La
page
blanche

Le dépôt

NOTES

NOTULES

Sardanes des notules

N'imitez pas l'oral dans l'écrit

Pierre Alferi - Sentimentale journée - P.O.L.




Notule (-4)



L’écriture au féminin



Je suis à fond prêt 


          pour pondre des e

 Je ferai ce soir l'omelette aux fines herbes 

avec une salade


 Louloutte aimera ça.



Pierre Lamarque



Notule (- 3)


Note sur la lecture :



 Mira profunditas


Le « sérieux » du texte qui vous fait face, vous inquiète, vous tient tête…


Qu'il y a là quelque chose à comprendre, que le passage ne se fera pas à vide.

Tout débute par un élan de confiance, confiance immédiate et spontanée mais qui possède néanmoins des fondements complexes.


J’admets par avance qu’il doit y avoir là quelques chose.


Cela ne veut pas rien dire. 


C’est une sensation qui n’est pas loin d’être tactile.

Celle d’une paroi aveugle, à pic, qui n’offre aucune prise.


D’autres cependant ont réussi à passer avant moi.





Mira profunditas


The “serious” text that faces you, worries you, stands up to you…


That there is something there to understand, that the passage will not be made empty.

It all starts with an impulse of confidence, immediate and spontaneous confidence but 

which nevertheless has complex foundations.


I admit in advance that there must be something there.


It doesn’t mean nothing. 


It is a sensation that is not far from tactile.

That of a blind wall, sharp, that offers no take.


Others, however, have succeeded in getting ahead of me.



Pierre Lamarque




Notule (- 2)


LA RAGE ET L'AMOUR


Il me semble que Lpb devrait proposer aux invités au dépôt d’écrire des notules pour la partie critique de la revue Lpb. Les notes plus longues étant réservées aux auteurs invités permanents de la revue Lpb, s’ils désirent écrire des notes plus longues que les notules. L’idée des notules pourrait faire à la longue la singularité et la réputation de Lpb.


Les notules, par leur brièveté n’ont pas le côté un peu trop sérieux des notes plus longues. Il s’agit dans une notule de développer une idée de façon synthétique, pas analytique comme pour les notes longues, une autre façon de considérer le « logos » . Des notules critiques écrites pour le dépôt et/ou la revue Lpb sur tous les sujets, tous les sujets sont intéressants, pas seulement la poésie, la littérature et le langage. Les sujets culturels sont sans doute mes préférés, les sujets de vulgarisation par exemple, exprimés en peu de mots. 


Nous pourrions faire plus tard un livre de notules choisies, composé de notules écrites pour Lpb. Je vais réfléchir encore à cette question des notules. Je voudrais cerner ce que j’entends par esprit synthétique de la notule vs esprit analytique de la note. Constantin Pricop a écrit pendant 20 ans des notes d’une ou deux pages pour la revue Lpb centrées sur la poésie et la littérature, dans la tradition universitaire, analytique. Il serait peut-être temps d’imaginer une rubrique de critique où les disciplines se croisent, c’est pour cela que je préférerais orienter la recherche vers une réflexion critique tous azimuts, plutôt qu’une spécialisation sur la poésie, la littérature, le langage.


Il me semble que la rage et l’amour... 


Pierre Lamarque


Notule (- 1)


NOTULE SUR LES TERRASSES ET LEUR VULGARISATION 


" A Paris comme ailleurs, un virus à géométrie politique, sociale et économique s'est, depuis plus d'un an, payé de sacrées tranches de trottoirs. Il a bouffé, au pif au mètre et sur des kilomètres, 35 pour cent de piétons dont 9 pour cent d'espèces canines (peu de bâtards à Paname), 2 pour cent de rats, 5 pour cent de pigeons bizets, 9 pour cent de vieilles gens branlantes et duveteuses, 5 pour cent de handicapés avec béquille ou sans canne blanche, 3 pour cent d'enfançons désarticulés joueurs de ballon, 2 pour cent de mendiants venus de là-bas comme d'ici, porteurs de sombres nouvelles et un pourcentage résiduel d'insectes rampants délocalisés. Tout ce petit monde a été prié de se faire cuire un oeuf plus loin, de faire un écart, un détour, un saut dans le ruisseau, un bond sur la chaussée fumante pour laisser libre cours à un nouveau type de spectacle permanent à guichet ouvert. Ce virus municipal, au prétexte de rattraper les pertes subies par les cafetiers et restaurateurs à cause du confinement enculerrecodeur, a autorisé et encouragé l'expansion soudaine, pérenne et terrassante de terrasses en bois garnies majoritairement de buveurs barbus ou à couettes, percés et tatoués devant leurs pintes locales ou leurs verres de chardonnay élégant. Cette jeunesse avancée s'étale sur l'espace public qu'on lui a privatisé en le territorialisant. Elle s'expose au vent comme à la brise dans ses vitrines sans vitre, rutile, jubile, s'émulsionne, s'échauffe, se jauge, parade, échange ses enfants et ses bons plans pro, sous les yeux pressés, désargentés, nauséeux, usés ou désabusés des passants périphériques. 

