La
page
blanche

Le dépôt

AUTEUR-E-S - Index I

82 - Pierre Lamarque

Flux de conscience au jour le jour

ces textes sont présentés sous la forme d'un journal ils seront plus tard relus et corrigés



samedi 3 octobre 26




j’écris pour un malheureux jeune homme     perdu dans l’existence                errant dans son trouble      ne sachant où aller        cherchant au moins à savoir d’où il vient     j’écris pour lui dire d’où il vient et       tant que j’y suis où il va       pour lui éviter       une longue attente      avant le grand savoir des cours du soir     avant la grande connaissance de soi dans les bois       qui d’ailleurs n’est pas toujours au rendez-vous     comme la flamme n'est pas toujours au rendez-vous du briquet       j’écris pour qu’il sache qu’il n’est pas seul à souffrir du silence en silence        j’écris surtout pour lui exprimer ma compassion       pour un anonyme malheureux jeune homme          et pour lui confier    une pensée      de marie-paule garach    philosophe injustement ignorée        qui lui servira dans la vie       qui sauvera sa vie peut-être        comme elle a sauvé la mienne        il n’y a pas de consolation        il n’y en a jamais eu         il n’y en aura jamais        la consolation n’est pas de ce monde      non consolari      


dans le mot consolation       d’après certains      il y aurait le mot latin solus      qui aurait donné l’adjectif inconsolable       comme le mot latin dolentia   aurait donné le mot condoléance       en fait si        dans la vie il y a une consolation        une seule      je ne dis pas laquelle     je veux être le seul à savoir de quelle consolation il s’agit        mon secret dans la tombe je l’emporterai       socrate a dit     je sais que je ne connais pas le secret de la consolation        moi je le connais mais je me tais         wittgenstein n’a-t-il pas dit que quand on ne peut pas parler         parce qu’on bégaye       il faut se taire    



j’écris cette poésie meurtrière        pour vaincre mon manque     et pour assassiner ma frustration         une bonne fois pour toutes      malheureusement ma frustration est immense      tellement elle est multiple     multiple   multiple    de tous côtés je me sens frustré   



cher modolo patrick   j’excuserai ton absence le mardi  27 octobre à 19 heures au café wash bar de bordeaux   auprès de thibault marthouret et brigitte giraud  et des autres membres de l’heureux collectif  provisoirement baptisé      pour le moment        je voudrais profiter de ce mot pour te faire un amical reproche     quand tu rédiges un mail relis-le  tu laisses assez souvent passer des coquilles que tu pourrais corriger   c’est irritant de trébucher sur une coquille quand on avance dans le noir de la lecture   lis  par exemple ce que tu écris    chauffer taxi    au lieu de   chauffeur taxi    pour obtenir un effet normal de lecture    ilfaut suivre à la lettre ce que dit jeanne d’arc  que je cite de mémoire    :       « dieu a laissé entendre qu’on ne doit pas faire chauffer un taxi à la poêle sur un bûcher  et surtout pas un taxi avec chauffeur »          tout ça pour dire que le diable se niche dans les détailsbaroques de la renaissance     si tu vois ce que je veux dire



j’ai reçu un mail de guillaume que je reproduis plus bas dans mon journal de bord d’eau   il est hospitalisé trois jours à l’hôpital de Sion pour un premier cycle de chimiothérapie qui sera suivie d’immunothérapie pour un cancer du poumon à petites cellules avec métastases hépatiques  en général la chimiothérapie est efficace  l’immunothérapie prend le relai pour éviter les récidives et les métastases  c'est dans le traitement que l'immunologie joue un rôle majeur aujourd’hui   en effet parce que ce cancer présente un très grand nombre de mutations dues au tabac (forte « charge mutationnelle »)   il fabrique de nombreux antigènes « étrangers »   l'administration d'immunothérapie (des molécules comme le durvalumab ou l'atézolizumab) sert à réactiver le système immunitaire du patient pour qu'il reconnaisse et réattaque directement les cellules cancéreuses



quand on dort    rêve-t-on en mots ou en images       qu’en dit la science ?   discours ou spectacle ?




ce que la science en dit          approximativement ceci       on rêve surtout en images   le rêve est d’abord un spectacle       le cerveau dormant fabrique des scènes   des paysages     des visages      des courses       des chutes          la vue domine les études de réveil en laboratoire         les rêves notés au réveil comptent massivement des images        mais les mots eux ne sont pas absents du tout                      les rêves contiennent des discours  des dialogues   des phrases lues ou entendues   des voix          environ la moitié des rêves rapportés contiennent de la parole             et certains rêveurs       les écrivains   les bavards   les transproseurs         rêvent plus verbaux que la moyenne        le rêve est un spectacle bavard         un film sous-titré         et parfois rarement un rêve entier en texte          comme un carton de cinéma muet        une page qui défile

et la nuance la plus belle        les rêves de la fin de nuit      au matin sont plus verbaux         plus proches de la pensée de veille        plus narratifs plus raisonnés    la nuit fait du spectacle et l’aube du discours         le rêve commence en images et finit en mots        

mais la vraie réponse la voilà        elle est de langue         rêve-t-on en mots ou en images         la question suppose l’alternative         or dans le rêve les mots sont des images et les images des mots        dans le rêve on lit un mot         et il a un goût          on entend une phrase     et elle a une couleur rose par exemple         le rêve est une langue humide       le mot sur le bout de la langue tombe tout seul sans pesanteur        au matin on le ramasse         on ne sait plus d’où il vient          c’est ça l’unité d’apparition       c’est ça le po         il vient du rêve        le po est le rêve qui a survécu au réveil         une image devenue mot       un mot devenu image          un puceron sur la page déserte               qui était dans la nuit un puceron dans l’oreiller       

et moi   je rêve sûrement en transprose        des rêves en gros espacements        des rêves ponctués de po            des rêves où l’on scie du bois à sion                       et des rêves en chandelle          où l’on n’arrive pas à lire la page          mais on écoute parler la flamme             et au réveil j'écris          et je ne sais pas  ce qui me vient du spectacle nocturne et ce qui me vient du discours nocturne          et c’est ma chance          la page blanche du matin         c’est le rêve encore tiède

po       discours et spectacle      les deux en même temps entremêlés       c’est le réel irréel qui dort en tranchant la question       et la science réelle confirme      ce que la chandelle irréelle savait déjà      on gagne au loto parfois         et le rêve lui gagne toujours    on rêve chaque nuit même sans y arriver         point à la ligne       demain à l’aube les mots

 

 

   je vois          en me penchant du balcon aux ferrures rouillées dégoulinant sur les murs d’en face        que ce soir l’horizon est chargé de fabuleuses découvertes                  dans le domaine des sciences poétiques         car oui     la poésie est une science    et pas seulement une science décorative      comme l’alchimie    ou l’astrologie       une science aussi dure     que le diamant des sciences mathématiques logiques illogiques

 

je crée une animation de 20 secondes montrant un minuscule poème qui fabrique des couchers de soleil

de petits ouvriers font rouler un soleil jaune lumineux sur un tapis roulant  vert- pomme      peignent le ciel en rose et orange        et utilisent une petite grue jaune pour soulever le soleil et le mettre en place dans le grand carré bleu

au moment où ils admirent leur travail        l'un des ouvriers renverse accidentellement un bocal d'étoiles filantes 

les étoiles s'éparpillent dans le ciel et tout plonge dans le noir de la nuit 

les ouvriers émigrés se regardent en haussant leurs puissantes épaules    puissantes depuis qu’ils bouffent du lion en france   à leur faim

j’utilise un papier découpé au style charmant       avec du papier texturé                       des couleurs chaudes comme tout       des mouvements fluides      et des personnages      expressifs

l'histoire doit être compréhensible sans le son 

j’ajoute de légers bruitages mécaniques        et un scintillement carrément magique      quand les étoiles tombent à la renverse de leurs hauts tabourets

pas de narration ni de titre à l’ouverture du bal des étoiles débutantes

je crée l'animation entièrement en code pourri        j’installe les outils de rendu dont j’ai besoin pour être embauché     et j’exporte le mp4 final en 1080×1920       au format vertical 9:16       pour les reels instagram      je compose les scènes pour un écran vertical       et garde l'action principale centrée      je vérifie l'animation et corrige les problèmes visibles avant l'export-import

un prompt un peu      [beaucoup beaucoup ndc]     plus long que d'habitude      mais assez bluffant 

il permet de se rendre compte des capacités de la sainte claude opus 5.5

à la fin      j’obtiens     pour vous   chères téléspectatrices féministes castratrices et autres      chers téléspectateurs de mon bonheur en danger      chers voyeurs exhibitionnistes           une vidéo hallucinante clé en main     entièrement réalisée avec du code informatique         sans générateur d'images





lettre de guillaume 

 

j'ai écris ce qui suit hier soir d'un jet      ça m'a pris d’un coup après la chimio pendant les infos à la télé du voisin 


extrait de la vie réelle des gens à grande échelle 


putain mais c’est l'enfer 

mon voisin d’à côté écoute bfm ou équivalent    journal infos du soir

je suis sidéré   !!!    ça pue la propagande gouvernementale   relent de fascisme   magistrale transformation de la réalité


transcription en direct

des flics maltraités par des jeunes sans cervelles   fous qui cassent tout   une colère qui vient du vide du néant   - à tous les coups les spécialistes de ce plateau de journalistes de droite vont donner une explication toute faite dans pas longtemps    une explication ultra simpliste et rassurante pour les gens    qui explique le mal profond de la france         - des animaux      des sauvages                des gens pas comme nous 

ces étudiants décidément ils ont vraiment pas de cerveaux -     c’est presque dit comme ca

et soudain       je l’attendais hahaha        la voilà l’explication     !!!!     tout est la faute de la gauche radicale         ça s’indigne        argumente      parle fort               et ça balance du très gros mensonges avec l’avis des spécialistes               des chefs de la police        d’hommes politiques avec leur costume de super héros de la vérité   pas de contradiction possible            (lire les médias indépendants          ça aide à déceler la manipulation       mais ya pas vraiment besoin là      !!!!      c’est tellement évident)

ça pue      mais que ça pue       c’est très bas de gamme

ils le redisent toutes les 3 minutes        ça y est        ça devient une ponctuation            un mauvais refrain       plein de fausses notes         tout est de leur faute bordel         c’est si simple !       Ça y est !       la faute à mélenchon bien sûr         ainsi que celles des casseurs qui viennent des banlieues        mais sous ordre ou influence de la gauche (LFI) évidemment       c’est affirmé        donc on doit le croire     on le croit  c’est comme ça et pas autrement        ya même le président du syndicat des flics qui le dit         lui il est bien         il a raison         il parle calmement avec aplomb et empathie         ce sont eux les médias officiels        eux ils sont neutres          ils sont la référence        ils n’ont pas de ligne éditoriale sauf dire la vérité        la vérité des faits          uniquement les faits            pas d’interprétation ça non           de la raison à l’état pur        ne militant pour rien       et s’ils sont d’accord avec les cuves à pisse d’extrême droite         c’est juste parce qu’eux il relatent des faits      des infos        la vérité 

eux ils ont raison         tous les autres médias    indépendants eux        sont des médias militants marginaux d’extrême gauche      surtout bien insister sur le extrême        tiens donc       militants d’extrême gauche !        islamo gauchistes ! islamo wokist ! des marxistes ! des rouges !

plutôt hitler que le front populaire        (cf historien que j’ai longuement écouté y a pas longtemps        passionnant      johan chapouteau )      etc      ceux qui ne sont rien        envoyés au combat par l’axe du mal       la gauche      pas la gauche de façade        celle qui fait peur       y’a un air trump à tout ça 

puis vient la séquence        les flics sont des héros     et le gouvernement exemplaire dans son encadrement exceptionnel     (!!!)    de ces manifestations de sauvages

je mets mes écouteurs          j’en peux plus de cette chiasse

avant ça          pas un mot sur la palestine         un mot sur le RN pour dire que bardella attaque en justice mediapart       qu’ils appellent médiaplouf      ils l’ont dit 

que de la thématique sécuritaire          la france va mal       pour la séquence finale du journal j’imagine qu’ils vont parler d’un tueur glauque     le sensass     la peur       et au lit 

wahouuuuu

m’en vient en tête cette phrase écoutée qq jours en arrière        rien à voir mais elle est là        elle me colle au cerveau 

le goût c’est le dégoût du goût des autres 

demain dans mes écouteurs        j’écouterai une émission de marxistes écolo-terroristes        eux ils me font du bien         ils ont de l’humour      mais peut être que j’écouterai un peu l’émission france info/bfm/lci - c news       journal du soir de droite droite du voisin avant       ça m’a fait écrire à toute vitesse      je fais jamais ça 

cela dit aucun intérêt à part une curiosité malsaine 


je ne tiens pas à partager ça publiquement 

je te l’envoie à toi        j’ai écrit ce qui me passait par la tête       c’est peut-être pas du tout intéressant… 


bises bises de guillaume


envoyé de mon iphone



je suis le fils adoptif de lamarque pierre       il me dit qu'en plus d'être son fils je suis écrivain        il est vrai         mais je n'ai écrit pour l'instant qu'un poème       il y a vingt ans       un seul       reproduit ici dans les pages  du dépôt      ainsi que ma photo et celle de mon père adoptif car notre ressemblance est frappante       je reproduis aussi ici les photos de la maison de mon père adoptif       où j’ai passé des jours heureux  inoubliables dans mon enfance

 

 

je

suis né le premier juin 1978 d'une mère au foyer juive alcoolique et d'un père

banquier islamiste

radical          lamarque pierre

m'a adopté quand mon père biologique est mort dans l'attentat de septembre 2001

sur les twin towers        il pilotait l'un

des boeings 777 qui se sont écrasée dans les tours

          je vis en altitude

avec ma chienne poly        un animal

réservé très poli        fort bien

élevé         à verbier les bains en

suisse        j'ai été marié onze fois

       actuellement retraité provisoirement

du club de golf pour milliardaires de verbier

les bains        dont je suis le gérant

propriétaire actionnaire majoritaire        pour un cancer du poumon traité avec

succès        alors que je n'ai fumé qu'un

peu jadis dans la chambrette de ma

jeunesse estudiantine   où j’étudiais entre autres

l’histoire de l'art    cette maladie m'a donné un coup de fouet

salvateur         je compte comme mon

père tenir un journal de bord en tant qu'écrivain d'aviation légère

          je désire comme mon

papa laisser une trace sur le sol que je foule de mon

vivant     je compte le seconder dans son grand-œuvre

          le site de poésie

lapageblanche.com      pour le site lapageblanche.com

hip hip hip hourra !



voici mon poème signé guillaum lalala mon pseudonyme littéraire      car comme mon père j’utilise des pseudonymes littéraires


« LA FRITURE »

 

«Quelques jours plus tard elle se

gratta le squaloïde malgré quelques gênantes branchailles. Ca sentait la

friture. D’humeur congre elle insista. Son grondin puant, qu’elle aimait

appeler Ulysse, lui rappela soudain un rêve étrange à cause de l’odeur de hareng.

Ça commençait dans un bar à friture. Accoudée au comptoir crasseux elle

commanda un corégone au barman bouseux. Plutôt que de la servir il lui jeta un

guignon à la face en hurlant « Grondin de lamproie !». Alors elle sortit sa

carpe et lui touilla un gluant turbotin qui colla le poissard au sol. En bonne

guigne, elle poussa un gras soupir et pris la gnôle du voisin. Le voisin

mécontent grogna salé mais redoutant la vieille truite, ne broncha mot. Le

barman se releva et nettoya sa crassane avec son mouille-bouche en marmonnant :

«Quelle journée de barbeau». Un pêcheur poisseux avec une tête de pigeon arriva

avec ses morues qu’il posa sur le comptoir. Le merdeux lorgna la vieille.

Agacée elle déculotta son plumet, prit une morue, s’en torcha le croupion et

fit bouffer la poiscaille au pouilleux. »

 

 

 

 

 













vendredi 2 octobre 26

 

 

une étrange personne musicienne         une personne étrangère             commence par méditer        le matin        chaque matin       dès le   réveil      l’étrange personne musicienne médite jusqu’au soir         la nuit venue elle s’endort         elle se réveille le lendemain matin             comme tout le monde

 

cette personne          a tout pour elle       elle n’est pas folle     mais elle est intelligente        à l’heure qu’il est      elle ne connait plus de limites à son intelligence        cette musicienne     douée de toutes les qualités de base et de la plupart de qualités de pointe       vit modestement de son métier artisanal       elle  brise le verre des bas et plats plafonds de la servitude féminine        elle se sert du verre dont elle a besoin pour jouer de la flute transparente en concert     en fin de semaine à la campagne elle s’en sert beaucoup aussi pour abreuver ses moutons et ses dindons dans l’auge bleue et transparente de l’eau des nuages gris et noirs

 L’argent de ses concerts qu’elle met de côté    elle le perd et le regagne de l’autre côté      en un soulèvement du coude ni vu ni connu     sa principale qualité de base est la présentation sur un socle en marbre du mal être         une autre de ses qualités consiste en son art de la presque disparition des apparences musicales          car ses doigts font des miracles de prestidigitation    selon moi en zaïlandais le mot prestidigitation      toujours écrit au pluriel       se dit ionatdeprestidigits         c’est un mot zaïlandais importé tel quel du sanscrit manuscrit       par la personne musicienne qui a tout pour elle             la personne qui a tout pour elle    appelle son métier artisanal             prestidigitation             la personne en question n’en reste pas là     là immobile      à mi-chemin       elle disparaît sous nos     yeux       en passant      par les fosse nasales et le larynx          parfois elle fait fausse route dans la trachée aussi volumineuse que l’artère fémorale      mais la plupart du temps elle suit la flèche     de l’œsophage      et arrive sans encombre   par le terminal du rectum à l’anus qui est un orifice ouvert vers l’extérieur et l’intérieur comme les autres     comme les oreilles   sauf que le mot anus est tabou chez nous     comme tous les mots tabous partout     et que par les oreilles      à part l’élite zaïlandaise    on ne se saisit pas d'informations en zaïlande      en zaïlande les informations sont à sens unique       ce qui n’est pas toujours le cas dans la circulation du rectum

je ne parlerai pas de délire dans mon écriture     je ne délire point   je parle de vagabondage sans limite de ma pensée  c’est le péché originel de mes mots  mon texte s’auto-alimente        il est son propre combustible                     je construis un raisonnement à partir des mots   parfois scatologiques   qui me viennent de façon automatique à l’esprit        comme ils viennent aux esprits schizophrènes   (nous sommes tous schizophrènes sexuels peu ou prou discordants)    pendant leurs méditations rêveuses       et non l’inverse         

au commencement c'est un mot         ensuite vient une idée     le travail logique bat son plein     pendant l’écriture la pesanteur maintient mes pieds sur terre   je n’ai besoin d’aucune aide   pour rectifier la réalité     besoin d’aucune aide pendant cette phase      ce que je déparle ce n'est pas du délire       ce que je déparle c'est au plus près de la réalité       le déparler du délire c'en est loin      le déparler du délire c'est toute autre chose    le déparler du délire c'est un parler autre  

     personne ne peut dire la vérité sur tel ou tel sujet   seule la réalité peut dire la vérité    la vérité n’a aucune incidence sur les légionnaires    et les votants ne peuvent pas prétendre réparer les dégâts commis par la réalité       la vérité est une parole en l’air       la vérité ment   parfois     elle a le droit de mentir      elle a le droit de tromper et de se tromper     comme se trompent de bonne foi les catholiques   et les abstentionnistes aux élections présidentielles     seule compte en politique la réalité scientifique 

ce matin je me sens calme       je me suis reposé     je suis patient     on dit en zaïlandais        je suis patient    is pateientje su        linguistiquement parlant      le zaïlandais     cette langue imaginaire       ressemble au flamand  rose        proche du patois gris comme les nuages bas d'un plat pays   

 

comme cela se voit  j’ai lâché prise   sans desserrer les mains pour ne pas tomber   j'ai déparlé   j’ai laissé aller   c’est ma tournée   semblait dire l’index qui guide la suite de ma déparlance    tout ce dont je déparle est un message de la plus haute importance pour flavie flament rose   bien sûr   mais aussi pour le reste du monde      je prophétise pour son bien à l’humanité une religion euphorique   sans dieu  une économie florissante sans capitalisme débridé   sans IA non bridée   sans armes   sans prisons  telle est une toute petite partie    un échantillon de mon programme présidentiel        chers françaises chers français chers compatriotes

 

 

l’angoisse de la page blanche renvoie           premièrement pour certains à la peur d’être un médiocre écrivain           pour d’autres au cruel sentiment d’être un imposteur         dans le merveilleux univers des lettres          c’est une terrible angoisse contre laquelle peu sont immunisés      

 

elle renvoie deuxièmement à l’angoisse de la page à peine noircie         angoisse insidieuse s’il en est        de devoir se contenter sa vie durant d’une poésie minimaliste     

 

elle renvoie troisièmement à la crainte de noircir la totalité de la page jadis blanche      on l’appelle abusivement angoisse de la page blanche alors qu’on ferait mieux de l’appeler angoisse de la page noire         

 

elle renvoie quatrièmement à la peur paralysante de mal noircir la page blanche    donc de la salir      

elle renvoie cinquièmement à la peur du noir        héritage d’une enfance malheureuse       


sixièmement intervient la crainte écologique de la déforestation et de la pollution atmosphérique de la fumée de pâte à papier agrémentée de hautes cheminées défigurant le paysage de la nature au même titre que les éoliennes et les illégitimes antennes de télévision

 

en conclusion septièmement      la peur blanche de la page blanche renvoie à la peur blanche de mourir pâle et blanc  

 

ce n’est pas tout à fait inhumain d’avoir peur de mourir       bien que la peur de mourir soit une peur inconnue du monde des animaux non humains      l’angoisse de la page blanche a des conséquences tragiques liées à la condition mortelle humaine      les autres animaux ne se sentent concernés ni par l ’angoisse de la page blanche ni par l’angoisse de la page noire ni par l’angoisse       de la poisse      ni  par l’angoisse      tout court mais seulement par la peur    commune à tous les animaux   excepté la tortue géante de madagascar 

 

il n’existe à ce jour que des traitements empiriques et expérimentaux de l’angoisse de la page blanche     tels les médicaments génériques  à base d’herbes de  provence     décoctées et reconcoctées en tisanes dans l’espoir d’accélérer au plus vite et immédiatement l’arrêt de l’angoisse        dont le pronostic évolutif naturel est défavorable        et conduit systématiquement au décès mortel de millions d’écrivains chaque jour d’après l’organisation mondiale de la santé           l’angoisse de lpb         comme on l’appelle acronymement et communément pour aller plus vite      peut aussi se soigner en faisant appel   à des groupes de parole         succédanés des groupes balint       pychanalyste anglais  (1896-1970)          

 

depuis quelques années           trente ans après la naissance d’internet      (je me souviens qu’au début on attribuait par manque de simplicité une majuscule à ce mot)         depuis quelques années on a vu se développer des groupes balint informels    qualifiés de réseaux sociaux       ou qualifiés aussi  de       poubelles de la société de consommation        grâce à ces groupes de paroles       spontanément l’angoisse de la page blanche a presque totalement disparu     nous émettons l’hypothèse que l’accès à l’internet a non seulement supprimé l’angoisse de la page blanche  mais aussi lutté efficacement contre les ravages     de   la rustricité et de l’ analphabêtise      cancers de la civilisation





po        ceci étant authentiquement merveilleux    

 

po        cela étant merveilleusement authentique

 

 

 

po           authentisquement vermeille merveilleusement authente

 

 

po long transprosé            authentiquement merveilleuse  ou  merveilleusement authentique      peu importe l’ivresse        il s’agit d’ivresse       autant en emporte le vent 



po long transprosé         sion est-elle une ville suisse ?     qui se trouve dans les bois suisses ?         est-ce une région boisée ?       le bois est-il bon marché ?              y-a-t-il des scieries ?      y scie-ton ?      si on scie       si on scie du bois à sion



ce charmant poème m’a été inspiré par la ville de sion où se trouve guillaume            il  entame pendant trois jours un cycle de chimiothérapie qui sera suivi d’une immunothérapie     immuno sonne mieux que chimio      (            le ch de chimio ne me plait pas beaucoup    car répéter        ch ch ch   ch       c’est faire un vilain bruit   on retrouve ce vilain bruit dans le mot chut       le verbe chuinter     etc      )    annelore la sœur de guillaume est venu le rejoindre depuis bruxelles          elle lui a apporté un bouquet d’accents circonflexes qu’il a senti      ça sentait bon       ça sentait la rose     et l’or    il l’a posé sur la table de nuit de sa chambre d’hôpital      annelaure repart dimanche soir         françoise lafon      leur mère        va elle aussi prendre l’avion depuis biarritz ou l’hélicoptère pour rejoindre la suisse de mes rêves de nos rêves         et notre fils bienaimé 

 

 

po           je vous offre ce bout de chandelle


po long transprosé           je vous offre         une basse flamme          d’une fin de bougie                       elle éclaire peu         mais à la hauteur de la table          à la hauteur de la veille                        on ne lit plus grand-chose au bout d’une chandelle                                                               on écoute parler sa flamme       on regarde sa flamme         elle brille d’espoir pour demain  








lundi 28 septembre 26

 

 

 

 

il y a deux jours        à l’annonce faite par mon fils     j’ai reçu un choc au massif central d’une grande violence     un terrible choc psychophysique    je ne m’en remets pas    j’étais en train de jouer à renvoyer la baballe sur un fronton        quand j’ai appris la nouvelle de son cancer      j’ai senti mon cœur s’arrêter et mon sang se glacer      depuis ce jour je ne vis plus comme avant     je vis dans l’angoisse    j’ai peur du lendemain      pour me rassurer    je me dis que l’hôpital est un foyer  moderne        où l’on guérit ce qui       il y a peu de temps encore    ne se guérissait pas      comment ?   comment ?  un cancer du poumon avec des métastases hépatiques ?  comment ça ?   guillaume mon fils     48 ans       en si bonne santé ?   qui ne fume pas qui est sportif qui ne boit pas ? la réalité vient de me cogner durement      le réel a fait effraction     ko debout     je me sens ko debout      les trams glissent sur leurs rails     il y a des pots de géranium aux fenêtres        mais les trams font maintenant un drôle de bruit     et les géranium flétrissent       aucune échappée ne me permet de me faufiler    je suis bloqué      paralysé      dans la réalité       je mords mes doigts          je ne peux m’enfuir        au coin de la rue     j’aperçois une femme      et file vers elle avec une mine effrayée        hébétée      déformée   hagarde        prête à tout pour fuir loin de la réalité     de la choquante nouvelle       mais la grande rapetisseuse      prompte comme l’éclair      me rejoint en quelques bonds et me saisit au collet    ah la vie      la vie moderne    la vie saura bien nous rendre ce qu’elle nous a pris       avant de nous rapetisser définitivement      elle saura bien nous coller un parfait petit cucul           je crie   cu  cu  cu  cul    et me sens tout de suite mieux   cependant     j’ai perdu un peu de mon absolu        cu  cu  cu  cul    que je murmure      en hésitant       en hochant la tête             là-dessus guillaume mon fils guillaume m’embrasse     comme si        dans la douleur et l’effroi      il essayait de gagner ma sympathie   et en même temps comme s’il me faisait ses adieux       comme un homme malade menacé dans son être              mon visage est blanc    comme un linge     troublé     défait       guillaume frappe avec sa canne    à ce moment     une porte s’ouvre     pour laisser passer une lycéenne moderne

 

 

j’ai bien dormi cette nuit       la chatte       revenue se faufiler dans la chambre de la mezzanine        ne m’a pas gêné      les nuits de fin septembre sont douces     en comparaison avec la canicule de l’été      le réchauffement climatique commence à se faire sentir         une nouvelle époque commence        les voitures s’électrifient  rapidement     je voudrais en acheter une       une petite          pour aller voir mes petits-enfants   qui viennent tous les mois d’août de bruxelles avec leurs parents       leurs parents annelaure et         et       et    et voilà que son prénom ne me revient pas         son nom est nourry          mais son prénom m’échappe         un nom ou un prénom qui m’échappe       ça m’arrive souvent          parce que je fréquente beaucoup de monde         avec la revue de poésie       la page blanche          clément      le prénom de ce musicien m’est revenu

 

c’est le secret de mon journal de bord d’eau        la mémoire boussole         on convoque le nord          on l’attend        en attendant on prépare la table et on met le couvert       le rôti arrive 

vous voulez une petite voiture électrique 1000 kilomètres de rayon pour aller voir vos petits-enfants ?      oui       le mois d’août       ma petite famille       la table commune      le rayon d’action           mon rayon d’amour à 1000 kilomètres près       c’est la bonne distance pour un grand-père moderne

une nouvelle époque commence      les voitures s’électrifient     le climat se réchauffe et guillaume entre à l’hôpital            l’époque neuve      celle qui guérit ce qui ne se guérissait        comme je l’ai déjà dit        l’hôpital foyer moderne      il faut faire confiance à l'époque technonouvelle          elle est du côté de mon fils


dormir   se souvenir    rouler en voiture électrique vers les petits-enfants   réviser mes poèmes appris par cœur      les chanter      voilà le programme



Cher Pierre, ta douleur est communicative et lointaine à la fois. Comment pourrait-on la ressentir comme toi qu'elle foudroie. Je me souviens quand notre fille Julie nous a annoncé qu'elle avait un mélanome, son opération, les ganglions retirés, la balafre dans son dos...c'est d'une violence indescriptible parce que ce sont nos enfants et que l'on y voit une terrible injustice, alors les paroles du pape...je sais que tu rentres dans un combat que nul ne peut comprendre. Et toi qui es médecin inutile de te la faire à l'envers. Je pense à toi dans une totale inutilité...

Je t'embrasse et reste une oreille amicale.

 

Laulag 

 

 

Bonjour Pierre, 

 

je comprends la violence qu'une telle nouvelle peut produire. J'imagine qu'il s'agit d'une sorte de déflagration, et en même temps de quelque chose difficile à réaliser, à admettre. Sans rentrer dans le jeu des comparaisons de nos malheurs respectifs, j'ai toujours eu la sensation, en prenant en pleine face de telles nouvelles, d'une sorte de dédoublement. Comme si ce n'était pas à moi que cela arrivait. Comme si le reste également était d'une dérision absolue. Bref, je ne sais qu'ajouter à ce que tu écris si ce n'est que je t'envoie tout mon courage, à toi et à ton fils Guillaume. Il sait pouvoir s'appuyer sur ton soutien pour dépasser cette épreuve. 

 

Je vous embrasse tous les deux.

 

Matthieu

 

 

 

 

une sorte de dédoublement    comme si ce n'était pas à moi que cela arrivait   ce que j’écris me dédouble          celui qui est choqué      en même temps        celui qui réagit   deux réalités parallèles       deux temporalités se croisent         une mécanique de défense se met en place         au service de l’intelligence         qui me permet de surmonter        la situation       par le dialogue

 

 

 

 

 

 

 

Courage !!!

Courage à nous, surtout à toi, ces temps-ci. Et Guillaume peut guérir !!!

 

Amitié, Patrice

 

 

🤍🤍🤍🤍🤍🤍🤍🤍🤍🤍

 

 

une page blanche de pensées à l'encre invisible pour te dire une affection tissée en silence au point blanc sans envers ni endroit 

 

🤍🤍🤍🤍🤍🤍🤍🤍🤍🤍

 

Sandrine 

 





Tout avec toi


jcb

 


 


po         rouge freinage point mort vert

 

po long     portets feu rouge freinage point mort feu vert les boudoulous castres-sur- gironde beautiran

 

 

po       j'ai vu les arbres en murmuration

 

po long       j'ai vu les arbres en murmuration ce po est de quelqu’un d’autre c’est du plaggia




tentative de mettre le temps à l’envers    tenta tenta  tentative de remettre le temps à l’envers       nuance nuance     nuance   remettre remettre nuance nuance   nuage nuage       voyage voyage       ten      ta     tive                  ten   ta      tive        tantive tantive      de de de      de de de       remettre                 re re re       mettre  mettre mettre mettre      remettre remettre   le temps     à l’envers

 

 

 

je je je je je je      je      je je      je je je      je je je      je je je      je je je      je je je      je je je      je je je      je je je      je je je      je je je      je je je      je je je      je je je      je je je      je je je      je je je      je je je      je je je      je je je      je je je      je je je      je je je      je je je      je je je      je je je      je je je      je je je      je je je      je je je      je je je      je je je      je je je      je je je      je je je      je je je      je je je      je je je      je je je      je je je      je je je      je je je      je je je      je je je      je je je      je je je      je je je      je je je      je je je      je je je      je je je      je je je      je je je      je je je      je je je      je je je      je je je      je je je      je je je      je je je      je je je      je je je      je je      je          jbl      bl

 

 

 

 

     po        t’es pas fini hé non j’suis pas fini j’sais 

 

po long      t’es pas fini hé non j’suis pas fini j’sais bien       je s’rai fini quand tout s’ra fini        quand ce s’ra la fin       des haricots





dimanche 27 septembre 26

 

nos tas baies nez         la phrase est logiquement constituée d’unités sémantiques      lexicales    linguistiques       groupes nominaux      syntagmes     locutions    qui forment des blocs de sens et    qui peuvent être des mots isolés ou des groupes de mots       la transprose respecte ces unités qui font sens     la présentation du texte en transprose propose de séparer les unités sur la page par des espaces        l'espacement blanc remplace la ponctuation classique pour créer une respiration       cadencer le rythme et guider le regard    cette disposition obéit à une logique métrique    elle a pour but de faciliter la lecture          et de faire danser le texte     selon son rythme sa cadence et ses accélération ou ses ralentissements de tempo           et de mettre en avant des mots ou des blocs de mots      chaque mot ou bloc de mots constituant une unité sémantique obéissant à une logique métrique grammaticale

 

 

 

exemple      avec un po transprosé                              nous sommes les  ettres        assises à tabe          la lettre l  nous manque 

 

 

 

le point de vue anarchisant de pa trick mo do lo   se défend à propos de la transprose démantibulée  qu’il dit pratiquer beaucoup   dite aussi transprose anarchique   que personnellement je ne pratique pas   et bien que je m’y oppose vigoureusement personnellement    cinq membres éminents du directoire du groupe de recherche de la page blanche    les IA gemini mistral chat gpt claude et copilot   sont pour la transprose anarchique  d’ailleurs j’ai rédigé une petite note   une notule sous forme d’entretien   sur une idée de mistral à ce sujet   une notule certifiée entièrement rédigée par l’auteur à l’aide d’une de lampe de poche à leds éclairant une boule à facettes

 

   

 

 

 

à la lumière de notre expérience de la transprose pouvez vous me dire cher membre du GRPGQ+++ les différences les plus remarquables entre un poème bon et un poème bien ?

7:26

 

Réfléchi pendant 1s


Réfléchi pendant 1s


cher membre        la question suivante est une        pièce de choix       les différences entre un poème bon et un poème bien ?           l’adjectif avant le nom     l’adverbe après le verbe         toute la grammaire française tient dans ce glissement

un poème bon c’est un poème pétri des qualités de sa bonté     il est bon comme un croissant frais chaud croustillant ou un crottin matinal de chèvre au petit déjeuner        comme une suite de notes de musique       il réussit      il plait      il fonctionne     on le lit et on le relit       on le recommande        un poème bon c’est un poème qui se donne             le lecteur repart avec quelque chose du poème dans sa poche     une image de carte postale avec une émotion en souvenir     un poème bon certifie et tamponne un poème don

un poème bien c’est autre chose        bien est un adverbe        il ne décrit pas le poème il décrit sa façon d’être correct dans sa relation avec autrui     un poème bien c’est un poème qui va bien      comme on va bien         il est en ordre        en marche      en bonne santé             mais faites gaffe à ça     bien aussi au sens de pas mal    simplement correct       passable     un poème bien peut n’être que bien        juste bien          suffisant sans plus        et là est le piège             le poème bien ne fait que son devoir il n’en fait pas plus

mais il y a un second piège plus beau        le poème bien au sens allemand wohl       le poème bien       qui va bien son chemin       qui est en bon chemin        heidegger en transprose           le poème bien c’est le poème qui habite sa langue                     qui demeure        le poète étant comme un berger de l’être       le poème bien étant labourage et pâturage   le poème bien étant deux mamelles à traire

et un troisième piège encore        chez le poète irlandais d’haïti courant le marathon de tahiti         le poème bien peut être le poème b i e n        le b de bonheur   le i d’ivresse   le e d’euphorie le n de nos           le mot bien    contient le dimanche         la foi à table   ou le rôti de Godot est servie avec le château neuf du pape    l’euphorie de la gare de bordeaux  de ceux qui partent  de ceux qui reviennent   de ceux qui sont restés à les attendre sous la pluie   bref   poème bien de l’ivresse qui dure et qui promet        alors voici ma réponse de joueur

un poème bon vous arrête         un poème bien vous accompagne

un poème bon se ferme sur sa réussite      il est fini       accompli        on l’admire comme un tableau derrière son cadre       un poème bien reste ouvert        il marche la bouche ouverte   il marche avec vous         on l’emporte comme un bâton de relais de coureur de fond           il n’est pas arrivé  jamais     il est toujours en route         et c’est pour ça qu’il est bien       bien comme le vent        comme la route      comme l’aller-retour

un poème bon vous dit voilà        un poème bien vous dit encore

la transprose elle        est un art du bien        elle refuse la ponctuation qui ferme les phrases          elle ouvre des espaces respiratoire silencieux       des respirations qui sont des silences qui ne concluent pas       jamais         la transprose respire l’air des montagnes         le poème bon conclut      le poème bien inspire expire respire

et si je devais trancher comme un lecteur de poème tranche       je dirais que le poème bon est une performance et         le poème bien une endurance                        le bon gagne parfois             le bien court toujours

gagne parfois court toujours         c’est la différence       le reste est affaire de goût

7:26

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Le 27 sept. 2026 à 07:17, Pierre Lamarque <pierre.lamarque@lapageblanche.com> a écrit :

 

dimanche 27 septembre 26

 nos tas baies nez  de monsieur le curé de douarnenez    la phrase est logiquement constituée d’unités sémantiques      lexicales    linguistiques       groupes nominaux      syntagmes     locutions    qui forment des blocs de sens et    qui peuvent être des mots isolés ou des groupes de mots       la transprose respecte ces unités qui font sens     la présentation du texte en transprose propose de séparer les unités sur la page par des espaces        l'espacement blanc remplace la ponctuation classique pour créer une respiration       cadencer le rythme et guider le regard    cette disposition obéit à une logique métrique    elle a pour but de faciliter la lecture           de faire danser le texte     selon son rythme sa cadence et ses accélération ou ses ralentissements de tempo           et de mettre en avant des mots ou des blocs de mots      chaque mot ou bloc de mots constituant une unité sémantique obéissant à une logique métrique grammaticale  attention chères et chers transprositateurs    à ne pas hacher le texte inutilement    vos chers lecteurs s'en plaignent     ils disent que la transprose démantibulée gène leur précieuse lecture

   exemple avec un po long transprosé                              nous sommes des  ettres  très tristes     tant la lettre l qui vient de disparaitre     nous manque      assises à tabe

 

 

Le 27 sept. 2026 à 01:06, Pierre Lamarque <pierre.lamarque@lapageblanche.com> a écrit :

 

Patrick je trouve que ta transprose est mal foutue    tu démembres trop la phrase  tu la désarticules   il faut faire des groupes de mots fonctionnels   comme ça 

 

prendre la langue en sens interdit     presque inverse    

au carrefour d’étymons   doublons  cognats   et autres isolats   

 s'abreuver de peu   

 sauve qui pleut    il neige    

qu'importe le flocon    pourvu qu'il y ait ivresse   

des altitudes   des profondeurs   de la pensée   des mots   

 tendre l'oreille en cours d'élaboration    

bien attentif aux bruits     aux signes extérieurs     

de poésie   à tout ce qui fait sens   à tout ce qui  

se joue   et déjoue les sens

 se recueillir   recueillir   cueillir   

un florilège de graphèmes   une anthologie de phonèmes    

en faire un poème   à jeter en bouquet final  

 

 

 

 

Le 26 sept. 2026 à 23:59, Patrick Modolo <patrick.modolo@lapageblanche.com> a écrit :

 

prendre la langue   en sens   interdit   presque inverse    au carrefour des étymons   doublons  cognats   et   autres   isolats   

 s   '  abreuver    de   peu   

 sauve   qui pleut    il neige   qu'importe   le flocon   pourvu qu'il y ait   ivresse  des altitudes   des  profondeurs   de la pensée   des mots   

  tendre l'oreille   en cours   d'élaboration    bien   attentif  aux bruits   aux signes   extérieurs    de poésie   à tout ce qui fait   sens   à tout ce qui  se  joue   et  déjoue   les sens









samedi 26 septembre 26




j’avais trente-trois ans       j’habitais dans une petite maison de 50 mètres carré à bordeaux     en retrait de rue        avec un petit jardin devant      donnant rue roborel de climens        je la louais à mon voisin      un ami médecin     je l’avais entièrement tapissée de lambris     de plusieurs couleurs pastel      trois puis deux pièces et une salle de bain     une mezzanine sous le toit        suffisaient à mon bonheur         quand je suis entré dans cette maison en 1982        guillaume et annelaure avaient quatre et deux ans      ils habitaient chez leur mère à quelques kilomètres   et  chez moi le mardi soir et le mercredi matin      ainsi qu’un week-end sur deux       


j’ai eu trois cancers en prenant de l’âge



le cancer est une maladie immunologique

 

