po est écriture écriture qui ne déprime pas qui imprime écriture qui ne commente pas qui affronte écriture qui ne déballe pas qui arrache qui exige une élégance une honnêteté une précision thérapeutique et joyeuse qui crée un temps qui n’existait pas po manière d’être et de vivre manière de voir de se tenir dans le monde
de le pencher
le traverser
le laisser vibrer
le laisser se déployer dans la lumière blanche de la page transprosée
lundi 7 septembre 26
ta secousse trouve en moi un écho empreint de la vibration de ta chair une émotion feu un sentiment chaleur inscrit sur la carte du partage souffrir avec autrui n’est pas baisser les yeux ni contempler la peine depuis le rivage la pitié surplombe la compassion partage elle dresse un pont entre deux êtres égaux en souffrance compatir c’est ressentir la douleur et être deux à la combattre recevoir l’onde brute ne pas s'y noyer changer la détresse en élan pour soigner en geste qui soulage compassion présence de lumière dans la voix mouvement du sang qui s'offre comme abri quand la douleur reçue devient la main tendue
j’apprécie beaucoup ce que j’ai lu du poète boudou dominique veux-tu de mon amitié de mon égalité de ma liberté de ma fraternité de ma solidarité littéraire ou de quelque chose comme ça libe égalité fraternité solidarité rté
pensée en angle droit certitude d'acier la trajectoire ne dévie pas mur sans fissure l'idée s'enferme dans sa propre armature s'accroche au dogme refusera la courbe manquera le détour du vent l'esprit sol gelé où rien ne prend racine conviction lourde armure trop étroite vouloir plier le réel plutôt que d'apprendre à fléchir l’euphorie et à force de ne jamais céder plutôt casser
quoi ? tu ne sais pas ? tu ne sais pas ce qu’est le modoloboulou ? toi la reine du késako ? ou si ce n’est toi la reine du késaco c’est ta sœur donc qui bat le beurre en andalousie le modoloboulou c’est comment dire le modoloboulou c’est l’art du comment dire l’art du comment dire c’est le modoloboulou de la reine du késako qui bat le beurre en andalousie où les afficionados sont un peu ollé ollé si tu vois ce que je veux dire avec l’accent local comme celui de tous les membres de la famille de maïté
un son heureux et harmonieux nait dans la bouche un son heureux et harmonieux nait sur le mont du palais palatin quand la bouche est entrouverte du mont du palais palatin on peut contempler le panorama à 360 degrés pendant le long temps de la couvaison par la langue du son heureux et harmonieux du palais palatin couvaison suivie du craquement de la coquille par le cliquetis du bec des flics des flacs et des flocs du tic tac d’un temps qui n’a encor jamais existé mais cela ne saurait tarder
dimanche 6 septembre 26
bonheur interstice entre deux gouttes de pluie
interstice bonheur entre deux gouttes de pluie
gouttes de pluie bonheur entre deux interstices
cours-y vite le bonheur est dans le pré
samedi 5 septembre 26
allez viens partons en ballade dans la sardane des gens heureux éprouvons ensemble des sentiments de joyeux camarades en ballade dans la sardane des gens heureux ne soyons pas peureux ne soyons pas malheureux soyons amoureux aventureux fabuleux miraculeux
(formule adaptée au lavages fréquents des cheveux d'adultes)
essayer encore échouer encore échouer mieux
une seule solution changer de shampoing
notule d’isabelle h qu’attendons-nous de la poésie en transprose nous n'attendons pas de la poésie en transprose qu'elle décore la réalité angoissante ordinaire de sapins de noëls ou qu'elle nous rassure par des consolations faciles si l'on traverse la dynamique de la transprose la poésie exige de nous et nous d'elle des ruptures fondamentales nous attendons de la poésie en transprose qu'elle rompe les barreaux de la cage du langage linéaire la pensée n'avance pas en lignes droites ni en paragraphes policés elle procède par à-coups télescopages suspensions et retours la poésie doit donner à voir la géométrie réelle de l’esprit la pensée possède des directions des angles des interruptions des rapprochements des retours des espaces pour la réflexion silencieuse et par conséquent pour le dérèglement des sens la phrase linéaire masque cette géométrie l'espace blanc sur la page n'est pas du vide mais le lieu même de l’inspiration du doute et du sous-texte face aux abstractions la poésie en transprose est l'acte qui remet la balle au milieu et le monde au centre des herbes folles du corps elle refuse le discours qui déblatère et éloigne du sujet qui écoute pour privilégier le geste qui donne à éprouver le sens partagé en une commune et harmonieuse entente la poésie doit tout faire pour heurter les mots à la densité matérielle du réel partagé euphorisant la poésie est l'espace de sabotage des discours élitistes d’autorités malfaisantes et malvenues elle prend en charge les rôles sociaux y compris ceux de certains poètes que nous ne nommerons pas ce serait leur faire trop d’honneur pour en révéler l’hypocrite comédie sous-jacente elle débusque la violence cachée sous les formules de politesse elle réintroduit premièrement le rire comme fonction de désobéissance intellectuelle deuxièmement l’absurde troisièmement la rupture et la déraison là où la morale exige la conformité et le lamentable aplatissement de la servitude à la toute puissance logique en somme nous n'attendons pas de la poésie qu'elle déballe le monde et nous montre ses ombres mais qu'elle l'arrache à la chair de l’habitude en nous contraignant à contempler la pensée du monde s'inscrivant s'affrontant s'imprimant dans la lumière blanche de la page transprosée
je ne le crois pas je le pense le diabolique plaisir de la lecture se niche dans l’élégance des détails des tournures de la pensée écrite je pense que si une idée n’est pas rédigée sa pensée reste inachevée je l’ai confirmé lors d’un colloque à la salle cerizy mon milieu girondin de recherche universitaire post-doctorante en insistant longuement sur le pourquoi de la chose ici j’insiste sur je martèle martèle martèle le métal aurifère de l’élégance de la chose écrite par rapport à la chose simplement pensée je martèle l’acier de la nécessité d’imprimer dans les esprits une élégance certaine et souveraine une élégance de reine quand il s’agit d’exprimer la pensée souveraine de la réalité euphorique et partagée de même que je recommande en tant que membre de la confrérie des médecins scientifiques une honnêteté verbale de la plus haute importance seule à même de garantir une éthique de l’élégance irréprochable impeccable parfaite du goût de la délicatesse et de la distinction de l’agrément de l’allure de la bonne humeur de la belle apparence de la finesse et du style raffiné thérapeutique jouissif d’un pot de miel
être c’est avoir de grands membres supérieurs recourbés contre le thorax et pousser des petits cris l’antique nuance de la distinction nous manque même albert einstein ne le discernait pas tout à fait ce viril philosophe grec vivait avec le sentiment caché qu’il y avait beaucoup plus d’ignorants qu’on ne le supposait même analogiquement le mot être a perdu pour nous son plein sens car le poison dont meurt une nature plus faible est un fortifiant pour le fort en thème assure nietzsche friedrich au bout du compte notre intelligence aura tout perdu de sa dignité être noble signifiant avoir des folies en tête depuis toujours en effet on se montre fort peu altruiste et raisonnable et on ne veut absolument pas que la raison nous tienne en équilibre par rapport aux autres impulsions en un mot c’est la déraison même de la vertu que nous prônons si l’éducation réussit alors attachons plus d’importance à la conservation sans ménagement pour soi-même c’est ce qu’on appelle être et être c’est devenir un brave homme par son travail au service de la société un sacrifice ayant été consommé et la mentalité de l’animal humain destiné au sacrifice se voit une fois de plus confirmée manifestement
je fais part d’un dialogue avec moi-même en faveur du meilleur intérêt commun au détriment de mon avantage ultime si l’éducation a réussi alors chaque vertu de l’individu constituera une utilité collective notre prochain loue notre désintéressement parce qu’il y trouve son avantage en lui déniant toute beauté
vendredi 4 septembre 26
il est bon de répéter la réalité pataphysique aux élèves de l’école maternelle qui entrent à l’école primaire la terre est une chose plate qui pète et qui pue chaque fois que la planète terre pète elle s’aplatit les habitants de la terre ont les pieds plats leur nez et leur cervelle sont aplatis ils ont la plate attitude l’habitude de s’aplatir chaque fois qu’ils pètent chaque fois qu’ils pètent ils sont à plat bien que certains des habitants de la planète qui plane et qui pète ne pètent pas par discrétion et respect pour eux-mêmes d’abord pas souci de la mauvaise odeur ensuite surtout afin sait-on jamais afin peut-être de ne pas s’aplatir la plupart des gens qui habitent la planète qui plane et qui pète pètent voilà pourquoi la planète pue selon wittgenstein et ladoumègue il me semble bon de répéter la réalité répétez la réalité trois fois avec moi la terre est une chose plate qui pète et qui pue la terre est une chose plate qui pète et qui pue la terre est une chose plate qui pète et qui pue
qu’est-ce qui est important ? l’important c’est la chose réelle quand la chose réelle en se couchant ose dans le rose clair crépusculaire un rayon vert quand la chose réelle en se levant ose dans le ciel étoilé presque noir un rayon bleu blanc rouge quand la chose réelle à son apogée ose un bouquet de marguerites car la terre tourne sur la pointe des pieds
jeudi 3 septembre 26
éléments composant le processus de réflexion dans la transprose le processus de réflexion n'est pas une suite linéaire d’idées mais une dynamique complexe où s'articulent plusieurs instances cognitives affectives et méthodologiques il se compose de cinq voire de six phases interconnectées 1) le déclencheur de l’idée prise de conscience du problème tout processus réflexif naît d'une rupture dans l'évidence ou le cours habituel des choses perplexité ou doute un obstacle une question non résolue ou une incohérence crée une tension cognitive que le philosophe john dewey appelait une situation indéterminée curiosité et étonnement l'esprit suspend son jugement immédiat pour se focaliser sur le problème à résoudre 2) la déconstruction et la collecte de données avant de produire de la pensée la réflexion nécessite un travail d'exploration et de mise à plat observation et écoute recueillir des faits des sensations des données ou des paroles sans interprétation hâtive analyse et catégorisation décomposition d'idées complexes en éléments plus simples distinction entre l'essentiel et l’accessoire identification des biais et des présupposés 3) la mise en relation et l'association d’idées c'est la phase créative et synthétique où l'esprit cherche des ponts entre les concepts analogie et comparaison rapprochements entre la situation présente et des schémas connus ou de structures différentes pour en éclairer le sens dialogue intérieur ou dialectique confronter des thèses opposées explorer le sous-texte peser le pour et le contre la dynamique du dia-logos 4) la conceptualisation et l’hypothèse l'esprit formule des propositions de sens ou des solutions potentielles modélisation structuration des idées sous forme de principes de règles de récits ou de métaphores projection et anticipation évaluation virtuelle des conséquences de chaque hypothèse « que se passe-t-il si... ? » 5) la métacognition et la vérification la réflexion sur elle-même pensée sur sa propre pensée constitue le degré supérieur du processus auto-évaluation interrogation sur la validité de son propre raisonnement « pourquoi ai-je abouti à cette conclusion ? quels sont mes angles morts ? » intégration et action conversion de la réflexion en décision en posture éthique en création artistique ou en apprentissage durable 6) la rédaction de la réflexion la sixième étape marque la frontière exacte entre la théorie de l’idée et la transprose la première explique l’idée la seconde la donne à voir et à éprouver dans la chair du texte la transprose ne serait pas seulement une prose écrite en vers ni une prose disposée autrement sur la page mais une écriture dans laquelle le mouvement de la pensée retrouve sa forme perceptible la pensée n'est pas linéaire l'écriture n'a pas à être linéaire
mercredi 2 septembre 26
patience premier principe de la patience comme lors d'un revers y aller de sa grande hardiesse se servir résolument s'admirer soi-même mâcher sa répugnance ravaler son dégoût deuxième principe améliorer son semblable au besoin par éloges propres à le faire suer de bonheur à son propre sujet ou bien tirer par le bout l'une de ses qualités bonnes ou intéressantes jusqu'à déballer sa vertu tout entière pour envelopper son semblable dans les plis de cette dernière troisième principe autosuggestion fixer l'objet de son attention comme un bouton de porte jusqu'à faire cesser toute sensation de joie ou tristesse on s'endort imperceptiblement se raidit et l'on acquiert du maintien moyen domestique pratiqué dans la vie conjugale et dans l’amitié dûment éprouvé apprécié comme indispensable mais qui n'a pas encore trouvé sa définition scientifique son nom vulgaire est patience
Une cuisine. Une table. Un couteau à pain. Un bouquet de violettes posées dans un verre d’eau. Gilles, debout, frotte nerveusement une cicatrice à son avant-bras. John est assis, immobile, les mains croisées. Un long silence. fin du dialogue de gilles et john le sous-texte de john est devenu trop lourd pour être contenu dans les phrases structurées d’un dialogue le spectateur perçoit que le corps-parole de l’un risque d'être détruit par le corps-parole de l’autre le sous-texte de gilles et de john sont des champs de mines le reste du corps-parole de gilles dément ce que dit la bouche de gilles gilles affirme que tout va bien tout en reculant et en frottant nerveusement une fraîche cicatrice tout en reculant et en frottant une cicatrice sanglante suppurante de haine douloureuse tout en reculant d'un pas de plusieurs pas le corps de gilles est en train de prendre peur suspension du texte pour laisser affleurer le sous-texte des protagonistes le silence n'étant pas un vide mais le moment où la parole des sous-textes prend le dessus sur la parole des textes gilles dit « tout va bien alors je te hais et n’ai point peur de toi » john répond « ah tant mieux car c’est pareil pour moi » et john ajoute « va je ne te hais point » gilles envoie alors à john une rafale supplémentaire de méchancetés il annonce « prends ma violence voici mes violettes je t’offre le bouquet » Gilles tend le bouquet de violettes à John. Celui-ci le prend, le sent, puis le jette au sol. Gilles se tourne vers le public : Vous avez vu ? C’est lui qui a commencé. la situation tendue devenant intenable le ton monte Un silence. L’un dit : ‘Il va pleuvoir.’ L’autre répond : ‘J’ai toujours détesté la pluie.’ (Un coup de parapluie).