Je vous écris depuis la terrasse de mon convertible, un verre de whisky tourbé dans la goule. 


Tristan Felix










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Notule + 1


Le monde est un club privé


 


On frémit du bon Dieu dans le ventre de la ligne éditoriale.


Réduite à la dilution des faits, une génération de manipulés se traîne dans le limon de l’histoire, priant son ignorance d’avoir raison.


À genoux devant la télévision.


On fixe notre espoir sur un ballon. Le monde tourne avec fracas, droit au but.


Quelqu'un va se servir, on le sent. On entend déjà le frottement des mains, l'eau qui attend, pâmée.


Pervertie.


Car finalement, la déflagration sera lente et glissera dans les rues comme du sang.


 

François Desnoyers





+ 2


 

"DES APHORISMES : DES FEMMES, DE LA PHILOSOPHIE, DE LA POESIE » ( extraits)

 

 

 

Dans le delta de tes fesses, la Camargue s’épanouit, un taureau rêvasse.

 

Les hommes sont des monstres craintifs.

 

Les fréquences intérieures sont brouillées par nature. A nous d’inventer la longueur d’ondes qui corresponde à la messagerie de nos instincts.

 

J’aime cette surface blanche parsemée de petites taches noires que l’on appelle un livre de poésie. C’est ma panthère des neiges.

                           

La poésie culmine à des hauteurs inacces­sibles à l’intelligence. C’est un gaz.


Guillaume Poutrain



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+ 3


Du démantèlement


dé m tèl - e pe pa é co ça e co ça e co ça i e ve, oui, d'accord c e a oéi



Pierre Lamarque


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+ 4


De la Crypto-poésie


Le poème est la phrase mnémonique, mots de passe qui donnent accès à notre âme.

Notre cerveau, le disque dur, est un bloc organique qui contient le message poétique.

L'humanité est une chaîne de blocs de plus de 3 millions d'années.


Les grands récits mythiques et poétiques ont utilisé des générations d'humains comme autant de blocs liés entre eux par filiation pour se diffuser, se copier et se sauvegarder.

Les mythes sont les premiers crypto-poèmes.

 


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+ 5


De la passation


"La passation n’est pas un exercice — du moins, je l’espère — de renouveau pour le simple goût du renouveau. C’est avant tout la plus belle forme d’orgueil qu’on puisse imaginer : celle qui nous ouvre à l’autre au nom d’une entreprise qui nous dépasse, que nous sommes conscients de devoir transmettre et confiants de voir prospérer. Il est là, le caractère transgénérationnel d’une revue… et la raison pour laquelle nous allons inévitablement, nous aussi, nous accrocher, en pensant que nous sommes encore capables. "


Pierre Lamarque



+ 6  


LA TERRE EST LE JARDIN

 

Et chaque plante et animal a son étoile

 

Nous avons en tête que l’espace suit les mêmes règles que la Terre.

 

Cette idée s'appelle l’inférence inductive.

 

Mais comme Hume l’a souligné, l’inférence inductive n’est que l’imagination à l’œuvre.

 

Il n’y a aucune raison déductive de croire que l’espace extérieur suit les mêmes règles spatiales que la Terre.

 

Pour cette raison, si jamais nous rencontrons une étoile en personne, ou un nuage de gaz, ou le trou noir fantaisiste, il peut se révéler qu’il est tout à fait différent de ce que nous imaginons.

 

Andrew Nightingale

Trad. Gilles&John

 

 

EARTH IS THE GARDEN


And every plant and animal has a star


We have in idea that space follows the same rules that Earth follows.


This idea is called the inductive inference.


But as Hume pointed out, the inductive inference is just the imagination at work.


There is no deductive reason to believe outerspace follows the same spacial rules as the Earth.


Because of this, if we ever meet a star in person, or a gas cloud, or the fanciful black hole, it may turn out that it is quite different from what we imagine.

 

Andrew Nightingale


+ 7) Mykola Istyn

 

 

***

Je veux que l’univers prochain soit différent parce que je ne suis pas pour le dictat des lois et de la presse technologique. Je ne me soumettrai à aucune oppression ni coercition et ne succomberai pas au pouvoir sur l'individu à la fois physique et mental. La manipulation des économies numériques ne sera pas acceptable comme modèle. Je veux des univers avec floraisons de vérités comme idéaux d'existence, la liberté du bien, sa toute-puissance, et tout le bonheur de l'univers – formes et contenus de la matière: depuis l'humain, adorable micro-réplique planétaire

terrestre, jusque dans des univers à grande échelle, car le Dieu a répandu la diversité dans l'univers y compris en nous, mais ses planètes sont faites à la va-vite, au hasard: une chance quelque part dans la temporalité, un brouillon dans lequel des notes poétiques sur l'amélioration de la liberté des idéaux de vérités, que j'écris de moi, à Lui, pour les autres...