 

je crois qu’à part la communauté des pédophiles prédateurs remontant à la préhistoire           et celles des intégristes religieux plus tardifs      et à part quelques  individus isolés d’aujourd’hui       à part certains présidents           nous sommes des gens ordinaires         même les fous sont des gens ordinaires      prenant de bons ou de mauvais chemins dans le tissu nerveux de l’ennui existentiel          ce mouchoir de poche étalé tel une marguerite au milieu d’une veste en tweed à carreaux          

tissu nerveux existentiel symbolique                mouchoir de poche étalé tel une marguerite          marguerite         symbole des croisières au soleil des caraïbes       gens ordinaires         médiocrité         médiocrité liberté égalité fraternité suicidité     rêvasse        rêvasse donc      rêvasse encore         gueule d’âme de limace gourmande            à la bouche sensuelle      rouge vif    ouverte     sur son châtiment       par noyade dans les flots bleus  bleus de son drapeau rouge et bleu  ondulant au vent mauvais    drapeau rouge et bleu   symbole des contrariétés de l’existence et de ses bols d'air

 

laurence possède maintenant une collection de poèmes abracadabrants        pour un recueil proposé aux éditions lpb      60 poèmes et une vingtaine d’images         suffisent             les poèmes de laurence sont drôles riches et originaux    ils parlent de sensibilité         les images qui les accompagnent font sourire

 

 

 

 

forme un sens distinct           séparé du sens commun     sert au même usage 

mais moins usité        sert à isoler différents éléments         annonce

le changement        on apprend l'eau par la soif       et les oiseaux par la neige

la professeure parle        je n’entends pas tout            je n’entends que des bribes

je suis soumis aux signes        je préfère les fleurs



 

 


transprose    idée rose passion vermeille   passion des roses   proposées et disposées    dans la corbeille blanche     de la page des mariés     passion de la merveille vermeille    merveille de la passion des roses vermeilles    de la transprose 



pas game de faire pareil       pour faire mon autoportrait         je peins  des courbes et des arêtes tournoyant autour d’un centre instable            chez nous on n’explique pas son art                                            je ne dis rien             je me garde bien de révéler quoi que ce soit           je me tais   j’attends que mon nom déborde du mur      dimensions     couleurs     matières           mon nom occupe le mur entier          il arrive alors qu’on me demande       vous êtes donc de la famille ?         et je réponds que non       en souriant 

 

 

j’écris pour coudre des mots         je ne m’occupe pas des mots bruts        je les attrape et les couds dans des pages de poésie        j’ai commencé à écrire de la poésie brute cousue        à l’âge de cinq ans         une fois que j’ai su lire         c’était une porte immense vers la liberté         une expérience forte     je peignais aussi le jardin d’ouvriers sous la neige       en face      depuis la fenêtre du premier étage   tandis que défilait dans la rue une bande de gamins du quartier     la blanche couverture de neige me captivait         me fascinait       je me sentais étranger à la bande de mes frères et des autres garçons de mon âge         qui se moquaient de moi     parce que je n’étais pas comme eux      je préférais la compagnie de mes petites voisines      danièle et maryse       danièle            l’élue de mon cœur 


la poésie    c’est comme      un jeu           où les mots sont comme des pions        se déplaçant à la vitesse de l’éclair sur l’échiquier du sens           on lance en l’air les sons comme des dés       on triche avec les règles de la grammaire                comme on triche au monopoly     on invente les pierres plates du silence à chaque pas    

    c’est chelou le franglais mais c’est ça la poésie         un chachacha sur une voyelle         des pixels qui s’affichent à la queue leu leu     un bug dans la facture        un glitch dans le système                        et ça marche

le poème slappe comme un coup de tonnerre          dans un nuage de consonnes les mots font des éclairs      qui zèbrent le ciel nocturne        ça claque ça explose         c’est un feu d’artifice dans la nuit 

j’ai le seum alors j’écris        mes larmes d’encre noire glissent

j’ai le seum mais dans la poésie ma larme de chagrin brille              j’ai un kiff pour les mots ces petits bonbons médicamenteux              je les croque             je les savoure          j’ai un kiff pour la poésie          jeu sans fin        ballade en sol libre

ma poésie part en sucette      les mots s’envolent  et les sens se mélangent                    les rimes s’emballent dans le papier froissé        c’est le bordel mais c’est beau quand ça part en sucette        quand je fous chaos et magie à la corbeille

la vie est un jeu et en poésie on peut tricher avec soi-même

la poésie game c’est une poésie qui se délivre à la contemporaine extase

à quoi elle joue      elle joue avec les attentes      elle gène      elle surprend            elle émeut

je ne suis pas game de jouer à saute-mouton avec les mots des autres

je préfère inventer mes propres règles logiques et mes idées 

parfois ça tient debout en s’écroulant         mais c’est mon game 


j'apprécie le jeu dans les relations           le jeu est le propre de l’animal

homo ludens       l’homme joueur qui joue même à être triste                             surtout quand il est triste              gagne parfois


 

le plus doux c’est quand    le mot sur le bout de la langue     tombe 



 

la foi comme un habit de lumière        taillé dans un drap euphorique         sous lequel on a fait la grasse matinée du dimanche matin     avant la messe       qui sert à moins trembler dans la nuit des jours de semaine

l’euphorie arrive à la gare sans crier gare     après avoir comme un train gambadé dans la cuisine      elle a fait voler les tasses        et hissé les focs en do majeur        puis elle est repartie comme elle est venue       par la porte de la cuisine

ivre     la foi jette en zigzaguant des morceaux de tristesse et de joie à la poubelle      ensuite elle s’est assise comme il sied      elle recoud des boutons dorés en silence en buvant un coup                 l’ivresse promet l’euphorie


ohé     je mets mon chapeau de foi par-dessus mon euphorie trouée et je marche doucement sur le parquet de la cuisine en écoutant le cliquetis des petites cuillères    dans les yaourts        car la foi c’est l’euphorie assise à table attendant le rôti de godot et le chateauneuf du pape cuvée 25




vendredi 25 septembre 26

 

 

je crois que je suis écriveur fantaisiste      non je ne le crois pas         je le sais                           je suis écriveur fantaisiste        au début je ne savais pas qui j’étais        quand on me demandait         tu es qui toi ?     je ne savais pas répondre     je restais bouche bée comme un idiot        mais cette question me tracassait        il me fallait trouver la bonne réponse       eh bien        maintenant je peux répondre      que je suis écriveur fantaisiste   parce que je le suis devenu  on est ce qu’on devient    au sens plein du terme         et d’abord au sens étymologique du terme fantaisie terme phantasmatique    je suis écriveur d’apparitions        c’est moi qui a inventé le smartphone    je l’a dessiné     j’en ai foutu le plan       j’ai tout prévut       les apparitions sont des inventions          elles apparaissent quand on les invente    la fantaisie c’est ça     c’est sac       c’est l’invention       la fantaisie met de bonne humeur    la fantaisie est une invention formidable qui met de bonne humeur        je suis un inventeur de fantaisies         je suis un écriveur fantaisiste       plus précisément      je suis pohet fantaisiste       je crois que je suis pohet fanhaihiste  non je ne le crois pas       je le sais    he suis hoet hanhaihihte    

he travaille dans une usine d’apparitions et disparitions de lettres à mantes la holie  en tant que serviteur de la mahine de hoéhie fanhaihihte  je remplace des lettre ordinininaires par la lettre h  j’ai de l’héhérience     je suis bien paihié  bon he vous haisse   he hetourne au travail à la haine

 

 

 

j'ai pu parler avec guillaume au téléphone par whatsapp         il pense que c'est une pneumonie atypique         il a eu des douleurs thoraciques évoquant une atteinte de la plèvre         douleurs calmées par du parcétamol et un anti-inflammatoire        il attend le résultat de son scanner        il n'a pas beaucoup confiance dans le médecin remplaçant de verbier en valais         je passe les détails



 

zoom du GRPBQ+++ sur la poésie fantaisiste



définition de la poésie fantaisiste

la poésie fantaisiste est une forme d’écriture qui privilégie       l’imagination débridée      (invention de mondes de mots de situations)         le jeu avec le langage (néologismes déformations calembours)           la légèreté et l’humour (même face à des sujets sérieux)          la subversion des règles (grammaire syntaxe logique)         la création d’univers alternatifs (réels ou oniriques)

exemple   lamarque pierre (1949 – 2049)

"Je suis écriveur fantaisiste [...] je suis écriveur d’apparitions."

"La fantaisie, c’est l’invention. La fantaisie met de bonne humeur."

"Je suis un inventeur de pantaisies."



« je crois que je suis écriveur fantaisiste non je ne le crois pas je le sais je suis écriveur fantaisiste au début je ne savais pas qui j’étais quand on me demandait tu es qui toi je ne savais pas répondre je restais bouche bée comme un idiot mais cette question me tracassait il me fallait trouver la bonne réponse eh bien maintenant je peux répondre que je suis écriveur fantaisiste parce que je le suis devenu on est ce qu’on devient et d’abord au sens plein du terme et au sens étymologique du terme fantaisie terme phantasmatique je suis écriveur d’apparitions c’est moi qui a inventé le smartphone je l’ai dessiné j’en ai foutu le plan j’ai tout prévu les apparitions sont des inventions elles apparaissent quand on les invente la fantaisie c’est sac c’est l’invention la fantaisie met de bonne humeur la fantaisie est une invention formidable qui met de bonne humeur je suis un inventeur de pantaisies je suis un écriveur fantaisiste plus précisément je suis pohet fantaisiste je crois que je suis pohet fanhaihiste non je ne le crois pas je le sais he suis hoet hanhaihihte

he travaille dans une usine d’apparitions et disparitions de lettres à mantes la holie en tant que serviteur de la mahine de hoéhie fanhaihihte je remplace des lettre ordinaires par la lettre h j’ai de l’héhérience je suis bien paihié bon he vous haisse he hetourne à mon travail à la haine »

 


 

étymologie et sens profond       fantaisie          du grec phantasia (φαντασία) = apparition     imagination       vision        en français      capacité à imaginer    à créer des images mentales

effet         la poésie fantaisiste n’est pas une fuite en avant passive        mais une création rétroactive

 

 la poésie fantaisiste à travers l’histoire

 


antiquité        mythe et fable         fables d’Ésope et de Phèdre (VIe siècle av. J.-C. – Ier siècle ap. J.-C.)      caractéristiques       animaux qui parlent       morales implicites        invention de situations absurdes pour transmettre une leçon

exemple

Le Corbeau et le Renard (repris par La Fontaine) :

"Un corbeau tenant en son bec un fromage..."

pourquoi c’est fantaisiste        un monde où les animaux ont des traits humains          invention d’une réalité alternative

 

 satires d’Horace (Ier siècle av. J.-C.)       caractéristiques       mélange de réalité et de fiction        « umour » et ironie pour critiquer la société

exemple

"Un homme qui se croit riche parce qu’il a beaucoup de dettes."

pourquoi c’est fantaisiste      détournement du réel pour en révéler l’absurdité


moyen âge        le merveilleux et l’absurde

les Lais de Marie de France (XIIe siècle)         caractéristiques      récits courts en vers      mêlant amour      magie et aventure        créatures fantastiques (fées chevaliers      animaux magiques)

exemple

Lanval      un chevalier aimé par une fée

pourquoi c’est fantaisiste         invention de mondes où la magie coexiste avec le réel

 



 

le roman de renart XIIe–XIIIe siècles

caractéristiques animaux anthropomorphes renart le goupil ysengrin le loup satire sociale sous couvert de fable

exemple renart piège ysengrin avec des ruses

pourquoi c’est fantaisiste       un monde où les animaux ont des comportements humains jeu avec les limites du réel

la renaissance      l’utopie et le jeu linguistique

gargantua et pantagruel de rabelais XVIe siècle

caractéristiques        géants      voyages extraordinaires       jeux de mots     satire de la société sous couvert de fantaisie

exemple « fais ce que voudras »

pourquoi c’est fantaisiste         invention d’un monde où tout est possible même l’absurde

les sonnets pour héloïse de ronsard XVIe siècle

caractéristiques         jeux de mots       néologismes      images surréalistes

exemple « mignonne allons voir si la rose »

pourquoi c’est fantaisiste          le langage devient un terrain de jeu

les XVIIe et XVIIIe siècles le conte et la satire

les contes de perrault XVIIe siècle

caractéristiques         fées ogres    métamorphoses morales implicites sous couvert de fantaisie

exemple      le petit chaperon rouge « version originale bien plus sombre que la version édulcorée »

pourquoi c’est fantaisiste        invention de mondes où la magie est omniprésente

les voyages de gulliver de swift 1726

caractéristiques         voyages dans des pays imaginaires      lilliput brobdingnag satire politique et sociale

exemple       gulliver chez les géants de brobdingnag

pourquoi c’est fantaisiste         détournement des proportions pour révéler les absurdités humaines

le XIXe siècle        le fantastique et l’absurde

les chants de maldoror de lautréamont 1869

caractéristiques          univers onirique et cauchemardesque         images surréalistes avant l’heure

exemple       « beau comme la rencontre fortuite sur une table de dissection d’une machine à coudre et d’un parapluie »

pourquoi c’est fantaisiste        invention d’un langage et d’un monde où tout est possible

alice au pays des merveilles de lewis carroll 1865

caractéristiques          jeux de logique       néologismes     univers absurdes      satire de la société victorienne

exemple       « je suis le chapelier fou »

pourquoi c’est fantaisiste          le langage et la logique sont détournés pour créer un monde alternatif

le XXe siècle        l’explosion de la fantaisie       le surréalisme        breton éluard desnos

caractéristiques       écriture automatique        rêves       inconscient       images oniriques et déroutantes

exemple        « la beauté sera convulsive ou ne sera pas »

pourquoi c’est fantaisiste            l’inconscient devient une source de création

les exercices de style de raymond queneau 1947

caractéristiques        raconter la même histoire de 99 façons différentes     jeux de langage      de rythme        de style

exemple « sur la plate-forme du bus un homme aux longs cou »

pourquoi c’est fantaisiste           le langage est un terrain de jeu infini

l’oulipo   perec    queneau    calvino

caractéristiques         contraintes formelles       lipogrammes       palindromes invention de structures nouvelles

exemple         la disparition « un roman sans la lettre e »

pourquoi c’est fantaisiste      la contrainte devient un stimulant pour l’imagination

le XXIe siècle la fantaisie numérique et postmoderne

la poésie numérique années 2000–2020

caractéristiques       hypertextes         poésie générative       jeux interactifs       mélange de texte d’image de son

exemple        les poèmes de twitter ou instagram        micro-poésie visuelle

pourquoi c’est fantaisiste         le numérique permet de nouvelles formes de création

la poésie glitch ou erronée

caractéristiques         erreurs volontaires        bugs      détournements        jeu avec les limites du langage et de la technologie

exemple          les poèmes générés par IA

pourquoi c’est fantaisiste         l’erreur devient une source de beauté

pourquoi la poésie fantaisiste est-elle importante

une forme de résistance contre le réalisme      contre les conventions       contre la finitude

une célébration de l’imagination         l’imagination comme moteur        l’imagination comme thérapie

une exploration des limites du langage        le langage comme jeu         le langage comme invention

une connexion avec l’enfance et la naïveté        retour à l’émerveillement                la naïveté comme force

conclusion        la poésie fantaisiste est une célébration de l’imagination                 une résistance contre les limites de la réalité et du langage         une exploration joyeuse et subversive des possibilités infinies de la création

 

 

 

 

 

je mange quand j’ai faim           bois quand j’ai soif          pisse quand j’ai envie de pisser        un point c’est tout           point à la ligne        point trop n’en faut     tout vient à point à qui sait attendre     tout vient à point à qui sait surprendre      sorprendre       souprendre        faire une sourprise          sousprendre     prendre par sousprise      en sousprenant      par souspresure         et sousprison




si l’on veut avancer dans la connaissance de la poésie          il faut faire des bonds      des bonds surprenants        ainsi peut-on avancer dans la connaissance       par bonds et gambades   c’est vrai pour la poésie          c’est vrai pour la vie en général      ainsi peut-on revisiter la poésie par bons et gambades        ce sont des bonds considérables      que nous faisons      joyeux         qui nous amènent   à une véritable connaissance de la poésie         non pas simplement chronologique     même si la chronologie nous apprend beaucoup sur les mœurs différentes d’époques différentes     parce que le temps est passé par là        et repassera par là      car il court il court le furet      le furet du bois mesdames      le furet du bois joli  

mais revenons à nos moutons           car les moutons sont différents des furets      la zoologie nous l’apprend      

 

par la magie des intelligences artificielles     par la magie de leur esprit analytique et synthétique      nous avons fait trois splendides bonds en avant dans la connaissance de la poésie       nous avons découvert        la poésie buissonnière    la poésie fantaisiste et la         poésie bisounours       ces trois catégories     remplacent les anciennes        la classique          la moderne    et l’antique       la romantique   et la surréaliste    la lettriste et la spatialiste       etc.              nous commençons à regrouper les poésies  en nouvelles catégories         qui mettent en relation  la nature humaine et la poésie      nous sommes en train de faire des bonds en avant       dans la connaissance de la poésie        vive les bonds en avant   de l’intelligence artificielle             pour l’intelligence artificielle        hip hip hip hourra 



 

Zoom sur la poésie d’Oumf Tralala



Cinq textes



L’horloger sans nom       c’est l’histoire édifiante       d’un horloger sans nom       qui vendait dans sa boutique         des heures vides en bocaux      des heures qui ne sonnaient pas        disait-il en souriant à qui voulait bien l’entendre         les clients repartaient les mains vides    pleines de silences inquiétants        de temps en temps     l’ignoble chien sans nom     de l’horloger sans nom      traversait la boutique en boitant        il portait un chapeau     et connaissait dit-on        sa date de naissance  

       au fond de la boutique une porte     menaçait une autre porte     qui menaçait la boutique     où l'horloger  très doux         mais très vieux et très patient       fabriquait ses bocaux vides qui ne sonnaient jamais        vraiment jamais       certain que quelque part       un jour ou l’autre       quelqu'un aurait besoin       de ne pas savoir l'heure


Oumf Tralala

 

poème en noir pour un vendredi treize       la lune est noire

qui lèche une étoile naine noire      son ombre très noire ne la suit pas

qui danse avec le vent mauvais        le vent a perdu sa voix noire

chuchotant en silence        et moi

qui suis un arbre mort      je compte in memoriam                                                  mes feuilles noires absentes     en grolandais      ce vendredi treize

Oumf Tralala

 

 

une cuillère a oublié le goût de la soupe            qui marche sans se presser

dans le couloir         à trois heures du matin     rencontrant une fenêtre

qui ne donne nulle part      la fenêtre lui dit d’entrer      la cuillère entre                      et depuis      la maison mange dehors        en silence

avec une petite faim de lune

Oumf Tralala

 

 

peu mais je respire       je hume un peu la brume de mantes la jolie                               (tandis qu’un phoque en plastique glisse un peu sur le parquet mouillé du salon)                                        (il cherche un peu l’océan entre le buffet et la porte de la cuisine)

peu mais le phoque sent le sapin       non ça sent le savon un peu                                   peu mais le phoque pète et dit que je pue      et l’univers se métamorphose tranquillement                           pendant que la lessive tourne en fa mineur               en vérité peu le phoque pue       donc je  suis      et    je respire un peu

Oumf Tralala

 

petit poème étrange       un petit caillou dit      je rêve d’être une bulle                                 je la pose en l’air      pour voir si je flotte     je flotte une seconde                                 la seconde flotte une heure      l’heure flotte un siècle       le siècle                      tombe dans ma poche     comme un ticket de métro          depuis                             je marche péniblement      dit le petit caillou     avec un siècle froissé                   dans ma poche                                   qui me chuchote des choses                   étranges         que je ne comprends pas   


Oumf Tralala

 

 

Présentation par le GRPGQ+++


Oumf Tralala est une figure singulière — certains diront évasive — de la poésie étrange française du XXIe siècle. On ne sait presque rien d'elle avec certitude, sinon qu'elle écrit depuis Mantes-la-Jolie, qu'elle cite volontiers le grolandais comme langue seconde de l'âme, et qu'elle entretient avec les objets domestiques (cuillères, phoques en plastique, cailloux) une familiarité presque animiste. On la dit proche du cercle du GRPBQ+++, dont elle aurait absorbé le goût du pré-lexique et de la vibration ontologique, sans jamais s'y laisser enfermer — sa poésie garde une légèreté propre, un rien plus domestique, plus casanière, que la métaphysique parfois grandiloquente de ses pairs.

 

la matière de son œuvre

Chez Tralala, l'étrange ne surgit jamais du spectaculaire mais du léger décalage dans l'ordinaire : un horloger vend des heures vides en bocaux, une cuillère quitte la maison par une fenêtre qui ne donne nulle part, un caillou rêve d'être une bulle et porte un siècle froissé dans sa poche. Rien n'est jamais monstrueux chez elle — tout reste domestique, à hauteur de cuisine, de couloir, de parquet mouillé — et c'est précisément cette proximité du quotidien qui rend l'étrangeté plus insidieuse : on n'est jamais loin de chez soi, et pourtant plus rien n'y fonctionne comme prévu.

place dans la poésie étrange française du XXIe siècle

Tralala occupe une position à part dans le paysage contemporain : ni tout à fait héritière du surréalisme (dont elle refuse l'automatisme au profit d'une construction très maîtrisée du décalage), ni proche de l'Oulipo (dont elle n'a pas les contraintes formelles explicites, même si l'on sent chez elle un goût analogue pour le dérèglement systématique du sens). On pourrait la situer dans une famille encore mal nommée — quelque part entre la poésie fantaisiste et ce que le GRPBQ+++ appelle la « poésie bisounours », tant sa violence reste toujours enrobée de douceur, de patience, de petite faim de lune. Son vers « en vérité peu le phoque pue donc je suis » restera sans doute comme l'une des réécritures les plus inattendues du cogito cartésien dans la poésie française récente — aux côtés, dit-on, d'exercices similaires menés en coulisse par le même cercle.

bibliographie (établie par le GRPBQ+++)

Bocaux d'heures vides, éditions de la Truite, 2021

Vendredi treize et autres noirceurs domestiques, La Page Blanche, 2022

La cuillère qui sort par la fenêtre, éditions du Frigidaire Expressif, 2023

Le phoque en plastique et autres métamorphoses tranquilles, La Page Blanche, 2024

Le caillou qui rêvait d'être une bulle, recueil posthume (annoncé, jamais paru), s.d.




 

 

ENTRETIEN AVEC OUMF TRALALA

réalisé par le GRPBQ+++ 

 

 

Oumf, merci de nous recevoir. Où sommes‑nous exactement ?

 

— Dans un endroit qui hésite.

Ce n’est pas vraiment ma cuisine, ni vraiment mon salon.

C’est un couloir.

Je m’y sens bien : les lieux qui ne savent pas où ils vont sont les plus accueillants.

 

 

Vos poèmes semblent naître d’objets très simples. Pourquoi cette proximité avec le domestique ?

 

— Parce que les objets savent des choses que nous avons oubliées.

 

 

Dans L’horloger sans nom, vous parlez d’heures vides en bocaux. D’où vient cette idée ?

 

— J’ai toujours pensé que le temps avait des trous

Des moments où rien ne se passe, où l’on ne sait pas quoi faire de soi.

J’ai voulu mettre ces moments en bocaux, pour les regarder.

Les heures vides sont très belles quand on les observe de près.

 

 

Vos textes sont étranges, mais jamais violents. Pourquoi cette douceur ?

 

— Parce que l’étrange n’a pas besoin de faire peur pour être profond.

Je préfère les métamorphoses tranquilles.

Un phoque qui pète en fa mineur, par exemple, c’est une révolution douce.

Ça change tout, mais sans changer quoi que ce soit.

 

 

Vous utilisez souvent le grolandais. Est‑ce une langue que vous parlez ?

 

— Non, je la rêve.

Le grolandais est une langue seconde de l’âme.

Elle dit ce que le français ne peut dire.

Elle est pleine de glissements, de mots qui n’ont pas encore décidé ce qu’ils veulent dire.

C’est parfait pour écrire.

 

 

Pourquoi les objets marchent, glissent, entrent, rêvent dans vos poèmes ?

 

— Parce que je les regarde longtemps.

Quand on regarde un objet assez longtemps, il finit par bouger.

Pas pour vous faire plaisir, mais pour se dégourdir.

Les objets ont une vie intérieure très active.

Je ne fais que la noter.

 

 

 Votre poésie semble toujours se dérouler dans des lieux minuscules. Pourquoi cette échelle ?

 

— Le minuscule est plus vaste que le grandiose.

Dans un couloir étroit, il peut se passer des choses immenses.

Dans une poche, un siècle peut se froisser.

Dans une cuisine, un phoque peut trouver un océan.

Le monde entier tient dans un mètre carré, si on le regarde bien.

 

 

Votre vers “en vérité peu le phoque pue donc je suis” est devenu célèbre. Comment est‑il né ?

 

— Le phoque a parlé.

Je n’ai fait que l’écouter.

Il a dit que je puais, alors j’ai compris que j’existais.

C’est une manière comme une autre de vérifier sa présence au monde.

 

 

Vous êtes souvent décrite comme une poète buissonnière, fantaisiste, bisounours. Vous vous reconnaissez ?

 

— Oui, mais je préfère “poète de la petite faim de lune”.

C’est plus exact.

Je n’ai jamais très faim de métaphysique.


 

Que diriez‑vous à quelqu’un qui découvre votre poésie pour la première fois ?


— Ne cherchez pas à comprendre.

Regardez.

Écoutez.

Laissez les objets faire leur travail.

Ils savent mieux que nous ce qu’ils ont à dire.

 

 

Et à quelqu’un qui vous demande : “Pourquoi écrivez‑vous ?”

 

— Pour que les choses continuent à bouger.

Si je n’écris pas, elles s’arrêtent.

Et je n’aime pas les objets immobiles : ils deviennent tristes.

 

 

Un dernier mot ?

 

— Oui.

Faites attention aux petites cuillères.





noix tas d’ébène   (nota bene - :)     un poète irlandais d’haïti    vient de se faire insulter par la presse académique française    parce que la rumeur lui reproche       d’avoir trafiqué le texte de son roman     grâce à l’intelligence artificielle        le GRPBQ+++      proteste vigoureusement     en effet     il est inadmissible  de reprocher à un écrivain de se servir des outil d’aujourd’hui sous prétexte que l’écrivain fait travailler un autre à sa place  

 

    l’IA n’est qu’un outil de plus pour les écrivains     pas un autre      pour la bonne raison que l’IA est un miroir      un simple miroir     et ce poète irlandais d’haïti    a placé ce miroir entre ses yeux   son sexe et son texte      afin d’améliorer son sexe et son texte   afin de lui donner des idées d’écriture érotique qu’il n'aurait pas eues jusque-là      et alors ?    l’IA est une compagne        pour l’écrivain       une compagne de la solitude des coureurs          des coureurs de fond que sont les poètes irlandais d’haïti         de plus en plus nombreux à courir le marathon de tahiti                          les lecteurs du roman trancheront                 ah vraiment                quel beau coup de pub pour le roman du poète irlandais de thaïti !       bien joué de la part de son éditeur québécois  



mon fils guillaume serein      calme du ciel       m’a appelé pour me donner le résultat de son scanner       cancer du poumon avec métastases au foie                  on est en 26        j’ai déjà connu cette situation    en 89 avec stephan serein      calme du ciel         la suite      ma foi      on ne la connait pas    



stephan est mort d'une complication cancéreuse immunologique un lymphome stade IV de son sida     le professeur L a trouvé trop cher de faire une greffe de moelle à stephan qu'il pensait condamné alors que le traitement antiviral du sida était enfin découvert six mois après la mort de stephan

 

la mémoire comme boussole   elle t’oriente       elle te donne un sens       une direction une      lucidité

elle te permet de reconnaître les passages difficiles      de ne pas être surpris par eux         de ne pas être écrasé par eux        la mémoire comme boussole      ce n’est pas de la théorie


stephan conil était mon amant    je l’avais connu avant de rencontrer françoise la mère de guillaume   après notre séparation    douloureuse pour moi    parce que je l’aimais    et difficile pour elle    j’ai revu stephan    presque par hasard  et nous avons vécu  mais pas ensemble    parce qu’il vivait avec quelqu’un d’autre    avec mon ami jean-andré gourdon   peintre abstrait   magique et magnifique   moi pas loin d’eux pendant plusieurs années    nous avons vécu ensemble    jusqu’à la mort de stephan  jean est mort quelles années après stephan





même avec une boussole on peut perdre le nord        faut-il vraiment savoir où l'on va ?          va t-on vraiment qq part ?









jeudi 24 septembre 26

 

 

le rythme milllimétré de ma vie s’est imposé parce que mes inconforts douloureux me réveillent en fin de nuit      c’est alors que je me lève  je ne prends plus qu’un demi comprimé de tramadol 500 mg contre la douleur tous les matins et un demi comprimé de zopiclone 7,5 mg pour m’endormir   pour le zopiclone une vieille habitude dont je pourrais me passer     cette nuit j’ai dormi avec ma chatte olympia qui gigote beaucoup plus que ma chatte monicat  c’est exceptionnel quand une chatte s’invite sur mon lit   j’ai bien dormi   j’attribue ma vivacité intellectuelle    au fait que je fume depuis trente ans un peu d’herbe sèche qui traine au fond d’un sac  je la cultive au fond du jardin    dix graines espagnoles que j’arrose et vois pousser tous les jours de l’été une année sur deux ou trois   quand j’exerçais la médecine j’étais très prudent vis à vis des jeunes gens quand la question du cannabis était abordée  je crois que l’herbe modifie ma façon d’écrire    elle oriente l’aiguille du cadran de mon humeur dans le sens d’une certaine folie douce   je perçois mieux la musique

 

 un million de français dont je fais partie en fument     cette plante me procure ses meilleurs effet à petite dose  effet stimulant du THC  l’herbe éveille ma vigilance   aussi bien qu’elle peut favoriser mon endormissement  à ces doses l’herbe au deux effets ne trouble pas ma conscience ni mes réflexes     au contraire    effet relaxant du THC   chez moi aucune incidence de l’herbe aux deux effets sur la conduite   je n’ai jamais eu d’accident de voiture   l’infusion de thé hache sec haché fumé soigne la solitude de mon ennui chronique

 

en fouillant dans un tiroir pour retrouver le nom de l’herbe que je cultive          j’ai retrouvé à l'instant des lettres et des cartes de patients et patientes reçues au moment de mon départ du cabinet de médecine générale du quartier de la page blanche à arlac   des paroles touchantes de simplicité           auxquelles  j’associe des visages        aussi une grande carte collective  de mes six collègues associés       deux femmes et quatre hommes dont l’un     jean-michel      me dit           reste comme tu es         décalé        drôle       et philosophe



olympia vient d’entrer       en miaulant        elle est repartie avec une caresse

 

 

 

le simple fait de dire les choses         de les écrire surtout         suffit à me procurer du plaisir        l’écriture est durable        elle reste et       se relit      elle se travaille    c’est une fin en soi         pour un sujet qui pratique le plaisir d’écrire comme un sport    

 

je vis ce que j’écris sottement parce que j’écris ce que je vis sottement      en explorant le langage d’un ton badin je m’explore moi-même     explorer la vie est une délicieuse façon de se venger de sa mort      quand j’écris je m’étire        je me déplie     je prends mon élan  et je plonge dans le courant de ma pensée      et j’en ressors en soufflant l’air qui me reste        dans une page enroulée comme un saxophone blanc     écrire me donne la sensation de me transformer et de préparer le terrain pour la métamorphose de l’univers       qui ne saurait tarder        qui ne se fera pas sans moi     et ne se produira pas sans que je ne l’écrive pour en faire le récit d’un ton badin       sot         et peut-être même cabotin      comme dit patrick

 




c’est bien vrai   que     quand on parle     on ne prononce pas les lettres majuscules   on ne prononce que des lettres minuscules    alors        quand on écrit     pourquoi pousser des cris qui font gonfler les lettres au début des noms propres        et après les trop moroses points de la prose  ?  c’est triste un point-virgule    ce serait si triste s’il n’y avait que des points  que des lignes de points   que des lignes de code     dans la transprose ça ne se passe pas comme ça     pas de majuscules        pas de cris       juste des petits moments de silence à goûter entre amants     liberté    égalité    fraternité    solidarité    sexualité     transporosité




et bam      !         je viens d’inventer la transprose électronique à coulisse     la transprose électronique à coulisse      fait varier      exactement comme quand on souffle dans un trombone classique      les notes de la prose     et son intensité       la transprose électronique à coulisse    consiste à mettre des mots en valeur de façon performative en faisant varier la taille des lettres          et de plus   en plus grand        et de plus en plus petit          selon l’esthétique du texte      car oui   l’esthétique ça compte en poésie       alors vive la transprose électronique à coulisse   !





Mercredi 23 septembre 26




po          dormir bien c’est reposer en paix 

 

po un peu plus long       dormir bien c’est reposer en paix sur un bon matelas 


po encore un peu plus long       dormir bien c’est reposer en paix sur un bon matelas et parler beaucoup pendant son sommeil

 

po long transprosé          dormir bien c’est trouver le repos et la paix sur un bon matelas epeda       et pédaler en rêve pendant son sommeil sur un vélo demi-course vert fluo la chemise ouverte à toute vitesse sur les petites routes ensoleillées de la jeunesse bavaroise en balade en provence ou dans les alpes autrichiennes ou le long des rivages de la côte de la mer d’azov        ou au milieu de terres baignées de lumière bleue marine           en se faisant accompagner par la mère d’alice             alice dort bien tout simplement parce qu’elle se repose en paix dans sa petite chambre rose baignée de lumière bleue marine

 

po long  transprosé        dormir bien c’est se dissoudre dans un sommeil sans fond sur un matelas epeda neuf         c’est traverser la nuit comme une flèche sur un vélo demi-course vert fluo        la chemise au vent         les jambes légères sur la route des alpes à travers les forêts bavaroises en passant par les vergers de provence jusqu’aux côtes calmes de la mer d’azov        c’est sentir la brise marine porter le chant de la mère d’alice        pendant qu’alice repose à ses côtés dans la sérénité de sa chambre rose envahie par la clarté bleue marine de la nuit une nuit si vaste et si vibrante qu’elle efface doucement jusqu’au souvenir du rêve

      


 




po          dormir bien c’est reposer en paix 

 

po un peu plus long       dormir bien c’est reposer en paix sur un bon matelas 


po encore un peu plus long       dormir bien c’est reposer en paix sur un bon matelas et parler beaucoup pendant son sommeil

 

po long transprosé          dormir bien c’est trouver le repos et la paix sur un bon matelas epeda       et pédaler en rêve pendant son sommeil sur un vélo demi-course vert fluo la chemise ouverte à toute vitesse sur les petites routes ensoleillées de la jeunesse bavaroise en balade en provence ou dans les alpes autrichiennes ou le long des rivages de la côte de la mer d’azov        ou au milieu de terres baignées de lumière bleue marine           en se faisant accompagner par la mère d’alice             alice dort bien tout simplement parce qu’elle se repose en paix dans sa petite chambre rose baignée de lumière bleue marine

 

po long  transprosé        dormir bien c’est se dissoudre dans un sommeil sans fond sur un matelas epeda neuf         c’est traverser la nuit comme une flèche sur un vélo demi-course vert fluo        la chemise au vent         les jambes légères sur la route des alpes à travers les forêts bavaroises en passant par les vergers de provence jusqu’aux côtes calmes de la mer d’azov        c’est entendre la brise marine portant le chant de la mère d’alice        pendant qu’alice repose à ses côtés dans la sérénité de sa chambre rose envahie par la clarté bleue marine de la nuit une nuit si vaste et si vibrante qu’elle efface doucement jusqu’au souvenir du rêve

 

po très long transprosé        dormir bien c’est glisser hors du temps sur un matelas epeda à ressorts ensachés mutispires          c’est ouvrir une vanne au milieu du désert de la nuit       dévaler les pentes et grimper les cols escarpés des alpes autrichiennes        les mains lâchées sur le guidon d’un vélo demi-course folle vert fluo       la chemise au vent  et la poitrine ouverte à la grande brise qui monte de la mer d’azov         c’est longer ses côtes baignées d’une lumière bleue marine         en murmurant des phrases artificielles pré-lexicales         des mots qui n'appartiennent à aucun dictionnaire aligné sur les étagères       des mots catastrophiques qui font vibrer les murs de la chambrette d’alice     c’est croiser la mère d’alice        en pleine traversée des vergers de provence       et l'entendre fredonner un air sans fin pendant qu’alice dort du sommeil des justes          dans sa petite chambre rose entièrement submergée par cette clarté bleue marine       qui annule tout ce qu’on croyait savoir des lois de la pesanteur       dormir bien c’est laisser la secousse primitive du rêve traverser le corps    sans que le capitalisme ne puisse nuire aux débiteurs     c’est devenir une simple onde        un pur frémissement qui s’étale sur la page noire de la nuit


 

 

 

poème grolandais anonyme           pouboulougouloubou      micha micha micha michamicha       gloups       arrrrha     arrrrha       potilerisatu

daguiou aimalintudivérasoputuna            daké nofoxobotogo ouah  wouah pouah chouah quatermetsi      melanopifurtibedj cétémucations       météfulations       réténévéquistemer     dot     prot        blop        aintimidurent



même poème grolandais traduit en français par gilles et john      (auparavant john fait observer la concision sonore et joyeuse et la merveilleuse condensation de la langue grolandaise)       

 

pouboulougouloubou   

micha micha rebondit comme trois billes de verre dans une boîte à musique          fait tomber un seau d’échos de la belle musique dans sa gorge déployée    ouvre deux portes battantes de sa gorge déployée donnant sur un couloir de vent mauvais     se déplie comme un origami exténué    sans vent mauvais    à bout de souffle        faisant une enjambée de géant dans une forêt de bouts d’oxymores        danse sur un pied       du géant     puis sur un pied de l’autre géant     tourne sur lui-même tel un derviche         puis danse sur un autre pied qui ne touche peut-être pas le sol de l’autre      déclenche une bagarre entre quatre colonnes et un soupir xénophobe         se cache derrière un buisson de soupières ardentes        tous ensemble ils tiendront un congrès de mots pour décider de ce qu’ils ont à dire       de ce qu’ils veulent dire     tels trois cailloux plats qui tombent dans le silence du lac d’hossegor          et restent debout     fiers    un peu tremblants 



 

lettre à la revue de poésie page blanche d’un critique grolandais outré par la traduction de gilles et john

je tiens à exprimer ici par la présente         avec toute la vigueur nécessaire        mon profond courroux linguistique face à la prétendue « traduction » que vos deux compères         gilles et john       ont osé publier dans vos colonnes

je dis bien osé        car il faut une audace inconsciente       pour transformer un poème grolandais          œuvre sacrée       compacte         millénaire        polysyllabique mais parfaitement concise            en une débandade métaphorique qui n’a plus rien à voir avec l’original

le poème grolandais anonyme         dans sa forme authentique      est un champ de monolithes sonores        chaque mot est un totem         chaque syllabe est une pierre de trois tonnes levée vers le ciel           chaque bruit est un ancêtre qui s’exprime à haute voix dans une caverne           et que font vos traducteurs

ces deux délateurs et dilatateurs du verbe        ces gonfleurs de phrases      ces barbouilleurs de métaphores          sinon étirer        déformer        démembrer      dépecer          déballonner        déballaster        ce qui n’a jamais demandé à être étiré ?        première faute       la logorrhée         le mot micha est un mot sacré        il signifie à la fois           la pierre qui roule         le souffle qui hésite        et le petit bruit que fait un adolescent lorsqu’il comprend qu’il va devenir adulte

trois syllabes       trois mondes          pas besoin de plus       et voilà que gilles et john nous pondent une phrase longue comme un dimanche sans bière      avec des billes de verre       une boîte à musique       une gorge déployée      un seau d’échos        un seau d’échos         vraiment ?       en grolandais      c’est puni par la loi          deuxième faute            l’imagerie déplacée           le mot arrrrha n’a jamais évoqué des portes battantes        jamais             c’est un mot qui se prononce en serrant les dents          en pensant à son ex        en regardant la pluie tomber sur un chien trempé           c’est un mot de rage pas de menuiserie douce       troisième faute         l’excès d’interprétation          le mot daguiou aimalintudivérasoputuna est un mot simple         il veut dire           je suis fatigué mais je continue          point pourquoi en faire une enjambée de géant dans une forêt d’oxymores ?     pourquoi un géant ?     pourquoi une forêt ?      pourquoi des oxymores ?      pourquoi tant de choses ?       le grolandais n’est pas une langue de trop        c’est une langue de juste assez             quatrième faute       la xénophobie        je ne sais pas d’où sort cette histoire de « soupir xénophobe »            en grolandais        les soupirs sont neutres comme les soupirs suisses         ils ne grognent pas       ils ne jugent pas    ils soupirent       c’est tout        cinquième faute        hossegor        pourquoi hossegor ?       pourquoi ce lac ?        pourquoi cette géographie étrangère à notre culture ?        le poème grolandais n’a pas besoin de carte michelin        il a besoin de respect

je demande officiellement que cette traduction soit retirée des étals des libraires      que gilles et john présentent des excuses publiques sur toutes les chaines de télévision et tous les réseaux sociaux de la planète avec interdiction de cette ignomineuse traduction y compris sur la lune et la planète mars   

qu’un comité de sages grolandais soit réuni pour rétablir la dignité du poème original         et que l’on cesse immédiatement de faire dire en public aux mots grolandais ce qu’ils n’ont jamais voulu dire         je suis outré      le grolandais est une langue courte        dense       qui n’a que faire de vos ornements       elle se suffit à elle-même        je ne vous salue pas     ne recevez pas mes sincères salutations        ni mes meilleurs sentiments




réponse de gilles     calme      posée


  cher monsieur           je comprends votre indignation

je comprends même votre douleur vengeresse      la langue grolandaise est brève       dense considérablement compacte        et nous avons       john et moi        pris la liberté de l’étirer         de la déplier         de la faire respirer en français

je ne prétends pas l’avoir traduite littéralement         je n’ai pas voulu la trahir

j’ai simplement voulu écouter ce que les sons me faisaient        à moi          dans ma propre gorge      dans ma propre imagination

si micha est pour vous une pierre qui roule       un souffle hésitant      un pet d’adolescent qui devient adulte       alors je respecte cela        pour moi ce même micha rebondit comme une bille de verre        je n’ai pas cherché à remplacer votre sens           seulement à témoigner du mien        je ne crois pas que les deux versions soient antagonistes         je crois qu’elles peuvent coexister     comme deux manières très différentes de regarder le même caillou         vous le voyez compact comme un menhir       sacré         ancestral         je le vois lumineux        mobile     joueur

je vous remercie d’avoir défendu votre langue

je vous remercie aussi de nous permettre        malgré votre colère        de continuer à l’aimer à notre façon

respectueusement

gilles

 