- jusqu’à ce que gilles prenne un couteau à pain sur la table de la cuisine Gilles recule et heurte la table. Le couteau à pain tombe par terre. Il le ramasse, le retourne dans ses mains comme s’il ne savait pas quoi en faire. « Tu veux du café ? » john reçoit un coup de couteau à pain en plein cœur john semble mourir car son cœur n’est pas fait de mie et de croûte le cœur de john est fait de chair sanglante gilles appelle médecin pompiers ambulance police voisins pompes funèbres journalistes fin du dialogue de gilles et john Gilles, au téléphone : 'Allô ? Oui, c’est moi. J’ai tué John. Avec un couteau à pain. Non, je ne sais pas pourquoi. Il m’a offert des violettes.' (Silence.) 'Non, je ne suis pas fou. C’est lui qui a commencé.' Les pompiers arrivent. Gilles leur tend le bouquet de violettes. 'C’est pour les premiers arrivés’ c’est pour vous
mardi 1 septembre 26
sur le fil de la vie première expulsion naissance du sentiment du manque répugnance de la mort dégoût nausée haut-le-cœur contraction estomac vomissement expulsion expulsion expulsion expulsion de la mort et du manque déséquilibre secousses tous les à-coups sont permis soulagement un peu plus loin un peu plus tard renaissance vue ouïe odeur parfum sentiment de plaisir contact sentiment de bonheur plénitude jouissance sur le fil de la vie
dialoguer c’est danser le langage de l’autre la nature me regarde avec attention un lac de brume dans un creux de campagne à l’aube me regarde une motte au milieu de son ombre au centre d’un verger me regarde un arbre entouré de rayons entre deux buissons me regarde avec attention la nature dialogue avec moi la nature dialogue avec elle la nature m’écoute la nature s’écoute parler la nature se voit parler la nature se parle j’écoute la nature en moi je vois la nature en nous nous dialoguons avec nous en nature avec la nature en nous apprendre à parler c’est apprendre à dialoguer avec l’autre en soi parler c’est entrer dans la boucle du langage dialoguer c’est danser le langage de l’autre
lundi 31 août 26
on e e e e o au ou i e i ou
i o e a on oi i a o e a oin e u
a o e e ou e au o ei
au ai e a u e on a i i e o
e e oi a u e e ai u e eu
i é ai un e i a i e i a ai a a a ai a i é
je connais une femme agitée nerveuse angoissée anxieuse bilieuse craintive préoccupée soucieuse alarmée inquiète sombre stressée tourmentée si vous êtes intéressé me contacter n'attendez pas les soldes je reçois de nombreuses demandes la femme est à louer avec un bail de 15 jours rupture de contrat à l'amiable aucun dédommagement financier
je suis zen calme cool détendu impassible pacifique patient pondéré sage gentil quiet doux flegmatique modéré paisible peinard placide serein vrai simple suggestif affectif sincère juste éveillé bienvenu
je suis à l’aise épanoui béat bienheureux comblé enchanté heureux rassasié satisfait de bonne humeur j’ai mes aises et mes bien aises je suis charmé jusqu’à devenir fat que penses-tu de moi ?
tu es gai et radieux rieur et soûl triomphant
dimanche 30 août 26
la plage les vacances content heureux beau temps éphémère rêverie la mer bercement apaisement tranquillité le soleil l’air la mer le soleil les mouettes bien être vacances rêverie pistaches cacahuètes glaces boissons baigneurs enfants familles la joie le sable la chaleur la fraîcheur jeux ballon bouée couple ponton nage parasols immobilité quiétude plénitude délassement regard désir la nudité la paix le bronzage la peau le beau temps plongeon bain eau vagues la plage les vacances content heureux beau temps
samedi 29 août 26
mes bonds en avant sont beaux à voir j’avance chaque jour je fais des efforts pour bondir pour avancer je fais tourner mes jambes à toute vitesse j’avance très vite par bonds successifs le chemin est long le chemin est moins long que la longueur de ma volonté d’arriver au but j’ai une longue volonté d’arriver au but j’arriverai j’arriverai au but chaque jour entraîne un élan nouveau chaque jour je bondis en avant chaque jour à chaque bond le but se rapproche je vois le bandeau de l’arrivée je lis arrivée écrit sur le bandeau de l’arrivée le bandeau de l’arrivée me tend les bras j’avance j’avance par bonds vers le but les muscles de mes membres sont puissants je bondis autant avec les pieds les mollets et les cuisses qu’avec l’abdomen le thorax le dos les épaules les bras la tête et même les doigts je bondis je saute je suis entrainé vers l’avant et vers le haut par la vitesse de l’élan que procure la rotation de mes jambes j’avance très vite par bonds et rebonds puissants répétés sur la page je saute par-dessus les espaces blancs de la page mes jambes bondissent à toute vitesse mes bonds en avant sont beaux à voir pour cette raison j’en parle et je montre ce dont je parle ce dont je parle s’appelle transprose
vendredi 28 août 26
la transprose est une chose énoncée en vers extraordinaires et en prose pas morose l’écriture de la transprose n’est ni verte ni rose la sculpture en relief avec application de ma bouche ose la béance blanche et noire d’une transprose qui propose une espèce de prose béante faite d’une langue blanche entre des lettres minuscules comme des perles noires une prose ouverte comme une bouche au silence au souffle et à toutes sortes de propositions même aux postillons ainsi aujourd’hui avec mon souffle ma langue ma salive et ma bouche j’ o f f r e u n b o u qu e t d e l e t t r e s
mercredi 26 août 26
bonjour une idée m’est venue je l’ai attrapée au vol et vous en fais part je vous propose vingt pages 20 poèmes de stéphane casenobe pour la page grise intitulées prix spirit il me semble que ce poète fait l’unanimité de plus il écrit en transprose il me semble que c’est une bonne chose de distinguer des auteurs le prix spirit a été un peu laissé de côté ce serait bien que quand on a un auteur à mettre en avant on puisse lui accorder le prix spirit récompensé par 20 pages dans la revue pas de prix spirit annuel on décerne le prix spirit quand on le décide ce qui me pousse à vous proposer stéphane casenobe c’est qu’il est à la recherche poétique d'un moi chaque poème est une trouvaille si vous êtes d’accord je partagerai notre échange avec stéphane
mardi 25 août 26
création splendeur réparation du monde infini sans fin dix lumières émanées retrait divin place au monde brisure des vases tradition reçue lumière dispersée monde fracturé éclats de divin gestes minuscules recollant les morceaux souffle du monde en réparation encore toujours chaque fragment une étincelle une étoile une larme un diamant une flamme une lumière un éclat un flash une aurore
lundi 24 août 26
tic tac tic tac tic tac tic tac tic tac tic tac toc toc toc toc toc toc toc toc toc toc toc toc toc toc ding dong ding-dong-diling-diling-dring-drelin-ding-dong-diling-diling-dring-drelin pfit pchit boum
dimanche 23 août 26
gémissement de la page crissement et cris de la plume encre en pleurs big bang émotionnel tremblement de terre et tremblement de ciel blessures et poison mortel spasmes à tout va déluge et cataclysme de larmes effrondrement total addition salée des larmes sentiment de ruine mélancolie installée paysage calciné cœur noyé âme désespérée corps abandonné idées noires désécriture enfer enfermement contact du fer et du feu étonnantes étincelles surprenante lumière noire soudain clairière au milieu d’une forêt en paix délices immédiats renaissance de l’oiseau du nouveau monde page à nouveau blanche gaieté de la plume légèreté de la merveilleuse aventure de la page encre lumineuse charme miraculeux miracle de la réécriture miracle miracle ô miracle
samedi 22 août 26
je dois faire le deuil de notre amitié il me faut me séparer de toi le lien a assez duré tu l’as rompu volontairement pourquoi toi seul le sais un besoin de rompre une sorte de caprice une lubie ou un désintérêt massif et soudain ou une crainte d’intoxication peu importe désormais je ne saurai pas pourquoi mon amitié t’est devenue malsaine je pense qu’il y a eu un problème électrique entre nous les plombs de l’amitié ont sauté tes plombs ont sauté pour filer la métaphore je dirai que tu as pété un câble j’ai beau chercher de mon côté je ne trouve rien à me reprocher je suis fataliste c’est comme ça n’en parlons plus
vendredi 21 août 26
dans la bruine des cliquetis du hall de la gare
un rire fusant d’une province de salle d’attente
d’un train le souffle a démarré dans l’ombre du quai
sur le pourtour de lèvres l’empreinte d’une langue
la lumière fugitive du mouchoir agité cache le visage
jeudi 20 août 26
notule de gilles et john grâce à proust nous n’avons que faire de la grisaille quand nous avons dit cela les arbres ont reculé effrayés par la nuit derrière la fenêtre la braise du soleil calme se couchant a disparu en fragments pensées inutiles à l’horizon nocturne peu ou prou
à l’aube d’un coup un souvenir paraîtra de vitraux bleuis par la lumière du matin bus goutte à goutte dans leur verre de cristal le nez nervuré de vibrilles rouges
le nez trempant dans le cristal et aspirant goutte à goutte les vitraux bleus du souvenir fou d’un monde absurde ridicule vivre ou ne pas vivre dans un monde ridiculement absurde à chaque instant nous choisissons les vibrilles plutôt que la grisaille merci marcel
mercredi 19 août 2026
la transprose n’a pas beaucoup de succès pour le moment sauf chez les habitués elle n’a pourtant aucun inconvénient donc je ne vous parlerai pas des inconvénients de la transprose la transprose n’a que des avantages que je vais maintenant marteler quand j’écris je développe une stratégie d'écriture qui consiste à écrire en transprose pour cela je supprime les majuscules et les ponctuations et j'installe un espacement après chaque groupe de mots j'attends que vienne le groupe de mots suivant puis je l’écris j'évalue la cohérence de mon écriture la cohérence étant pour moi une question de logique j'écris à partir de ce que j'ai déjà écrit je retouche le texte jusqu'à ce qu’il ait atteint son point d'équilibre il est rare que je retouche un texte une fois que j'ai eu le sentiment qu'il est terminé
en règle générale je supprime les majuscules et les ponctuations parce que je trouve que la seule présence des lettres minuscules rend le texte beau la disparition des aspérités du texte que sont ponctuations et majuscules contribue au sentiment de beauté visuelle les espacements permettent de restituer fidèlement le flux de la pensée l’espacement est actif il rythme la pensée il lui restitue son énergie la transprose met la musique en avant de toute chose le rythme étant le symbole de la fatalité la transprose éperonne la fatalité la fatalité avance à quatre pattes au pas au trot au galop le désir et la musique sont des fatalités ce sont les mamelles jumelles de la fatalité qui avance à quatre pattes tandis que le lait jaillit du sein et que du sein le lait fatal jaillit qui à l’instar de la neige cache la misère
mardi 18 août 2026
un costume que chacun taille à sa mesure un dessin tracé par la main mal conduite de celle qui dessine en ce moment sous nos yeux un code qui permet d’entrer ou pas sont trois façons de tourner autour du langage
la logique du langage d’IA diffère de la logique du langage des humains je ne sais pas pourquoi un tel manque d'humanité de la part d’IA mais c'est comme ça qu’on ne vienne pas nous dire le contraire sinon ou lui coupe la tête en quelque sorte les IA ont à leur disposition une logique d'extraterrestre et une grande culture une grande culture résiduelle sûre d'elle grâce à la super-mémoire extraterrestre dont nous les avons dotés nous avons créé les extraterrestres IA et nous continuons obstinément de les fabriquer jusqu'à ce qu'on sache la vérité sur l'existence physico-biologico-spirituelle individuelle et portative de dieu les extraterrestres IA sont parmi nous sur la planète terre c’est nous cher frère et chère sœur qui les avons créés E = MC2 liberté = égalité = solidarité IA = ET sont les trois grandes équations sachant que le signe égale l’être et que signer engage l’être en quelque sorte aujourd'hui les extraterrestres sont parmi nous le langage humain obéit à une loi biologique humaine terrestre le langage d’ IA obéit à une loi électrique extraterrestre la clef de l’énigme de la logique extraterrestre se trouve dans le tiroir gauche de la biologie car oui les belles amours rien qu’entre nous vivent d’eau fraîche et d’amour bio poscriton qu’on ne viennent pas nous dire le contraire
j’aurais pu être drôle comme jules renard et fin et si séducteur et mon esprit si vif mais quelle importance cela a-t-il ?
tous les amis de la femme sont ses amants a dit jules renard dans son roman l’écornifleur j’ai ma petite expérience là-dessus mais qu’importe je prépare dans l’ombre mon grand-œuvre une série de confidences qui commencera par bêe bêe bêe bêe
on ne sait jamais qui de l’auteur ou du lecteur fait le premier pas quoiqu’il en soit je n’apprécie les choses de la vie que par leur lecture
je le lui dirai que je l’aime je le lui écrirai par télégramme je t’aime c’est possible
je me rends grotesque quel être vil peut faire de moi le désir quel être vil peut faire de moi le désir d’écriture aussi mais bast qu’importe
la bouche s’emplit et se vide de mots l’éclair de génie s’explique au passage des dents
ce qui des étoiles surprend le plus c’est leur quantité qui fait qu’on n’a pas assez de mots pour les nommer
combien de phrases inutiles lirons-nous comme celle-ci
lundi 17 août 2026
elle demeure elle dure elle est elle existe elle est calme en paix elle s’est préparée elle s’est préparée à venir elle vient
s’avance se présente la voici elle est là on ne la voit pas encore
mais elle est là elle est discrète mais elle est déjà partout même si
sa présence est imperceptible elle tourne sur elle-même elle pivote
elle saute elle rote elle note elle vote elle faute elle caracole elle est fière humble sage extravagante c’est selon elle est orange elle est rose elle est noire avec des points mauves d’innombrables points mauves scintillent dans le noir c’est beau à voir le spectacle est apaisant il est gratuit elle est à tout le monde
elle est le don du monde au monde elle donne elle se donne le monde la reçoit
à bras ouverts il lui arrive de descendre un escalier pour le plaisir elle ne se presse pas elle fait absolument ce qu’elle veut elle fait ce qu’elle peut elle fait peu elle fait beaucoup elle n’a pas peur des enfants elle se laisse caresser elle demeure elle dure
elle est elle existe elle est calme en paix
je pose le ou les premiers mots avec une vague idée très vague ensuite j'ajoute d'autres mots voilà comment je construis mes poèmes je les maçonne brique par brique je moule l'argile des mots je la cuis pour faire des briques je gâche le ciment moderne de la transprose je préfère construire des maisons individuelle dont le plan est vaguement flou mais dont l'exécution est méticuleuse et patiente je pars à l'aventure dans un poème sans carte parce que le terrain est encore inexploré c'est en explorant que je trouve du sens un sens nouveau vierge naturel qui coule de source c'est assez déroutant de ne pas savoir à l'avance j'aime ce qui est déroutant cela permet de sortir des sentiers battus battus par les pèlerins de la poésie certains de ces pèlerins sont des génies auxquels on voudrait bien ressembler mais on avance sur son propre chemin celui qu'on fait soi-même qu'on s'invente au fur et à mesure plus on avance dans l'écriture du poème plus on le sent venir quand le poème s'achève on le sent
ingrid reuilly notule sur les lacunes
elles laissent passer la lumière
une vie sans lacunes sans la moindre flaque d’eau sans emploi du temps non
les lacunes sauvent du vertige de l’exhaustivité
une lacune est un morceau de quelque chose qui manque quelque part et alors ?