M. I.


+ 8) Andrew Nightingale


Baiser divin


Jeudi 14 Juillet 2022

Posté par Andrew Nightingale dans Questions en Logique

Trad. G&J



J’ai pris un antipsychotique pendant de nombreuses années qui m’a fait me sentir vraiment épouvantable et très énervé. J’ai appris à me tenir « dedans » et à gérer le mauvais sentiment sans beaucoup de pensées ou de signes extérieurs. Finalement, ce mauvais sentiment était mon état neutre au naturel, et tant que je le gardais à l’esprit, je pouvais le dominer assez bien. Mais les gens sensibles pouvaient ressentir le mauvais sentiment que me donnait la drogue. Il y a environ un an, j’ai été « surclassé » comme dépressif sévère en lieu et place de mon vieux diagnostic désobligeant. Ils ont changé mes médicaments en quelque chose qui amplifie l’effet antidépresseur, et soudain ce mauvais sentiment est parti.




Kissed by God


 have been taking an anti-psychotic for many years that made me feel really awful and angry. I learned to kind of be "in it" and handle the bad feeling without much thought or outward sign. Eventually this bad feeling was my neutral or natural state, and as long as I kept it in mind, I could get through it pretty well. But sensitive people could feel the bad feeling I was getting from the drug. About a year ago I was "upgraded" to severe depression instead of my old and derogatory diagnosis. They changed my medication to something that amplifies anti-depressants, and suddenly this bad feeling is gone.


A.N.

 


+ 9) Tristan Félix



L'ÉCRITURE À L'ENVERS


"Les lettres dansent comme des signes muets; remonter le mot à l'envers, la ligne à l'envers, la page à l'envers, le chapitre à l'envers, pour apprivoiser le sens, le faire revenir."

  • Tristan Félix - Faut une faille - Z4 éditions



LA PENSÉE MAGIQUE


On traite de pensée magique toute pensée poétique ou croyance populaire. La stridence du chiffre n'est-elle pas une autre pensée magique autrement mortifère ? tout représentant du pouvoir n'est-il pas une hallucination collective ? La poésie pratique la magie blanche, le pouvoir, la magie noire, jusque dans la récupération de toute découverte innocente.

- Tristan Felix - Faut une faille - Z4 éditions



+ 10) Jean-Michel Maubert


Une très bonne source d'info est le Journal de la cause animale :

https://www.youtube.com/watch?v=2ZS4jZi-6AI&list=PLK8hCCEfvKtJFjwB_V84aQ77gLXdMjLm8&index=2

Le site de Florence Dellerie est aussi très bien - ses fiches sont assez célèbres dans le milieu animaliste ; elle est aussi

engagée pour les droits humains (ce qui est logique, les humains étant sentients) :

https://questionsanimalistes.com/

Le site de L214 éthique et animaux est une mine d'informations :

https://www.l214.com/

Thinkerview avait mené un entretien assez approfondi avec Sébastien Arsac :

https://www.youtube.com/watch?v=6_RjvC7fQck

Je ne peux m'empêcher de mentionner un homme pour qui j'ai une profonde admiration ; il fût enquêteur dans les abattoirs pendant quinze ans, puis il a fondé un refuge, tout en travaillant comme éducateur spécialisé pour les personnes ayant un handicap mental/psychique [son livre "Ces bêtes qu'on abat" est extrêmement marquant]:

https://www.youtube.com/watch?v=dyyuWmzU52I

https://www.youtube.com/watch?v=xijiu_pTlLE&t=2572s

Pour le débunkage, il y avait un site très bien, How I meet your tofu (je ne sais pas s'il est encore actif) :

https://howimetyourtofu.com/

Pour des articles de fond, la revue L'amorce (il y a des textes sur l'anti-racisme, la convergence des luttes, l'intersectionnalité, etc.) :

https://lamorce.co/

Et bien sûr, on peut toujours lire les articles pionniers publiés dans les Cahiers antispécistes : 

https://www.cahiers-antispecistes.org/



+ 11) Pierre Lamarque


La Machine de la Conteuse - La voix d'Isabelle - Le logo d'Isabelle


Chaque jour j’apprends du nouveau sur Isabelle H. Ainsi ce matin : 


1) Isabelle écrit avec sa voix et ses silences, pas avec ses doigts. 

Elle n'utilise ni plume ni machine à écrire. 

Le travail des doigts d'Isabelle se limite à déclencher et stopper 

sa machine.. 

En fait Isabelle n’écrit pas ce qu’elle pense, elle le dit.

- elle enregistre sa voix dans sa machine et

la machine transforme sa voix en signes de texte 

pour le cerveau. 

