Le dépôt
303 - ZOOM BOLANO
Les chiens romantiques (Extrait)
« En ce temps-là, j'avais vingt ans et j'étais fou. J'avais perdu un pays mais j'avais gagné un rêve. Et tant que j'avais ce rêve le reste n'importait pas. Ni travailler ni prier ni étudier le matin avec les chiens romantiques. »
https://fr.wikisource.org/wiki/Auteur:Roberto_Bolaño (Note : ses poèmes sont principalement disponibles via les éditions de l'Olivier ou Christian Bourgois).
Muse (Extrait de L'Université inconnue)
« Elle était plus belle que le soleil et j'avais encore moins de seize ans. Elle me dit : "Viens avec moi". Et nous marchâmes à travers les banlieues de l'enfer. Elle ne parlait pas, elle ne riait pas, elle se contentait de marcher et moi je la suivais, mon cœur comme un petit animal apeuré dans la poche de ma veste. »
https://www.poeticous.com/roberto-bolano/muse (en anglais/espagnol)
Détective (Extrait)
« Je suis le détective de mes propres pas. Je cherche dans la poussière les traces de ce que j'ai été. Le Mexique est un cimetière de miroirs où mon visage se fragmente en mille morceaux. Chaque poème est une pièce à conviction, une preuve que j'ai vécu, que j'ai aimé, que j'ai eu peur dans les rues vides de minuit. »
https://www.lekti-ecriture.com/contemporain/Roberto-Bolano-Un-fauve-sur-le-balcon.html
Ernesto Cardenal et moi (Extrait)
« Nous marchions le long du fleuve et la poésie était une chose dangereuse, quelque chose qui pouvait vous faire tuer ou vous rendre fou. Ce n'était pas des mots sur du papier, c'était du sang, c'était de la sueur, c'était la seule façon de rester debout dans le vent noir de la dictature. »
https://www.leshommessansepaules.com/auteur-Roberto_BOLA_O-270-1-1-0-1.html
La visite au convalescent (Extrait)
« La poésie arrive comme une pluie de merde sur nos têtes de vaincus. Elle ne nous sauve pas, elle nous expose. Elle nous laisse nus devant l'abîme. Et pourtant, nous continuons à écrire, à chercher la syllabe qui fera trembler les murs, le mot qui sera comme une balle dans le cœur du temps. »
présentation
Roberto Bolaño (1953-2003) se considérait avant tout comme un poète, bien que sa gloire mondiale soit venue de ses romans (Les Détectives sauvages, 2666). Cofondateur du mouvement "infraréaliste" à Mexico, il a prôné une poésie de rupture, vécue comme une aventure vitale et souvent périlleuse.
Son œuvre poétique est hantée par la figure du poète-détective, arpentant les zones d'ombre de l'histoire latino-américaine. Le souvenir chez lui n'est pas une nostalgie douce, mais une traque : celle des camarades disparus, des amours brûlées et des utopies brisées. Son style est direct, narratif, souvent brutal, mais toujours traversé par des éclairs de tendresse désespérée pour la jeunesse et sa capacité à rêver malgré l'horreur.
bibliographie
- Bolaño, Roberto, Les Chiens romantiques, traduction de Robert Amutio, Christian Bourgois, 2004.
- Bolaño, Roberto, L'Université inconnue, traduction de Robert Amutio, Christian Bourgois, 2011.
- Bolaño, Roberto, Trois, traduction de Robert Amutio, Christian Bourgois, 2003.
- Villoro, Juan, Roberto Bolaño : la part de l'ombre, revue Europe, 2010.
- Manzoni, Celina, Roberto Bolaño : la escritura comme tauromaquia, Corregidor, 2002.