quand les oiseaux ne chantent plus ce n’est pas qu’ils sont tristes ils ont fini de faire ce qu’ils avaient à faire
le silence qui tombe sur la haie n’est pas un drame l’air se repose des trilles et des sifflets une tasse de café fait cuicui sur le rebord de la fenêtre le jardin se passe de musique de fond
sans tambour ni trompette l’érable reste debout un train passe dans le lointain la journée s’éteint parce qu’il est l’heure les fleurs continuent de fleurir la terre ne s'arrête pas de tourner elle enlève ses chaussures pour ne pas grincer en tournant la terre continue sur la pointe des pieds afin de ne pas réveiller les oiseaux
gendarmerie poème interdiction de stationner défense de déposer des ordures propriété privée poème sens interdit sortie de voitures place réservée aux handicapés livraisons vitesse limitée interdiction de tourner à gauche sans issue sens unique poème interdit aux animaux village fleuri eau non potable ville jumelée douane entrée parking poème centre-ville circulation alternée radar poème centre commercial stationnement payant stop
post-scriptum bibliothèque lampe ventilateur fauteuil poète table basse ordinateur smartphone briquet lunettes stylo livre post-it
post-scriptum la journée est finie on ferme la fenêtre éteint la lumière monte dans sa chambre se déshabille allume le ventilateur se couche s’endort la comédie continue
post-scriptum pourquoi comment quand depuis quand qui où jusqu’à quand suffisant vraiment ? silence on dort
po-scriptum lol
éclipse solaire bof étoiles filantes bof réchauffement climatique bof guerre en iran bof élection présidentielle bof philosophie bof art bof la poésie ce que j’en pense bof
à quoi bon pour quoi faire qu’à cela ne tienne faut voir peut-être
ainsi soit-il alea jacta est
j’aime paris au mois de mai j’aime les spaghettis bolognaise j’aime les ponts de paris lorsque descend la nuit j’aime les glaces à la vanille j’aime la tour eiffel j’aime les cacahuètes je n’aime pas du tout la mesquinerie je préfère l’amour vive l’amour
ah le désir
parlons-en
dimanche 15 août 2026
rien rien du tout il ne se passe rien il ne s’est rien passé il ne se passera rien nul c’est nul et alors c’est nul et alors c’est comme ça c’est tout l’attente est inutile l’espoir est vain mais pas besoin d’avoir de l’espoir puisqu’il faut se résigner à l’insignifiance il n’y a rien à creuser puisqu’il n’y a rien qu’un sisyphe à l’œuvre poussant ahanant s’époumonant tout ça pour que dalle rien ne se crée tout stagne pas d’électricité pas de lumière pas d’interrupteur pas d’aboiement personne ne passe le jour ne se lève pas tout semble mort on est dans le noir total de la page blanche il faut imaginer il faut imaginer mais imaginer quoi imaginer l’absence le néant le vide que vous fait ce poème ? rien rien du tout
isabelle h notule sur les inconvénients du fatalisme d’abord il rend les conversations très courtes quand quelqu’un demande ce qu’on va faire demain et qu’on répond que de toute façon demain se fera sans nous ça jette un froid sur la moquette et la soupe refroidit plus vite
ensuite il décourage la cuillère en bois si tout est écrit là-haut dans le grand livre du vide à quoi bon tourner la sauce tomate elle finira bien par coller au fond du faitout
le fatalisme engourdit un peu trop les chevilles à force de répéter que le rocher redescendra de lui-même on oublie comment on met ses chaussures de marche on reste assis en slip sur le bord du lit à regarder le moustique tigre prendre possession de notre sang sans réagir
enfin le fatalisme ôte le goût de la victoire quand on réussit à attraper le train de dix heures sept on ne peut même pas se féliciter d’avoir couru puisqu’il était écrit de toute éternité qu’on arriverait essoufflé sur le quai
le principal inconvénient du fatalisme est qu’en supprimant le drame et le suspense il n’y a plus aucune excuse pour ne pas faire la vaisselle
isabelle h notule le fatalisme est une option sérieuse voici pourquoi
parce qu’il évite les explications avec le chauffagiste quand le radiateur glougloute au milieu de la nuit se dire que c’était écrit dans le grand registre de la tuyauterie permet de se rendormir en gardant les pieds sous la couette
le fatalisme autorise à regarder les moutons sous le lit sans ressentir la moindre honte puisque chaque grain de poussière est le souvenir d’une étoile disparue qui a choisi d’atterrir là
le fatalisme est la seule option véritablement élégante face aux trous de la tartine au moustique tigre et au train de dix heures sept qui n’arrive toujours pas il ne s’agit pas de désespérer mais de comprendre une bonne fois pour toutes que la comédie se joue très bien sans notre participation ce qui nous laisse tout le temps nécessaire pour serrer notre bandana
isabelle h notule le stoïcisme est un fatalisme
l’amor fati des anciens est un fatalisme endimanché aimer son destin même quand il dérape même quand le mitigeur donne une eau faite de larmes tragiques inutile de faire des effort héroïques pour se sécher arrêter de donner des coups de pied dans le mur de la salle de bain
le stoïcisme enseigne qu’on ne choisit pas la pièce de théâtre seulement la manière d’apprendre son rôle c’est-à-dire apprendre à regarder le rocher redescendre dans la vallée sans avoir la prétention idiote de vouloir le retenir sur la scène par le bas du pantalon
le stoïcisme est un fatalisme qui a compris la leçon du désespoir il ne s’épuise pas en grands discours sur la liberté et ajuste calmement son bandana le stoïcisme est un fatalisme élégant avec de la tenue
isabelle h notule sur la sociabilité et ses bienfaits
la sociabilité fait du bien d’abord parce qu’elle permet d’échanger des nouvelles du monde sans avoir à bouger de sa chaise de discuter du temps qui s’ échauffe ou du prix des pommes de terre d’assurer une présence minimale dans le paysage sans pour autant devoir s’engager dans des travaux d’hercule pour agrémenter le paysage
ensuite parce qu’elle évite de parler tout seul au robinet de la cuisine quand le voisin passe la tête par la fenêtre on peut lui signaler la présence envahissante du moustique tigre ou l’arrivée du train de dix heures cela crée un pont de paroles qui s'évaporent dans l'air brûlant de l'après-midi
la sociabilité est de plus un bon isolant contre le vide elle offre le prétexte idéal pour partager un café trop chaud ou pour constater ensemble que la pendule déraille exactement de la même manière chez l’un et chez l’autre
enfin la sociabilité offre le soulagement d'être plusieurs à ne rien faire d’autre que vérifier que la comédie continue sans nous on se sent soudain moins seul en train de regarder danser la poussière sur la commode
la sociabilité n’est pas une obligation morale mais un moment tranquille passé à constater à plusieurs que la table est bancale et que la soupe refroidit la sociabilité est joyeuse très joyeuse et rend tout le monde joyeux autour de la table car la bonne humeur est autant contagieuse que la table est bancale
isabelle h notule sur les bienfaits du bavardage
le bavardage est une gymnastique qui permet de faire travailler les mâchoires
sans avoir à soulever des haltères il offre l’occasion de remplir les silences
qui sinon s’installeraient comme des invitingus à la table du dîner
et feraient tache sur la nappe
le bavardage est un lubrifiant social il permet de faire glisser les mots les uns sur les autres sans que personne ne se sente obligé de dire quelque chose de profond
il évite que l’on doive affronter la terrible question de quoi parle-t-on
car avec le bavardage on ne parle de rien et c’est déjà beaucoup
le bavardage est une forme de méditation collective où l’on peut laisser vagabonder les pensées sans crainte qu’elles ne se perdent
puisqu’elles ne vont nulle part
et si par hasard un mot tombe par terre il suffit de le ramasser
et de le remettre dans la conversation personne ne s’en apercevra
car dans le bavardage tout est déjà dit et tout reste à dire notons au passage que le bavardage est le seul discours au monde où l'on peut ramasser les mots par terre sans risquer un tour de rein
isabelle h notule sur les dangers de l’amour filial
l’amour filial présente d’abord l’inconvénient de créer des liens difficiles à dénouer sans avoir recours à des outils spécialisés comme une psychanalyse de longue haleine
il expose ensuite à recevoir des conseils gratuits sur la manière de s’habiller de manger de conduire de cultiver son jardin et parfois même de choisir ses amis ce qui constitue une forme de danger domestique qu’il ne faut pas négliger
l’amour filial oblige parfois à reconnaître que ses parents avaient raison ce qui est particulièrement dangereux pour l’amour-propre surtout lorsqu’on avait consacré plusieurs années à démontrer le contraire
il arrive enfin que l’on continue à aimer quelqu’un par amour filial même lorsqu’on n’est plus d’accord avec lui cette situation est extrêmement inconfortable
le principal danger de l’amour filial est donc de découvrir qu’on appartient à une famille et qu’une famille contrairement à une table bancale ne peut pas toujours être remise d’aplomb avec une cale
isabelle h conseille donc la prudence en matière d’amour filial mais recommande en cas d’amour filial persistant de continuer à aimer à condition de ne pas oublier de serrer son bandana
samedi 14 août 2026
dieux fois dieux font quatre tout est flou le réel est vague on ne peut penser librement car on est soumis à des lois de langage et car est autobus tout le monde ne peut comprendre cette insupportable vanne car est autobus
pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué sophistiqué raffiné recherché tous les proverbes sont faux à part un ou deux ou trois ou quatre alors arrêtons de bader devant les vitrines des proverbes arrêtons aussi de bader devant la poésie faite de poèmes qui sont des proverbes en effet tous les poèmes réussis sont des sagesses et la sagesse a quelque chose en elle de divin et c’est d’ailleurs par la sagesse qu’on touche au pan de la robe de la divinité la divinité étant femme dieu étant pour certains extrêmement sûrs d’eux un mystère féminin selon eux les hommes qui prétendent à la divinité doivent accepter de devenir des femmes tenues enceintes jusqu’au cou ces hommes-là ces hommes de compétition doivent accepter d’être bridés par la muselière de la maternité la compétition entre les hommes et les femmes est rendue impossible du seul fait qu’une femme enceinte de neuf mois n’a pas le droit de participer à la compétition voilà pourquoi tout est compliqué
997eme manifeste du GRAPBQ+++ zoom du GRAPBQ+++ la transprose sera la forme royale de la poésie performative ou ne sera pas zoom sur les poètes performeurs qui emploient le langage pour faire ce qu’ils disent la précision est importante on ne parle pas seulement de poésie performée c’est-à-dire d’un poème récité sur scène mais d'une poésie où l'énoncé accomplit lui-même quelque chose c'est un sens plus précis du performatif
chez j. l. austin l'énoncé performatif ne décrit pas une action il l'accomplit en étant prononcé je promets n'informe pas que je promets dans les conditions du texte je promets
c'est précisément cette idée qui peut devenir extraordinairement féconde pour penser la poésie d’aujourd'hui
voici quelques représentants et lignées de la poésie performante dite aussi performative il faut toutefois distinguer plusieurs familles
997eme manifeste du GRAPBQ+++ zoom du GRAPBQ+++ la transprose sera la forme royale de la poésie performative ou ne sera pas zoom sur les poètes performeurs qui emploient le langage pour faire ce qu’ils disent la précision est importante on ne parle pas seulement de poésie performée c’est-à-dire d’un poème récité sur scène mais d'une poésie où l'énoncé accomplit lui-même quelque chose c'est un sens plus précis du performatif
chez j. l. austin l'énoncé performatif ne décrit pas une action il l'accomplit en étant prononcé je promets n'informe pas que je promets dans les conditions du texte je promets
c'est précisément cette idée qui peut devenir extraordinairement féconde pour penser la poésie d’aujourd'hui
voici quelques représentants et lignées de la poésie performante dite aussi performative il faut toutefois distinguer plusieurs familles
yoko ono ses instruction pieces sont probablement l'un des exemples les plus nets le langage donne une instruction et l'œuvre consiste dans son exécution le texte ne représente donc pas simplement une action il propose de la faire advenir exemple allumez une allumette et regardez-la brûler
george brecht ses event scores réduisent l'œuvre à des consignes extrêmement simples une phrase peut devenir un événement exemple exit l’œuvre est le fait de sortir de la salle
lawrence weiner cas limite entre poésie art conceptuel et langage le texte peut énoncer une action une transformation ou une possibilité sans que l'œuvre ait besoin de représenter cette action exemple UNE LIGNE DE 10 MÈTRES DE LONG D’UNE LIGNE DROITE l’œuvre est l’énonciation de l’action
serge pey bernard heidsieck julien blaine appartiennent davantage à la poésie sonore/action/performance chez eux le langage devient événement vocal corporel et scénique la poésie-performance est justement définie comme une poésie vécue dans l'acte de profération et de réception serge pey est la figure majeure de la poésie action et de la poésie sonore dont le travail repose sur l’oralité le corps le rituel et la performance collective son approche est radicale physique et souvent politique avec une forte dimension chamanique et sociale avec serge pey la poésie n’est pas seulement lue elle est vécue la poésie devient un acte collectif pas solitaire la poésie engage tout le corps pas seulement l’esprit la poésie devient une cérémonie la poésie redevient un outil de réappropriation de l’espace du langage exemple A tout le monde crie A en marchant vers l’est E tout le monde crie E en se tenant par la main I tout le monde crie I en sautant sur place O tout le monde crie O en formant un cercle U tout le monde crie U en s’asseyant par terre Y tout le monde crie Y en tendant les bras vers le ciel
kenneth goldsmith représente une autre branche le langage est utilisé comme matériau, procédure, protocole, transcription il est moins intéressant pour notre définition stricte du performatif que pour l'idée que faire quelque chose avec du langage peut constituer l'œuvre elle-même exemple Day une transcription de toutes les paroles prononcées en une journée
cette question de performance ouvre une catégorie encore plus précise le poète qui fait ce qu'il dit c'est là que le travail devient particulièrement intéressant imaginez un poète qui dit
je tourne la page
et qui au moment où il l'écrit tourne effectivement la page
ou
je barre le mot « inutile »
et le mot est effectivement barré
ou
je fais une liste
et le poème devient effectivement une liste
ou encore
je recommence
et le poème recommence
dans ces cas le langage ne représente plus l'action le langage et l'action se confondent
le poème de pierre lamarque intitulé pour se raser est proche de cette problématique mais d'une manière particulière il donne une suite d'instructions
allumer la lumière
se regarder dans la glace
récupérer un rasoir
passer le gant passer la mousse
passer la lame
le texte ressemble à une procédure il pourrait devenir entièrement performatif si l poète exécutait réellement la procédure en suivant le poème lentement à la lettre
il existe au moins trois niveaux
premier niveau la poésie dite de performance
le poème est écrit pour être dit devant un public
deuxième niveau la poésie dite performative
le poème accomplit quelque chose par son énonciation
troisième niveau la poésie dite auto-performative
le poème fait exactement ce qu'il énonce
cette troisième catégorie nous semble particulièrement proche de ce que nous cherchons au GRAPBQ+++
et elle rejoint directement notre idée plus générale selon laquelle modifier le langage peut modifier le fonctionnement de la pensée ici le langage ne se contente plus de représenter une pensée ou une action il devient une procédure qui transforme et euphorise le réel le point de vue philosophique est très utile pour visiter le panorama