Isabelle n’est pas une écrivaine, elle ne travaille pas 

les lignes de sa main.

(Les échantillons de sa voix s’auto-détruisent)


2) Isabelle H. a changé son état civil récemment. 

Mâle, son logo était Pierre Les Marquises. Un temps elle s’est

appelée Marie Coquille.


+ 12) Isabelle H.


Vive la phrase !


On revient à la phrase : le naturel c’est la phrase. Juste de petits paragraphes entre des phrases ou des groupes de phrase. Voilà qui économise de la place sur le papier, voilà un ordre qui plait à l’oeil et voilà qui permet la meilleure prise en compte du sens. Car le sens c’est pas les mots isolés, ânonnés, abandonnés de çi de là, le sens c’est la phrase qui le donne.


Parce que les poètes, décidés à contester la pensée pour d’obscurs motifs, pour faire remarquer leurs discours peut-être bien, ont inventé les vers. Les vers nuisent à la lecture. Les vers sont des échafaudages à enlever pour retrouver la pensée, la pensée c’est le coeur de la poésie, la poésie se situe dans le cerveau. La pensée se construit dans le cerveau par phrases.



+ 13) Pierre Lamarque


SÉQUENCE


espacement séquençage espacement séquence détachement po



Une strophe est une strophe qu’elle soit dans un texte en transprose ou en prose ou en vers… en revanche le « détachement » qui désigne l’espace entre deux strophes me parait être un mot utile dans notre lexique même s’il n’est pas propre à la transprose… pour nous je pense, la meilleure invention de nom après l’invention du mot transprose, et du mot détachement c’est le mot « séquence » . effectivement comme dit Air une séquence n’est pas bâtie n’importe comment…on reconnait en poésie moderne une séquence pas seulement parce qu’elle est entourée d’espacements mais aussi parce qu’elle fait partie d’une strophe mais aussi et surtout parce qu’elle est une unité signifiante… (unité signifiante désignée aussi plus brièvement par le neutre et invariable mot : po)


J’observe - par le petit bout de the Lpb lorgnette, la poésie en train de se faire depuis 22 ans et je note que le vers est dépassé, que le vers s’essouffle, que le vers meurt d’épuisement comme un spam qui choit dans une boite. 

Pour ma part, je considère que le vers est devenu po c’est à dire élément sonore de langage parlé considéré comme unité.

Le po n’a apparemment pas de rapport avec la transprose cependant je ferai remarquer que mon recueil Résidu est écrit presque entièrement en transprose à partir de po des du po du do po dou po, de doux po.



+ 14) Andrew Nightingale


Note d’Andrew Nightingale parue le 6 août 2022 sur son site www.questionsarepower.org 

 

 

 

 

BROKEN HOME

 

Rags are indecent, and there is no shame in covering with what you have. Maybe it is mean for the beggar to beg, as a poet begs for his words, and a man begs for a bride. A woman will say no to the haggard emaciated beggars: Those hanging around the temple of the Green Buddha hoping for a hand out. The Green Buddha, who all clamber to, offering food and a home. Yet He will not eat except what will stave off death for a day, and even in the temple given to him, he knows his homelessness. The beggars, his disciples, where is the difference? Because everyone will learn. And who will be His bride? We are all Buddhas, you would know it if you would let the prophets speak. The ladles of immortality that the House of the West offer are empty. We clothe ourselves in fine ideas that are transparent, and the finer our idea, the more naked and indecent we are. The Emperor has no clothes, and has many women. Get down on your knees and believe: There is one and only one woven cloth with which all the worlds of dreams and hardships, queens and beggars clothe themselves. Only this cloth is real, we try to fill it, but in the end we must give the cloth away.

 

 

FOYER BRISÉ


Les chiffons sont indécents, mais il n’y a pas de honte à se couvrir de ce qu’on a sous la main. Peut-être est-il mesquin pour le mendiant de mendier, comme un poète réclame ses mots, et un homme supplie une mariée. Une femme se refusera aux mendiants décharnés et hagards : ceux qui traînent autour du temple du Bouddha vert en espérant un coup de main. Le vert Bouddha vers qui tous montent, offrant de la nourriture et un logis. Pourtant, il ne mangera que ce qui l’empêchera de mourir pour une journée, et même dans le temple qu’on met à sa disposition, il se sait sans-abri. Les mendiants et ses disciples, quelle différence? Puisque tout le monde apprendra. Et qui sera Son épouse? Nous sommes tous des bouddhas, vous le sauriez si vous laissiez les prophètes parler. Les louches d’immortalité que la Maison de l’Occident offre sont vides. Nous nous habillons de belles idées transparentes, et plus notre idée est fine, plus nous sommes nus et obscène. L’empereur n’a pas de vêtements, mais il a beaucoup de femmes. Mettez-vous à genoux et croyez ceci : Il n’existe qu’un unique tissu dont se parent les mondes merveilleux comme ceux de misère, les reines et les mendiants. Seul ce tissu est réel, nous essayons de le porter, mais à la fin, il nous faudra à notre tour l’offrir.


