Le dépôt
134 - ZOOM SIMEON
POÈMES
1. « Lettre à la femme aimée au sujet de la mort » (extrait in Lettre à la femme aimée au sujet de la mort, Gallimard, 2005)
Je t’écris cette lettre pour te dire que la mort n’est pas ce que tu crois. Elle n’est pas cette ombre qui s’étend sur les visages, ni ce silence qui suit les mots, ni cette porte qui se ferme sans bruit.
La mort est un passage, un seuil, une respiration entre deux mondes. Elle est ce qui nous unit, bien plus que la vie, car elle est l’ultime vérité que nous partageons.
Je t’écris pour te dire que je ne crains pas la mort, mais que je crains de ne plus te voir, de ne plus entendre ta voix, de ne plus sentir ton souffle contre ma peau.
La mort est une absence, mais pas une fin. Elle est ce qui nous rend éternels, car elle nous arrache à l’éphémère et nous dépose dans le cœur de ceux qui restent.
Je t’écris pour te dire que je serai là, même quand je ne serai plus. Je serai dans le vent qui caresse ton visage, dans la lumière qui danse sur tes cheveux, dans le silence qui suit tes pas.
Lire le texte complet sur Babelio.
2. « Stabat Mater Furiosa » (extrait, in Stabat Mater Furiosa, Cheyne, 2003)
Elle se tenait debout, la mère, devant l’horreur du monde, devant les enfants morts, devant les villes en ruines, et son cœur était un cri.
Elle n’était pas résignée. Elle n’était pas soumise. Elle était debout, furieuse, et sa colère était un feu qui brûlait les mensonges, qui consumait les armes, qui réduisait en cendres les murs de la haine.
Elle n’était pas une mère qui pleure. Elle était une mère qui se bat. Son amour était une épée, sa douleur une flamme, et ses larmes des rivières qui emportaient les frontières.
Elle se tenait debout, et le monde tremblait devant elle, car elle portait en elle la force de toutes les mères, la rage de toutes les femmes, l’espoir de tous les enfants.
Lire le texte complet sur Rue du Monde.
3. « Marche » (poème entier, in Pour plus de lumière, Cheyne, 2012)
Marche,
Ne t’arrête pas de marcher.
D’ouvrir des portes.
De soulever des pierres.
De chercher dans les tiroirs de l’ombre.
De creuser des puits dans la lumière.
Cherche,
N’arrête pas de chercher.
Les traces de l’oiseau dans l’air.
L’écho dans le ravin.
L’incendie dans les neiges de l’amandier.
Tout l’ignoré.
Le caché.
L’inconnu.
Le perdu.
Cherche.
Tu trouveras
Le mot et la couleur de ton poème.
Lire le texte complet sur Poèmes.co.
4. « L’Arbre m’a dit » (poème entier, in L’Arbre m’a dit, Rue du Monde, 2022)
L’arbre m’a dit : « Je suis celui qui se tait et qui écoute. Je suis celui qui grandit sans hâte et sans bruit.
Je suis celui qui donne sans rien attendre. Je suis celui qui abrite les oiseaux, les rêves, les enfants perdus.
Je suis celui qui se souvient du vent, de la pluie, des mains qui m’ont caressé. Je suis celui qui attend, patiente et fidèle, que tu reviennes. »
Lire le texte complet sur Rue du Monde.
5. « Politique de la beauté » (extrait long, in Politique de la beauté, Cheyne, 2017)
La beauté n’est pas un luxe. Elle est une nécessité, comme l’eau, comme le pain, comme la lumière.
La beauté est ce qui nous sauve de la laideur du monde, de la froideur des mots, de l’indifférence des cœurs.
Elle est un acte de résistance, une révolte contre l’oubli, une insurrection contre la nuit.
La beauté est politique, car elle nous rappelle que le monde peut être autre, que la vie peut être lumière, que l’homme peut être fraternité.
Elle est ce qui nous unit, ce qui nous élève, ce qui nous fait tenir debout quand tout s’effondre.
Lire le texte complet sur Les Solitaires Intempestifs.
PRÉSENTATION
Jean-Pierre Siméon (né en 1950) est un poète, dramaturge, romancier et critique français, figure majeure de la poésie contemporaine. Agrégé de lettres modernes, il a enseigné à l’IUFM de Clermont-Ferrand et dirigé le Printemps des Poètes de 2001 à 2017. Son œuvre, engagée et lyrique, explore des thèmes comme l’amour, la mort, la résistance, la beauté et la quête de sens. Il a reçu de nombreux prix, dont le Prix Max-Jacob (2006) et le Grand Prix de Poésie de l’Académie française (2022).
Son écriture, à la fois accessible et profonde, mêle rythme, métaphores et images fortes, et s’adresse à un large public. Il est également l’auteur de pièces de théâtre et d’essais, comme La Poésie sauvera le monde (Le Passeur, 2015), où il défend la poésie comme outil de transformation et de résistance.
BIBLIOGRAPHIE
- Lettre à la femme aimée au sujet de la mort (Gallimard, 2005)
- Stabat Mater Furiosa (Cheyne, 2003)
- Pour plus de lumière (Cheyne, 2012)
- L’Arbre m’a dit (Rue du Monde, 2022)
- Politique de la beauté (Cheyne, 2017)
- La Poésie sauvera le monde (Le Passeur, 2015)