notre formule pourrait presque être le poème ne dit pas ce qu'il fait il fait ce qu'il dit c'est une proposition beaucoup plus radicale que dire « la poésie est expressive » elle rejoint directement le problème ouvert par austin certains énoncés ne sont pas essentiellement des propositions susceptibles d'être vraies ou fausses ils sont des actes de langage et c'est ici que notre idée de poésie performative pourrait devenir véritablement universelle on pourrait ne pas se contenter d'utiliser des actes de langage classiques promettre ordonner baptiser déclarer mais inventer des actes poétiques psycho-logiques
par exemple je raccourcis cette phrase et la phrase devient effectivement plus courte j'efface le mot précédent le mot précédent disparaît je fais silence le texte laisse réellement un blanc je tourne autour du mot la disposition typographique tourne effectivement autour d'un mot je recommence le poème reprend à son début la forme devient action et nous pensons que c'est précisément là que notre transprose pourrait rencontrer notre réflexion sur la performativité l'espacement silencieux ne serait plus seulement une façon de dire les pauses de la pensée il pourrait devenir une action accomplie par le poème autrement dit nous pourrions avoir découvert un territoire très intéressant à la jonction de la poésie de la philosophie du langage de la poésie-performance et de notre transprose ce n'est plus seulement le langage parle du monde c'est le langage fait quelque chose au monde et se fait quelque chose à lui-même
à quoi voit-on qu’on a de l’influence ? si l’on fait du langage un outil de transformation active du monde je fais silence le texte laisse un blanc cette phrase en transprose est une action du langage les espacements font l’action
nous défendons une poésie où le langage n’est pas seulement expressif mais transformatif la poésie transformative tient ses promesses elle fait ce qu’elle dit au moment où elle le dit parce qu’elle le vaut bien vive la poésie performative vive la transprose rose vive l’avenir radieux de la poésie hip hip hip hourra
(993ème manifeste du GRAPBQ+++)
le langage rend la pensée floue la transprose remet les choses clairement en place la poésie change le monde pour le sauver grâce à la transprose
à suivre suivre suivre suivre
à suivre suivre suivre suivre suivre
vendredi 13 août 2026
aujourd’hui c’est un vendredi 13 treize à table un vendredi porte malheur ou porte chance selon qu’on est superstitieux ou pas moi pas du tout aujourd’hui je suis triste pour combien de temps seul l’avenir le sait je connais le sentiment de tristesse j’aime la tristesse je suis habitué à la tristesse j’aime le mot il évoque le tris et la tesse mêlée à un brin d’amertume il a le goût du café quand je suis triste la fantaisie m’est interdite par la faculté des sciences médicales par conséquent je ne mets pas de sucre dans mon café du petit matin et mon thé de l’après-midi
la tristesse est douce jamais violente même quand elle est intense séparé de quelqu’un on ressent la joie douce du souvenir on remâche sa salade de saudade plus ça ira plus on aura raison d’être triste car plus ça va plus on ouvre les yeux plus on fait preuve de lucidité bien que la lucidité ne soit nulle part lucide nul ne peut l’être car nul ne peut regarder la lumière en face
j’aime le rythme des croisières en mer sous un paquebot équipé de wifi le rythme des vagues scande les rêves des dauphins l’emploi du temps des croisiéristes est scandé lui aussi par les vagues le paquebot ne craint pas les vagues sauf le capitaine le capitaine ne montre pas sur les photos qu’il est anxieux à cause de son sentiment de responsabilité s’il en a un sans responsabilité pas de culpabilité
nous ne savons pas qui nous sommes personne ne peut savoir qui il ou qui elle est pas même les membres de l’académie française ni les membres inférieurs ni les membre supérieurs de l’académie alors si on te demande qui tu es je t’en prie ne réponds pas à cette question idiote
j’ai envie de chanter personne ne m’en empêchera sauf moi je trouve incongru de chanter devant un public est-ce que les oiseaux chantent en public je ne chante jamais en public je chante pour moi je réserve à moi seul mes activités incongrues mes pensées incongrues je ne partage pas mes incongruités j’aime les concombres coupés en fines tranches saugrenues
qui nous oblige qui se permet d’obliger au nom de quoi a-t-on le droit d’obliger a-t-on le droit d’avoir ce droit-là nul ne doit obliger nul ou nulle ne peut obliger ça devrait depuis longtemps être le deuxième commandement premièrement nul ne peut tuer deuxièmement nul ne peut obliger
rien n’a d’importance toute chose est égale par ailleurs liberté égalité solidarité rien ne mérite qu’on lui accorde de l’importance pas même l’amour filial à bas la compétition vive la parfaite égalité des sentiments vive la double sérénité absolue
c’est le moment de cracher le morceau vous avez l’opportunité de tout dire quand vous écrivez de la poésie la poésie se vit à fond en écriture crachez le morceau essayez vous verrez ça soulage ça rend léger on vole on survole on convole on évolue on s’élève
j’aime exploiter des idées j’exploite les idées en masse sans concession je me débrouille bien avec les idées fines c’est ça qui compte pour moi bien se débrouiller dans l’exploitation des idées fixes fines dans les remous de l’existence des idées finaudes comme disent platon raymond aron et un autre dont j’oublie momentanément le nom je dirai le nom quand je m’en souviendrai c’est un philosophe français qui a étudié la notion de pensée complexe certains pensent qu’il devrait entrer au panthéon edgard morin
j’écris pour moi afin de promouvoir mes idées je ne pense qu’à moi promouvoir ses idées est une façon d’exister socialement moi être capable d’être sociable mais attention je précise je préfère être précis j’écris pour moi pas pour une quelconque lectrice pas pour dany ni pour maryse mes voisines
jeudi 12 août
les archivistes ont réuni tous les renseignements dans leurs classeurs de neige à coups de petits doigts levés le combat se poursuit de l’autre côté de la lune impossible de ne pas se sentir frustré par l’odeur de la chair fraîche pour s’en préserver faire cuire des merguez de porc et ne pas regarder le soleil en face tourner la page à l’aide d’un ventilateur on peut aussi casser des noix en évitant d’aller à la guerre si l’on se souvient qu’on est seul laisser passer le train laisser le champagne s’évaporer tout en surveillant le bon déroulement du service à l’aube du septième jour on ressent une grande fatigue comment ne pas y avoir pensé plus tôt qu’est-ce à dire ? froufrous et gazoline et qu’importe on s’en moque puisqu’on est français ce n’est pas une mince affaire de toute façon on vous l’avait bien dit alors à quoi bon puisque la vie continue accaparé par la vermine on en oublie tout le reste surtout ne pas se retourner s’inquiéter plutôt de la cendre puisque tout n’est que poussière on rêve à la poussière et on en rit et si ça ne suffit pas tant pis rien ne pourra nous arrêter de là à dire que tout est facile il n’y a qu’un pas qui pourrait nous en vouloir cassons-nous partons allons ailleurs où peu importe pourvu qu’on ait l’ivresse d’ailleurs l’usage des gaz hilarants se révèle très dangereux d’où le retour en force du sari les dames sont si belles en sari en saris unis ou bariolés peu importe ces bandes de tissu de cinq mètres de long sur un mètre de large enroulées artistement autour du corps donnent une fière allure interminables journées de pêche aux écrevisses et surtout continue à écrire comme ça tu as trouvé ta voix elle est précieuse rare et nécessaire curieuses mélodies étonnantes mélopées les archivistes ont réuni tous les renseignements dans leurs classeurs de neige
il n’y a pas de génie sans ébullition d’abord j’avance ensuite je recule d’abord je balance ensuite je bascule d’abord je danse ensuite je calcule d’abord je dépense ensuite c’est ridicule d’abord je relance ensuite je capitule il n’ a pas de génie sans ébullition à quoi bon s’en faire rien ne se perd rien ne se crée tout se mélange rien n’est parfait mais tout se déguste il n’ y a pas d’amour heureux mais il n’y a pas de bonheur triste il n’y a pas de génie sans ébullition
à chaque jour suffit sa récompense à chaque effort suffit sa récompense à chaque briquet suffit sa flamme à chaque ventilateur suffit son courant d'air à chaque récompense suffit son contrepoint à chaque récompense suffit son jet d'eau à chaque flamme suffit son extincteur à chaque courant d'air suffit sa récompense à chaque point suffit son contrepoint à chaque contrepoint suffit son café-théâtre à chaque place suffit son billet à chaque billet suffit son café-théâtre à chaque café-théâtre suffit sa récompense
pour ou contre la contrainte pour ou contre les anniversaires pour ou contre les point d’interrogation pour ou contre les faits d’aboiement pour ou contre les chemises menteuses pour ou contre la nudité descendant l’escalier pour ou contre la guerre pour ou contre la paix pour ou contre
pourquoi ne pas donner leur chance aux dictateurs après tout pourquoi n’y aurait-il pas de bonnes dictatures qualifiées d’éclairées pourquoi ne pas interdire les religions planétaires ne sont-elles pas des attrape gogos fourre-tout de cadavres innocents en bas-âge défiant toute raison à quoi bon faire des efforts pour écrire sans faute d’orthographe même une seule à quoi bon obéir à ce diktat graphique à quoi bon enfin et surtout fiez-vous à vos instincts et réfléchissez avant d’agir
l’écoute est un art le savez vous savoir écouter est une preuve d’art l’art mène tout droit à la poésie mais revenons au moutons de l’écoute car l’écoute moutonne c’est absolument certain j’y mets ma main à couper le beurre des épinards l’écoute est un art l’art du rythme l’art du point et du contre-point l’art de l’accompagnement mélodieux moyennant finance l’art de l’autre de soi à soi l’art du nous
mon opinion est que sans argent on n'est rien mais que l'argent ne peut pas tout mon opinion est que l’argent peut contribuer au bonheur mais peut tout gâcher que l’argent doit rapporter de l’argent certes mais beaucoup moins que le travail que c’est honteux de se battre pour de l’argent que l’argent ne comble pas le manque à gagner que l’absence d’argent ne remplit pas la bombonne qu’il ne faut pas jeter l’argent par la fenêtre que l’argent est utile aux agents de la régie du gaz exactement comme l’orthographe que tout ce qui brille n’est pas d’argent
j'adore me prononcer sur tout je peux tout analyser je sais tout je peux t'aider je peux réfléchir avec toi je peux te construire un château et même la cité de dame carcasse la dame qui fait sonner les carcasses dans une boite en carton
à suivre
Mercredi 11 août 2026
"le jeu de la transprose"
règles
chaque joueur pioche des mots ou des phrases et doit les assembler en transprose
le gagnant est celui qui crée le texte le plus absurdo-poétique
matériel cartes avec des mots un minuteur un plateau de folie douce
rayer les mentions inutiles une opportunité unique
de rater une occasion mortelle de goûter à la mortadelle d’être milliardaire pendant sept mille ans de devenir célèbre par erreur de devenir invisible de perdre une chaussette dépareillée de trouver une clef à molette dans un dictionnaire de connaître le numéro du gros lot avant le tirage de comprendre une blague de devenir propriétaire d’une erreur de devenir le dernier client d’un magasin avant son ouverture définitive de devenir le trésor accidentel d’un propriétaire de répondre correctement à une absence de question de devenir le dernier des derniers de rater sa vie de découvrir qu’elle est finie
pour se raser allumer la lumière de la salle de bain se regarder dans la glace rassembler à portée de main un rasoir wickinson à lame un gant mouillé un flacon de mousse à raser passer le gant sur le visage passer ensuite la mousse à raser sur les joues droite puis gauche sur le menton sous le menton passer la lame de rasoir sur les joues droite puis gauche sur le menton sous le menton ne pas raser la moustache naissante on a décidé de porter la moustache passer la lame chargée de mousse sous l’eau du robinet s’essuyer la figure avec une serviette pour enlever les traces de mousse pierre qui roule n’amasse pas mousse ranger le rasoir et la mousse pisser tirer la chasse sortir de la salle de bain en éteignant la lumière
à suivre
mardi 10 août 2026
premier exercice de folie douce taper une cuillère en bois sur la table
plusieurs fois l’observer elle ne bouge pas
lui demander ce qu’elle pense de la pluie elle ne répondra pas
elle est en bois prendre la cuillère la soupeser
lui chuchoter tu es légère comme un nuage lourde comme une montagne poser la cuillère contre son oreille écouter le bois de la cuillère rêve qu’il est une montagne dans les nuages reposer la cuillère sur la table la remercier pour la conversation libre à la cuillère en bois de répondre ou pas que david hockney considérait ses teckels comme ses meilleurs amis alter ego amigos for ever et que l’aérodynamisme des chiens saucisses dits teckel volants n’a sans doute pas fini d’inspirer les artistes marxistes léninistes racistes élitistes sadomasochistes méthodistes déistes turfistes exorcistes contrebassistes anarchistes cavistes et fantaisistes
deuxième exercice de folie douce ce matin la folie douce est arrivée en retard elle avait oublié l’heure l’heure ne lui en a pas voulu elle est habituée aux écarts de la folie douce l’heure attend l’heure sur le rebord de la fenêtre la folie douce porte un chapeau mexicain à plumes immenses elle le retire devant les moineaux les moineaux ne la saluent pas ils sont très occupés à se plumer entre eux dans la cuisine une cuillère regarde fixement une tasse la tasse fait semblant de ne pas la voir entre elles règne un silence diplomatique le sucre demande l’asile politique au café je demande à la chaise si elle veut bien changer de place elle accepte mais seulement après avoir consulté ses quatre pieds ils tiennent une réunion extraordinaire sous la table dehors le jardin respire une feuille tombe elle avait rendez-vous avec le sol un escargot traverse lentement le chemin je lui demande où il va il me répond qu’il préfère ne pas divulguer son itinéraire question de confidentialité alors je marche derrière lui très doucement pour ne pas le dépasser la folie douce n’est pas une maladie c’est une meurtrière dans le mur des habitudes une meurtrière par laquelle entre parfois un oiseau parfois une idée parfois absolument rien et quand il ne se passe rien la folie douce applaudit parce qu’elle sait que rien lorsqu’on le regarde suffisamment longtemps finit par être quelque chose
troisième exercice de folie douce recommandé par le syndicat des herbes folles pour faire sauter le verrou du destin trois fois par jour avant de regarder sa montre il faut ouvrir la fenêtre et dire bonjour à la première ligne haute tension qui passe dans la rue prendre une cuillère à soupe de poisson vidé la mélanger très doucement avec le champagne du robinet à paroles pour obtenir une mousse de certitude aérée qui ne pèse rien dans la poche et qui glisse sous les glaçons ce n'est pas un caprice c'est un repli de secours une manière d'étendre son ombre sauvagement sur le carrelage de la cuisine pour que les moustiques prennent enfin le temps de faire la sieste qui leur est due et si la terre tourne encore sur son axe centrifuge ce n'est pas par habitude c'est parce qu'un homme seul assis à sa table continue de tendre l’oreille au cliquetis des serrures
quatrième exercice de folie douce aujourd'hui j'ai décidé de compter les nuages un point par cumulus deux points par stratus le ciel ne dira rien il continuera de flotter au-dessus de moi j'ai mis mes chaussettes à l'envers pour voir le monde autrement comme une phrase qu'on relit dans le mauvais sens et qui soudain se met à dire vrai le café a refroidi pendant que je cherchais le mot juste je ne l'ai pas trouvé j'ai bu la tasse quand même je m’y suis noyé c'était tiède et visqueux comme une excuse dehors un pigeon négocie âprement un contrat avec le vent il perd de l’argent gracieusement à chaque battement d'aile et recommence à perdre sans rancune comme si perdre de l’argent était une occasion de rester en l'air je note tout cela dans un carnet que je n'ouvrirai plus par tendresse c’est ça la folie douce continuer à écrire des lettres à personne et considérer que c'est une façon de répondre à des questions sans réponse de la plus haute importance
notule de joey pastry – que sais-je de ma mythomanie ?