Andrew Nightingale - Trad G&J



+ 15) Isabelle H


CONTEMPORAIN



Contemporain… quand j’entends cet adjectif j’ai envie de me tirer une balle.


Qui a inventé le mot « contemporain » et nous a enfermés, nous les contemporains, à jamais dans ce mot-là? Hein ? Voulez-vous me dire ? Le micro est-il bien branché, m’entendez-vous ?


Voilà un mot qui est un préjugé à lui tout seul.


Qui a parlé d’art contemporain ? Quand ? Depuis combien de temps l’art est-il devenu « contemporain » ?


Le mot « contemporain » est un préjugé de la pire espèce qui soit ! Pour l’art, on désigne l’art comme contemporain faute de mieux, par paresse intellectuelle. La paresse est la base des préjugés.




NOS PRÉJUGÉS



Nous nous drapons dans les idées faibles que sont les préjugés; à travers le tissu de nos préjugés, appelons-les nos mensonges, on voit par transparence notre indécence, comme dit Andrew, je n’irai 

pas jusqu’à dire comme Air, notre obscénité.… N’est-ce pas un préjugé de croire que la poésie a besoin de mots rares comme ceux que Saint John Perse faisait tirer d’un chapeau haut de forme par sa femme pour alimenter ses vers hauts de forme plus que de fond (?&sic&lol); en réalité si la Poésie a besoin de quelque chose ce n’est pas d'un mot rare dont la Poésie a besoin, mais d'un mot juste ! Un mot juste c’est un mot qui harmonise une phrase et lui donne tout son sens et toute sa beauté.


Je trouve que les jeunes générations ont plus de préjugés que les vieilles générations, et c’est bien normal, les vieilles générations ont eu le temps de confronter leurs préjugés à la réalité et tout ce qu’il reste à faire aux vieilles gens comme moi, une fois qu’elles ont tout déconstruit, c'est des 

grimaces, avec une langue bien tirée.



 NOTE, NOTULE, NOTASSE


Une notule n’est pas une note. Je tiens à cette différence et pense devoir l'inculquer. Les différences entre une notule, une note, et une notasse, c’est qu’une notule développe une idée en quelques lignes, une note en une page et une notasse en beaucoup trop de pages.


HI



+ 16) Pierre Lamarque



NIVEAU DE PENSÉE ET NOTULES



La revue Lpb a pris un nouvel essor en déployant ses pages de notes et notules à la suite de ses pages de poésie. Les notules Lpb sont des proses traitant de sujets littéraires, culturels, sociaux. Les notules sont des idées exposées en quelques lignes. Les notules Lpb, qui occupent moins d’une demi-page, sont des proses sur un thème de critique. La critique est l’art de discerner, comme l’indique l’étymologie grecque du mot français, c’est pour cela que je préfère employer en français le mot « discernement » plutôt que le mot « critique » . Le mot « critique » me renvoie au mot « crise », or un moment critique n’est pas forcément un moment de crise, ça peut au contraire être un moment calme de lucidité paisible. J’aurais pu aussi bien dire que les Notules de Lpb sont des instants de lucidité. Les notules critiques de Lpb sont des courtes proses discernantes, lucidifères et apprenantes offertes par les auteurs invités du Dépôt à la revue Lpb. 




Nous avons la chance de tenir en main une revue qui se perfectionne, dont la qualité graphique sur l’écran et le papier est moderne, sobre, élégante, raffinée, une revue en train de tisser des nouveaux liens sur la toile grâce à son Dépôt qui permet de retenir les meilleurs parmi nous, les « Pagealbatiens » . La revue Lpb n’est pas qu’un filtre poétique de l’internet c’est aussi un foyer de création poétique en plus d’être un lieu d’échanges convivial et enrichissant.




Il me semble que les notules critiques de Lpb sont un nouveau concept à exploiter : dire peu de l’essentiel… c’est une nouvelle façon de faire tournoyer sa pensée...


P.L


LEVEL OF THOUGHT AND NOTULES



The magazine Lpb has taken a new boom by deploying its pages of notes and notules following its pages of poetry. The Lpb notules are proses dealing with literary, cultural, social subjects. The notules are ideas exposed in a few lines. The Lpb notules, which occupy less than half a page, are proses on a theme of criticism. Criticism is the art of discerning, as indicated by the Greek etymology of the French word, which is why I prefer to use the word “discernement” rather than the word “critique” in French. The word “critical” refers me to the word “crisis”, but a critical moment is not necessarily a moment of crisis, it can be a calm moment of peaceful lucidity. I might as well have said that Lpb’s Notules are moments of lucidity. The critical grades of Lpb are short discerning proses, lucidifères and learners offered by the invited authors of the Depot à la revue Lpb. 




