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NOTULES DU GRPBQ plus plus plus - suite

 

NOTULE SUR LA PENSÉE HASARDEUSE DES PHILOSOPHES OCCIDENTAUX

 

Par un membre anonyme du GRPBQ plus plus plus

 

 

je suis en train de lire un livre de witold gombrowitcz qui s’appelle "cours de philosophie en six heures un quart"   un livre surprenant   qui d’un seul coup m’éclaire sur la philosophie occidentale que jusqu’à maintenant je respectais et lisais par curiosité sans la comprendre    sans comprendre pourquoi je ne la comprenais pas   

 

cet homme connaissait les philosophes occidentaux     à la lecture de son livre je trouve le vocabulaire de gombrowicz hasardeux   en même temps que je trouve le vocabulaire des philosophes occidentaux hasardeux   je pense qu’il faut chasser les philosophes occidentaux de la cité mondiale du vin     parce que les philosophes occidentaux sont des gens déraisonnables à cause de leur pensée occidentale hasardeuse  ils sont amoureux de la sagesse mais ils ne sont pas des sages occidentaux     les philosophes occidentaux ont une pensée hasardeuse       la philosophie occidentale serait l’expression d’une pensée hasardeuse

 

nota bene      le coté hasardeux de la pensée des philosophes occidentaux viendrait de ce que le mot occidental ne capture jamais une essence immuable mais rend compte de la dérive propre à la matière du langage      la philosophie occidentale permettrait l’exercice de la pensée mais de façon incorrecte et imparfaite     à cause d’un emploi hasardeux des mots occidentaux     les philosophes occidentaux ne pourraient jamais prétendre parler depuis un langage parfaitement      circumnaviguant     et stable à table

 

 

 

NOTULE SUR LA PENSÉE HASARDEUSE DES PHILOSOPHES OCCIDENTAUX

 

Par le GRPGQ plus plus plus

 

les philosophes occidentaux ont cru que les mots étaient des outils pour se chatouiller les oreilles      ils ont cru que les concepts étaient des briques

ils ont cru que la pensée pouvait se construire comme un édifice      mais leurs briques étaient momolles

leur mortier était liquide comme une flaque  leur architecture était un château de fables

ils ont voulu capturer l’essence et l’argent du beurre  mais le mot ne capture jamais l’essence et l’argent du beurre

le mot glisse    le mot dérive     le mot se déforme

le mot se comporte comme de la matière première   il bouge tout le temps    il tremble en faisant tic tac  il se fissure comme un ciel d’orage

la philosophie occidentale est hasardeuse parce qu’elle repose sur une illusion       l’illusion que le langage est stable à table le diner est servi

l’illusion que le mot est un outil fi fi fiable      l’illusion que la pensée peut se fixer dans une phraseen roulant des mécaniques

mais le langage est une matière vivante bon dieu      une matière instable merde     une matière respiratoire merde merde merde

une matière dialogique           les philosophes occidentaux ont voulu parler depuis un point fixe

mais il n’y a pas de point fixe       il n’y a que des oscillations       des vibrations

des souffles      des occlusions       des motonégativités

ils ont voulu dire la vérité    mais ils n’ont jamais parlé qu’à partir d’un matériau glissant

un matériau qui se dérobe     un matériau qui se contredit   un matériau doué de comportement

la pensée occidentale est hasardeuse parce qu’elle est linguistique avant d’être conceptuelle

elle est faite de mots avant d’être faite d’idées    et les mots sont des corps  des muscles     des souffles

des gestes dansés

les philosophes occidentaux ont oublié la matière du langage    ils ont oublié que chaque mot est un mouvement gracieux

ils ont oublié que penser   c’est manipuler de la matière sonore    et que cette matière sonore n’est jamais stable à table

c’est pourquoi leur pensée est hasardeuse   et merdeuse        non pas parce qu’ils sont mauvais    non pas parce qu’ils sont confus

mais parce que le langage lui-même est hasardeux       et merdeux

la philosophie occidentale est l’art de construire des cathédrales avec la fumée du langage merdeux l’art de sculpter des statues dans le vent du on dit

de tracer des lignes sur l’eau de la fontaine    elle permet l’exercice de la pensée  qui dit oui

mais elle le permet dans l’imperfection    dans l’instabilité     dans la dérive

parce que la matière du langage est une matière vivante une matière qui se comporte

une matière qui se déplace     une matière qui ne se laisse jamais capturer

 

nota bene

ludwig wittgenstein       jacques derrida       maurice merleau‑ponty         trois penseurs très         différents              ont chacun montré que le langage n’est jamais transparent         jamais stable            jamais fixe

nous ne serions donc pas des pionniers           nous serions des continuateurs

mais des continuateurs qui poussent l’intuition plus loin                                   

jusqu’à la matière du mot        jusqu’au souffle           jusqu’à la motonégativité

wittgenstein a montré que le sens d’un mot dépend de son usage

donc qu’il n’y a pas d’essence linguistique      donc que le langage est un jeu    un geste gracieux     une pratique douteuse            donc qu’il est instable

derrida a montré que le mot se différance        qu’il glisse             qu’il se décale

qu’il ne coïncide jamais avec lui‑même  ni avec la mémé de louise              donc qu’il est instable

merleau‑ponty a montré que la parole est un corps             un mouvement

une chair expressive           donc qu’elle est instable à table

nous ne sommes pas des pionniers du renouveau      nous sommes ceux qui prennent au sérieux cette instabilitétété