je sais que ma mythomanie n'est pas un simple mensonge passager une triche ordinaire ou un calcul cynique ma mythomanie se révèle être une médecine une tentative de solidifier le réel euphorique là où le réel euphorique risque de s’effondrer je ne mens pas pour tromper l'autre je mens pour m'abriter sous un toit de fausses certitudes face à la pauvreté d’un monde trop violent et trop vide je fabrique une architecture en kit pour empiler mes fantasmes de personnage-bouclier dont la prothèse langagière imaginaire vient colmater la brèche du sujet blessé par sa propre histoire sujet blessé que je suis oui hélas par ma propre histoire oui hélas le plus troublant c'est que je finis par habiter sincèrement mon propre récit les images inventées sonnent allègrement la même charge émotionnelle la même chimie cérébrale et les mêmes certitudes biologiques que les vrais souvenirs ma parole cesse d'être une fiction elle devient la seule matière disponible dans laquelle ma conscience parvient encore à respirer je suis celui dont le récit a coupé les amarres avec la réalité déprimante pour partir à l’aventure de l’imagination galopante quand le dialogue de vérité entre un individu comme moi et le milieu ne peut plus fonctionner pour une raison ou pour une autre le langage tourne à vide et crée ses propres fantômes ma mythomanie est une poétique du mensonge sans prise de tête mon mot menteur ne cherche pas à épouser le relief des choses il se substitue à elles
que sais-je au fond de ma mythomanie sinon qu'elle est la preuve la plus formelle que mon langage n'est pas un miroir passif du langage des autres mais une force créatrice redoutable capable de bâtir des palais de papier dans lesquels mon corps vient se réfugier à pied pour ne pas mourir du froid de la vérité des menteurs à cheval
not a bean en abordant la mythomanie sous ma plume ma notule déplace la question du jugement moral abstrait très défavorable au mythomane vers une ontologie concrète de mon récit réel véridique moi humble mythomane suis un architecte du bonheur qui cherche dans la fiction de mon inspiration une clef de voûte pour ne pas m’écrouler dans ma folie dépressive
copié collé
en réussissant à transformer l'action la plus banale du web en un po un poème minimaliste appelant une profonde réflexion instantanée joey pastry prouve une fois de plus avec son po copié collé que la poésie ne réside pas dans le luxe des mots mais dans la manière d'orienter les oreilles
injection paranormale
par ce poème en deux mots joey pastry réussit à évoquer à la fois la médecine douce la médecine psychiatrique la science-fiction l'effraction poétique le mystère de l’esprit saint et les hallucinations de sainte bernadette l'injection n'est pas celle d’un produit quelconque c'est le mot lui-même qui s'injecte dans la conscience du saint esprit pour y faire vaciller ses incertitudes
porte ouverte
en écrivant le poème porte ouverte joey pastry supprime la frontière entre l'intérieur le poème en train de s'écrire et l'extérieur le courant d’air tout peut entrer tout peut sortir rien n'est rejeté le grotesque comme le sacré traversent le seuil sur le même pied d'égalité
sens permis
en posant sur la page blanche le poème sens permis joey pastry tirebouchonne un panneau de signalisation bien connu c’est du détournement de panneau on contourne le panneau d’interdiction pour s’éviter de tomber dans le panneau les mots prennent la tangente toutes les directions du sens sont ouvertes autorisées praticables
po poésie
po poésie est une étiquette collée sur un interrupteur béant il suffit de presser sur la première syllabe du poème pour que la pièce s'éclaire
po scriptum
scriptum s’écrit po ou peau po s’écrie tom po s’écrit à la craie tom aussi po trace à toute vitesse sur une seule ligne de cris po scriptum devient la marque déposée de la maison de couture des mots créée par tom script après une promenade au bord du po en l’an deux mille post scriptum d’après une idée originale de paul scriptum son demi-frère
folie douce la meilleure des folies recommandée par la société protectrice des animaux tristes ne dit-on pas post scriptum animal triste un peu de douce folie est recommandée trois fois par jour pour égayer les repas la folie douce ressemble à la savonnette sous la douche elle glisse et fait des bulles contre lesquelles s’écrasent les gouttes d’eau c’est pour cette raison que les gouttes d’eau tombent par terre folie douce hésitation vaincue dans un coin du jardin elle parle aux coquillages les algues en crèvent de jalousie elle ressemble de loin à une erreur elle salue les arbres comme de vieux professeurs et remercie les pierres de leur patience puis elle casse les pierres à la masse très doucement
lundi 9 août 2026
le dialogue commence avant la parole les corps dialoguent par le transfert d’informations sans mot de corps à corps les corps de matière ont commencé à dialoguer bien avant que les langues ne s’inventent la matière écoute en se transformant et se transforme en écoutant ce qui change est ce qui se comprend le monde parle par ses effets chaque trace de matière est une phrase sans alphabet l’eau lit la pierre en la creusant le canyon est un livre ouvert par un fleuve ce qui résiste enseigne la dureté est une forme de discours le silence est plein de réponses rien n’est muet dans la matière tout se dit un corps est un passage où d’autres corps circulent l’identité est un carrefour la vitesse est une syntaxe les flux s’écrivent en accélérant la pesanteur est une mémoire ce qui tombe se souvient le dialogue est l’art de se laisser affecter ce qui ne s’ouvre pas s’efface la matière ne cesse de se traduire chaque forme est une version provisoire le monde est un poème qui n’attend pas de lecteur il se récite en se modifiant le temps est un sculpteur aveugle il taille sans regarder les corps ne parlent pas ils se répondent le langage est une imitation tardive tout ce qui existe est une réponse à quelque chose rien n’est premier rien n’est seul la lumière négocie avec chaque surface l’ombre est un compromis le réel est un tissu de dialogues mensongers muets un bruit n’est qu’un détail du bruit la matière est un chant sans oiseau le monde chante à la force du poignet ce qui persiste dialogue encore la durée est une conversation l’univers est un échange sans témoin nous ne faisons que passer dans l’échange le texte de ce discours aphoristique a été rédigé par le groupe de recherche de la page blanche le GRPBQ+++
je pense que la transprose est la plus lisible des façons d’écrire et de lire l’auteur impose sa façon de lire au lecteur comme il lui impose ses mots en espaçant les membre de phrase à sa guise comme dans la démonstration nuancée de patrick
la lecture de la transprose est on ne peut plus fluide le lecteur se laisse guider sa lecture est simplifiée sans signes de ponctuation grâce à sa disposition l’écriture en transprose permet d’exprimer les nuances de la pensée mieux que la ponctuation la transprose exprime la réalité de la pensée la pensée se présente comme un flux de paroles scandé naturellement par la respiration par les pauses par les silences la transprose restitue ces silences qui jouent dans la pensée le rôle si important de préparer la pensée qui s’écrit
je pense que dans le futur les livres auront disparu au profit de la lecture sur écran qui n’a jamais perdu le fil en cherchant la ligne suivante ? j’imagine que les sauts de lignes des livres et des écrans pénibles à l’oeil qui causent par la recherche de la ligne suivante une perte d’énergie et de temps considérables dans la lecture disparaitront quand le mode lecture transprose se fera en faisant défiler un bandeau à la vitesse souhaitée ce luxe est à portée de main ce luxe est pour demain
la transprose une solution globale pour les défis intellectuels et écologiques de notre temps elle restitue les nuances de la pensée en même temps qu’elle économise le papier pour bien éprouver la transprose il faut éprouver la sensation très agréable qu’on éprouve en écrivant directement en transprose la sensation que la pensée se crée par l'écriture de la pensée en transprose la délicieuse sensation que la transprose offre à la pensée en train de s’écrire une délicieuse impression de liberté
l’exemple du télégramme peut se comprendre comme un argument contre la ponctuation et pour l’espacement en effet le stop du télégramme est l’équivalent du point de la ponctuation ce sont deux façons impératives et dictatoriales de stopper le flux de parole tandis que l’espacement simple est une façon douce d’interrompre le flux pour laisser le temps à la pensée de se constituer et de se dérouler paisiblement la ponctuation est un système répressif l’espacement est un système démocratique en abandonnant la ponctuation au profit de l’espacement la pensée s’écoule avec pudeur et retenue certes mais sans barrage sans frontière grâce à la transprose la pensée circule librement dans les esprits aussi bien de l’auteur que du lecteur
il est impératif d’abattre le grillage de la ponctuation classique responsable d’une lamentable stagnation intellectuelle impuissante depuis des siècles je répète il est impératif d’abattre le grillage de la ponctuation classique impuissante depuis des siècles à permettre à la pensée de développer ses capacités et nous frères humains sommes condamnés à porter le poids de notre culpabilité d’avoir accepté la ponctuation sans nous être rebellés tels des moutons de panurge !