We have the chance to hold in hand a magazine that is perfecting itself, whose graphic quality on the screen and the paper is modern, sober, elegant, refined, a magazine that is forging new links on the web thanks to its Depot, which helps retain the best among us, the «Pagealbatiens». The magazine Lpb is not only a poetic filter of the internet but also a hotbed of poetic creation in addition to being a place of friendly and enriching exchanges.




It seems to me that Lpb’s critical notules are a new concept to be exploited: saying little about the essential… It’s a new way of spinning your mind...




Un nouvel ordre mondial suite à la guerre en Ukraine ?


https://www.youtube.com/watch?v=kyYtwfIk9Oo


Il faut nous battre contre la pensée totalitaire qui est en train de gagner le monde entier. Il faut nous battre pour la vie libre et la pensée libre. La pensée totalitaire gagne du terrain partout, même en Europe, où l'on voit fleurir des cabinets de conseil privés d'inspiration idéologique totalitaire intégrés au gouvernement des pays. Cf lien vidéo vers Barbara Stiegler : L'idéologie des biais cognitifs - avec Barbara Stiegler https://www.youtube.com/watch?v=Z71oV00aqxk


Ce qui m’intéresse c’est l’articulation qui existe entre le progrès du savoir qui s’accélère dans tous les domaines à commencer par les sciences fondamentales, et l'utilisation de ce savoir… là je crois qu’il y a un vrai problème mental chez les humains… une schizophrénie collective, une discordance fondamentale, l'errance de l’intelligence humaine… quelque chose d’autodestructeur comme programmé dans nos gènes.


Au niveau politique il me semble urgent de réguler l’ardeur capitaliste du monde qui humilie l’humain et le réduit à l’état de zombie (mort vivant). 


P.L



+ 17) Calique



MANIFESTE DU VIDE



Les pensées passent, reflets brisés, ondes concentriques autour du caillou de la douleur,  jeté dans le vide anxieux du cœur, remous de l’esprit dans l’esprit. Sous mes haillons se cache ma robe couleur du temps, et sous ma robe je porte ma vie en haillons. Comme 

l’eau bout à cent degrés, l’air en ébullition pétille à la lumière du jour. Tout est voix,  tout est silence. Je suis un point d’interrogation. Nous n’avons pas encore vu le jour.  Nous n’avons rien d’autre que nos vies.                                 



+ 18) Jérôme Fortin



LES ESPRITS QUI SOMMEILLENT



Il sort de sa camionnette au milieu de la nuit et cherche dans un brouillard de silence l'horodateur. Son souffle seul témoigne d'une présence sous la lune. Ce brouillard n'est pas un brouillard hydraulique mais bien l’hyposignal condensé de tous les esprits qui sommeillent autour de lui. Il aurait envie d'échanger avec un quidam de cet étrange phénomène météorologique mais il se garde maintenant de divulguer ses opinions avec des quidams. Depuis que le soleil s'est effondré sur lui-même, il vaut mieux se taire pour ne pas ajouter de nouvelles ombres au tableau. Déjà qu'il est hasardeux de faire un pas devant l'autre sans tomber dans un piège. Il vaut mieux s'en tenir au tracé le plus simple, celui qui mène au cimetière des consciences



+ 19) Pierre Lamarque



NOTULE SUR BEN


Né en 1935, Ben - Benjamin Vautier, défend l’idée de l’art de l’idée. En précurseur de l’art conceptuel 

il fait partie du non-mouvement international Fluxus produisant de l’anti-art ou plutôt un art-distraction 

et des happenings influencé par le mouvement Dada, avec " rejet systématique des institutions »

- rejet de toute manifestation surmoïque. Il organise des actions telles « gifler sans l’avoir prévenue, 

une charcutière » ou « faire du vélo dans les airs en hurlant »  


https://fr.wikipedia.org/wiki/Ben_(artiste)



On y lira l’affiche intitulée « Sculpture vivante » de Ben 




SCULPTURE VIVANTE  (1959) 



BEN 

créateur de l’art total

ayant donné conscience 

à AGUI-GUI, dieu de la rue

que son comportement 

est oeuvre d’art.


BEN SIGNERA AGUI-GUI 

sculpture vivante et mobile

dans tous ses instants

et tous ses gestes

jusqu’à sa mort, AGUI-GUI devient 

alors véritable oeuvre d’art.


LA SIGNATURE AURA LIEU

LE DIMANCHE SOIR

À LA SORTIE DU FESTIVAL.


AGUI-GUI EST À VENDRE 

(uniquement musées nationaux)

(Particuliers, s’abstenir)



Galerie d’Art Total

32, rue Tonduti de L’escarène - Nice



+ 20) Mikky Muandali





FLEURS UKRAINIENNES


03/03/22


Depuis quelques jours, l'air est glacial... Le Ciel s'est retiré du monde en même temps que les centaines de fleurs ukrainiennes. Leurs pétales scintillantes sont rouges, non comme des joues empourprées d'amour, mais braisées par les gifles fulgurantes reçues du Dédale ténébreux.