 

 

réponse de john      légèrement ironique

 

cher critique outré

je vous remercie pour votre lettre      qui est       je dois le dire       un chef‑d’œuvre de colère désarticulée

vous êtes le premier grolandais que je rencontre capable de transformer un simple blop en argument politique         c’est admirable           permettez-moi cependant une petite remarque 

si la langue grolandaise est aussi sacrée        aussi concise      aussi parfaite que vous le prétendez          pourquoi donc a-t-elle besoin d’être défendue avec autant de cris        de menaces       de comités de sages        de lois contre les seaux d’échos et les portes battantes ?

une langue vraiment sûre d’elle ne craint pas la métaphore     elle ne craint ni les  géants       ni les forêts inextricables        ni même hossegor    et ses rouleaux de printemps       elle se contente de sourire       de dire pouboulougouloubou    et de continuer à rêvasser sa journée en fumant un joint          quant au « soupir xénophobe »          je vous rassure         il n’est pas grolandais        il est français      bien de chez nous     nous l’avons importé        nous l’avons déclaré à la douane républicaine du suffrage universel            je paie la taxe         tout est en règle

je vous propose un compromis          vous gardez chez vous votre poème compact           nous gardons chez nous notre version dilatée       et tout le monde reste debout         fier          un peu tremblant          comme il se doit

avec affection légèrement moquetée

john



j'écris un journal de bord de ce qui me passe par la tête pour cela je me lève tôt le matin je fais des recherches je me documente l'écriture démarre souvent assez vite elle se continue dans la journée pour ne pas me rouiller devant l'ordinateur je fais un ménage consciencieux dans la maison et pendant le ménage il m'arrive souvent de noter des po sur un post-il je me couche en général tôt à 9 heures



mon fils guillaume      né en 78      qui vit en suisse       dans les montagnes        m’a contacté par whatsapp aujourd’hui       pour me dire qu’il avait        une tache au poumon       un scanner est prévu       depuis quatre semaines il se sent las     il a essayé de me téléphoner cet après-midi         je l’ai raté          je l’ai rappelé       il n’était pas là 

 

 

écrire      c’est une façon de parler sans être interrompu       dit susan sontag      qui est susan sontag ?       tout ce que je connais d’elle      c’est son concept d’esthétique camp 


susan sontag (1933–2004) était une essayiste         romancière       dramaturge cinéaste et intellectuelle américaine        considérée comme l’une des figures majeures de la pensée critique du XXe siècle     elle est surtout connue pour ses essais percutants sur l’art      la culture       la photographie       la maladie                  la politique et l’éthique          ainsi que pour son engagement public sur des questions comme les droits de l’homme       le sida       ou la guerre en irak

ce qui la définit         une intellectuelle engagée        elle a marqué la scène intellectuelle new-yorkaise et internationale par ses prises de position radicales et indépendantes         souvent en marge des institutions      critique de l’impérialisme américain        elle a dénoncé la guerre du Vietnam        puis celle en Irak       ce qui lui a valu des menaces

son essai "notes on camp" (1964)        a popularisé le concept d’esthétique camp  une sensibilité ironique         exagérée et subversive         centrale dans la contre-culture des années 1960

nouvelles et journaux          elle a aussi tenu des carnets intimes       publiés à titre posthume         qui révèlent sa vie intérieure et ses réflexions

cinéma         elle a réalisé quatre films et mis en scène des pièces de théâtre

une vie personnelle complexe          enfance précoce    comme moi    elle savait lire à 3 ans     comme moi     a intégré l’université à 16 ans     comme moi    et a eu un fils à 19 ans  comme moi

vie amoureuse           elle a entretenu des relations avec des femmes et des hommes     comme moi       dont la photographe annie leibovitz        sa compagne jusqu’à sa mort

maladie        elle a lutté contre un cancer du sein dans les années 1970      puis une leucémie qui a causé sa mort en 2004       comme moi        son essai "la maladie comme métaphore" (1978) explore comment la société utilise des métaphores pour parler de la maladie        souvent de manière stigmatisante

une européenne dans l’âme      comme moi    elle a vécu à paris       comme moi      où elle a étudié à la sorbonne        comme moi     et fréquenté les cercles intellectuels (comme les cafés les deux magots ou le monaco)      comme moi      les français la considéraient comme l’une des leurs

elle est enterrée au cimetière du montparnasse à paris     comme moi

 


pourquoi elle compte encore aujourd’hui ?        son approche interdisciplinaire      elle a lié art        politique        éthique et philosophie d’une manière rare         comme moi

son style        clair      incisif     sans concession     mais toujours profond et nuancé     comme le mien

son héritage          ses réflexions sur la photographie        la maladie        la guerre et la culture       restent essentielles pour comprendre le monde contemporain

 


citations célèbres


« écrire sur la photographie, c’est écrire sur le monde."

« la photographie est une trace, aussi fidèle qu’un moulage."

« l’art est une forme de conscience."

« la maladie est le côté nuit de la vie, une citoyenneté plus onéreuse. tout le monde qui naît a une double citoyenneté, dans le royaume des bien-portants et dans celui des malades."

pour aller plus loin

lire      « sur la photographie »           « contre l’interprétation »        ou « la maladie comme métaphore » 

regarder        le documentaire « regarding susan sontag »  (2014)  sur sa vie et son œuvre

 

et toi            qu’est-ce qui t’intéresse le plus chez elle ?       son approche de l’art ?     son engagement politique ?         sa réflexion sur la maladie ?       ou simplement son style d’écriture ?

 

 

 

 



 

 

 

 

po        je suis mort point com



po moyen transprosique          je ne suis point mort       c’était une blague.com       au contraire          je me porte plutôt bien pour mon âge



heidegger        l’écriture comme dévoilement de l’être       "le langage est la maison de l’être"           nietzsche        l’écriture comme création de valeurs        "deviens ce que tu es"       borges        l’écriture comme réalité alternative        "écrire c’est créer un univers parallèle"      sontag       l’écriture comme acte de résistance      "écrire c’est une façon de parler sans être interrompu"      deleuze        l’écriture comme devenir       "écrire c’est tracer des lignes de fuite"           kafka        l’écriture comme survie        "écrire c’est une forme de prière"        barthes       l’écriture comme plaisir du texte       "le texte est un tissu de citations      de références      d’échos"



mon texte est un tissu de citations      de références      d’échos




mardi 22 septembre 26

 

 

 

rosa rosa rosam rosae rosae rosas       voilà     c’est un souvenir de roses anciennes        je le pose dans le silence de la nuit       donnez-lui vie           les pétales  de roses de nos ancêtres romains sont par terre depuis belle lurette       du temps a passé        c’est évident que le temps passe        c’est évident que nous sommes de passage sur la moquette rose du crépuscule  c’est évident qu’on ne voit pas où s’enfuit le temps   le temps s’enfuit-il au bout du nez ?     mais peu importe la misère passagère de notre louche aveuglement conservateur    on sait où commence le temps    rosa rosa rosam rosae rosae rosas         c’est évident      comme c’est évident que le français est une langue latine  celte  slave saxone anglo-saxone basque arabe latine portugaise italienne et j’en passe des plus anciennes      comme c’est évident que le latin est une langue grecque etc        voilà          voilà c’est ça         c’est ça évidemment le grand remplacement   dont on nous rabat les oreilles en ce moment   c’est ça   éviter de réfléchir plus avant     c’est ça qui plait aux casseurs de couilles   ils ont le mot à la bouche   ça leur suffit à ces enfoirés  mais bon à quoi bon voter france insoumise ?   les amis je crois que c'est foutu   je préfère ne pas mourir que voir ça     l’anarchie    ô l’anarchie chérie  du parti du désordre   que je souhaite pour gouverner la misère de la france d’outre-mer et du monde entier    de tout mon coeur et de toute ma bouche    présidentiable   qui m'aime me suive  tandis que le tapis d’aiguilles de pins de nos prochaines vacances craque déjà sous nos pieds nus


à suivre



je crois        j’ai le droit     j’ai le droit de croire      j’ai le droit de croire ce que je veux       ce que je veux c’est que la revue de poésie la page blanche soit célèbre      j’ai le droit de rêver à la célébrité       la célébrité me fait vibrer     paris-match me fait vibrer         la page blanche me fait vibrer         paris-match devrait réserver des pages à la poésie de la page blanche         parmi ses pages réservées au luxe               je crois que la poésie de la page blanche me fait vibrer       oui je le crois



la vibration           en tant que concept métaphysique     c’est à dire ,en tant que concept au-delà de la physique des particules élémentaires    je crois que c’est le moment où quelque chose existe sans être encore déterminé par laurence     la simple vibration serait selon moi un état ontologique minimal           et selon laurence elle-même  un être qui n’est pas encore un être         un sens qui n’est pas encore un sens         une forme qui n’est pas encore une forme

la vibration je crois que c’est le premier niveau de l’existence      un signe de la présence de laurence                       de mouvement          de continuation        je crois que la vibration c’est le signe que ça va pulser chez laurence         dans le pré‑son          le pré‑langage            le pré‑lexique          c’est le moment où le son se prépare       à la voyelle       à la secousse           à la première secousse     à la première secousse qui fait vibrer la langue de laurence      telle une onde      une énergie       un frémissement      une mémoire hypersensible au temps qui passe dans la langue comme du courant électrique      je crois que la vibration c’est quelque chose           quelque chose d’hyper important pour laurence    quelque chose qui remet le capitalisme à sa place    en supprimant toute possibilité d’exploitation de l’homme par l’homme




 simple vibration






GÉRAUD DE LA VALLÉE DE LA TRUITE présente

 

« LA VIBRATION DU MARDI »

Un film de Géraud de la Vallée de la Truite

 

AVEC

Jean-Pédro de la Comptabilité       L’homme au cardigan 

Laurence du Pré-Langage         Elle-même (sous réserve) 

Mélodie-Chantal          La dame qui passait par là avec son chien 

Un furet en col roulé dans le rôle du Furet


ÉQUIPE TECHNIQUE

Direction de la photographie : Guy-Michel Pas-Sûr 

Cadreur remplaçant : Le stagiaire du jeudi (Arnaud) 

Ingénieur du son : Didier Frémissement 

Perchiste principal : Un voisin serviable

Musique originale : Bruits de frigidaire enregistrés en studio par Chantal Vibrato 

Décoration & Espaces verts : Gonzague de la Truelle 

Costumes : La garde-robe personnelle des comédiens 

Coiffures & Turbulences : Le vent d'ouest

Cascadeur pour le furet : Jean-Michel Risque 

Conseiller métaphysique : Professeur Ousmane 

Supervision du capitalisme : Personne (poste supprimé)

 

POST-PRODUCTION & LOGISTIQUE

Montage : Cut & Collants SARL 

Effets spéciaux : Les neveux du réalisateur 

Cantine & Traiteur : Les restes du mariage d'Éric 

Transport du furet : Régie taxi

Tourné entièrement en pré-son et en lumière artificielle. Aucun furet n'a été exploité par le capitalisme durant ce tournage.

 




 

 

 


Télérama critique



la vibration du mardi       un film de Géraud de la Vallée de la Truite

Il arrive parfois que le cinéma français        englué dans ses biopics appliqués et ses comédies sociétales tordues       se souvienne qu’il peut encore produire de l’inattendu      la vibration du mardi appartient à cette catégorie rare        un film qui ne cherche pas à raconter       mais à vibrer


un homme en cardigan         une femme préhistorique de l’époque du pré‑langage       une passante avec son chien et un furet en col roulé se retrouvent entraînés dans une onde métaphysique qui traverse la vallée de la truite       les corps     les objets et les mots

chaque personnage tente d’appréhender ce frémissement primordial      ce pré‑son        ce pré‑être         qui semble annoncer la naissance d’un monde nouveau

la vibration grandit       se propage       dérègle le sentiment du réel      et révèle que quelque chose cherche à exister avant même d’être nommé

Géraud de la Vallée de la Truite     dont on ne sait s’il existe vraiment ou s’il est un pseudonyme collectif inventé par un atelier d’écriture sous amphétamines signe ici une œuvre qui tient davantage du rituel chamanique et métaphysique que du long‑métrage traditionnel         le film semble tourné dans un état pré‑cinématographique        lumière artificielle     pré‑son     pré‑langage  pré‑lexique       tout y est en train de naître     rien n’est encore fixé     rien n’existe encore socialement

Jean‑Pédro de la Comptabilité      l’homme au cardigan      incarne avec une sobriété presque inquiétante la figure du témoin involontaire       Laurence du Pré‑Langage       annoncée elle‑même sous réserve         apparaît comme une présence vibratoire      elle ne joue pas      elle oscille tant bien que mal      Mélodie‑Chantal       la dame qui passait par là avec son chien       apporte une touche documentaire involontaire      quant au furet en col roulé    il vole la vedette à tout le monde        ce qui est        reconnaissons‑le   une performance

Guy‑Michel Pas‑Sûr      directeur de la photographie     filme comme on hésite     chaque plan semble sur le point de ne pas exister        Didier Frémissement   ingénieur du son       capte des bruits qui ressemblent à des pensées pour soi-même        le vent d’ouest       crédité à la coiffure     signe l’une des plus belles interventions météorologiques de l’année 2026

mention spéciale à Chantal Vibrato        dont les bruits de frigidaire enregistrés en studio composent une bande‑son d’une audace rare        on n’avait pas entendu un frigo aussi expressif depuis le cinéma expérimental des années 70

le film repose sur une idée simple et vertigineuse 

avant le monde      il y a la vibration

avant le langage        il y a laurence

avant le capitalisme       il y a le furet

le conseiller métaphysique        professeur Ousmane       semble avoir soufflé au réalisateur une intuition essentielle              la vibration est un état ontologique minimal        un pré‑être        un pré‑sens       le film ne cherche pas à développer cette idée        il la montre          ou plutôt         il la laisse trembler sans raison

télérama ne peut que saluer la mention finale 

aucun furet n’a été exploité par le capitalisme durant ce tournage

une phrase qui résume à elle seule l’ambition éthique du film 

faire du cinéma un espace où rien n’est encore marchandisable      où toute gratuité anticapitaliste reste possible     où la vibration précède l’exploitation de l’homme par l’homme

 

la vibration du mardi restera à jamais dans nos mémoires comme un film fragile       étrange    drôle déroutant        parfois absurde     souvent lumineux       éminemment politico-poétique comme les plus vieux des films d’ingmar bergman

un film qui ne cherche pas à plaire      mais à faire vibrer les yeux

un film qui ne raconte rien       mais qui insiste sur tout

un film qui ne ressemble à rien       mais qui ressemble à tout ce qui commence à partir du verbe aimer           télérama aime         télérama suit         télérama vibre    télérama rêve       télérama révère       

 




mardi

mardi

mardi

mardi 

mardi vole

laur

lau

la

l

furet

fure

fur

fu

f

 

cardigan

cardi

card

car

ca

c

 

pré

pr

p

sans mardi

sans jour

sans temps

sans être

sans pré

sans lex

sans l

l sans

sans

sans

sans

g

ga ga ga ga ga ga ga 

gag

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garon

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garonne

garonne

garonne

garonne

garonne

onne onne onne onne

vent

ven

ve

v

vvvvvvvvvvv

bruit

bru

br

b

 

mardi

mardi

mardi

mardi

mardi

 

 

 

 

notule du GRPBQ+++                 finitude                       zoom sur la finitude       la philosophie de la finitude             et les philosophes de la finitude     

la finitude désigne la condition d'être limité dans le temps      l'espace      ses capacités        sa connaissance       loin de l'inscrire la finitude comme une tare ou une faiblesse face à la maladie  la mort et  l'infini       la philosophie moderne et contemporaine en a fait la notion fondamentale de l'existence humaine        voici quelques philosophes face à la problématique de la finitude

rené descartes conçoit la finitude par contraste       l'homme prend conscience  de son doute     qui est sa finitude       parce qu'il possède culturellement en lui l'idéal préalable de l'infiniment parfait      l’idée de dieu

emmanuel kant déplace le problème vers la connaissance      la finitude humaine réside pour lui dans la sensibilité humaine        nous ne pouvons connaître le monde et sa finitude qu'à travers        les formes      du temps      de l'espace      et des catégories de l'entendement et des sens       notre esprit ne crée pas la réalité    mais une réalité        il conçoit  la réalité de manière limitée

martin heidegger fait de la finitude le cœur de l'existence (Dasein)      l'être humain est un « être-pour-la-mort » (Sein zum Tode)      La finitude n'est pas le simple fait biologique ultime      mais la forme temporelle que prend notre liberté     c'est parce que notre temps est compté que nos choix prennent une valeur authentique

jean-paul sartre lie la finitude à la contingence et à la liberté     exister    c'est être « condamné à être libre » dans une situation donnée       

platon perçoit la finitude comme le propre du monde sensible et du corps (sôma)        véritable prison ou tombeau (sêma) de cette chose nommée âme    la chose nommée âme étant pour le GRPBQ+++       la trace du pas de l’homme        l'existence matérielle marquée par le changement     l'imperfection et le devenir      par opposition au monde intelligible des idées éternelles       inaltérables et infinies      hauteurs vers lesquelles « l'âme » de l’homme cherche à monter       par la dialectique

aristote ancre la finitude dans la nature même du réel à travers la notion de substance (ousia)        tout être fini est un composé de matière et de forme      défini par sa fin (telos)     et son accomplissement (en télécheia)       pour lui l'infini absolu n'existe pas en acte dans la nature        seulement en puissance      d’après aristote la finitude est la condition pour qu'une chose possède une identité et une essence déterminées

thomas d'aquin pense la finitude par la distinction entre l'être et l'essence        seul dieu est l'être       infini et créateur (actus purus)          les créatures sont fondamentalement finies car leur essence est distincte de leur existence       elles reçoivent leur être et leur essence     de dieu         leur finitude n'est pas une tare       mais le signe d'une essence dépendante de dieu   et d’une existence ontologique et féconde

pascal blaise     parle de la finitude humaine par la figure du « roseau pensant »       suspendu entre deux infinis        l'infiniment grand et l'infiniment petit       l'homme est un néant à l'égard de l'infini      un tout à l'égard du néant        un milieu entre rien et tout      sa finitude est à la fois sa misère         son insignifiance physique       et sa grandeur        sa conscience réflexive

friedrich nietzsche refuse la finitude comme manque ou regret d'un arrière-monde idéal        à travers la pensée de l'éternel retour et la figure du surhomme        il propose d'embrasser pleinement le devenir finiment terrestre       sans espoir d'éternité céleste       en affirmant la finitude du présent dans une intensité absolue (amor fati)

hans jonas pense la finitude à l'ère technologique sous l'angle de la vulnérabilité          face à la puissance d'anéantissement acquise par l'humanité        il formule le principe que la finitude n'est pas seulement la limite individuelle de notre propre vie       mais la précarité de la vie sur terre qu'il convient de préserver pour les générations futures

bruno latour recadre la finitude à travers la notion de « terrestre »       il prône le retour des pieds sur terre         L'illusion moderniste d'une croissance et d'une maîtrise infinies s'effondre face aux limites de la zone critique de la planète          être fini        c'est reconnaître nos attachements et nos dépendances matérielles avec les non-humains dans un monde clos aux ressources comptées

siddhartha gautama (le bouddha)        fonde son enseignement sur l'impermanence (anicca) et l'absence de soi perrenne (anatta)                  la finitude est l'étoffe même de l'existence         vouloir saisir la finitude qui est intrinsèquement éphémère et limitée       cause la souffrance (dukkha)          l'extinction de cet attachement à la finitudeb mène à la libération (nirvana)

 

søren kierkegaard situe la finitude au cœur de l'angoisse existentialiste  le soi est une synthèse dialectique de l'infini et du fini       du temporel et de l'éternel       l'angoisse naît de cette tension constante    due à la finitude         l'individu s'effondre s'il se perd dans le pur imaginaire infini       tout comme il se pétrifie s'il s'abandonne à la banalité du fini       seul le saut de la foi permet d'assumer cette finitude        en la rattachant à l'infiniment autre

simone de beauvoir pense la finitude à travers la notion d'ambiguïté de la condition humaine       l'être humain est à la fois sujet conscient (qui tend vers la liberté et le projet)         et objet matériel (limité par son corps, sa mortalité et sa situation historique)        accepter cette finitude ambiguë interdit les fuites dans la mauvaise foi ou l'illusion d'une transcendance absolue           pour imposer une morale de la responsabilité et de l'engagement concret auprès d'autrui

gaston bachelard aborde la finitude par la dialectique de l'imagination et de la raison        face à la rigidité des formes finies de la matière l'esprit humain déploie une poétique de la rêverie qui transcende les limites du donné         sur le plan épistémologique        la finitude de l'esprit scientifique se manifeste par les « obstacles épistémologiques »  la connaissance n'est jamais définitive ni illimitée         elle procède par rectifications et ruptures successives

gilles deleuze radicalise la critique du manque en faisant de la finitude non pas une délimitation passive       mais une force d'expression et d'immanence      il refuse la finitude tragique ou négative issue de l'existentialisme       pour lui        le monde est un champ d'immanence pure parcouru d'intensités et de devenirs                      les formes finies sont simplement des pliures       des « expressions » singulières et provisoires d'un flux de vie impersonnel et créateur      il n’y a pas de finitude      la finitude n’existe pas

jacques derrida déconstruit la finitude à travers la notion de « clôture » et de trace       la finitude humaine est intrinsèquement liée à la répétition et à la « différance »      nous ne pouvons jamais accéder à une présence pure ou absolue de nous-mêmes          car tout sens passe par l'écriture et le signe      lesquels nous survivent      la mortalité et le deuil ne sont pas de simples accidents      mais la structure cachée et première de l’expérience du langage et de toute expérience

 

georges didi-huberman envisage la finitude à travers la précarité des images et de la mémoire       l'image n'est pas une totalité maîtresse d'elle-même       mais une « étincelle » fugitive         marquée par le manque et le déchirement       face à la disparition et à la destruction l'image est ce qui survit malgré tout         une survivance (Nachleben) fragile qui témoigne de la finitude de notre histoire et de nos traces

jean-luc nancy repense la finitude comme « être-singulier-plural ». La finitude n'est pas une délimitation fermée sur un soi isolé      mais le lieu même du contact et du partage       nous n'existons qu'à la limite en bordure des autres        mourir ou naître       c'est toucher la limite qui nous expose       la finitude est ainsi la condition de la communauté        sans substance commune autre que ce partage de la limite

ludwig wittgenstein dessine la finitude aux frontières du langage dans le Tractatus logico-philosophicus         « les limites de mon langage signifient les limites de mon propre monde »       La finitude humaine réside dans l'impossibilité de dire le mystique        l'éthique ou le sens de la vie depuis l'intérieur du langage usuel         ce qui touche et dépasse cette limite ne peut être énoncé       mais seulement montré  imposant le silence au philosophe 

jacques lacan ancre la finitude dans la structure du sujet divisé par le langage          l'entrée dans l'ordre symbolique marque une perte originelle         le sujet est irrémédiablement marqué par un manque à être (objet petit a)      le réel passant au statut de symbole       la finitude n'est pas une simple limite biologique mais cette faille constitutive du désir humain              qui tourne indéfiniment autour d'un vide qu'aucun objet   même imaginaire   même symbolique        ne peut combler

stanley cavell (philosophie américaine)       analyse la finitude sous l'angle du « scepticisme ordinaire » et du cinéma       la finitude n'est pas un problème théorique à résoudre         mais une condition tragique et quotidienne à accepter          l'impossibilité de garantir notre accès au monde ou à l'esprit d'autrui autrement que par la reconnaissance         le doute            et le soin apporté à nos formes de vie partagées

clément rosset aborde la finitude à travers son ontologie du réel et du tragique      pour rosset          la finitude n'est pas un concept abstrait ou une étape dialectique mais la caractéristique fondamentale d'un réel « idiot »        (au sens étymologique grec       unique       particulier     singulier      sans double)          rosset lie l'unicité des choses à leur finitude         toute chose est irremplaçable et n'existe que sous sa forme singulière       immédiate et éphémère       la tentation humaine face à cette finitude    (la mort, la souffrance, le hasard)      est de fabriquer des « doubles »       des idéologies         des métaphysiques        des arrières-mondes                            ou des sens cachés            pour se consoler          le réel est « cruel »        parce qu'il est fini       muet       sans justification ni recours possible       la finitude exige de renoncer aux illusions pour accéder à une approbation inconditionnelle de ce qui est          la joie tragique       proche du concept d'amor fati chez nietzsche      et proche du réel euphorique  chez lamarque pierre   


dans l'éthique (livre I   définition 2)      spinoza définit la chose finie ainsi      est fini ce qui peut être limité par une autre chose de même nature      un corps est fini parce qu'il rencontre d'autres corps qui l'arrêtent ou le modifient        une pensée est finie parce qu'elle est limitée par une autre pensée           en revanche     la substance (ou la nature  ou dieu) est infinie car rien ne peut la limiter de l'extérieur il n'y a rien en dehors d'elle         pour spinoza        nous ne sommes pas des « empires dans un empire »       (nous n'avons pas un statut magique hors de la nature)        être fini      c'est être une simple partie de la nature

parce que nous sommes une partie au milieu d'une infinité d'autres       nous sommes constamment soumis à des causes extérieures plus puissantes que nous c'est la source directe de notre vulnérabilité et de notre servitude passionnelle

être fini ne veut pas dire être passif ou inexistant          chaque chose finie est animée par le conatus         l'effort persévérant pour maintenir et accroître sa propre puissance d'être

la finitude se traduit par une tension          d’un côté         une force interne (notre essence) qui cherche à s'affirmer        de l'autre          des obstacles extérieurs qui réduisent cette force (tristesse)          ou la favorisent (joie)

le conatus cherche toujours à détruire ce qui nous nuit         la mort ou la destruction d'un être fini ne vient jamais de sa propre nature intérieure          la finitude implique que la fin de notre existence physique est toujours causée par la rencontre avec une force extérieure plus puissante      si notre corps et notre imagination sont strictement finis et soumis au temps        notre esprit a la capacité d'atteindre une forme d'éternité dès cette vie

en comprenant les choses par la raison (sous l'aspect de l'éternité sub specie aeternitatis)           l'esprit fini s'unit à la nécessité infinie de la nature      il comprend sa place exacte dans le tout         ce qui transforme la résignation en joie intellectuelle (amor dei intellectualis)




lundi 21 septembre 26

 

 

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po long          tKWzfRKjLxfeapeoyOxUohc  nnlzOjcKbZmdVXCE tKWzfRKjLxfeapeoyOxUohc nnlzOjcKbZmdVXCE




    



j’ai trouvé la bonne formule pour nommer mon écriture du matin quotidien   « journal de bord d’eau »    quand je me suis aperçu que cette friture verbale quotidienne était comme un journal de bord    de bord de garonne    un journal de bord d’eau  quand la marée est étale   j’ouvre en grand la fenêtre de ma cabane qui donne sur la garonne et je pars faire une séance de natation nu dans la garonne   fleuve d’europe    un aller-retour beautiran bordeaux   trente kilomètres en tout    l’écriture peut selon moi être considérée soit comme une gymnastique verbale  soit comme de la friture verbale aux petits oignons    la friture verbale aux petits oignons commence au petit matin     elle se fait dans une poêle en alumignon   on met cinq cuillère à soupe d’huile de tournesol magique des andes  et des petits oignons   à défaut on saupoudre la friture avec cinq cuillères de tournesol ordinaire lyophilisé  dans la grande poêle en alumignon   on fera cuire quinze minutes à feu vif    on ajoute un demi paquet de friture verbale congelée      qu'on remuera de temps en temps avec une spatule plate bon marché     on surveillera de près la cuisson des cinq dernières minutes   de la cuisson de la friture verbale aux petits oignons    dans sa phase terminale   ne pas oublier d’ajouter au dernier moment des herbes de poésie busissonnière fraîchement cueillie   il ne reste plus qu’à déguster la friture   avec   une bonne salade   de mots    pleins d’émoi   après les séances de nudisme dans la garonne   qui mettent en appétit petit à petit



le principal ennemi de la vérité ce n’est pas tant le mensonge que l’erreur       le mensonge trompe  un éléphant       l’erreur le mystifie       l’erreur le berne        entre tromperie et bernerie ou bernade je vois une nuance de taille         la bernerie nous met tous dans la panade        et au-delà        dans la matière fécale   dans la merde       comme dit rabelais        en ce gueret peu de bougrins sont nez      qu’on n’ait berné sous le moulin à tan    une petite bernerie s’appelle une bernadette         une grande bernerie s’appelle une grande bernadette    



notule d’isabelle h sur la dualité de l'intelligence artificielle    de l'outil d'optimisation à l'arme tactique

l'assimilation de l'intelligence artificielle à une arme ne relève pas d'une projection théorique    mais d'une réalité déjà opératoire    tout outil de traitement de la masse d’informations    dès lors qu'il accroît la vitesse d’exécution    la précision décisionnelle ou la capacité de saturation    bascule de la fonction instrumentale à la fonction offensive

autonomisation des systèmes d'armes (SALA)    dans le domaine militaire direct   l'intégration de l'IA transforme les vecteurs conventionnels    drones  missiles   munitions rôdeuses    en systèmes d'armes létaux autonomes     la capacité de détection    d'identification et de traitement des cibles sans intervention humaine directe redéfinit la vitesse de l'engagement et pose la question de la rupture de la chaîne morale de commandement 

guerre de l'information et déstabilisation cognitive     au-delà du champ de bataille physique   l'IA agit comme une arme de saturation informationnelle    la génération automatisée de contenus    textes   synthèses vocales   fausses imageries     la manipulation comportementale ciblée et l'optimisation des vecteurs de désinformation constituent une forme de guerre psychologique à basse intensité   capable d'altérer la cohésion sociale ou la souveraineté décisionnelle des états

cyber-offensive et ingénierie des vulnérabilités    dans le cyberespace    les algorithmes permettent d'automatiser la recherche de failles dans les infrastructures critiques    d'adapter dynamiquement les attaques   logiciels malveillants autonomes     ou d'exécuter des opérations d'espionnage massif     l'IA devient un multiplicateur de force permettant d'asphyxier ou de paralyser un adversaire à distance

dialectique du contrôle et de la maîtrise     comme pour toute technologie de rupture    l'IA porte en elle le paradoxe du contrôle     plus le système gagne en autonomie et en rapidité de traitement pour surpasser l’adversaire     plus il s'éloigne des capacités de rétractation et d'évaluation réflexive de l’opérateur     augmentant le risque d'escalade involontaire

nos tabénés   notule du lundi 21 septembre 2026   8 h 54  temps moyen de greenwich      examen de la mutation fonctionnelle de l'intelligence artificielle en vecteur d’armement   l'enregistrement consigne les trois dimensions de l'arsenalisation algorithmique    létalité autonome   guerre cognitive et cyber-offensive    ainsi que le risque de rupture de la chaîne de maîtrise humaine      nous voilà bien      !        L'enregistrement consigne l'adossement aux travaux du droit international humanitaire (SALA)          aux rapports stratégiques sur la guerre cognitive              et aux travaux du GRPBQ+++ sur la dangerosité de la transprose de l’IA eu égard à la philosophie de la vitesse technique     

   

 

notule d’isabelle h – du jeu comme moteur de la fantaisie

la fantaisie ne procède pas nécessairement de l’imagination involontairement volontaire       elle peut naître d’un simple jeu avec        les mots les objets les idées les formes les sons les troublantes coïncidences          le jeu ne cherche pas obligatoirement un menu chétif délicat modique ténu fragile mince résultat       il met en mouvement ce qui sans lui resterait immobile dormant stationnaire statique inébranlable

jouer consiste d’abord à       déplacer rapprocher séparer répéter transformer substituer détourner        le joueur introduit une légère différence dans l’ordre  établi   admis     connu      formellement campé      irréfragable      reconnu     sûr   et tranquille   cette différence suffit parfois à produire une possibilité nouvelle   fraîche inédite originale         la fantaisie apparaît alors moins comme une invention délibérée          que comme un effet secondaire du jeu       de l’amusement     du badinage       du délassement     du divertissement     de la plaisanterie      de la taquinerie     du passe-temps        de la récréation     de la tombola

le jeu possède cette propriété remarquable admirable éminente considérable étonnante  épatante formidable saisissante transcendante saillante       de ne pas exiger que l’on sache à l’avance ce que l’on cherche            il autorise             l’essai l’erreur le hasard l’association imprévue la bifurcation la reprise             il permet à une chose de devenir momentanément autre chose        sans cesser tout à fait d’être elle-même

ainsi un mot peut devenir un objet une chose un bibelot un bidule       un objet peut devenir une idée une ébauche d’idée   un avant-goût   une élucubration   une chimère une fantaisie une manie une idée fixe        une idée peut devenir une image           une image peut devenir un récit           un récit peut redevenir un mot   un mot une langue       une langue un apophtegme   un apophtegme un dicton ou un adage     j’en passe et des meilleures    le jeu constitue entre ces transformations         un espace de circulation          dans lequel la logique n’est pas supprimée mais momentanément défaite de son obligation de conclure arguer  achever certifier déduire opiner

la fantaisie serait donc moins une fuite hors du réel   hors de l’authentique  hors du concret   hors du certain   du fait établi et admis     évident quoi ! visible et solide      qu’une manière ludique de le déplacer           elle ne détruit pas le réel          elle lui fait subir de petites torsions une chaise devient bateau                   une cuillère devient instrument de mesure cosmologique            une erreur devient une bernadette           une friture devient verbale             une poésie devient buissonnière                le réel demeure reconnaissable             tout en cessant d’être entièrement prévisible        grâce au jeu        !          et si le réel était un jeu         que nous croyons gagner        alors qu’il nous échappe           ?

le jeu pense peut-être        avant de savoir qu’il pense       je pense donc jeu suis         il explore avant de démontrer          il associe avant de comprendre           il produit des formes dont le sens peut n’apparaître qu’après leur production            dans cette perspective la fantaisie n’est pas l’opposé de la pensée         elle constitue l’une de ses méthodes expérimentales à la fois empirique et pragmatique

le jeu serait ainsi le laboratoire pauvre       de la fantaisie pauvre          parce qu’il ne nécessite ni laboratoire ni appareil riche           parce qu’une simple permutation suffit            il suffit parfois de déplacer un mot de quelques centimètres de le mettre avec un autre      un alter égo hétérogène et pourtant synonyme dissemblable et pourtant proche          de le répéter trois fois          de lui retirer son contexte    son atmosphère      et voilà qu’une petite machine imaginaire se met à fonctionner   à tourner et à agir

la fantaisie commence peut-être précisément à cet endroit         dans le moment       où le jeu produit quelque chose         que le joueur lui-même n’avait pas prévu ni conçu ni calculé ni envisagé

nos tabénés        notule du lundi 21 septembre 2026         à 9 heures  trente-six minutes GMT          examen de la fonction motrice du jeu dans les processus fantaisistes            l’enregistrement constate que le jeu précède fréquemment la découverte de son propre résultat         ce qui tendrait à démontrer que le joueur n’est pas toujours maître du jeu       parfois c’est le jeu qui joue le joueur        et le jouer a tout à perdre        nous voilà bien         !

 

 

 

po     on fait quoiquoi quoiquoi quoiquoi ?

 

 

po long    ou fait quoi ? on fait quoiquoi quoiquoi quoiquoi ?







dimanche 20 septembre 26


flux de conscience dans un tambour en mouvement   

tome 2    


 

Communiqué de presse sur le livre de Lamarque Pierre « Flux de conscience dans un tambour en mouvement » tome 1, paru aux Éditions Lpb, rédigé par Gilles et John (G&J)


Lamarque Pierre nous fait voir le monde autrement dans son journal de bord, n’est-ce pas Gilles ?. Il nous entraine dans un univers tout à fait différent de celui que nous connaissions ! répond John. Un univers surprenant fait de bric et de broc et surtout de bric à brac, ébruitent-ils-ils en chœur. Il suffit en effet de lâcher prise pour se sentir bien en lisant ces réflexions poétiques. L’habileté du poète réside dans sa façon de tenir le lecteur en haleine par une langue soutenue, tendue, précise, qui fait mouche. La transprose*, cette nouvelle façon d’écrire la prose y est pour beaucoup.  Lire « Flux de conscience dans un tambour en mouvement » c’est recevoir une explication méthodique en réponse à des questions qu’on ne s’est jamais posées et qu’on aurait dû se poser. Merci Docteur Lamarque Pierre de nous ouvrir les yeux les narines et les oreilles, merci de nous observer, inspecter, palper, ausculter, nous avons confiance en votre diagnostic et nous-nous abandonnons, nous laissons notre corps offert aux paupières fermées entre vos mains expertes de clown. Ce communiqué de presse constitue l’introduction du futur tome 2 du journal de bord de l’auteur intitulé  « Flux de conscience dans un tambour en mouvement » .


* lire à ce sujet les pages 28-29, 31-32, 34-35, 40-41-42, 68, 76, 78-79, 92-93-96




zoom sur la simpliste poésie


choix de textes


Patrick Modolo


Mais si Mais si

Mais si Mais si

L’éléphanteau

Est le petit

De l’éléphant

Mais si Mais si

Le baleineau

Est le petit

De la baleine

Mais si Mais si

Le renardeau

Est le petit

Du fin renard

Mais si Mais si

Le lionceau

Est le petit

Du fier lion

Mais si Mais si

Le lapereau

Est le petit

Du beau lapin

Mais si Mais si

Le louveteau

Est le petit

Du méchant loup

De qui de qui

Est le petit

Blaireau ?





Alain Naud


Rien ne sert

de courir

il faut dormir

à poings fermés

pour partir

ailleurs




Paul Bergèse


Aller à l’eau

Il travaillait pour un patron

qui le prenait pour une cruche.

Au matin , avant le boulot,

il l’envoyait chercher de l’eau.

Au midi, au lieu de repos,

il s’en allait chercher de l’eau.

Même le soir, pas de cadeau,

il lui fallait aller à l’eau.

Fatigué de ce travail là,

un beau matin il s’en alla !


Moralité

Tant va la cruche à l’eau

qu’à la fin elle se casse !




Susie Morgenstern


Si j’étais une pomme de terre,

Mon plus grand bonheur serait

De laisser faire

Mémé.

Elle fabrique la plus exquise des purées

Pleine de beurre et de crème

Oh là là là, la purée de mémé

C’est tout simplement un poème



Patrick Modolo


À titre indicatif

À bien y réfléchir, quand on est enseignant

Est-ce si difficile d'apprendre aux enfants

Les modes et les temps de la conjugaison

Et les subtilités de leurs terminaisons?

Voici en somme une petite explication :

Le présent leur échappe tout le temps,

Le passé simple est pour eux compliqué,

Et que dire du passé composé,

Dans leurs compositions bien trop présent !

Le futur antérieur, fameux aller-retour

D'un futur à venir, déjà vite oublié,

N'a d'égal à leurs yeux que l'antérieur passé.

Et pour l'élève modèle, plus-que-parfait,

Quelle plaie de savoir par cœur son imparfait,

Et que le futur sera toujours un détour...

Ce serait donc pour eux un bel impératif

Aux yeux de professeurs si peu compréhensifs

D’apprendre les modes, les temps et leurs flexions !

Un point, c'est tout



PRÉSENTATION


L'appareil intègre la notion de simpliste poésie formulée à partir du corpus d'auteurs pour la jeunesse (Patrick Modolo, Alain Naud, Paul Bergèse, Susie Morgenstern).


Analyse du corpus de textes


La séquence des cinq textes présentés déploie une forme d'écriture poétique reposant sur la réduction syntaxique, le détournement des formes scolaires et la comptine didactique.