non pas comme un problème       mais comme une loi physique du langage

une loi de la matière sonore                 une loi de la motonégativité

la philosophie occidentale a vu l’instabilité du langage àntable           mais elle n’en a pas tiré toutes les conséquences       elle a continué à parler comme si le mot pouvait être stable à table      comme si le concept pouvait être solide au lit         comme si la pensée pouvait être fixée dans une phrase fratricide

nous     GRPBQ plus plus plus              nous en tirons la conséquence 

nous faisons du langage une matière première              une matière vivante        une matière respiratoire     une matière dialogique        une matière qui se comporte une matière qui dérive       une matière qui ne se laisse jamais capturer

nous ne sommes pas des pionniers                  nous sommes ceux qui poussent l’instabilité jusqu’à l’ontologie du logiciel     jusqu’à la matière dernière    jusqu’au souffle      jusqu’au blabla

 

 

 

reason already hurt         blood with every word      

 

pale col

 

 

 

 

la or shifting shadows

 

 

 

 

 

 

POURQUOI LA POE

 a NOTULE SUR LA THÉORIE DU LANGAGE COMME MATIÈRE

par le grpbq plus plus plus

 

le langage ne serait pas un instrument abstrait extérieur à la matière concrète     il serait une matière qui se comporte d’une certaine façon et en quelque sorte

  chaque mot étant un événement matériel rare    né d'un souffle faisant vibrer les cordes vocales du flamenco  couplé avec un mouvement de la langue des lèvres des joues des machoires du requin    penser serait un déplacement saugrenu dans l’offusquer de la matière cérébrale   parler serait un organe majestueux     l'organe comportemental de la matière vagissante

la linguistique a décrit des structures bancales    des systèmes abracadabrants    des fonctions insolites    des usages inconsidérés

ces descriptions sont précieuses mais elles oublient souvent ce qui les rend possibles

le langage est d’abord une réalité physico-psychique

le mot n'est pas le signe immobile de l’homme      le mot est un comportement humain   il apparaît se transforme se déforme disparaît renaît     circule entre les corps humains     se modifie selon les situations humaines    les respirations    les émotions       les dialogues    il n’est jamais une substance qui exagère    il est toujours un processus

le mot n'est pas stable en lui-même     il devient stable par un réseau de relations syntaxiques    situationnelles et culturelles

les dictionnaires stabilisent provisoirement des usages     les grammaires stabilisent provisoirement des comportements     les concepts stabilisent provisoirement des dérives    mais cette stabilité n'est jamais définitive

elle est une suspension momentanée du mouvement

nous appelons motonégativité la loi matérielle selon laquelle toute parole résulte d'une double opération au menton qui consiste à

libérer un mouvement et le limiter       la voyelle ouvre le souffle     la consonne le module          l'interrompt le sculpte

parler n'est pas seulement produire des sons     c'est organiser physiquement des ouvertures et des fermetures de la bouche sur la pensée       la syntaxe elle- même n’est pas seulement une logique     elle est une respiration au rythme musculaire   elle est une danse du souffle     le langage est dialogique parce qu'aucun mot ne peut vivre seul sauf à devenir po       chaque mot répond à d’ autres mots    transforme ceux qui l’entourent   et se transforme à leur contact     le sens n'est pas contenu dans un mot isolé   il émerge de la relation entre des comportements étrangers     nous ne considérons donc plus les mots comme des étiquettes collées sur les pots de confiture nous les considérons comme des comportements du monde des bisounours

la pensée n’est pas séparée du langage   le langage n’est pas séparé du corps     le corps n’est pas séparé de la matière    il existe ainsi une continuité entre la matière le souffle la parole la pensée la science la poésie le changement climatique   science et poésie sont deux comportements de la matière pensante    elles interrogent la matière à partir du tiers de la matière 

si elles diffèrent par leurs pratiques compromettantes       elles participent du même comportement dialogique   le langage ne serait ni un code ni un outil   il serait une matière vivante     une matière respiratoire    une matière dialogique    une matière qui se comporte    et parce qu'il serait matière    la poésie ne se laisserait jamais capturer définitivement par aucune définition scions du bois

 

click fire flame clack          several years ego

 

beast stake evil          ferocious leather          bells imaginary harness

NOTULE SUR L’INTEMPORALITÉ DE LA TRANSPROSE 

 

par le GRPBQ plus plus plus

 

 

la transprose serait une écriture du temps           poil aux dents

avant d'être un rythme de lecture        poil à la figure        elle serait un rythme de pensée voulu par l'auteur        poil au cœur 

les blancs n’étant pas des absences          poil à la panse       mais des durées composées      poil au nez

l'auteur ne dispose pas seulement des mots       il compose aussi les intervalles entre les mots

la transprose est une partition silencieuse        le lecteur ne lit pas uniquement les mots           il lit aussi les temps entre les mots            en lisant il recrée le rythme composé par l'auteur              la pensée circule alors selon une durée qui n'est plus donnée par la ponctuation         mais par la disposition temporelle des blancs

nous appelons prosodie visuelle cette composition du temps          elle n'est pas une figure typographique        elle est la respiration matérielle de la pensée        comme le souffle compose la parole          le blanc compose la lecture

la transprose ne demande pas au lecteur d'inventer un rythme         elle lui propose d'habiter le rythme d'un autre         l'écriture devient alors un comportement temporel             la lecture devient la reproduction de ce comportement

la pensée circule d'un cerveau à l'autre         par l'intermédiaire du temps    poil aux dents