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PLACE AUX POÈMES

LIVRE ZOOM

341 - ZOOM DANTE

Dante Alighieri (1265-1321), le "Somme Poète", dont l'œuvre a non seulement fondé la langue italienne mais a aussi dressé la cartographie mentale, morale et spirituelle de l'Occident médiéval.

Textes



La Divine Comédie (Enfer, Chant I, vers 1-12) : La forêt obscure « Au milieu du chemin de notre vie, je me retrouvai par une forêt obscure, car la voie droite était perdue. Ah ! dire ce qu'elle était est chose dure, cette forêt sauvage, âpre et forte, qui dans la pensée renouvelle la peur ! Elle est si amère que la mort l'est à peine plus ; mais pour traiter du bien que j'y trouvai, je dirai les autres choses que j'y ai vues. Je ne sais pas bien redire comment j'y entrai, tant j'étais plein de sommeil au moment où j'abandonnai la véritable voie. » https://fr.wikisource.org/wiki/La_Divine_Comédie_(trad._Lamennais)/L’Enfer/Chant_I



La Divine Comédie (Enfer, Chant III, vers 1-9) : La porte de l'Enfer « Par moi l'on va dans la cité dolente, par moi l'on va dans l'éternelle douleur, par moi l'on va parmi la gent perdue. La justice mue mon haut facteur ; la divine puissance, la souveraine sagesse et le premier amour me firent. Avant moi ne furent créées nulles choses, sinon d'éternelles ; et moi, éternelle, je dure. Laissez toute espérance, vous qui entrez. » https://fr.wikisource.org/wiki/La_Divine_Comédie_(trad._Lamennais)/L’Enfer/Chant_III



La Divine Comédie (Paradis, Chant XXXIII, vers 142-145) : La vision finale « Ici la haute imagination perdit sa force ; mais déjà tournait mon désir et mon vouloir, comme une roue qui également est mue, l'amour qui meut le soleil et les autres étoiles. » https://fr.wikisource.org/wiki/La_Divine_Comédie_(trad._Lamennais)/Le_Paradis/Chant_XXXIII




Vie Nouvelle (Vita Nuova, Chapitre II) : La première rencontre avec Béatrice « Neuf fois déjà depuis ma naissance le ciel de la lumière était revenu presque au même point, quand parut pour la première fois à mes yeux la glorieuse dame de mon esprit, laquelle fut appelée Béatrice par beaucoup qui ne savaient comment l'appeler. [...] Elle parut vêtue d'une couleur très noble, d'un rouge humble et honnête, ceinte et ornée de la manière qui convenait à son âge si jeune. À cet instant, je dis vraiment que l'esprit de vie, qui habite la chambre la plus secrète du cœur, commença à trembler si fortement qu'il paraissait avec effroi dans mes moindres veines. » https://fr.wikisource.org/wiki/Vie_nouvelle_(trad._Delécluze



De l'éloquence en langue vulgaire (De Vulgari Eloquentia, Livre I) « Puisque nous ne trouvons personne qui, avant nous, ait traité de la doctrine de l'éloquence vulgaire, et que nous voyons cette éloquence nécessaire à tous [...] nous essaierons d'être utile au langage de la gent latine. Nous appelons langue vulgaire celle que les enfants reçoivent de ceux qui les entourent lorsqu'ils commencent à articuler les sons ; ou, pour dire plus court, la langue vulgaire est celle que nous apprenons sans aucune règle, en imitant notre nourrice. » https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5832560g (Source en latin/traduction historique)



Présentation


Dante Alighieri est bien plus qu'un poète : il est l'architecte d'un univers total. Son chef-d'œuvre, La Divine Comédie, est une épopée chrétienne qui relate son voyage à travers les trois royaumes de l'au-delà : l'Enfer, le Purgatoire et le Paradis. Guidé d'abord par le poète latin Virgile (symbole de la raison humaine), puis par Béatrice (symbole de la grâce divine), Dante opère une synthèse monumentale entre la théologie de Saint Thomas d'Aquin, la philosophie aristotélicienne et les enjeux politiques de son temps (notamment le conflit entre Guelfes et Gibelins).

Techniquement, il a inventé la terza rima (tercet enchaîné), une structure poétique dont l'entrelacement des rimes symbolise la Sainte Trinité et assure une progression narrative irrésistible. En choisissant d'écrire en toscan plutôt qu'en latin, il a légitimé la langue populaire, devenant le « Père de la langue italienne ». Son œuvre explore la condition humaine dans toute sa noirceur et sa lumière, faisant du parcours personnel vers le salut une quête universelle.


Bibliographie