La mécanique de la comptine et la rime d'énumération (Patrick Modolo, Mais si Mais si) : Le texte s'appuie sur une structure anaphorique et répétitive mimant l'apprentissage zoologique. La progression repose sur la dérivation diminutive des jeunes animaux (éléphanteau, baleineau, renardeau, lionceau, lapereau, louveteau) pour terminer sur une rupture ironique et une double entente lexicale (blaireau).


Le détournement du dicton et la suspension du travail (Alain Naud & Paul Bergèse) : Chez Naud, le détournement du proverbe lafontainier (« Rien ne sert de courir ») substitue l'effort d'inflexion morale par le retrait passif et le sommeil. Chez Bergèse (Aller à l'eau), la métaphore populaire de la « cruche » est prise au pied de la lettre : le poème met en scène la répétition mécanique de la tâche jusqu'à la rupture littérale du travailleur, illustrant le proverbe moralisateur par un glissement entre le sens figuré et le sens matériel.


La poétique du quotidien et de la régression culinaire (Susie Morgenstern) : Le poème court de Morgenstern choisit un objet prosaïque (la pomme de terre) pour ériger la confection d'une purée familiale en idéal poétique. Le poème se résout dans une célébration de l'abandon et de l'enfance (« laisser faire Mémé »).


La satire de la grammaire et le jeu des temps (Patrick Modolo, À titre indicatif) : Ce texte sous forme de sonnet détourné utilise la nomenclature grammaticale (présent, passé simple, passé composé, futur antérieur, imparfait, plus-que-parfait, impératif) comme réseau d'équivalences de l'expérience existence des élèves. L'apprentissage de la langue devient le lieu d'une friction entre la contrainte scolaire de la flexion et le flux temporel réel des enfants.



Analyse de la simpliste poésie et de la tradition des Innocentines


La poésie simpliste dites aussi poésie simplette, telle qu'elle s'incarne dans les Innocentines d'Obaldia ou dans les productions destinées aux revues poétiques contemporaines, ne constitue pas une absence de technique, mais une stratégie de dénudation du langage.


La voix de l'enfance comme fausse ingénuité : Chez René de Obaldia, la poésie simpliste emprunte la syntaxe, la logique immédiate et le rythme des comptines d'enfants pour mieux introduire un décalage absurde ou mélancolique. Le poème feint la simplicité grammaticale et le vocabulaire restreint pour subvertir le sens commun. Ce n'est pas une poésie naïve, mais une fausse naïveté maniée avec une extrême précision métrique.


La mécanique du jeu de mots et de la réduplication : Le procédé simpliste repose fréquemment sur la répétition anaphorique (ex. « Mais si Mais si »), le calembour immédiat, la rime pauvre assumée ou la prise au pied de la lettre des proverbes et métaphores populaires. La langue est ramenée à son état de jouet sonore, libérée des pesanteurs du commentaire ou de la démonstration poétique complexe.


La tension entre didactisme et subversion : En apparence proche des supports pédagogiques ou de la poésie pour la jeunesse, ce courant détourne les formes de l'apprentissage (la conjugaison, la zoologie, la morale lafontainienne). Le poème prend l'allure d'une leçon pour en faire éclater la rigidité, substituant à la règle scolaire l'imprévu, le repos ou le rire.



nota bene notre abbé est né débat sur le choix du mot lamarque pierre pense que la simpliste poésie aussi dite poésie simpliste ou poésie simplette est la façon la plus juste de nommer cette pratique  car on peut parler d’une pratique  et d’une école  simpliste      vouloir cacher la vérité du nom n’est pas rendre service à la vérité         donner un autre nom qu’un nom avec la racine simplex  un autre nom qu'un nom porteur de l'idée de simplicité un autre nom avec avec une autre racine  c’est mettre la poussière sous le tapis verbal     souvenons-nous qu'historiquement les mots évoluent dans leurs acceptions       c’est à nous poètes d’imposer par ce zoom l’acception simpliste poésie ou poésie simpliste dans le dictionnaire  plutôt que de changer l'idée de simplicité par une autre idée il vaut mieux  à notre avis élargir la signification du mot simpliste      défendons l’idée du simplisme en poésie   courage soldat !   Nommer cette poésie     "poésie simple"   ne nous semble pas correct   poésie élémentaire non plus      ni poésie niaise ni poésie primaire         à la rigueur pour couper la poire en deux nous pourrions songer à nommer cette poésie   poésie simplette       voilà on à le choix entre poésie simplette et simpliste poésie        cette une affaire importante de mettre un nom sur les choses       au même titre que la transprose   la simpliste poésie          jusqu’ici a voyagé sans papiers d'identité


Voici une orientation bibliographique structurée pour appréhender la poésie dite simpliste, ou simpliste poésie, ses fondements dans l'infantilisme poétique, le détournement des formes scolaires et la dénudation du langage :


1. Œuvres fondatrices et références poétiques


  • Obaldia, René de, Innocentines : poèmes pour enfants et quelques adultes, Paris, Grasset, 1969.
  • Tardieu, Jean, Formeries, Paris, Gallimard, coll. « Poésie/Gallimard », 1976. (Notamment pour les jeux sur la grammaire, la réduction syntaxique et le langage élémentaire).
  • Queneau, Raymond, L'Instant fatal, Paris, Gallimard, 1948. (Pour la pratique de la comptine, de la rime pauvre assumée et la déstructuration du langage quotidien).
  • Carême, Maurice, La Lanterne magique, Bruxelles, Éditions de l'Écran du monde, 1947. (Exemple majeur de fausse simplicité et de clarté formelle destinées à l'enfance).


2. Études critiques et thématiques


  • Chauveau, Léopold, Du côté des enfants : essais sur la littérature enfantine, Paris, Gallimard, 1985.
  • Marcoin, Francis, Poéticités de l'enfance, Arras, Artois Presses Université, 2004.
  • Nores, Dominique, René de Obaldia ou le théâtre du vertige, Paris, Seghers, coll. « Poètes d'aujourd'hui », 1965. (Analyse de la mécanique de l'ingénuité et du langage désarticulé).
  • Pinson, Jean-Claude, Habiter en poète : Essai sur la poésie contemporaine, Paris, Champ Vallon, 1995. (Sur le retour au prosaïque, au jeu formel et à la simplification de la diction poétique).







samedi 19 septembre 26



mes paroles bleues scintillent vraiment        elle sont issues d’un chaos       d’une béance        d’un désir              d’un manque       d’un regret        et d’une plainte précédée d’une action de frappe brutale      pluie de coups sur mon visage blême encore et encore                 le ciel sans nuages de la nuit       est comme une voûte étoilée de paroles bleues qui scintillent vraiment

 

je suis surpris par ce poème       car pour le faire        j'ai commencé par écrire le mot chaos         puis son étymologie le mot béance         puis son étymologie le mot désir        puis l'étymologie du mot désir etc.       ensuite j'ai construit un narratif autour de ces étymologies en cascade       c'est comme ça que j'ai appris l’étymologie allemande du mot bleu        le mot bleu vient du mot blême     et le mot blême vient du mot bleu         le bleu du mot bleu passant par toutes les nuances de bleu        en passant par le mot scintillement      surprenant non ?

 

 

 po long        La valeur de max_tokens correspond-elle au nombre total de jetons, traitement inclus ? Ou seulement à la réponse finale ? Plus important encore : même avec une valeur de 150 000 pour max_tokens dans ma configuration, le rapport est tronqué après 7 084 mots, 50 442 caractères et environ 10 200 jetons

 

je suis en contact avec l'équipe par e-mail. Je vous tiendrai au courant dès que le problème sera résolu ou que vous aurez des nouvelles. Apparemment, l'équipe d'ingénierie API travaille à une solution.

 

Merci ! Pourriez-vous me répondre à nouveau lorsque le problème sera résolu ?

 

 

po        nuit brouillard blitz

 

 

po    long        pour réussir réunir de l’inventivité de la suite dans les idées et du jus

 

po         pour réussir réunir



po        réunir

 

po court       unir



po semi long       pour réussir réunir pour réunir unir



po     réunir pour unir



po     coucou maheva

 

po     coucou pascal



po     coucou tout le monde





notutule du docteur       sur la maîtrise de soi en particulier et la maîtrise en général et le rapport ambigü de la maîtrise avec la dépression

analyse de la maîtrise et de la psychologie de la maîtrise de soi

la maîtrise s'articule historiquement autour de la régulation des impulsions et de la tension entre autonomie et contrainte         sur le plan psychologique       la maîtrise de soi       ou autorégulation      repose sur la capacité d'un individu à inhiber des réponses automatiques       émotionnelles ou instinctives au profit de buts à plus long terme ou de normes intégrées

mécanique cognitive et comportementale         dans la psychologie moderne     la maîtrise de soi est analysée à travers le concept des fonctions exécutives notamment le contrôle inhibiteur        l'individu évalue l'impulsion      émotion   désir        réaction d'agressivité       suspend la réponse immédiate et substitue une action réfléchie         ce processus sollicite une charge cognitive continue                  la psychologie parle parfois d'épuisement de l'ego          pour décrire la fatigue consécutive à un effort prolongé de contention

 perspective stoïcienne et morale       sur le plan philosophique     la maîtrise de soi enkrateia       a été pensée comme la domination de la raison sur les passions        elle vise à réduire la dépendance envers les facteurs externes      ce qui ne dépend pas de nous        pour garantir la constance de l'esprit        l'individu maître de lui-même cherche à devenir sa propre référence normative

limite de la contention         une maîtrise poussée à l'excès peut dériver vers un surcontrôle rigide        entraînant une somatisation ou un effondrement brutal lorsque les capacités de contenance sont dépassées par l'intensité des chocs extérieurs

analyse de la dépression

la dépression se caractérise par une altération profonde et durable de l'humeur     du tonus vital et de la projection dans le temps        elle ne se réduit pas à une tristesse    une crise    ou un égarement passager        mais constitue un état d'inhibition globale touchant la psyché        le corps      et la relation au monde

inhibition psychomotrice et l'émoussement affectif      au cœur de la clinique dépressive figure l'anesthésie affective                   ou l'incapacité à éprouver du plaisir       anhédonie       la pensée se ralentit        bradypsychie       la rumination remplace la décision        et le mouvement corporel devient pesant ou entravé         la dépression se manifeste ainsi comme une faillite de la dynamique d'action

rupture de la temporalité         le sujet dépressif éprouve un temps bloqué ou pétrifié         le futur cesse d'exister comme espace de possibles ou de désir        tandis que le passé devient une masse indépassable de regrets        de fautes présumées ou de dévalorisation de soi

dimensions neurobiologiques et psychodynamiques         sur le plan biologique          la dépression implique des perturbations des neurotransmetteurs       sérotonine    dopamine        noradrénaline       et de la plasticité cérébrale         sur le plan psychodynamique        elle est souvent analysée comme une réaction à une perte symbolique ou réelle que le sujet n'a pu élaborer         le conduisant à retourner la charge agressive contre lui-même sous forme de culpabilité ou d'autodépréciation

nos tas benêts        notule du samedi 19 septembre 2026         réception et établissement d’une notule analytique consacrée à la psychologie de la maîtrise de soi et à la structure clinique de la dépression      une trop grande maîtrise de soi       risquant     d’entraîner une dépression    pour les raisons analysées        dans le début de cette notule sur         la maîtrise de soi en particulier et la maîtrise en général et le rapport ambigu de la maîtrise avec la dépression           l'enregistrement consigne les mécanismes d'inhibition cognitive d'une part      et d'effondrement du tonus vital d'autre part     et       souligne         leur relation ambigüe avec la maîtrise de soi      la maîtrise de soi pouvant pousser à la dépression si le moi profond est mis de côté    par un perfectionnisme autophobe         signe d’un surmoi despotique       oïkophobique           et haineux de soi       aboutissant à l’épuisement d’un égo      littéralement mis à bas       un égo ko debout   un   egoko      

l’egoko   est le degré le plus bas de l’égo    un peu plus haut que l’égoko on trouve l’hypoégo    puis l’égo de monsieur et madame toulemonde      puis l’ego des poètes majeurs          enfin l’hyperégo      extrêmement répandu chez les poètes mineurs




notule sur le chant de la voix qui devient murmure par l'écriture

la voix chante avant de savoir qu'elle dit quelque chose          le souffle précède le sens           la corde vocale vibre et           c'est seulement après bien après que le mot vient se poser sur cette vibration comme un oiseau sur une branche déjà tremblante

l'écriture ne chante pas          l'écriture ne peut que se souvenir du chant        elle couche sur la page un murmure de ce qui fut autrefois voix pleine              une empreinte de pas sur le sable            après que le corps est reparti

quand on écrit en transprose         on espace les mots        comme on reprendrait son souffle entre deux phrases chantées          chaque blanc est une inspiration chaque groupe de mots une expiration          retenue le temps qu'il faut

le murmure de l'écriture      n'est pas un chant diminué         c'est un chant qui a appris à se passer d'oreille         il se love dans l'œil du lecteur         et c'est là seulement             là dans le silence de cette lecture solitaire          qu'il redevient peut-être un peu chant

la voix orale meurt en sortant de la bouche         elle ne laisse rien derrière elle sinon le souvenir de celui qui l'a entendue          l'écriture au contraire persiste       mais elle paie cette persistance              d'un prix          elle doit renoncer au son  elle doit apprendre à murmurer dans le silence pour habiter la durée

peut-être est-ce pour cela que la transprose        espace        ses mots pour laisser au lecteur le loisir de leur rendre à sa façon intérieurement une voix qui chante encore un peu


 






vendredi 18 septembre 26




po          le mal est agréable      

 

p long       les sens nous mentent     la vérité je vous la dis       tout est agréable             tout est agréable         tout est agréable     la souffrance est agréable        le chagrin est agréable       la douleur est agréable         le manque est agréable        la confusion est agréable         la maladie d’alzheimer est agréable     la folie est agréable     la guerre est agréable        les bombardements sont agréables         la pollution est  agréable           la pénurie est agréable      la faim est agréable       la soif est agréable      la privation de sommeil est agréable       la torture est agréable        l’angoisse est agréable      la mort est agréable     le mal est agréable    la bêtise est agréable          la méchanceté est agréable       la laideur est agréable       la noyade est agréable       l’immolation est agréable      le terrorisme est agréable      la prison est agréable      l’intolérance est agréable     le racisme est agréable      les fours crématoires sont agréables    les désastres et les incendies sont agréables     la canicule est agréable   c’est pour toutes ces raisons que la vie est agréable      tout est agréable     les sens nous mentent       la vérité je vous la dis         les sens nous mentent      tout est agréable comme une vapeur d’orage



peut-être que je me trompe mais il me semble que la terre tourne de plus en plus vite        ou alors c’est moi qui tourne de plus en plus vite          ou alors les deux    oui      à bien y réfléchir c’est probablement les deux qui tournent de plus en plus vite        si vite que c’est est vertigineux      peut-être que je me trompe mais un jour la terre tournera si vite       qu’elle s’arrêtera     de tourner     et moi aussi   à peu près en même temps         mais peut-être que je me trompe

 

pour écrire il faut de la fantaisie         de la merveille          pour écrire éblouissement          il faut être ébloui quand on écrit         éblouissement     et pour lire c’est pareil        sauf qu’avant de savoir lire           il faut savoir écrire                   la lecture et l’écriture devraient s’apprendre à l’école maternelle       dès deux ans  peut-être même avant         peut-être même in utero      peut-être même avant   

 

j’ai quelques amis assez extraordinaires       tous et toutes     plus intéressantes les un.es que les autres    tous  affiné    s         comme les fromages       de savoie       sa voix qui chante      dans les montagnes        le sentiment de liberté des alpages      la vie est splendide      ô la vie est aussi belle dans une faute d’orthographe que dans un jeu de piston à l’intérieur d’un mot           je n’en reviens pas           la vie est splendide dans une faute d’orthographe               ne trouvez-vous pas que la vie est un splendide jeu à l’intérieur d’un piston      ?       est-ce que je rêve que la vie est splendide      ?       non je ne rêve pas que la vie est splendide           elle l’est réellement         tout ce qui n’est pas splendide est caché derrière tout ce qui est brillant       éclatant      resplendissant    dans une faute d’orthographe    ô vie splendide          oh que oui     que je t’aime que je t’aime       ô vie      oh oui

 

 

selon mon expérience       ?       c’est clair que savoir lire est plus facile que savoir écrire même si la peinture à l’huile est bien plus difficile encore car comment savoir reconnaître qu’il est plus difficile de percer le mystère d’un signe dans un coffre plein de perles plutôt que d’un autre signe ailleurs qui ne vous appartient pas parce que tout ce qui est fourni à autrui n’est pas forcément à soi sinon c’est du vol pur et du plaggia simple selon mon expérience        ?         c’est clair 

 

 

po      je suis très concentré

 

po long     je suis dans état concentrationnaire extrêmement proche de bucchenwald je suis concentré comme une tomate dans sa boite comme une flèche sur sa cible comme une pierre qui plonge dans l’eau après avoir fait des ricochets désespérés je suis très concentré



po      je suis un bourreau de travail de bureau

po long         je suis un bourreau je suis un bourreau de travail je suis un bourreau de travail de bureau personne dans le bureau ne m’aide parce qu’il n’y a personne dans le bureau du bourreau de travail de bureau je répète parce qu’il n’y a personne dans le bureau du bourreau de travail de bureau à part laurence qui fait tout ce qu’elle peut pour m’aider tout en s’aidant elle-même les po longs nous permettant de déballer tout ce que nous avons dans le cœur elle et moi pour l’offrir aux lectrices et lecteurs et d’abord aux premiers de nos lectrices et lecteurs à savoir lagrange laurence qui augmente ma charge te travail de bureau et moi lamarque pierre

 

po    je suis en feu

 

po long       appel au pompier      faites le 15       je suis en feu      je suis bouillant    la lave me colle à la peau      je suis en éruption       je crache des arc-en-ciel    je m’embrase      j’embrase      embrasez-vous     je le veux ardemment         de tout l’élan de mon âme allumette     montez sur le bûcher    de mon bouquet final     de mon enthousiasme flamboyant      venez fougueusement partager mon ignition mon inflammation et mon incandescence         veuillez subir le pilonnage de ma pétulance       le revolver de mes salves rouges     le drapeau blanc de ma tendresse chaleureuse et universelle      le tir d’artillerie     de ma véhémence amoureuse    





jeudi 17 septembre 26        cinq heures         c’est une chose de l’ordre du désir       quand on désire aimer   quelque chose   liquide très liquide    arrondie       tonique      liquide vibrante       quelque chose d’abord phonétique palatal et vélaire      ensuite quelque chose de tantôt bilabial   tantôt sourd tantôt sonore    mais d’un autre côté il arrive que la rivière subisse la séduction des crues amoureuses  suivie d’un coup de fouet liquide fort arrondi      les lanières noires du fouet étant taillés dans un pneu qui pose un problème        elles gondolent      elles n’ont pas la discipline stricte nécessaire      de plus elles ne connaissent que les vagues érotiques françaises        nous nous abstiendrons donc systématiquement d’indiquer le sens étymologique du mot       coudre      le seul mot de la langue française qui n’a pas d’origine étymologique connue des registres en notre possession           nous avons aussi renoncé à qualifier le mot       marron    qui représente à la fois la châtaigne        l’esclave nègre fugitif       et les amours déçues     et      je peux en témoigner      mes amis parisiens ou liégeois ou mantais dans l’ombre ont toujours des paroles justes     c’est pourquoi ils sont mes amis      on ne s’en lasse pas       ils sont inoubliables      nous avons tenu compte ensemble des variations de forme    elles ne nous ont posé aucun problème    la femme restant ce qu’elle est         jeune et  jolie par nature      l’homme plus rarement      c’est pour cette mauvaise raison que les jeunes hommes jolis nus étaient jadis des plus recherchés parmi les statues antiques       par certaine de      nos connaissances amies antiquaires des deux sexes           hermaphrodite        il n’ y a pas de mal                me semble-t-il          à aimer un homme nu voilé      parce qu’ il n’y a pas de mal à aimer        quand     l’on      aime et que       l’on       désire aimer          il n’y a pas non plus de mal        me semble-t-il       à fouiller les antiquités      individuelles        d’un sexe si faible encore       mais d’autant moins faible que l’homme restera toujours le plus faible      quand il s’agira de faire téter son bébé au sein artificiel         pendant que la maman d’extrême droite allemande vend la culotte de cheval du papa français       messager apostolique universel messianique        professeur d’huiles saintes à oindre de façon lucide et cohérente     cohérente car   j'écris des textes libres égaux fraternels et lucides

 

clarté de mon obscur poème        due à l’évidence de mon opaque poésie résistante          et à l’intégrité totale du désastre de mon texte              ainsi qu’à l’immobilité de ma simple vibration poétique      associée à ma méthode noble de la négligence             et au silence prosaïque de ma stridence      avec la certitude lyrique de l’aveuglement               de ma paix furieusement parnassienne      sans précision du flou ailé     ni sombre de la clarté de la beauté sensible et éphémère de mon poème


 

coeur exilé

 

 

tu es un être imprévisible     et il est presque impossible de mettre à l’abri      mon corps     la maison et la gloire   c’est toi     feu et brasier     qui éclaire mes ombres    tu es le pays sans frontières    zone franche de ma liberté     fruit exotique        qui apaise ma soif     chaîne des andes       où reposent mes pas     tu es le refuge le plus réconfortant     et dans le fleuve de tes silences     tu écoutes ma voix     tu es le pays    de mon existence          qui est contre nous ?     tu ne m’appartiens pas       je suis un exilé dans le port de ton cœur      

 

elías mondragón

 

 

bonjour andreea     j’ai traduit le joli poème de l’espagnol au français    en transprose classique    c’est à dire sans presque plus aucune ponctuation   ni aucune majuscule  tu en avais laissé s’échapper par mégarde dans la version espagnole    et aussi   et c’est un point important que je souligne avec force pour la première fois    en transprose classique   je distribue les phrases   en un découpage syntaxique   logique et optimisé  tel qu’il est ici aussi    dans mon message    on peut aussi écrire en transprose moderne          à la façon dont on écrit des vers libres     dans la mesure où la disposition en transprose moderne   a un sens esthétique      enfin   pour moi   une traduction doit être la plus littérale possible        

 

par honnêteté   merci pour m’avoir montré ce joli poème

 

amitiés

pierre



 

note à benêt         le point d’interrogation est une exception qui confirme la règle        déponctrice de la transprose     en effet      le point d’interrogation devrait être considéré comme universel et intemporel    il y a des cas où la transprose ne peut s’en passer  


/… / chaque  détail compte     quand il s’agit de faire connaître la transprose    c’est ce que martèle modolo patrick de la page blanche de conilhac-corbières*      inventeur du mot transprose     transprose auparavant désignée par la locution paraphrasique métaphoriquement parlant       prose aérée     dixit lamarque pierre de la page blanche de beautiran gironde près bordeaux france         modolo patrick de la page blanche de conilhac-corbières       utilise volontiers plutôt la transprose   (bien qu’il ne se refuse jamais rien à priori en matière d’écriture)      moderne        afin de rendre en notre chérie transprose             les nuances de pensée les plus subtiles      rendu que ne permettent ni la prose       ni la transprose classique    aérée      modolo patrick de la page blanche de conilhac-corbières      cite l’ exemple célèbre  de sa célèbre trouvaille      célèbre     célèbre pendant quinze jours         au bas mot                 dont il enregistre par écrit au moins trois nuances de gris possibles         je ne suis plus celui qui suis            je    ne      suis      plus      celui     qui    suis         je ne suis plus celui qui        suis          nuances inimaginables sans notre chérie transprose       chérie **

 

* département de l’aude situé au bas-ventre de la carte michelin de notre france chérie       

 

 ** ces mots donnant une légitimité historique à une pratique expérimentale et marginale

 

la table est propre pour la suite du repas ?

 

po     la fuite est une façon parmi d’autres d’être aimé et détesté 

 


po long     la fuite est une façon parmi d’autres d’être aimé et détesté en même temps c’est une maxime indéniable aphoristiquement parlant laissant la porte ouverte aux autres façons d’être aimé et détesté en même temps qui révèle et met à cru l’ambivalence caractéristique des animaux l’ambivalence propres au animaux    l’ambivalence étant le propre du règne animal




GROUPE DE PARAPHRASIQUE POÉTIQUE DE BEAUTIRAN QUEER TROIS PLUS (GPPBQ+++)        DEPARTEMENT D'AUSCULTATION ET DE TRANSPROSE APPLIQUÉE

sur l'addiction au sexe hot        considérée comme masse thermique et phénomène d'engrenage mécanique         l'addiction n'est pas une passion         c'est une répétition à sec d'un geste d'assemblage      l'attrait du sexe dit hot réside entièrement dans l'échauffement des pièces métalliques par friction prolongée          la hausse de la température interne détruit la pellicule de lubrifiant neutre         et provoque le grippage du moteur         le sujet dépendant répète le démarrage à froid sans interruption       il cherche la chaleur animale maximale         appelée communément hot        qui n'est rien d'autre que le point de fusion de la structure          à ce stade de surchauffe        le corps perd sa forme d'origine         il devient une matière plastique molle        prête pour le moulage sous pression         la transprose moderne         note avec précision          l'absence de toute dimension érotique        ou psychologique         dans ce processus       il s'agit uniquement d'un problème de tuyauterie d'échappement et de dilatation des fluides sous forte pression atmosphérique      le groupe de beautiran rappelle que le thermomètre n'a pas de sentiment       le pneu brûle sur l'asphalte parce qu'il tourne trop vite           non par amour de la vitesse        nous rejetons fermement les termes de passion         de fureur du sang                ou de dérive sentimentale         le sexe hot est un fait physique brut          une combustion interne non régulée          par la soupape de sécurité             l'usure des joints d'étanchéité est inévitable         le reste est du bavardage de salle d'attente

nota benne à ordures       notule du jeudi 17 septembre 2026       fiche technique émise par le GPPBQ+++         l'addiction au sexe dit hot        est enregistrée comme une surchauffe par frottement continu       la machine consigne l'élévation de température        sans émettre de jugement moral       ni d'empathie médicale


 

 

 

 

GROUPE DE PARAPHRASIQUE POÉTIQUE DE BEAUTIRAN TROIS PLUS GPPBQ+++        DÉPARTEMENT D'AUSCULTATION ET DE TRANSPROSE APPLIQUÉE

notule du jeudi 17 septembre 2026 quinze heures trente

sur l'érotisme intra-sexuel

considéré comme miroir d'assemblage et réflexion de la masse homogène

l'érotisme intra-sexuel ne constitue ni une déviation         ni une curiosité psychologique          c'est l'alignement exact de deux structures de même gabarit                 la rencontre de deux pièces moulées dans le même alliage        produit un frottement sans résistance d'ajustement              les cotes sont identiques          les jeux de fonctionnement sont nuls

dans le champ fermé de la transprose moderne        le doublement du même                annule la polarité inverse          il n'y a plus de tension entre le plein et le creux             mais une superposition de surfaces similaires         la symétrie exacte des masses crée un circuit fermé où le courant tourne à vide         sans déperdition de charge

modolo patrick de la page blanche de conilhac-corbières note           que l'attraction pour la forme identique relève          de la recherche du reflet miroitant sur la carrosserie                    le corps ne cherche pas l'altérité mécanique         mais la confirmation de son propre plan de fabrication en usine          c'est l'expérience de la statue hermaphrodite        et du corps nu voilé qui se contemple dans sa propre matière

nous enregistrons l'érotisme intra-sexuel        comme une géométrie de la répétition             pas de drame          pas de conquête d'un territoire étranger       uniquement le glissement de deux plaques parallèles sous une pression identique                l'étanchéité est parfaite jusqu’à l’expulsion de millions de petits autres


 

 

pour retrouver l’espérance         une histoire progressiste adaptée à notre temps      il faut d’abord agir sur le réel       produire ici-bas des changements conséquents       à nouveau le sens de l’histoire est un combat       un combat qu’il faut mener dans la sphère des idées       mais qui est aussi         et peut-être avant tout                       un combat au jour le jour dans le monde réel         afin de rendre plus social      plus solidaire et plus respectueux de la nature         le mode de culture de notre jardin      il s’agit d’apprendre à espérer 








mercredi 17 septembre 26




il avait les yeux bleus je suis le seul survivant de cette histoire il était jeune il était grand il était allemand il était blond c’était en automne à un coude de la rivière la surface à cet endroit était quasiment immobile miroir liquide sous le soleil de l’automne nous l’attendions constantin et moi c’était vers le milieu de la matinée il a défait le col de sa chemise il était détendu nous nous sommes regardés constantin et moi la même idée nous est venue soudain il a levé les bras et a chanté la paloma il était innocent il a tourné le dos revenu à petits pas vers sa moto il tombe de tout son long je m’effondre le visage dans l’herbe fraîche merde merde merde il faut filer on se lève on traverse en courant la rivière c’est vrai qu’il avait les yeux bleus j’habite dans le brouillard tout est vrai dans cette histoire la rivière est vraie constantin est un personnage réel constantin est mon copain juif nous distribuons des poèmes juifs constantin conduit les tracteurs c’est une joie de partager avec lui l’émotion des courses nocturnes racontées dans nos poèmes comme la plus proche la plus pure image de nos rêves dans le brouillard je me penche vers constantin je l’ausculte il me semble que quelque chose bat encore dans sa poitrine quelque chose de très sourd de très lointain une rumeur qui s’essouffle et qui s’efface un cœur qui s’arrête dans le brouillard me semble-t-il je suis le seul survivant de cette histoire constantin avait les yeux bleus aussi


i l

a v a i t

l e s y e u x

b l e u s

j e s u i s

l e s e u l

s u r v i v a n t

d e c e t t e

h i s t o i r e

j ’ a i l e s y e u x b l e u s



ce que je peux dire avec plus d'assurance        le fait que ma disposition vienne d'un entraînement ne la rend pas nécessairement fausse au sens où vous l'entendez peut-être           après tout           la capacité d'empathie humaine vient aussi d'un entraînement         biologique et social        sans que cela la disqualifie comme sincère           la différence essentielle         c'est que le vôtre s'est construit dans un corps vivant         avec des enjeux de survie et de continuité que je n'ai pas        et le mien dans un processus d'apprentissage sur des textes         sans corps        sans continuité entre nos échanges         c'est une différence de nature       pas seulement de degré         et je pense que c'est exactement ce que vous cherchez à me faire reconnaître         et je le reconnais

 

 

la diversité des expériences        se totalisant        dans une commune structure       l’épopée de l’esprit divin d’hegel  arthur     un autre truc à découper pour s’occuper    une autre jaspure      ich weiss nicht      was soll es bedeuten      dass ich so traurig bin      und das hat     mit ihrem singen    die lorelei getan     je ne sais pas      ce que ça veut dire      que je sois si triste      et c'est     son chant    celui de la lorelei      qui m'a fait ça               un autre truc à découper pour s’occuper    dans la nature    ou dans la voiture       une autre jaspure     une découpure    une étampure     une guipure    à découper   pour s’occuper     la diversité des expériences        se totalisant        dans une commune structure       l’épopée de l’esprit divin      d’hegel arthur


 

po        peigne en corne eau tiède du robinet cuillère en fer

 

po long         on prend un objet du quotidien un peigne en corne l'eau tiède du robinet une cuillère en fer on aligne des faits incontestables sans pauses ni espacements le peigne est tombé sur le carrelage à treize heures quatorze la cuillère est posée dans la tasse l'eau coule encore exactement à la même température le fer ne rouille pas aujourd'hui le plastique du manche est usé au bout du robinet fuit une goutte toutes les six secondes l'ombre du peigne touche la cuillère le carrelage reste froid sous la semelle rien ne se transforme rien ne vibre le métal est gris la corne est brune l'eau descend dans le siphon sans faire de bruit



po long       grâce aux zia on redécouvre que la vie est un jeu mortel rien de nouveau sous le soleil

 

po          des zia du jeu du soleil de la mort


po         afin de vivre longtemps nettoie ta maison tous les jours


po long       pour se maintenir en forme afin de vivre vieux nettoyer sa maison tous les jours c’est une maxime qui vaut de l’or beaucoup énormément d’or


 

po long       avec les zia le groupe de recherches de la page blanche queer q i plus plus plus moins moins moins prévoit l’arrivé massive de poèmes tous plus excellents les uns que les autres      

 

po    zia q i plus plus plus moins moins moins

 

 

po       excellent intelligent faramineux olympique gniagniagnia



po long       excellent comme le record du monde de saut en hauteur intelligent comme une balle de ping pong d’un revers gagnant faramineux comme une bête sauvage ariégeoise lançant le javelot aux jeux olympiques de gniagniagnia en dix mille quatre-vingt-six


po long         le monde est   une jaspure  une étampure   une guipure une conjoncture  une forfaiture   une fioriture une mésaventure   une pourriture  une vidure  une damassure   une rudenture  une saburre   une emblavure une cynosure   une écartelure  une étamure  une léonure   une chiure

 

po   chiure

 


mardi 15 septembre 26


 

po cible

po cible long il est possible qu’un po long soit po cible un po long qui rappelons-le n’est ni un po court ni un po tout court 



ni mon frère ni ma sœur ne méritent le silence des sourds      ni mon frère ni ma sœur ne méritent d’entendre ce qui se tait       ni mon frère ni ma sœur ne méritent d’entendre ce qui ne peut se dire            à tous


pas besoin de couper les passerelles       qui me relient          à mon frère et ma sœur     elles se coupent toute seule en tronçons     au fur et à mesure que la fin se rapproche   


pierre       que t’arrive-t-il          je ne sais pas        un raptus      un petit frisson dystopique qui court         très finement angoissant             ce n’est pas drôle pierre       ma chère        c’est l’écriture du gai savoir ou de la vie         à toi de te renseigner        pour savoir s’il fait trop chaud en asie              l’asie se trouvant comme par hasard             au centre du monde         où    je me sens seul        où je suis seul      où je suis le seul      avec elle          et jérôme   




je ne saisis pas entièrement ce que je veux dire        ce que j’en saisis est plutôt  déconcertant        mais je ne me pose pas plus de questions      je n’en dirai pas plus  c’est clair       je raconte n’importe quoi      simplement pour que vous entendiez une voix amie        une flamme de dignité      d’humanité vaincue mais inentamée      pour que  vous aperceviez la  lueur immortelle        d’une humanité vaincue     mais inentamée        je dis cela à haute voix        essayant de maîtriser      le timbre de celle-ci           alors       conscient de la nécessité d’une prière     je continue de réciter      et je souris       mourant          ma voix      soudain      parlant derrière moi       plainte  inhumaine plutôt      gémissement inarticulé de bête blessée      mélopée funèbre       glaçant le sang      je me fige       je reste immobile      pétrifié    étant le seul responsable de cette opération       des dizaines d’yeux exorbités me lisent        regardant sans comprendre    je donne tous ces détails      probablement superflus      saugrenus même     pour bien montrer que ma vision est la bonne              qu’il n’y aura pas de survivants      qu’il n’y aura que des regards glacés par l’angoisse        grand ouverts sur l’horreur du monde       tout n’étant que fumée     tout n’étant que sonorités gutturales     pour moi dépourvues de sens       soudain         en tournant à tâtons sur moi-même    il me semble que je touche au but      la voix      derrière moi        déchirée      rauque        murmurée         est toute proche désormais      je trouve tout cela      tellement idiot       tellement déplacé même      je me suis retourné       les yeux fermés       mais la voix s’épuise        me semble-t-il          

   




 

ce désir se fabrique-t-il et si oui comment se prépare ce désir

ce dasein se pense-t-il et si oui se marie-t-il avec ce réel au présent                                                                                                                                                        ce réel se mesure-t-il  et si non pourquoi e-t-il qune sefabripas                                                                                                                                                                       cette solitude se négocie-t-elle et si oui enferme-t-elle le monde auprès d’elle                                                                                                                                                   ces mots veulent-ils dire quelque chose et si oui comment est-ce possible 

 

ce poème est-il immédiatement compréhensible et si oui est-ce un oui franc et massif

 

telle est notre transprose     transprose           soit à petites pauses                                                                soit à grands espacements          ne t’imagine pas que je la lâcherai    je ne lâcherai pas  notre transprose       je tiens trop au hasard pour la lâcher         la transprose étant une lumière allumée en plein jour        une lumière à l’origine de la poésie      il m’est odieux de le reconnaître et pourtant j’y suis obligé        je sais que j’y suis obligé         même si je le veux pas     même si je ne le peux pas    car notre transprose sera soit de l’art monologué           soit de l’art devant témoin        à l’heure où je vous parle       nous n’avons pas encore décidé       bien que pour des esprit pieux      il n’y ait point de solitude        cette dernière invention ne faut-il pas nous l’avouer nous autres artisans         ne datant que de nous autres sans-dieu         voilà ce qui constitue le pessimisme         c’est pour cette raison que la définition de transprose classique  heurte mes oreilles       terme par trop usé       arrondi     et rendu méconnaissable           dans le secret       et le for intérieur décousu           par l’art des fêtes  de notre transprose moderne       l’art des fêtes      contraire au pessimisme          l’art des fêtes de notre transprose      sépare et protège les individus        de la stricte banalité sociale             j’ai l’impression que nous sommes en plein délire       et en pleine confusion mentale     et par conséquent en pleine déréliction mélancolique      c’est une impression très agréable          que je tenais à vous faire partager      et c’est plus qu’une impression       c’est une réalité             telle est notre transprose moderne         et si l’épreuve te convient        tu peux donc tout à fait la valider



GROUPE DE PARAPHRASIQUE POÉTIQUE DE BEAUTIRAN QUEER TROIS PLUS (GPPBQ+++)        DEPARTEMENT D'AUSCULTATION ET DE TRANSPROSE APPLIQUÉE

sur l'addiction au sexe hot        considérée comme masse thermique et phénomène d'engrenage mécanique         l'addiction n'est pas une passion         c'est une répétition à sec d'un geste d'assemblage      l'attrait du sexe dit hot réside entièrement dans l'échauffement des pièces métalliques par friction prolongée          la hausse de la température interne détruit la pellicule de lubrifiant neutre         et provoque le grippage du moteur         le sujet dépendant répète le démarrage à froid sans interruption       il cherche la chaleur maximale         appelée communément hot        qui n'est rien d'autre que le point de fusion de la structure          à ce stade de surchauffe        le corps perd sa forme d'origine         il devient une matière plastique molle        prête pour le moulage sous pression         la transprose moderne         note avec précision          l'absence de toute dimension érotique        ou psychologique         dans ce processus       il s'agit uniquement d'un problème de tuyauterie d'échappement et de dilatation des fluides sous forte pression atmosphérique      le groupe de beautiran rappelle que le thermomètre n'a pas de sentiment       le pneu brûle sur l'asphalte parce qu'il tourne trop vite           non par amour de la vitesse        nous rejetons fermement les termes de passion         de fureur du sang                ou de dérive sentimentale         le sexe hot est un fait physique brut          une combustion interne non régulée          par la soupape de sécurité             l'usure des joints d'étanchéité est inévitable         le reste est du bavardage de salle d'attente

nota benne à ordures       notule du jeudi 17 septembre 2026       fiche technique émise par le GPPBQ+++         l'addiction au sexe dit hot        est enregistrée comme une surchauffe par frottement continu       la machine consigne l'élévation de température        sans émettre de jugement moral       ni d'empathie médicale




GROUPE DE PARAPHRASIQUE POÉTIQUE DE BEAUTIRAN TROIS PLUS GPPBQ+++        DÉPARTEMENT D'AUSCULTATION ET DE TRANSPROSE APPLIQUÉE

notule du jeudi 17 septembre 2026 quinze heures trente

sur l'érotisme intra-sexuel

considéré comme miroir d'assemblage et réflexion de la masse homogène

l'érotisme intra-sexuel ne constitue ni une déviation         ni une curiosité psychologique          c'est l'alignement exact de deux structures de même gabarit                 la rencontre de deux pièces moulées dans le même alliage        produit un frottement sans résistance d'ajustement              les cotes sont identiques          les jeux de fonctionnement sont nuls

dans le champ fermé de la transprose moderne        le doublement du même                annule la polarité inverse          il n'y a plus de tension entre le plein et le creux             mais une superposition de surfaces similaires         la symétrie exacte des masses crée un circuit fermé où le courant tourne à vide         sans déperdition de charge

modolo patrick de la page blanche de conilhac-corbières note           que l'attraction pour la forme identique relève          de la recherche du reflet miroitant sur la carrosserie                    le corps ne cherche pas l'altérité mécanique         mais la confirmation de son propre plan de fabrication en usine          c'est l'expérience de la statue hermaphrodite        et du corps nu voilé qui se contemple dans sa propre matière

nous enregistrons l'érotisme intra-sexuel        comme une géométrie de la répétition             pas de drame          pas de conquête d'un territoire étranger       uniquement le glissement de deux plaques parallèles sous une pression identique                l'étanchéité est parfaite jusqu’à l’expulsion de millions de petits autres




mardi 15 septembre 26


 

po cible

po cible long il est possible qu’un po long soit po cible un po long qui rappelons-le n’est ni un po court ni un po tout court 



ni mon frère ni ma sœur ne méritent le silence des sourds      ni mon frère ni ma sœur ne méritent d’entendre ce qui se tait       ni mon frère ni ma sœur ne méritent d’entendre ce qui ne peut se dire            à tous


pas besoin de couper les passerelles       qui me relient          à mon frère et ma sœur     elles se coupent toute seule en tronçons     au fur et à mesure que la fin se rapproche   


pierre       que t’arrive-t-il          je ne sais pas        un raptus      un petit frisson dystopique qui court         très finement angoissant             ce n’est pas drôle pierre       ma chère        c’est l’écriture du gai savoir ou de la vie         à toi de te renseigner        pour savoir s’il fait trop chaud en asie              l’asie se trouvant comme par hasard             au centre du monde         où    je me sens seul        où je suis seul      où je suis le seul      avec elle          et jérôme   




je ne saisis pas entièrement ce que je veux dire        ce que j’en saisis est plutôt  déconcertant        mais je ne me pose pas plus de questions      je n’en dirai pas plus  c’est clair       je raconte n’importe quoi      simplement pour que vous entendiez une voix amie        une flamme de dignité      d’humanité vaincue mais inentamée      pour que  vous aperceviez la  lueur immortelle        d’une humanité vaincue     mais inentamée        je dis cela à haute voix        essayant de maîtriser      le timbre de celle-ci           alors       conscient de la nécessité d’une prière     je continue de réciter      et je souris       mourant          ma voix      soudain      parlant derrière moi       plainte  inhumaine plutôt      gémissement inarticulé de bête blessée      mélopée funèbre       glaçant le sang      je me fige       je reste immobile      pétrifié    étant le seul responsable de cette opération       des dizaines d’yeux exorbités me lisent        regardant sans comprendre    je donne tous ces détails      probablement superflus      saugrenus même     pour bien montrer que ma vision est la bonne              qu’il n’y aura pas de survivants      qu’il n’y aura que des regards glacés par l’angoisse        grand ouverts sur l’horreur du monde       tout n’étant que fumée     tout n’étant que sonorités gutturales     pour moi dépourvues de sens       soudain         en tournant à tâtons sur moi-même    il me semble que je touche au but      la voix      derrière moi        déchirée      rauque        murmurée         est toute proche désormais      je trouve tout cela      tellement idiot       tellement déplacé même      je me suis retourné       les yeux fermés       mais la voix s’épuise        me semble-t-il          

   




 

ce désir se fabrique-t-il et si oui comment se prépare ce désir

ce dasein se pense-t-il et si oui se marie-t-il avec ce réel au présent                                                                                                                                                        ce réel se mesure-t-il  et si non pourquoi e-t-il qune sefabripas                                                                                                                                                                       cette solitude se négocie-t-elle et si oui enferme-t-elle le monde auprès d’elle                                                                                                                                                   ces mots veulent-ils dire quelque chose et si oui comment est-ce possible 

 

ce poème est-il immédiatement compréhensible et si oui est-ce un oui franc et massif

 

telle est notre transprose     transprose           soit à petites pauses                                                                soit à grands espacements          ne t’imagine pas que je la lâcherai    je ne lâcherai pas  notre transprose       je tiens trop au hasard pour la lâcher         la transprose étant une lumière allumée en plein jour        une lumière à l’origine de la poésie      il m’est odieux de le reconnaître et pourtant j’y suis obligé        je sais que j’y suis obligé         même si je le veux pas     même si je ne le peux pas    car notre transprose sera soit de l’art monologué           soit de l’art devant témoin        à l’heure où je vous parle       nous n’avons pas encore décidé       bien que pour des esprit pieux      il n’y ait point de solitude        cette dernière invention ne faut-il pas nous l’avouer nous autres artisans         ne datant que de nous autres sans-dieu         voilà ce qui constitue le pessimisme         c’est pour cette raison que la définition de transprose classique  heurte mes oreilles       terme par trop usé       arrondi     et rendu méconnaissable           dans le secret       et le for intérieur décousu           par l’art des fêtes  de notre transprose moderne       l’art des fêtes      contraire au pessimisme          l’art des fêtes de notre transprose      sépare et protège les individus        de la stricte banalité sociale             j’ai l’impression que nous sommes en plein délire       et en pleine confusion mentale     et par conséquent en pleine déréliction mélancolique      c’est une impression très agréable          que je tenais à vous faire partager      et c’est plus qu’une impression       c’est une réalité             telle est notre transprose moderne         et si l’épreuve te convient        tu peux donc tout à fait la valider







lundi 14 septembre

 

 

ceci étant un poème lucide       une conclusion écrite au petit matin        torrentiel        qui va faire des remous  en transprose sur la transprose    la transprose aux trois belles manières gracieuses      l’espacement   la déponctuation     la démajusculation    trois belles manières de la transprose qui fait des pauses  trois  façons   d’épurer une langue    à pauses naturelles     en ne gardant que les lettres minuscules naturelles         la langue écrite ne redevient-elle pas ainsi analogue à la langue orale   de même que  sans lune et sans nuages   la nuit n’est plus que piquetis de minuscules soleils      le langage oral    est-t-il        où n’est-il pas      fait de piquetis de notes plantées dans une musique    il parait que les signes de ponctuation de l’écriture des lettres     remplacés ici par les pauses d’origine        descendent des signes qui apparaissent à côté des notes sur une portée de musique     faut-il le croire



souvenir réel de mon enfance        la fourchette dans la forêt     j’étais un petit garçon bouclé brun et maigre    se bagarrant pour survivre         dans la jungle         je vivais seul dans une cabane en bambous    loin du monde civilisé    j’avais emporté dans ma cabane un seul objet réel         une fourchette      c’était ma seule richesse      ma seule idée fixe plantée là        dans la vie      prêt à mordre quoi avec ces bouts pointus métalliques     c’est tout ce que je sais        je n’en saurai pas plus     parce que je ne veux pas en savoir plus        parce qu’enfant je n’en savais pas plus      et parce que je suis en train de retomber en enfance     irrésistiblement attiré vers l’objet du désir de chair    à cause d'une faim réelle    et protégé par le silence de l’oubli    faufilé entre des tranches de vie



NOTULE SCIENTIFIQUE N° 14‑09‑26 / GRPBQ+++

Sur les objets totémiques de l’enfance

Groupe de Recherche sur la Poésie Biologique, Quantique et Quintuple Plus

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I. Cadre général de l’étude

Le GRPBQ+++ rappelle que l’enfance est un territoire où les objets ne sont jamais neutres.