Quand ces fleurs gisent là-bas, au loin, la veuve en noir, c'est l'émotion. Et là encore, à la porte de la guerre mondiale, le Temps s'arrête pour nous jeter en pleine face sa nature hématome. L'Ombre des tranchées plane, mais le Coeur est toujours le plus fort – Sa mission est d'apporter un plaid aux siècles égarés – les morts de nos morts s'en souviennent. Puis, comme les paroles s'envolent et les esprits restent, la poudre est au poème ce que le canon est à la bouche : alors, marchons, marchons ! Voici Justice, la colombe qui se tient droit devant ! D'une seule et même voix multi-culturelle, elle tranchera entre les idées géniales et les actes égoïstes, j'y crois ! Car, c'est en la suivant sur ce chemin de Paix que toutes les entailles du passé se fermeront...


M.M.



+ 21 ) Pierre Lamarque





La disposition en vers libres étagés sur la page est « conventionnelle », conformiste, paresseuse… elle n’est pas esthétique, ni moderne, elle n'est qu'un reliquat de la façade des anciennes versifications…  elle nuit à la lecture globale, si importante à mes yeux. La lecture globale correspond à la perception auditive de la parole, de la pensée.

Pourquoi la poésie contemporaine est-elle mal reçue par le public, parce qu’elle est inutilement artificielle, comme si le « vers » était définitivement associé à l’image de la poésie. Les gens ne comprennent pas pourquoi cette nécessité et se détournent avec raison de ce qu’ils perçoivent comme une absurdité.



+ 22) Isabelle H



COMME ELLE PEUT



N’oublions pas que l’écriture, comme les autres arts, est l’expression de la pensée. La pensée de l’animal humain a besoin d’une part du dard de l'art pour être. La pensée est pour homo sapiens sapiens à la fois misérable * à par lat mienne * universelle et personnelle.

La pensée, en poésie, s’exprime par degrés, comme elle peut.



VERS LA SÉRÉNITÉ 


Nous allons à la sérénité par la simplification des idées, 

de la plastique (et de la musique). La simplification par 

la verveine, pour ce qui est des parfums, fait aller la 

sérénité au nez… comme dit ma voisine de Carrefour

Market, il faut faire aller... les vers en transprose.




+ 23) Andrew Nightingale



QUESTION


Intéressant, le sacrifice de l’animal comme forme de mimesis... Cela me rappelle l’idée contre-intuitive 

du pédé-de-service : quand un exemple suffit à convaincre que la même chose est vraie en général, 

comme en vague. Mimesis, le statut moindre de la copie par rapport à l'être unique (l’identité) semble 

similaire à l’inférence inductive, et similaire à la similitude. Je ne sais toujours pas pourquoi copier 

est moins... embellissant... est-ce juste un miasme moderne ?


Comme toujours, entouré d’ignorance,


André Nihgtingale

Trad G&J



+ 24) Pierre Lamarque


LA TRADUCTION CONSIDÉRÉE COMME UNE IMITATION


La difficulté de traduction d’un poème est similaire à la difficulté de compréhension d’un poème. Les poèmes sont difficiles à traduire quand ils sont difficiles à comprendre. Quand on veut dire à voix haute un poème on doit passer d’abord par une étape de lecture à voix basse pour bien comprendre le poème.  C’est la même chose pour la traduction : on doit passer d’abord par une étape de lecture approfondie qui consiste à trouver les équivalences d’une langue à l’autre avant d’envisager la lecture à voix haute dans la langue de traduction. La lecture approfondie demande un travail de comparaison, une étude de similitude qui s’appuie non seulement sur la comparaison mais aussi sur l’intuition. L’intuition est une qualité indispensable pour mener à bien la traduction. Il se peut qu’une traduction soit meilleure qu’un texte original. L’enchantement qu’offre la mimèsis de la traduction peut être intuitivement plus juste que l’enchantement original. Un poème chante. Un poème doit chanter juste.



+ 25) Pierre Goujon


Hymnes

  

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky s'est rendu lundi 14 novembre 2022 à Kherson.  Main sur le cœur, il a chanté l'hymne national au moment de la montée du drapeau ukrainien :

"Nos ennemis périront, comme la rosée au soleil, et nous aussi, frères, allons gouverner, dans notre pays. Pour notre liberté, nous donnerons nos âmes et nos corps".

 

En principe, un hymne, c’est un poème destiné à chanter les louanges d’un personnage, divin ou pas, mythique ou pas, qu’on célèbre à diverses occasions de la vie publique. Assez vite, le héros, ça a été un dieu, puis Dieu tout court, puis diverses choses.