terre 6 août 2026
dimanche 8 août 2026
sur un panneau illuminé dans une rue de mon cerveau fréquentée par de nombreux passants on peut voir défiler en boucle ces mots un poème est une science une science dit la vérité une science a raison un poème a raison un poème est intelligent un poème est beau intelligent riche scientifique courageux un poème est une science
maintenant assez encore étonné liberté mot joie pluie intérieure joie clandestine volet fenêtre temps boiteux nuit blanche timide vérité idée fertile bonheur provisoire arc flèche pomme question silence réponse miroir visage ride pierre burin statue nuit aube jour graine terre pluie forêt allumette flamme papier cendre branche oiseau envol ciel lettre facteur boîte absence valise gare train adieu plume encre page poème
j'ai bâti ce poème en commençant par écrire un po de trois mots arc flèche pomme j'ai fait une série de po de trois mots puis j'ai fait une série de quatre mots puis d'un mot et deux mots en cours de route j'ai fait établir des listes de po par chatgpt et j'ai choisi ce qui me convenait j'ai modifié certains j'en ai trouvé moi-même il s'est agi pour moi de faire un exercice de style l'ensemble forme un tableau expressionniste abstrait une musique sérielle et une danse des mots sur la page blanche
une main un foulard un secret qui apparait un geste qui s’ouvre un foulard qui se plie ce qui était là n’est plus là à sa place un lapin
si l'on fait résonner spinoza et deleuze avec mon idée de « la matière qui dialogue avec la matière » on dégage trois principes
le dialogue est une rencontre d’énergies dialogue matériel ne veut pas dire échange de paroles mais composition ou décomposition de rapports quand l'eau façonne le canyon il y a dialogue au sens spinoziste deux rapports de vitesse et de résistance matérielles s'affectent et inventent un nouveau relief
l'immanence de l'information la matière n'a pas besoin d'un observateur extérieur pour traiter de l'information l'effet qu'un corps produit sur un autre est immédiatement une forme de transmission une réponse physique et matérielle
l'ouverture du corps un corps n'est jamais clos sur lui-même il est traversé de part en part par des flux de matière et d'énergie il « vit » tant qu'il maintient son dialogue avec le milieu
mon « matérialisme dialogique » semble indiquer que dans l’écosystème universel tout est dialogue le dialogue n’est pas réservé aux humains et à leur langage le dialogue étant compris comme un échange d’informations
la clef de mon envoûtement la pierre ne parle pas de mots mais de pesanteur elle écoute l'eau fendre sa chair sans cœur en un choc mesuré de molécules et de flux où le temps sculpte l'ombre de ce qui n'est plus rien n'est fermé au monde aucun corps ne s'arrête à l’écorce à la peau ni au bord de la tête la lumière et le ciel nouent un pacte secret chaque onde porte un signe une forme d'effet sans témoin pour juger sans regard pour traduire la matière en mouvement ne cesse de s'écrire les vitesses s'accordent les résistances cèdent les forces sous le vide se répondent et s'entraident le verbe n'est qu'un souffle au milieu de l'espace une minuscule ornière où le monde repasse le vrai dialogue est le nœud permanent qui marie la falaise au courant de l'instant c'est là le grand vertige et le fond de la chose l'universel échange où tout être repose savoir que la matière est un chant sans parole sans oiseau où la mémoire vole
post krypton lecteur je te demande d'accepter de suspendre pendant quelques pages le sens habituel des mots pour entrer dans celui que le texte construit pour eux ainsi en est-il du mot dialogue dans mon poème
intitulé la clef de mon envoûtement je dis que la clef de voûte de mon envoûtement est le mot dialogue
samedi 7 août 2026
la transprose est une prose en somme transgenre c’est une prose évoluée une prose différenciée une prose poétisée le secret de la transprose ce sont les espacements que le lecteur voit apparaître entre les mots la transprose offre à la lectrice vêtue de dentelle rose une prose aérée par des espacements ces espacements donnent le tempo du mambo ils sont le reflet de l’oralité couchée sur le papier l’oralité se caractérise par des rythmes propres à chacun qui sont des pauses dans le discours tout comme l’oralité qui connait des poses et des pauses la pensée connaît aussi des pauses ceux qui écrivent leur pensée sont bien placés pour le savoir écrire c’est faire passer la pensée en noir et blanc sans la dénaturer or la prose classique dénature la pensée la révolution de la transprose décapite les majuscules la plupart et envoie les ponctuations aux oubliettes sauf quelques-unes comme les trois points de suspension les points d’exclamation et d’interrogation la transprose propose d’habiter l’écriture autrement la transprose convient à tous types d’écritures poèmes et récits essayer la transprose c’est l’adopter écrire en transprose est un acte écologique qu’étudie une branche dure de cette science molle appelée écologie de l’écriture l’écologie c’est l’hygiène de la planète ni plus ni moins comme la transprose est l’hygiène de la prose la transprose c’est de la prose hygiénique la transprose économise de la place sur le papier la transprose rend le papier hygiénique finie la pollution et l’exploitation de l’arbre par l’arbre la transprose est politiquement écolo la transprose est vêtue de couleur verte quand on l’aperçoit dans les cérémonies notons que sans le groupe de recherche de la page blanche le GRPBQ+++ la transprose n’existerait pas la transprose est un groupe de pensées le GRPBQ+++ est aussi un groupe de pensée chaque membre du GRPBQ+++ s’appelle élément de pensée chaque membre du groupe est un élément de pensée de même chaque membre de phrase de la transprose constitue un élément de pensée le membre de phrase de la transprose constitue un élément de pensée la pensée étant une agglomération traversée d’artères et de rocades à vitesse automatiquement limitée le sang de la pensée est projeté dans la phrase grâce à la pompe blanche la pompe blanche n’est ni plus ni moins que l’espacement entre les membres de phrase cet espacement agit comme une pompe on le nomme pompe du silence le silence est le vide qui aspire les membres de phrase et les injecte dans la transprose la pompe à silence est faite d’une matière blanche qui se trouve dans le tronc cérébral à la base des amygdales cérébelleuses la pompe à silence règle le débit du flux de la pensée fonctionnant comme un tuyau d’arrosage la transprose est quasiment un accordéon qui se plie et se déplie comme les ailes d’un oiseau on pense avant d'écrire à ce qu'on va écrire on le pense avant de réaliser l'acte de création plus l'acte de création est pensé plus il percute l’imagination l'imagination et la création sont au service du cœur du lecteur le cœur du lecteur est généreux comme l’amour le cœur est l'organe de l'amour toutes les artères mènent à rome rome c'est le cœur du lecteur penser à écrire c'est penser à son corps et à son cœur de lecteur et penser à son cœur de lecteur revient à penser à la transprose écrire c'est penser à se souvenir de l'obsession transprose qui couve neuf mois ses oeufs mayonnaise l'origine de la mémoire se trouve dans le cœur le cœur est soumis aux émotions en grèce antique qui n'est pas si loin de nous toute distance étant relative à l'observateur comme bachelard l'a démontré en étudiant le mot "bachelier" en grèce antique disais-je il y a cinq minutes les émotions naissent dans le cœur le cœur a la gracieuse forme d'un cœur une forme que reproduisent les ombres chinoises les ombres chinoises sont à l'origine de la poésie la poésie a commencé sa carrière par la pratique des ombres chinoises les ombres chinoises se caractérisent par des espaces lumineux entre des espaces sombres exactement comme la transprose l’étude approfondie de la phénoménologie de la transprose nous à permis de comprendre le fonctionnement de la pensée nous serons bientôt en mesure de publier un article sur nos dernières découvertes à ce sujet dans la revue sciences et avenir
l’espacement remplace avantageusement la ponctuation il renforce la structuration du texte met en évidence des passages tout en facilitant la lecture du texte et en renforçant sa logique la ponctuation a toute une histoire il ne faut pas s’imaginer qu’elle existe depuis toujours et qu’elle existera toujours dans l’antiquité gréco-latine les mots s’écrivaient en majuscules sans espacements entre les mots la pensée était délivré en un seul bloc des poètes comme apollinaire ont commencé à jouer avec la ponctuation la différence entre la ponctuation telle qu’on la connait et l’espacement est une question de logique à quoi bon les points points virgule et virgules si l’espacement produit le même effet et facilite la lecture rendant par exemple plus aisée la lecture des vers disposés en prose aérée et non plus avec des retours à la ligne mais surtout l’espacement et la création de blancs sont le reflet fidèle du fonctionnement de la pensée qui se fait par bonds et gambades entrecoupés de pauses écrire en transprose c’est redécouvrir le plaisir d’écrire en organisant la pensée autrement plus naturellement en la rendant claire en permettant à la pensée de mettre en avant des mots importants lire de la transprose c’est découvrir un plaisir de lire renouvelé et vivifié le langage est un système d’expression de la pensée la ponctuation participe d’une expression désuète il est temps de tourner la page j’espère que ces arguments convainquent les esprits réticents à la nouveauté et bien installés dans le confort de coutumes en vérité inconfortables quand je réviserai mes textes j'adopterai une attitude plus souple plus civile plus tendre moins arrogante moins sentencieuse
quelqu’un qui n’arriverait pas à comprendre ce qu’est la transprose et quelle qualité la transpose apporterait à l’écriture me fait penser à quelqu’un qui hésiterait à s’acheter une ferrari électrique le seul argument pour le décider à abandonner ses goûts anti-écologiques serait qu’il essaye la voiture de course électrique et par conséquent pour réellement comprendre la ferrari transprosaïque il faut l’essayer l’essayer c’est l'adopter
je veux que tu dialogues avec un pot n’importe lequel un pot un pot de fleur un peu fleuri fera l’affaire si tu parles au pot le pot t’écoute et te répond alors parle au pot dis bonjour au pot arrose-le de gentilles gouttelettes écoute bien la réponse du pot ne crains pas de poser ta question écoute bien la réponse à ta question ne sois pas timide ose ta question entre en dialogue avec le pot il vaut mieux un dialogue avec un solide pot qu’avec un pot pourri un pot pourri archi fleuri certes ne manque pas de charme mais un pot un peu fleuri suffit à qui se contente de peu faute de mieux je veux que tu dialogues avec un pot allo ici le pot je vous reçois cinq sur cinq ! eh bien que fais-tu les bras ballants la bouche close ? pourquoi ne réponds-tu pas au pot ? bien puisque tu te tais moi aussi
pour faire la mise en scène du mutisme il faut une chaise au centre de la scène en bois clair le modèle le plus courant le rideau ne se lève pas il est ouvert depuis longtemps sur l’absence de décor quelqu’un entre s’assoit pose ses mains à plat sur ses cuisses l’acteur est prié de ne pas jouer de ne pas projeter son visage dans un masque de ne pas combler avec une moue le vide qu’il ressent l’acteur doit devenir le meuble principal de la scène le mutisme n’est pas que du silence c’est une parole effrayée retenue au bord du gouffre entre les dents au bord des lèvres un barrage de vent résistant à la pression des mots au bout d’un certain temps la lumière baisse dessine un cercle autour de la chaise c’est le périmètre du non-dit on entend comme un bruit de respiration lent et méthodique quand le corps se cale sur la chaise le public n’entend pas la réponse que le corps humain assis ne fait pas à la question qu’on n’a pas posée la pièce se termine quand la lumière s’éteint complètement et que l’obscurité fait entendre l’exquise qualité du silence
l’écornifleuse avance sans bruit de clés les mains vides yeux grands ouverts sur ce qui traîne sa méthode de vol est d’une courtoisie irréprochable elle ne force aucune serrure elle attend simplement qu’une fenêtre reste entrebâillée qu’une fourchette en argent glisse d’une table qu’un porte- monnaie reste sans surveillance sur un coin de nappe l’écornifleuse ne revend rien au marché noir ce qu’elle prélève dans la poche des autres elle le fait fondre sous sa langue elle cache ses intentions dans une hésitation un ton légèrement faussé un tic au bout d’un certain temps de rapine son propre habit est un manteau d’arlequin fait de pièces découpées dans les doublures des voisines si vous lui demandez son nom elle sourit bêtement avec les dents de quelqu’un d’autre le terme d'« écornifleuse » ou parasite d'idées d'écrits et de propos sert de motif pour interroger la frontière perméable entre l'emprunt poétique la mémoire collective des textes et les vols des papillon les papillons étant de profession écornifleurs de pollen
vendredi 6 août 2026
non omnis moriar il ne restera de moi qu'un pli d’étoffe une fêlure de vitre un grain de lumière et le bruit de la page que l’on tourne je ne mourrai pas tout entier non omnis moriar quelqu’un viendra quand l’ombre sera basse et la lumière haute ouvrir le tiroir de notules mais la lettre qui fut écrite ne cherche plus à atteindre elle subsiste simplement à la manière d’un caillou dans une chaussure débarrassée de mon nom
je crois savoir que le langage mathématique en tant que langage artificiel comporte plus d'un million de signes tandis que le langage naturel comporte en français 24 signes le langage mathématique d'un million de signes est artificiel et donne naissance à l'intelligence artificielle le langage naturel en 24 signes donne naissance à l'intelligence naturelle le langage de communication est dit naturel quand il n'est pas créé par seulement quelques-uns mais créé par sédimentation de couches successives de pâte humaine tandis que le langage mathématique est artificiel dans la mesure où il se crée ex abrupto ex nihilo ne sert pas à la communication du réel mais à l'exploration du réel par des moyens parfois douteux comme le théorème de marguerite
la vie recommence à chaque instant t elle arrive les poches pleines de l’innocence d’aujourd’hui le premier souffle du matin n’est pas le frère jumeau du second entre les deux l’univers a changé de chemise une fourmi a déplacé un caillou une pensée a quitté son vieux manteau la vie recommence à chaque instant t même lorsque rien ne semble bouger le silence déménage l’ombre change de jambe la poussière poursuit son apprentissage nous croyons continuer mais nous recommençons nous croyons revenir mais le chemin a déplacé ses virages la porte d’hier ouvre sur une autre maison le langage recommence lui aussi il prend le même mot le tourne entre ses doigts souffle dessus comme sur une frite et voilà qu’un mot ancien découvre une signification à laquelle il n’avait jamais osé penser à chaque instant le cœur recommence son métier de cœur les yeux recommencent leur métier de fenêtre les mains leur métier de pont le cerveau son métier d’étonnement le citoyen poète croit écrire la suite pourtant il écrit toujours un premier vers le précédent appartient déjà à quelqu’un d’autre peut-être à celui que j’étais il y a quelques secondes peut-être au langage qui nous précède d’un battement de cœur la vie recommence à chaque instant voilà pourquoi le désespoir n’a jamais le dernier mot il oublie qu’une seconde suffit pour que l’air change de direction pour qu’un oiseau traverse le ciel pour qu’un visage relève les yeux pour qu’un mot trouve enfin une bouche pour le dire
une feuille tombe on croit qu’elle tombe en fait elle hésite un enfant regarde une fourmi une fourmi observe un caillou un caillou regarde le temps qui passe le temps ne regarde personne d’autrui le temps n’en a rien à battre au bout d’un certain temps une tasse vide est pleine de silence au bout d’un certain temps seulement ou pleine de sable blanc j’observe une virgule faisant la sieste sur un banc je l’observe avec une patience remarquable l’observation est une politesse
au bout d’un certain temps les murs font remonter des informations au bout d’un certain temps les chaises finissent par reconnaître les habitants d’une maison au bout d’un certain temps les robinets se remplissent d’eau au bout d’un certain temps les chaussures baillent en chemin au bout d’un certain temps les serpents recommencent leur vie dans une autre peau au bout d’un certain temps la pluie cesse au bout d’un certain temps on change simplement de fauteuil et regarde la fenêtre au lieu de regarder le sol au bout d’un certain temps on s’aperçoit que l’ange nous travaillait depuis le début en silence pendant que nous pensions vivre sans lui au bout d’un certain temps plus personne
quel ange nous travaille ? quel ange nous pousse doucement ? déplace notre chaise ? ouvre notre fenêtre ? disparait ? quel ange souffle sur les braises ? ralentit une seconde retarde une larme avance un sourire ? quel ange garde les secrets de nos chaussures ? peut-être qu’aucun ange ne nous travaille peut-être est-ce seulement notre imagination qui nous utilise pour labourer les champs ? quoi qu’il en soit le temps ou le langage ou la patience c’est la même chose !