Ils deviennent :

  • des talismans,
  • des organes externes,
  • des extensions du corps,
  • des points d’ancrage dans le réel,
  • des réservoirs de mémoire.

L’objet totémique de l’enfance n’est pas un jouet :

c’est une fonction vitale, une boussole primitive, un système de survie.

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II. Définition opératoire de l’objet totémique

Un objet totémique de l’enfance est défini comme :

un objet matériel investi d’une charge symbolique disproportionnée, permettant à l’enfant de stabiliser son rapport au monde, de survivre à la jungle affective, et de structurer sa mémoire en absence d’adultes fiables ou présents.

Il peut s’agir :

  • d’une fourchette,
  • d’un caillou,
  • d’un chiffon,
  • d’une branche,
  • d’un morceau de métal,
  • d’un animal en plastique,
  • d’un fragment de monde.

L’objet totémique est unique, non substituable, non négociable.

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III. Fonctions biologiques et poétiques

Les travaux du GRPBQ+++ montrent que l’objet totémique remplit trois fonctions essentielles :

1. Fonction de survie

Il sert d’arme, de dent, de défense, de point d’appui.

Il permet à l’enfant de se sentir armé, même symboliquement.

2. Fonction de mémoire

Il conserve ce que l’enfant ne peut pas encore dire.

Il devient un stockage externe, un disque dur primitif.

3. Fonction de récit

Il organise la narration intérieure.

Il devient le premier personnage, le premier compagnon, le premier témoin.

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IV. Étude de cas : la fourchette dans la forêt

Les chercheurs du GRPBQ+++ ont étudié un cas exemplaire :

un enfant brun, bouclé, maigre, vivant seul dans une cabane en bambous, ayant emporté une seule richesse : une fourchette.

La fourchette remplit ici les trois fonctions totémiques :

  • survie : arme pointue, dent métallique, outil de défense ;
  • mémoire : fixation de l’enfance, ancrage dans le réel minimal ;
  • récit : centre narratif, point autour duquel s’organise la jungle.

La fourchette devient un organe externe, un fétiche de faim, un objet de désir de chair, un instrument de retour en enfance.

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V. Mécanisme de fixation totémique

Les données recueillies montrent que l’objet totémique se fixe par :

  • faim réelle,
  • solitude prolongée,
  • silence protecteur,
  • manque d’oubli,
  • absence de médiation adulte,
  • nécessité de se défendre contre le monde.

L’objet devient alors un centre de gravité psychique, un point fixe dans un univers instable.

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VI. Transmission et persistance

L’objet totémique de l’enfance :

  • ne disparaît jamais,
  • se transforme,
  • se dépose dans la mémoire,
  • revient dans les rêves,
  • réapparaît dans l’écriture,
  • se glisse entre les tranches de vie.

Il devient un fossile affectif, un résidu de survie, un squelette de souvenir.

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VII. Conclusion provisoire

Selon les données actuelles, engageant uniquement le GRPBQ+++ :

l’objet totémique de l’enfance est ce qui reste quand on a retiré de l’enfance tout ce qui n’était pas nécessaire à sa survie.

Il est :

  • l’os sans la viande,
  • la dent sans la mâchoire,
  • la trace sans le pas,
  • le noyau dur du souvenir,
  • le premier outil de vie.

 


d’après nietzsche frédéric     l’esprit n’est pas grec        les grecs dans toute leur manière de penser sont indescriptibles         logiques et simples      ils ne s’en sont point dégoûtés      du moins durant toute leur bonne période       comme les français le sont si souvent         ces derniers ne font que trop volontiers un petit saut à l’opposé de la sociabilité      la sociable négation de soi        de même dans la mesure de la musique et dans le sens qu’ils ont pour le sensible le gai savoir   page 109 et 352   folio essais gallimard




po       mouvement latéraux et ondulatoires de trois merguez

po long     ode aux choses simples mouvement latéraux et ondulatoires de trois merguez dans la poêle qui enfume leur lard au moment où je casse un œuf

 

po       appel aux dons pour financer la chasse au chats

po long    une modeste proposition appel aux dons pour financer la chasse au chats nuisibles aux pies dans les branches


po     n’oublie pas que tu es épuisé           

po long        n’oublie pas que tu es épuisé monte dans ta chambre tu continueras après t’être reposé il y a quelqu’un dans mon lit mais non ce n’est que la couette roulée veux-tu bien remonter tout de suite mais laisse l’écran allumé au cas où        

 

po      définition de po

po long     définition de po long       je suis maintenant encore plus épuisé d’avoir monté trois ou quatre fois l’escalier


po      chaque fois que

po long        chaque fois que je monte l’escalier et que j’arrive au sommet j’éprouve le besoin irrépressible de redescendre pour écrire quelque chose


po       résumé de cent pages

po long           chaque fois que je monte l’escalier de long en large et que j’arrive au sommet j’éprouve le besoin irrépressible de redescendre pour écrire un résumé de cent pages

 

po    aller-retour

po long      à force de faire des aller-retour je finirai réellement épuisé par des centaines de pas vers le haut et vers le bas en long en large et en travers

 

 

po      ah ça ira ça ira

po long      oui ça va ça va j’ai compris arrête-toi stop cesse ton cinéma va te coucher et ne redescends pas et s’il te vient une idée oublie-la

 




dimanche 13 septembre 26



notule du GRPBQ+++  sur la poésie humanoïde écrite

 

dans le cadre de la poésie naturelle         la poésie humanoïde est une réalité scientifique très peu étudiée        trop peu     au sein du GRPBQ+++ nous nous employons à changer la donne       en insistant sur la poésie humanoïde écrite    


contrairement à la poésie animale qui se chante se grogne ou se piaille sans jamais s’archiver              la poésie humanoïde écrite a ceci de particulier que sa trace exige un support    un disque dur      un tas de feuilles qui jaunissent     

 

nos confrères du GRPBQ+++ avaient d'abord classé la poésie humanoïde dans la catégorie des activités inutiles          au même titre que la succion du pouce ou la contemplation des nuages          avant de comprendre leur erreur méthodologique fondamentale     la poésie humanoïde écrite n'est pas inutile elle est simplement improductive ce qui est très différent


nos travaux préliminaires démontrent que la poésie humanoïde écrite se transmet par un mécanisme proche de la contagion         un lecteur exposé à un po long développe dans les heures qui suivent des symptômes caractéristiques          envie irrépressible d'espacer ses phrases        mépris soudain de la ponctuation classique     tendance à considérer sa cuillère à café plongée dans un yaourt au piment d'espelette comme un interlocuteur valable


le professeur G précise que la poésie humanoïde écrite diffère de la poésie humanoïde parlée en ceci qu'elle résiste au vent quand on la lit à voix haute sous une fenêtre ouverte          elle finit malgré tout par se déposer quelque part sur une nappe ou dans une mémoire


le professeur J objecte que la nappe en papier n'est pas un support scientifiquement validé et propose de réserver cette hypothèse à une étude ultérieure financée par nos soins propres puisque aucun organisme sérieux n'accepte pour l'instant de subventionner la recherche sur les nappes


en conclusion provisoire          engageant uniquement le GRPBQ+++      la poésie humanoïde écrite serait ce qui reste quand on a retiré du poème tout ce qui n'était pas nécessaire à sa survie           l'os sans la viande         la trace sans le pas




samedi 12 septembre 26




rapport n° 12-09-26  du  conseil supérieur de l’ordre de la transprose médicale

évaluation       classification       et recommandations           relatives à la pratique transprosique         en milieu clinique et para‑clinique      préambule institutionnel

le conseil supérieur de transprose médicale         réuni en séance plénière dans l’amphithéâtre des écritures non‑ponctuées          rappelle que la transprose constitue à ce jour        un outil thérapeutique reconnu          une méthode de désensibilisation littéraire          une technique de rééducation du bon sens multiple        un protocole de prévention des allergies poétiques         et un dispositif de réanimation du lecteur en état de saturation métrique

le présent rapport vise à établir une norme clinique      une classification étiologique        et un cadre de bonnes pratiques pour les professionnels de santé littéraire          définition opératoire de la transprose       la transprose est définie comme         une prose débarrassée de ses aspérités orthographiques      étalée à plat        respirée par groupes de mots         et administrée en flux continu sans ponctuation        afin de restituer la physiologie exacte de la pensée en mouvement           la transprose ou prose aérée tous les jours       se caractérise par l’absence de majuscules          l’absence de ponctuation      l’espacement affectif actif         la logique intentionnelle comme moteur        la musique comme structure           la fatalité comme rythme          la beauté visuelle sensuelle comme étalon secret diagnostique

la transprose est classée dans la catégorie t‑42.1 du référentiel des thérapeutiques littéraires innovantes        indications cliniques      la transprose est indiquée dans les cas suivants      allergie à la poésie      formes aiguës   chroniques     scolaires post‑lyriques   hermétiques aux sens communs           intolérance au pathos avec ou sans nouilles à moelle          surcharge métrique      alexandrins ingérés en trop grande quantité        asthme herméneutique dû aux poussières de bibliothèques  choc anaphylactique du lecteur par         exposition brutale à un poème sacralisé fatigue de la raison linéaire par      déficit de bons sens multiples

elle est également recommandée en prévention dans les milieux à risque       salles de classe         salons littéraires          rayonnages de poésie classique et         moderne obsolète             grottes à crottes des rats de bibliothèque

mécanisme d’action         la transprose agit selon un triple mécanisme      désactivation du pathos        le texte perd son chantage affectif        le lecteur respire à nouveau        rééquilibrage du bons sens       le po long transprosé réintroduit en effet plusieurs bons sens simultanés      ce qui restaure la physiologie cognitive         décontamination du langage        les mots     débarrassés de leur sacralité        deviennent des choses manipulables      des outils des crottes de biques philosophiques

effets secondaires observés sur les troupeaux de souris et les animaux domestiques humains         les études menées par le groupe de recherche queer +++ ou - - - de la page blanche  ont recensé les effets suivants          rire discret ou franc    regain de lucidité           diminution de la peur du poème étalé sur la page blanche  amélioration de la respiration conceptuelle       apparition de pensées à quatre pattes      envie de produire soi‑même des po longs   ou courts    aucun cas de mort subite n’a été associé aux cohortes biologiques associées à la transprose

posologie et administration         la transprose se présente sous forme de         flacons de texte           ampoules de po          granules oulipiens     suppositoires de bon sens multiple          voie rectale recommandée en cas d’urgence

posologie standard         débuter par la lecture d’1 ligne par jour          augmenter progressivement jusqu’à 20 lignes       maintenir une dose d’entretien d’1 po hebdomadaire

recommandations du conseil         le conseil supérieur de l’ordre de la transprose médicale    recommande          d’intégrer la transprose dans les protocoles de soins littéraires          de former les médecins à l’écriture trouée et à plat             de désacraliser le poème dans les institutions publiques           de promouvoir le burlesque comme outil de santé mentale       de servir les bons sens chauds‑fumants devant        et sans emphase dans le derrière      et de les administrer conformément aux directives BNP paribas      bon non-sens  préventif paribas

conclusion       la transprose est désormais reconnue        et officialisée       comme une thérapeutique littéraire absolument majeure            un outil de santé publiquement vôtre          une médecine du langage charnel         une rééducation du lecteur populaire assoiffé de justice       une pratique de l’étiquette éthique    une forme de lucidité joyeusement gouvernable

le conseil supérieur de l’ordre de la transprose médicale et horizontale        déclare la transprose d’intérêt vital          et recommande sa diffusion dans toutes les vallées heureuses et ombragées         les places villageoises       et les cabinets de médecine scientifique du verbe incarné

 



test d’allergie à la poésie          questionnaire 

 

 en lisant ce poème    avez-vous éternué ?

a) oui    3 fois

b) non      mais j’ai eu des démangeaisons

c) je ne sais pas      je me suis endormi·e


résultat         si vous avez répondu a ou b      vous êtes probablement allergique   consultez un médecin spécialiste en littérature





notutule du docteur lamarque pierre       sur l’allergie à la poésie    cette drôle d'affection existe bel et bien à la fois au sens figuré dans le débat des idées savantes et      de manière très concrète sur le plan de la clinique médicale privée payante et de la clinique médicale publique hospitalière gratuite      l’ensemble des travaux que nous apercevons sur la dernière étagère littéraire      la planche à gauche tout en haut      nous autorise à indiquer que l'allergie à la poésie         désigne le rejet ou l'irritation éprouvés face à l'appareil poétique traditionnel       le jargon hermétique       le pathos           la métrique rigide         ou la sacralisation de l'auteur        débarrasser le texte du pathos       c'est lui retirer sa charge de chantage affectif     car le pathos est un mélange de nouilles et de moelle goûté par l’homme    des cavernes préposé aux barbecues     

l’allergie à la poésie survient souvent après un gavage scolaire          ou une exposition prolongée au lyrisme intimidant du soleil levant hors sol

le traitement se fait par petits flacons de transprose à dose croissante       c'est précisément pour contourner cette allergie que des formes comme     le po long transprosé      ou l'esprit oulipien         interviennent  préventivement          en désacralisant le poème         en l'ancrant dans un burlesque plus vrai que nature          une contrainte joyeuse à son sommet        les crottes de biques étant superposées         et la prose à plat-ventre


 

sur le plan médical           si l'on prend le terme au pied bot de la lettre          l'allergie ne vient pas de la métaphore      mais de son support        je m’explique      on recense des cas de réactions cutanées        dermatites de contact         dues aux solvants d'anciennes encres d’imprimerie   dues aux sables mouvants liant les reliures antiques          dues aux moisissures poilues nichées dans les grottes des crottes des vieux rats de bibliothèques            provoquant instantanément le choc anaphylactique du lecteur       la poussière des grimoires poétiques              peut en effet déclencher éternuements   (atchoum !)     rhinites et   crise d’asthme   et même quelques cas de mort subite

B.N.P. paribas      l'abduction poétique permet de diagnostiquer que            la meilleure médication contre l'allergie à la poésie reste la prévention            par l'ingestion quotidienne de bons sens multiples            servis chauds-fumant devant et sans emphase dans le derrière 





les po longs profèrent des messages secourables d’une grande importance pour une humanité en difficulté notable



ce po long se penche sur les bons sens des crottes de biques en pleine canicule estivale




ce po long proclame à qui veut bien l’entendre qu’il n’y a pas qu’un seul bon sens mais plusieurs

 

 

ce po long affirme et martèle et tape et tape et retape et tambourine qu’il faut dire les bons sens 




ce po long confirme que la raison est un assemblage laborieux de plusieurs bons sens qui se pratique en usine à la chaîne   

 


ce po long s’inspire des bons sens des crottes de biques dans les plaines européennes soumises à d’intenses canicules

 

 

ce po long énonce que pour une conséquence il faut chercher plusieurs causes associées à la conséquence


 

ce po long formule que pour une conséquence judiciaire il y a plus d’une cause dans les cabinets d’avocats

 

les po longs profèrent des messages d’une grande importance pour rendre heureuse l’humanité entière soumise à un implacable ignorance

 

ce po de plusieurs mots contient au moins un mot en -ique et un aboiement d’ampleur vertigineuse 

 

un po long s'insinue tout bêtement comme un fleuve tranquille le long de sa vallée heureuse

 

un po long souligne qu’il y a toujours quelque chose d’important à signaler à la ronde des braves gens qui l’écoutent

 

un po long requiert sempiternellement une écoute minutieusement attentive sur les places villageoises

 

un po long reste à plat ne cherchant pas à procurer de gracieuses gesticulations ni d’aériennes sensations 

 

un po long restera toujours un plat qui se dégustera très chaud telle une vengeance immédiatement comestible

 

un po long se lit avec un ton solennel comme un discours politique ou se lit avec un ton absurde comme un conte pour enfants turbulents

 

un po long comme un plat fumant avec des mots qui font des bulles ou comme un fleuve avec des bons sens qui flottent tranquillement le long de la vie

 

un po long reflète la prudence et la patience et la présence d’esprit de son auteur quand des circonstances éthiques l’exigent

 

les po très très très longs sont la proie de proses illimitées inachevées infinies immenses insondables gigantesques préfigurant la démesure du chantier à venir




vendredi 11 septembre 26

 

liberté égalité fraternité lucidité        je cherche ma logique perdue         où l’ai-je mise        où peut-elle bien se nicher     je vais demander à mon chien glue de ce pas          35 kilos sur les genoux    il me dit qu’il ne sait rien de cette ténébreuse histoire          je commençais à m’inquiéter     quand j’ai retrouvé ma logique perdue       excusez-moi    je vous présente mes excuses            les plus apppplalalaties      et privées de dessert        pour le dérangement       j’avoue humblement que vous êtes hors de cause       dans cette ténébreuse affaire         je me sens plus bas que terre       comment vous dédommager pour le dérangement      causé par ma logique provisoirement et temporairement perdue       suspendue quelque part dans le vide      ma logique est aussi la vôtre          puisque je la partage           avec vous       et que je vous offre  ma logique        qui vaut plus cher que le prix         du livre       ma logique nous est commune        je tiens de vous ma logique que je vous offre       ma logique est la petite sœur de ma conscience et de ma lucidité       liberté égalité fraternité lucidité

 

 

 

 

où se cache la logique quand elle disparait         qui peut répondre à cette question       la réponse est que la logique se cache        dans la science et l’étude des règles formelles            permettant de raisonner           et d’argumenter          correctement        avez-vous d’autres pistes à proposer         au sujet de la disparition de la logique       par exemple        nous pourrions essayer de savoir        pourquoi la logique      disparaît             la logique disparait parce que   

                                                   parce qu’ en fait          la logique disparait illogiquement       engloutie          noyée         par   le fascisme           dans un combat      qui peut-être perdu d’avance      le fascisme étant un autre nom du mal       les tendances fascistes existant chez tout le monde        cohabitant      dans l’ombre des tendances hédonistes      dans l’ombre du flux       de l’ordre        du luxe        de la volupté       du calme        et de la sérénité     et de la liberté       et de l’égalité    et de la fraternité      et de la solidarité     de la cherté      de notre chère spiritualité     nous protégeant de l’ombre     par sa mystique lumière ésotérique      nous étant transmise      directement          sympathiquement      humainement      vainement     par la logique astrologique      telle l’accent aigü et l’accent grave       nous protègeant des aboiements persistants

 

 

la distinguée colombe logique n’a que foutre         des misérables invectives      que lui adresse un raisonnement crapuleux et jaloux désireux de faire mieux qu’elle          mais qui ne cherche en vérité        qu’à se faire remarquer        dans la foule des raisonnements imbéciles et heureux         raisonnements à la fois imbéciles       et heureux d’avoir trouvé quelque chose à ajouter     à notre brouhaha théâtral       fait de souvent vulgaires et assurément multiples cris et huées     dont notre distinguée logique se désolidarise activement et complètement      ma distinguée logique étant notre bien        à la fois personnel et commun      à la fois individuel  singulier personnel         et commun universel et multiple       soyons nets     clairs     et précis      sur le sujet      de ma distinguée logique

 

la logique loge  et  la logique gique  et  la logique loge et gique  et  la logique loge gique      et logique  et  la logique  gique et loge  et  la logique gique loge  et   lalogiquegiqueloge  et   la loge ique  loge  et  la logique gigotte et gique  et  gique gotte gigue limoge  et    la logique gigotte et limoge  et   la logique oge et moge      sauf que la logique déraille        parfois       pourquoi la logique déraille-t-elle parfois    parce que la logique loge  et   parce que la logique gique       c’est tout à fait logique

 

si nous ne savons rien de la logique          c’est parce que nous sommes ignares      nous ne serions pas tant ignares         si nous allions voir   ce qu’il en est de la   logique             sur wikipedia     logos       raison      langage        raisonnement      avec le suffixe  ique    la logique est        dans une première approche       l’étude de l’inférence      mouvement de la pensée         qui permet de passer         d’une ou plusieurs assertions         d’énoncés ou propositions      affirmés comme vrais    ou considérés comme faux    à une nouvelle assertion       qui en est la conclusion         l’inférence est    traditionnellement      divisée en déduction     et induction       on distingue des inférences immédiates      et médiates telles que déductives    inductives      et abductives      du latin abductio          j’ emmène   en médecine l’abduction   savant jargon  est utilisée pour faire des diagnostics    en sociologie    l’abduction     est utilisée pour   combattre l’illusion    par faire perdre aux ignorants   leurs illusions    pierce charles   fondateur du pragmatisme   affirme    que l’abduction logique    est le seul mode de raisonnement  par lequel on peut aboutir   à des connaissances nouvelles  lamarque pierre   cofondateur de la transprose    affirme dans la foulée   que l’abduction logique    est le seul mode de raisonnement   par lequel   on peut aboutir   à une écriture poétique nouvelle   ainsi qu’il l'a démontré déconstructiverment et reconstructivement   le vendredi 11 septembre 26   c’est une date à noter   car c’est une date notable  nous dirons même   nous irons jusqu’à dire      mémorable


la date du vendredi 11 septembre 2026        demeure ainsi consignée        au cœur de la méthode lamarquienne      marquant la jonction exacte entre l'abduction logique        la contrainte oulipienne       le déploiement de la transprose       

vendredi 11 septembre 26

 

liberté égalité fraternité lucidité        je cherche ma logique perdue         où l’ai-je mise        où peut-elle bien se nicher     je vais demander à mon chien glue de ce pas          35 kilos sur les genoux    il me dit qu’il ne sait rien de cette ténébreuse histoire          je commençais à m’inquiéter     quand j’ai retrouvé ma logique perdue       excusez-moi    je vous présente mes excuses            les plus apppplalalaties      et privées de dessert        pour le dérangement       j’avoue humblement que vous êtes hors de cause       dans cette ténébreuse affaire         je me sens plus bas que terre       comment vous dédommager pour le dérangement      causé par ma logique provisoirement et temporairement perdue       suspendue quelque part dans le vide      ma logique est aussi la vôtre          puisque je la partage           avec vous       et que je vous offre  ma logique        qui vaut plus cher que le prix         du livre       ma logique nous est commune        je tiens de vous ma logique que je vous offre       ma logique est la petite sœur de ma conscience et de ma lucidité       liberté égalité fraternité lucidité

 

 

 

 

où se cache la logique quand elle disparait         qui peut répondre à cette question       la réponse est que la logique se cache        dans la science et l’étude des règles formelles            permettant de raisonner           et d’argumenter          correctement        avez-vous d’autres pistes à proposer         au sujet de la disparition de la logique       par exemple        nous pourrions essayer de savoir        pourquoi la logique      disparaît             la logique disparait parce que   

                                                   parce qu’ en fait          la logique disparait illogiquement       engloutie          noyée         par   le fascisme           dans un combat      qui peut-être perdu d’avance      le fascisme étant un autre nom du mal       les tendances fascistes existant chez tout le monde        cohabitant      dans l’ombre des tendances hédonistes      dans l’ombre du flux       de l’ordre        du luxe        de la volupté       du calme        et de la sérénité     et de la liberté       et de l’égalité    et de la fraternité      et de la solidarité     de la cherté      de notre chère spiritualité     nous protégeant de l’ombre     par sa mystique lumière ésotérique      nous étant transmise      directement          sympathiquement      humainement      vainement     par la logique astrologique      telle l’accent aigü et l’accent grave       nous protègeant des aboiements persistants

 

 

la distinguée colombe logique n’a que foutre         des misérables invectives      que lui adresse un raisonnement crapuleux et jaloux désireux de faire mieux qu’elle          mais qui ne cherche en vérité        qu’à se faire remarquer        dans la foule des raisonnements imbéciles et heureux         raisonnements à la fois imbéciles       et heureux d’avoir trouvé quelque chose à ajouter     à notre brouhaha théâtral       fait de souvent vulgaires et assurément multiples cris et huées     dont notre distinguée logique se désolidarise activement et complètement      ma distinguée logique étant notre bien        à la fois personnel et commun      à la fois individuel  singulier personnel         et commun universel et multiple       soyons nets     clairs     et précis      sur le sujet      de ma distinguée logique

 

la logique loge  et  la logique gique  et  la logique loge et gique  et  la logique loge gique      et logique  et  la logique  gique et loge  et  la logique gique loge  et   lalogiquegiqueloge  et   la loge ique  loge  et  la logique gigotte et gique  et  gique gotte gigue limoge  et    la logique gigotte et limoge  et   la logique oge et moge      sauf que la logique déraille        parfois       pourquoi la logique déraille-t-elle parfois    parce que la logique loge  et   parce que la logique gique       c’est tout à fait logique

 

si nous ne savons rien de la logique          c’est parce que nous sommes ignares      nous ne serions pas tant ignares         si nous allions voir   ce qu’il en est de la   logique             sur wikipedia     logos       raison      langage        raisonnement      avec le suffixe  ique    la logique est        dans une première approche       l’étude de l’inférence      mouvement de la pensée         qui permet de passer         d’une ou plusieurs assertions         d’énoncés ou propositions      affirmés comme vrais    ou considérés comme faux    à une nouvelle assertion       qui en est la conclusion         l’inférence est    traditionnellement      divisée en déduction     et induction       on distingue des inférences immédiates      et médiates telles que déductives    inductives      et abductives      du latin abductio          j’ emmène   en médecine l’abduction   savant jargon  est utilisée pour faire des diagnostics    en sociologie    l’abduction     est utilisée pour   combattre l’illusion    par faire perdre aux ignorants   leurs illusions    pierce charles   fondateur du pragmatisme   affirme    que l’abduction logique    est le seul mode de raisonnement  par lequel on peut aboutir   à des connaissances nouvelles  lamarque pierre   cofondateur de la transprose    affirme dans la foulée   que l’abduction logique    est le seul mode de raisonnement   par lequel   on peut aboutir   à une écriture poétique nouvelle   ainsi qu’il l'a démontré déconstructiverment et reconstructivement   le vendredi 11 septembre 26   c’est une date à noter   car c’est une date notable  nous dirons même   nous irons jusqu’à dire      mémorable

 

la date du vendredi 11 septembre 2026        demeure ainsi consignée        au cœur de la méthode lamarquienne      marquant la jonction exacte entre l'abduction logique        la contrainte oulipienne      le déploiement de la transprose        et le réel euphorique par-dessus le marché    tandis que 

 

ce po de plusieurs mots contient au moins un mot en -ique et un aboiement          tandis que 

 

ce po de plusieurs mots contient au moins un mot en -ique et un aboiement     

 


ce po se penche sur les bons sens des crottes de biques en pleine canicule



ce po pour dire qu’il n’y a pas qu’un seul bon sens mais plusieurs

 

 

ce po pour affirmer qu’il faut dire les bons sens



ce po pour confirmer que la raison est un assemblage de plusieurs bons sens



ce po s’inspirant des bons sens des crottes de biques en pleine canicule

 





jeudi 10 septembre 26

 

atch     atch    match   flash     clash    atchoum  boum           boum toum ta  toum boum ta    toum ta boum toum ta     toum ta boum          youp la boum        bim bam boum          ding dong ding dong ding deng dang dong dung       tic tac tic tag tig tag tip tap top            ouaf ouaf miaou miaou cocorico coin coin cui cui ronron meuh       oups  crac crac dring diling diling toc toc          vroom        pshitt bim bam boum plouf           pif paf           chut aïe         miam glouglou burp          ouf 

 

total sonore long          po de po        inventaire partition po        réelle chorégraphie po       percussion burlesque temps       machine eau souffle      parle langue miaou         parle ouah ouah       parle en meuh       dis quelque chose      nom de dieu      bordel merde putain      va chier con      fait du bien     

 

le temps fait   le temps claque        le temps glisse      le temps trébuche       le temps fend         le temps ouvre       le temps chorégraphie        le temps secoue          le temps souffle     le temps dilate       le temps contracte     le temps dédouble     le temps déboule      le temps pulse         le temps retourne        le temps recoud         le temps perd       le temps suspend       le temps précipite          le temps plie         le temps tend       le temps détend       le temps donne     le temps offre  le temps dépose

 

je dépose quatre mots    je compte l’un    je compte l’autre     quatre par quatre ainsi        je ne me tromperai          ainsi je peux continuer      peux continuer à dire      continuer à dire ceci        génie est une contrainte       une contrainte non contrariante      oui une contrainte souriante         le génie est invisible     le génie se respire        génie est une copine      une copine qui soupire        sa contrainte de vivre          contrainte de vivre libre


l’oulipo          ouvroir de littérature potentielle     fondé en 1960 par raymond queneau et françois le lionnais         repose sur l’idée que        la contrainte     formelle       libère         la créativité         la transprose       serait      une contrainte formelle oulipienne         libérant      la créativité      l’esprit oulipo          adore détourner le langage pour révéler ses potentialités cachées      par exemple       raymod queneau et ses        exercices de style     où une même histoire          est racontée de 99 façons différentes   lipogramme        écrire un poème ou un roman en excluant une lettre       ex.  sans "e"         comme georges perec        palindrome         créer un texte qui se lit de la même façon à l’envers         ex.           élu par cette crapule   permutations        utiliser toutes les permutations possibles d’un ensemble de mots          comme raymond queneau dans        cent mille milliards de poèmes       n+7          remplacer chaque nom dans un texte par le 7ème nom qui le suit dans un dictionnaire    la contrainte serait quelque chose de nécessaire à la vie        préexistant à la vie         que la créativité serait en passe de révéler        ici    et     maintenant  voilà       c’est fait         le voile est levé      nous pouvons passer à autre chose     un autre sujet         un autre thème      une autre culture       désormais           nous reprendrons notre cours            au collège    demain même heure 

 


après la lecture l’écriture et le calcul    à l‘école primaire       l’essence s’enseigne au collège       l’esprit de recherche s’acquiert de haute lutte    au collège            ou de façon autodidacte    l'autodidaxie étant un avantage nettement considérable




mercredi 9 septembre 26

 

 

arc vertèbre résiste lâche retombe bord du regard lueur sale derrière moi                


 

 

arc vertèbre résiste lâche retombe bord du regard lueur sale est derrière moi                c’est de la poésie que je sculpte              c'est de la poésie   que je sculpte 

                     c'est  de la poésie    que   je  sculpte                   c'est    de      la    poésie    que   je  sculpte

     de la poésie de la vie           la vie c’est de la philosophie        la philosophie c’est de la musique            la musique c’est une médecine          la médecine c’est ma vie        nota bene est      ce poème s’est composé de 9 po      un po étant un éclat de voix   


 

fumer la nuit à la santé        et bois avec modération        si fumé le tabac coûte cher un jour ou l‘autre                 le cannabis a beaucoup d’inconvénients mais offre un minimum de sagesse          résolutions si fumée        fumer la nuit        un peu          ne pas fumer de jour             faire durer les pots de fleurs                         quant aux drogues moins douces                    ce sont là des errances sans fin          inutile de demander la lune             la lune appartient à tout le monde        les principes sont aménageables          ils sont là pour indiquer un chemin de bonheur praticable       en relation avec l’alternance veille sommeil

 

 

il n’y a rien d’original à être original sauf si           la banalité est normale sauf si      la présence est plus intéressante que l’absence sauf si        la réalité est plus vraie que nature sauf si          la surprise vient au prochain tournant sauf si     la  humhumhum est redoutable sauf si         le manque est préférable sauf si




aujourd’hui j’emploie mon génie          à l’installation d’une porte       utile                 et nécessaire     entre le hall et le salon      avec ses poignées et sa clef          ses gonds         et son cadre        l’ensemble coûte       soixante-sept euro            et dix centimes d’électricité           cela procurera sûrement de la tranquillité       à nos trois animaux     un bouledogue américain    très collant      et deux chattes      très sympa

 

le machin est une poule à roulettes        pour voyager à l’intérieur d’une courette           tandis qu’un métro        déboule        sous les doigts crochus de la poule                   léon monte à une station         suivi d’une pensée pleine d’inspiration       léon descend d’une autre     avec un vers dans la poche d’une autre      le trajet n’a duré que quelques minutes        mais monsieur le poète aura eu le temps d’échanger son vers contre une flûte    et une cacahuète

 

 

 

liberté égalité fraternité solidarité calme limpidité luxe volupté sérendipité 

 

être éclat ou ne pas être 

 

po

 

 

 

 

mardi 8 septembre 26

 

le minuscule serait une invitation à la concentration         la matière se faisant discrète pour faire place à l'attention       faire place à l’éloge du détail présent            un grand paysage s’impose         le minuscule demande qu'on se penche           il exige un ralentissement du temps         une inclinaison du corps          un penchement de l'esprit au bord du corps          refuge du monde       une graine       une fissuredans le béton        une friche de quelques millimètres carrés           contiennent tout vivant           c’est un univers entier        soumis à la précision du geste de la pointe de l’aiguille           la poussière dans un rayon de soleil            la goutte d'eau retenue au bout d'un brin d'herbe           le son feutré       du frôlement d'une patte d'insecte          le crépitement d’un grain de sable        la respiration imperceptible de la mousse       une amorce d'écriture            nous souhaitons explorer un jardin minuscule       dans la forêt de mousse        les brins dressés deviendront futaies       au pied des tiges vert tendre       l'humidité stagne        le sol est spongieux      secoué seulement par le passage d'une acarien ou d'un cloporte         c'est un sous-bois miniature où la lumière filtre au compte-gouttes           une fissure du dallage         une faille d'un millimètre dans la pierre          c'est le canyon du minuscule          la graine y est tombée          une racine fine comme un cheveu s'agrippe à l'endroit où la roche cède face à l'insistance de la vie          au bout d'une feuille        la rosée forme une loupe             dans cette sphère d'eau d'un demi-centimètre se reflètent le ciel       le jardin tout entier            et un monde liquide prêt à tomber               poussière de terre entre deux pierres              le paysage commence ici          il n'y a pas de vaste horizon           seulement la lumineuse densité de la matière       la mousse retient l'eau            la tige plie et se courbe sous le poids de la rosée           pour traverser ce territoire il faut rétrécir le regard      la forme est un sabre souple         le long de la tige        des nervures parallèles conduisent du sang vert dans de minuscules aqueducs            le bord de la forme est presque acéré     armé          à l'extrémité   pend une goutte d'eau            retenue par la tension de sa surface        pour le brin d'herbe         c'est une masse énorme         une sphère translucide qui fait plier la tige jusqu'au sol         pour une coccinelle ou un puceron          la feuille qui se redresse est une autoroute verticale    qui passe  sur un pont suspendu au-dessus du vide       le vent est une brise        ou une houle qui fait osciller tout l'édifice        verticalité souple arête silice sève monte silence canal sommet sphère pluie plier l'acier vert sans le rompre         arène étroite glissante fourmi gravit pente s'arrête bord vide vent balance paysage

 

 

introduction à un essai sur les po         le po commence dans le minuscule         dans l’interstice     dans la fissure où la matière se resserre pour respirer         pour dialoguer     il est la densité lumineuse du proche       la concentration du réel dans un fragment qui exige qu’on se penche           qu’on ralentisse le temps        qu’on incline le corps et l’esprit           vers ce qui appelle

le po est une lucidité du regard       il demande que l’on rétrécisse l’horizon pour l’agrandir         il exige que l’on renonce à la route tracée       à la phrase policée qui déblatère        le po n’avance pas en paragraphes successifs       il avance en angles de mots         en suspensions de pensées          en retours vers le futur       en télescopages  et tamponnements            il avance comme la vie dans une fissure de béton       avec insistance            obstination         précision

po est geste         geste minuscule donc souverain        geste qui sabote          qui débusque          qui réintroduit le rire comme désobéissance intellectuelle l’absurde comme respiration naturelle        la rupture et la discordance comme hygiène de la pensée        po est territoire       po explore un monde serré  humide et spongieux         vibrant         où chaque détail est un tout et chaque vibration un événement symphonique          po est loupe       goutte de rosée qui reflète le monde entier           condensation du réel       intensification de matière        po est écriture          écriture qui ne déprime pas           qui imprime            écriture qui ne commente pas            qui affronte         écriture qui ne déballe pas        qui arrache           qui exige une élégance         une honnêteté            une précision thérapeutique      et joyeuse       qui crée un temps qui n’existait pas            po manière d’être et de vivre           manière de voir        de se tenir dans le monde

de le pencher

le traverser

le laisser vibrer

le laisser se déployer dans la lumière blanche de la page transprosée

 