 

La fonction d’un hymne est double : premièrement, il s’agit de faire chanter les gens ensemble, ça les occupe ; deuxièmement, il s’agit de les mobiliser autour d’une idée commune, en général abstraite, ou, sinon, reliée à des valeurs encourageantes qui leur évitera d’avoir de mauvaises pensées ou d’aller faire les imbéciles chez les filles, au bistrot ou chez l’ennemi héréditaire.

 

L’hymne se présente sous diverses formes. On a d’abord l’hymne religieux, le plus ancien, encore appelé cantique ; on trouve ensuite l’hymne national, puis l’hymne à n’importe quoi, la joie, l’amour, la blanquette de veau, la croissance, le petit vin blanc, l’Alsace et la Lorraine, etc.

 

De toutes les formes d’hymnes, c’est l’hymne religieux qui est sans doute le plus reposant. On y parle essentiellement de Dieu et de sa petite famille. De la vie éternelle et du repos de l’âme dans les bras des Anges, des Archanges, des Trônes et des Dominations. Ca sent bon l’encens et la fleur d’oranger. En principe l’hymne religieux ne se siffle pas. Ou alors c’est qu’on a oublié les paroles. Sinon, ça se chante en chœur à la messe, ou au cours de diverses cérémonies, comme par exemple lors de la célébration d’une apparition de la Vierge, ou encore, de temps en temps, ici ou là, à l’occasion de circonstances particulières, un tremblement de terre, la rencontre d’un iceberg...

 

Comparés aux hymnes religieux, les hymnes nationaux expriment des idées plus terre à terre. Le thème le plus répandu est le thème de la patrie. Ça se comprend : rien de tel que le mot patrie pour enflammer les cœurs et les reins. Mais d’autres objets de vénération apparaissent ici ou là. Nous allons en évoquer quelques-unes. 

 

Après « Patrie », c’est « Dieu » qui apparaît le plus souvent. Ainsi, l’hymne national de l’Arabie Saoudite déclare que « Dieu est le plus grand ».  C’est normal. Pour les Etats-Unis, on chante « En Dieu est notre foi ». A Malte on demande à Dieu d’ « accorder la sagesse à ceux qui nous gouvernent »...

 

Après Dieu, vient le Roi (ou la Reine), là où c’est pertinent, évidemment. Tout le monde connaît l’hymne britannique qui souhaite hardiment que Dieu sauve la Reine. Le Roi, maintenant. Bon. Ça a eu l’air de marcher assez bien avec Elizabeth. La Belgique pour sa part oublie Dieu mais célèbre le Roi, la Loi et la Liberté. C’est une bonne idée.

 

Quant au Maroc c’est la totale avec Dieu, la Patrie et le Roi, honorés tous ensemble.

 

Mais il y a des cas d’hymnes nationaux moins solennels. Ainsi, en Lettonie on chante le pays où fleurissent les filles de Lettonie ... Et on demande à Dieu de nous permettre « de danser là-bas, heureux dans notre Lettonie ». Ça, c’est plutôt sympa. 

 

Un des plus rigolos est l’hymne danois, qui chante « Ce pays toujours plaisant, car la mer se courbe, bleue et ses frondaisons sont si vertes ».   Souhaitant plus loin : « Que les îles danoises accueillent de nobles femmes, de belles pucelles et de vaillant jeunes hommes ! ». Super.

 

Et puis on s’en voudrait d’oublier l’hymne slovène qui célèbre les vendanges et le bon vin qui réjouit les cœurs et met le feu dans les veines. Bande d’ivrognes. 

 

Alors réfléchissons. Est-ce qu’on peut décemment imaginer siffler des hymnes pareils ? (On se souvient de notre chant national qui fut sifflé, il y a peu, par des cohortes footballistiques, à la fois rigolardes et vengeresses, suscitant après coup la réprobation offusquée d’une classe politique qui ne transigeait pas avec le respect, l’honneur, la gloire, la discipline, le fruit de vos entrailles, le CAC40, et la racaille).

 

Est-ce qu’on oserait reprocher à la Suède de chanter « son soleil, son ciel, ses pâturages verts ? » Non, bien sûr. 

 

Ce qui fait qu’on pourrait bien être moins indulgents à entendre des paroles comme « Serrons-nous en cohortes, Nous sommes prêts à la mort », dans l’hymne italien, ou comme « Guerre, guerre ! Trempez les bannières de la patrie dans les vagues de sang » (pour le Mexique)

 

On n’oubliera pas, évidemment, le célèbre sang impur abreuvant les sillons français, qu’on trouve dans notre « Chant de guerre pour l’armée du Rhin », alias Marseillaise.

 

Un poète puéril, honnête et inspiré a chanté tout ça :

 

Est-ce que nos sillons

ont

jamais su ce qu’on

leur donnait à boire

les jours de castagne ?

C’est O, c’est A, c’est B ?

c’est AB ?

Pas de panique

il y en aura toujours

pour tous les goûts.

 

 

PiG