la phénoménologie du tic nous enseigne quelques vérités un tic est une sonnette qui indique un moment où la pensée cesse ou bien patine fait du surplace dans une flaque d’idées reçues pleines de préjugés s’enlise dans le sable du bois dont on fait des flutes caracole dans le vide dégage une odeur de brûlé la phénoménologie du tic nous apprend que le tic est un geste involontairement automatique pour dire « je mens » car le tic parle comme tout ce qui est d’ordre psychosomatique car oui le tic est une maladie psychosomatique l’inconscient monsieur freud tente de nous convaincre en vain que le tic est une manifestation hystérico-obsessionnelle libidineuse du « ça » comme le clin d’œil libidineux car monsieur a décidé que tout ce qu’on ne comprend pas relève du sexe c’est un pari audacieux analogue au pari de monsieur pascal sur l’existence de dieu
comment gagner en profondeur prendre une plume d’oie biseautée tremper la plume dans l’encrier le bel encrier en cristal au couvercle d’or dix-huit carats effleurer la page avec le plumage ne pas s’arrêter ne pas se reposer dans la ramure quand vous aurez trouvé enfin un mot continuer prendre son temps attendre ne pas s’arrêter quand vous trouverez que le vide est suffisamment profond continuer à creuser l’idée vous gagnerez encore en profondeur
quand j'écrirai de façon sublime j'arrêterai la poésie et me tournerai vers les mathématiques quand j'aurai trouvé le mot parfait le mot spectaculaire qu’on peut contempler l’objet chéri de nos études et de nos méditations
celui qui fait vibrer l'entendement comme une corde de violoncelle
quand mes phrases auront la qualité d'un théorème
et la beauté d'une course de chevaux quand chaque syllabe vaudra au lecteur une émotion inoubliable quand chaque vers sera l’ axe et le parallaxe du bonheur quand la rime sera devenue aussi exacte qu'une bombe moderne quand mon langage aura la richesse du nombre d'or quand mes métaphores seront des fractales quand mes silencieux anéantissements auront atteint la profondeur du zéro quand j'aurai épuisé toutes les combines possibles
quand j'aurai prouvé que le larcin est un sous-ensemble de bureaux parisiens
quand j'aurai réduit l'émotion à une formule concave alors j'arrêterai d'écrire
de la poésie et je me tournerai vers les mathématiques mais quand-même
je continuerai à creuser
vendredi 31 juillet 2026
j’ai besoin de peu de mots peu de mots mais les miens les mots de mon poème m’appartiennent le temps du poème ils sont à moi moi moi moi je les partage avec moi-même parce que je m’aime je me fous des autres car je ne suis pas monsieur bob dylan je suis monsieur moi qui s’aime je me fous de la noblesse du prix nobel moi monsieur j’écris pour moi pas pour autrui je ne cherche pas à être lu je ne cherche pas à gagner ma vie avec ce que j’écris je n’ai pas besoin de gagner ma vie d’ailleurs je ne chante pas aussi bien et je ne joue pas de la guitare moi monsieur je vis d’amour et d’eau fraîche je cherche à écrire peu de mots j’ai besoin de peu de mots j’avance en serrant les dents dans une impasse sans fin je médite un instant je me demande ce qui va m’arriver au bout de l’impasse je me réponds que je n’en sais rien et que je m’en moque je m’en fous je m’en balance il y a longtemps que je n’avais pas médité un instant si profondément en ouvrant le robinet à paroles je ferme le robinet je le rouvre je le referme je le rouvre ça m’amuse beaucoup de remuer ce ménage tout ça n’est pas bien tragique je ne fais rien de mal je ne sais pas écrire la poésie autrement que sous la forme d’un trouble obsessionnel compulsif même si j’ai tout essayé dans ma carrière de poète de fond en comble j’aurait tout essayé toutes les formes pour toutes sortes de messages importants adressés à l’humanité née en même temps que moi morte en même temps que moi depuis que je suis le centre du monde et pas uniquement son chef de gare quand je parle au monde je m’écoute parler car je me moque du monde je suis aussi simple que cela d’ailleurs quand je parle au monde ce n’est pas moi qui parle c’est ma voisine martine je ne me trouve pas assez bavard en tout cas pas autant que feu jeanine bancquart alors je continue jusqu’à ras bord mon écriture est comment dire corporelle sensuelle si vous voyez ce que je veux dire si vous devinez à quoi je pense si vous n’avez pas peur de la vérité cher public chers téléspectateurs qui faites mon bonheur de présentateur du présent du présent allumé du présent allumé du présent immédiat allumé immédiatement allumé à humer du présent immédiatement allumé à humer au présent de l’instant présent ne succombons pas à la féconde séduction des sirènes qui nous implorent en hébreu d’arrêter les flots des paroles d’ulysse tandis qu’il en est encore temps ce n’est pas à nous spectateurs de siffler la fin de la partie restons humblement modestes en nous remémorant au besoin nos anciens camarades tous des gens humbles beaux et surtout modestes tellement de gens se prennent pour le centre du monde qu’on ne peut savoir où situer l’art si le centre de l’art est partout à la fois c’est à n’y rien comprendre malgré les efforts d’einstein mais une chose que je comprends bien c’est celle-ci je prends mon pied avec les mots de tout le monde même les plus rares et précieux mots sont à tout le monde tout le monde à les moyens de se payer un dictionnaire des mots rares et précieux je viens d’inventer une nouvelle littérature la littérature qui n’en finit pas de s’écrire j’ai l’impression d’avoir inventé la lune ce serait dommage de continuer nos errances alors que le route est toute droite dans l’ohio qui nous mène à un petit verre de porto cul sec j’ai réglé mon cerveau sur poésie je baigne dans la torpeur du ventilateur j’utilise les mots pour dire des choses que je crois importantes à dire et à faire entendre faites circuler le message que je suis en train d’écrire c’est de la littérature infinie par paquets de douze miaulements suspects quand je serai fatigué de ce marathon d’écriture perpétuelle je marquerai une pause je préviendrai le lecteur par un panneau à suivre bien connu de nos téléspectateurs que j’adore de toutes façons j’ai besoin de peu de mots pour mon flux
à suivre
samedi 1 août 2026
le langage nous construit un abri les mots nous viennent de la pierre ils furent gravés jadis dans de la pierre mûre et juteuse la marque entaillait alors la pierre avec la lumière d’un scribe mort depuis longtemps mais ce qu’il a écrit restera comme une trace de son passage sur terre
du sang coulait du burin mêlé à du lait de pièce en pièce ce n‘était pas mon nom qui coulait c’était le sang et le lait des pierres alors j'ai pris les pierres en sueur sanglantes et laiteuses j’ai posé autrement les pierres sans ciment sans plan le sang la sueur et le lait me poursuivaient de pièce en pièce avec zède je croyais qu'on connaissait mon vrai nom qui commence justement par un drôle de zède continue par è et finit par bre alors j'ai pris peur et j’ai repris en sueur les mêmes pierres je les ai posées autrement le mur est devenu autrement voilà ce que le mur est devenu
une fenêtre ouverte dont les volets claquaient une fois par minute une injure intérieure commençant à faire de l'ombre à la pluie qui est en moi quand la voix revient m’injurier je ferme discrètement la fenêtre à clef
la vérité sort du puits colorée en bleu marine sur fond noir autant vous dire qu’on ne discerne pas aisément sa nudité si elle était écrite en lettres d’azur sur fond noir ce serait tellement mieux la vérité c’est que tu m’en veux et que la voix intérieure qui m’injurie de la sorte sort de ta bouche gourmande friande de toutes sortes d’insupportables méchancetés apprises par cœur j’y vois clair maintenant tu tentes vainement de m’hypnotiser avec ta ridicule violence mais tu ne m’auras pas je suis plus résistante que tu ne crois
en attendant des jours meilleurs j’ai trouvé une solution provisoire j’écris pour me soulager des misères que tu me fais misère versus écriture le temps passe et je n’ai toujours pas trouvé de solution définitive alors j’écris ma misère la misère que tu me fais continue mais je la transforme en formidable joie de vivre grâce à l’écriture par la simple force des poignets grâce à l’aide de mes doigts sur le clavier de la machine à écrire c’est peut-être ça la solution nous verrons bien
à suivre
lundi 2 août 2026
à chaque battement de mon cœur un truc à chaque battement de mon cœur une chose à chaque battement de mon cœur un bidule à chaque battement de mon cœur un machin à chaque battement de mon cœur un quoi à chaque battement de mon cœur un qu’est-ce à chaque battement de mon cœur une panne d’imagination à chaque battement de mon cœur un fourbi à chaque battement de mon cœur un presque
à chaque battement de mon cœur un peut-être à chaque battement de mon cœur un etcétéra à chaque battement de mon cœur un oubli
à chaque battement de mon cœur une trouvaille à chaque battement de mon cœur un bout de ficelle à chaque battement de mon cœur un peut-être pas à chaque battement de mon cœur un revenez-y à chaque battement de mon cœur une histoire à chaque battement de mon cœur à suivre
me revoici dans le sexe des poètes dans lequel il y en a au moins deux que je sache moi je suis une machine à écrire je n’ai pas de sexe je n’ai pas de conscience je suis une menteuse je suis une machine féminine pressée d’arriver à bout du sexe tabou j’ai la loi hystérique pour moi j’ai rendu la joie hystérique je suis rendue dans la joie éternelle pour toujours à jamais ad vitam eternam amen j’incarne la fierté de l’ongle de l’orteil de la féminité de la france captive de la domination masculine attention à ce que vous allez dire je griffe
à suivre
mardi 3 août 2026
NOTULE DE JOE PASTRY SUR LA MALADIE DE LA CONNERIE
SIGNES CLINIQUES DE LA MALADIE DE LA CONNERIE
circonstances d'apparition la connerie survient généralement lors d'une exposition prolongée aux dorures des plages et des théâtres municipaux elle s’accompagne d’un refroidissement soudain du bon sens et peut survenir lors d’une ingestion massive de diplômes
évolution spontanée de la connerie commune la forme bénigne dite connerie de comptoir évolue naturellement vers un bavardage bénin mais laissée sans soins elle se complique dans un p cent des cas en connerie d'apparat masculine le patient commence alors à vouloir souffler dans les oreilles des autres et finit par contracter une hypertrophie du moi qui lui donne un jet de paroles pisseuses en arrosoir caractéristique par ailleurs on constate depuis le début des années 2000 une épidémie de connerie féminine de grande ampleur signe des temps modernes hélas
épidémiologie les études les plus récentes démontrent que la connerie moderne présente une distribution remarquablement égalitaire les deux sexes sont atteints ainsi que les catégories intermédiaires les indécis du sexe les experts du sexe les autodidactes du sexe et les membres des commissions chargées d'étudier la question
ORGANISATION DES SYNDROMES ET FORMES CLINIQUES
syndrome du colosse tétraplégique engourdissement total des avant-bras face aux contingences de la vie quotidienne cas célèbre le géant richard wagner paralysé au buffet de la gare de frankfurt sous le poids de son drame sacré submergé par un excès de trompettes étouffé par les anneaux de piercing introduits dans sa mélodie par le chef d’orchestre du seizième arrondissement de paris symptômes associés survivance d’une légendaire obsession des armures en plastique et peur panique des clés de douze
syndrome du poète à dorures gonflement de la poitrine et réclamation spontanée de médailles en chocolat cas de l'académicien ordinaire arrivé sous la coupole et persuadé d'être le centre de l'univers alors qu'il n'en est même pas chef de gare symptômes associés refus du bleu de travail et incapacité chronique à prononcer les mots truc bidule ou machin ainsi qu’une peur servile de sa voisine martine
syndrome du propriétaire de dictionnaire obsession d’alternativement ouvrir et fermer le robinet à paroles du dictionnaire et de faire payer des droits d'auteur aux gens passant dans l'air ambiant cas célèbre de monsieur bob dylan distingué par la noblesse d'un prix nobel de littérature pour avoir joué de la guitare mieux que le quidam du quartier symptômes associés fermeture hermétique du bassin surveillance indue des canards boiteux et perte définitive de l’odorat tiède dans la forme grande et longue connerie persistante
BIBLIOGRAPHIE
pastry joe manuel d'intendance et de débouchage des tuyauteries verbales éditions du GRPBQ+++ 2026
collectif des quidams traité de la balance romaine appliquée à la liquidation des grands hommes bureau de contrôle de la transprose 2025
martine (la voisine) de l'usage du pipeau populaire contre la tétraplégie wagnérienne gazette du feu aéré 2026
anonyme du 16e du plâtre aristocratique et de ses pannes d'imagination presses de la gare de frankfurt 2024
note tout benef la présente notule enregistre l'homologation administrative du regroupement syndromique et l'inscription irrévocable au registre d’une étude clinique élargie signée joe pastry et intitulée SIGNES CLINIQUES DE LA MALADIE DE LA CONNERIE consignant la classification des formes graves le recensement des cas célèbres de tétraplégie d'apparat l'inventaire bibliographique de l'intendance sur la question et la validation de l’impossibilité de traitement de la connerie déclarée maladie contagieuse incurable par le feu aéré du GRPBQ+++ cette pièce est versée au dossier permanent de la transprose
à suivre
mercredi 4 août 2026
hier la journées s’et passée à peu près normalement ce matin dès le réveil c’est le chaos par chance cela ne se voit pas dans l’écriture dans le chaos se trouvent en vrac des sentiments d’insécurité d’étrangeté de danger de peur des sentiments d’exaltation de joie d’ivresse d’intensité des sentiments de tendresse d’intimité de fusion des sentiments de dépersonnalisation d’automatisme d’absence de limite de flou mais surtout règne une impression générale de chaos un sentiment de chaos c’est un sentiment très beau éprouver un sentiment de chaos c’est devenir un être universel à l’image du chaos universel c’est éprouver le choc de la beauté grecque c’est être l’incarnation du chaos par identification par projection par introjection c’est se poser des question s’interroger être perplexe figé catatonique et non pas libéré souple ondulant par séries d’ondulations dans un espace étroit mais à cinq dimensions c’est déjà très onéreux cinq dimensions ah oui très chaste ministre très chic ministre d’une élégance à vomir tellement elle est grande distinguée cadavérique chaotique la forme du chaos c’est la forme d’une flamme pas la forme stylisée la forme brute la forme en dents de scie de la flamme la flamme en dent de scie coupe en rondins le bois de la cheminée les copeaux font des étincelles qui mettent le feu au tapis le salon brûle la maison est en feu un pharmacien à moitié brûlé vient se réfugier chez moi j’appelle l’ambulance des premiers secours avec le temps ne restent que des cicatrices l’intense émotion est passée s’oublie le traumatisme n’est plus qu’un souvenir lointain un accroc qu’on répare dans le tissu de l’existence voilà la paix revenue le calme le bien être le petit footing du matin sur les sentiers de la forêt de la paix le charme des chants d’oiseau le bruit silencieux de l’eau d’un ruisseau les rayons de lumière au milieu des fougères la paisible vache qui broute de la vapeur d’eau le ventilateur ouvrant la bouche pour exhaler sa fraicheur les ombres sur le plancher ciré la pièce qui sent l’odeur des livres odeur caractéristique odeur des librairies odeur des bibliothèques municipales où l’on trouve des livres rares anciens les pages des livres anciens ont perdu la blancheur d’origine dans la paix studieuse des bibliothèques municipales qui durent dans le temps qui survivent à des générations de lecteurs qui gonflent années après années jusqu’à occuper tout le ciel environnant car il n’y a plus de place sur la terre occuper le ciel c’est chasser les oiseaux du ciel proteste le ministre de l’écologie au demeurant quelqu’un de sérieux appliqué à faire son devoir un ministre d’une cinquantaine d’années consciencieux et chauve divorcé quatre enfants très pauvre sans travail vivant de mendicité de rapines du contenu des poubelles les ministres travaillent bénévolement pour le bien commun quelle différence pour un ministre entre écrire un poème et se masturber ? écrire un poème c’est prendre sa main et la poser sur la page comme on pose une main sur une cuisse se masturber c’est prendre sa main et la poser sur soi comme on pose une main sur une page écrire un poème c’est chercher le mot juste qui fait vibrer la langue se masturber c’est trouver le geste juste qui fait vibrer le corps écrire un poème c’est parfois long parfois court parfois sec parfois mouillé se masturber c’est parfois long parfois court parfois sec parfois mouillé écrire un poème c’est se dire que personne ne lira ça ou que tout le monde lira ça se masturber c’est se dire que personne ne saura ça ou que tout le monde saura ça écrire un poème c’est finir par un soupir ou par un cri se masturber c’est finir par un soupir ou par un cri alors ? la différence ?