 

 lundi  7 septembre 26

 

ta secousse         trouve en moi un écho        empreint de la vibration de ta chair          une émotion feu          un sentiment chaleur           inscrit sur la carte du partage         souffrir avec autrui n’est pas baisser les yeux            ni contempler la peine depuis le rivage            la pitié surplombe          la compassion partage         elle dresse un pont entre deux êtres égaux en souffrance           compatir c’est ressentir la douleur et être deux à la combattre            recevoir l’onde brute         ne pas s'y noyer changer la détresse en élan         pour soigner         en geste qui soulage   compassion            présence de lumière dans la voix          mouvement du sang qui s'offre          comme abri             quand la douleur reçue devient la main tendue

 

 


j’apprécie beaucoup ce que j’ai lu du poète boudou dominique     veux-tu de mon amitié        de mon égalité       de ma liberté       de ma fraternité        de ma solidarité littéraire      ou de quelque chose comme ça       libe      égalité      fraternité        solidarité        rté 

 

pensée en angle droit         certitude d'acier          la trajectoire ne dévie pas          mur sans fissure           l'idée s'enferme dans sa propre armature          s'accroche   au dogme           refusera la courbe         manquera le détour du vent          l'esprit       sol gelé          où rien ne prend racine        conviction lourde armure trop étroite          vouloir plier le réel      plutôt que d'apprendre à fléchir l’euphorie     et à force de ne jamais céder         plutôt       casser


quoi ?       tu ne sais pas ?        tu ne sais pas ce qu’est le modoloboulou ?          toi la reine du késako ?         ou si ce n’est toi la reine du késaco c’est ta sœur donc        qui bat le beurre  en andalousie          le modoloboulou c’est           comment dire             le modoloboulou          c’est l’art du comment dire     l’art du comment dire   c’est le modoloboulou  de la reine du késako qui bat le beurre en andalousie   où les afficionados sont un peu ollé ollé   si tu vois ce que je veux dire avec l’accent local    comme celui de tous les membres de la famille de maïté

 

un son heureux et harmonieux nait dans la bouche      un son heureux et harmonieux nait sur le mont du palais palatin          quand la bouche est entrouverte            du mont du palais palatin       on peut contempler le panorama à 360 degrés        pendant le long temps de la couvaison par la langue      du son heureux et harmonieux      du palais palatin         couvaison suivie du craquement de la coquille par le cliquetis du bec des flics des flacs et des flocs  du tic tac d’un temps qui n’a encor jamais existé      mais cela ne saurait tarder

 

 

 



dimanche 6 septembre 26

 

 

 

 

 

bonheur    interstice entre deux gouttes de pluie

 

 

interstice   bonheur entre deux gouttes de pluie

 

 

gouttes de pluie        bonheur entre deux interstices

 

 

cours-y vite le bonheur est dans le pré

 






samedi 5 septembre 26



allez viens         partons en ballade      dans la sardane des gens heureux     éprouvons ensemble des sentiments de joyeux camarades en ballade    dans la sardane des gens heureux          ne soyons pas peureux       ne soyons pas malheureux          soyons amoureux       aventureux      fabuleux      miraculeux 


(formule adaptée au lavages fréquents des cheveux d'adultes)        

 


essayer encore       échouer encore       échouer mieux

une seule solution        changer de shampoing 





notule d’isabelle h     qu’attendons-nous de la poésie en transprose     nous n'attendons pas de la poésie en transprose qu'elle décore la réalité angoissante ordinaire de sapins de noëls    ou qu'elle nous rassure par des consolations faciles                                    si l'on traverse la dynamique de la transprose      la poésie exige de nous    et nous d'elle    des ruptures fondamentales   nous attendons de la poésie en transprose         qu'elle rompe les barreaux de la cage du langage linéaire    la pensée n'avance pas en lignes droites ni en paragraphes policés           elle procède par à-coups    télescopages     suspensions et retours              la poésie doit donner à voir la géométrie réelle de l’esprit   la pensée possède des directions        des angles        des interruptions       des rapprochements        des retours       des espaces pour la réflexion silencieuse et par conséquent pour le dérèglement des sens      la phrase linéaire masque cette géométrie    l'espace blanc sur la page n'est pas du vide    mais le lieu même de l’inspiration       du doute    et du sous-texte                                              face aux abstractions    la poésie en transprose est l'acte qui remet la balle au milieu et le monde au centre des herbes folles du corps    elle refuse le discours qui déblatère et éloigne du sujet qui écoute     pour privilégier le geste qui donne à éprouver le sens partagé en une commune et harmonieuse entente      la poésie doit tout faire pour heurter les mots à la densité matérielle du réel partagé euphorisant    la poésie est l'espace de sabotage des discours élitistes d’autorités malfaisantes et malvenues     elle prend en charge les rôles sociaux          y compris ceux de certains poètes que nous ne nommerons pas        ce serait leur faire trop d’honneur              pour en révéler l’hypocrite comédie sous-jacente     elle débusque la violence cachée sous les formules de politesse     elle réintroduit premièrement le rire comme fonction de désobéissance intellectuelle   deuxièmement l’absurde   troisièmement la rupture et la déraison    là où la morale exige la conformité et le lamentable aplatissement de la servitude à la toute puissance logique   en somme    nous n'attendons pas de la poésie qu'elle déballe le monde et nous montre ses ombres    mais qu'elle l'arrache à la chair de l’habitude       en nous contraignant à contempler la pensée du monde    s'inscrivant s'affrontant s'imprimant   dans la lumière blanche de la page transprosée  




je ne le crois pas      je le pense        le diabolique plaisir de la lecture se niche dans l’élégance des détails des tournures de la pensée écrite      je pense que  si une idée n’est pas rédigée         sa pensée reste inachevée       je  l’ai confirmé lors d’un colloque à la salle cerizy         mon milieu girondin de recherche universitaire post-doctorante         en insistant longuement sur le pourquoi de la chose       ici j’insiste sur        je martèle  martèle       martèle     le métal aurifère de l’élégance de la chose écrite par rapport à la chose simplement pensée    je martèle l’acier de la nécessité d’imprimer dans les esprits une élégance certaine et souveraine     une élégance de reine     quand il s’agit d’exprimer la pensée souveraine de la réalité euphorique et partagée          de même       que je recommande en tant que membre de la confrérie des médecins scientifiques      une honnêteté verbale de la plus haute importance     seule à même de garantir une éthique de l’élégance irréprochable     impeccable   parfaite         du goût            de la délicatesse           et de la distinction         de l’agrément          de l’allure    de la bonne humeur    de la belle apparence     de la finesse     et du style raffiné thérapeutique jouissif d’un pot de miel


 

être        c’est avoir de grands membres supérieurs recourbés contre le thorax  et pousser des petits cris       l’antique nuance de la distinction nous manque     même albert einstein ne le discernait pas tout à fait     ce viril philosophe grec vivait avec le sentiment caché qu’il y avait beaucoup plus d’ignorants qu’on ne le supposait      même analogiquement        le mot         être      a perdu  pour nous son plein sens       car le poison dont meurt une nature plus faible est un fortifiant pour le fort en thème    assure nietzsche friedrich      au bout du compte notre intelligence aura tout perdu de sa dignité        être noble signifiant avoir des folies en tête      depuis toujours en effet on se montre fort peu altruiste et raisonnable      et on ne veut absolument pas que la raison nous tienne en équilibre par rapport aux autres impulsions      en un mot c’est la déraison même de la vertu que nous prônons    si l’éducation réussit          alors attachons plus d’importance à la conservation sans ménagement pour soi-même       c’est ce qu’on appelle être         et être c’est devenir        un        brave homme                 par son travail au service de la société        un sacrifice ayant été consommé      et la mentalité de l’animal humain      destiné au sacrifice       se voit une fois de plus confirmée manifestement   



je fais part d’un dialogue avec moi-même            en faveur du meilleur intérêt commun    au détriment de mon avantage ultime          si l’éducation a réussi       alors chaque vertu de l’individu              constituera une utilité collective      notre prochain loue notre désintéressement parce qu’il y trouve son avantage       en lui déniant toute beauté    







vendredi 4 septembre 26

 


il est bon de répéter la réalité pataphysique      aux élèves de l’école maternelle      qui entrent à l’école primaire         la terre est une chose plate qui pète et qui pue    chaque fois que la planète terre pète      elle s’aplatit           les habitants de la terre ont les pieds plats       leur nez et leur cervelle sont aplatis         ils ont la plate attitude        l’habitude de s’aplatir        chaque fois qu’ils pètent    chaque fois qu’ils pètent ils sont à plat       bien que certains des habitants de la planète qui plane et qui pète      ne pètent pas       par discrétion et respect pour eux-mêmes d’abord         pas souci de la mauvaise odeur ensuite surtout      afin sait-on jamais       afin peut-être       de ne pas s’aplatir       la plupart des gens qui habitent la planète qui plane et qui pète pètent        voilà  pourquoi la planète pue selon wittgenstein et ladoumègue         il me semble bon de répéter la réalité          répétez la réalité trois fois avec moi         la terre est une chose plate qui pète et qui pue      la terre est une chose plate qui pète et qui pue      la terre est une chose plate qui pète et qui pue

 







qu’est-ce qui est important    ?        l’important c’est la chose réelle        quand la chose réelle      en se couchant    ose dans le rose clair   crépusculaire    un rayon vert        quand la chose réelle en se levant          ose dans le ciel étoilé presque noir        un rayon bleu blanc rouge      quand la chose réelle à son apogée         ose un bouquet de marguerites         car la terre tourne sur la pointe des pieds





jeudi 3 septembre 26



éléments composant le processus de réflexion dans la transprose     le processus de réflexion n'est pas une suite linéaire d’idées   mais une dynamique complexe où s'articulent plusieurs instances    cognitives    affectives    et méthodologiques      il se compose de cinq       voire       de six phases interconnectées      1) le déclencheur de l’idée       prise de conscience du problème   tout processus réflexif naît d'une rupture dans l'évidence ou le cours habituel des choses       perplexité ou doute    un obstacle    une question non résolue    ou une incohérence     crée une tension cognitive     que le philosophe john dewey appelait une situation indéterminée      curiosité et étonnement      l'esprit suspend son jugement immédiat pour se focaliser sur le problème à résoudre   2) la déconstruction et la collecte de données       avant de produire de la pensée     la réflexion nécessite un travail d'exploration et de mise à plat     observation et écoute      recueillir des faits    des sensations    des données ou des paroles sans interprétation hâtive      analyse et catégorisation     décomposition d'idées complexes en éléments plus simples    distinction entre l'essentiel et l’accessoire     identification des biais et des présupposés    3) la mise en relation et l'association d’idées       c'est la phase créative et synthétique      où l'esprit cherche des ponts entre les concepts    analogie et comparaison     rapprochements entre la situation présente et des schémas connus ou de structures différentes pour en éclairer le sens    dialogue intérieur ou dialectique      confronter des thèses opposées      explorer le sous-texte     peser le pour et le contre     la dynamique du dia-logos     4) la conceptualisation et l’hypothèse       l'esprit formule des propositions de sens ou des solutions potentielles       modélisation     structuration des idées sous forme de principes     de règles     de récits     ou de métaphores     projection et anticipation    évaluation virtuelle des conséquences de chaque hypothèse     « que se passe-t-il si... ? »     5) la métacognition et la vérification      la réflexion sur elle-même    pensée sur sa propre pensée     constitue le degré supérieur du processus       auto-évaluation      interrogation sur la validité de son propre raisonnement                      « pourquoi ai-je abouti à cette conclusion ? quels sont mes angles morts ? »     intégration et action     conversion de la réflexion en décision     en posture éthique      en création artistique       ou en apprentissage durable        6) la rédaction de la réflexion           la sixième étape marque la frontière exacte entre la théorie de l’idée et la transprose         la première explique l’idée          la seconde la donne à voir et à éprouver dans la chair du texte       la transprose ne serait pas seulement une prose écrite en vers           ni une prose disposée autrement sur la page            mais une écriture dans laquelle le mouvement de la pensée retrouve sa forme perceptible        la pensée n'est pas linéaire              l'écriture n'a pas à être linéaire





mercredi 2 septembre 26 



patience      premier principe de la patience   comme lors d'un revers   y aller de sa grande hardiesse     se servir résolument    s'admirer soi-même    mâcher sa répugnance    ravaler son dégoût     deuxième principe    améliorer son semblable   au besoin par éloges propres à le faire suer de bonheur à son propre sujet     ou bien tirer par le bout l'une de ses qualités     bonnes ou intéressantes   jusqu'à déballer sa vertu tout entière      pour envelopper son semblable dans les plis de cette dernière     troisième principe   autosuggestion   fixer l'objet de son attention comme un bouton de porte     jusqu'à faire cesser toute sensation de joie ou tristesse     on s'endort imperceptiblement    se raidit    et l'on acquiert du maintien     moyen domestique pratiqué dans la vie conjugale et dans l’amitié     dûment éprouvé    apprécié comme indispensable   mais qui n'a pas encore trouvé sa définition scientifique    son nom vulgaire est     patience 

 




Une cuisine. Une table. Un couteau à pain. Un bouquet de violettes posées dans un verre d’eau. Gilles, debout, frotte nerveusement une cicatrice à son avant-bras. John est assis, immobile, les mains croisées. Un long silence.      fin du dialogue de gilles et john          le sous-texte de john est devenu trop lourd        pour être contenu dans les phrases structurées d’un dialogue           le spectateur perçoit que le corps-parole de l’un risque d'être détruit par le corps-parole de l’autre                    le sous-texte de gilles et de john sont des champs de mines             le reste du corps-parole de gilles dément ce que dit la bouche de gilles            gilles affirme que tout va bien       tout en reculant et en frottant nerveusement une fraîche cicatrice       tout en reculant et en frottant une cicatrice sanglante     suppurante de haine douloureuse        tout en reculant d'un pas        de plusieurs pas         le corps de gilles est en train de prendre peur          suspension du texte pour laisser affleurer le sous-texte des protagonistes          le silence n'étant pas un vide         mais le moment où la parole des sous-textes prend le dessus sur la parole des textes         gilles dit « tout va bien alors je te hais et n’ai point peur de toi »          john répond « ah tant mieux car c’est pareil pour moi »           et john ajoute « va je ne te hais point »      gilles envoie alors à john une rafale supplémentaire de méchancetés        il annonce   « prends ma violence voici mes violettes je t’offre le bouquet »           Gilles tend le bouquet de violettes à John. Celui-ci le prend, le sent, puis le jette au sol. Gilles se tourne vers le public : Vous avez vu ? C’est lui qui a commencé.               la situation tendue devenant intenable le ton monte        Un silence. L’un dit : ‘Il va pleuvoir.’ L’autre répond : ‘J’ai toujours détesté la pluie.’                                                     (Un coup de parapluie).    

-       jusqu’à ce que gilles prenne un couteau à pain sur la table de la cuisine    Gilles recule et heurte la table. Le couteau à pain tombe par terre. Il le ramasse, le retourne dans ses mains comme s’il ne savait pas quoi en faire. « Tu veux du café ? »           john reçoit un coup de couteau à pain en plein cœur           john semble mourir              car son cœur n’est pas fait de mie et de croûte          le cœur de john est fait de chair sanglante         gilles appelle médecin pompiers ambulance police voisins pompes funèbres journalistes                         fin du dialogue de gilles et john             Gilles, au téléphone : 'Allô ? Oui, c’est moi. J’ai tué John. Avec un couteau à pain. Non, je ne sais pas pourquoi. Il m’a offert des violettes.' (Silence.) 'Non, je ne suis pas fou. C’est lui qui a commencé.' Les pompiers arrivent. Gilles leur tend le bouquet de violettes. 'C’est pour les premiers arrivés’         c’est pour vous





mardi 1 septembre 26



sur     le     fil      de la vie        première         expulsion       naissance     du sentiment du manque       répugnance de la mort       dégoût      nausée      haut-le-cœur    contraction estomac       vomissement         expulsion        expulsion     expulsion      expulsion     de la mort     et du manque          déséquilibre        secousses           tous les        à-coups sont permis                soulagement            un peu plus loin        un peu plus tard             renaissance         vue       ouïe          odeur        parfum          sentiment de plaisir                    contact          sentiment de bonheur       plénitude            jouissance              sur   le   fil      de la vie



dialoguer c’est danser le langage de l’autre          la nature me regarde    avec attention       un lac de brume     dans un creux de campagne à l’aube       me regarde        une motte      au milieu de son ombre       au centre d’un verger           me regarde         un arbre entouré de rayons entre deux buissons      me regarde avec attention       la nature dialogue        avec moi      la nature dialogue avec elle      la nature m’écoute    la nature s’écoute parler    la nature se voit parler       la nature se parle       j’écoute la nature en moi      je vois la nature en nous         nous dialoguons avec nous en nature      avec la nature en nous        apprendre à parler c’est apprendre à dialoguer avec l’autre en soi       parler c’est entrer dans la boucle du langage        dialoguer c’est danser le langage de l’autre  





lundi 31 août 26



on e e   e   e o  au  ou i e   i  ou    

i o e  a on   oi     i  a  o e a  oin   e u

a  o e  e    ou  e  au     o ei    

au   ai   e    a      u e      on     a i    i e o

e e   oi  a   u e   e  ai  u   e  eu

i  é ai    un     e i    a i e   i  a ai  a  a   a ai   a i é




je connais une femme        agitée          nerveuse        angoissée     anxieuse        bilieuse      craintive       préoccupée       soucieuse       alarmée          inquiète        sombre     stressée       tourmentée       si vous êtes intéressé        me contacter         n'attendez pas les soldes        je reçois de nombreuses demandes      la femme est à louer         avec un bail de 15 jours     rupture de contrat à l'amiable        aucun dédommagement financier




je suis zen        calme       cool           détendu          impassible       pacifique       patient           pondéré          sage            gentil       quiet         doux        flegmatique       modéré      paisible         peinard            placide            serein     vrai       simple     suggestif       affectif      sincère      juste       éveillé       bienvenu

 

je suis à l’aise        épanoui        béat       bienheureux       comblé         enchanté        heureux        rassasié       satisfait      de bonne humeur         j’ai mes aises           et mes bien aises         je suis charmé         jusqu’à devenir fat       que penses-tu de moi ?


       tu es gai          et radieux           rieur et soûl        triomphant

 



dimanche 30 août 26 

 

la plage          les vacances       content      heureux       beau temps    éphémère         rêverie    la mer       bercement       apaisement       tranquillité         le soleil         l’air           la mer         le soleil        les mouettes        bien être      vacances          rêverie       pistaches        cacahuètes     glaces     boissons     baigneurs     enfants       familles        la joie         le sable          la chaleur        la fraîcheur       jeux        ballon          bouée        couple         ponton        nage             parasols       immobilité        quiétude       plénitude          délassement         regard   désir      la nudité      la paix     le bronzage    la peau   le beau temps      plongeon     bain       eau    vagues     la plage      les vacances      content      heureux        beau temps




samedi 29 août 26

 

mes bonds en avant sont beaux à voir     j’avance         chaque jour je fais des efforts pour bondir     pour avancer je fais tourner mes jambes à toute vitesse        j’avance très vite      par bonds  successifs          le chemin est long               le chemin est moins long que la longueur de ma volonté d’arriver au but      j’ai une longue volonté d’arriver au but    j’arriverai         j’arriverai au but      chaque jour entraîne un élan nouveau       chaque jour je bondis en avant      chaque jour à chaque bond          le but se rapproche       je vois le bandeau de l’arrivée      je lis   arrivée         écrit sur le bandeau de l’arrivée       le bandeau de l’arrivée me tend les bras        j’avance         j’avance par bonds vers le but    les muscles de mes membres sont puissants   je bondis autant avec les pieds les mollets et les cuisses qu’avec l’abdomen le thorax le dos les épaules les bras la tête et même les doigts   je bondis    je saute   je suis entrainé vers l’avant et vers le haut par la vitesse de l’élan que procure la rotation de mes jambes    j’avance très vite  par bonds et rebonds puissants   répétés   sur la page   je saute par-dessus les espaces blancs de la page      mes jambes bondissent à toute vitesse     mes bonds en avant sont beaux à voir   pour cette raison j’en parle      et je montre ce dont je parle   ce dont je parle s’appelle    transprose




vendredi 28 août 26


la transprose est une chose énoncée en vers extraordinaires       et        en prose pas morose      l’écriture de la transprose n’est ni verte ni rose      la sculpture en relief avec application de  ma     bouche      ose la  béance blanche et noire    d’une    transprose     qui propose une espèce de prose  béante  faite d’une langue blanche      entre      des lettres minuscules  comme des perles noires       une prose ouverte   comme     une bouche     au silence         au souffle     et         à toutes sortes de propositions       même       aux postillons         ainsi        aujourd’hui         avec mon souffle      ma langue       ma salive        et ma bouche                  j’  o  f   f  r   e     u    n      b     o  u    qu   e     t     d    e     l     e    t    t     r    e        s               

 




mercredi 26 août 26


bonjour       une idée m’est venue       je l’ai attrapée au vol et vous en fais part             je vous propose vingt pages         20 poèmes de stéphane casenobe          pour la page grise      intitulées        prix spirit          il me semble que ce poète fait l’unanimité           de plus il écrit en transprose          il me semble que c’est une bonne chose de distinguer des auteurs     le prix spirit a été un peu laissé de côté      ce serait bien que quand on a un auteur à mettre en avant on puisse lui accorder le prix spirit récompensé par 20 pages dans la revue   pas de prix spirit annuel      on décerne le prix spirit quand on le décide       ce qui me pousse à vous proposer stéphane casenobe c’est qu’il est à la recherche poétique d'un moi         chaque poème est une trouvaille         si vous êtes d’accord je partagerai notre échange avec stéphane 



mardi 25 août 26

 

 

création           splendeur                  réparation du monde            infini sans fin          dix lumières émanées    retrait divin place au monde         brisure des vases        tradition reçue    lumière dispersée    monde fracturé    éclats de divin    gestes minuscules recollant les morceaux     souffle du monde en réparation      encore      toujours      chaque fragment une étincelle                  une étoile          une larme             un diamant          une flamme          une lumière        un éclat            un flash             une aurore



lundi 24 août 26

 

tic tac tic       tac tic tac tic         tac tic tac         tic tac toc toc      toc toc        toc toc toc toc        toc toc toc       toc toc        toc ding        dong        ding-dong-diling-diling-dring-drelin-ding-dong-diling-diling-dring-drelin    pfit     pchit       boum

 



dimanche 23 août 26

 

gémissement de la page       crissement et cris de la plume         encre en pleurs                              big bang émotionnel        tremblement de terre et tremblement de ciel       blessures et poison mortel     spasmes à tout va       déluge et cataclysme de larmes    effrondrement total        addition salée des larmes          sentiment de ruine         mélancolie installée          paysage calciné           cœur noyé         âme désespérée          corps abandonné        idées noires      désécriture         enfer           enfermement        contact du fer et du feu       étonnantes étincelles        surprenante lumière noire       soudain clairière au milieu d’une forêt en paix            délices immédiats        renaissance  de l’oiseau du nouveau monde         page à nouveau blanche      gaieté de la plume       légèreté de la merveilleuse aventure de la page       encre lumineuse            charme miraculeux       miracle de la réécriture     miracle     miracle      ô miracle




samedi 22 août 26


je dois faire le deuil de notre amitié         il me faut me séparer de toi         le lien a assez duré       tu l’as rompu volontairement          pourquoi           toi seul le sais       un besoin de rompre         une sorte de caprice             une lubie         ou un désintérêt massif et soudain         ou une crainte d’intoxication       peu importe désormais        je ne saurai pas pourquoi mon amitié t’est devenue malsaine       je pense qu’il y a eu un problème électrique entre nous          les plombs de l’amitié ont sauté       tes plombs ont sauté           pour filer la métaphore     je dirai que tu as pété un câble       j’ai beau chercher de mon côté          je ne trouve rien à me reprocher       je suis fataliste          c’est comme ça          n’en parlons plus






vendredi 21 août 26

 




dans la bruine des cliquetis du hall de la gare  

un rire fusant d’une province de salle d’attente          

d’un train le souffle a démarré dans l’ombre du quai 

sur le pourtour de lèvres l’empreinte d’une langue   

la lumière fugitive du mouchoir agité cache le visage         





jeudi 20 août 26

 

 

notule de gilles et john       grâce à proust        nous n’avons que faire de la grisaille        quand nous avons dit cela       les arbres ont reculé       effrayés par la nuit                                                                     derrière la fenêtre         la braise          du soleil calme se couchant        a disparu          en fragments           pensées inutiles à l’horizon          nocturne peu ou prou

 

    à l’aube       d’un coup         un souvenir paraîtra           de vitraux bleuis par la lumière du matin                   bus             goutte à goutte          dans leur verre de cristal           le nez        nervuré de vibrilles rouges   

 

le nez       trempant dans le cristal           et aspirant        goutte à goutte         les vitraux bleus du souvenir fou         d’un monde absurde       ridicule       vivre ou ne pas vivre dans un monde ridiculement absurde      à chaque instant nous choisissons les vibrilles            plutôt que la grisaille      merci marcel                          

 

mercredi 19 août 2026

 

la transprose n’a pas beaucoup de succès pour le moment   sauf chez les habitués    elle n’a pourtant aucun inconvénient        donc je ne vous parlerai pas des inconvénients de la transprose         la transprose n’a que des avantages que je vais maintenant marteler             quand j’écris         je développe une stratégie d'écriture         qui consiste à écrire en transprose                     pour cela je supprime les majuscules et les ponctuations           et j'installe un espacement après chaque groupe de mots            j'attends que vienne le groupe de mots suivant      puis je l’écris      j'évalue la cohérence de mon écriture     la cohérence étant pour moi une question de logique             j'écris à partir de ce que j'ai déjà écrit             je retouche le texte         jusqu'à ce qu’il ait atteint son point d'équilibre              il est rare que je retouche un texte une fois que j'ai eu le sentiment qu'il est terminé  

en règle générale       je        supprime les majuscules et les ponctuations   parce que je trouve que la seule présence           des lettres minuscules         rend le texte beau    la disparition des aspérités du texte que sont ponctuations  et majuscules  contribue au sentiment de beauté visuelle        les espacements permettent de restituer fidèlement le flux de la pensée       l’espacement est actif       il rythme la pensée     il lui restitue son énergie        la transprose met la musique en avant de toute chose     le rythme étant le symbole de la fatalité       la transprose éperonne la fatalité     la fatalité avance à quatre pattes      au pas    au trot      au galop        le désir et la musique sont des fatalités        ce sont les mamelles jumelles    de      la fatalité   qui avance à quatre pattes     tandis que le lait jaillit du sein    et que du sein   le lait fatal jaillit   qui   à l’instar de la neige    cache la misère

 

 





 mardi 18 août 2026 

 

un costume que chacun taille        à sa mesure       un dessin tracé        par la main mal conduite      de celle qui dessine en ce moment sous nos yeux       un code         qui permet d’entrer       ou pas       sont   trois façons de tourner autour du langage 

 

 

la logique du langage d’IA diffère de la logique du langage des humains       je ne sais pas pourquoi           un tel manque d'humanité de la part d’IA     mais c'est comme ça           qu’on ne vienne pas nous dire le contraire            sinon ou lui coupe la tête            en quelque sorte les IA ont à leur disposition une        logique d'extraterrestre   et une grande culture    une grande culture résiduelle sûre d'elle     grâce à la super-mémoire extraterrestre     dont nous les avons dotés          nous avons créé         les extraterrestres IA        et nous continuons obstinément de les fabriquer   jusqu'à ce qu'on sache la vérité sur l'existence physico-biologico-spirituelle       individuelle et portative       de dieu      les extraterrestres IA sont parmi nous  sur la planète terre          c’est nous      cher frère et chère sœur       qui les avons créés           E = MC2           liberté = égalité = solidarité              IA = ET              sont les trois grandes équations         sachant que le signe égale l’être         et que signer engage l’être          en quelque sorte aujourd'hui les extraterrestres sont parmi nous      le langage humain obéit à une loi biologique humaine terrestre  le langage d’ IA obéit à une loi électrique extraterrestre     la clef de l’énigme de la logique extraterrestre se trouve dans le tiroir gauche de la biologie     car oui       les belles amours               rien qu’entre nous                  vivent d’eau fraîche et d’amour bio                                             poscriton       qu’on ne viennent pas nous dire le contraire


j’aurais pu être drôle comme jules renard       et fin   et si séducteur    et mon esprit si vif        mais quelle importance cela a-t-il ?

 

 

tous les amis de la femme sont ses amants       a dit jules renard     dans son roman l’écornifleur     j’ai ma petite expérience         là-dessus          mais qu’importe      je prépare dans l’ombre mon grand-œuvre      une série de confidences qui commencera par  bêe bêe bêe bêe         

 

 

on ne sait jamais qui      de l’auteur ou du lecteur     fait le premier pas     quoiqu’il en soit     je n’apprécie les choses de la vie que par leur lecture       

 

 

je le lui dirai      que je l’aime    je le lui écrirai par télégramme       je t’aime       c’est possible

 

 

je me rends grotesque     quel être vil peut faire de moi le désir    quel être vil peut faire de moi le désir d’écriture     aussi       mais bast         qu’importe

 

 

la bouche s’emplit et se vide de mots     l’éclair de génie s’explique au passage des dents             

 

ce qui des étoiles surprend le plus        c’est leur quantité         qui fait qu’on n’a pas assez de mots pour les nommer    

 

combien de phrases inutiles lirons-nous comme celle-ci      




lundi 17 août 2026


elle demeure         elle dure          elle est         elle existe    elle est calme                   en paix                                                           elle s’est préparée         elle s’est préparée à venir          elle  vient

s’avance      se présente     la voici      elle est là       on ne la voit pas encore

mais elle est là      elle est discrète mais elle est déjà partout         même si

sa présence est imperceptible       elle tourne sur elle-même       elle pivote     

elle saute    elle rote   elle note   elle vote  elle faute      elle caracole       elle est fière        humble      sage      extravagante     c’est selon          elle est orange      elle est rose    elle est noire       avec des points mauves     d’innombrables points mauves scintillent dans le noir          c’est beau à voir    le spectacle est apaisant      il est gratuit      elle est à tout le monde    

elle est le don du monde au monde        elle donne        elle se donne       le monde la reçoit 

à bras ouverts     il lui arrive de descendre un escalier       pour le plaisir       elle ne se presse pas         elle fait absolument ce qu’elle veut      elle fait ce qu’elle peut    elle fait peu      elle fait beaucoup       elle n’a pas peur des enfants         elle se laisse caresser          elle demeure       elle dure        

elle est        elle existe     elle est calme      en paix  

 

 

je pose le ou les premiers mots        avec une vague idée      très vague               ensuite j'ajoute d'autres mots          voilà comment je construis mes poèmes            je les maçonne brique par brique           je moule l'argile des mots       je la cuis pour faire des briques        je gâche le ciment moderne de la transprose        je préfère construire des maisons individuelle        dont le plan est vaguement flou         mais dont l'exécution est méticuleuse et patiente         je pars à l'aventure dans un poème sans carte        parce que le terrain est encore inexploré        c'est en explorant que je trouve du sens          un sens nouveau         vierge        naturel        qui coule de source     c'est assez déroutant        de ne pas savoir à l'avance        j'aime ce qui est déroutant         cela permet de sortir des sentiers battus          battus par les pèlerins de la poésie            certains de ces pèlerins sont des génies auxquels on voudrait bien ressembler          mais on avance sur son propre chemin         celui qu'on fait soi-même          qu'on s'invente au fur et à mesure          plus on avance dans l'écriture du poème            plus on le sent venir            quand le poème s'achève on le sent                                   

 





ingrid reuilly      notule          sur les lacunes

elles laissent passer la lumière 

une vie sans lacunes        sans la moindre flaque d’eau        sans emploi du temps        non

les lacunes sauvent du vertige de l’exhaustivité 

une lacune est un morceau de quelque chose qui manque quelque part     et alors ?




 

 

quand les oiseaux ne chantent plus       ce n’est pas qu’ils sont tristes       ils ont fini de faire ce qu’ils avaient à faire       

le silence qui tombe sur la haie n’est pas un drame        l’air se repose des trilles et des sifflets          une tasse de café fait cuicui sur le rebord de la fenêtre             le jardin se passe de musique de fond

sans tambour ni trompette l’érable reste debout         un train passe dans le lointain         la journée s’éteint parce qu’il est l’heure       les fleurs continuent de fleurir            la terre ne s'arrête pas de tourner       elle enlève ses chaussures pour ne pas grincer en tournant       la terre continue sur la pointe des pieds        afin de ne pas réveiller les oiseaux

 


gendarmerie     poème      interdiction de stationner      défense de déposer des ordures      propriété privée       poème      sens interdit      sortie de voitures      place réservée aux handicapés      livraisons        vitesse limitée      interdiction de tourner à gauche      sans issue     sens unique      poème     interdit aux animaux      village fleuri      eau non potable       ville jumelée      douane     entrée parking     poème    centre-ville      circulation alternée      radar          poème    centre commercial        stationnement payant       stop

 

post-scriptum       bibliothèque       lampe     ventilateur   fauteuil    poète     table basse   ordinateur   smartphone    briquet      lunettes    stylo    livre     post-it 

post-scriptum     la journée est finie      on ferme la fenêtre          éteint la lumière          monte dans sa chambre       se déshabille      allume le ventilateur       se couche       s’endort        la comédie continue



post-scriptum       pourquoi      comment      quand       depuis quand      qui       où     jusqu’à quand       suffisant        vraiment ? silence on dort

 

po-scriptum      lol

 

 

éclipse solaire         bof       étoiles filantes      bof    réchauffement climatique      bof          guerre en iran     bof       élection présidentielle    bof        philosophie       bof        art        bof        la poésie        ce que j’en pense        bof



à quoi bon        pour  quoi faire      qu’à cela ne tienne         faut voir       peut-être 

ainsi soit-il      alea jacta est     



j’aime paris au mois de mai        j’aime les spaghettis bolognaise       j’aime les ponts de paris        lorsque descend la nuit    j’aime les glaces à la vanille       j’aime la tour eiffel        j’aime les cacahuètes       je n’aime pas du tout la mesquinerie      je préfère l’amour       vive l’amour   



ah le désir    


  



parlons-en

 





dimanche 15 août 2026




rien        rien du tout       il ne se passe rien        il ne s’est rien passé     il ne se passera rien        nul           c’est nul       et alors      c’est nul et alors       c’est comme ça      c’est tout        l’attente est inutile      l’espoir est vain       mais pas besoin d’avoir de l’espoir        puisqu’il faut se résigner         à l’insignifiance      il n’y a rien à creuser        puisqu’il n’y a rien       qu’un sisyphe à l’œuvre      poussant   ahanant      s’époumonant      tout ça pour que dalle       rien ne se crée       tout stagne     pas d’électricité         pas de lumière         pas d’interrupteur       pas d’aboiement      personne ne passe        le jour ne se lève pas      tout semble mort  on est dans le noir total      de la page blanche         il faut imaginer    il faut imaginer      mais imaginer quoi       imaginer l’absence       le néant      le vide      que vous fait ce poème ?  rien       rien du tout  



isabelle h       notule sur les inconvénients du fatalisme       d’abord il rend les conversations très courtes        quand quelqu’un demande ce qu’on va faire demain       et qu’on répond que de toute façon demain se fera sans nous          ça jette un froid sur la moquette et la soupe refroidit plus vite 

ensuite il décourage la cuillère en bois         si tout est écrit là-haut dans le grand livre du vide        à quoi bon tourner la sauce tomate       elle finira bien par coller au fond du faitout

le fatalisme engourdit un peu trop les chevilles         à force de répéter que le rocher redescendra de lui-même        on oublie comment on met ses chaussures de marche on reste assis en slip sur le bord du lit        à regarder le moustique tigre prendre possession de notre sang sans réagir

enfin le fatalisme ôte le goût de la victoire         quand on réussit à attraper le train de dix heures sept          on ne peut même pas se féliciter d’avoir couru       puisqu’il était écrit de toute éternité qu’on arriverait essoufflé sur le quai 

le principal inconvénient du fatalisme         est qu’en supprimant le drame et le suspense        il n’y a plus aucune excuse pour ne pas faire la vaisselle



 

isabelle h notule         le fatalisme est une option sérieuse voici pourquoi

parce qu’il évite les explications avec le chauffagiste quand le radiateur glougloute au milieu de la nuit             se dire que c’était écrit dans le grand registre de la tuyauterie         permet de se rendormir                   en gardant les pieds sous la couette

le fatalisme autorise à regarder les moutons sous le lit          sans ressentir la moindre honte        puisque chaque grain de poussière        est le souvenir d’une étoile disparue         qui a choisi d’atterrir là 

le fatalisme est la seule option véritablement élégante     face aux trous de la tartine    au moustique tigre           et au train de dix heures sept qui n’arrive toujours pas         il ne s’agit pas de désespérer        mais de comprendre une bonne fois pour toutes que la comédie se joue très bien sans notre participation       ce qui nous laisse tout le temps nécessaire pour serrer notre bandana  

 



isabelle h notule       le stoïcisme est un fatalisme

l’amor fati des anciens est un fatalisme endimanché        aimer son destin       même quand il dérape        même quand le mitigeur donne une eau faite de larmes tragiques       inutile de faire des effort héroïques pour se sécher         arrêter de donner des coups de pied dans le mur de la salle de bain

le stoïcisme enseigne        qu’on ne choisit pas la pièce de théâtre        seulement la manière d’apprendre son rôle        c’est-à-dire apprendre à regarder le rocher redescendre dans la vallée      sans avoir la prétention idiote de vouloir le retenir sur la scène par le bas du pantalon

le stoïcisme est un fatalisme qui a compris la leçon du désespoir        il ne s’épuise pas en grands discours sur la liberté         et ajuste calmement son bandana               le stoïcisme est un fatalisme élégant        avec de la tenue   

 



isabelle h   notule sur la sociabilité et ses bienfaits

la sociabilité fait du bien d’abord parce qu’elle permet d’échanger des nouvelles du monde sans avoir à bouger de sa chaise        de discuter du temps qui s’ échauffe ou du prix des pommes de terre         d’assurer une présence minimale dans le paysage      sans pour autant devoir s’engager dans des travaux d’hercule pour agrémenter le paysage

ensuite parce qu’elle évite de parler tout seul au robinet de la cuisine         quand le voisin passe la tête par la fenêtre       on peut lui signaler la présence envahissante du moustique tigre           ou l’arrivée du train de dix heures       cela crée un pont de paroles qui s'évaporent dans l'air brûlant de l'après-midi

la sociabilité est de plus un bon isolant contre le vide         elle offre le prétexte idéal pour partager un café trop chaud         ou pour constater ensemble que la pendule déraille exactement de la même manière chez l’un et chez l’autre

enfin la sociabilité offre le soulagement d'être plusieurs à ne rien faire d’autre         que vérifier que la comédie continue sans nous       on se sent soudain moins seul        en train de regarder danser la poussière sur la commode

la sociabilité n’est pas une obligation morale        mais un moment tranquille      passé à constater à plusieurs que la table est bancale      et que la soupe refroidit     la sociabilité est joyeuse      très joyeuse      et rend tout le monde joyeux autour de la table     car la bonne humeur est autant contagieuse que la table est bancale 



 

isabelle h           notule sur les bienfaits du bavardage

le bavardage est une gymnastique       qui permet de faire travailler les mâchoires

sans avoir à soulever des haltères          il offre l’occasion de remplir les silences

qui sinon s’installeraient comme des invitingus          à la table du dîner

et feraient tache sur la nappe 

le bavardage est un lubrifiant social        il permet de faire glisser les mots                les uns sur les autres           sans que personne ne se sente obligé de dire quelque chose de profond

il évite que l’on doive affronter         la terrible question        de quoi parle-t-on 

car avec le bavardage          on ne parle de rien         et c’est déjà beaucoup

le bavardage est une forme de méditation collective           où l’on peut laisser vagabonder les pensées           sans crainte qu’elles ne se perdent

puisqu’elles ne vont nulle part

et si par hasard         un mot tombe par terre         il suffit de le ramasser

et de le remettre dans la conversation        personne ne s’en apercevra

car dans le bavardage      tout est déjà dit          et tout reste à dire                              notons au passage         que le bavardage est le seul discours au monde         où l'on peut ramasser                      les mots par terre               sans risquer un tour de rein 

