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PLACE AUX POÈMES

LIVRE ZOOM

121- ZOOM MAROT

POÈMES



« De celui qui entra de nuit chez son amie » (rondeau, in "L’Adolescence clémentine", 1532)

Je vis, je meurs : je me brûle et me noie, J’ai chaud extrême en endurant froidure : La vie m’est et trop molle et trop dure. J’ai grands ennuis entremêlés de joie : Tout à un coup je ris et je larmoie, Et en plaisir maint grief tourment j’endure : Mon bien s’en va, et à jamais il dure ; Tout en un coup je sèche et je verdoie.

Ainsi Amour inconstamment me mène ; Et quand je pense avoir plus de douleur, Sans y penser je me trouve hors de peine.

Puis quand je crois ma joie être certaine, Et être au haut de mon désir heureux, Il me remet en mon premier malheur.

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« À Anne, lui déclarant sa pensée » (épître, in "L’Adolescence clémentine", 1532)

Dame, de qui mon cœur est si fort épris, Que de vous servir je ne puis être las, Je ne sais comment je vous ai pu déplaire, Ni pourquoi si souvent vous me faites la guerre. Si j’ai quelquefois dit que vous étiez cruelle, C’est que je ne savais comment vous contenter. Mais si vous voulez que je vous sois fidèle, Il faut que vous m’aimiez et que vous me donniez Un peu de votre grâce, pour mon cœur apaiser.

Je ne suis pas celui qui vous veut décevoir, Ni qui vous veut tromper par quelque faux semblant. Je suis celui qui veut toujours vous servir, Et qui ne veut jamais de vous départir. Si vous me voulez croire, je vous ferai savoir Que je suis tout à vous, et que je ne veux rien Que ce qui vous plaît, et que je ne veux rien faire Que ce qui vous plaît, pour vous obéir.

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« Épître au Roi pour avoir été dérobé » (épître, in "L’Adolescence clémentine", 1532)

Sire, je vous supplie très humblement, Que vous me fassiez un petit don, Car j’ai été dérobé, tout récemment, Par un larron qui m’a tout pris, hormis mon nom. Il m’a pris mon argent, mon manteau, mon chapeau, Et même mon pourpoint, qui était tout neuf. Je n’ai plus rien, sinon mon cœur en feu, Et mon esprit, qui est tout ému.

Je ne sais où aller, ni où me retirer, Car je n’ai plus de quoi me vêtir. Je ne sais où coucher, ni où me reposer, Car je n’ai plus de quoi me loger. Je ne sais où manger, ni où me sustenter, Car je n’ai plus de quoi me nourrir. Je ne sais où aller, ni où me cacher, Car je n’ai plus de quoi me couvrir.

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« Rondeau responsif à ung aultre » (rondeau, in "L’Adolescence clémentine", 1532)

Maistre Clement, mon bon Amy, Je vous prie, par courtoisie, Que vous me fassiez ung rondeau, Qui soit joli, plaisant et nouveau, Et qu’il soit fait à la façon Que l’on dit en ce temps présent.

Je ne suis pas ung grand clerc, Mais je sais bien faire ung vers, Et si je n’ai pas grand savoir, Je sais bien faire ung rondeau noir. Je ne suis pas ung grand savant, Mais je sais bien faire ung chant.

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« Complainte de l’adolescence » (complainte, in "L’Adolescence clémentine", 1532)

Hélas ! je suis en grand tourment, Car je ne sais où je me tourne, Ni où je puisse trouver repos. Je suis en peine, en grand ennui, Et ne sais où je puisse aller, Car je suis en grand désarroi.

Je ne sais où je puisse trouver Un ami qui me veuille aider, Car je suis en grand danger. Je ne sais où je puisse trouver Un ami qui me veuille aimer, Car je suis en grand tourment.

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PRÉSENTATION


Clément Marot (1496–1544), poète français de la Renaissance, est né à Cahors. Protégé de François Ier et de Marguerite de Navarre, il a marqué la littérature par son style clair, son humour et sa diversité. Son œuvre, qui mêle rondeaux, ballades, épîtres et psaumes, a ouvert la voie à la Pléiade. Marot a souvent été en butte à la censure pour ses sympathies réformistes, ce qui l’a conduit à l’exil.


BIBLIOGRAPHIE

  • L’Adolescence clémentine (1532)
  • La Suite de l’Adolescence clémentine (1533)
  • Les Psaumes (1541–1543)
  • Œuvres complètes, édition moderne par Gérard Defaux, 1990–1992