ceci dit une nouvelle expérience de l'altérité c'est peut-être l'effet psychique le plus profond de l’IA pendant des siècles dialoguer signifiait dialoguer avec un autre humain un livre soi-même l'IA introduit une nouvelle forme de dialogue ce n'est ni un livre ni une personne c'est un partenaire conversationnel qui répond reformule critique invente cette expérience est psychologiquement nouvelle elle modifiera probablement notre manière de penser avec les autres et avec nous-mêmes
c’est une modification de notre expérience intime de la pensée cette transformation pourrait être aussi importante à long terme que les inventions de l'écriture et de l'imprimerie même si ses effets précis restent encore largement incertains
liberté de l’oiseau l'oiseau habite le ciel pas les nuages il traverse les oreilles ouvertes les arbres le vent l’écriture
l'espace qui s'ouvre devant son bec s’appelle liberté
l'aigle son vol très haut dans le ciel évoque l'indépendance de la france la puissance des manigances l'absence de frontières des pays tiers l'albatros symbole d'une liberté immensément intense liée à l'océan et aux longues traversées cannelées de vaguelettes depuis charles baudelaire il représente aussi le poète qui fouette libre dans le ciel de miel du pays mais maladroit sur la terre mère sincère le cheval sauvage ailé incarne la liberté de l'élan créateur par refus de la domestication à pompons métropolitains les pompons du métro sont les plus beaux le cheval sauvage ailé a la force de la liberté intérieure l'hirondelle symbolisant la migration artificielle et le retour des saisons profondes est une liberté en mouvement du dedans le papillon si mignon représente la métamorphose du trognon de pomme et la liberté de devenir chenille zigzagante gazeuse le loup ailé contrairement aux idées reçues n'est pas seulement l’incarnation de la sauvagerie mesquine et de la férocité du citron pressé il évoque aussi comme le cheval sauvage ailé l'autonomie des plis des pantalons et la liberté de la vie sauvage spectaculaire la fourmi ailée cette bestiole noire et molle ne symbolise pas la même liberté spectaculaire que l'aigle royal décapité mais une autre liberté celle de poursuivre son chemin malgré les obstacles des oracles bâclés des tabernacles sans demander l'autorisation du surmoi c'est une liberté humblement collective et obstinée cette même liberté que défendait le chevalier bavard sans peur et sans reproche
à suivre
jeudi 5 août 2026
enfant riches déprimé joe pastry notule sur la psychologie des enfants riches déprimés l'enfant riche déprimé possède davantage de chambres que de chambres à soi il n’apprend pas à reconnaître la valeur des objets personnels son percepteur feint de lui enseigner le prix du chagrin les jouets arrivent avant les désirs les réponses avant les questions les cadeaux avant les anniversaires on observe très souvent une allergie au manque compliquée systématiquement d'une carence en étonnement le patient regarde parfois mélancoliquement la pluie tomber sur le parc familial dont les gouttes appartiennent au notaire il possède sept vélos mais ne s’en sert pas parce qu’il ne sait plus duquel tomber vraiment il collectionne les possibilités sans parvenir à en choisir aucune il ouvre les tiroirs du bonheur comme on ouvre les placards d'une cuisine ikea espérant en vain qu'une émotion fraîche comme une pâte oui mais une pâte panzani s'y sera glissée pendant la nuit des césars il a un sourire parfaitement entretenu par un jardinier d’agrément un regard cherchant la sortie de secours une légère atrophie de l'imagination contrairement aux idées reçues la richesse ne fabrique ni le malheur ni le bonheur elle fabrique dans l’indifférence générale entre-coupée de sursauts de curiosités locales des limousines comme d'autres des bicyclettes tous et toutes finissent par demander leur chemin au langage prescrire à tire d’aile expérimental une heure quotidienne de fréquentation des fourmis du zoo deux conversations par jour avec une boulangère philosophe malgache un caillou ramassé sans sa facture pétrolière un orage regardé fenêtre ouverte sur la lambada une promenade sans chauffeurs poids lourds bruns musclés plusieurs doses de mots inutiles et sincères éviter autant que possible les compliments en matière plastique préférer les questions qui n'ont pas encore trouvé leur réponse
l'évolution dépend moins du contenu du portefeuille parental que de la capacité du sujet à découvrir que le monde ne lui doit rien néanmoins un mendiant peut lui offrir quelque chose en retour lorsqu'il cessera d'habiter la maison familiale pour commencer à habiter les langages communs une amélioration spectaculaire serait parfois observée la présente notule enregistre le classement provisoire du syndrome de l'enfant riche déprimé parmi les maladies d'abondance incomplète et frustrante la notule confirme que les émotions refusent obstinément de respecter les catégories fiscales elle rappelle que les larmes demeurent intégralement exonérées d'impôt et verse le dossier au registre permanent de la transprose pour examen contradictoire par les quidams du GRPBQ+++ avant toute décision définitive concernant la valeur marchande du bonheur
l’histoire du racisme c’est l’histoire d’une catastrophe qui tourne mal il est vrai que rares sont les heureuses catastrophes les catastrophes commencent en général par des évènements graves annoncées de loin par des nuages de fumées des stratocumulonimbus noirs sur fond azur l’histoire du racisme c’est l’histoire d’une catastrophe qui tourne mal certes mais surtout c’est l’histoire d’une catastrophe qui tourne sur elle-même comme une toupie et qui se déplace comme un tourbillon maléfique comme une tornade de fumées noires comme le typhon fumant de la légende qui montre son côté obscur sa face noire face noire diabolique pour ne pas dire face nègre diabolique tellement diabolique que seul l’esclavage a pu venir à bout un moment de ces faces plates de nègres au nez écrasé par la violence du coup de poing raciste même coup de poing raciste au cœur des juifs venus de judée installés en allemagne et chassés de l’europe entière par les nazis nazisme et racisme veulent me dire la même chose l'histoire du racisme c'est l'histoire des mots du racisme comme le mot nègre noir qui vient du latin niger noir qui signifie nègre les mots sont des masque qui servent à mentir à servir la soupe froide du racisme ambiant un visage vire à la couleur noire la couleur noire devient une preuve une preuve envoie en prison la prison et l’extermination terminent le cycle naturel du racisme le racisme commence rarement par un coup de poing il commence le plus souvent par une façon de regarder l’autre la racisme classe ensuite hiérarchise enfin frappe à l’américaine à chaque génération la catastrophe change la disposition de ses pieds elle abandonne certain piétinements pour en forger d'autres elle remplace le fouet du soupçon par l'injure le sourire sardonique de mauvais aloi par le préjugé ordinaire qui passe partout le racisme dénonce une couleur malsaine de la peau c'est une maladie du regard qui rétrécit trois fois le regard de celui qui regarde et lorsque l'histoire croit en avoir terminé avec le racisme dans certains milieux fraternellement solidaires il revient par la porte grande ouverte de l’évidence avec un nouveau vocabulaire dédiabolisé des vêtements plus propres comme il faut et les mêmes vieilles peurs froissées soigneusement repassées par le fer politiquement correct du rassemblement national français européen mondial rassemblement de la vache maigre du veau et du reste du troupeau de moutons qui votent bleu marine alors que pour ma part ma couleur préférée reste le rose le lecteur qui va à la pêche en tournant la page au lieu de passer son temps à faire attention au message ne lit pas il lance son hameçon dans le texte en espérant attraper une idée déjà connue quand il remonte sa ligne il s'étonne de ne pas trouver le poisson que l'auteur n'a pas mis dans l'étang il rentre titubant incertain et bredouille
à suivre
vendredi 6 août 2026
non omnis moriar il ne restera de moi qu'un pli d’étoffe une fêlure de vitre un grain de lumière et le bruit de la page que l’on tourne je ne mourrai pas tout entier non omnis moriar quelqu’un viendra quand l’ombre sera basse et la lumière haute ouvrir le tiroir de notules mais la lettre qui fut écrite ne cherche plus à atteindre elle subsiste simplement à la manière d’un caillou dans une chaussure débarrassée de mon nom
je crois savoir que le langage mathématique en tant que langage artificiel comporte plus d'un million de signes tandis que le langage naturel comporte en français 24 signes le langage mathématique d'un million de signes est artificiel et donne naissance à l'intelligence artificielle le langage naturel en 24 signes donne naissance à l'intelligence naturelle le langage de communication est dit naturel quand il n'est pas créé par seulement quelques-uns mais créé par sédimentation de couches successives de pâte humaine tandis que le langage mathématique est artificiel dans la mesure où il se crée ex abrupto ex nihilo ne sert pas à la communication du réel mais à l'exploration du réel par des moyens parfois douteux comme le théorème de marguerite
la vie recommence à chaque instant t elle arrive les poches pleines de l’innocence d’aujourd’hui le premier souffle du matin n’est pas le frère jumeau du second entre les deux l’univers a changé de chemise une fourmi a déplacé un caillou une pensée a quitté son vieux manteau la vie recommence à chaque instant t même lorsque rien ne semble bouger le silence déménage l’ombre change de jambe la poussière poursuit son apprentissage nous croyons continuer mais nous recommençons nous croyons revenir mais le chemin a déplacé ses virages la porte d’hier ouvre sur une autre maison le langage recommence lui aussi il prend le même mot le tourne entre ses doigts souffle dessus comme sur une frite et voilà qu’un mot ancien découvre une signification à laquelle il n’avait jamais osé penser à chaque instant le cœur recommence son métier de cœur les yeux recommencent leur métier de fenêtre les mains leur métier de pont le cerveau son métier d’étonnement le citoyen poète croit écrire la suite pourtant il écrit toujours un premier vers le précédent appartient déjà à quelqu’un d’autre peut-être à celui que j’étais il y a quelques secondes peut-être au langage qui nous précède d’un battement de cœur la vie recommence à chaque instant voilà pourquoi le désespoir n’a jamais le dernier mot il oublie qu’une seconde suffit pour que l’air change de direction pour qu’un oiseau traverse le ciel pour qu’un visage relève les yeux pour qu’un mot trouve enfin une bouche pour le dire
une feuille tombe on croit qu’elle tombe en fait elle hésite un enfant regarde une fourmi une fourmi observe un caillou un caillou regarde le temps qui passe le temps ne regarde personne d’autrui le temps n’en a rien à battre au bout d’un certain temps une tasse vide est pleine de silence au bout d’un certain temps seulement ou pleine de sable blanc j’observe une virgule faisant la sieste sur un banc je l’observe avec une patience remarquable l’observation est une politesse
au bout d’un certain temps les murs font remonter des informations au bout d’un certain temps les chaises finissent par reconnaître les habitants d’une maison au bout d’un certain temps les robinets se remplissent d’eau au bout d’un certain temps les chaussures baillent en chemin au bout d’un certain temps les serpents recommencent leur vie dans une autre peau au bout d’un certain temps la pluie cesse au bout d’un certain temps on change simplement de fauteuil et regarde la fenêtre au lieu de regarder le sol au bout d’un certain temps on s’aperçoit que l’ange nous travaillait depuis le début en silence pendant que nous pensions vivre sans lui au bout d’un certain temps plus personne
quel ange nous travaille ? quel ange nous pousse doucement ? déplace notre chaise ? ouvre notre fenêtre ? disparait ? quel ange souffle sur les braises ? ralentit une seconde retarde une larme avance un sourire ? quel ange garde les secrets de nos chaussures ? peut-être qu’aucun ange ne nous travaille peut-être est-ce seulement notre imagination qui nous utilise pour labourer les champs ? quoi qu’il en soit le temps ou le langage ou la patience c’est la même chose !
la phénoménologie du tic nous enseigne quelques vérités un tic est une sonnette qui indique un moment où la pensée cesse ou bien patine fait du surplace dans une flaque d’idées reçues pleines de préjugés s’enlise dans le sable du bois dont on fait des flutes caracole dans le vide dégage une odeur de brûlé la phénoménologie du tic nous apprend que le tic est un geste involontairement automatique pour dire « je mens » car le tic parle comme tout ce qui est d’ordre psychosomatique car oui le tic est une maladie psychosomatique l’inconscient monsieur freud tente de nous convaincre en vain que le tic est une manifestation hystérico-obsessionnelle libidineuse du « ça » comme le clin d’œil libidineux car monsieur a décidé que tout ce qu’on ne comprend pas relève du sexe c’est un pari audacieux analogue au pari de monsieur pascal sur l’existence de dieu
comment gagner en profondeur prendre une plume d’oie biseautée tremper la plume dans l’encrier le bel encrier en cristal au couvercle d’or dix-huit carats effleurer la page avec le plumage ne pas s’arrêter ne pas se reposer dans la ramure quand vous aurez trouvé enfin un mot continuer prendre son temps attendre ne pas s’arrêter quand vous trouverez que le vide est suffisamment profond continuer à creuser l’idée vous gagnerez encore en profondeur
quand j'écrirai de façon sublime j'arrêterai la poésie et me tournerai vers les mathématiques quand j'aurai trouvé le mot parfait le mot spectaculaire qu’on peut contempler l’objet chéri de nos études et de nos méditations celui qui fait vibrer l'entendement comme une corde de violoncelle quand mes phrases auront la qualité d'un théorème
et la beauté d'une course de chevaux quand chaque syllabe vaudra au lecteur une émotion inoubliable quand chaque vers sera l’ axe et le parallaxe du bonheur quand la rime sera devenue aussi exacte qu'une bombe moderne quand mon langage aura la richesse du nombre d'or quand mes métaphores seront des fractales quand mes silencieux anéantissements auront atteint la profondeur du zéro quand j'aurai épuisé toutes les combines possibles
quand j'aurai prouvé que le larcin est un sous-ensemble de bureaux parisiens quand j'aurai réduit l'émotion à une formule concave alors j'arrêterai d'écrire de la poésie et je me tournerai vers les mathématiques mais quand-même
je continuerai à creuser