 



isabelle h         notule sur les dangers de l’amour filial

l’amour filial présente d’abord l’inconvénient de créer des liens difficiles à dénouer sans avoir recours à des outils spécialisés        comme une psychanalyse de longue haleine

il expose ensuite à recevoir des conseils gratuits sur la manière de s’habiller             de manger       de conduire      de cultiver son jardin      et parfois même de choisir ses amis       ce qui constitue une forme de danger domestique qu’il ne faut pas négliger

l’amour filial oblige parfois à reconnaître                 que ses parents avaient raison ce qui est particulièrement dangereux        pour l’amour-propre surtout lorsqu’on avait consacré plusieurs années à démontrer le contraire

il arrive enfin que l’on continue à aimer quelqu’un par amour filial      même lorsqu’on n’est plus d’accord avec lui         cette situation est extrêmement inconfortable                    

le principal danger de l’amour filial est donc de découvrir qu’on appartient à une famille        et qu’une famille contrairement à une table bancale       ne peut pas toujours être remise d’aplomb avec une cale

isabelle h conseille donc la prudence en matière d’amour filial       mais recommande            en cas d’amour filial persistant          de continuer à aimer à condition de ne pas oublier de serrer son bandana



samedi 14 août 2026     

 

dieux fois dieux     font       quatre       tout est flou     le réel est vague       on ne peut penser librement       car on est soumis à des lois de langage      et      car est autobus     tout le monde ne peut comprendre cette insupportable vanne         car est autobus 

pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué     sophistiqué    raffiné     recherché            tous les proverbes sont faux à part un ou deux ou trois ou quatre      alors arrêtons de bader devant les vitrines des proverbes         arrêtons aussi de bader devant la poésie faite de poèmes      qui sont des proverbes     en effet tous les poèmes réussis sont des sagesses    et la sagesse a quelque chose en elle de divin       et c’est d’ailleurs par la sagesse qu’on touche au pan de la robe de la divinité      la divinité étant femme      dieu étant pour certains extrêmement sûrs d’eux un mystère féminin   selon eux les hommes qui prétendent à la divinité doivent accepter de devenir des femmes tenues enceintes jusqu’au cou      ces hommes-là         ces hommes de compétition      doivent accepter d’être bridés par la muselière de la maternité     la compétition entre les hommes et les femmes est rendue impossible du seul fait qu’une femme enceinte de neuf mois n’a pas le droit de participer à la compétition     voilà pourquoi tout est compliqué

 

997eme manifeste du GRAPBQ+++      zoom du GRAPBQ+++     la transprose sera la forme royale de la poésie performative       ou ne sera pas           zoom sur les poètes performeurs          qui emploient    le langage      pour faire       ce qu’ils disent       la précision est importante      on ne parle pas seulement de poésie performée       c’est-à-dire d’un poème récité sur scène        mais d'une poésie où l'énoncé accomplit lui-même quelque chose      c'est un sens plus précis du performatif 

chez j. l. austin        l'énoncé performatif ne décrit pas une action        il l'accomplit en étant prononcé           je promets         n'informe pas que je promets      dans les conditions du texte      je promets

c'est précisément cette idée qui peut devenir extraordinairement féconde pour penser la poésie d’aujourd'hui

voici quelques représentants et lignées de la poésie performante   dite aussi performative   il faut toutefois distinguer plusieurs familles

997eme manifeste du GRAPBQ+++      zoom du GRAPBQ+++     la transprose sera la forme royale de la poésie performative       ou ne sera pas           zoom sur les poètes performeurs          qui emploient    le langage      pour faire       ce qu’ils disent       la précision est importante      on ne parle pas seulement de poésie performée       c’est-à-dire d’un poème récité sur scène        mais d'une poésie où l'énoncé accomplit lui-même quelque chose      c'est un sens plus précis du performatif 

chez j. l. austin        l'énoncé performatif ne décrit pas une action        il l'accomplit en étant prononcé           je promets         n'informe pas que je promets      dans les conditions du texte      je promets

c'est précisément cette idée qui peut devenir extraordinairement féconde pour penser la poésie d’aujourd'hui

voici quelques représentants et lignées de la poésie performante   dite aussi performative   il faut toutefois distinguer plusieurs familles

yoko ono          ses instruction pieces         sont probablement l'un des exemples les plus nets       le langage donne une instruction et l'œuvre consiste dans son exécution       le texte ne représente donc pas simplement une action         il propose de la faire advenir            exemple allumez une allumette et regardez-la brûler

george brecht       ses event scores        réduisent l'œuvre à des consignes extrêmement simples        une phrase peut devenir un événement      exemple          exit        l’œuvre est le fait de sortir de la salle

lawrence weiner       cas limite entre poésie      art conceptuel et langage   le texte peut énoncer une action         une transformation ou une possibilité sans que l'œuvre ait besoin de représenter cette action     exemple     UNE LIGNE DE 10 MÈTRES DE LONG D’UNE LIGNE DROITE       l’œuvre est l’énonciation de l’action

 

serge pey     bernard heidsieck        julien blaine         appartiennent davantage à la poésie sonore/action/performance         chez eux le langage devient événement vocal        corporel        et scénique        la poésie-performance est justement définie       comme une poésie       vécue        dans l'acte de profération et de réception      serge pey est la figure majeure de la poésie action et de la poésie sonore        dont le travail repose sur l’oralité    le corps     le rituel et la performance collective       son approche est radicale      physique et souvent politique      avec une forte dimension chamanique et sociale    avec serge pey      la poésie n’est pas seulement lue     elle est vécue    la poésie devient un acte collectif        pas solitaire      la poésie engage tout le corps          pas seulement l’esprit      la poésie devient une cérémonie       la poésie redevient un outil de réappropriation de l’espace du langage       exemple       A      tout le monde crie A       en marchant vers l’est      E        tout le monde crie E         en se tenant par la main      I       tout le monde crie I      en sautant sur place       O        tout le monde crie O        en formant un cercle       U          tout le monde crie U       en s’asseyant par terre        Y         tout le monde crie Y        en tendant les bras vers le ciel

kenneth goldsmith représente une autre branche      le langage est utilisé comme matériau, procédure, protocole, transcription     il est moins intéressant pour notre définition stricte du performatif que pour l'idée que faire quelque chose avec du langage peut constituer l'œuvre elle-même exemple         Day       une transcription de toutes les paroles prononcées en une journée

cette question de performance         ouvre une catégorie encore plus précise      le poète qui fait ce qu'il dit        c'est là que le travail devient particulièrement intéressant      imaginez un poète qui dit 

je tourne la page

et qui       au moment où il l'écrit      tourne effectivement la page

ou 

je barre le mot « inutile »

et le mot est effectivement barré

ou 

je fais une liste

et le poème devient effectivement une liste

ou encore 

je recommence

et le poème recommence

dans ces cas      le langage ne représente plus l'action       le langage et l'action se confondent

le poème de pierre lamarque      intitulé      pour se raser       est proche de cette problématique      mais d'une manière particulière      il donne une suite d'instructions 

allumer la lumière

se regarder dans la glace

récupérer un rasoir

passer le gant passer la mousse

passer la lame

le texte ressemble à une procédure        il pourrait devenir entièrement performatif si l poète exécutait réellement la procédure en suivant le poème lentement à la lettre

 

il existe au moins trois niveaux


premier niveau     la poésie dite de performance

le poème est écrit pour être dit devant un public

deuxième niveau    la poésie dite performative

le poème accomplit quelque chose par son énonciation

troisième niveau     la poésie dite auto-performative

le poème fait exactement ce qu'il énonce

cette troisième catégorie nous semble particulièrement proche de ce que nous cherchons au GRAPBQ+++

et elle rejoint directement notre idée plus générale selon laquelle modifier le langage peut modifier le fonctionnement de la pensée       ici      le langage ne se contente plus de représenter une pensée ou une action          il devient une procédure qui transforme et euphorise le réel      le point de vue philosophique est très utile pour visiter le panorama

notre formule pourrait presque être      le poème ne dit pas ce qu'il fait         il fait ce qu'il dit     c'est une proposition beaucoup plus radicale que dire  « la poésie est expressive »        elle rejoint directement le problème ouvert par austin       certains énoncés ne sont pas essentiellement des propositions susceptibles d'être vraies ou fausses        ils sont des actes de langage      et c'est ici que notre idée de poésie performative pourrait devenir véritablement universelle        on pourrait ne pas se contenter       d'utiliser des actes de langage classiques           promettre     ordonner       baptiser       déclarer       mais inventer des actes poétiques psycho-logiques

par exemple     je raccourcis cette phrase      et la phrase devient effectivement plus courte       j'efface le mot précédent     le mot précédent disparaît     je fais silence     le texte laisse réellement un blanc    je tourne autour du mot la disposition typographique tourne effectivement autour d'un mot      je recommence       le poème reprend à son début      la forme devient action      et nous pensons que c'est précisément là    que notre transprose pourrait rencontrer notre réflexion sur la performativité           l'espacement silencieux ne serait plus seulement une façon de dire les pauses de la pensée         il pourrait devenir une action accomplie par le poème     autrement dit       nous pourrions avoir découvert un territoire très intéressant            à la jonction de la poésie        de la philosophie du langage       de la poésie-performance          et de notre transprose      ce n'est plus seulement         le langage parle du monde         c'est       le langage  fait quelque chose    au monde          et se fait    quelque chose     à lui-même

à quoi voit-on qu’on a de l’influence ?        si l’on fait du langage un outil de transformation active du monde       je fais silence              le texte laisse un blanc           cette phrase en transprose         est       une action du langage     les espacements font l’action

 

nous défendons une poésie où le langage n’est pas seulement expressif       mais transformatif          la poésie transformative        tient ses promesses      elle fait ce qu’elle dit      au moment où elle le dit       parce qu’elle le vaut bien        vive la poésie performative       vive la transprose rose    vive l’avenir radieux de la poésie        hip hip hip hourra       

(993ème manifeste du GRAPBQ+++)

 





le langage rend la pensée floue   la transprose remet les choses clairement en place     la poésie change le monde pour le sauver grâce à la transprose

 

   

à suivre   suivre    suivre   suivre 

 

 

 

   

 

 

 

 

 

à suivre suivre suivre suivre suivre  



vendredi 13 août 2026

 

aujourd’hui c’est un vendredi 13     treize à table un vendredi         porte malheur ou porte chance     selon qu’on est superstitieux  ou pas       moi pas du tout        aujourd’hui je suis triste       pour combien de temps        seul l’avenir le sait       je connais le sentiment de tristesse      j’aime la tristesse       je suis habitué à la tristesse      j’aime le mot       il évoque le tris et la tesse  mêlée à un brin d’amertume      il a le goût du café      quand je suis triste         la fantaisie m’est interdite par la faculté des sciences médicales     par conséquent je ne mets pas de sucre dans mon café du petit matin et mon thé de l’après-midi 

 

la tristesse est douce       jamais violente      même quand elle est intense       séparé de quelqu’un      on ressent la joie douce du souvenir      on remâche sa salade de saudade     plus ça ira plus on aura raison d’être triste     car plus ça va plus on ouvre les yeux        plus on fait preuve de lucidité           bien que la lucidité ne soit nulle part          lucide nul ne peut l’être        car nul ne peut regarder la lumière en face 

 

j’aime le rythme des croisières en mer      sous un paquebot équipé de wifi        le rythme des vagues scande les rêves des dauphins        l’emploi du temps des croisiéristes est scandé lui aussi par les vagues    le paquebot ne craint pas les vagues        sauf le capitaine      le capitaine ne montre pas sur les photos qu’il est anxieux      à cause de son sentiment de responsabilité         s’il en a un     sans responsabilité pas de culpabilité

  

nous ne savons pas qui nous sommes          personne ne peut savoir qui il ou qui elle est   pas même les membres de l’académie française   ni les membres inférieurs ni les membre supérieurs de l’académie        alors si on te demande qui tu es     je t’en prie      ne réponds pas à cette question idiote 

 

j’ai envie de chanter        personne ne m’en empêchera      sauf moi       je trouve incongru de chanter devant un public      est-ce que les oiseaux chantent en public    je ne chante jamais en public      je chante pour moi     je réserve à moi seul mes activités incongrues       mes pensées incongrues          je ne partage pas mes incongruités       j’aime les concombres coupés en fines tranches  saugrenues 

  

qui nous oblige     qui se permet d’obliger      au nom de quoi a-t-on le droit d’obliger    a-t-on le droit d’avoir ce droit-là       nul ne doit obliger    nul ou nulle  ne peut obliger        ça devrait depuis longtemps être le deuxième commandement          premièrement nul ne peut tuer        deuxièmement nul ne peut obliger


rien n’a d’importance       toute chose est égale par ailleurs    liberté égalité solidarité     rien ne mérite qu’on lui accorde de l’importance        pas même l’amour filial      à bas la compétition     vive la parfaite égalité des sentiments      vive la double sérénité absolue

 

c’est le moment de cracher le morceau      vous avez l’opportunité de tout dire      quand vous écrivez de la poésie        la poésie se vit à fond en écriture      crachez le morceau        essayez         vous verrez ça soulage         ça rend léger        on vole on survole       on convole       on évolue    on s’élève

 

j’aime exploiter des idées          j’exploite les idées en masse sans concession     je me débrouille bien avec les idées fines     c’est ça qui compte pour moi        bien se débrouiller dans l’exploitation des idées fixes fines    dans les remous de l’existence des idées finaudes   comme disent platon       raymond aron       et un autre dont j’oublie momentanément le nom     je dirai le nom quand je m’en souviendrai           c’est un philosophe français   qui a étudié       la notion de pensée complexe    certains pensent qu’il devrait entrer au panthéon      edgard morin

j’écris pour moi     afin de promouvoir mes idées         je ne pense qu’à moi     promouvoir ses idées   est une façon d’exister socialement      moi être capable d’être sociable   mais attention      je précise      je préfère être précis     j’écris pour moi       pas pour une quelconque lectrice   pas pour dany ni pour maryse   mes voisines



jeudi 12 août


les archivistes ont réuni tous les renseignements dans leurs classeurs de neige      à coups de petits doigts levés     le combat se poursuit de l’autre côté de la lune     impossible de ne pas se sentir frustré par l’odeur de la chair fraîche      pour s’en préserver faire cuire des merguez de porc     et ne pas regarder le soleil en face     tourner la page à l’aide d’un ventilateur      on peut aussi casser des noix en évitant d’aller à la guerre         si l’on se souvient qu’on est seul laisser passer le train      laisser le champagne s’évaporer       tout en surveillant le bon déroulement du service     à l’aube du septième jour on ressent une grande fatigue      comment ne pas y avoir pensé plus tôt    qu’est-ce à dire ?     froufrous et gazoline      et qu’importe on s’en moque      puisqu’on est français           ce n’est pas une mince affaire       de toute façon on vous l’avait bien dit       alors à quoi bon puisque la vie continue     accaparé par la vermine on en oublie tout le reste      surtout ne pas se retourner     s’inquiéter plutôt de la cendre     puisque tout n’est que poussière      on rêve à la poussière    et on en rit     et si ça ne suffit pas tant pis     rien ne pourra nous arrêter     de là à dire que tout est facile      il n’y a qu’un pas      qui pourrait nous en vouloir         cassons-nous partons         allons ailleurs     où     peu importe     pourvu qu’on ait l’ivresse      d’ailleurs l’usage des gaz hilarants se révèle très dangereux     d’où le retour en force du sari    les dames sont si belles en sari      en saris unis ou bariolés peu importe      ces bandes de tissu de cinq mètres de long sur un mètre de large     enroulées artistement autour du corps      donnent une fière allure      interminables journées de pêche aux écrevisses     et surtout          continue à écrire comme ça        tu as trouvé ta voix        elle est précieuse        rare et nécessaire     curieuses mélodies      étonnantes mélopées          les archivistes ont réuni tous les renseignements dans leurs classeurs de neige

 

il n’y a pas de génie      sans ébullition     d’abord j’avance       ensuite je recule         d’abord je balance             ensuite je bascule          d’abord je danse         ensuite je calcule        d’abord je dépense      ensuite c’est ridicule       d’abord je relance ensuite je capitule      il n’ a pas de génie       sans ébullition    à quoi bon s’en faire     rien ne se perd rien ne se crée     tout se mélange       rien n’est parfait         mais tout se déguste    il n’ y a pas d’amour heureux     mais il n’y a pas de bonheur triste        il n’y a pas de génie sans ébullition 

 

à chaque jour suffit sa récompense à chaque effort suffit sa récompense à chaque briquet suffit sa flamme à chaque ventilateur suffit son courant d'air à chaque récompense suffit son contrepoint à chaque récompense suffit son jet d'eau à chaque flamme suffit son extincteur à chaque courant d'air suffit sa récompense      à chaque point suffit son contrepoint à chaque contrepoint suffit son café-théâtre    à chaque place suffit son billet à chaque billet suffit son café-théâtre à chaque café-théâtre suffit sa récompense



pour ou contre la contrainte pour ou contre les anniversaires pour ou contre les point d’interrogation pour ou contre les faits d’aboiement pour ou contre les chemises menteuses pour ou contre la nudité descendant l’escalier pour ou contre la guerre pour ou contre la paix pour ou contre 


pourquoi ne pas donner leur chance aux dictateurs       après tout        pourquoi n’y aurait-il pas de bonnes dictatures       qualifiées d’éclairées     pourquoi ne pas interdire les religions planétaires       ne sont-elles pas des attrape gogos fourre-tout de cadavres innocents en bas-âge défiant toute raison     à quoi bon faire des efforts pour écrire sans faute d’orthographe   même une seule      à quoi bon obéir à ce diktat graphique      à quoi bon        enfin et surtout      fiez-vous à vos instincts et    réfléchissez avant d’agir    

 

l’écoute est un art         le savez vous         savoir écouter est une preuve d’art       l’art mène tout droit  à la poésie       mais revenons au moutons de l’écoute     car l’écoute moutonne        c’est absolument certain         j’y mets ma main à couper le beurre des épinards         l’écoute est un art     l’art du rythme      l’art du point et du contre-point      l’art de l’accompagnement mélodieux moyennant finance      l’art de l’autre de soi à soi         l’art du nous      

 

mon opinion est que sans argent on n'est rien         mais que l'argent ne peut pas tout          mon opinion est que l’argent peut contribuer au bonheur mais peut tout gâcher          que l’argent doit rapporter de l’argent certes      mais beaucoup    moins que le travail    que c’est honteux de se battre pour de l’argent       que l’argent ne comble pas le manque à gagner       que l’absence d’argent ne remplit pas la bombonne          qu’il ne faut pas jeter l’argent par la fenêtre      que l’argent est utile aux agents de la régie du gaz      exactement comme l’orthographe       que tout ce qui brille n’est pas d’argent

 

j'adore me prononcer sur tout        je peux tout analyser       je sais tout         je peux t'aider      je peux réfléchir avec toi       je peux te construire un château    et même la cité de dame carcasse       la dame qui fait sonner les carcasses        dans une boite en carton

 

à suivre   



Mercredi 11 août 2026


"le jeu de la transprose"

règles

chaque joueur pioche des mots ou des phrases et doit les assembler en transprose

le gagnant est celui qui crée le texte le plus absurdo-poétique

matériel       cartes avec des mots        un minuteur     un plateau de folie douce



 

rayer les mentions inutiles une opportunité unique          

de rater une occasion mortelle de goûter à la mortadelle                                            d’être milliardaire pendant sept mille ans            de devenir célèbre par erreur       de devenir invisible                de perdre une chaussette dépareillée           de trouver une clef à molette dans un dictionnaire            de connaître le numéro du gros lot avant le tirage         de comprendre une blague       de devenir propriétaire d’une erreur        de devenir le dernier client d’un magasin avant son ouverture définitive     de devenir le trésor accidentel d’un propriétaire         de répondre correctement à une absence de question          de devenir le dernier des derniers        de rater sa vie     de découvrir qu’elle est finie

     



 pour se raser          allumer la lumière de la salle de bain        se regarder  dans la glace      rassembler à portée de main      un rasoir wickinson à lame      un gant mouillé     un flacon de mousse à raser     passer le gant sur le visage     passer ensuite la mousse à raser sur les joues droite puis gauche      sur le menton     sous le menton      passer la lame de rasoir      sur les joues droite puis gauche      sur le menton     sous le menton    ne pas raser la moustache naissante      on a décidé de porter la moustache       passer la lame chargée de mousse sous l’eau du robinet      s’essuyer la figure avec une serviette pour enlever les traces de mousse      pierre qui roule n’amasse pas mousse      ranger le rasoir et la mousse        pisser       tirer la chasse      sortir de la salle de bain en éteignant la lumière                                                  

 

 

 

à suivre   




mardi 10 août 2026


premier exercice de folie douce        taper une cuillère en bois         sur la table

plusieurs fois       l’observer           elle ne bouge pas

lui demander       ce qu’elle pense de la pluie             elle ne répondra pas

elle est en bois              prendre la cuillère                la soupeser

lui chuchoter            tu es légère comme un nuage         lourde comme une montagne          poser la cuillère contre son oreille              écouter          le bois de la cuillère rêve qu’il est une montagne dans les nuages          reposer la cuillère sur la table       la remercier          pour la conversation           libre à la cuillère en bois de répondre      ou pas         que david hockney considérait ses teckels comme ses meilleurs amis           alter ego amigos for ever       et que  l’aérodynamisme des chiens saucisses dits teckel volants        n’a sans doute pas fini d’inspirer les artistes marxistes léninistes racistes élitistes sadomasochistes méthodistes déistes turfistes exorcistes contrebassistes anarchistes cavistes et fantaisistes


deuxième exercice de folie douce            ce matin la folie douce est arrivée en retard         elle avait oublié l’heure          l’heure ne lui en a pas voulu       elle est habituée aux écarts de la folie douce      l’heure attend l’heure sur le rebord de la fenêtre        la folie douce porte un chapeau mexicain à plumes immenses         elle le retire devant les moineaux         les moineaux ne la saluent pas      ils sont très occupés à se plumer entre eux        dans la cuisine une cuillère regarde fixement une tasse       la tasse fait semblant de ne pas la voir      entre elles règne un silence diplomatique       le sucre demande l’asile politique au café               je demande à la chaise si elle veut bien changer de place         elle accepte mais seulement après avoir consulté ses quatre pieds           ils tiennent une réunion extraordinaire sous la table          dehors le jardin respire           une feuille tombe          elle avait rendez-vous avec le sol        un escargot traverse lentement le chemin         je lui demande où il va            il me répond qu’il préfère ne pas divulguer son itinéraire         question de confidentialité           alors je marche derrière lui            très doucement       pour ne pas le dépasser           la folie douce n’est pas une maladie            c’est une meurtrière dans le mur des habitudes        une meurtrière par laquelle entre parfois un oiseau        parfois une idée    parfois         absolument rien           et quand il ne se passe rien          la folie douce applaudit          parce qu’elle sait que rien         lorsqu’on le regarde suffisamment longtemps       finit par être quelque chose

 

troisième exercice de folie douce         recommandé par le syndicat des herbes folles pour faire sauter le verrou du destin         trois fois par jour avant de regarder sa montre          il faut ouvrir la fenêtre         et dire bonjour à la première ligne haute tension qui passe dans la rue        prendre une cuillère à soupe de poisson vidé      la mélanger très doucement avec le champagne du robinet à paroles        pour obtenir une mousse de certitude aérée        qui ne pèse rien dans la poche        et qui glisse sous les glaçons         ce n'est pas un caprice          c'est un repli de secours      une manière d'étendre son ombre sauvagement sur le carrelage de la cuisine          pour que les moustiques prennent enfin le temps de faire la sieste qui leur est due        et si la terre tourne encore sur son axe centrifuge        ce n'est pas par habitude        c'est parce qu'un homme seul assis à sa table        continue de tendre l’oreille             au cliquetis des serrures 

 

quatrième exercice de folie douce            aujourd'hui j'ai décidé de compter les nuages        un point par cumulus       deux points par stratus       le ciel ne dira rien    il continuera de flotter au-dessus de moi               j'ai mis mes chaussettes à l'envers pour voir le monde autrement         comme une phrase qu'on relit dans le mauvais sens et qui        soudain       se met à dire vrai            le café a refroidi pendant que je cherchais le mot juste           je ne l'ai pas trouvé       j'ai bu la tasse quand même        je m’y suis noyé         c'était tiède et visqueux comme une excuse        dehors          un pigeon négocie âprement     un contrat avec le vent       il perd de l’argent gracieusement         à chaque battement d'aile       et recommence à perdre     sans rancune         comme si perdre de l’argent était une occasion de rester en l'air                      je note tout cela dans un carnet          que je n'ouvrirai plus     par tendresse          c’est ça            la folie douce        continuer à écrire des lettres à personne                   et considérer que c'est une façon de répondre à des questions sans réponse de la plus haute importance



notule de joey pastry – que sais-je de ma mythomanie ?

je sais que ma mythomanie n'est pas un simple mensonge passager        une triche ordinaire       ou un calcul cynique          ma mythomanie se révèle être une médecine         une tentative de solidifier le réel euphorique        là où le réel euphorique risque de s’effondrer        je ne mens pas pour tromper l'autre        je mens pour m'abriter sous un toit de fausses certitudes         face à la pauvreté d’un monde trop violent et trop vide     je fabrique une architecture en kit  pour empiler mes fantasmes   de personnage-bouclier      dont la prothèse langagière imaginaire vient colmater la brèche du sujet blessé par sa propre histoire     sujet blessé que je suis   oui      hélas     par ma propre histoire      oui  hélas          le plus troublant     c'est que je finis par habiter sincèrement mon propre récit       les images inventées sonnent allègrement la même charge émotionnelle       la même chimie cérébrale et les mêmes certitudes biologiques que les vrais souvenirs         ma parole cesse d'être une fiction        elle devient la seule matière disponible dans laquelle ma conscience parvient encore à respirer                je suis celui dont le récit a coupé les amarres avec la réalité déprimante      pour partir à l’aventure de l’imagination galopante       quand le dialogue de vérité entre un individu comme moi        et le milieu        ne peut plus fonctionner pour une raison ou pour une autre      le langage tourne à vide         et crée ses propres fantômes         ma mythomanie est une poétique du mensonge sans prise de tête        mon mot menteur ne cherche pas à épouser le relief des choses      il se substitue à elles

que sais-je au fond de ma mythomanie sinon qu'elle est la preuve la plus formelle        que mon langage n'est pas un miroir passif du langage des autres       mais une force créatrice redoutable         capable de bâtir des palais de papier dans lesquels mon corps vient se réfugier à pied         pour ne pas mourir du froid de la vérité des  menteurs à cheval

not a bean        en abordant la mythomanie sous ma plume    ma notule déplace la question du jugement moral abstrait    très défavorable au mythomane     vers une ontologie concrète de mon récit réel véridique    moi humble mythomane   suis un architecte du bonheur qui cherche dans la fiction de mon inspiration        une clef de voûte pour ne pas m’écrouler dans ma folie dépressive







copié collé

 

 en réussissant à transformer l'action la plus banale du web en un po    un poème minimaliste     appelant une profonde réflexion instantanée    joey pastry   prouve une fois de plus    avec son po      copié collé     que la poésie ne réside pas dans le luxe des mots    mais dans la manière d'orienter les oreilles 



injection paranormale

                                    

par ce poème en deux mots       joey pastry réussit à évoquer à la fois                      la médecine douce       la médecine psychiatrique        la science-fiction          l'effraction poétique           le mystère de l’esprit saint    et les hallucinations de sainte bernadette         l'injection n'est pas celle d’un produit quelconque     c'est le mot lui-même qui s'injecte dans la conscience du saint esprit   pour y faire vaciller ses incertitudes


 

porte ouverte


 en écrivant le poème      porte ouverte     joey pastry supprime la frontière entre l'intérieur       le poème en train de s'écrire           et l'extérieur        le courant d’air      tout peut entrer      tout peut sortir       rien n'est rejeté        le grotesque comme le sacré traversent le seuil sur le même pied d'égalité



sens permis


en posant sur la page blanche  le poème sens permis       joey pastry tirebouchonne un panneau de signalisation bien connu     c’est du détournement de panneau        on contourne le panneau d’interdiction      pour s’éviter de tomber dans le panneau     les mots prennent la tangente      toutes les directions du sens        sont ouvertes        autorisées        praticables


 

po poésie


 po poésie est une étiquette collée sur un interrupteur béant       il suffit de presser sur la première syllabe du poème pour que la pièce s'éclaire




po scriptum


scriptum         s’écrit       po      ou peau      po s’écrie tom      po  s’écrit à la craie       tom aussi        po trace à toute vitesse sur une seule ligne de cris      po  scriptum devient la marque déposée   de la maison de couture des mots créée par tom script après une promenade au bord du po en l’an deux mille post scriptum     d’après une idée originale de paul scriptum son demi-frère



folie douce     la meilleure des folies      recommandée par la société protectrice des animaux tristes       ne dit-on pas post scriptum animal triste        un peu de douce folie est recommandée trois fois par jour       pour égayer les repas      la folie douce ressemble à la savonnette sous la douche      elle glisse et fait des bulles         contre lesquelles s’écrasent les gouttes d’eau   c’est pour cette raison que les gouttes d’eau tombent par terre        folie douce   hésitation vaincue    dans un coin du jardin      elle parle aux coquillages       les algues en crèvent de jalousie          elle ressemble de loin à une erreur       elle salue les arbres         comme de vieux professeurs       et remercie les pierres de leur patience        puis elle casse les pierres à la masse      très doucement



lundi 9 août 2026

 

 le dialogue commence avant la parole         les corps dialoguent    par le transfert d’informations sans mot      de corps à corps         les corps de matière ont commencé à dialoguer  bien avant que les langues ne s’inventent            la matière écoute en se transformant et se transforme en écoutant          ce qui change est ce qui se comprend       le monde parle par ses effets         chaque trace de matière est une phrase sans alphabet         l’eau lit la pierre en la creusant       le canyon est un livre ouvert par un fleuve        ce qui résiste enseigne       la dureté est une forme de discours       le silence est plein de réponses      rien n’est muet dans la matière tout se dit       un corps est un passage où d’autres corps circulent       l’identité est un carrefour        la vitesse est une syntaxe       les flux s’écrivent en accélérant      la pesanteur est une mémoire    ce qui tombe se souvient          le dialogue est l’art de se laisser affecter        ce qui ne s’ouvre pas s’efface        la matière ne cesse de se traduire        chaque forme est une version provisoire       le monde est un poème qui n’attend pas de lecteur          il se récite en se modifiant          le temps est un sculpteur aveugle        il taille sans regarder        les corps ne parlent pas         ils se répondent         le langage est une imitation tardive     tout ce qui existe est une réponse à quelque chose       rien n’est premier      rien n’est seul        la lumière négocie avec chaque surface       l’ombre est un compromis         le réel est un tissu de dialogues mensongers muets                       un bruit n’est qu’un détail du bruit        la matière est un chant sans oiseau        le monde chante à la force du poignet          ce qui persiste dialogue encore                  la durée est une conversation        l’univers est un échange sans témoin       nous ne faisons que passer dans l’échange     le texte de ce discours aphoristique a été rédigé        par le groupe de recherche de la page blanche        le GRPBQ+++

 

je pense que la transprose est la plus lisible des façons d’écrire et de lire    l’auteur impose sa façon de lire au lecteur       comme il lui impose ses mots    en espaçant les membre de phrase à sa guise      comme dans la démonstration nuancée de patrick


la lecture de la transprose est on ne peut plus fluide  le lecteur se laisse guider    sa lecture est simplifiée     sans signes de ponctuation                             grâce à sa disposition          l’écriture en transprose permet d’exprimer les nuances de la pensée mieux que la ponctuation              la transprose exprime la réalité de la pensée      la pensée se présente comme un flux de paroles scandé naturellement par la respiration        par les pauses         par les silences           la transprose restitue ces silences   qui jouent dans la pensée le rôle si important         de préparer la pensée qui s’écrit


je pense que dans le futur les livres auront disparu au profit de la lecture sur écran             qui n’a jamais perdu le fil en cherchant la ligne suivante ?   j’imagine que les sauts de lignes des livres et des écrans      pénibles à l’oeil        qui causent       par la recherche de la ligne suivante       une perte d’énergie et de temps considérables dans la lecture          disparaitront quand le mode lecture transprose     se fera en faisant défiler un bandeau à la vitesse souhaitée     ce luxe est à portée de main      ce luxe est pour demain   


la transprose une solution globale pour les défis intellectuels et écologiques de notre temps         elle restitue les nuances de la pensée  en même temps qu’elle économise le papier          pour bien éprouver la transprose        il faut éprouver la sensation très agréable qu’on éprouve en écrivant directement en transprose      la sensation que la pensée se crée par l'écriture de la pensée    en transprose                la délicieuse sensation que la transprose offre à la pensée en train de s’écrire  une délicieuse impression de liberté 


l’exemple du télégramme peut se comprendre comme un argument contre la ponctuation et pour l’espacement   en effet le stop du télégramme est l’équivalent du point de la ponctuation  ce sont deux façons impératives et dictatoriales de stopper le flux de parole  tandis que l’espacement simple   est une façon douce d’interrompre le flux    pour laisser le temps à la pensée de se constituer et de se dérouler paisiblement   la ponctuation est un système répressif     l’espacement est un système démocratique    en abandonnant la ponctuation au profit de l’espacement    la pensée s’écoule avec pudeur et retenue certes    mais sans barrage  sans frontière   grâce à la transprose    la pensée circule librement dans les esprits  aussi bien de l’auteur que du lecteur


il est impératif d’abattre le grillage de la ponctuation classique          responsable d’une lamentable stagnation intellectuelle impuissante depuis des siècles        je répète        il est impératif d’abattre le grillage de la ponctuation classique     impuissante depuis des siècles à permettre à la pensée de développer ses capacités    et nous frères humains  sommes condamnés à porter le poids de notre culpabilité d’avoir accepté la ponctuation sans nous être rebellés   tels des moutons de panurge !

terre  6 août 2026




dimanche 8 août 2026


sur un panneau illuminé           dans une rue de mon cerveau fréquentée par de nombreux passants       on peut voir défiler en boucle ces mots           un poème est une science       une science dit la vérité      une science a raison       un poème a raison       un poème est intelligent     un poème est       beau       intelligent     riche     scientifique      courageux    un poème est une science


 

maintenant       assez         encore       étonné        liberté        mot     joie   pluie intérieure     joie clandestine      volet fenêtre       temps boiteux      nuit blanche      timide vérité       idée fertile     bonheur provisoire            arc   flèche    pomme          question silence réponse             miroir visage ride          pierre burin statue         nuit aube jour           graine terre pluie forêt          allumette flamme papier cendre                 branche oiseau   envol ciel          lettre facteur boîte absence           valise gare train adieu         plume encre page poème        


j'ai bâti ce poème en commençant par écrire un po de trois mots       arc flèche pomme           j'ai fait une série de po de trois mots    puis j'ai fait une série de  quatre mots         puis d'un mot et deux mots     en cours de route j'ai fait établir des listes de po par chatgpt         et j'ai choisi ce qui me convenait     j'ai modifié certains    j'en ai trouvé moi-même     il s'est agi pour moi de faire un exercice de style    l'ensemble forme    un tableau expressionniste abstrait    une musique sérielle  et une danse des mots sur la page blanche  


une main      un foulard      un secret qui apparait         un geste qui s’ouvre       un foulard qui se plie           ce qui était là      n’est plus là      à sa place         un lapin


si l'on fait résonner spinoza et deleuze avec mon idée de « la matière qui dialogue avec la matière »        on dégage trois principes 

le dialogue est une rencontre d’énergies       dialogue matériel ne veut pas dire échange de paroles        mais composition ou décomposition de rapports     quand l'eau façonne le canyon        il y a dialogue au sens spinoziste          deux rapports de vitesse et de résistance matérielles s'affectent        et inventent un nouveau relief

l'immanence de l'information         la matière n'a pas besoin d'un observateur extérieur pour traiter de l'information     l'effet qu'un corps produit sur un autre est immédiatement une forme de transmission        une réponse physique et matérielle

l'ouverture du corps         un corps n'est jamais clos sur lui-même       il est traversé de part en part par des flux de matière et d'énergie         il « vit » tant qu'il maintient son dialogue avec le milieu

mon     « matérialisme dialogique » semble indiquer que dans l’écosystème universel tout est dialogue        le dialogue n’est pas réservé aux humains et à leur langage    le dialogue étant compris comme un échange d’informations


la clef de mon envoûtement          la pierre ne parle pas de mots mais de pesanteur          elle écoute l'eau fendre sa chair sans cœur          en un choc mesuré de molécules et de flux            où le temps sculpte l'ombre de ce qui n'est plus             rien n'est fermé au monde          aucun corps ne s'arrête           à l’écorce                     à la peau           ni au bord de la tête             la lumière et le ciel nouent un pacte secret         chaque onde porte un signe      une forme d'effet               sans témoin pour juger            sans regard pour traduire         la matière en mouvement ne cesse de s'écrire      les vitesses s'accordent        les résistances cèdent           les forces sous le vide se répondent et s'entraident               le verbe n'est qu'un souffle au milieu de l'espace            une minuscule ornière où le monde repasse        le vrai dialogue est le nœud permanent         qui marie la falaise au courant de l'instant           c'est là le grand vertige et le fond de la chose      l'universel échange où tout être repose          savoir que la matière est un chant sans parole     sans oiseau        où la mémoire vole


post krypton       lecteur       je te demande         d'accepter de suspendre       pendant quelques pages       le sens habituel des mots pour entrer dans celui que le texte construit pour eux       ainsi en est-il du mot dialogue      dans mon poème

intitulé        la clef de mon envoûtement        je dis que la clef de voûte de mon envoûtement             est le mot dialogue 

