Le dépôt
363 - ZOOM MAETERLINCK
Textes
L'âme humaine est très silencieuse. L'âme humaine aime à se cacher. On ne sait pas ce qu'elle attend, on ne sait pas ce qu'elle craint. Elle est là, au fond de nous, comme un enfant endormi dans une chambre obscure. Et parfois, un mot, un regard, un silence plus profond que les autres, la réveille brusquement. Elle ouvre les yeux, elle regarde un instant le monde, et puis elle se rendort. Mais dans cet instant, elle a tout vu, elle a tout compris, et elle emporte avec elle un secret que nous ne connaîtrons jamais tout à fait. C'est ce secret que j'essaie de surprendre dans l'ombre des couloirs et le murmure des fontaines. https://www.poetica.fr/poeme-652/maurice-maeterlinck-l-ame/
Il faut cultiver le silence, car c'est dans le silence que les vérités éternelles acceptent de nous rendre visite. Les paroles ne sont que le bruit que font les hommes pour s'empêcher d'entendre ce que leur cœur essaie de leur dire. Dès que nous parlons, quelque chose se ferme en nous. Dès que nous parlons, nous ne sommes plus seuls, et pourtant nous sommes moins ensemble. Le véritable amour, la véritable douleur, la véritable beauté ne connaissent pas de vocabulaire. Ils se reconnaissent à la manière dont ils font taire tout ce qui les entoure. C'est une force invisible qui lie les êtres bien plus solidement que toutes les promesses. https://www.persee.fr/doc/rbph_0035-0818_1933_num_12_4_1435
Regardez les abeilles : elles nous donnent une leçon de sacrifice et de discipline que l'humanité a oubliée. Elles ne travaillent pas pour elles-mêmes, elles travaillent pour la cité, pour l'avenir, pour une reine qu'elles ne voient presque jamais. Il y a dans la ruche une intelligence collective qui dépasse de loin la somme des petites intelligences individuelles. C'est un grand mystère de la nature que cette volonté farouche de survivre et de créer de la douceur au milieu d'un monde hostile. Chaque goutte de miel est le résultat d'un effort héroïque et d'une abnégation totale envers le destin de la race. https://www.gutenberg.org/files/16434/16434-h/16434-h.htm
La mort n'est pas l'obscurité, elle est seulement une lumière que nous ne pouvons pas encore supporter. Nous en avons peur parce que nous ne voyons que le rideau qui tombe, et non la scène qui se prépare derrière. Nous sommes comme des aveugles qui discutent de la couleur du soleil. La vie n'est qu'une petite île de conscience dans un océan d'inconnu. Il n'y a pas de fin, il n'y a que des transformations. Ce qui nous semble être un anéantissement n'est peut-être qu'une libération, un retour à la source où toutes les larmes sont séchées et où toutes les questions trouvent enfin leur réponse silencieuse. https://www.lexilogos.com/maeterlinck.htm
Le bonheur n'est pas une chose qui nous arrive de l'extérieur, c'est une fleur que nous faisons pousser à l'intérieur de nous-mêmes. Il ne dépend pas de la richesse, ni du succès, ni de la santé, bien que ces choses puissent l'aider à s'épanouir. Le vrai bonheur réside dans la capacité de s'émerveiller devant les choses les plus simples : un rayon de lune sur un mur, le chant d'un oiseau au petit matin, la chaleur d'une main amie. Si nous attendons que le destin nous apporte la joie sur un plateau, nous risquons d'attendre toute notre vie. Il faut savoir la cueillir là où elle se trouve, dans l'instant présent. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k106368t
Présentation de l'auteur
Maurice Maeterlinck, né en 1862 à Gand et mort en 1949 à Nice, est un écrivain francophone belge, chef de file du symbolisme. Lauréat du prix Nobel de littérature en 1911, son œuvre explore les mystères de l'existence, de l'inconscient et de la fatalité. Il a révolutionné le théâtre avec des pièces comme Pelléas et Mélisande, où le silence et l'indicible occupent une place centrale. Outre ses drames, il est l'auteur d'essais naturalistes et philosophiques célèbres où il observe le monde des insectes pour tenter de percer les secrets de la vie et de la mort, cherchant toujours à atteindre la réalité cachée derrière les apparences.
Bibliographie
La Princesse Maleine, Monnom, 1889. Pelléas et Mélisande, Lacomblez, 1892. Le Trésor des humbles, Mercure de France, 1896. La Vie des Abeilles, Fasquelle, 1901. L'Oiseau bleu, Fasquelle, 1909.