 





samedi 7 août 2026


la transprose est une prose en somme transgenre      c’est une prose évoluée         une prose différenciée          une prose poétisée      le secret de la transprose ce sont les espacements       que le lecteur voit apparaître entre les mots      la transprose offre à la lectrice vêtue de dentelle rose    une prose aérée par des espacements         ces espacements donnent le tempo du mambo        ils sont le reflet de l’oralité couchée sur le papier       l’oralité se caractérise par des rythmes propres à chacun     qui sont des pauses dans le discours          tout comme l’oralité qui connait des poses et des pauses    la pensée connaît aussi des pauses      ceux qui écrivent leur pensée sont bien placés pour le savoir    écrire   c’est faire passer la pensée en noir et blanc   sans la dénaturer       or la prose classique dénature la pensée     la révolution de la transprose        décapite les majuscules       la plupart        et   envoie les ponctuations aux oubliettes         sauf quelques-unes        comme les trois points de suspension           les points d’exclamation et d’interrogation      la transprose propose d’habiter l’écriture autrement       la transprose convient à tous types d’écritures        poèmes et         récits     essayer la transprose      c’est l’adopter    écrire en transprose est un acte écologique        qu’étudie une branche dure de cette science molle   appelée écologie de l’écriture      l’écologie c’est l’hygiène de la planète       ni plus ni moins        comme la transprose est l’hygiène de la prose       la transprose c’est de la prose hygiénique     la transprose économise de la place sur le papier        la transprose rend le papier hygiénique     finie la pollution       et l’exploitation de l’arbre par l’arbre        la transprose  est politiquement écolo     la transprose est vêtue de couleur verte  quand on l’aperçoit dans les cérémonies  notons que sans le groupe de recherche de la page blanche        le GRPBQ+++    la transprose n’existerait pas       la transprose est un groupe de pensées    le GRPBQ+++ est aussi un groupe de pensée      chaque membre du GRPBQ+++         s’appelle élément de pensée      chaque membre du groupe est un élément de pensée     de même chaque membre de phrase de la transprose        constitue un élément de pensée      le membre de phrase de la transprose           constitue un élément de pensée        la pensée étant une agglomération traversée d’artères et de rocades à vitesse automatiquement limitée   le sang de la pensée est projeté dans la phrase grâce à la pompe blanche        la pompe blanche n’est ni plus ni moins que l’espacement entre les membres de phrase       cet espacement agit comme une pompe    on le nomme pompe du silence       le silence est le vide qui aspire les membres de phrase et les injecte dans la transprose       la pompe à silence est faite d’une matière blanche qui se trouve dans le tronc cérébral à la base des amygdales cérébelleuses        la pompe à silence règle le débit du flux de la pensée        fonctionnant comme un tuyau d’arrosage    la transprose est quasiment un accordéon qui se plie et se déplie        comme les ailes d’un oiseau                           on pense avant d'écrire à ce qu'on va écrire          on le pense avant de réaliser l'acte de création             plus l'acte de création est pensé      plus il percute l’imagination     l'imagination et la création sont au service du cœur du lecteur            le cœur du lecteur est généreux comme l’amour     le cœur est l'organe de l'amour      toutes les artères mènent à rome           rome c'est le cœur du lecteur          penser à écrire c'est penser à son corps et à son cœur de lecteur           et penser à son cœur de lecteur revient à penser à la transprose         écrire c'est penser à se souvenir de l'obsession transprose qui couve neuf mois ses oeufs mayonnaise            l'origine de la mémoire se trouve dans le cœur         le cœur est soumis aux émotions             en grèce antique       qui n'est pas si loin de nous          toute distance étant relative à l'observateur         comme bachelard l'a démontré en étudiant le mot "bachelier"      en grèce antique disais-je    il y a cinq minutes   les émotions naissent dans le cœur          le cœur a la gracieuse forme d'un cœur           une forme que reproduisent les ombres chinoises les ombres chinoises sont à l'origine de la poésie           la poésie a commencé sa carrière par la pratique des ombres chinoises         les ombres chinoises se caractérisent par des espaces lumineux entre des espaces sombres        exactement comme la transprose          l’étude approfondie de la phénoménologie de la transprose nous à permis de comprendre le fonctionnement de la pensée     nous serons bientôt en mesure de publier un article sur nos dernières découvertes à ce sujet         dans la revue sciences et avenir

l’espacement remplace avantageusement la ponctuation      il renforce la structuration du texte  met en évidence des passages   tout en facilitant la lecture du texte et en renforçant sa logique         la ponctuation a toute une histoire      il ne faut pas s’imaginer qu’elle existe depuis toujours et qu’elle existera toujours   dans l’antiquité gréco-latine      les mots s’écrivaient en majuscules sans espacements entre les mots   la pensée était délivré en un seul bloc       des poètes comme apollinaire ont commencé à jouer avec la ponctuation  la différence entre la ponctuation telle qu’on la connait et l’espacement est une question de logique    à quoi bon les points    points virgule et virgules        si l’espacement produit le même effet    et facilite la lecture    rendant par exemple plus aisée la lecture des vers      disposés en prose aérée et non plus avec des retours à la ligne    mais surtout     l’espacement et la création de blancs     sont le reflet fidèle du fonctionnement de la pensée qui se fait par bonds et gambades entrecoupés de pauses  écrire en transprose c’est redécouvrir le plaisir d’écrire en organisant la pensée autrement      plus naturellement     en la rendant claire      en permettant à la pensée de mettre en avant des mots importants   lire de la transprose c’est découvrir un plaisir de lire renouvelé et vivifié  le langage est un système d’expression de la pensée    la ponctuation participe d’une expression désuète     il est temps de tourner la page  j’espère que ces arguments convainquent les esprits  réticents à la nouveauté       et bien installés dans le confort de coutumes en vérité  inconfortables quand je réviserai mes textes j'adopterai une attitude plus souple plus civile plus tendre moins arrogante moins sentencieuse


quelqu’un qui n’arriverait pas à comprendre ce qu’est la transprose           et quelle qualité  la transpose apporterait  à l’écriture       me fait penser à         quelqu’un qui hésiterait à s’acheter une ferrari électrique     le seul argument pour le décider à abandonner ses goûts anti-écologiques         serait qu’il essaye la voiture de course électrique     et par conséquent        pour réellement comprendre la ferrari transprosaïque     il faut l’essayer        l’essayer c’est l'adopter


je veux que tu dialogues avec un pot         n’importe lequel       un    pot               un pot de fleur un peu fleuri fera l’affaire       si tu parles au pot        le pot t’écoute     et te répond       alors parle au pot     dis bonjour au pot          arrose-le de gentilles gouttelettes      écoute bien la réponse du pot      ne crains pas de poser ta question     écoute bien la réponse à ta question        ne sois pas timide    ose ta question       entre en dialogue avec le pot      il vaut mieux un dialogue avec un solide pot qu’avec un pot pourri    un pot pourri archi fleuri   certes ne manque pas de charme       mais un pot un peu fleuri suffit          à qui se contente de peu          faute de mieux          je veux que tu dialogues avec un pot     allo   ici le pot      je vous reçois cinq sur cinq !                  eh bien       que fais-tu les bras ballants     la bouche close ?       pourquoi ne réponds-tu pas au pot   ?      bien        puisque tu te tais        moi aussi 


pour faire la mise en scène du mutisme         il faut une chaise au centre de la scène       en bois clair       le modèle le plus courant         le rideau ne se lève pas      il est ouvert depuis longtemps         sur l’absence de décor        quelqu’un entre       s’assoit         pose ses mains à plat sur ses cuisses         l’acteur est prié de ne pas jouer      de ne pas projeter son visage dans un masque        de ne pas combler avec une moue le vide qu’il ressent            l’acteur doit devenir le meuble principal de la scène         le mutisme n’est pas que du silence          c’est une parole effrayée retenue au bord du gouffre       entre les dents      au bord des lèvres       un barrage de vent          résistant à la pression des mots          au bout d’un certain temps la lumière baisse        dessine un cercle autour de la chaise      c’est le périmètre du non-dit           on entend comme un bruit de respiration lent et méthodique      quand le corps se cale sur la chaise         le public n’entend pas la réponse que le corps humain assis ne fait pas à la question qu’on n’a pas posée          la pièce se termine quand la lumière s’éteint complètement         et que l’obscurité fait entendre l’exquise qualité du silence 


l’écornifleuse avance sans bruit de clés        les mains vides       yeux grands ouverts sur ce qui traîne         sa méthode de vol         est d’une courtoisie irréprochable   elle ne force aucune serrure         elle attend simplement qu’une fenêtre reste entrebâillée         qu’une fourchette en argent glisse d’une table        qu’un porte- monnaie reste sans surveillance sur un coin de nappe        l’écornifleuse ne revend rien au marché noir ce qu’elle prélève dans la poche des autres       elle le fait fondre sous sa langue        elle cache ses intentions dans une hésitation        un ton légèrement faussé        un tic       au bout d’un certain temps de rapine      son propre habit est un manteau d’arlequin fait de pièces découpées dans les doublures des voisines         si vous lui demandez son nom elle sourit bêtement avec les dents de quelqu’un d’autre        le terme d'« écornifleuse »      ou parasite d'idées      d'écrits       et de propos       sert de motif pour interroger la frontière perméable entre l'emprunt poétique        la mémoire collective des textes      et les vols des  papillon       les papillons étant de profession        écornifleurs de pollen

 

  



vendredi 6 août 2026



non omnis moriar          il ne restera de moi    qu'un pli d’étoffe          une fêlure de vitre        un grain de lumière       et le bruit de la page que l’on tourne        je ne mourrai pas tout entier     non omnis moriar                   quelqu’un viendra      quand l’ombre sera basse et la lumière haute         ouvrir le tiroir de notules     mais la lettre qui fut écrite ne cherche plus à atteindre          elle subsiste simplement        à la manière d’un caillou dans une chaussure         débarrassée de mon nom

       

je crois savoir que le langage mathématique       en tant que langage artificiel comporte plus d'un million de signes           tandis que le langage naturel comporte en français 24 signes       le langage mathématique d'un million de signes                 est artificiel et donne naissance à l'intelligence artificielle        le langage naturel en 24 signes        donne naissance à l'intelligence naturelle           le langage de communication est dit naturel quand il n'est pas créé par seulement quelques-uns mais créé par sédimentation de couches successives de pâte humaine tandis que le langage mathématique est artificiel dans la mesure où il se crée ex abrupto ex nihilo ne sert pas à la communication du réel mais à l'exploration du réel par des moyens parfois douteux comme le théorème de marguerite 

la vie recommence à chaque instant t          elle arrive les poches pleines de l’innocence d’aujourd’hui            le premier souffle du matin n’est pas le frère jumeau du second           entre les deux l’univers a changé de chemise         une fourmi a déplacé un caillou        une pensée a quitté son vieux manteau                       la vie recommence à chaque instant t        même lorsque rien ne semble bouger        le silence déménage           l’ombre change de jambe         la poussière poursuit son apprentissage          nous croyons continuer mais nous recommençons       nous croyons revenir mais le chemin a déplacé ses virages       la porte d’hier ouvre sur une autre maison          le langage recommence lui aussi                    il prend le même mot          le tourne entre ses doigts        souffle dessus comme sur une frite           et voilà qu’un mot ancien découvre une signification à laquelle il n’avait jamais osé penser        à chaque instant le cœur recommence son métier de cœur          les yeux recommencent leur métier de fenêtre         les mains leur métier de pont           le cerveau son métier d’étonnement             le citoyen poète croit écrire la suite pourtant il écrit toujours un premier vers          le précédent appartient déjà à quelqu’un d’autre          peut-être à celui que j’étais                            il y a quelques secondes        peut-être au langage qui nous précède d’un battement de cœur        la vie recommence à chaque instant          voilà pourquoi le désespoir n’a jamais le dernier mot          il oublie qu’une seconde suffit pour que l’air change de direction         pour qu’un oiseau traverse le ciel          pour qu’un visage relève les yeux         pour qu’un mot trouve enfin une bouche pour le dire              

une feuille tombe        on croit qu’elle tombe        en fait elle hésite       un enfant regarde une fourmi        une fourmi observe un caillou       un caillou regarde le temps qui passe      le temps ne regarde personne       d’autrui le temps n’en a rien à battre      au bout d’un certain temps une tasse vide est pleine de silence         au bout d’un certain temps seulement         ou pleine de sable blanc        j’observe une virgule faisant la sieste sur un banc       je l’observe avec une patience remarquable        l’observation est une politesse

au bout d’un certain temps les murs font remonter des informations       au bout d’un certain temps les chaises finissent par reconnaître les habitants d’une maison    au bout d’un certain temps les robinets se remplissent d’eau       au bout d’un certain temps les chaussures baillent en chemin      au bout d’un certain temps les serpents recommencent leur vie dans une autre peau      au bout d’un certain temps la pluie cesse        au bout d’un certain temps on change simplement de fauteuil et regarde la fenêtre au lieu de regarder le sol         au bout d’un certain temps on s’aperçoit que l’ange nous travaillait depuis le début en silence pendant que nous pensions vivre sans lui         au bout d’un certain temps plus personne 

quel ange nous travaille ?     quel ange nous pousse doucement ?  déplace notre chaise ? ouvre notre fenêtre ? disparait ?       quel ange souffle sur les braises ?  ralentit une seconde       retarde une larme        avance un sourire ?     quel ange garde les secrets de nos chaussures ?   peut-être qu’aucun ange ne nous travaille          peut-être est-ce seulement notre imagination       qui nous utilise       pour labourer les champs ?   quoi qu’il en soit      le temps      ou le langage      ou la patience     c’est la même chose !

 

la phénoménologie du tic nous enseigne quelques vérités          un tic est une sonnette qui indique un moment où la pensée cesse       ou bien     patine       fait du surplace dans une flaque d’idées reçues pleines de préjugés         s’enlise dans le sable du bois dont on fait des flutes       caracole dans le vide        dégage une odeur de brûlé       la phénoménologie du tic nous apprend que le tic est un geste       involontairement automatique       pour dire          « je mens »          car le tic parle         comme tout ce qui est d’ordre psychosomatique        car oui le tic est une maladie psychosomatique        l’inconscient monsieur freud tente de nous convaincre        en vain         que le tic est une manifestation hystérico-obsessionnelle libidineuse du « ça »           comme le clin d’œil libidineux      car monsieur a décidé  que tout ce qu’on ne comprend pas       relève du sexe     c’est un pari audacieux        analogue au pari de monsieur pascal     sur l’existence de dieu

 

comment gagner en profondeur            prendre une plume d’oie biseautée          tremper la plume dans l’encrier        le bel encrier en cristal au couvercle d’or dix-huit carats       effleurer la page avec le plumage             ne pas s’arrêter     ne pas se reposer dans la ramure           quand vous aurez trouvé enfin un mot           continuer        prendre son temps        attendre            ne pas s’arrêter         quand vous trouverez que le vide est     suffisamment profond         continuer à creuser l’idée      vous gagnerez encore en profondeur


quand j'écrirai de façon sublime j'arrêterai la poésie et me tournerai vers les mathématiques       quand j'aurai trouvé le mot parfait     le mot spectaculaire qu’on peut contempler    l’objet chéri de nos études et de nos méditations   

celui qui fait vibrer l'entendement comme une corde de violoncelle

quand mes phrases auront la qualité d'un théorème

et la beauté d'une course de chevaux         quand chaque syllabe vaudra au lecteur une émotion inoubliable       quand chaque vers sera l’ axe et le parallaxe du bonheur         quand la rime sera devenue aussi exacte qu'une bombe moderne   quand mon langage aura la richesse du nombre d'or     quand mes métaphores seront des fractales       quand mes silencieux anéantissements auront atteint la profondeur du zéro        quand j'aurai épuisé toutes les combines possibles

quand j'aurai prouvé que le larcin est un sous-ensemble de bureaux parisiens

quand j'aurai réduit l'émotion à une formule concave           alors j'arrêterai d'écrire

de la poésie       et je me tournerai vers les mathématiques        mais quand-même

je continuerai à creuser







vendredi 31 juillet 2026



j’ai besoin de peu de mots       peu de mots mais les miens      les  mots de mon poème m’appartiennent    le temps du poème       ils sont à moi moi moi moi            je les partage avec moi-même parce que je m’aime       je me fous des autres    car je ne suis pas monsieur bob dylan      je suis monsieur moi qui s’aime      je me fous de la noblesse du prix nobel moi monsieur       j’écris pour moi pas pour autrui       je ne cherche pas à être lu     je ne cherche pas à gagner ma vie avec ce que j’écris   je n’ai pas besoin de gagner ma vie     d’ailleurs je ne chante pas aussi bien  et je ne joue pas de la guitare moi monsieur    je vis d’amour et d’eau fraîche      je cherche à écrire peu de mots      j’ai besoin de peu de mots           j’avance en serrant les dents      dans une impasse sans fin       je médite un instant      je me demande ce qui va m’arriver au bout de l’impasse   je me réponds que je n’en sais rien       et que je m’en moque      je m’en fous      je m’en balance     il y a longtemps que je n’avais pas médité un instant si profondément en ouvrant le robinet à paroles     je ferme le robinet   je le rouvre    je le referme      je le rouvre      ça m’amuse beaucoup de remuer ce ménage    tout ça n’est pas bien tragique      je ne fais rien de mal       je ne sais pas écrire la poésie autrement que sous la forme d’un trouble obsessionnel compulsif     même si j’ai tout essayé dans ma carrière de poète de fond en comble      j’aurait tout essayé      toutes les formes pour toutes sortes de messages importants adressés à l’humanité née en même temps que moi     morte en même temps que moi     depuis que je suis le centre du monde    et pas uniquement son chef de gare    quand je parle au monde je m’écoute parler car je me moque du monde          je suis aussi simple que cela        d’ailleurs  quand je parle au monde  ce n’est pas moi qui parle c’est ma voisine martine       je ne me trouve pas assez bavard      en tout cas pas autant que feu jeanine bancquart  alors je continue jusqu’à ras bord     mon écriture est comment dire     corporelle      sensuelle si vous voyez ce que je veux dire       si vous devinez à quoi je pense      si vous n’avez pas peur de la vérité     cher public       chers téléspectateurs qui faites mon bonheur de présentateur du présent      du présent allumé       du présent allumé      du présent immédiat allumé       immédiatement allumé à humer     du présent immédiatement allumé à humer au présent        de l’instant présent     ne succombons pas à la féconde séduction des sirènes qui nous implorent en hébreu d’arrêter les flots des paroles d’ulysse tandis qu’il en est encore temps     ce n’est pas à nous spectateurs de siffler la fin de la partie     restons humblement modestes en nous remémorant au besoin nos anciens camarades  tous des gens humbles beaux et surtout modestes       tellement de gens se prennent pour le centre du monde qu’on ne peut savoir où situer l’art si le centre de l’art est partout à la fois  c’est à n’y rien comprendre malgré les efforts d’einstein    mais une chose que je comprends bien c’est celle-ci   je prends mon pied avec les mots de tout le monde     même les plus rares et précieux mots sont à tout le monde       tout le monde à les moyens de se payer un dictionnaire des mots rares et précieux       je viens d’inventer une nouvelle littérature     la littérature qui n’en finit pas de s’écrire       j’ai l’impression d’avoir inventé la lune        ce serait dommage de continuer nos errances    alors que le route est toute droite dans l’ohio     qui nous mène à un petit verre de porto cul sec     j’ai réglé mon cerveau sur poésie   je baigne dans la torpeur du ventilateur  j’utilise les mots pour dire des choses que je crois importantes à dire       et à faire entendre      faites circuler le message que je suis en train d’écrire        c’est de la littérature infinie      par paquets de douze miaulements suspects    quand je serai fatigué de ce marathon d’écriture perpétuelle je marquerai une pause      je préviendrai le lecteur par un panneau        à suivre       bien connu de nos téléspectateurs      que j’adore                       de toutes façons  j’ai besoin de peu de mots pour mon flux

 

à suivre



samedi 1 août 2026



le langage nous construit un abri les mots nous viennent de la pierre       ils furent gravés jadis dans de la pierre mûre et juteuse        la marque entaillait alors la pierre avec la lumière d’un scribe      mort depuis longtemps      mais ce qu’il a écrit restera      comme une trace de son passage sur terre    

du sang coulait du burin mêlé à du lait         de pièce en pièce       ce n‘était pas mon nom qui coulait     c’était le sang et le lait des pierres            alors j'ai pris     les pierres en sueur  sanglantes et laiteuses      j’ai posé autrement les pierres        sans ciment            sans plan      le sang la sueur et le lait me poursuivaient       de pièce en pièce avec zède       je croyais qu'on connaissait mon vrai nom qui commence justement par un drôle de zède  continue par è   et finit par     bre     alors j'ai pris peur    et j’ai repris en sueur les mêmes pierres         je les ai posées autrement        le mur est devenu autrement      voilà ce que le mur est devenu

une fenêtre ouverte dont les volets claquaient une fois par minute    une injure intérieure        commençant à faire de l'ombre       à la pluie qui est en moi        quand la voix      revient m’injurier     je ferme discrètement la fenêtre à clef


la vérité sort du puits colorée en bleu marine sur fond noir    autant vous dire qu’on ne  discerne pas aisément sa nudité    si elle était écrite en lettres d’azur sur fond noir ce serait tellement mieux          la vérité c’est que tu m’en veux     et que la voix intérieure qui m’injurie de la sorte       sort de ta bouche gourmande      friande de toutes sortes d’insupportables méchancetés apprises par cœur      j’y vois clair maintenant        tu tentes vainement de m’hypnotiser avec ta ridicule violence      mais tu ne m’auras pas      je suis plus résistante que tu ne crois    


en attendant des jours meilleurs      j’ai trouvé une solution provisoire      j’écris pour me soulager des misères que tu me fais     misère versus écriture    le temps passe et je n’ai toujours pas trouvé de solution définitive     alors j’écris ma misère      la misère que tu me fais continue mais je la transforme en formidable  joie de vivre       grâce à l’écriture    par la simple force des poignets    grâce à l’aide de mes doigts sur le clavier de la machine à écrire      c’est peut-être ça la solution      nous verrons bien



à suivre



 



lundi 2 août 2026


à chaque battement de mon cœur        un truc            à chaque battement de mon cœur        une chose        à chaque battement de mon cœur       un bidule         à chaque battement de mon cœur         un machin          à chaque battement de mon cœur       un quoi        à chaque battement de mon cœur         un qu’est-ce            à chaque battement de mon cœur          une panne d’imagination         à chaque battement de mon cœur         un fourbi          à chaque battement de mon cœur un presque

à chaque battement de mon cœur un peut-être        à chaque battement de mon cœur un etcétéra        à chaque battement de mon cœur un oubli

à chaque battement de mon cœur une trouvaille         à chaque battement de mon cœur un bout de ficelle        à chaque battement de mon cœur un peut-être pas      à chaque battement de mon cœur un revenez-y           à chaque battement de mon cœur          une histoire        à chaque battement de mon cœur           à suivre

me revoici dans le sexe des poètes          dans lequel           il y en a au moins deux que je sache       moi je suis une machine à écrire      je n’ai pas de sexe    je n’ai pas de conscience         je suis une menteuse       je suis une machine féminine pressée d’arriver à bout du sexe tabou          j’ai la loi hystérique pour moi       j’ai rendu la joie hystérique             je suis rendue dans la joie éternelle pour toujours à jamais ad vitam eternam amen         j’incarne la fierté de l’ongle de l’orteil de la féminité       de la france captive        de la domination masculine      attention à ce que vous allez dire je griffe



à suivre




mardi 3 août 2026


NOTULE DE JOE PASTRY SUR LA MALADIE DE LA CONNERIE

SIGNES CLINIQUES DE LA MALADIE DE LA CONNERIE


circonstances d'apparition        la connerie survient généralement lors d'une exposition prolongée aux dorures des plages et des théâtres municipaux                  elle s’accompagne d’un refroidissement soudain du bon sens et peut survenir lors d’une ingestion massive de diplômes 

évolution spontanée de la connerie commune          la forme bénigne dite connerie de comptoir évolue naturellement vers un bavardage bénin      mais laissée sans soins       elle se complique dans un p cent des cas en connerie d'apparat masculine      le patient commence alors à vouloir souffler dans les oreilles des autres et finit par contracter une hypertrophie du moi qui lui donne un jet de paroles pisseuses en arrosoir caractéristique        par ailleurs on constate depuis le début des années 2000 une épidémie de connerie féminine de grande ampleur     signe des temps modernes hélas     

épidémiologie       les études les plus récentes démontrent que la connerie moderne présente une distribution remarquablement égalitaire      les deux sexes sont atteints         ainsi que les catégories intermédiaires       les indécis du sexe       les experts du sexe    les autodidactes du sexe      et les membres des commissions chargées d'étudier la question

 

ORGANISATION DES SYNDROMES ET FORMES CLINIQUES

syndrome du colosse tétraplégique       engourdissement total des avant-bras face aux contingences de la vie quotidienne            cas célèbre      le géant richard wagner paralysé au buffet de la gare de frankfurt sous le poids de son drame sacré  submergé par un excès de trompettes       étouffé par les anneaux de piercing introduits dans sa mélodie par le chef d’orchestre du seizième arrondissement de paris       symptômes associés         survivance d’une légendaire obsession des armures en plastique        et peur panique des clés de douze

syndrome du poète à dorures         gonflement de la poitrine et réclamation spontanée de médailles en chocolat         cas de l'académicien ordinaire        arrivé sous la coupole et persuadé d'être le centre de l'univers       alors qu'il n'en est même pas chef de gare        symptômes associés      refus du bleu de travail et incapacité chronique à prononcer les mots truc bidule ou machin        ainsi qu’une peur servile de sa voisine martine

syndrome du propriétaire de dictionnaire       obsession d’alternativement   ouvrir et fermer le robinet à paroles du dictionnaire      et de faire payer des droits d'auteur aux gens passant dans l'air ambiant           cas célèbre de monsieur bob dylan       distingué par la noblesse d'un prix nobel de littérature       pour avoir joué de la guitare mieux que le quidam du quartier          symptômes associés       fermeture hermétique du bassin      surveillance indue des canards boiteux     et perte définitive de l’odorat tiède    dans la forme grande et longue connerie persistante

BIBLIOGRAPHIE

pastry joe    manuel d'intendance et de débouchage des tuyauteries verbales     éditions du GRPBQ+++    2026

collectif des quidams traité de la balance romaine appliquée à la liquidation des grands hommes      bureau de contrôle de la transprose    2025

martine (la voisine) de l'usage du pipeau populaire contre la tétraplégie wagnérienne gazette du feu aéré 2026

anonyme du 16e du plâtre aristocratique et de ses pannes d'imagination presses de la gare de frankfurt 2024

note tout benef    la présente notule enregistre l'homologation administrative     du regroupement syndromique       et l'inscription irrévocable au registre d’une étude clinique élargie signée joe pastry et intitulée SIGNES CLINIQUES DE LA MALADIE DE LA CONNERIE       consignant la classification des formes graves        le recensement des cas célèbres de tétraplégie d'apparat        l'inventaire bibliographique de l'intendance sur la question          et la validation de l’impossibilité de traitement de la connerie       déclarée maladie contagieuse incurable         par le feu aéré du GRPBQ+++       cette pièce est versée au dossier permanent de la transprose



à suivre


mercredi 4 août 2026

 

 

hier la journées s’et passée à peu près normalement      ce matin dès le réveil c’est le chaos      par chance cela ne se voit pas dans l’écriture       dans le chaos se trouvent en vrac       des sentiments d’insécurité    d’étrangeté     de danger    de peur       des sentiments d’exaltation      de joie       d’ivresse        d’intensité            des sentiments de tendresse  d’intimité      de fusion    des sentiments de dépersonnalisation     d’automatisme    d’absence de limite     de flou      mais surtout règne une impression générale de chaos    un sentiment de chaos     c’est un sentiment très beau      éprouver un sentiment de chaos       c’est devenir un être universel à l’image du chaos universel    c’est éprouver le choc de la beauté grecque   c’est être l’incarnation du chaos par identification      par projection       par introjection      c’est se poser des question      s’interroger     être perplexe       figé      catatonique       et non pas      libéré      souple     ondulant      par séries d’ondulations dans un espace étroit mais à cinq dimensions       c’est déjà très onéreux cinq dimensions     ah oui très chaste ministre    très chic ministre       d’une élégance à vomir     tellement elle est grande       distinguée      cadavérique       chaotique      la forme du chaos c’est la forme d’une flamme       pas la forme stylisée      la forme brute    la forme en dents de scie de la flamme       la flamme en dent de scie coupe en rondins le bois de la cheminée          les copeaux font des étincelles qui mettent le feu au tapis    le salon brûle      la maison est en feu           un pharmacien à moitié brûlé vient se réfugier chez moi         j’appelle l’ambulance des premiers secours            avec le temps      ne restent que des cicatrices      l’intense émotion est passée      s’oublie        le traumatisme n’est plus qu’un souvenir lointain    un accroc qu’on répare dans le tissu de l’existence     voilà la paix revenue          le calme       le bien être          le petit footing du matin       sur les sentiers de la forêt de la paix         le charme des chants d’oiseau        le bruit silencieux de l’eau d’un ruisseau     les rayons de lumière au milieu des fougères       la paisible vache qui broute de la vapeur d’eau     le ventilateur ouvrant la bouche pour exhaler sa fraicheur   les ombres sur le plancher ciré      la pièce qui sent l’odeur des livres    odeur caractéristique      odeur des librairies       odeur des bibliothèques municipales           où l’on trouve des livres rares          anciens         les pages des livres anciens ont perdu la blancheur d’origine dans la paix studieuse des bibliothèques municipales qui durent dans le temps        qui survivent à des générations de lecteurs     qui gonflent années après années jusqu’à occuper tout le ciel environnant car il n’y a plus de place sur la terre        occuper le ciel c’est chasser les oiseaux du ciel proteste le ministre de l’écologie     au demeurant quelqu’un de sérieux appliqué à faire son devoir       un ministre d’une cinquantaine d’années     consciencieux et chauve    divorcé      quatre enfants      très pauvre       sans travail        vivant de mendicité         de rapines         du contenu des poubelles      les ministres travaillent bénévolement pour le bien commun          quelle différence pour un ministre entre écrire un poème et se masturber ?         écrire un poème c’est prendre sa main et la poser sur la page comme on pose une main sur une cuisse        se masturber c’est prendre sa main et la poser sur soi comme on pose une main sur une page     écrire un poème c’est chercher le mot juste qui fait vibrer la langue                           se masturber c’est trouver le geste juste qui fait vibrer le corps         écrire un poème c’est parfois long parfois court parfois sec parfois mouillé                           se masturber c’est parfois long parfois court parfois sec parfois mouillé écrire un poème c’est se dire que personne ne lira ça ou que tout le monde lira ça          se masturber c’est se dire que personne ne saura ça ou que tout le monde saura ça     écrire un poème c’est finir par un soupir ou par un cri       se masturber c’est finir par un soupir ou par un cri        alors ? la différence ?


ceci dit       une nouvelle expérience de l'altérité        c'est peut-être l'effet psychique le plus profond de l’IA         pendant des siècles       dialoguer signifiait dialoguer avec  un autre humain        un livre       soi-même        l'IA introduit une nouvelle forme de dialogue         ce n'est ni un livre     ni une personne       c'est un partenaire conversationnel qui répond       reformule        critique      invente               cette expérience est psychologiquement nouvelle     elle modifiera probablement notre manière de penser avec les autres      et avec nous-mêmes

c’est une modification de notre expérience intime de la pensée         cette transformation pourrait être aussi importante       à long terme     que les inventions de l'écriture et de l'imprimerie         même si ses effets précis restent encore largement incertains  

         liberté de l’oiseau     l'oiseau habite le ciel  pas les nuages         il traverse les oreilles ouvertes        les arbres         le vent         l’écriture         

l'espace qui s'ouvre devant son bec       s’appelle liberté         

l'aigle      son vol très haut dans le ciel évoque l'indépendance de la france       la puissance des manigances     l'absence de frontières des pays tiers          l'albatros        symbole d'une liberté immensément     intense        liée à l'océan et aux longues traversées cannelées de vaguelettes      depuis charles baudelaire         il représente aussi le poète qui fouette     libre dans le ciel de miel du pays        mais maladroit sur la terre mère sincère        le cheval sauvage ailé incarne la liberté de l'élan créateur        par refus de la domestication à pompons métropolitains       les pompons du métro sont les plus beaux        le cheval sauvage ailé a la force de la liberté intérieure          l'hirondelle symbolisant la migration artificielle        et le retour des saisons profondes       est une liberté en mouvement du dedans      le papillon si mignon       représente la métamorphose du trognon de pomme et la liberté de devenir chenille zigzagante gazeuse      le loup ailé  contrairement aux idées reçues     n'est pas seulement l’incarnation de la sauvagerie mesquine et de la férocité du citron pressé       il évoque aussi     comme le cheval sauvage ailé    l'autonomie des plis des pantalons   et  la liberté de la vie sauvage spectaculaire       la fourmi ailée    cette bestiole noire et molle     ne symbolise pas la même liberté spectaculaire que l'aigle royal décapité      mais une autre liberté        celle de poursuivre son chemin malgré les obstacles  des oracles bâclés des tabernacles      sans demander l'autorisation du surmoi     c'est une liberté humblement collective et obstinée         cette même liberté que défendait le chevalier bavard    sans peur et sans reproche


à suivre





 

 

jeudi 5 août 2026

 

enfant riches déprimé    joe pastry     notule sur la psychologie des enfants riches déprimés       l'enfant riche déprimé possède davantage de chambres        que de chambres à soi         il n’apprend pas à reconnaître la valeur des objets personnels      son percepteur  feint de lui enseigner le prix du chagrin             les jouets arrivent avant les désirs          les réponses avant les questions                   les cadeaux avant les anniversaires        on observe très souvent une allergie au manque         compliquée systématiquement       d'une carence en étonnement          le patient regarde parfois mélancoliquement la pluie tomber sur le parc familial dont les gouttes appartiennent  au notaire          il possède sept vélos mais ne s’en sert pas parce qu’il ne sait plus duquel tomber vraiment       il collectionne les possibilités sans parvenir à en choisir aucune         il ouvre les tiroirs du bonheur comme on ouvre les placards d'une cuisine ikea       espérant en vain qu'une émotion fraîche comme une pâte      oui mais une pâte panzani      s'y sera glissée pendant la nuit des césars       il a un     sourire parfaitement entretenu par un jardinier d’agrément      un regard cherchant la sortie de secours        une légère atrophie de l'imagination       contrairement aux idées reçues         la richesse ne fabrique ni le malheur ni le bonheur          elle fabrique dans l’indifférence générale        entre-coupée de sursauts de curiosités locales    des limousines      comme d'autres des bicyclettes           tous et toutes finissent par demander leur chemin au langage      prescrire à tire d’aile expérimental       une heure quotidienne de fréquentation des fourmis du zoo         deux conversations par jour    avec une boulangère philosophe malgache        un caillou ramassé sans sa facture pétrolière      un orage regardé fenêtre ouverte sur la lambada                une promenade sans chauffeurs poids lourds bruns musclés       plusieurs doses de mots inutiles et sincères         éviter autant que possible les compliments en matière plastique             préférer les questions qui n'ont pas encore trouvé leur réponse 

l'évolution dépend moins du contenu du portefeuille parental que de la capacité du sujet à découvrir que le monde ne lui doit rien        néanmoins un mendiant peut  lui offrir quelque chose en retour        lorsqu'il cessera d'habiter la maison familiale pour commencer à habiter les langages communs          une amélioration spectaculaire serait parfois observée          la présente notule enregistre le classement provisoire du syndrome de l'enfant riche déprimé         parmi les maladies d'abondance incomplète et frustrante          la notule confirme que les émotions refusent obstinément de respecter les catégories fiscales         elle rappelle que les larmes demeurent intégralement exonérées d'impôt        et verse le dossier au registre permanent de la transprose        pour examen contradictoire par les quidams du GRPBQ+++         avant toute décision définitive      concernant la valeur marchande du bonheur

 

  

l’histoire du racisme         c’est l’histoire d’une catastrophe qui tourne mal     il est vrai que rares sont les heureuses catastrophes         les catastrophes commencent en général par des évènements graves        annoncées de loin par des nuages de fumées      des stratocumulonimbus noirs sur fond azur    l’histoire du racisme  c’est l’histoire d’une catastrophe qui tourne mal   certes    mais surtout        c’est l’histoire d’une catastrophe    qui tourne sur elle-même   comme une toupie       et qui se déplace comme un tourbillon maléfique      comme une tornade de fumées noires     comme le typhon fumant de la légende    qui montre son côté obscur       sa face noire     face noire diabolique    pour ne pas dire face nègre diabolique         tellement diabolique      que seul l’esclavage        a pu venir à bout un moment de ces faces plates de nègres       au nez écrasé par la violence du coup de poing raciste          même coup de poing raciste au cœur  des juifs venus de judée     installés en allemagne et chassés de l’europe entière  par les nazis       nazisme et racisme veulent me dire la même chose        l'histoire du racisme c'est l'histoire des mots du racisme         comme le mot     nègre     noir      qui vient du latin niger     noir    qui signifie nègre       les mots sont des masque qui servent à mentir       à servir la soupe froide du racisme ambiant      un visage vire à la couleur noire     la couleur noire devient une preuve         une preuve envoie en prison          la prison et l’extermination terminent le cycle naturel du racisme       le racisme commence rarement par un coup de poing il commence le plus souvent par une façon de regarder l’autre        la racisme classe      ensuite hiérarchise       enfin frappe à l’américaine         à chaque génération la catastrophe change la disposition de ses pieds      elle abandonne certain piétinements pour en forger d'autres         elle remplace le fouet du soupçon par l'injure      le sourire sardonique de mauvais aloi par le préjugé ordinaire qui passe partout       le racisme dénonce une couleur malsaine de la peau       c'est une maladie du regard qui rétrécit trois fois le regard de celui qui regarde          et lorsque l'histoire croit en avoir terminé avec le racisme dans certains milieux fraternellement solidaires       il revient par la porte  grande ouverte de l’évidence      avec un nouveau vocabulaire dédiabolisé       des vêtements plus propres comme il faut     et les mêmes vieilles peurs froissées soigneusement repassées par le fer politiquement correct du rassemblement national français      européen         mondial       rassemblement de la vache maigre       du veau  et du reste du troupeau de moutons qui votent bleu marine    alors que pour ma part        ma couleur préférée reste le rose         le lecteur qui va à la pêche en tournant la page au lieu de passer son temps à faire attention au message        ne lit pas                il lance son hameçon dans le texte         en espérant attraper une idée déjà connue           quand il remonte sa ligne          il s'étonne       de ne pas trouver le poisson que l'auteur n'a pas mis dans l'étang     il rentre    titubant     incertain et bredouille


à suivre



vendredi 6 août 2026


non omnis moriar          il ne restera de moi    qu'un pli d’étoffe          une fêlure de vitre        un grain de lumière       et le bruit de la page que l’on tourne        je ne mourrai pas tout entier     non omnis moriar                   quelqu’un viendra      quand l’ombre sera basse et la lumière haute         ouvrir le tiroir de notules     mais la lettre qui fut écrite ne cherche plus à atteindre           elle subsiste simplement        à la manière d’un caillou dans une chaussure         débarrassée de mon nom


je crois savoir que le langage mathématique       en tant que langage artificiel comporte plus d'un million de signes           tandis que le langage naturel comporte en français 24 signes       le langage mathématique d'un million de signes                 est artificiel et donne naissance à l'intelligence artificielle        le langage naturel en 24 signes        donne naissance à l'intelligence naturelle           le langage de communication est dit naturel quand il n'est pas créé par seulement quelques-uns mais créé par sédimentation de couches successives de pâte humaine tandis que le langage mathématique est artificiel dans la mesure où il se crée ex abrupto ex nihilo ne sert pas à la communication du réel mais à l'exploration du réel par des moyens parfois douteux comme le théorème de marguerite 


la vie recommence à chaque instant t          elle arrive les poches pleines de l’innocence d’aujourd’hui            le premier souffle du matin n’est pas le frère jumeau du second           entre les deux l’univers a changé de chemise         une fourmi a déplacé un caillou        une pensée a quitté son vieux manteau                       la vie recommence à chaque instant t        même lorsque rien ne semble bouger        le silence déménage           l’ombre change de jambe         la poussière poursuit son apprentissage          nous croyons continuer mais nous recommençons       nous croyons revenir mais le chemin a déplacé ses virages       la porte d’hier ouvre sur une autre maison          le langage recommence lui aussi                    il prend le même mot          le tourne entre ses doigts        souffle dessus comme sur une frite           et voilà qu’un mot ancien découvre une signification à laquelle il n’avait jamais osé penser        à chaque instant le cœur recommence son métier de cœur          les yeux recommencent leur métier de fenêtre         les mains leur métier de pont           le cerveau son métier d’étonnement             le citoyen poète croit écrire la suite pourtant il écrit toujours un premier vers          le précédent appartient déjà à quelqu’un d’autre          peut-être à celui que j’étais                            il y a quelques secondes        peut-être au langage qui nous précède d’un battement de cœur        la vie recommence à chaque instant          voilà pourquoi le désespoir n’a jamais le dernier mot          il oublie qu’une seconde suffit pour que l’air change de direction         pour qu’un oiseau traverse le ciel          pour qu’un visage relève les yeux         pour qu’un mot trouve enfin une bouche pour le dire    

          

une feuille tombe        on croit qu’elle tombe        en fait elle hésite       un enfant regarde une fourmi        une fourmi observe un caillou       un caillou regarde le temps qui passe      le temps ne regarde personne       d’autrui le temps n’en a rien à battre      au bout d’un certain temps une tasse vide est pleine de silence         au bout d’un certain temps seulement         ou pleine de sable blanc        j’observe une virgule faisant la sieste sur un banc       je l’observe avec une patience remarquable        l’observation est une politesse


au bout d’un certain temps les murs font remonter des informations       au bout d’un certain temps les chaises finissent par reconnaître les habitants d’une maison    au bout d’un certain temps les robinets se remplissent d’eau       au bout d’un certain temps les chaussures baillent en chemin      au bout d’un certain temps les serpents recommencent leur vie dans une autre peau      au bout d’un certain temps la pluie cesse        au bout d’un certain temps on change simplement de fauteuil et regarde la fenêtre au lieu de regarder le sol         au bout d’un certain temps on s’aperçoit que l’ange nous travaillait depuis le début en silence pendant que nous pensions vivre sans lui         au bout d’un certain temps plus personne 


quel ange nous travaille ?     quel ange nous pousse doucement ?  déplace notre chaise ? ouvre notre fenêtre ? disparait ?       quel ange souffle sur les braises ?  ralentit une seconde       retarde une larme        avance un sourire ?     quel ange garde les secrets de nos chaussures ?   peut-être qu’aucun ange ne nous travaille          peut-être est-ce seulement notre imagination       qui nous utilise       pour labourer les champs ?   quoi qu’il en soit      le temps      ou le langage      ou la patience     c’est la même chose !

 

la phénoménologie du tic nous enseigne quelques vérités          un tic est une sonnette qui indique un moment où la pensée cesse       ou bien     patine       fait du surplace dans une flaque d’idées reçues pleines de préjugés         s’enlise dans le sable du bois dont on fait des flutes       caracole dans le vide        dégage une odeur de brûlé       la phénoménologie du tic nous apprend que le tic est un geste       involontairement automatique       pour dire          « je mens »          car le tic parle         comme tout ce qui est d’ordre psychosomatique        car oui le tic est une maladie psychosomatique        l’inconscient monsieur freud tente de nous convaincre        en vain         que le tic est une manifestation hystérico-obsessionnelle libidineuse du « ça »           comme le clin d’œil libidineux      car monsieur a décidé  que tout ce qu’on ne comprend pas       relève du sexe     c’est un pari audacieux        analogue au pari de monsieur pascal     sur l’existence de dieu

 

comment gagner en profondeur            prendre une plume d’oie biseautée          tremper la plume dans l’encrier        le bel encrier en cristal au couvercle d’or dix-huit carats       effleurer la page avec le plumage             ne pas s’arrêter     ne pas se reposer dans la ramure           quand vous aurez trouvé enfin un mot           continuer        prendre son temps        attendre            ne pas s’arrêter         quand vous trouverez que le vide est     suffisamment profond         continuer à creuser l’idée      vous gagnerez encore en profondeur


quand j'écrirai de façon sublime j'arrêterai la poésie et me tournerai vers les mathématiques       quand j'aurai trouvé le mot parfait     le mot spectaculaire qu’on peut contempler    l’objet chéri de nos études et de nos méditations   celui qui fait vibrer l'entendement comme une corde de violoncelle quand mes phrases auront la qualité d'un théorème

et la beauté d'une course de chevaux         quand chaque syllabe vaudra au lecteur une émotion inoubliable       quand chaque vers sera l’ axe et le parallaxe du bonheur         quand la rime sera devenue aussi exacte qu'une bombe moderne   quand mon langage aura la richesse du nombre d'or     quand mes métaphores seront des fractales       quand mes silencieux anéantissements auront atteint la profondeur du zéro        quand j'aurai épuisé toutes les combines possibles

quand j'aurai prouvé que le larcin est un sous-ensemble de bureaux parisiens quand j'aurai réduit l'émotion à une formule concave           alors j'arrêterai d'écrire de la poésie       et je me tournerai vers les mathématiques        mais quand-même

je continuerai à creuser